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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 22:13

El Watan

 

Wassyla Tamzali : La décrue de l’utopie islamiste

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le 10.03.13 | 20h37 Réagissez

L’islamisme ne sera pas vaincu par les grands principes et discours mais il est en train de se heurter à l’art de vivre et aux moeurs des peuples qu’il veut asservir.

Une confrontation qui est, au fond, un signe du début de sa décrue, au-delà de toute considération immédiate. Ce constat a été fait par la féministe algérienne Wassyla Tamzali qui prenait part, vendredi dernier, à une table ronde sur La femme et les printemps arabes - bien au pluriel, organisée à HEC Montréal par la chaire Walter Somers dont le titulaire n’est autre que le professeur en management Taieb Hafsi et la fondation Club avenir.

Elle a étayé son propos en rappelant que l’empreinte islamiste dans la société de plus en plus visible dans la tenue vestimentaire n’a pas empêché les Algériens d’aller au-delà de la ridicule interdiction de la musique dans les fêtes, par exemple. C’est à travers ces petits gestes que le peuple résiste et balaie le discours islamiste.

Pour l’ancienne avocate qui n’est pas à sa première conférence ou débat à Montréal, le printemps arabe que d’aucuns qualifient de révolution arabo-musulmane n’est ni arabe et encore moins musulman. Pour la simple raison que la région compte des berbères dont certains sont arabophones, et des non musulmans.

La religion « qui ne vient pas du ciel » comme l’a souligné Wassyla Tamzali déclenchant une salve d’applaudissements dans l’assistance composée majoritairement de femmes d’origine algérienne, est en ce moment le symbole de la contre-révolution en Tunisie, berceau du printemps arabe, avec l’arrivée au pouvoir du parti islamiste Ennahda. Sur ce point l’un des présents, Farid Salem, fondateur de l’Association Solidarité Québec Algérie a affirmé que ceci est dû aussi « au manque de solidarité des forces anti-obscurantistes, comme ce fut le cas en Algérie » faisant un me culpa public, qui reste, malheureusement valable de nos jours.

Wassyla Tamzali a appelé de tous ses voeux à une révolutin religieuse et à une réforme de l’islam. Car, il ne sert à rien de faire le pari que la politique pourrait démocratiser la religion. Cette réforme serait la vraie révolution dans le monde arabe et ne concerne pas que les femmes. D’où la nécessité de remettre sur la table un débat sur a laïcité. A ce propos, elle écorche la gauche tunisienne qui a refusé d’aborder ce point en ce rendez-vous historique avec la démocratie. L’auteure d’Une éducation algérienne met en garde contre une interprétation technique et juridique de la laïcité qui serait juste une séparation entre la religion et la politique. Pour elle, la laïcité relève de la liberté de conscience.

Wassyla Tamzali remarque que les événements dans les pays arabes sont la première révolution existentialiste dans cette partie du monde. Il y a 50 ans, reconnait-elle, « nous avons libéré nos pays mais nous n’avons pas libéré l’individu ». Le pouvoir en Algérie, depuis l’indépendance, a donné la gestion de la femme aux hommes, à travers le code de la famille, et a pris tous les autres pouvoirs pour lui.

Celle qui se défnit appartenir à la génération du dévoilement à l’indépenance, se désole de voir les femmes voilées . Elle trouve aberrant ce qu’on appelle le féminisme islamique – « être libre de choisir de se soumettre ». Pour elle il n’y a aucune contradiction à être démocrate et interdire le voile : Comme on n’a pas le droit d’être nu, on n’a pas le droit de s’habiller n’importe comment !

L’ancienne employée de l’UNESCO est en plein rédaction d’un récit sur une jeune immigrée algérienne en Italie qui a porté le voile à l’âge de 15 et s’est dévoilée cinq ans après. « Son cheminement vers la liberté a commencé en interrogeant Dieu qui dans son infinie intelligence n’imposerait pas l’obligation de le porter», affirme Wassyla Tamzali qui a martelé que « l’islamisme est une idéologie mortifère et le féminisme c’est la vie ».

Elle reste toutefois optimiste. Elle croit que comme la révolution algérienne avait libéré l’Afrique, la révolution tunisienne libérera le monde arabe.

 

Samir Ben
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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 00:39

Mercredi, 27 Février 2013

Festivités du 8 mars à Montréal

Wassyla Tamzali parmi un panel de personnalités

Par : Rubrique Radar

Une table ronde sur la problématique de la femme et le Printemps arabe sera organisée, le 8 mars prochain, à l’initiative de la chaire Walter J. Somers de HEC Montréal et la fondation Club Avenir à l’occasion de la Journée internationale de la femme.
Mme Wassyla Tamzali participera à la conférence aux côtés, entre autres, de Marie-Claire Malo, professeur honoraire à HEC Montréal, et Tassadit Zedani, chercheuse associée à la chaire d’économie sociale de l’Uqam (Université du Québec à Montréal). Plusieurs aspects liés aux révoltes arabes seront abordés lors de cette rencontre. Quelle place la femme arabe occupe-t-elle dans ces révolutions ? Quels sont les effets de ces dernières sur la situation de la femme ? Le Printemps arabe a-t-il une influence sur la liberté de la femme dans les sociétés arabo-musulmanes ? Telles sont les questions auxquelles tenteront de répondre les pénalistes de la table ronde.

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 00:29

Liberte

Jeudi, 28 Février 2013 09:50Facebook ImprimerEnvoyerRéagir

SON DERNIER OPUS A FAIT SENSATION

Idir au Festival de musique du Maghreb

Par : YAHIA ARKAT

L’artiste qui vient de sortir l’album “Adrar-Inu” se produira à guichets fermés, vendredi 15 mars, à la salle l’Olympia, dans le cadre d’une soirée berbère.

Le Festival de musique du Maghreb verra, pour sa 21e édition, la participation du grand artiste kabyle Idir, qui vient de sortir un album qui fera sans doute date. Organisé par les Productions Nuits d’Afrique, l’événement, qui est une rencontre de musiques plurielles aux influences traditionnelles et contemporaines, aura lieu du 14 au 16 mars à Montréal. Idir se produira à guichets fermés le vendredi 15 mars à la salle l’Olympia, dans le cadre d’une soirée berbère. Le groupe Berbanya se produira en première partie. La sortie montréalaise sera l’occasion pour l’auteur de “A baba Inuba” de dévoiler son tout nouvel album “Adrar-inu”, édité récemment à Paris. Un opus dans lequel l’artiste rend un hommage bouleversant à sa mère, décédée l’année dernière. Idir y tente même une relecture de “l’Hymne à la joie” du monument Beethoven. Le Festival de musique du Maghreb est un événement grand public dédié au paysage musical de l’Afrique du Nord, où la fusion des générations transcende les rythmes de la diversité culturelle et musicale, de la Méditerranée aux confins du désert. Le festival sera inauguré au Club Balattou par une soirée urbaine qui mettra sous les projecteurs les sonorités actuelles des musiques nord-africaines avec l’artiste arabo-andalou Rabel Moon du Maroc et l’inusité Makam, groupe qui fusionne à la perfection les sonorités du Moyen-Orient et de la Jamaïque. La soirée de clôture de cette édition aura lieu le 16 mars au Cabaret du Mile End, avec un voyage musical transmaghrébin, allant de Tunis à Tanger en passant par Alger. Après le groupe tunisien Sakoun et ses mélodies aux accents mixés maghrébo-orientaux, le cap sera mis sur Tanger avec DJ Rusty et son Tribal House, avant la destination finale, Alger la Blanche, avec le groupe algéro-québécois Syncop qui commence à se faire une place dans le paysage musical montréalais. En effet, Syncop vient de terminer une tournée à travers le Québec où il a vulgarisé son nouveau-né, Sirocco d’érable, joli jeu de mots avec sirop d’érable, très réputé dans la Belle Province par ailleurs.

Les Abranis, Farid Ferragui et Cheba Yamina à Montréal
Plusieurs spectacles sont programmés durant les mois de mars et avril dans la métropole québécoise. Ainsi, samedi 2 mars, la salle Hellénique abritera une soirée animée par Samir Toumi et Cheba Yamina. La soirée est organisée à l’occasion de la Journée internationale de la femme. Pour la même occasion, Massa Bouchafa et Kamel Igman se produiront le 9 mars au théâtre le Château, à l’initiative de l’Association des Berbères du Canada (ABC). Le groupe Berbanya partagera la scène avec le maître de la chanson kabyle sentimentale, en l’occurrence Farid Ferragui. Le gala artistique est prévu pour le 30 mars à l’auditorium Le Prévost.
Auparavant, Berbanya participera le 20 mars au Syli d’or de la musique du monde ; le groupe se produira aux côtés de la Chilienne Mistysa au Club Balattou. Enfin, le spectacle du groupe de la musique pop les Abranis est prévu pour la mi-avril. C’est la boîte NCP qui en a la charge. Rappelons que Rabah Asma et Akli Yahyatène se sont déjà produits à l’occasion de Yennayer, le 12 janvier dernier.
Les spectacles ont été organisés séparément par l’ABC et la compagnie Jet-Set Montréal. Celle-ci a organisé vendredi dernier Harlem Shake, une danse folklorique avec des costumes farfelus.

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 23:29

 

21E FESTIVAL DES MUSIQUES DU MAGHREB

Idir en concert à Montréal

Idir en concert à Montréal

Le chanteur algérien Idir participera au 21e Festival international des musiques du Maghreb prévu du 14 au 16 mars prochain à Montréal (Canada), ont indiqué les organisateurs sur leur site Internet. Le chantre de la chanson kabyle prendra part à ce festival qui regroupe généralement des artistes maghrébins connus, avec son nouvel album intitulé Adrar inu (Ma montagne) dont la sortie est prévue le 4 février. Adrar inu, produit en studio par Sony Music, contient 12 titres dont une chanson éponyme choisie comme musique générique de Machaho, un film d'expression kabyle de Belkacem Hadjadj sorti en 1995. L'album contient, en outre, une chanson suggérée par Mouloud Mammeri et puisée du terroir musical kabyle ancien. Le concert d'Idir est, par ailleurs, programmé pour la sortie de l'album et sera suivi d'un autre spectacle à l'Olympia (Paris) le 5 février, avant une tournée dans plusieurs villes de France jusqu'à juin prochain. Connu dès 1976 avec son succès planétaire A Vava Inouva, Idir signe La France des couleurs son dernier album remontant à 2007, précédé en 1999 de Identités et Les chasseurs de lumières. Né en 1949 à Béni Yenni (Tizi Ouzou), Idir, de son vrai nom Hamid Cheriet, n'a plus donné de spectacle en Algérie depuis sa performance de 1997 à la coupole du 5-Juillet d'Alger. Berbanya, un autre groupe algérien de musique kabyle fondé en 2003 à Montréal, participera à son tour à ce festival avec ses sept musiciens algériens établis au Canada. Organisé par l'association Productions Nuits d'Afrique, auteur du festival du même nom à Montréal, le Festival international des musiques du Maghreb se fixe pour objectif de promouvoir la culture nord-africaine, qu'elle soit traditionnelle ou moderne, dans ses dimensions méditerranéenne et sahélo-saharienne.

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 21:47

 

7e art amazigh. Sortie du nouveau numéro d’Assaru- Cinéma

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le 07.01.13 | 13h55 (el watan)

zoom | © D.R

Edité par le commissariat du festival culturel national annuel du film amazigh, la revue Assaru-Cinéma consacre son onzième numéro à des sujets diversifiés et très intéressants à lire.

Cette publication revient ainsi, notamment, et avec beaucoup de détailles, sur le premier tour de manivelle du documentaire « Kker à mmi-s umazigh », en hommage au poète, militant de tamazight et de la cause nationale, Mohand Ou Idir Ait Amrane.

Il s’agit, en outre, d’articles appuyés par plusieurs photos prises lors de la commémoration du huitième anniversaire de la disparition du president du HCA, organisée le 1 novembre dernier, à Tiaret, ainsi qu’un entretien avec le réalisateur de ce film, Si El Hachemi Assad, directeur de la promotion culturelle au HCA et commissaire du FCNAFA qui étale les objectifs de cette nouvelle production cinématographique. «Le tournage se fera dans plusieurs endroits, à commencer par son village natal Tikdhount, en passant par Sougueur, Tiaret, Oran, Khemis Meliana, Paris et Alger », dira le réalisateur de ce film qui sera, selon lui, fin prêt et projeté à l’occasion du 13e anniversaire du décès du défunt, le 31 octobre 2013.

La revue Assaru porte aussi sur d’autres importants événements du 7e art, à l’image de la participation algérienne au festival Issni N’Ourgh international du film amazigh (FINIFA) d’Agadir (Maroc). Les articles concernant cette manifestation mettent en relief les distinctions obtenues par es réalisateurs et les comédiens algériens. Rachid Bouksim, directeur du FINIFA est revenu également, lui aussi, dans une interview, sur le déroulement de la dernière édition du rendez-vous d’Agadir. Il rappelle aussi les principaux objectifs de l’organisation de ce genre de manifestations, comme la perspective de la création d’une confédération du cinéma amazighe des pays de l’Afrique du nord.

Dans ce nouveau numéro, Assaru-Cinéma s’est intéressé aux Amazighs d’Egypte, à travers un portrait d’un réalisateur de Siwa qui vient d’annoncer la couleur dans la production cinématographique amazighe avec un documentaire. La publication du FCNAFA a consacré aussi un entretien à Anne Marie Poucet, enseignante en philosophie de l’éducation à l’université de Picardie, qui a parlé des films d’animation. Dans la rubrique découverte, on trouve un reportage où, sur une dizaine de page, le journaliste nous « fait visiter » la région de Boussemghoun. L’auteur a fait une description bien développée de «Cet îlot amazigh ». Il a, en outre, parlé de son model de préservation des valeurs ancestrales, « des grands bâtisseurs » de cette « perle » qui est « un pole idéal pour l’implantation d’une industrie cinématographique », à l’image de celle de la région de Warzazate au Maroc.

Par ailleurs, notons que le FCNAFA vient d’éditer aussi d’autre publications comme le livre intitulé «Pour un enseignement définitivement et spécifiquement algérien » de Djoher Amhis-Ouksel et les cahiers du festival de Anne Marie Poucet sur le film d’animation et celui de Ghislan Cravatte sur l’atelier d’écriture cinématographique.

 

Hafid Azzouzi

 

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Lundi, 07 Janvier 2013

Produit en studio par Sony Music, il contient douze titres

Idir sort un nouvel album en février prochain

Par : Rubrique Radar


n Le nouvel album du chanteur algérien Idir sortira le 4 février prochain, parallèlement à son deuxième concert de l'année 2013 prévu à cette occasion à l'Olympia de Paris, annonce-t-on sur le site officiel d’Idir. Très attendu par ses nombreux fans, l'album qui est produit en studio par Sony Music, contient douze titres en tout dont Adrar Inu (Ma montagne). Les admirateurs du chanteur se rappelleront le refrain de Adrar Inu, choisi comme musique générique de Machaho, un film de Belkacem Hadjadj sorti en 1995. L'album contient, en outre, une chanson suggérée par Mouloud Mammeri et puisée du terroir musical kabyle ancien. Le concert programmé pour la sortie de l'album sera suivi d'un autre spectacle le 5 février dans la mythique salle parisienne, avant que le chanteur n'entame une tournée dans plusieurs villes de France qui se poursuivra jusqu'à juin prochain.

 

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Dimanche, 06 Janvier 2013

Ils animeront deux spectacles à l’occasion de Yennayer

Akli Yahiatène et Rabah Lani à Montréal

Par : Rubrique Radar

L’icône de la chanson de l’exil Akli Yahiatène sera à Montréal dans le cadre d’un spectacle à l’occasion de Yennayer, le nouvel an amazigh. Il se produira le 12 janvier à la salle Olympia de Montréal, à l’initiative de la compagnie Jet-Set Montréal, une boîte spécialisée dans l’événementiel dirigée par un jeune Algérien de 24 ans, Nabil Benchabane en l’occurrence. Celui-ci a réussi sa première sortie en organisant le gala de Lounis Aït Menguellet en juin dernier dans la même salle. Et ce fut salle comble. Pour sa part, l’Association des Berbères du Canada (ABC) organisera le même jour au collège Maisonneuve un autre gala artistique avec le chanteur Rabah Lani. Par ailleurs, le Centre amazigh de Montréal (CAM) prévoit d’organiser, le 19 janvier, un couscous géant pour marquer le jour de l’an amazigh, Yennayer 2963.

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 09:28

 


Karim Akouche

Le problème algérien est avant tout identitaire

  
  in Sha

Karim Akouche (photo) interviewé par Hamid Zanaz, écrivain.

Après sa pièce « Qui viendra fleurir ma tombe », qui a connu un grand succès à Montréal, Karim Akouche nous invite dans son nouveau roman « Allah au pays des enfants perdus» à partager le chaos vécu par les jeunes Algériens d’aujourd’hui. Dans cet entretien, il nous parle de son Algérie et ses démons.

« Le savoir n’a plus cours. La bureaucratie est érigée en éthique et la corruption en morale politique… Tout me dégoute ici ! » Se plaint Zar (p.90). Cinquante ans après l’indépendance, sommes-nous en Absurdistan comme dit son ami Ahwawi?

L’Absurdistan est une appellation ironique qui décrit l’Algérie d’aujourd’hui, ce pays où la réalité supplante la fiction, où se côtoient bureaucratie et islamisme, où le fanatisme dispute la première place à l’absurde. Aller dans une mairie pour demander un acte de naissance est un parcours du combattant. Quand le droit le plus élémentaire est bafoué, quand il est considéré de surcroît comme un service rendu par l’État, cela s’appelle la bureaucratie. Les signes de corruption sont visibles partout en Algérie. Au port d’Alger, par exemple, les douaniers rackettent les passagers au vu et au su de tout le monde. Une anecdote qui frise le ridicule : il y a quelques années tout Alger puait. L’origine de la puanteur : deux bateaux chargés de pommes de terre pourries. Pourquoi ? Un général les a fait bloquer pendant plusieurs semaines, parce qu’un industriel, un concurrent, a eu le tort d’importer la même marchandise à la même période. Si Kafka revenait au monde, l’Algérie serait son sujet de prédilection. Bref, l’Algérie, c’est l’Absurdistan par excellence, autrement dit, c’est Le Château et Le Procès réunis, multipliés par mille.

« Un peuple qui ne se bat pas pour sa dignité est mûr pour l’esclavage». Pouvez-vous approfondir cette belle phrase mise dans la bouche de l’artiste Ahwawi. (p78) Se battre contre quoi, contre qui ?

La dignité, c’est l’honneur ; et la première des dignités, c’est la liberté. Si on ne se bat pas pour elle, on la perd et on devient un être assujetti, un esclave. Les démocrates algériens sont paralysés par la polarisation idéologique où les ont piégés les décideurs depuis la soi-disant ouverture démocratique de 89. Crédules, chacun a choisi son camp, les uns ont soutenu les islamistes, les autres les militaires, alors qu’ils devaient constituer un front pour se battre contre l’hydre à deux têtes, la chéchia et le képi, qui a étouffé – et étouffe toujours – l’Algérie. On ne peut pas dissocier l’islamisme du banditisme d’État, donc du pouvoir maffieux. Ce dernier se sert de l’islam, comme d’une redoutable morphine, pour prolonger la léthargie du peuple. Ceux qui pensent que l’islamisme peut être doux, qu’il est soluble dans la démocratie, se trompent d’analyse. L’islamisme n’est pas une maladie bénigne, mais un véritable cancer qui ronge nos sociétés. L’islamisme, c’est le péril vert, il vise à dominer, à avilir l’être humain.

« À Ath Wadhou, l’espoir est inscrit aux abonnés absents. Les jeunes coutumiers des lendemains qui fuient ne savent plus où aller.» (p.15) Où va l’Algérie ?

L’Algérie sombre, hélas, dans la décrépitude. À l’horizon, ça n’augure rien de bon. Le pays est sinistré, l’économie sclérosée et à l’école, au lieu d’enseigner aux élèves le savoir, on les assomme à coups de versets. Hormis quelques initiatives louables de la jeunesse, rien ne bouge. L’Algérie vit exclusivement de la manne pétrolière. On ne crée presque aucune richesse et on importe de l’étranger les produits de première nécessité, comme le lait, le blé et la pomme de terre. Comble de l’absurde, pour satisfaire les caprices d’un chef d’État défaillant et agonisant, on bâtit la deuxième plus grande mosquée du monde après celle de la Mecque. Plus de deux milliards de dollars seront gaspillés pour ériger un minaret de 270 mètres de haut, une fusée qui ne décollera jamais, comme disait Kateb Yacine, et une salle qui accueillerait 120 000 fidèles. Des chiffres qui donnent le tournis. C’est hallucinant ! Bouteflika croit qu’il va entrer dans la postérité avec une telle réalisation. Quelle aberration ! L’Histoire saura reconnaître les grands hommes, pas les nains.

Et l’identité ?

Le problème algérien est avant tout identitaire. Il y a une identité meurtrière, l’officielle, et des identités meurtries. Le rapport de force entre elles est disproportionné. La première a l’État, les moyens institutionnels, financiers et logistiques, et les autres sont reléguées au rang de figurantes, de folklore. Le génocide au Rwanda vient de la négation de la réalité identitaire rwandaise par les Occidentaux, qui ont essayé de niveler les peuples et les cultures de ce pays, ignorant que la démocratie en Afrique n’a pas la même acception que chez eux. Au Rwanda, c’est le slogan artificiel et creux « un seul peuple, un seul vote, une seule identité » qui a conduit au massacre de plus de 800 000 personnes. Les Hutus et les Tutsis sont deux peuples distincts, avec deux philosophies, deux modes de vie, diamétralement opposées. La politique de l’autruche qu’appliquent les décideurs algériens depuis l’indépendance à l’égard des Amazighs, les Berbères, notamment les Kabyles, est suicidaire. Un conflit des identités, s’il n’est pas réglé avec raison, risque de se métamorphoser en conflit des civilisations. Si l’on veut sauver la maison « Algérie », il y a urgence d’éteindre le feu identitaire.

Karim Akouche, Allah au pays des enfants perdus, éd. Dialogue Nord-Sud, Montréal, 2012.

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 20:14

Liberté

 

Jeudi, 22 Novembre 2012 09:50

“LA LÉZARDE” DE DJAMEL BENYEKHLEF (*)

Humour, nostalgie et onirisme

Par : Rubrique Culturelle

L’histoire se passe entre 1945 et 1958 en Algérie. Malgré l’emploi du “je”, ce texte n’est pas une autobiographie ; c’est plutôt une autofiction où la dérision et l’onirisme sont très présents. “La Lézarde” est un texte qui traite des rapports entre le personnage principal et la culture française qu’il a reçue à l’école élémentaire et secondaire dans son acceptation la plus large.
Culture pour laquelle il a une grande admiration, mais il s’aperçoit que son parcours est balisé d’obstacles de tout ordre qui entrent en contradiction avec les principes généreux qui sous-tendent cette culture. Malgré la gravité des événements politiques, l’humour est souvent présent dans les déambulations du héros.
Il a eu le privilège, par rapport à l’ensemble des jeunes Algériens de son époque, de fréquenter le lycée, donc de côtoyer des jeunes Européens avec qui il a partagé un certain nombre de valeurs, mais, hélas ! Il s’est rendu compte que celles-ci n’avaient pas toujours cours à l’extérieur des murs des établissements scolaires.
Il garde de ces moments, malgré les tensions politiques, de très bons souvenirs. Dans sa déambulation romanesque, il dénonce cet état de choses sans rancœur ni amertume, au contraire avec une certaine nostalgie et de l’humour.
Hélas ! Les malheurs qui ont jalonné sa vie d’adolescent tout comme celle des autres Algériens se sont prolongés d’une autre façon après le 5 juillet 1962. Le héros s’aperçoit que les hommes et les femmes, qui se sont sacrifiés pendant la guerre de l’Indépendance, n’ont toujours pas été appréciés à leur juste valeur.
Décidément, la liberté de penser et d’agir n’avait plus sa place dans le nouveau paysage façonné par les dirigeants, certains courageux, certes, mais qui n’avaient pas baigné dans une culture politique saine. La philosophie des Lumières du XVIIIe siècle qui a façonné la Révolution américaine et la Révolution française a été totalement ignorée en Algérie. Les théoriciens locaux sont allés s’abreuver dans les pays de l’Est. On connaît malheureusement la suite.


R. C.


(*) Professeur retraité, Montréal. Critique littéraire. Diplômé en histoire. Maîtrise en littérature. La Lézarde a été publié en 2012.

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 00:50

 

Il y donnera un spectacle aujourd’hui

Ali Amran à Montréal

Par : Rubrique Radar

Ali Amran et son orchestre sont arrivés jeudi à l'aéroport de Montréal. L’artiste, qui a répondu favorablement à l'invitation de Tiregwa, donnera un spectacle aujourd’hui à 19h au théâtre le Château, situé au 6956, rue St-Denis.
Il sera accompagné de Yasmin Shah au piano et aux chœurs, Daniel Largent à la batterie et Jean-Paul Gibilisco à la basse. Il sera question aussi d’un duo avec Chris Birkett, avec lequel il avait déjà collaboré sur la chanson Aki d-amur en 2009. Les recettes du gala seront versées au compte de la coordination Tiregwa, afin d'assurer le financement des projets liés à tamazight (dans les domaines de la culture, la littérature, l’audiovisuel, scientifique, linguistique…).
Voilà une action louable du jeune artiste kabyle qui s'est illustré avec, notamment, son dernier album, Tavalizt.

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 21:20

 

Les recettes du gala seront versées à une association amazighe

Ali Amran, pour la première fois à Montréal

Par : Rubrique Radar

La star de la chanson kabyle, Ali Amran, se produira pour la première fois à Montréal (Canada), le 3 novembre prochain, au théâtre Le Château. Il sera accompagné par tout un orchestre.
Un concert qui s’annonce d’ores et déjà grandiose. Ce sont les responsables de Tiregwa, Coordination canadienne pour tamazight qui sont derrière cette initiative. La recette de ce gala sera entièrement versée à la caisse de la coordination pour financer des projets culturels dans le but de promouvoir et d’enseigner la langue de Massinissa surtout pour les enfants d’émigrés kabyles et amazighophones qui vivent au Canada.

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 21:00

Par Rachid.B | Il ya 25 minutes , DDK                              

Ali Amran : Tikkelt tamezwarut ad icnu deg Canada

 

Tiregwa, Tanmiregt Takanadit i Tmaziɣt, ad suddes abaraz asfeldan akked unaẓur Aqbayli ifazen Ali Amrna i yettidiren deg tmurt n Finlande, ass n 03 Nuwembir ɣef 19h00 (walit tabidiyut-a : http://www.youtube.com/watch?v=fa27Amglk8s).

Ayen ad yefɣen d arbeḥ seg ubaraz-a d tadrimt ad iruḥen srid ilmend isenfaren n tuddsa Tiregwa, i wesnugmu n Tmaziɣt. Ilmend usali Tiregwa, Tanmiregt Takanadit i Tmaziɣt d tuddsa tafidiralit ur tla iswi akken ad teṛbeḥ tadrimt. Tettwasekles deg temnaḍt n Ontario. Iswiyen igejdanen iɣef d-tekker tuddsa-a d : Asnerni n tmaziɣt, d tutlayt neɣ d idles, s akk udmawen i yes-s ara tt-naf ama s wudem aseklan, asnalsi, ussnan, n tẓuri, atg deg temnaḍin n Canada neɣ deg tmura nniḍen, ladɣa timura n Tmazɣa, anda ttidiren Imaziɣen, imezdaɣ imezwura n Tefriqt Ugafa.

Askan akken ad issinen wiyaḍ idles amaziɣ, ad yernu aqecaḍ-is ɣer taffa n yedlisen nniḍen n yesnernan deg ccan n tmurt-a, ama s usudes n yermuden idelsanen neɣ s usudes n yisaragen deg temdinin n Canada.

I wakken ad tesɛum tikti ɣef isenfaren, akked isaragen ed tijmilin i yirgazen ed tilawin n yidles ed tusna, i tga Tiregwa rzut ɣer wesmel : www.tamazgha.ca.

Rachid.B

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  • : La confédération des Iflisen Umellil
  • : Un des objectifs est de reconstituer la grande confédération qui regroupait les 14 aarchs des Iflisen Umellil avant la colonisation française. Le but est de rétablir les liens interrompus et de promouvoir la solidarité inter-arche. Nous visons également à consolider les liens entre la diaspora et leur région d'origine. Réecrire l'histoire des Iflisen et préserver leur patrimoine matériel et immatériel .
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