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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 00:12

 

 

SÉMINAIRE D’ANIMATION CULTURELLE À ALGER
Aux origines de la chanson amazighe
30 Mai 2011 -

 

 

 

 

Lalla Chérifa, figure de proue de la chanson berbère

Lalla Ounissa (une tante de la diva Lalla Chérifa) est la première femme nord-africaine à avoir chanté à la radio en 1924.

Un événement majeur qui a marqué l’histoire de la chanson amazighe. Une voix envoûtante, celle de Lalla Ounisa (tante maternelle de la Diva Lalla Chérifa), inaugure le premier essai d’émission radiophonique, en Algérie... en 1924. «A bu trabeq/ Rebbi irad/ nekwni n’sewweq», cet Acewwiq (chant traditionnel, sans support musical, où la femme exprime ses sentiments profonds), ouvre les portes de la radio à la chanson kabyle.
Pour la première fois, les chants et rêves millénaires des peuples de l’Afrique du Nord retentissent à la radio. C’est ce que Kamel Boudjemaï, chercheur dans le domaine culturel berbère et animateur à la Radio nationale, a révélé, hier, lors d’une conférence animée à l’Ecole nationale supérieure de journalisme et des sciences de l’information d’Alger (Ensjsi).
Cette conférence a porté sur «La chanson kabyle: entre histoire et défis.» Elle entre dans le cadre des séminaires sur l’animation culturelle, organisés par la direction de l’école et assurée par les étudiants. La rencontre a permis de retrouver des figures de proue de la chanson kabyle, à l’instar d’El Hasnaoui Amechtuh et...de L’Djida Tamechtuht, cette voix cristalline que l’oubli ne peut réduire au silence.
Une voix qui ramène les mélomanes aux origines de la chansons kabyle. Elle rappelle, aussi, le rôle prépondérant de la femme berbère dans la pérennisation de ce legs culturel et oral.
Cette «Gardienne du feu sacré», pour reprendre le titre d’un roman de l’écrivain Amar Métref, a pris les traits de Lalla Ounissa, la pionnière de la chanson kabyle, sur les ondes radiophoniques.
Pourtant, rien ne prédisposait Lalla Ounissa à une telle destinée. Rien ou... presque. Le récit de M.Djemaï retrace l’épopée de cette grande dame de la chanson amazighe. Suivons-le...
Originaire de Bordj Bou Arréridj, elle travaillait chez Mme Lafarge, fille de général et épouse d’un commissaire divisionnaire. Cette femme née à Akbou, wilaya de Béjaïa, vouait un amour profond à la Kabylie. Elle se faisait appeler Tassadit (prénom kabyle). Un jour, son mari lui fait part de l’intention des autorités françaises de lancer les premiers essais d’émission à partir d’Alger. Seulement, il fallait une voix pour ses essais. Et Tassadit saute sur l’occasion. Elle propose à Lalla Ounissa de chanter.
Mme Lafarge adorait l’écouter quand elle berçait ses enfants. A cette proposition, la jeune femme kabyle se montre réticente. Dans une société à fortes traditions, comme celle de la Kabylie de l’époque, chanter, relève presque de l’hérésie pour une femme. Cette réalité ne décourage pas Tassadit. Elle revient à la charge. Finalement, Lalla Ounissa accepte.
Et c’est le début d’une odyssée qui a traversé les cieux et les lieues. Lalla Ounissa prend son envol vers l’Olympe de l’art. Elle invite d’autres hirondelles à la rejoindre. Il s’agit de Lalla Yamina (Ferroudja Arab d’Ighil Ali, à Béjaïa) et de Lalla Zina (originaire du même patelin que Lalla Ounissa).
Ce trio de pionnières animera, ensuite, l’émission Urar L’khalat (chants de femmes). Lalla Ounissa tire sa révérence vers la fin des années 1940. L’émission lui survivra pendant des décennies.
Le destin a voulu que ces femmes soient les tantes maternelles d’une certaine...Lalla Chérifa qui allait marquer de son empreinte la chanson amazighe. Une autre page s’ouvre avec Lalla Chérifa. En 1943, elle quitte Akbou pour Alger. Bqa ala khir ay Aqbu/ tura ifuk zhu/ wissethan itef imi ines» (Terre d’Aqbou, je te quitte /Finie la vie de délices /Que ceux qui ont en honte se taisent). Sentence sans appel, un véritable hymne à la liberté de la femme. Cette même femme qui veille à la survie d’une culture ancestrale, sans cesse menacée de disparition.
La chanson amazighe connaîtra une nouvelle mutation avec l’ouverture de la radio d’expression kabyle durant les années 1940, grâce à Cheikh Nordine. Les ondes de la radio font découvrir de nouvelles voix telles que Djamila, L’Djida Tamoqrant. Elle embrassera l’universalité sur les partitions de Mohamed Iguerbouchène. Elle s’inscrira, résolument, au registre de la modernité avec Chérif Kheddam. Arrive, par la suite, la génération des années 1970.
Des hauteurs du Djurdura, Idir entonne Vava Inuva. Cette chanson mythique, inspirée d’un conte populaire, dont le texte est l’oeuvre du poète Mohamed Benhamaouche (Benmohamed), est traduite en 24 langues. La chanson kabyle est également portée aux nues par des monuments. Ils ont pour nom Cheikh El Hasnaoui, Zerrouki Allaoua (le premier à avoir introduit la batterie dans la chanson algérienne) Slimane Azem, Akli Yahiaten Lounis Aït Menguellet, Matoub Lounès, Nouara, Djamel Allam... la liste reste longue.

Mohamed Sadek LOUCIF

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