Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 20:37

 

Source: L'Expression

ABDER ZEGOUT

«Je suis un poète berbère d'expression française»

Par
«Je suis un poète berbère d'expression française»

Abder Zegout est un poète algérien, originaire d'Ifigha dans la wilaya de Tizi Ouzou. Depuis 1999, il vit à Paris où il a publié pas moins de onze livres de poésie. Il vient tout juste d'en publier un douzième aux Editions l'Harmattan. Intitulé Réminiscence, l'ouvrage de Abder Zegout parle de la vie sous toutes ses facettes. Il nous en parle dans cet entretien.

L'Expression: Vous venez de publier un énième livre de poésie aux éditions parisiennes l'Harmattan. Pouvez-vous nous en parler?
Abder Zegout: Merci pour cette interview, c'est avec plaisir que je réponds à vos questions. Je suis le premier Algérien qui a publié six recueils de poèmes en auto-édition (Dépôt légal, Bibliothèque nationale de France), et quatre livres publiés aux Editions L'Harmattan, qui ont obtenu une juste reconnaissance de la part des lecteurs lors des présentations. Les Editions L'Harmattan ont constaté mes efforts personnels quant à ma participation dans les cafés littéraires, le Marché de la poésie, le Salon du Livre, les soirées poétiques, etc. Les Editions L'Harmattan sont un carrefour de cultures internationales et elles sont présentes non seulement en France mais dans le monde entier.

Depuis une décennie pratiquement, vous publiez un recueil de poèmes par an. Comment expliquez-vous cette persévérance de votre part et cette frénésie au moment où la poésie perd de plus en plus de terrain partout à travers le monde?
Je ne suis pas d'accord avec votre analyse: la poésie n'a pas perdu du terrain en France où ont toujours existé des groupes et des journaux de poètes. Actuellement, on écrit de plus en plus de poèmes et pour beaucoup c'est un plaisir et une joie de composer des vers et de les lire. En effet, en France, ce sont plus de 50 000 oeuvres poétiques qui sont éditées. Je rencontre plusieurs centaines de poètes, chaque printemps, au Marché de la Poésie qui se trouve place Saint-Sulpice, dans le VIe arrondissement de Paris, qui arrivent des quatre coins du monde.

Est-ce que vous pouvez revenir sur vos premiers pas en poésie, il y a de cela bien des années?
Oui, tout est possible, je me rappelle bien de mon premier recueil de poèmes intitulé «Vivre pour l'amour», puis «Le coeur raconte», édités à compte d'auteur. Les espaces n'existaient pas et j'ai vendu dans les bus, à Tizi, Alger et sur les plages de la Kabylie. Il y a de quoi écrire sur cette réalité.
J'étais comptable principal dans une entreprise publique quand j'ai commencé à publier dans le journal francophone algérien L'Horizon des poèmes et des nouvelles.
C'est alors qu'un ami journaliste m'a soufflé à l'oreille le mot «édition».
Il a ainsi élevé mes poèmes vers la concrétisation de la réalisation tout en les aidant à faire un voyage magique et merveilleux.

Est-ce qu'on peut dire que vous êtes un poète exilé?
Non, je n'ai jamais quitté Ifigha en pensée, ni la Kabylie, ni mon Algérie qui pleure ses enfants chéris.
A Paris, on peut aussi à tout moment se voir et se revoir dans des lieux aux couleurs somptueuses. Le titre de l'un d'elles peut vous convaincre pour une journée entière: «Abder et ses amis».
Maintenant, à nouveau, près de mon village que j'aime, ma mère, mes amis d'enfance, mes anciens collègues, beaucoup de grâce et de bonheur, tournent autour d'eux.
A la fin, je suis sûr de moi, j'entends ce que je vois. Je suis tranquille et je n'ai rien à craindre pour les années à venir.

Vivre dans un pays étranger, peut-il constituer une grande source d'inspiration pour un poète?
S'installer en France, vivre à Paris, le rêve! Je débarque dans la cour de l'écriture, loin de me douter de ce qui m'attend: poète connu, lu par bien des personnalités politiques, intellectuelles, culturelles. Mon image donne de la dignité à mon personnage.
Je suis plus étranger chez mes frères kabyles de mon village que chez les amoureux des rimes.

Avez-vous des difficultés à éditer vos livres chez l'Harmattan?
Non, je n'ai pas eu de difficulté particulière à être édité aux Editions L'Harmattan. J'ai un style proprement dit, un lieu littéraire et je suis poète d'abord, et avant tout, Abder, un être humain comme chacun d'entre nous, avec sa vie, ses sentiments, ses espoirs, avec ses difficultés et ses ambitions. Comprendre cela, vivre, c'est rendre utile notre existence.

Depuis votre premier recueil de poèmes, publié en Algérie, vous n'écrivez qu'en langue française, jamais en tamazight. Pourquoi ce choix pour le français?
Je parle le kabyle, je suis Algérien, heureux de ma présence amazighe mais mes lecteurs sont en France et, en nombre, français. Par ailleurs, mes frères n'achètent pas, en général, de livres. Peu de personnes en France lisent le kabyle, encore moins le berbère.
Francophone moi-même depuis mon enfance, il est normal, me semble-t-il, de rendre hommage à ceux qui m'accueillent et m'apprécient. Merveilleuse langue de Voltaire et de Victor Hugo, entre autres, qui rayonne de mille feux.

Vous sentez-vous aussi exilé dans la langue française?
Je ne suis pas exilé dans la langue française qui représente tout un monde culturel. Il est naturel de dire que ma vie est portée vers la terre berbère, l'Algérie. Je lis Mouloud Mammeri, Mouloud Feraoun, Rachid Mimouni, Kateb Yacine.
Mots d'un peuple, peuple de mots...

Il est certain que d'année en année, un poète s'améliore et aiguise sa plume. Qu'en est-il de vous?
Tout au long de ma vie littéraire je promène sur le temps un regard curieux, jaloux et passionné. Je témoigne à ma manière, je sais que l'évolution passe par la connaissance en luttant contre l'ignorance.
Je laisse les autres dire ce qu'ils pensent de moi.

Quoi de plus agréable que d'écrire un poème dès le matin? Lisez-vous régulièrement les poètes français et quels sont vos préférés?
Oui, je lis régulièrement les poètes algériens, les poètes classiques et contemporains français ainsi que d'autres de divers horizons.

Pouvez-vous nous parler de la vie d'un poète kabyle qui vit à Paris: comment se déroulent vos journées et comment êtes-vous perçu?
Ma vie est la vie de tout le monde, des hauts, des bas, la joie, la solitude... imaginez-la!

Repost 0
Published by iflisen - dans Poésie
commenter cet article
2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 01:04

 

 

 

 

Iḍelli neğğa d lγimeṛ
agmuḍ d utaram ssulsen

 

La reggwelen medden akw s axxam
seg ssmum la-d ittrusen

 

Ṣṣbeḥ nekker-d aakw la γyar
iffeγ lmal ad akw ksen

 

 

Repost 0
Published by iflisen - dans Poésie
commenter cet article
31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 09:12

 

 

Aseggwas yezri yenser
ur nezmir a-t-id nerr
ufgen wusan am igḍaḍ

iḍelli kan i-d nezger
nerwel-d di Yennayer
nerra-d metwal agummaḍ

deg ugafa aqlaγ nedder
s wanuz akw d sser
s ddaw igeni asemmaḍ

am ass-a aḍu ad ikker
ad neffeγ ar lber
amcum a-s yezwi icuḍaḍ

Ukerdis

Repost 0
Published by iflisen - dans Poésie
commenter cet article
30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 18:29

 

 

Asmi i γ-gerrzen wusan
Ur nessin urfan
Ntteker-d deg wellili

Ay ksiγ deg bu ilfan
Di tmurt n lkavṛan
Akw d waṛdiya bbwakli

Tura aqlaγ seg wid infan
Ay inijel aquṛan
Ur d-nettas ur d-neṭṭili


Asmi segmen wusan
Deg udrar n can
Werğin i neddi s lekni

Imiren meden henan
Ay agellid itt-yencan
Xas aken di lgira enni

I nekk i-d infan s iγnan
Nerr-att i-yiberdan
Aḍu leḥbab icebbwli

Repost 0
Published by iflisen - dans Poésie
commenter cet article
27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 21:57

L'Expression

 

5E RENCONTRE POÉTIQUE DE LA SOUMMAM À AKBOU

En hommage à Jean El Mouhoub Amrouche

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font
Un parcours et un combat pour l'indépendance de son paysUn parcours et un combat pour l'indépendance de son pays

Cette édition dédiée à la mémoire de Jean El Mouhoub Amrouche est intitulée «Convergence: poésie au service de l'environnement».

L'association Etoile culturelle d'Akbou organise du 27 au 30 décembre en cours la 5e édition de la rencontre poétique d'expression amazighe de la Soummam. L'association Etoile culturelle d'Akbou récidive comme chaque année depuis 2006, pour revisiter cette fois le parcours et le combat de Jean El Mouhoub Amrouche.
«L'association ne cesse de rendre hommage à des intellectuels, des artistes, des journalistes femmes et des hommes de culture qui n'ont de raison que celle de hisser la science, le savoir et la culture algérienne sous toutes ses facettes ainsi que la culture amazighe. Cette année elle décide de rendre hommage à l'illustre professeur, poète, critique littéraire, animateur de revue, journaliste et écrivain engagé feu Jean El Mouhoub Amrouche, natif de la région Ath Abbas (Ighil Ali),» peut-on lire dans la lettre de présentation de l'événement.
«Il s'agit d'une reconnaissance qui vient anticiper la célébration du cinquantième anniversaire de sa disparition pour revisiter son oeuvre, son parcours, son combat et son amour pour l'Algérie, car cet homme a porté en lui toutes les valeurs intrinsèques au même titre que celles de toutes les causes justes que sont la justice, la double culture et la tolérance», nous dira le président de l'association organisatrice Mouloud Salhi. «Elle traduit encore une fois, notre engagement et notre conviction à participer à la mobilisation, à la sensibilisation et à la conscientisation de cette frange d'artistes à la problématique et à la protection de l'environnement», nous déclare l'infatigable président Mouloud Salhi avant d'ajouter: «Cette version 2011 vise à marquer la fin de la consécration de l'Année internationale de l'environnement.» Quelque 90 participants issus, de 12 wilayas dont Bouira, Alger, Tizi Ouzou, Tisssemsilt, Oran, Ghardaïa, Khenchela, Boumerdès, prendront part à cette 5e édition ayant pour objectifs: «Encourager et promouvoir la poésie amazighe, sensibiliser, encourager et promouvoir la poésie environnementale amazighe, développer les échanges et permettre un espace privilégié d'expression entre comédiens, artistes et associations de divers horizons» comme nous pouvons le lire dans le document de presse.
A travers l'hommage qui sera rendu à Jean El Mouhoub Amrouche, les organisateurs veulent «faire revisiter et faire connaître Jean El Mouhoub Amrouche à la nouvelle génération», à travers son oeuvre, son parcours et son combat pour l'universalité et l'indépendance de son pays». Le rendez-vous culturel sera ponctué aussi par des conférences intitulées: «Le parcours et le combat de Jean El Mouhoub Amrouche» et «Tout sur l'environnement et le développement durable».
Un concours de poésie et une visite dans le village natal du poète et de l'écrivain sont aussi au programme. Pour rappel, l'association Etoile culturelle d'Akbou a honoré avec brio dans les précédentes éditions, Si Muhend U M'Hend lors du centenaire de sa mort, Mohand Saïd Amlikech, Na Rahma Ouaissa et Rabah Maraoui dit Ammi Saïd. En outre, Cette 5e édition dédiée à la mémoire de Jean El Mouhoub Amrouche est intitulée «convergence: poésie au service de l'environnement».

Repost 0
Published by iflisen - dans Poésie
commenter cet article
26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 23:29

 

 

 

Ay igṭaṭ yezrin ayγeṛ
a-γ teğğem g-deflawen
ğğt-aγ nekwni anjunjeṛ
di tegrest mi_
meṛḍilen

iṭij aken kan ad inqqeṛ
a-γ  yenser ger ifasen


Kečč ay agṭiṭ areqman
ittunagen g wellili
abrid ar tesmunt iban
ay adlil aεjel tikli
ay amunaṛk i-tt yencan

hatt i San Luis Potosi

 

Kečč ay aziḍuḍ umlil

yetnujen nig usigna
mačči tardast neγ iγil
i tettcerigeḍ di tmura
γit-itt ay Uzmir utwil
    Semlil-aγ d Karina 

 

Nekwni s imnejla aḥlil

Akud la iteddu s tazla
Neğğa-d s ut umendil
Gumaḍ i yilel azegza
Teḍra-γ am ayla nesbil
Neγ isγi i tḥuza cetwa


ay adlil aεjel tikli: oiseau mon témoin hâte-toi
aṭḥa i nceṛṛeḍ lwezγi : jamais on n'a réclamé l'impossible

Repost 0
Published by iflisen - dans Poésie
commenter cet article
24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 13:24

 

 

Ay agḍiḍ ma d w'iserrun
Qqen deg gifg-ik εelli
Abrid-ik ar wid ibennun
Ay adlil aεjel tikli
Ixṣimen qṛib a-ten kfun
Ğğan-d tamurt d lxalli

 

Ac'ara-d yini w'infan
Ur d-nttas ur d-neṭṭili
Werğin yumin s luqṛan
Ur yaγṛi di ddemyaṭi
Di tmura anida henan
Ddin deg gul ig-gettili

 

San Luis Potosi, dec 2011

Repost 0
Published by iflisen - dans Poésie
commenter cet article
19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 00:17

 

 

 

 

 

 

 

 

Inig n UMUNAṚK

 

Ay aferṭeṭu ucbiḥ areqman
Qqen deg_gifg-ik εelli
Nirr-as metwal Michoacan
Qbel asemiḍ ad yezzi
Zgger tiγezwa n Marikan
D San Luis Potosi

 

Tarusi-k deg durar n zan
D watma-k xas zdi
Ṭṭef agazu i-k yahwan
Taṛğuḍ tagrest at_tezri
Zdat maγṛes neγ ḥeyan
S agafa i-k tecbaḥ tikli

 

San Luis Potosi, dec 2011

Repost 0
Published by iflisen - dans Poésie
commenter cet article
8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 21:25

Les Yeux d'Elsa


Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire
J'ai vu tous les soleils y venir se mirer
S'y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire

À l'ombre des oiseaux c'est l'océan troublé
Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent
L'été taille la nue au tablier des anges
Le ciel n'est jamais bleu comme il l'est sur les blés

Les vents chassent en vain les chagrins de l'azur
Tes yeux plus clairs que lui lorsqu'une larme y luit
Tes yeux rendent jaloux le ciel d'après la pluie
Le verre n'est jamais si bleu qu'à sa brisure

Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée
Sept glaives ont percé le prisme des couleurs
Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs
L'iris troué de noir plus bleu d'être endeuillé

Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche
Par où se reproduit le miracle des Rois
Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois
Le manteau de Marie accroché dans la crèche

Une bouche suffit au mois de Mai des mots
Pour toutes les chansons et pour tous les hélas
Trop peu d'un firmament pour des millions d'astres
Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux

L'enfant accaparé par les belles images
Écarquille les siens moins démesurément
Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens
On dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages

Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où
Des insectes défont leurs amours violentes
Je suis pris au filet des étoiles filantes
Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d'août

J'ai retiré ce radium de la pechblende
Et j'ai brûlé mes doigts à ce feu défendu
Ô paradis cent fois retrouvé reperdu
Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes

Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa
Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent
Moi je voyais briller au-dessus de la mer
Les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa


Louis Aragon

Extrait de "Les Yeux d'Elsa"
édition Séghers.

Repost 0
Published by iflisen - dans Poésie
commenter cet article
27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 22:17

 

L'Expressiom

BENHANAFI

La voix de la radio kabyle

Par La voix de la radio kabyle

Il a écrit des chansons pour Idir, Chérif Kheddam, Malika Domrane, Kaci Abdjaoui, Chérifa, etc.

C'est l'un des animateurs radio les plus connus dans la région de Kabylie. En plus du fait qu'il ait tenu le micro pendant des années, Mohamed Benhanafi a été aussi le parolier de grands chanteurs à l'image d'Idir et de Malika Domrane. Ce sont toutes ces raisons qui ont poussé Ourida Sider à lui consacrer un livre édité aux éditions Le savoir de Tizi Ouzou. L'ouvrage est intitulé tout simplement: «Benhanafi, la voix de la radio kabyle».
De son vrai nom Aït Tahar Mohamed, Mohamed Benhanafi est né le 7 février 1927 au village Sidi Atmane, près de Larbâa Nath Ouacif. Il est l'un des plus grands animateurs qu'a connus la radio algérienne. L'auteure précise qu'il s'agit d'un homme remarquable mais d'une modestie qui vous désarme.
Mohamed Benhanafi n'aime pas parler de lui et préfère évoquer d'autres sujets plutôt que d'énumérer tout ce qu'il a pu faire pour la culture berbère et sa promotion. Par son charisme, ajoute Ourida Sider, il a pu donner ses lettres de noblesse à la radio kabyle, et à ce jour, nul autre n'a pu égaler ce maître, selon toujours l'auteur du même livre. Cette dernière rappelle que Mohamed Benhanafi a été l'auteur des textes chantés par plusieurs voix de la chanson kabyle à l'instar de Idir, Kaci Abdjaoui, Chabha, Ourida, El Djida tamechtouht, Zahia, Chérif Kheddam et Mohamed Benslimane. La carrière radiophonique de Mohamed Benhanafi était riche et diversifié. A son entrée à la Radio Chaîne 2, avec Mohamed Hilmi et Ahmed Imane, il a commencé avec la poésie: «Leqlam ajdid» et une émission enfantine «Tibhirin d yijeggigen d waman issemaden». Mohamed Benhanafi a confié à Ourida Sider: «Je ne me souviens pas de ces années avec exactitude mais j'ai bien vu des enfants qui ont fini par devenir de grandes célébrités de la chanson kabyle à l'instar de Habib Mouloud et Nouara. Si ma mémoire ne me trompe pas, j'ai fait des émissions comme Icenayen uzeka où sont passés les Malika Domrane, Matoub Lounès, Djamel Frahi, AIT Djoudi Saïd, Dalil Omar...
Par ailleurs, Malha et Chabha étaient mes élèves et j'ai fait des galas comme animateur en 1970 avec Atmani, Dalil Omar, Mouhouch, ben Mouhoub, Benslimane Mohamed... Depuis 1963, je n'ai cessé mon activité que pendant sept ans, entre 1994 et 2001, date à laquelle je suis revenu à la radio. C'est Saïd Freha qui m'a sollicité pour l'émission «Tefyirin lkanun» avec des petits enfants». Le livre que consacre Ourida Sider au poète des Ath Ouacif contient une cinquantaine de poèmes écrits par Mohamed Benhanafi. Une bonne partie de ces textes ont été chantés par des célébrités de la chanson kabyle. Le lecteur pourra ainsi revisiter une très belle époque où la chanson d'expression kabyle était à son apogée. On regrettera toutefois que les textes en tamazight ne soient pas accompagnés de traductions en langue française afin de permettre à un maximum de lecteurs d'y avoir accès.

 

 

 

ALI N'BOUAROUR

Le successeur de Si Mohand Ou Mhand

Par Le successeur de Si Mohand Ou Mhand

Depuis Boulifa jusqu'à Younès Adli, en passant par Mouloud Feraoun et Mouloud Mammeri, cette quête du verbe n'a pas cessé de passionner plus d'un auteur.

Dans la région de Kabylie, la poésie a été et demeure le moyen de communication le plus en vogue et le plus efficace. L'absence quasi totale de culture écrite a fait que les poètes ont pris une place des plus importantes au sein de la société. Quand bien même avec le temps, les noms des poètes finissent par tomber dans l'anonymat, ce qu'ils ont clamé comme vers sont souvent retrouvés au beau milieu des discussions.
Des vers qui deviennent ainsi des citations ou carrément des proverbes qui résument ce que mille explications sont incapables de faire. Recueillir ces poèmes et les attribuer à un auteur selon des critères objectifs ou subjectifs est devenu la passion de bon nombre d'auteurs de la région de Kabylie. Depuis Boulifa jusqu'à Younès Adli, en passant par Mouloud Feraoun et Mouloud Mammeri, cette quête des mots n'a pas cessé d'attirer plus d'un auteur. Le dernier en date est le livre que vient d'éditer Mustapha Bentahar. Ce dernier n'était pourtant pas destiné à ce genre de travaux.
L'auteur est né en 1958 à Mechtras, dans la région de Boghni. Il n'est pas anthropologue de formation mais médecin. Ce qui l'a mené à publier cet ouvrage, c'est le fait qu'il soit inspiré par la poésie depuis son jeune âge. Il a écrit d'abord des poèmes sous le pseudonyme Youcef Nath Si El Hocine, puis il a commencé à effectuer des recherches sur le patrimoine poétique de la région.
C'est ainsi qu'il découvrit la richesse du recueil du poète Ali n'Bouarour. Il décida alors de le faire sortir de l'oubli et de l'anonymat. Pour la réalisation de ce recueil, Mustapha Bentahar a eu le privilège d'avoir été soutenu par le chercheur Youcef Necib qui est une référence en la matière.
L'auteur le remercie d'ailleurs de l'avoir aidé à traduire les poèmes en langue française. Mais d'abord qui est Ali n'Bouarour? Harbit, son patronyme, était celui d'une famille notoire de Mechtras, dans la vallée septentrionale, parallèle à la chaîne du Djur-djura, entre les localités de Boghni et des Ouadhias. La collectivité, précise Mustapha Bentahar, le connaissait non pas sous ce nom attribué par l'état civil français mais sous celui du lignage: Ali n'Saïd Ouamar. Le poète est né en 1879 à Mechtras. Il était un féru de musique dès l'enfance. Il finit par trouver le chemin de sa vocation musicale et poétique dans le métier de poète tambourineur.
«Profession prisée jadis car Adebbal était l'animateur le plus recherché des fêtes, celles du mariage et de la circoncision des garçons dont lui-même était le praticien», précise Mustapha Bentahar. Un peu à l'image de Si Mohand Ou Mhand, Ali n'Bouarour était un poète libre et bohémien. Un jour, raconte l'auteur, le poète s'est ruiné et perdit jusqu'à son burnous dans les jeux de hasard au marché de la localité de Boghni.
Mustapha Bentahar souligne par ailleurs que les poèmes de Ali n'Bouarour sont bien personnalisés car il cite son propre prénom, des noms de régions limitrophes, des faits historiques qu'il a lui-même vécus comme la guerre 1914-18. Sa renommée le mène jusqu'à animer un gala à Tunis où il composa un poème dans lequel il cite son village Mechtras.
La vie de Ali n'Bouarour finira mal puisqu'il sera atteint d'une maladie mentale qui fera qu'il cesse d'animer les fêtes. Avant cela, il provoqua un scandale en composant un poème sur une jolie fille d'une région de Kabylie, poème qu'il déclama dans plusieurs fêtes en citant le nom du village en question. Ce qui déplut bien entendu aux habitants du village cité. Outrés, ces derniers maudirent l'aède.
Selon l'auteur, le visionnaire Sidi Ali Oulhadj lui prédit qu'il devait mourir un jour de mauvais temps avec une tempête et un glissement de terrain. Il mourut le 29 janvier 1929 par un temps glacial avec une neige qui atteignait par endroits trois mètres d'épaisseur. Il fut impossible de l'enterrer au cimetière. Pour cela, il fut inhumé à l'intérieur de sa maison. Il avait cinquante ans.

 

 

Repost 0
Published by iflisen - dans Poésie
commenter cet article

Présentation

  • : La confédération des Iflisen Umellil
  • : Un des objectifs est de reconstituer la grande confédération qui regroupait les 14 aarchs des Iflisen Umellil avant la colonisation française. Le but est de rétablir les liens interrompus et de promouvoir la solidarité inter-arche. Nous visons également à consolider les liens entre la diaspora et leur région d'origine. Réecrire l'histoire des Iflisen et préserver leur patrimoine matériel et immatériel .
  • Contact

Recherche

Liens