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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 21:45

 

el watan

Oraison pour maison

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le 13.04.13 |

L’Algérie réelle est le ciment de l’Algérie éternelle. Ses racines sont fortement ancrées dans son histoire ancienne, tumultueuse et, par-dessus tout, riche et diverse.

Depuis des décennies, notre pays traverse une crise presqu’existentielle dont les symptômes se manifestent, à divers degrés, dans les domaines économique, politique, identitaire, culturel, spirituel et moral. Ce postulat établi, une question lancinante domine les débats : comment s’en sortir et dans quelle Algérie voulons-nous vivre ?

De nombreux peuples ont déjà été – dans un passé plus ou moins récent –, confrontés à cet écueil. Par un zeste de patriotisme et un travail objectif sur soi, c’est-à-dire à travers le tissu social, les réponses ont bourgeonné tels des arbres dans une prairie. C’est que la solution est à l’intérieur. L’Algérie est la solution de l’Algérie, par ses richesses naturelles, par sa diversité culturelle, par la compétence de ses hommes. Et, ma foi, notre pays ne manque ni d’hommes et de femmes et encore moins de compétences. Jugurtha a défié les Romains et, dans la cité divine, Saint-Augustin a porté haut la spiritualité. Ben M’Hidi, Krim Belkacem et bien d’autres encore ont tenu la dragée haute à la quatrième puissance militaire mondiale de l’époque.

Pas si loin de nous, les Verts ont fait s’agenouiller la terrible équipe de l’ex-RFA en un mémorable match de football. On peut citer également, de nos jours, le professeur Noureddine Mellikechi, qui fait partie du groupe en charge du projet "Curiosity" destiné à inspecter les secrets de la planète Mars. Bien sûr, la liste est loin d’être exhaustive de ces talents et compétences anciennes ou actuelles. Mais comment ne pas évoquer toutes ces personnes, nombreuses, qui ont porté l’Algérie au cœur, et demeurent, sinon bannis, du moins oubliés par l’Algérie officielle, oubliés notamment dans les programmes scolaires au nom d’un nationalisme frelaté ? Parmi ces exclus de la mémoire, figure en bonne et triste place la famille Amrouche, qui a donné trois personnalités d’envergure au pays. Il y a là une saga familiale, déchirante d’émotion, mais porteuse d’une sève gorgée d’admiration.

Les Amrouche constituent une branche dont le destin si singulier est cependant intimement lié à l’histoire contemporaine de l’Algérie. Née dans l’opprobre, la mère, Fadhma Ath Mansour, a longtemps traîné ses guêtres jusqu’à la limite de ses forces. De père inconnu ou refusant de la reconnaître, la petite fille avait ainsi vécu sans affection paternelle et sans cadre familial, passant une enfance difficile, allant de couvent en couvent, des Ath Yenni aux confins d’Ighil Ali. Là, un certain Belkacem Amrouche l’avait épousée. Malgré les affres de l’errance et une immense souffrance, elle avait continué à butiner insatiablement et goulûment, dans la riche tradition kabyle. Un tel nectar a été naturellement transmis à une nombreuse progéniture attachante, passionnée et ouverte sur un monde ingrat et douloureusement changeant.

Au milieu de la fratrie, brillaient deux étoiles incandescentes : Jean El-Mouhoub et Marguerite Taos. L’oralité et l’écriture étaient leurs deux outils de transmission des connaissances, de la mémoire et des convictions. Inaugurant un nouveau cycle du roman algérien par sa plume féminine, Taos avait balisé le chemin par une expression littéraire à voix multiples, se signalant par une série de romans inspirés, Jacinthe noire, Rue des tambourins, L’amant imaginaire, Solitude, ma mère ainsi que son fameux recueil de contes et de poèmes, Le grain magique, Taos avait révélé son talent de conteuse et une tendance à témoigner autant sur une époque que sur la condition féminine. Sur scène, sa voix envoûtante avait porté haut la culture de son pays et le combat de ses congénères. Par ailleurs, dès 1966, elle était devenue l’éminence grise de l’Académie berbère (Ndlr : association parisienne défendant la culture et la langue amazighe).

Quant à El-Mouhoub, journaliste, poète, homme de lettres mais aussi de radio, il apparut vite comme un être aussi surdoué que sa sœur et un esprit à l’engagement sincère. Après les Chants berbères de Kabylie», ayant reflété la dimension universelle de la culture locale, il avait rédigé tout de go son magistral Eternel Jugurtha, introduction au génie africain. C’était, grosso modo, un texte philosophique et humaniste s’inscrivant, avant terme, aux antipodes d’un certain «Discours de Dakar» d’un Sarkozy insultant l’Afrique, peuples et Histoire. Cependant, la grandeur de cette famille lettrée, s’est surtout illustrée dans les prises de position solennelles en faveur de la liberté du peuple algérien à un moment crucial et tandis que d’autres esprits avaient choisi la gloriole et la réussite personnelle qui s’offraient dans la France des Trente Glorieuses. «Pacifiste, il dénonça avec vigueur et inlassablement la féroce répression qui décimait son pays», dixit Krim Belkacem. Par cette conviction sacrée, il joua un rôle important dans la préparation des accords d’Evian ayant conduit à l’autodétermination du peuple algérien. Il avait ainsi tourné le dos à ceux qui avaient «jeté les Algériens hors de toute patrie humaine» pour trouver refuge à Radio Genève. Plus loin, dans ce même poème (Le combat algérien, 1958), il avait martelé : «Ici et maintenant / Nous voulons/ Libres à jamais sous le soleil dans le vent /La pluie ou la neige / Notre patrie : l’Algérie». Hélas, les manuels scolaires ne disent rien aux enfants de ce patriote !

Pourtant, rien n’est plus difficile que d’enterrer une vérité à tout jamais. Bien après la disparition d’El-Mouhoub, Ferhat Abbas témoignait pour l’auteur de Etoile secrète, Cendres et Un Algérien s’adresse aux Français, avec ces mots éloquents : «Nous qui croyons en Dieu, nous pensons que notre ami est toujours parmi nous : c’est pourquoi nous sommes sûrs qu’il n’y a qu’une seule manière d’honorer sa mémoire : rester fidèles à son idéal de paix et de fraternité humaine et agir pour que prospère, dans les meilleures conditions une Algérie réconciliée avec elle-même.» Aujourd’hui, nous voici donc à découvrir, ou à redécouvrir, la vraie famille Amrouche telle qu’elle est et doit être perçue : une fierté algérienne !

Par son caractère populiste, jetant l’anathème sur les hommes et les femmes ayant fait fi de la pensée unique, l’Etat algérien, arrogant dépositaire de l’histoire officielle, a mis le couvercle sur des noms, des lieux et des événements influents. Toute honte bue, le fleuve a été détourné, pour paraphraser Rachid Mimouni. Mais, pas pour longtemps. Il y a des méandres impossibles à traverser, trop étroits, comme il y a des mensonges indigestes, aigres, impossibles à avaler. Ceci dit, Dieu ,dans son immense générosité, a gratifié notre terre de joyaux naturels extraordinaires. Aussi, la main de l’homme en a pétri des «créations à résonnance humaine et de civilisation». Par-ci, le Tombeau dit de la Chrétienne. Par-là, le mausolée de Medghacen. Par-là, La Casbah. Des jardins, des parfums et des couleurs. Ailleurs, des villages encore parés de leur beauté et traditions… Et si la liste n’est pas exhaustive, il y a aussi un effrayant constat qui peut donner l’ulcère et de violentes nausées : tous nos vestiges tombent en décrépitude. Un par un.

Voilà donc une sous-culture destructrice qui nous poursuit, jusque dans nos souvenirs personnels, archives manuscrites et photographiques. Cette hémorragie finit par amputer les lieux de patrimoine et de mémoire en concassant le réel et l’authentique. Ainsi, c’est bien la légende et la manipulation qui feront école et seront des repères incontournables pour des âmes perdues ! Que reste-t-il de l’artisanat et des arts traditionnels ? Peintures, poteries, tatouages ? Que reste-t-il des maisons d’Abane Ramdane et de Didouche Mourad ? Quel est l’état de santé de nos oasis ? Que reste-t-il des ruines de la Qalâa des Beni-Hammad, des cités d’Achir et de Tahert ? N’est-il pas vrai que de nombreux monuments dédiés aux martyrs sont souillés sans que cela n’émeuve personne ?! Jusqu’à quand laissera-t-on faire, en toute impunité, les prédateurs des vieilles monnaies et autres pièces archéologiques ?

Un insupportable spectacle d’abandon meuble et gangrène le paysage. Et le patrimoine, matériel et immatériel, se trouve déclassé par la grâce d’une amnésie scélérate. Ce plongeon vertigineux laisse pantois et déroge grandement à la construction paisible d’une nation souveraine et prospère. Les lieux d’histoire qui parsèment les quatre coins de notre pays représentent un véritable musée à ciel ouvert, implanté au milieu d’une nature luxuriante. L’Unesco, dont les efforts pour la préservation du patrimoine sont louables, mérite bien un encouragement attentif, franc, ici et maintenant. La culture, les vestiges, l’histoire et le patrimoine sont autant de vocables formant un même projet : réconcilier les Algériens avec eux-mêmes, seul remède contre la violence et la décadence. Comment parler de notre histoire si les vestiges du passé sont mis quelques pieds sous terre ? Questions à deux dinars : que serait la Chine sans sa muraille ? Que serait Paris sans la tour Eiffel et le château de Versailles ? Que serait Rome sans son Colisée et la fontaine de Trévi ? Mais, passons…

Naturellement, Tlemcen a besoin de Lalla Setti et la maison de Mohammed Dib. Bejaïa a besoin du mausolée de Yemma Gouraya et de la maison des Amrouche. Oran a besoin de Santa Cruz et de la maison de Zabana. Sétif a besoin de Aïn Fouara et de la pharmacie de Ferhat Abbas… Toutes les villes et provinces d’Algérie ont le devoir chauvin de restaurer, préserver et transmettre leur patrimoine où le souffle de l’histoire reste fort et permanent. Pépinière d’hommes actifs au génie indéniable, l’Algérie doit se tourner vers elle-même pour puiser la force et la fierté d’exister et faire face au désenchantement terrible qui secoue le tissu social. De par le monde entier, autour des lieux de Mémoire et d’Histoire, fleurissent des leviers économiques fructueux, générateurs de richesse et de convivialité. Les pyramides d’Egypte, la cité Machu Picchu au Pérou, en sont des exemples édifiants qui mêlent la mémoire à la rentabilité et aux bénéfices. Multiple, riche et belle, l’Algérie qui se targue de rendre hommage à ses meilleurs enfants, en valorisant leurs œuvres et leurs traces, doit dépoussiérer ses archives dans un élan de cohérence et d’ouverture.

Actuellement, la maison des Amrouche à Ighil Ali, se trouve au cœur d’un conflit lamentable entraînant un chagrin collectif. Elle mérite un sursaut d’orgueil porté par la scène publique et une prise en charge effective de l’Etat, légitime garant d’une filiation solide avec ses racines et dont le prochain rayonnement serait profitable à l’Algérie entière. Un sincère hommage à cette famille ne serait pas de trop pour un Etat sûr de lui, fier de son passé et jaloux de ses richesses. Détourner le regard est un rabaissement moral irresponsable. Cette maison est aussi un monument culturel qui demeure – j’en suis profondément persuadé –, habitée par les âmes des siens qui attendent, patiemment, une évocation pleine de reconnaissance et un regard empreint d’affection.

Tarik Djerroud. Ecrivain
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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 21:25

el watan

 

Grands mausolées Maures et Numides

La plupart des sites livrés au vandalisme

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le 31.03.13 |

| © Photo : El Watan

L’archéologue Jean-Pierre Laporte a démontré dans sa conférence, que les rites funéraires libyques n’ont pas disparu des monuments sous les influences méditerranéennes gréco-punique et romaine.

Un projet maghrébin pour le classement de tous les mausolées d’Afrique du nord patrimoine universel, est en cours de concrétisation. C’est ce que nous avons appris de Mme Sabah Ferdi, maître de recherche au centre national de la recherche algérien (CNRA), subséquemment à la conférence livrée jeudi par l’archéologue Jean-Pierre Laporte au musée national Cirta sur les «Grands mausolées maures et numides d’Afrique du Nord».

S’appuyant sur des études très approfondies menées sur les différents monuments funéraires dispersés à travers le Maghreb, depuis le Maroc à la Libye, au moyen de méthodes modernes, -l’exploitation archéologique de vues satellitaires, entre autres-, le conférencier a démontré que les traditions funéraires libyques (forme antique de berbère) n’ont pas disparu sous les influences méditerranéennes gréco-puniques et jusqu’à la période romaine, dans les royaumes berbères, où des traces de rites libyques sont perceptibles, comme par exemple l’incubation, -qui consiste à dormir auprès de l’ancêtre mort pour s’inspirer de sa sagesse-, ou encore la présence d’autels à sacrifices…

De nouvelles thèses ont émergé de ces études qui ont permis une connaissance plus large des peuples préhistoriques nord-africains par rapport aux formes mêmes de leurs mausolées tels les Djeddars de Frenda (Algérie), au nombre de quinze identifiés par les lettres de l’alphabet de A à O, dont le soubassement est carré et l’élévation pyramidale, le gigantesque M’Zora, de type Bazina (circulaire) au nord-ouest du Maroc, qui serait selon la légende, la tombe du géant d’Antée (fils de Neptune et de la Terre, après qu’Hercule l’eut vaincu et tué), ou encore de Henchir Bourgou, sur l’île de Djerba, en Tunisie. «Les archéologues du XIXe siècle firent un travail remarquable en dépit des moyens rudimentaires ; leurs travaux nous ont beaucoup aidés, mais il y a encore une insuffisance globale de nos connaissances; les sites endommagés, ou saccagés demandent aujourd’hui pour leur restitution des équipes pluridisciplinaires : archéologues, géologues, architectes, historiens de l’art et ethnologues, en plus des laboratoires», relève le conférencier, qui, par ailleurs, publiera prochainement un ouvrage englobant tous ses travaux de réévaluation de découvertes anciennes.

Concernant le Mausolée d’El Khroub (dit Tombeau de Massinissa), le communicant note que sa restauration, récente, comporte beaucoup d’erreurs, et qu’une équipe pluridisciplinaire s’impose avec un cahier des charges pour sa restitution. «Il y a deux spécialistes maghrébins de renommée mondiale, Azzeddine Benchaouli et Mounir Rouchtaki, il faut les laisser travailler avec les éléments de leur choix», a-t-il suggéré. Donc, beaucoup reste à faire en matière de protection du patrimoine archéologique, spécialement en Algérie où la plupart des sites sont livrés au vandalisme en l’absence de gardiennage de nuit, comme, entre autres, celui de Massinissa dont les équipements d’accompagnement ont été proprement dévastés, ou encore Tiddis l’oubliée, pour ne citer que ceux-là.

Farida Hamadou
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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 22:31

Algerie-Focus,

 

 

Sonatrach a empêché les habitants d’In Salah de bénéficier d’un investissement social de 400.000 dollars US

Par F  | mars 10, 2013 3:44
In Salha

A Sonatrach, on ne veut pas que les compagnies pétrolières étrangères puissent investir dans des projets de développement qui profiteront à la population locale dans les régions du sud du pays. A In Salah, une ville située à 1 300 km au sud d’Alger, dans la wilaya de Tamanrasset, la direction générale de la compagnie nationale d’hydrocarbures a bloqué l’année dernière, en 2012, un investissement social de 400 mille dollars US que la compagnie Britannique British Petroleum voulait consacrer au financement d’un projet caritatif et au soutien de la création d’activités et d’emplois dans cette région saharienne en proie à la misère sociale et au chômage massif.

Avec ce budget, In Salah Gas, une joint-venture entre BP, Sonatrach et Statoil, envisageait de mener un projet de formation au profit des artisanes d’In Salah. L’objectif assigné était de leur apprendre de nouvelles techniques d’artisanat, de nouvelles stratégies de commercialisation des produit fabriqués localement et les accompagner pour participer à des salons spécialisés. BP désirait aussi former et d’initier les jeunes chômeurs de la région d’In Salah à la création d’entreprises afin qu’ils prennent en main leur destin. Il était également prévu dans ce projet d’investissement de mettre à la disposition des artisans d’In Salah des machines à coudre et de tissage. Il était aussi question d’équiper une école primaire en ordinateurs et en climatiseurs. Tous ces projets auraient pu soulager les souffrances de la population d’In Salah qui subit tant de privations. Cet investissement social aurait pu ainsi rendre leur quotidien beaucoup moins lourd. Mais Sonatrach en a décidé autrement.

A la grande surprise des managers de BP qui exploite trois sites gaziers à In Salah, Hassi Moumen, Garet El Bafinat et Gour Mahmoud, la direction générale de Sonatrach est intervenue pour bloquer cet investissement social, a-t-on appris d’une source proche de ce dossier. Ni les artisans, ni les écoliers, ni les chômeurs d’In Salah n’auront donc le droit de bénéficier de ces projets qui auraient été, pourtant, salutaires. Mais quelles sont les raisons d’un tel blocage ? Selon notre source, Sonatrach n’a a jamais notifié à BP son refus pour expliquer réellement les raisons de sa décision. Mais d’après nos informations, Sonatrach ne voulait pas que BP puisse développer de bonnes relations avec la population locale. Autrement dit, Sonatrach craignait que le rapprochement de BP avec la société civile d’In Salah nuise à ses intérêts dans la région. Et c’est au nom de cette vision très peu cohérente que des investissements qui revêtent une forte dimension sociale ont été bloqués. Les perspectives éducatives et professionnelles des habitants de In Salah et la région environnante en pâtiront longtemps.

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 22:07

 

 

Dimanche, 10 Mars 2013 09:50
92e session du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale de l’ONU
Un rapport qui épingle l’Algérie
Par : Rubrique Radar
Dans son rapport sur la discrimination raciale dans le monde, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (Cerd), et après observations finales sur les quinzième à dix-neuvième rapports périodiques de l’Algérie, le rapport note que l’Algérie doit fournir beaucoup d’efforts pour assurer une meilleure promotion de la langue et culture amazighes. “(…) Le comité se dit préoccupé par l’information faisant état du nombre insuffisant d’enseignants qualifiés et de matériel didactique ainsi que de la suppression de cet enseignement dans plusieurs communes de wilaya. Il regrette aussi que la langue amazighe n’est pas encore reconnue comme langue officielle l’excluant ainsi de la sphère publique telle que l’administration ou l’appareil judiciaire malgré son statut de langue nationale (art. 5).” Le rapport ne s’arrêtant pas en si bon chemin, ajoute qu’il s’inquiète “des informations faisant état de disparité économique affectant plus particulièrement les régions habitées par les Amazighs qui ne bénéficieraient pas d’investissements publics adéquats”, avant de recommander à “l’État d’accentuer ses efforts de développement dans les régions les plus défavorisées, notamment celles habitées par les Amazighs”.

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 00:36

 

Jeudi, 28 Février 2013 09:50Facebook ImprimerEnvoyerRéagir

Louable initiative du journal arabophone

Le quotidien “Echaâb” lance une page en tamazight

Par : Rubrique Radar

Une louable initiative de la part du quotidien arabophone Echaâb en direction de la langue nationale tamazight. Une page hebdomadaire (tous les samedis) sera éditée en tamazight par ce quotidien. Elle sera lancée à partir de samedi prochain. La nouvelle page sera destinée à l’information de proximité des wilayas berbérophones. L’information sera traitée dans la diversité de la langue amazigh (kabyle, chenoui, tergui, chaoui, mozabite). Une initiative qui contribuerait à réconcilier l’Algérien avec lui-même et avec son histoire. Bon vent.

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 22:45

 

Assassinat d'Ali Tounsi : lourdes accusations contre Yazid Zerhouni

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Par Le Matin | 24/02/2013                        

L’affaire de l'assassinat d'Ali Tounsi dans son bureau à la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) patine. Mais la sortie de l'avocat de la famille d'Oultache risque de bouleverser la donne et d'emporter plusieurs personnalité, notamment l’ex-ministre de l’Intérieur, Noureddine Yazid Zrhouni, directement mis en cause par l’avocat du présumé assassin.

Nourdine Yazid ZerhouniNourdine Yazid Zerhouni

Le clan présidentiel cumule affaires de corruption et scandales. Il y a les énormes scandales Sonatrach/Saipem, Snc-Lavalin, les pots-de-vin de l'autoroute Est-Ouest, BRC, et voilà maintenant que l'assassinat d'Ali Tounsi éclabousse l'un des plus proches et hommes lige de Bouteflika : Yazid Zerhouni.

Selon l’avocat du présumé assassin d’Ali Tounsi, Me Tayeb Belarif, qui s’exprimait dans les colonnes d’El Khabar, Noureddine Yazid Zerhouni a dissimulé des documents qui se trouvaient dans le bureau de l’ancien DGSN, quelques temps après son assassinat.

"Le jour de l’assassinat, des témoins ont affirmé avoir vu Zerhouni sortir du bureau de Ali Tounsi avec un dossier entre les mains". Un dossier qui ne sera jamais remis à la justice par l’ancien ministre de l’Intérieur. Avec ces nouvelles donnes, la famille d’OuIltache Chouaïb, tente de confirmer la gestion politique du dossier de l’assassinat d’Ali Tounsi. Elle assimile cette affaire à toutes les autres affaires de crime politique et de gestion politicienne de la procédure judiciaire. L’avocat d’Oultache s’interroge, par ailleurs, sur les raisons qui ont emmené Zerhouni sur le lieu du crime, avant même l’arrivée du Procureur de la République et des enquêteurs. A-t-il un lien avec le crime ? Seule la justice, si elle fait son travail, pourra confirmer ou infirmer cette donne.

Me. Tayeb Belarif ne s’est pas contenté seulement d’impliquer Zerhouni dans le crime. Il affirme que des témoins ont vu, le jour du crime, "des sacs remplis d’argent évacués du bureau d’Ali Tounsi", en présence, affirme l’avocat, "de Noureddine Yazid Zerhouni et en l’absence du Procureur de la République". Sur un autre registre, l’avocat d’Oultache dénonce le fait que l’autopsie de la victime ait été pratiquée à la clinique de la DGSN, aux Glycines, et non pas au CHU Mustapha d’Alger. Il se pose la question sur les raison qui ont fait que le corps de la victime a été pris en charge par des policiers et non pas par des médecins légistes. Pour apporter plus d’éclaircissements sur cette affaire, l’avocat a demandé au juge de convoquer Noureddine Yazid Zerhouni à la barre pour des explications. Une demande qui risque bien d’attendre longtemps…

R.N./Siwel

 

 

 

Il devient trivial que les grands crimes politiques commis par la mafia politique algérienne semblent tous avoir un même mobile ! Quand on sait que le régime Algérien est issu d'un coup d'état militaire fomenté par l'armée dite des frontières (Clan de Oujda :Ben Bella, Bouteflika et Boumedienne) contre le GPRA en 1962, et ceci avec l'appui du panarabiste Nasser, l'idéologie du régime sanguinaire d'Alger a toujours été l'arabo-islamisme et qui se décline par arabisation obligatoire, islam religion d'état, baâthisme, frères musulmans, wahhabisme, salafisme etc...
Pour s'en convaincre si besoin en est, il suffit de chercher ce qu'ils ont de commun les différents politiciens assassinés depuis l'indépedance ou même pendant la guerre :

Abane Ramdane, Amirouche, Ali Mellah, Si Houes, Chabani, Khemisti, Khider, Krim Belkacem, Ali Mecili, Boudiaf, Kasdi Merbah, Sedik Benyahia, Matoub, etc...

D'ailleurs aucun de ces crimes crapuleux n'a été élucidé à ce jour !   

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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 22:54

 

 

Le Matin

 

Le débat continue : Si Yennayer m’était conté

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Par Le Matin | 19/02/2013                        

J’entends ici apporter ma contribution au débat, passionné et passionnel, autant qu’essentiel pour éclairer la question de l’identité, qui a été provoqué par Arezki Metref, loin des propos polémiques adoptés par Zohra Mahi à cette occasion. Pour ce faire, il m’a semblé utile et nécessaire d’évacuer toute forme de passion, pour ne laisser place qu’a l’objectivité fondée sur le débat historique et scientifique.

Le mausolée d'Imadghasen, en pays chaoui.Le mausolée d'Imadghasen, en pays chaoui.

Ce que l’opinion libre, qui se veut engagée dans la perspective de reconstruction de la société, meurtrie par tant de gâchis et de retards, au-delà des calculs partisans, peut verser dans le débat, c’est d’apporter sa contribution à la tâche essentielle de comptabilisation et d’évaluation de l’échec de notre expérience d’État émergeant de la très longue nuit coloniale, et à l’élaboration de réponses efficaces. Évaluer en quoi le système de pouvoir ayant succédé à la domination coloniale avait échoué dans la construction d’un État qui devrait garantir prospérité et liberté à toutes les sensibilités et à tous les particularismes qui constituent la richesse de la société algérienne par sa diversité, tel que promis par les idéaux de novembre 1954. Nous pensons pour notre part, que la raison principale à l’échec de notre société, dans ses différentes manifestations, ne pouvait être imputée principalement à autre chose, qu’à l’évacuation du principe des droits de l’homme, au sens le plus large, de l’entreprise d’édification des institutions de l’État. Nous pensons que ce principe devrait être au centre des préoccupations de toute entreprise de mise en œuvre d’un processus d’élaboration d’une constitution. Il devrait présider à toute initiative de réformes, aussi bien à celles qui devraient être apportées aux législations organisant la compétition et la vie politique, sur les associations, sur la presse et les médias, ou à celles qui sont relatives à l’indépendance du pouvoir judiciaire, et qui devraient permettre la mise en place des règles de répartition des pouvoirs et de répondre aux aspirations démocratiques, de prospérité et de liberté de la population. À cette occasion, les grands principes fondateurs d’un nouvel ordre politique et juridique, et principalement celui des droits de l’homme, devraient être débattus dans l’espace public qu’il faudra à priori conquérir. Débattre notamment autour des sources du droit, par la place de la Chari’a et le poids des normes du droit international, les fondements du récit national ainsi que les composantes de l’identité nationale (les langues pratiquées par la population, le statut de la religion, etc.), les droits et la représentation politique des femmes, la décentralisation et la régionalisation du pouvoir, la place des partis fondés sur la religion, et surtout l’établissement d’un véritable contrôle de constitutionnalité des lois, etc.

Je propose ici, ma modeste contribution autour de la question des fondements du récit national, car, il me semble que cette question occupe une place centrale dans tout projet d’édification des institutions d’un État. En tant que référence à l’établissement d’un accord national, qui déterminera notre personnalité, où chaque citoyen pourra s’y reconnaître, sans qu’il ait le sentiment que l’on le lui impose. C’est du moins ce qui semble être le fondement même des droits de l’homme. Pour cela, il est nécessaire d’évacuer le débat passionnel, pour ne laisser place qu’a l’objectivité fondée sur le débat historique et scientifique.

Sur les fondements du récit national

1/ La schizophrénie comme mode de domination

L’assertion de l’islamologue algérien Mohamed Arkoun que "les Algériens choisiront plus qu’ils ne subiront la religion islamique" (2), qu’il prononça du reste avec très peu de conviction, est insoutenable, si on l’opposait aux différents récits de résistance à l’invasion arabo-islamique, volontairement ignorés de l’historiographie officielle nationale. Car, au moment de la renaissance de l’État algérien en 1962, l’idéologie, qui s’est emparée du pouvoir, a préféré imposer un autre récit orienté par la référence arabo-islamique contre toute évidence scientifique et fondé essentiellement sur des références mythologiques, qui couraient depuis l’antiquité, et qui seront reprises, telles quelles par des idéologues de ce pouvoir. À commencer par celui de Saint Augustin, qui rapporte au IVe siècle ap. J.-C. que les Amazighs avaient comme origine les "Chanani", c’est-à-dire des Cananéens, de la ville de Cana, en Galilée, dans le nord de l’actuelle Palestine. Ibn Khaldoun, lui emboîtant le pas, et se referrant à la mythologie biblique, affirme au XIVe siècle, que les Amazighs étaient les "enfants de Canaan, fils de Cham, fils de Noé". Ces assertions légendaires ont fait leur chemin avec bonheur, jusqu’au XVIIe siècle, où elles seront réactualisées par l’historien égyptien Mohamed Al-Bakri, qui en s’appuyant à son tour sur des légendes bibliques avance que les Amazighs descendaient de peuples chassés par les Hébreux après la mort de Djalout (Goliath), aux environs des XIe-Xe siècle av. J.-C. Ils auraient, selon lui, été conduits au Maghreb par le fils de Djalout Ifricos. Beaucoup d’idéologues algériens considèrent à leur tour, aujourd’hui encore, que les ancêtres des Algériens sont d’ethnie arabe et d’origine yéménite. Cette version mythologique du récit national sera, en concurrence permanente avec l’autre version sur le récit des ancêtres des Algériens, soutenue par la science historique, et qui aura comme conséquence une réelle perturbation schizophrénique dans l’imaginaire des Algériens aujourd’hui. Voir à ce propos les travaux de l’historienne Malika Hachid (3) sur les origines du peuplement de l’Algérie pour celui qui veut s’instruire sur la question. En fait, selon l’historienne Malika Hachid et un large consensus de la science historique, l’origine du peuplement de l’Algérie remonte bien loin dans le temps, approximativement à deux millions et demi d’années d’après les découvertes de vestiges remontant à cette période, tels, des galets taillés. Ce qui fait de l’Algérie, l’un des premiers berceaux de l’humanité. Pour l’assertion de Mohamed Arkoun, il est évident que les Algériens n’ont pas accueilli l’invasion arabo-islamique à bras ouverts. Une résistance opiniâtre et organisée s’est déroulée aussi longtemps dans le temps, et dont les échos sont parvenus jusqu’au mouvement national durant le XXe siècle, dans sa version politique, et jusqu‘à ce jour, à travers les partis politiques laïques. Parmi les plus célèbres et les plus populaires des récits de résistance à l’invasion arabo-islamique, il y a celui de la reine Kahina, que les constructions idéologiques lui avaient endossé plusieurs griefs de traîtrise, à commencer par son appartenance au judaïsme et son anti-algérianisme tout court. Alors qu’elle a défendu son territoire aux commandes de son armée avec courage et détermination, jusqu’à épuisement. Ou encore, la résistance de Koceila, à la progression de la conquête arabo-islamique vers l’ouest de l’Algérie, par son combat acharné contre Okba Ibn Nafih, qu’il poursuivit dans sa fuite, après avoir décimé son armée, jusqu’aux confins du territoire Gétule, actuelle Biskra, lequel territoire appartenant de droit au royaume de ses ancêtres les masæysiles, où La Kahina régnait sur une confédération de tributs Gétules, et où il finit par l’abattre. Il sera tué à son tour quelque temps plus tard, dans un ultime combat dans lequel il aurait mis toute son abnégation.

L’ironie de l’histoire dans cette affaire a fait du conquérant un héros, occupant une place importante dans le récit fondateur de l’État algérien, alors que le résistant Koceila, qui a défendu l’intégrité de son territoire avec tout le sens du patriotisme qui convient, fut relégué au statut de traître. Exactement, comme si, en transposant ces faits dans l’histoire contemporaine, à supposer que l’Algérie n’ait pas obtenu son indépendance, et que les Français ont réussi à faire de nous des Gaulois (sic !), on aurait considéré les partisans de l’Algérie française, y compris les harkis, comme des authentiques patriotes, et les combattants de l’ALN des traîtres à la patrie ! Ou alors, cet autre récit, aussi aberrant que les précédents, que celui de Saint Augustin, qui sous son conseil furent massacrés les donatistes, une dissidence chrétienne Amazigh, qui a voulu s’émanciper du christianisme dominant, qu’ils considéraient asservi aux puissants Romains, en lui donnant une coloration locale Amazigh plus adéquat à leurs conditions. L’idéologie religieuse chrétienne retiendra de cet épisode l’héroïsme de Saint Augustin et l’hérésie pour les donatistes. Dans une logique de patriotisme et de traîtrise, Saint Augustin pourrait être considéré, dans ce cas, comme un précurseur de la psychologie du harki, car il a trahi ses compatriotes, des Amazighs comme lui, en les dénonçant aux colonisateurs Romains, alors, que les donatistes passeront plutôt pour des martyres patriotes ayant résisté à l’idéologie coloniale romaine par la contestation de leur indépendance. Outre le fait, que ces aberrations et ces anachronismes amputent le récit national de la société de sa véritable identité, et d’affecter son imaginaire et ses représentations de soi par une schizophrénie handicapante, le citoyen se trouve même privé d’attribuer des prénoms de son choix à ses enfants, car, les autorités en charge de l’état civil le lui refusent en évoquant l’inexistence de ceux-ci dans le lexique national des prénoms. Une autre histoire, celle-là, qui est en train de défier la chronique de nos jours. À l’évidence, non pas seulement, que l’Algérie subira la domination arabo-islamique avec violence, et qu’elle lui imposa son idéologie comme unique source de son récit national et de son identité de base, avec la conquête des armées arabo-islamiques depuis le VIIe siècle de l’ère chrétienne. Mais elle va la subir encore une deuxième fois, par la même méthode violente, avec la conquête idéologique du système de pouvoir cette fois, qui présida à la renaissance de l’État algérien depuis 1954, et qui perdure à ce jour, toujours en usant de la même méthode ; Violence et instrumentalisation à des fins de domination, par l’exclusion ou la soumission. De ce fait, l’Algérien sera en permanence, privé d’accès aux véritables composantes de son récit national, et sera forcé à endosser une identité qui le contraindra à subir une situation psychologique schizophrénique, l’empêchant de pouvoir élaborer une assise à sa personnalité et d’en jouir intégralement.

2/ L’Algérie, haut lieu du cosmopolitisme universel

La richesse du peuple algérien se mesure à son fort taux de métissage et de multiculturalisme, qui fait de lui l’un des plus hauts lieus du cosmopolitisme universel, depuis l’antiquité. Ainsi, les Égyptiens, les Hébreux, les Grecs, les Phéniciens, les Romains, les Byzantins, les Arabes, les Espagnoles, les Ottomans, les Français, et autres Maltais, Portugais, Africains subsahariens…, ont contribué à l’élaboration de ce haut lieu de la culture cosmopolitique universelle. " …à partir de l’antiquité, le destin du peuple des Imazighen se trouve au confluent de toutes sortes d’interférences physiques, politiques, économiques, culturelles et cultuelles avec l’ensemble des populations méditerranéennes, en particulier celles qu’il rencontra, de gré ou de force, à l’occasion de leur passage en Algérie, sur fond de convoitises permanentes." (4) La conquête arabo-islamique, de l’avis des historiens, n’a pas déplacé de nombreuses populations, et l’invasion hilâlienne s’avère être plus une exagération mythique au service de l’idéologie, qu’une réelle colonisation de peuplement. Au plus, les Arabes de souche se trouvaient surtout au commandement, à la tête de ces armées conquérantes, secondées par des hordes de mercenaires, à qui, étaient promises une part de butin des razzias qu’entreprenaient systématiquement ces conquérants sur leurs passages destructeurs et meurtriers. Il conviendrait de considérer les Algériens d’aujourd’hui, pour être plus plausible, comme étant majoritairement des Amazighs confrontés en permanence au dialogue interculturel (5), par leur position géostratégique au confluent entre méditerrané, proche orient et Afrique, et fortement acculturés par la culture arabo-islamique, que de les assimiler à des Arabes, ce qu’ils ne sont pas en réalité.

3/ Le récit national ne peut s’acheter au "supermarché" de l’histoire

Le récit dominant imposé par le pouvoir algérien, qui fait coïncider le début de l’histoire de l’Algérie et le point de départ de la constitution de son État avec l’avènement de l’Islam, est une interprétation absurde et anachronique ! "Dans l’antiquité, il n’y avait certes pas d’État algérien, parce que les nations et les États modernes n’existaient pas tout simplement, pour des raisons qui relèvent, non de l’histoire, mais des préoccupations de pouvoir s’articulant sur l’idéologie." (6) Alors, que les États et les Nations n’ont commencé à se former que bien plus tard. En France, ce n’est qu’à partir du XVe siècle que commença à se cristalliser l’idée de la Nation française, les États-Unis d’Amérique en 1776 et plus récemment encore l’Italie qui réalisa son unification qu’en 1870. Cependant, selon l’avis du grand géographe et spécialiste du Maghreb Yves Lacoste, les frontières du Maghreb entre l’Algérie, le Maroc et la Tunisie sont les plus anciennes frontières des États du monde. En fait, c’est aux environs des IVe-IIIe siècles av. J.-C. (7) qu’apparaissent nettement des entités politiques avec des frontières distinctes en Afrique du Nord. Elles peuvent être ramenées à trois royaumes : à l’Ouest, le royaume des Maures (le Maroc actuel) approximativement dans ses frontières contemporaines. Le royaume des Masaesyles partageait ses frontières à l’Ouest avec celle des Maures, et à l’Est avec celle du royaume des Massyles, qui représentait le territoire de la Numidie, qui partageait de son côté ses frontières à l’Est avec les territoires contrôlés par Carthage, qui deviendra la Tunisie actuelle. Certes, les frontières entre ces États n’ont pas cessé de connaître des fluctuations au gré des rapports de forces qu’ils exerçaient les uns contre les autres, tout le long de l’histoire. Néanmoins, la configuration globale héritée de cette époque ne cessa de tendre vers leur stabilisation au cours de l’histoire jusqu'à leur tracé actuel. Cette logique ne s’appliquera pas, cependant, à la frontière qui sépare les royaumes Massyle et Massaesyle. L’évolution de ces deux royaumes connaîtra un sort particulier. La frontière, qui les sépare et que l’on situe à l’embouchure d’oued El-Kébir, disparaîtra souvent à l’occasion d’unifications provisoires de ces deux royaumes, au profit de l’un ou de l’autre, par l’annexion du territoire du vaincu au cours de guerres fratricides interminables entre eux. C’est ainsi, que le royaume Massaesyle sous le règne de son roi Syphax, qui recouvrait la plus grande partie du nord de l’actuelle Algérie, incluant le Sud constantinois, appelé le pays des Gétules, s’étendit à la fin du IIIe siècle av. J.-C sur la totalité de son territoire, suite à la conquête qu’il réalisa du royaume Massyle de Massinissa. Le royaume Massaesyle eut pendant cette période deux capitales, l’une à l’Ouest Siga et l’autre à l’Est Cirta, toutefois en gardant le siège du pouvoir central en oranie. À son tour, le roi Numide Massinissa, annexa une grande partie du territoire Massaesyle vers la moitié du IIe siècle av. J.-C, après avoir pris le dessus sur son rival Syphax. Peu après, lorsque Scipion, à la tête de l’armée romaine écrasa l’armée carthaginoise commandée par Hannibal, une longue période de dépendance politique de l’Afrique du Nord commence. Mais l’imaginaire, les représentations de soi et de l’espace, les constituants de la mémoire collective des Algériens seront sensiblement structurés autour de l’unité réalisée au cours de sa période de formation initiale, dans la rivalité entre ses deux versants Massaesyles et Massyles. Leur culture, leur langue et leurs traditions ont subsisté jusqu'à nos jours. Cependant, ils continueront à s’enrichir un peu plus, à chaque fois, par l’apport des civilisations qui se sont succédé sur leur territoire, particulièrement par la culture de la civilisation arabo-islamique, qui a duré le plus longtemps, et dont l’influence sera la plus significative. On ne peut dans ce cas, à la lumière de son évolution historique, se permettre de réduire le récit national du début de l’histoire de l’Algérie et le point de départ de la constitution de son État avec l’avènement de l’Islam, et renvoyer la période antérieure de son passé à une quelconque jahiliya, selon la terminologie du lexique arabo-islamique. "Il ne saurait y avoir, quoi qu’imaginent certains, de supermarché de l’histoire où chacun remplirait, plus ou moins gratuitement, son couffin de sa part d’histoire, pour en priver d’autres, les culpabiliser, les humilier, les agresser ou les soumettre." (8)

Youcef Benzatat

Références :

(1). Notre article, Demain la Révolution, Le Quotidien d’Oran, 04 août 2011

(2). Mohammed Arkoun, Essais sur la pensée islamique, Maisonneuve et Larose, Paris, 1984

(3). Malika Hachid, Les Premiers Berbères. Entre Méditerranée, Tassili et Nil, Ina-Yas / Edisud, Aix-en-Provence, 2000

(4). Smail Goumeziane, Algérie, l’Histoire en héritage, Alger, Edif 2000, 2011

(5). Notre article, En finir avec la culture des préjugés, Le Quotidien d’Oran, 14 Juillet 2011

(6). Gilbert Meynier, L’Algérie des origines, de la préhistoire à l’avènement de l’Islam, Paris, la Découverte, 2007

(7). Gilbert Meynier, op. cit.,

(8). Smail Goumeziane, op. cit.,

 

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Débat sur Yennayer : le Dr Boudarène réplique à Zohra Mahi

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Par Le Matin | 20/02/2013

Le débat sur Yennayer inauguré avec le papier d'Arezki Metref suscite une foule de réactions, de commentaires. C'est dire que croiser les opinions des Algériens sur l'identité est toujours exaltant. C'est dire aussi que rien n'est réglé en la matière. Nous avons ouvert notre journal en ligne à tout le monde. Zohra Mahi a apporté sa réplique à ses détracteurs. Aujourd'hui, c'est l'un d'eux, Mahmoud Boudarène, qui lui répond.

Un jeune militant amazighUn jeune militant amazigh

Madame l’avocate,

Votre état d’âme ne m’intéresse pas. Vous êtes déçue, c’est votre problème. Quant à moi, vous ne me décevez pas puisque je ne me faisais pas d’illusion et que je savais que vous n’alliez pas enfourcher le cheval de la revendication identitaire berbère. Et pour cause…

Voilà que vous m’interdisez, parce que je suis médecin, de m’impliquer dans un débat qui me concerne au plus haut point – vous me renvoyer à mes malades – pendant que vous, vous vous autorisez à le faire. Vous faites effraction dans un article de journal, qui informe l’opinion publique nationale sur un événement qui s’est déroulé à des milliers de kilomètres de chez nous, en prenant à partie l’auteur de cet écrit et vous vous étonnez que d’autres personnes en fassent de même. Quelle mouche vous a donc piquée pour que vous quittiez votre robe noire et que vous vous immisciez dans une polémique (vous l’avez appelé comme cela) qui ne peut naturellement pas intéresser une femme du barreau. Ce qui est donc permis pour l’avocate oranaise ne le serait pas pour le médecin kabyle. C’est là le travers propre aux intellectuels crispés – je dirais plutôt aux universitaires, et ils sont nombreux – qui ont la conviction que leur opinion est au dessus de tout, qu’ils détiennent la vérité sur tout, et qui ne supportent pas la contradiction parce que celle-ci surprend le personnage dans son ego démesuré et le débusque dans sa blessure narcissique.

Vous aggravez votre cas en vous abîmant dans des contre-vérités. Je n’ai pas dit que seule la dimension berbère de l’Algérie doit triompher et je n’ai pas dit, non plus, que je suis partisan de la race pure. Pour la simple raison que le concept de race est pour moi chauvin, en tout cas désuet, et que je crois aux vertus des brassages ethniques. Quand à la dimension arabe de notre pays, je la défendrais dès lors que cette revendication est apaisée et qu’elle perd son hégémonie et sa volonté de dévorer mon identité amazighe. Mais voilà qu’en personne souple d’esprit, vous pensez à ma place, à moins que vous ne vous permettiez de vous mettre dans le fauteuil du psy… Vous employez des arguments pour faire accroire que la revendication amazigh a des visées puristes et séparatistes (un phantasme). Une mystification de plus pour diaboliser toute volonté d’expression de l’identité amazigh. Vous avez surfé sur les festivités de Yennayer (et non naïr, ne vous en déplaise) pour fustiger et étouffer, en gardien du temple arabo-arabe, toute manifestation de la différence amazigh.

Non Madame, débattre de l’identité de ce pays n’est pas une galère. Elle l’est pour vous, sans doute, puisque ce débat contrarie des certitudes sur lesquelles vous vous êtes bien assise. Pour moi, ce débat est un devoir sacré, un combat permanent. Il est un objectif, une mission de survie pour tous ceux qui veulent la vérité et qui rejettent le mensonge sur ce sujet. L’identité nationale ne doit pas être l’otage de ceux qui, mus par l’imposture, veulent falsifier l’Histoire parce que celle-ci ne les accommode pas. Vous êtes arabo-berbère pour la circonstance et vous vous appropriez la "particule berbère" non pas parce que vous vous y identifiez mais parce que vous la vivez comme un danger. Une appropriation (revendication) qui ne vaut que parce qu’au fond de vous-même vous avez le désir de la neutraliser, de réduire cette menace hypothétique que représente dans votre phantasme (encore un) l’identité amazigh. Faire cohabiter (dans votre discours) les deux dimensions est une bonne stratégie pour ce faire. Je ne sais pas d’ailleurs si vous auriez accepté ce concubinage s’il avait pour dessein de faire absorber (de phagocyter) l’arabe par tamazight.

Vous savez, Madame, ce débat me met mal à l’aise. Vous manifestez un aplomb impertinent, une posture qui cache mal votre malaise car il est évident que mon écrit a jeté le doute en vous et que vos certitudes ont été secouées. Je ne vais pas faire de pédagogie et je vous épargne volontiers le cours d’histoire de la Numidie. Vous savez tout cela puisque vous reconnaissez que vous avez des gènes berbères… même si votre personnalité est arabe que vous assumez la culture française avec un zest de judaïté. Vous ajouteriez que vous êtes turque, byzantine, vandale ou encore romaine que cela ne me gênerait pas. En particulier si la réclamation de cet assortiment identitaire pouvait être crédité d’un soupçon de sincérité de votre part ; mais aussi et surtout parce que je pense que ce métissage supposé peut, tout de même, avoir une part de réalité. J’aurais applaudi et je vous aurais félicitée d’être le résultat de ce beau mélange. Il y a un mais… Je crois que vous êtes en effet (et malheureusement) plus à l’aise à revendiquer cette multi appartenance culturelle qu’à vous sentir profondément enracinée dans votre socle identitaire originel. Votre rejet viscéral de votre filiation première, amazigh – vous n’êtes pas seule dans ce cas – mérite un profond examen de conscience. La "haine de soi" – il s’agit de cela – fait perdre son âme à celui qui la nourrit. Elle fait de lui non pas un spadassin mais un mercenaire au service de ceux qui ont programmé son malheur. Vous m’en voyez désolé, Madame, je ne m’inscris pas dans cette état d’esprit.

Docteur Mahmoud Boudarène

Psychiatre

 

 

 

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Yennayer à Tripoli Par Arezki Metref

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Par Le Matin | 11/02/2013 19:50:00 |
Yennayer à Tripoli Par Arezki Metref

Alors là, je suis tombé de haut, vraiment de haut ! La célébration de Yennayer s’est déroulée, cette année à Tripoli, non pas dans la clandestinité la plus totale comme du temps de Kadhafi, mais dans un stade, carrément dans un stade ! Dans aucun pays ça ne se passe comme ça. Pas dans une cave, ni une salle dérobée, ni un terrain vague à l'abri des regards. Non, un stade ! Un vrai ! Pourrait-on imaginer, par exemple, un Yennayer grandeur nature au stade du 5-Juillet à Alger ? Evidemment non, je crains ! Méga-concert, feux d’artifice, houle de drapeaux ! Et parmi les artistes amazighs de plusieurs pays, notre Takfarinas national ! J'en écarquillais les yeux. Ou plutôt j'en ouvrais grand les oreilles car c'est Ramdane Achab qui racontait son voyage. Il rentrait de Libye où il avait été invité dans le cadre d'un forum organisé entre autres par le Congrès mondial amazigh (CMA), désormais présidé par le charismatique Libyen Fethi N'Khalifa, consacré aux droits constitutionnels de la communauté amazighe de Libye. Pied-de-nez à l'histoire, la conférence s'est tenue au Palais du Congrès général national (CGN) à Tripoli, là où précisément Kadhafi s'était réfugié lors des bombardements de l’OTAN, le site étant sécurisé par la présence de journalistes étrangers. Le palais présentait aussi, semble-t-il, l'avantage d'abriter un passage souterrain dissimulé.

Militant berbère de longue date, linguiste, Ramdane Achab avait dans ses bagages des exemplaires de quelques livres dont il est l'éditeur. Le Dictionnaire de berbère libyen (Ghadamès) de Jacques Lanfry dont il a offert un exemplaire au président de l'Assemblée nationale libyenne. Le «Manuel didactico-pédagogique d'initiation à la langue berbère de Kabylie d'Amirouche Chelli, et Langue berbère : initiation à la notation usuelle en caractère latin dont il est lui-même l'auteur. Tripoli ! Au passage, il convient de rappeler que dans le passé, si on appelait tous les Berbères, des Libyens – d'où l'origine de l'adjectif libyque — c'est parce que la tribu amazighe Lebbou a donné ce générique. L'arasement arabe, puis le long et dur règne de Kadhafi et son zèle dans le déni identitaire ont tenté de gommer cette histoire. En vain, si on en juge par l’éclatant succès de cette manifestation. Le forum auquel étaient conviés Ramdane Achab ainsi que de nombreux Amazighs originaires du monde entier, représentants du mouvement associatif, experts, militants, universitaires, artistes, mais aussi des représentants des missions diplomatiques en Libye (ambassadeurs, consuls), et même un représentant de l’ONU, coïncidait avec la célébration de Yennayer. «Ambiance survoltée», raconte Ramdane Achab, «Je n'ai jamais vu ça ! Ça ressemblait à la Kabylie à la puissance 1 000 dans ses plus beaux jours.» Et il continue : «Drapeaux amazighs partout y compris sur les chars, dans les mains des militaires tous amazighs. » Toute la communication autour du forum, affiches, badges, tee-shirts des hôtesses étaient imprimés en trois langues : tamazight en caractères tifinaghs, arabe et anglais. Les officiels libyens, et il y en avait un paquet, se sont engagés à accorder à tamazight le statut de langue officielle. Le président de l'Assemblée nationale, fondateur du Parti du Front national, en charge de la fonction de chef de l’Etat, Mohammed Youssef el-Megaryef, a commencé son allocution par «Azul fellawen, tanemmirt». Il ne prend pas de détour : il appuie la revendication de tamazight reconnue par la Constitution comme langue officielle.

Les autres officiels n'ont pas été en reste. Il y avait là le ministre des Ressources hydrauliques Alhadi Suleiman Hinshir, la vice-ministre de la Culture Awatef Atashani, le ministre de la Justice Salah Bashir Margani, ce dernier représentant le Premier ministre Ali Zeidan. Mais la grande surprise ce fut l'hymne national exécuté d'abord en tamazight, puis en arabe à l'ouverture de la conférence. Ramdane Achab raconte un moment fort : «Vers la fin de la conférence, une vingtaine de représentants politiques (locaux, nationaux, parlementaires) des 11 régions amazighes de Libye se sont présentés pour lire le communiqué final du forum. Une femme, Sanaa Mansouri, l'a fait en tamazight, et un homme ensuite, Tarik El Atoushi, en arabe. Le texte pose cinq conditions concernant tamazight dans la nouvelle Constitution. Ils disent que si ces conditions ne sont pas satisfaites, non seulement ils ne reconnaîtront pas la Constitution, mais ils ne reconnaîtront pas l'Etat lui-même. La lecture de ce communiqué s'est faite en présence des officiels, président de l'Assemblée nationale, etc.» Parmi les conditions posées, une, certainement inattendue : la reconnaissance par la Constitution du rite ibâdite. On voit bien qu'il y a du changement. Et quel changement ! Du chaos libyen, quelque chose est en train de naître. Ou renaître. Le pays plombé dans sa pulsation historique par le bulldozer arabiste de Kadhafi renaît de ses cendres, et promet même d'être l'épicentre d'une renaissance de la reconnaissance berbère. Toutes les personnes qui ont assisté à ce Yennayer à Tripoli en sont revenues persuadées.

Par Arezki Metref

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 20:56

 

Mardi, 05 Février 2013

REFLET CULTUREL

à qui le tour de tronquer l’identité amazighe de l’Algérie ?

Par : Abdennour Abdesselam

Lors de son passage au forum d’El- Moudjahid, Abdelkader Mahmoudi a déclaré suite à un reproche qui lui a été fait de n’avoir point fait référence à l’amazighité du pays que “l’Algérie n’est pas berbère, mais amazighe, car elle est arabe”, sans pour autant donner une explication historique, morphologique et linguistique du vocable amazigh à sa conclusion très tirée par les cheveux. Il est évident qu’une telle déclaration aussi volontariste, floue que surprenante ne peut passer inaperçue même si l’habitude de la troncation de l’identité du pays est devenue monnaie courante chez quelques personnalités. En effet, depuis cinquante années d’indépendance nous ne cessons d’entendre et de lire de telles “proclamations” des uns et des autres. Ainsi Ben Bella criait en 1962 et par trois fois à qui veut l’entendre que “nous sommes arabes”. Chadli prenait un détour à la transformation de notre identité par la religion. Il déclarait que “nous sommes des Amazighs arabisés par l’islam”. C’est à se demander pourquoi l’islam n’a pas fait de même en Inde, en Tchétchénie, au Bengladesh, en Turquie et que sais-je encore et où les identités sont revendiquées autochtones. Belaid Abdeslam (simple coïncidence d’homonymat) cafouille dans une formulation toute arrangée pour la circonstance du moment en 1993 en disant “je suis kabyle parce que je suis arabe” etc. C’est tout de même assez cocasse de s’inventer à droite et à gauche des “mots-valises” et des exutoires pour être autre et réfuter en même temps qu’on est déjà naturellement et historiquement des Amazighs. L’Algérien ne cesse de tourner en rond malgré lui par tous ces errements des fabricants d’identité à l’emporte pièce. Dans son ouvrage “L’ordre et le désordre” Noureddine Toualbi relève cet étourdissement vertigineux et permanent des citoyens à savoir que: “Bien qu'ils semblent à présent vouloir se ressaisir de leur effroi, ils -les Algériens- demeurent toujours dans la même attente désabusée ; non de quelque prophète à la parole duquel ils ne voudront jamais plus se fier, mais dans la demande anxieuse d'un repère fort qui puisse leur valoir une sorte d'enveloppe affective, protectrice et rassurante”. Dans une contribution au journal le “Quotidien d’Oran”, Dahri Hamdaoui (Q.O) s’interroge de savoir : “Pourquoi aller jusqu'à nier ou renier, parfois violemment, nos racines amazighes par la négation de ce qui en perdure à travers notre parler?”. A qui le tour de s’aventurer à tronquer encore une fois mais en vain l’identité historiquement amazighe de l’Algérie ?


A. A.
kocilnour@yahoo.fr

 

 

 

jeudi 24 janvier 2013

Les Algériens n’ont pas oublié la langue de leurs ancêtres.

«Il nous faut apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir ensemble comme des idiots.» Martin Luther King
La langue parlée en Algérie, communément appelée arabe algérien, est une langue dont la base est l’arabe. Mais c’est aussi une langue qui a beaucoup emprunté aux autres langues telles que le turc, le français, l’espagnol et l’italien en fonction de la proximité géographique ou des rencontres historiques. C’est le propre de toute langue moderne. Il n’existe actuellement aucune langue au monde qui ne contienne des mots empruntés aux autres langues.
Or depuis toujours, notre pays, occupant un endroit stratégique dans le bassin méditerranéen, a été un carrefour, une espèce de passage obligé de toutes les visées expansionnistes et a fait l’objet de toutes les convoitises. La richesse avérée de nos contrées et l’hospitalité de nos ancêtres y ont contribué pour une grande part.
Mais s’il est admis que le parler algérien contient beaucoup de mots venant directement des langues des peuples qui ont occupé notre pays, il est difficile de reconnaître que nous utilisons encore plus de mots amazighs. Beaucoup d’Algériens arabophones reconnaissent aisément, et sans complexe aucun, les emprunts «européens», mais refusent de considérer que le parler algérien est tout aussi truffé de mots amazighs. Pourquoi, sur des dizaines de personnes interrogées par mes soins, une majorité quasi unanime refuse-t-elle de reconnaître ce fond amazigh dans notre parler quotidien ?
Même quand je leur montre que, dans une phrase aussi banale que «ouahed tobsi lubia» («une assiette de haricots») que l’on peut entendre dans toutes les gargotes algériennes, chacun des trois mots qui la constituent a son origine propre :
- le premier « ouahed » est arabe et désigne le chiffre un (1),
- le deuxième est amazigh (de adhobsi, mot encore usité et qui signifie disque ou assiette)
- et le troisième vient de alubia, mot espagnol signifiant haricot.
Ce refus est souvent très vif, d’une violence verbale inouïe, d’une agressivité et d’un dédain ironique si forts que cela m’intrigue depuis des années. «Moi parler kabyle ? ça ne va pas, non ?» Mes amis ne vont pas jusqu’à me traiter de fou mais le regard qu’ils me jettent n’en dit pas moins.
Oui, mais les exemples sont là évidents et têtus : notre langue parlée en Algérie est constituée pour une bonne part de mots amazighs. Et d’abord, les noms de nos chaînes montagneuses du Tessalah aux Aurès en passant par l’Ouarsénis, le Murdjadjo, le Djurdjura, le Hoggar, etc., sont tous amazighs. De même que les noms de plusieurs de nos villes, comme Tlemcen, Oran, Témouchent, Relizane, Tiaret, Ténès, Tizi Ouzou, Sétif, Tébessa, Batna, Guelma, Tamanrasset, de certains villages comme Missserghin, Arzew, Sfisef, Télagh, Frenda, Sougueur, Gouraya, Tigzirt, Azazga, Akbou, Fedj Mzala, Mdaourouch, Guenzet, de toutes nos rivières comme la Tafna, la Mekerra, le Seybouse etc. ne sont pas à l’évidence des mots arabes. Ceci s’explique par le fait qu’on ne peut pas changer facilement l’appellation d’un lieu géographiquement connu (les gens savants disent toponyme). N’importe quel géographe vous le dira_
Nous continuons encore à désigner des animaux par des vocables amazighs même quand nous connaissons leurs équivalents arabes. Personne parmi nous n’oserait dire leqlaq pour parler de la cigogne, ou soulahfat pour désigner la tortue mais nous utilisons plus facilement bellaredj ou fekroun. Et ces mots sont berbères.
Alors que dire des mots : ‘oukkaz (bâton) ‘aaggoun (stupide, bègue), bekkouch (muet), ‘aassas (surveillant, gardien), bouqredj (bouilloire), berrah (crieur public), bzim (broche), charef (âgé, vieux), chayet (excédent), chlaghem (moustaches), cherrek (déchirer), fertas (chauve), guezzana (voyante), guerjouma (trachée artère, gosier), ghemza (clin d’oeil), gourbi (taudis), gmir (borne, frontière), hallouf (cochon, porc), hawwès (se balader), hetref (délirer), jaaboub (nombril), jelleb (sauter), kellah (tromper), negguez (sauter), kerrouch (le chêne), mech’hah (avare), herrès (casser), zebouj (olivier sauvage), etc. ? C’est bien simple : je peux solennellement avancer que tous les mots que nous utilisons dans notre parler quotidien et qui ne sont ni d’origine arabe, ni d’origine européenne sont amazighs. Et ces mots sont nombreux. Trop nombreux pour être occultés.
Tous les Algériens utilisent des mots amazighs, presque toujours sans le savoir, mais ils acceptent difficilement cette évidence. Il y a comme une gêne à admettre cette réalité qui pourtant confirme la part d’amazighité comme une composante essentielle de notre identité. Les textes officiels l’affirment et le soulignent : nous sommes à la fois Arabes, Musulmans et Amazighs. Remarquez en passant qu’on devrait plutôt énoncer ce triptyque dans cet ordre : Amazighs, Musulmans et Arabes. Et même arabophones plutôt qu’Arabes.
Nous ne pouvons être Arabes pour deux raisons :
- La première est que les conquérants musulmans n’étaient pas si nombreux qu’on l’imagine. Le gros de leurs troupes était constitué des peuplades nouvellement islamisées. Ainsi par exemple la conquête de l’Espagne s’est faite par des Berbères islamisés menés par Tarik Ibn Ziad (un Berbère lui aussi).
- La seconde raison est que l’islamisation ne fut pas une colonisation de peuplement car, en ces temps-là, la péninsule arabique ne croulait pas sous une surpopulation qui aurait pu lui permettre de peupler tous les territoires conquis. Ni d’ailleurs en ces temps-ci.
Nos responsables claironnent, à qui mieux mieux, que l’Algérien est un Amazigh arabisé par l’Islam. En d’autres termes, ceci signifie que nos ancêtres ne parlaient pas arabe avant la venue de l’Islam et que nous nous sommes mis peu à peu à l’arabe après avoir embrassé la religion musulmane. Tout simplement, nous sommes des Amazighs devenus arabophones d’abord, puis Arabes ensuite en vertu du commandement religieux qui dit, m’a-t-on fait croire, que «toute personne s’exprimant en arabe dans son quotidien est arabe». Alors pourquoi aller jusqu’à nier ou renier, parfois violemment, nos racines amazighes par la négation de ce qui en perdure à travers notre parler ?
Cette assertion l’Algérien est un Amazigh arabisé par l’Islam sous-entend aussi que l’Amazigh qui ne parle pas arabe, ou qui n’a pas été arabisé, n’est pas musulman ou, pire, il n’est pas algérien. Cette banale petite phrase répétée à tout bout de champ véhicule un déni d’algérianité à tous ceux qui ne parlent pas arabe et, par ricochet, à tous les amazighophones monolingues. L’Amazigh resté amazighophone n’est pas un Algérien puisque l’Islam ne l’a pas arabisé.
Cette négation s’explique, à mon avis, par un faisceau de contraintes (tout aussi bien historiques, religieuses et sociales que politiques). Il est généralement admis que, durant les premières décennies qui ont suivi l’avènement de l’Islam, les «conquérants» musulmans avaient la volonté d’imposer la langue arabe à tous les pays soumis. De plus, l’Islam encourage à la maîtrise de cette langue pour être le plus près possible du texte sacré. Mais cette arabisation ne s’est pas toujours faite avec la même vigueur, probablement en fonction de l’éloignement des différents centres historiques de décision (Médine, Damas, Bagdad puis Le Caire, etc.),. En tous les cas, elle ne s’est pas faite de la même manière et avec la même force partout.
Ceci est un fait historique reconnu. Ainsi, en Asie, les peuples persans, kurdes, afghans, pakistanais, turkmènes, et autres ont, pour la plupart, adopté l’utilisation de la graphie arabe mais ont conservé leurs différents parlers. Un Pakistanais parle pakistanais mais écrit en caractères arabes. (Ces langues ont même créé des caractères capables de rendre certaines de leurs sonorités propres ainsi le son /v/ par exemple comme dans le nom de l’ex-président pakistanais Pervez Mussharaf).
Par contre les musulmans chinois, indiens et indonésiens ne parlent pas l’arabe, ni n’écrivent dans cette langue. Alors que l’Espagne, malgré huit siècles de présence musulmane, n’a pas renoncé à sa langue sous ses formes écrite et orale même si, par ailleurs, elle a emprunté et hispanisé des milliers de mots arabes. Ceci peut aussi s’expliquer par le fait que les commandants arabes qui menaient cette arabisation n’avaient pas la même personnalité, ni la même conception de la chose. Cela dépendait de leur degré d’interprétation de l’Islam.
La contrainte politico-sociale s’explique par le fait que dans les régions islamisées, la maîtrise de la langue arabe était un facteur de promotion sociale en plus d’être une manifestation de bonne foi (c’est le cas de le dire). L’illustre Tarek Ibn Ziad en est une excellente preuve. Ce critère de promotion sociale et, surtout, politique a d’ailleurs été remis à l’ordre du jour dès les indépendances recouvrées de certains de ces pays, comme ceux du Maghreb. Et cette contrainte est toujours d’actualité. La non-maîtrise de la langue arabe est devenue un handicap majeur, aux yeux de la population, pour une quelconque promotion sociale ou, et surtout, politique. Et c’est sans doute pour cette raison que dès qu’un de nos politiciens est désigné à une responsabilité, il s’empresse d’apprendre un minimum vital d’arabe.
Mais, il ne faut pas croire que l’arabisation de ces contrées s’est faite sans oppositions. Des zones, quoique parfaitement islamisées et très pieuses, quoi qu’on en dise, ont toujours résisté à la perte de leur langue. Au Maghreb, de la Libye au Maroc, on parle encore amazigh à côté de vastes régions parfaitement mais non complètement arabisées puisque ses habitants continuent d’employer des mots amazighs jusqu’à nos jours.
De nos jours, aucune personne au monde n’oserait dire que les ancêtres des Egyptiens parlaient arabe. Les Egyptiens, eux-mêmes, assument avec une grande fierté leur histoire antéislamique tout autant que leur arabité acquise après leur islamisation. Sont-ils des païens pour autant ? De même que les populations de la Somalie, du Soudan ou de Djibouti ne peuvent être arabes (au sens ethnique du terme) même si elles sont aujourd’hui considérées comme appartenant au monde arabe parce qu’elles s’expriment en arabe.
Chez nous, nous savons tous que Saint Augustin s’exprimait en latin mais personne n’oserait dire que c’était un Romain et qu’il n’était pas Amazigh. En clair : tout arabophone n’est pas obligatoirement un Arabe. L’arabisation du Maghreb a donc toujours eu la volonté d’occulter la langue et la culture amazighes. Cette exigence a fini par devenir dans notre inconscient collectif une sorte de commandement existentiel.
Comme si on avait peur de réveiller les vieux démons de notre histoire païenne ou chrétienne antéislamique. Comme si dévoiler notre amazighité originelle signifiait un refus de notre islamité. Comme si nous étions victimes d’un quelconque syndrome de la Kahina ou de Kosseïla. Nous avons d’ailleurs si bien intériorisé cet impératif que nous refusons maintenant de reconnaître que nous, Algériens arabophones, utilisons encore des mots de cette langue amazighe, malgré l’évidence. La langue de nos ancêtres, faut-il le rappeler ? D’ailleurs à ce propos, dans nos esprits l’arabité a depuis toujours été si bien accolée à la religion musulmane que pour la majorité de nos vieillards il ne peut y avoir de Chrétiens arabophones. Et pourtant, ils existent.
Les Indiens des Amériques du Nord et du Sud s’expriment en anglais ou en espagnol. Ils n’en sont pas pour autant Anglais ou Espagnols. Ils sont Américains, Canadiens, Mexicains, Colombiens, Péruviens, etc. Nous tolérons aisément qu’un Américain musulman s’exprime en anglais, qu’un Indonésien musulman parle javanais, et nous refusons d’admettre que notre parler contient quelques mots amazighs. Pire, ce rejet se manifeste par un ostracisme latent d’une partie de notre peuple (dont le seul tort est d’avoir conservé courageusement l’usage de sa langue originelle) laquelle, sans doute mue par un sentiment d’exaspération légitime, a fini par réagir avec une grande mais légitime violence (printemps berbères de 1981 et 2001).
Dénier à un peuple sa langue maternelle équivaut à une sorte de mutilation collective. Cultiver ce déni jusqu’à en faire un ostracisme, un rejet d’une partie de notre peuple, voire une partie de nous-mêmes, c’est perpétuer le chaos identitaire et existentiel qui sévit en Algérie. J’ose croire que ce déni et cette culture de la discrimination ne sont pas des actes volontaires, mûris et réfléchis par nos responsables politiques. L’arabisation de l’Algérie est irréversible.
Même nos ennemis nous classent dans le monde arabe. L’Algérie est un pays à majorité arabophone, c’est un fait historique. C’est un pays arabophone aujourd’hui, cela est incontestable. Soit ! Mais, il me semble que nous allons encore continuer à nous débattre dans de faux problèmes tant que la question de notre identité n’est pas clairement discutée. Une bonne partie de nos problèmes sera résolue si une réponse avec des mots simples est donnée à la question : qui sommes-nous ? Qui sont les Algériens d’aujourd’hui ?
«L’Algérien est un Amazigh arabisé par l’Islam». Cette assertion, malgré tous ses sous-entendus relevés plus haut, ne reste évidente que pour une poignée d’intellectuels. L’énoncer ne suffit plus. Il faut tout un courage politique pour oser l’expliquer à notre peuple avec force preuves et pédagogie. Elle doit constituer l’ossature de nos programmes scolaires. Nous avons le devoir de montrer aux générations qui viennent que l’existence de l’Algérie est antérieure à son islamisation. Nous devons en être fiers. Comme les Egyptiens sont fiers de leur histoire pharaonique et des fabuleux vestiges qu’elle leur a légués. Il faut que nos enfants assument pleinement leur identité, toute leur identité et bannir, une bonne fois pour toutes, l’utilisation à des fins politiques de l’une des composantes de celle-ci.
Dans son ouvrage, L’ordre et le désordre, paru en 2006 à Casbah Editions, Noureddine Toualbi Thaalibi affirme (page 120): «mais malgré tout et bien qu’ils semblent à présent vouloir se ressaisir de leur effroi, ils – les Algériens- demeurent toujours dans la même attente désabusée ; non de quelque prophète à la parole duquel ils ne voudront jamais plus se fier, mais dans la demande anxieuse d’un repère fort qui puisse leur valoir une sorte d’enveloppe affective, protectrice et rassurante.» Je partage pleinement avec son auteur cette assertion qui décrit si bien cette expectative angoissée mais qui reste néanmoins optimiste.
Et à ce propos, je suis fermement persuadé que ce repère fort dont il parle doit forcément être un des éléments constitutifs de l’identité de l’Algérien. Et probablement l’élément le plus originel, le socle de notre identité collective : je veux parler de notre amazighité. Si l’on considère que l’identité d’un peuple est constituée de strates superposées et imbriquées au fil des temps par une Histoire commune, ces strates étant la langue maternelle, les coutumes, la religion, un idéal commun, le sentiment d’appartenance à une même nation, etc., l’on comprend que sa destruction lente est plus aisée si sa base, son fondement primitif est érodé. Renier à un peuple sa langue, la langue de ses ancêtres, c’est lui enlever ce fondement originel, le repère de tous les repères. Pire, en perdant ce repère, il perdra tous ses autres repères. Il deviendra un être égaré et malléable à souhait prêt à renier son appartenance à son peuple, à son pays.
Déclarer tamazight langue nationale est un pas important dans notre quête identitaire. Mais ce pas restera insuffisant. Les Algériens, tous les Algériens, arabophones et amazighophones, doivent savoir qu’ils ont les mêmes ancêtres et que c’est l’Histoire de leur pays qui les a linguistiquement séparés. C’est un impératif vital : il nous faut reconnaître que dans le triptyque amazighité, islam et arabité qui fait l’Algérien aujourd’hui, le socle est notre amazighité. L’islam et l’arabité sont venus plus tard. Il n’y a aucun blasphème à le reconnaître.
Notre Histoire ne commence pas avec l’islamisation du Maghreb. Notre histoire est bien plus ancienne et il n’y a pas lieu d’en avoir honte, bien au contraire. L’Algérie est un des berceaux de l’humanité. Nos lointains ancêtres ont laissé assez de traces de leur génie. Les gravures rupestres partout dans le pays en sont un témoignage. Et nos ancêtres plus récents ont bâti des royaumes, construit des villes et des routes et se sont longtemps opposés à l’hégémonie romaine.
Ces ancêtres-là étaient des Amazighs et déclarer qu’ils se sont transformés en Arabes est tout aussi grossier et mensonger que l’était le fameux nos ancêtres, les Gaulois. Et on dira alors Algérien, tout simplement, sans se sentir obligé d’ajouter musulman et parlant arabe ou amazigh comme on dit Brésilien sans lui accoler chrétien parlant portugais et Américain sans y adjoindre chrétien s’exprimant en anglais. Ce qui, vous en convenez, est complètement ridicule.
Les querelles fratricides et les dérives autonomistes cesseront et on connaîtra alors la paix qui nous permettra de construire une démocratie moderne et forte. La paix de l’âme renaîtra dans le coeur de chaque Algérien lorsqu’il saura enfin qui il est. Je reste convaincu qu’en reconnaissant, qu’en acceptant sereinement notre amazighité notre lendemain sera meilleur. Alors émergera une nouvelle vision de penser notre pays, notre nation.
Je ne parle ni chaoui, ni kabyle, ni mzabi, ni semghoumi, ni targui, hélas ! Je parle algérien et je revendique mon amazighité, socle de mon algérianité. Et j’en suis fier.
par Dahri Hamdaoui – Le Quotidien d’Oran – février 2009
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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 22:40

Le Matin

 

M. Mahmoudi. a estimé, lors de son passage au forum du journal El Moudjahid, que “c’est maintenant que nous devons défendre le plus notre arabité”, en précisant que “l’Algérie n’est pas berbère, mais amazighe, car elle est arabe”.

Mahmoudi au forum El MoudjahedMahmoudi au forum El Moudjahed

C’est quoi encore cette débilité ? Ce n’est pas avec de telles niaiseries que la nation algérienne pourra se défendre face à l’offensive de l’internationale islamiste. Il ne s’agit pas aujourd'hui d’une "banale" compagne terroriste qui mettrait à l’épreuve nos capacités sécuritaires, non. L'offensive est lancée tous azimuts contre les fondements de ce que Taleb Ahmed Ibrahimi désignait récemment comme les "entités nationales qui auraient dû laisser place à la grande nation". L’heure est venue pour que la question nationale reprenne sa centralité dans les positionnements politiques.

Le nouveau concept stratégique du djihadisme islamiste s’appuie sur le projet américain de grand Moyen-Orient qu'il tente de rentabiliser pour créer un Khalifa. Les Etats-nations actuels seront attaqués comme autant d’obstacles qui se dressent devant le projet passéiste. L’internationale islamiste pense avoir engrangé suffisamment d’acquis pour avancer dans cette voie. Elle dispose des richesses des pétromonarchies du Golfe, des troupes djihadistes disséminées dans tous les pays visés, de nouvelles positions de forces acquises dans les appareils d'Etats, à la faveur du prétendu "printemps arabe". Elle compte même créer une sorte d’union sacrée en précipitant une guerre de religion avec l’Europe. Nos universitaires ne voient rien de cela. Ils ont trop longtemps été aliénés aux assimilationnismes arabes et musulmans, pour comprendre ce qui se joue aujourd’hui.

Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) lance une OPA sur les Etats-Nations issus des mouvements de libérations nationales. Ces Etats qui, nonobstant leurs bilans, ont été porteurs d’idéaux de libération, de justice sociale et d’émancipation. L'ultra réaction islamiste est passé à l’offensive pour les phagociter. Ce ne sont ni le chimérique « monde arabe », ni l’éculée « oumma » musulmane qui pouront être mobilisés pour déjouer ces plans. C’est plutôt tout le contraire. Toute chose qui participe de la négation des Etats-nations modernes servira l’ultra-réaction islamiste. M Abdelkader Mahmoudi, notre professeur de relations internationales, peut-il comprendre d’où vient le vrai danger aujourd’hui ? Si c'était le cas, il se serait dispensé de parler de choses qu’il ne semble pas avoir réfléchit. il faut concèder, à sa décharge, qu’en Algérie les perceptions identitaires restent superficielles et sans pertinences. Le fameux triptyque "arabité + Islamité + Amazighité", s’il a fait sensation un temps montre depuis des années toute sa superficialité et sa totale "inopérance".

L’Algérie n’est ni la Tunisie, nie le Maroc. Elle n’est pas l’Egypte, et elle a encore moins à avoir avec les pays du CCG. Toutes ces nations ont leurs histoires propres, elles ont leurs propres cheminements d’émergence. L’Algérie moderne est née d’un processus de colonisation ; elle s’est affirmée dans la négation du système colonial. Les apports "arabes" dans son processus d’émergence ont été déstructurants. Sans l’influence de Chekib Arslan, de la ligue arabe et du nasserisme, l’Algérie n'en serait pas encore, cinquante ans après l’accession à son indépendance, à chercher son identité. Aujourd’hui nous payons l’injustice faite au courant algérianniste du PPA-MTLD en 1949. L’Algérie se définit de façon pertinente par son combat libérateur, que l'on pourrait désigner par "Novembre". Il part du combat de Hadj Ali Abdelkader, pour aboutir au combat patriotique des démocrates algériens face à l'hydre islamiste en passant par l’œuvre nationale de Ramdane Abane, l'architecte de l'institutionnalisation du combat libérateur. Tamazight, l’arabe et le français sont des éléments constitutifs de notre culture. Ils ne suffisent pas à définir notre identité qui est l’algérianité.

Les formules creuses, dénuées de sens, vont faire le lit des assimilationnistes qui veulent nous mener à notre perte.

Mohand Bakir

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 21:32

 

 

Samedi, 01 Décembre 2012 09:50

Du lundi 3 au vendredi 7 décembre 2012 à l'ACB

Semaine Chaouis, Berbères des Aurès à Paris

Par : Rubrique Radar

L'Association de culture berbère organise du lundi 3 au vendredi 7 décembre la Semaine Chaouis, Berbères des Aurès. L'auteur Fanny Colonna présentera le lundi 3 décembre son livre Le meunier, les moines et le bandit (Sindbad - Actes Sud), constitué de récits sur la vie quotidienne dans les Aurès (Algérie) au tournant du XXe siècle. Un vernissage de l'exposition “Aurès/Algérie - 1935-1936” des photographies de Thérèse Rivière est programmé pour le mercredi 5 décembre à 18h30, ainsi que la projection, à 19h30, de Le refuge de la Kahina, un documentaire de Belkacem Ouahdi (53'), qui sera suivi d'un débat.
Le vendredi 7 décembre à 19h, une conférence-débat sera animée par Azzedine Zalani avec pour thème Les Chaouis et le pouvoir, qui sera suivie par “BTS : mythe ou réalité”, un débat animé par Arezki Metref. La soirée sera clôturée par un concert de musique avec Nadia Tacawit et Saïd Axelfi.

 

 

 

Samedi, 01 Décembre 2012 09:50

LE TOMBEAU NUMIDE IMEDGHASSEN À BATNA

La voix du collectif résonne loin

Par : Rachid Hamatou

L’Unesco, les magazines spécialisés en archéologie dont “Géo magazine”, “Archéologia” et bien d’autres ont été les principaux destinataires du courrier du collectif SOS-Imedghassen.

Le plus ancien tombeau (mausolée) de l’Afrique du Nord, Imedghassen, datant du III siècle avant JC., fait encore parler de lui, mais aucunement en bien, plutôt en détresse hélas. En effet, le collectif, SOS- Imedghassen, des jeunes Algériens -en majorité d’universitaires, installés à Marseille et Aix en Provence- ont collecté de renseignements et documents (un mémoire de fin d’études consacrés au tombeau, tout en réunissant des études et recherches de l’archéologue Gabriel Camps, mais aussi et surtout, des photographies et films réalisés par des internautes, adhérents au collectif et qui sont originaires de la région où se trouve le tombeau berbère à quelques encablures de la ville de Tahmemet), ont adressé un courrier collectif. L’Unesco, les magazines spécialisés en archéologie dont “Géo magazine”, “Archéologia” et bien d’autres ont été les principaux destinataires du courrier du collectif (SOS-Imedghassen) qui n’est pas allé avec le dos de la cuillère, rappelant à l’occasion, que le vestige, qui n’est autre que le tombeau d’un ancêtre “traité avec mépris”. Évoquant la dernière restauration confiée à un bureau d’étude “incompétent”, ainsi qu’à la direction de l’urbanisme et de la construction de la wilaya de Batna, qui n’a jamais fixé de date de fin des travaux, les rédacteurs de la lettre évoquent, à l’occasion, que “ce n’est pas la première bavure commise sur le tombeau aux risques de son authenticité et du phénomène d’irréversibilité”. Selon le collectif, aucune mesure n’a été prise pour un marquage scientifique et étudié, pour la remise des pierres arrachées et dispersées çà et là autour du tombeau. Cerise sur le gâteau, selon la représentante du collectif, Mlle Yellis, “le bétonnage du tombeau durant les années 1980” (photographies à l’appui). Dans une réponse adressée au collectif, le bureau de l’Unesco de Paris, Romain Debys, du Centre du patrimoine mondial, et sur un ton qui se veut diplomatique, connaissant le dossier Imedghassen, préconise au collectif de prendre et de rester en contact avec les institutions algériennes, à l’exemple de la Commission nationale algérienne pour l'éducation, la science et la culture. Cependant, les membres du collectif attestent que ce genre d’organismes refuse même de leur répondre. Les magazines spécialisés et autres spécialistes ont témoigné leur soutien au collectif, en promettant de dépêcher des reporters photographes et envoyés spéciaux, sans cacher leur crainte, toutefois, quant à “la non-collaboration, déjà subi des responsables locaux, qui se rejettent la responsabilité”, selon le directeur de rédaction d’un magazine mondialement connu. Les efforts du collectif SOS Imedghassen commencent à porter leurs fruits, en attendant la sauvegarde et la restauration par ce patrimoine en péril. À suivre…

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  • : La confédération des Iflisen Umellil
  • : Un des objectifs est de reconstituer la grande confédération qui regroupait les 14 aarchs des Iflisen Umellil avant la colonisation française. Le but est de rétablir les liens interrompus et de promouvoir la solidarité inter-arche. Nous visons également à consolider les liens entre la diaspora et leur région d'origine. Réecrire l'histoire des Iflisen et préserver leur patrimoine matériel et immatériel .
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