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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 00:28

 

 

Dans la matinée du samedi 8 avril 1871, cheikh Aheddad proclama sur la place du marché de Seddouk la guerre sainte contre l’occupant français.

Cheikh Aheddad.Cheikh Aheddad.

Jetant sa canne dans la foule, l’octogénaire, maître de la confrérie Rahmania, déclara : "Avec l’aide de Dieu, il nous sera aussi facile de jeter le Français hors de chez nous". Il lança ainsi dans la bataille 250 tribus, le tiers de la population algérienne, majoritairement de Kabylie et du Constantinois et accessoirement du centre et de l’Ouest.

Ce grand soulèvement armé durera d’avril 1871 à janvier 1872. Il étendit une série de révoltes sporadiques qui émaillèrent l’année 1870 et relançait une guerre proclamée le 14 mars par le Bachagha Mokrani, le maître de la Medjana, avec sa trentaine de tribus fidèles. Cette insurrection qui avait réussi à mettre sérieusement en péril le système colonial est d’autant plus importante que ses conséquences avaient scellé le destin de la population algérienne jusqu’au déclenchement de la révolution de novembre 1954 !

Au-delà des origines et des causes de la rébellion rapportées en leur temps par les officiers coloniaux et analysées et re-contextualisées par les historiens depuis quelques décennies, c’est le drame humain qui s’est joué dans le camp des vaincus, et ses stigmates qui posent problème encore de nos jours.

40 ans après le débarquement de la flotte de l’amiral De Bourmont à Sidi Ferruch et la débâcle de l’armée turque et des bataillons kabyles venus rejeter les Français à la mer, la colonisation de peuplement avançait à grands pas, s’accaparant les meilleures terres, refoulant les autochtones sur les terres arides causant misère et famines de plus en plus dramatiques. Venu se substituer au règne des militaires vaincus sur le front de la guerre contre la Prusse, le régime civil tant redouté par les indigènes couronnera la succession durant trois années (de 1867 à 1869) de mauvaises récoltes et confortera l’avidité des colons par un arsenal juridique de plus en plus répressif. La révolte devenait inévitable : "Mourir pour mourir, autant le faire dans l’honneur, les armes à la main", répétait-on dans les Djemââs et les souks !

Cinq forces d’inégales valeurs étaient en présence sur le terrain, où la possession de la terre constituait l’enjeu principal. Les paysans indigènes, pour qui défendre la terre nourricière, propriété des ancêtres, relevait des valeurs existentielles de Nif et de Horma pour lesquelles le sang était le prix consenti. On prenait le fusil dés qu’il s’agissait de défendre sa famille contre l’opprobre et le déshonneur, sa terre contre la spoliation, et par extension son pays contre l’occupation. Les féodaux algériens alliés de l’armée française, voyaient leur influence en perte de vitesse à mesure que s’appauvrissaient les fellahs et que les prérogatives des militaires passaient aux mains des civils et que se consolidait le nouveau régime qui rognait leurs privilèges.

Ces deux forces aux intérêts souvent opposés mais complémentaires pour la circonstance allaient être fédérées par les religieux, maîtres des zaouïas, tenants du pouvoir spirituel contestés et réprimés par les colonisateurs. Les trois forces allaient s’unir et constituer une structure de guerre contre l’occupant avec ses forces militaires régulières son administration et ses milices paramilitaires composées d’ultras et de mercenaires à la solde des colons. Tous se battaient pour la terre ! Les militaires français mesuraient en termes de terres conquises, les colons en terme de surfaces utiles gagnées au moment où face à leur avidité les Algériens comptaient les millions d’hectares perdus et à jamais interdits même pour le parcours et le passage. Moyen de subsistance pour les uns, source de richesse et de pouvoir pour les autres, la terre était prête à recevoir le soc des charrues mais aussi le sang des combattants ! Défendre la terre pour les Algériens, s’en accaparer pour les Français avait constitué depuis 1830 la cause véritable de toutes les révoltes, individuelle ou collective, petite ou massive, même si les événements et le contexte du déclenchement furent souvent avancés, en écran, comme les véritables raisons des soulèvements.

Une répression aveugle

De nombreux événements inhabituels avaient marqué cette année 1870.L’algérie sous autorité militaire depuis 1830 passe sous le régime civil, avec pour conséquence pour les chefs féodaux indigènes, la perte de leur influence sur les tribus. La fin de règne des bureaux arabes, véritable tête de pont de la colonisation dans les zones non administrées par les civils français. La disparition de cette administration tampon mettra les paysans algériens face aux colons français sans aucun médiateur pour absorber les chocs.

Les décrets Crémieux qui attribuaient aux juifs la nationalité française et tous ses privilèges,alors que les musulmans en étaient privés, avait constitué selon certains historiens la goutte qui avait fait déborder le vase. L’utilisation des Spahis, garde rurale musulmane, dans la guerre contre la Prusse, s’ajoutera à tous ces changements trop rapides pour la société indigène terrassée par la famine due aux mauvaises récoltes conséquentes à la spoliation des meilleures terres par les colons. A croire que le soulèvement des algériens était sciemment recherché et provoqué par les colons qui voyaient dans cette année 1870,devant la faiblesse générale du régime français, le moment propice pour faire valoir leur point de vue.

L’état d’esprit du côté des Algériens était à la révolte. Le sentiment national et l’esprit d’indépendance suffisaient en réalité à expliquer la mobilisation de nombreuses tribus qui ne supportaient plus le mépris des colons et leurs exactions. On entendait alors "faire partir tous les fusils à la fois dans un dernier effort pour chasser le français du pays". La mutinerie des Spahis qui refusaient de partir sur le front de la Prusse, les premières défaites de l’armée française contre la Prusse, la captivité de Napoléon III, l’annonce de la prise de Paris par les Prussiens, ont créé un climat de fièvre amplifié par l’arrivée du fils de l’Emir Abdelkader annonçant l’imminente arrivée d’une armée turque pour libérer l’Algérie !

Ceci excita le patriotisme des tribus kabyles pour lesquelles les événements de la commune de Paris apportaient beaucoup d’assurance. A Alger les colons s’en prenaient aux militaires, le climat était à la guerre entre les Français. "Dieu les a frappés, ils ne se reconnaissent plus entre eux, ils sont devenus fous", disait-on.

C’était le moment de se révolter et frapper le colonisateur apparemment désorienté. On se réunissait dans les cafés, les djemaâs et les souks, on amplifiait les appels à l’insurrection. On s’armait, on constituait la logistique de guerre. Les chefs reconstituaient les çoffs, les ligues (chartya) qui surveillaient les caïds et les traîtres potentiels ! Fin janvier, les hostilités débutèrent à Mila pour s’étendre vers Souk-Ahras. Le Titteri s’embrase début février, à la mi-mars les Mokrani passent à l’action. La zaouïa Rahmania fédère toutes ces forces sous le commandement du fils de Cheikh Aheddad, et proclame la guerre sainte le 8 avril à partir de Seddouk !

Et la guerre commença. Le soulèvement de 1871 offrira à la colonisation l’occasion d’en finir avec toutes les jacqueries et les révoltes qui menaçaient l’ordre colonial et son projet "civilisateur"

"J’entrerai dans vos montagnes

Je brûlerai vos villages, vos maisons

Je couperai vos arbres fruitiers

Et alors ne vous en prenez qu’à vous seuls"

Voilà l’essence de la logique coloniale, comme celle de la fable du loup et de l’agneau, résumée par ces propos du Maréchal Bugeaud dès 1845.

"Markits a l’khodja techdhah !"

Passée l’euphorie de la mobilisation, les 200 000 paysans insurgés mal armés, conduits par des chefs inexpérimentés devenaient une véritable chair à canon pour les troupes régulières coloniales, leur cavalerie et surtout leur artillerie. "Les colonnes infernales" rasaient les villages, tuaient femmes et enfants et incendiaient les habitations. Louis Rinn donnait 2686 morts français durant cette insurrection pour un rapport sous évalué de 1 à 50, le nombre de tués du côté algérien dépasserait les 100 000 ! Exactions, incendies, viols, coupures d’arbres, démolitions de maisons, achèvement des blessés à la baïonnette, le témoignage du général Cerez en avril 1871 résume assez bien cette atmosphère de fin du monde : "A Souk-el-Khemis j’ai fait vider les silos pour nourrir ma cavalerie, j’ai fait brûler les quatre-vingt maisons des Ouled-Meslem… Le génie a coupé tous les arbres fruitiers pendant que la cavalerie brûlait le village d’El-Hammam"

Les chansons indigènes de l’époque témoignent de la férocité de la répression :

"1871 fut l’année de notre ruine

Elle nous brisa les reins

O ma bouche continue de chanter… "

Une autre complainte disait :

"En quatre mois le feu s’éteignit

Les nœuds les plus solides se délièrent

Et tout le monde connut la misère

L’impôt s’abattit sur nous à coups répétés…

Les gens ont vendu leurs arbres à fruits

et même leurs vêtements

C’est pour eux une époque terrible… "

Deux millions et demi d’hectares de terre sont placés sous séquestre ! 313 collectivités sont dépouillées de leurs biens, les terres de sept tribus considérées comme instigatrices de l’insurrection sont totalement accaparées ! On appliqua le système de la triple sanction aux indigènes. comme belligérants vaincus, comme indigènes insurgés et comme habitants résidant sur le territoire français. Le montant des amendes infligées dépassa les 70 millions de francs ! Les dernières tranches avaient été payées vers 20 ans après le déclenchement de l’insurrection ! Un droit de la dépossession fut institué au nom de l’efficacité des mesures préventives : "Il n’y a pas d’illusion à se faire. La contribution de guerre ne serait efficace pour la prévenir que si on la poussait à la ruine totale…"

Les principaux chefs furent jugés et déportés vers le bagne de Cayenne ou en Nouvelle Calédonie. Ils seront nombreux à ne plus revoir le sol natal ! Des centaines d’autres condamnés les rejoindront dans une succession de convois et de navires ! Ils rencontreront d’autres insurgés, ceux de la Commune de Paris. Durant des années les correspondances de ces derniers témoigneront de ce douloureux et lointain exil.

Dans de nombreux douars écrasés par la défaite, les colons vainqueurs et leurs supplétifs, s’adonnèrent à des pratiques immorales dégradantes pour déshonorer l’indigène vaincu. En plus du séquestre des terres, de la déportation des chefs vers les bagnes lointains, de la confiscation du bétail et des biens mobiliers et immobiliers, on s’attaqua à la dignité de l’indigène, son nif !

On organisa des fêtes villageoises à la gloire des armées coloniales et de leurs goums. Les nervis et les voyous à la solde des caïds locaux étaient chargés de discréditer les femmes sans défense. La mémoire collective a retenu, à travers des récits qui se recoupent, une pratique humiliante qui consistait à obliger les veuves des combattants indigènes à danser en public au rythme des tambourins et de la cornemuse des tambourinaires. Cette pratique d’avilissement tourna souvent au tragique ; de nombreuses jeunes filles livrées aux supplétifs de l’armée coloniale préférèrent le suicide au déshonneur ! On arrangeait donc d’interminables parties de danse où les femmes des vaincus devaient occuper la scène jusqu’à l’épuisement total. Dans ces arènes de l’opprobre où la canaille jouissait du spectacle, un secrétaire (khoja) tenait l’inventaire de toutes les danseuses, un caïd lui ordonnait : "Markits a l’khodja techdhah" (Notes, Khodja, qu’on se souvienne qu’elle a dansé " !

De nombreux historiens noteront que la haine semée par les colons au bout de leur victoire de 1871 a germé doucement pour emporter leurs enfants en Novembre 1954.

Les stigmates de 1871

152 ans après ce grand soulèvement populaire manqué, toutes les cicatrices ne sont pas refermées. Les problèmes résultant du séquestre des terres des tribus engagées dans l’insurrection n’ont pas tous été réglés. Il en est ainsi des terres dites propriétés du Bachagha Ben-Ali-Chérif, un millier d’hectares situés à cheval sur les territoires des communes d’Akbou et d’Aouzellaguen. Ces étendues de terres fertiles mises sous protection de l’Etat après l’indépendance puis versées au fonds de la révolution agraire pour être attribuées aux paysans qui en avaient l’usufruit ont été restituées aux héritiers Ben-Ali-Chérif, en application de l’ordonnance N° 95/26 du 25 septembre 1995, par une commission de wilaya le 1er juin 1998 où siégeaient,entre autres, les représentants des anciens moudjahidines. L’opposition de l’Union locale des paysans algériens (UNPA) n’a pas donné les résultats escomptés. Les villageois de Felden (Chelata) revendiquent une partie de ces propriétés, ceux de Laazib une autre, les attributaires de la révolution agraire, réunis en association, la totalité. Le contentieux ne semble pas trouver d’issue. L’heureux héritier qui récupéra plus de 900 ha, a compris qu’il faut s’en débarrasser au plus vite. Il a déjà liquidé une partie appréciable, rachetée sans doute par les arrière-petits-fils des séquestrés de 1871 !

Rachid Oulebsir

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 23:30

Liberté

 

ActualitéLundi, 19 Mars 2012

Ould Kablia livre ses vérités sur les accords d’Évian

“Boumediene, Ben Bella, Mendjeli et Kaïd ont voté contre”

Par : Samir Leslous

“Il faut que les points sombres de la Révolution algérienne tels que le complot des colonels, l’affaire de la Bluette, le Congrès de la Soummam et de nombreux autres évènements encore soient éclairés”, a plaidé le ministre de l’Intérieur et néanmoins président des anciens membres du MALG, Daho Ould Kablia, à l’occasion d’une conférence qu’il a animée hier à la Maison de la culture de Tizi Ouzou.

Aux yeux d’Ould Kablia, “ceux qui ont empêché que l’histoire soit dite sont ceux qui ont peur et qui savent qu’il leur soit défavorable”. Sans faire une quelconque allusion et encore moins citer des noms, l’ancien membre du ministère de l’Armement et des Liaisons générales du GPRA a expliqué que l’association des anciens du MALG, qui a déjà pu réaliser une douzaine d’ouvrages sur la base des documents authentiques qu’elle détient, avait demandé au ministère de l’Information une émission télévisée spécialement pour “dépoussiérer les dossiers qui constituent les points noirs de la guerre d’Indépendance”. En ce sens, M. Ould Kablia estime que l’idée de lancer une chaîne consacrée à l’histoire de l’Algérie ne peut qu’être saluée, notamment dans une conjoncture où certains ne cessent de jeter le discrédit sur cette Révolution. “Laisser toute cette poussière sur l’histoire de la guerre d’Algérie fait que les Algériens n’y croient plus et malheureusement notre société est en train de partir en miette”, a-t-il encore soutenu. Et de souligner : “Nous avons perdu une quarantaine d’années. Autrement, on se serait dirigé vers un État démocratique beaucoup plus tôt.” Mais ceci ne constitue pas le seul regret de l’ex-compagnon de Boussouf. “Malheureusement ceux qui ont négocié les accords d’Évian n’ont pas participé à la gouvernance de l’Algérie post-indépendance, et c’est là tout le problème”, a-t-il encore déploré.
Interrogé sur l’écriture de l’histoire, le ministre de l’Intérieur a expliqué que 10 tonnes d’archives avaient été remises par le MALG au ministère de la Défense mais, a-t-il encore regretté, “hormis Mahfoud Kaddache qui était la boîte de liaison du MALG, nous n’avons pas encore de bons historiens, de nombreux livres sont écrits mais c’est du factuel qui sert pour chacun à tirer la couverture vers soi”.
Faisant le récit de la genèse et de la signature des accords d’Évian, M. Ould Kablia a tenu à apporter des précisions de taille. Tout en se disant favorable à la réalisation du film sur Krim Belkacem, il a tenu particulièrement à démentir les déclarations d’Ali Kafi au sujet d’Abane. “Je démens les insinuations faites sur Abane par Ali Kafi dans ses mémoires. Lorsque la France était revenue à la charge en entamant des contacts secrets après l’échec des contacts entamés déjà par Guy Mollet, Abane avait rejeté de manière ferme les nouvelles propositions des Français”, a-t-il expliqué. Il citera, concernant la mort d’Abane, le premier président du GPRA, Ferhat Abbas, qui avait clairement noté qu’“Abane est assassiné par ses frères de combat”.
Continuant à asséner certaines vérités historiques, l’ancien homme fort du MALG a révélé qu’au moins quatre homme forts de la Révolution avaient voté contre les accords d’Évian. Il s’agit, a-t-il dit, de Boumediene, Ben Bella, Mendjeli et Kaïd Ahmed, a-t-il cité, avant de regretter également le klash entre le GPRA et l’état-major de l’ALN qui a donné lieu à l’été de la discorde de 1962 qui a fait perdre trop de temps à l’Algérie. “Ce qu’on a fait en 50 ans, on aurait pu le faire dans les premières années de l’Indépendance si ce n’était pas ce faussé idéologique entre les deux parties.”
M. Ould Kablia n’a pas manqué d’évoquer la mémoire de Salah Bouakouir qu’il dit considérer, aux yeux des révolutionnaires, réhabilité dans son statut de révolutionnaire.
M. Ould Kablia n’a pas conclu sa conférence sans réitérer la position de l’Algérie vis-à-vis des harkis et de répondre subtilement à la question sur la repentance de la France. Concernant la première, M. Ould Kablia dira : “Nous ne pardonnerons jamais aux harkis.” Quant à la seconde, il rappellera que le GPRA a préparé ce qui est appelé “le livre blanc” sur la torture qu’il comptait remettre à l’ONU, chose qui n’a pas été faite avec le début des négociations sur les accords d’Évian. “Nous avons de quoi les accuser de manière très spectaculaire”, a-t-il menacé.

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 22:07

 

 

Paru chez Berti Éditions

L’encyclopédie des Berbères célèbres

Par : Rubrique Radar

De Jugurtha à Ibn Toumert, de Massinissa à Bologhine Ibn Ziri, de Yaghmoracen à Ibn Batouta, de Tarek Ibn Ziyad à Lalla Fadhma n’Soumer… les éditions Berti viennent de publier sous la plume de Mohand-Akli Haddadou une encyclopédie des personnalités berbères les plus connues à travers l’histoire depuis l’Antiquité à nos jours.
Les Berbères célèbres, tel est l’intitulé de cet ouvrage de 230 pages qui recense, certes de manière pas tout à fait exhaustive, souverains, guerriers, savants, hommes de lettres, saints mystiques, martyrs et héros de la liberté qui ont marqué l’histoire.

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 22:39

DDK

 

 

Draâ El Mizan Il se tiendra du 16 au 19 mars prochains à l’occasion de la célébration des accords d’Evian

Hommage aux 5 colonels de la région

Par

Pour commémorer le cinquantième anniversaire de la signature des accords d'Evian, un vibrant hommage sera rendu aux cinq colonels de l'ex-commune mixte de Draâ El Mizan

Il s'agit des valeureux chefs historiques, Krim Belkacem, Amar Ouamrane, Ali Mellah, Salah Zamoum et Slimane Delihès, connu sous le nom de guerre Slimane Aouadhi qui nous a quitté l'an dernier. L'association Tarwa n'Krim Belkacem d'Ait Yahia Moussa, en collaboration avec les APC de Draâ El Mizan et d'Ait Yahia Moussa et l'ONM, et avec la contribution des associations Amgud et Taneflit n'Tmazight ainsi que de la maison de jeunes de Draâ El Mizan, est déjà à pied d'oeuvre et peaufine le programme de commémoration. Ce dernier s'étalera sur quatre jours, du 16 au 19 mars. Les activités sont prévues dans divers lieux. Lors de la dernière réunion, tenue jeudi dernier au siège de l'APC de Draâ El Mizan, un programme a été établi en attendant d’éventuels changements qui viendraient l'enrichir d'ici là. Pour la journée du 16 mars, l'ouverture aura lieu à la maison de jeunes Arezki Mansouri, avec des expositions (photos, coupures de journaux, écrits…) sur la révolution, en général, et le parcours des ces valeureux colonels, en particulier. Ensuite, il y aura un déplacement jusqu'au village Ath Bardjal, dans la commune de Ouadhias, pour un recueillement et un dépôt de gerbe de fleurs sur la tombe de Slimane Aouadhi. Alors que le stade Mohamed Boumghar abritera un match de football entre des vétérans de la région. Quant au deuxième jour, c'est à la salle de cinéma « Le Maghreb » de Draâ El Mizan qu'est prévue une pièce théâtrale du Théâtre Régional de Béjaïa, en plus d’un récital de poèmes. Vers 11h, M. Djoudi Atoumi, ex officier de l'ALN, animera une conférence-débat très attendue. Dans l'après-midi, à la maison de jeunes de Draâ El Mizan, une table ronde sera organisée avec la participation des familles des cinq colonels. Le troisième jour sera consacré à un déplacement au cimetière d'El Alia à Alger pour se recueillir sur les tombes des colonels Krim Belkacem, Amar Ouamrane, Ali Mellah et Mohamed Zamoum (Si Salah). Le même jour, le public sera convié à visionner un film historique sur la grande bataille d'Ait Yahia Moussa du 6 janvier 1959, où plus de 380 Chahid étaient tombés au champ d'honneur, mais qui fut une grande victoire pour l'ALN au vu des pertes subies par les forces coloniales avec la capture du lieutenant Chassin et du capitaine Grazziani. Ce vibrant hommage sera clôturé à Ait Yahia Moussa. Ainsi, il y aura un recueillement au carré des martyrs de Bougarfène, suivi d'un déplacement au musée Krim Belkacem de Tizra Aïssa (sa maison natale) avec le dépôt d’une gerbe de fleurs et la représentation d'une chorale. Les organisateurs ont prévu, également, des témoignages et des prises de paroles avant de remettre les diplômes aux participants. Indubitablement, cette occasion sera saisie pour relancer le projet de réalisation du monument dédié aux cinq colonels à Draâ El Mizan dont les travaux sont à l'arrêt depuis près de six ans, d'une part, et la relance de l'idée de reconstruction de la maison du colonel Amar Ouamrane, dans son village natal à Frikat, et reposer aussi l'érection du musée Krim Belkacem en musée national. La commission de préparation de ce grand événement a été installée et est tenue de se réunir à chaque fois que le besoin en soit ressenti.

Amar Ouramdane

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 07:13

 

 

Les Berbères en Amérique. Des expéditions berbères vers l’Amérique ?

L'Hocine Ukerdis, Source : http://www.tamazight.biz

Réf : 982

 

En 1930, à l'occasion du centenaire de la colonisation française en Algérie, G. Cauvet, un chercheur français, publia un livre intitulé "Les Berbères en Amérique". Ce livre, édité à Alger chez J. Bringau, est demeuré presque inconnu.

Il est basé sur des recherches menées par l'auteur sur les noms ethniques des tribus Berbères et Indiennes d'Amérique. Cauvet avait montré que plusieurs noms de tribus et de toponymes étaient les mêmes.

Certains noms Américains ne se retrouvent qu'en Tamazgha (Afrique du Nord), ou sur les lignes de migration qui y mènent et non dans les autres parties du globe. Ces travaux ont été publiés dans le Bulletin de la Société de Géographie d'Alger de 1924 à 1930.


Par ailleurs, d'autres preuves existent sur l'arrivée réelle d'Africains en Amérique. Dans un livre intitulé " Introduction à l'Étude des Races Humaines" de De Quatrefages (p.554-598), il écrit : "...En décembre 1731, une barque chargée de vin des Canaries, abordait à Port d'Espagne, dans l'Île de la Trinité (Antilles). Le passeport de la douane indiquait que cette barque était partie de Tenerife à destination de Palma et de Gomera. Une tempête l'avait surprise et écartée de sa route. Puis, entrainée par les courants, elle avait traversé l'Atlantique et était arrivée aux Antilles...".

De Quatrefages fait remarquer, à ce propos que les hasards de navigation pouvaient aussi bien emporter plus au Sud sur la côte brésilienne, des Africains égarés sur les flots de l'Atlantique. En admettant qu'il se soit produit quelques faits de ce genre chaque siècle, il a dû y avoir, depuis que l'Afrique est peuplée, de nombreux arrivages d'Africains en Amérique. Selon Cauvet, il est probable que les Berbères aient organisé des expéditions vers l'Amérique précolombienne. Le courant équatorial Atlantique du Nord qui, balayant les côtes de tamazigh aboutit dans les parages des Antilles, facilitant mieux que tout autre point les voyages de Tamazgha et d'Espagne aux Antilles.

Par ailleurs, les Berbères avaient avec eux pour les pousser et les guider les peuples les plus civilisés du monde ancien : Phéniciens, Ibères, Égéens, Cariens et Égyptiens, dont certains étaient des navigateurs intrépides.


Christophe Colomb a peut-être bénéficié de ce savoir-faire amazigh (maures ou moros, canariens) dans sa découverte de l'Amérique. Il a été le premier grand navigateur européen à avoir compris l'atout du courant des alizés qui vont mourir en Amérique central. L'archipel des Canaries se trouve au milieu de ce courant des alizés vers l'Amérique.


C'était de Séville, patio de l'Andalousie, où jadis vivaient en paix et harmonie les maures et les chrétiens, que sont partis Christophe Colomb et Amerigo Vespucci à la découverte du nouveau monde. Ils embarquèrent avec eux essentiellement des Imazighen (moros) et des Juifs expulsés par les rois espagnols Ferdinand et Isabelle.

La petite flottille génoise avait appareillé avec ses trois caravelles du port espagnol de palozo, mais arrivée à la hauteur de l'île de Lanzarote, elle casa le gouvernail de la Pinta. Cet accident contraint l'amiral à prolonger son séjour dans les îles.

La Pinta était en chantier, Colomb s'était installé dans l'île de la Gomera, dans la petite capitale de San Sébastian où il se prépara au grand bond vers l'Atlantique. Après un mois, il donna l'ordre d'appareiller. A cette époque, les îles de Palma et de Tenerife n'avaient pas encore été conquises, autrement dit, elles étaient encore indépendantes sous la souveraineté des Agellid Igwanciyen (rois Guanches). Par la suite, elles allaient être écumées de ses habitants par les conquistadors espagnols. San Sébastian allait devenir l'escale habituelle de Colomb pour chacun de ses voyages.


C'est avec le voyage de Colomb que l'intérêt pour le Nouveau Monde s'est réveillé chez les Imazighen Canariens et les Moros expulsés d'Espagne : un grand nombre d'habitants de la Gomera sont partis (ou déportés) avec ces caravelles. Un des Canarien s'est rendu célèbre pour avoir gagné à la course une femme indienne dans l'île de la Guadeloupe pendant l'escale.

A partir de cette époque, presque tous les navigateurs qui s'arrêtaient aux Canaries pour se rendre en Amérique, engageaient des matelots de l'archipel (après avoir épuisé le stock de Moros d'Espagne). Toute la première moitié du XVIème siècle a vu des contingents nombreux d'émigrants Canariens enrôlés dans les flottes espagnoles pour coloniser l'Amérique comme marin, militaire ou aventurier. Par la suite, de nombreuses familles paysannes de l'archipel partirent vers les Amériques chercher des terres fertiles (leurs propres terres furent confisquées par les colons espagnols).

Le roi Felipe V d'Espagne a émis un décret selon lequel les Imazighen Canariens étaient obligés de donner un certain nombre de familles pour peupler l'Amérique. Ainsi, la ville de Montevideo, capitale de l'Uruguay, a été fondée par une cinquantaine de familles canariennes, de même qu'une importante partie du Venezuela. Selon, une amie écrivaine latino-américaine d'origine canarienne (ISSER, La Voix du Sang, 1985), ils accueillent encore de nos jours une population canarienne nombreuse.

Des Imazighen Canariens ont participé aux expéditions des colons en Amazonie et le long du fleuve Maragon. Partout en Amérique, on désigne les Canariens sous le nom de ISLENOS, les insulaires. Ils débarquent toujours très nombreux à Cuba, à Puerto Rico, à Saint Dominique, au Venezuela. Ce flux d'émigrants canariens ne s'est pas arrêté avec l'indépendance des colonies espagnoles d'Amérique. Au XIX siècle, Cuba va absorber la presque totalité de l'émigration canarienne.

Les autorités et les propriétaires terriens de cuba, du Venezuela et des autres États américains, ont vite profité de l'ignorance des immigrés et ont procédé à une exploitation honteuse de leur travail. En dehors de ces émigrants exploités, des Imazighen canariens se sont illustrés dans l'histoire de l'Amérique comme des grands personnages. Francisco d'Avila Orecon, originaire de la Gomera, a réussi à se faire nommer GOUVERNEUR de la Havane. Antonio Porlier, né à la Laguna dans l'île de Tenerife, devint accusateur public au tribunal de Lima. Au Venezuela, un Canarien, Eugénio de Pontéi Hoyo, a occupé la charge de GOUVERNEUR de Caracas.

Pendant le XIX siècle, les Imazighen Canariens participent à la lutte pour l'émancipation américaine, soit en devenant des militants indépendantistes, soit en combattant les armées du colonisateur espagnol. Ainsi, le père Francisco de Miranda, héros de l'indépendance du Venezuela, était originaire de l’Orotaba dans l'île de Tenerife. Le général Artigas, père de l'indépendance de l'Uruguay était le neveu d'une femme canarienne. La mère de José Marti, homme politique de Cuba, était native de Santa Cruz de Tenerife.

Les insurgés cubains, pendant la guerre d'indépendance, ont compté jusqu’à six généraux d'origine canarienne dont Manuel Suarez Delgado qui s'est rendu célèbre. Le Venezuela a eu deux présidents de la république d'origine canarienne, Romulo Béthencourt et Raphaël Caldera.

Note : L'archipel cubain fut découvert le 27 octobre 1492 par Christophe Colomb, lors de son premier voyage dans ce qui serait plus tard le Nouveau Monde.

A la Havane : Les balcons mauresques, plantes, fleurs écarlates, évoquent les bourgades andalouses. On déguste ici le traditionnel moros y christianos (riz aux haricots noirs) introduit par les Imazighen canarien.


Auteur : L'Hocine Ukerdis

 

 

 

Les Berbères en Amérique (2e partie) par L'Hocine Ukerdis

Message Ukerdis le Sam 17 Jan - 4:02

 

 

 

Les Berbères en Amérique (2e partie) par Hocine Ukerdis

Nous avons vu dans la première partie de cet article que des Imazighen, notamment les Canariens (Guanches ou Igwanciyen) et les Morros, avaient accompagné Christophe Colomb lors de la découverte de l’Amérique. Par la suite, ils ont participé sur le terrain à la conquête de l’Amérique. � cet égard, Simon Bolivar (le héros de l’indépendance américaine) avait dit que parmi les soldats il y avait des péninsulaires et des Canariens.


De nombreux produits agricoles sont partis des Canaries pour s’implanter dans les terres du nouveau monde et non le contraire tels que les premières bananes et la canne à sucre. En ce qui concerne les animaux, les Imazighen ont donné des chevaux (comme l’a rappelé Dda Gana Mammerie) et les porcs à l’Amérique. Les Imazighen ont reçu à leur tour d’amérique des cultures inconnues sur le vieux continent : la pomme de terre, la tomate, le maïs, le tabac, ... � partir de 1678, les Espagnols imposent une restriction importante du commerce amazigh canarien avec l’Amérique s’est imposée :" le quota ou l’impôt du sang". Il s’agissait d’un decret qui contraignait les Imazighen Canariens à envoyer des familles peupler le Nouveau Monde, proportionnellement à la quantité de produits qu’ils entendaient vendre.La proportion était de cinq familles immigrées pour 100 tonnes de marchandises embarquées. Tout au long de la conquête de l’Amérique, les insulaires Canariens avaient entretenus de bons rapports avec les autochtones du Pérou et du Méxique. Les actions des colons espagnols soulevaient chez eux indignation et mépris.

Vers 1830, à l’autre bout du monde, les colons français (à l’esprit de clocher) avaient commencé la colonisation de l’Algérie. Celle va provoquer une autre vague de déportation d’Imazighen d’Algérie vers l’Amérique, notamment de Kabyles qui résistaient farouchement à la présence coloniale et qui s’étaient soulevés en 1871. En effet, l’idée de déporter tout le peuple algérien, ou une partie, a germé dans la tête de certains officiers supérieurs français bien avant 1871. Ainsi, le colonel Montagnac, voulait déporter tous les Algériens aux îles Marquises ! Rien que ça ! comme si les exterminations massives et les enfumades ne leurs suffisaient pas.

Dans un livre publié par Mehdi Lallaoui chez Zyriab, Algériens du Pacifique, les déportés de Nouvelle-Calédonie, il nous retrace très simplement le chemin parcouru et les affres subis par ces Algériens condamnés à une réclusion hors du temps et de l’espace. Mehdi Lallaoui a eu à chercher dans les récits et journaux de leurs compagnons d’infortune, les vaincus des barricades de la commune de Paris qui écrivirent beaucoup sur leur déportation.

L’insurrection Kabyle commence un certain 8 avril 1871 à Seddouk, à la faveur de la rencontre du grand maître de la confrérie Rahmania, Cheikh Aheddad et Mokrani.Ensemble, ils appellent à la révolte contre le spoliateur français. Les premiers mois, le Bachagha Mokrani et Cheikh Aziz Ben Ahaddad allaient de victoire en victoire. Devant la formidable ampleur que prenait ce soulèvement, les militaires français ont vite fait de battre le rappel des contingents partis en France mater les communards et renversent, par là même, la vapeur.

La répression était terrible. Vaincus, les révoltés subissent le revers morbide de la défaite. Quelque 130 chefs de la rébellion ou de grandes famille sont condamnés à la déportation en Nouvelle-Calédonie. Les colons réclamèrent des mesures impitoyables. Selon Nadia Belaidi dans son livre intitulé l’émigration Kabyle en France, une amende de 36 millions de francs a été imposée à l’ensemble des insurgés. "Ensuite, les terres furent frappées de séquestre : celles qui étaient détenues en propriétés collectives se trouvaient confisquées et transformées aussitôt en lots de colonisation attribués en propriété privée... On aboutit à un transfert massif de la propriété Kabyle à la propriété européenne ; les sequestres privèrent la population montagnarde de leurs terres les plus riches, situées en bas des villages de montagne. On estima à 574 000 hectares le total des terres confisquées... Défaites, appauvries, endettées, certaines tribus mettront vingt ans pour s’acquitter des dettes que les autorités françaises leur avaient imposées en représailles contre l’insurrection. "De nouvelles lois se succèdérent qui accélerèrent le mouvement de dépossession des paysans algériens : 1883, 1887, 1897, réformes de la proriété immobilière de 1901 à 1919... Ces lois intéressèrent surtout les régions fertiles : le littoral Kabyle allant de la rivière Sebaou jusqu’aux portes d’Alger, et les larges plaines de l’ouest,béjaïa, Mostaganem, Skikda etc...". De son côté, Mehdi Lallaoui va au fond de son livre et raconte comment la machine militaire française a décimé des milliers d’Algériens et envoyé les autres en Nouvelle Calédonie ou Guyane. "La nuit approche, sombres et silencieux les vaincus d’Algérie et le vaincu de la Commune, assis assis côte à côte, pensaient à eux, à ceux qu’ils laissaient, à l’effondrement de leur existence, à l’anéantissement de leur rêve de liberté..." écrit Jean Alleman, déporté de la Commune, qui partagea à Toulon la même cellule que les insurgés de 1871. Les déportés sont acheminés à partir du Fort Quélern à Brest ou de Toulon. La traversée de deux océans et de plusieurs mers sera fatale pour certains.

C’était Louis Napoléon, suite aux événements de 1848 et à son coup d’état de 1851, qui avait mis en place les bagnes coloniaux, les premières déportations de prisonniers politiques et les transportations vers l’Algérie ou Cayenne. Ainsi, malgré les échecs de colonisation officielle de l’expédition de Kourou de 1763 (décès de 10 000 personnes sur 16 000), et de celle décidée par l’Assemblée législative envoyant des prêtres réfractaires et des individus dénoncés pour leur manque de civisme, la Guyane devient terre de déportations4 sous tous les régimes et jusque sous le Second Empire. En même temps que s’effectuent les déportations, l’idée de transportation commence à germer, c’est-à-dire de déplacer vers les colonies les forçats des bagnes de Toulon, Brest et Rochefort.

Il semblerait que seulement 3 600 condamnés sur les 8 000 envoyés en Guyane vont survivre entre 1852 et fin 1856. Le 22 février 1858, la distribution de concessions à des détenus en fin de peine consacre la nouvelle politique. Le 16 mars 1860, Saint Laurent est constitué en Territoire pénitentiaire du Maroni avant sa fermeture en 1868, en raison de difficultés dues pour la bonne part au climat, aux maladies tropicales mais aussi à l’échec des concessions, provoquant le regroupement des condamnés sur les îles du Salut. Malgré les rapports inquiétants sur la salubrité du bagne guyanais, reçus dès 1857, ce n’est qu’en 1863 qu’une solution se fait jour, faisant de la Nouvelle-Calédonie un deuxième lieu de transpor-tation destiné aux forçats européens.

Le 5 février 1864, le premier convoi de transportés quitte Toulon pour la Nouvelle-Calédonie, qui présente deux avantages notables : son éloignement de la métropole (trois mois de navigation au lieu d’un pour la Guyane) et le climat. Les événements sanglants de mai 1871 débouchent sur la déportation en Nouvelle-Calédonie de 4 243 communards pour faits d’activités politiques. Toutefois, le projet d’établissement d’une colonie pénitentiaire en Nouvelle-Calédonie rencontre des difficultés puisque le bagne du Pacifique, proche de Tahiti, n’inspire pas la crainte de la sévérité de ses châtiments.

Depuis la fermeture définitive du bagne de Toulon, en 1873, l’embarquement des transportés pour la Guyane s’effectue à partir de la Citadelle de Saint-Martin-de-Ré, l’antichambre du bagne.

L’autre loi fondamentale fut celle de la relégation du 27 mai 1885. Elle décida de l’envoi en Guyane et en Nouvelle-Calédonie des récidivistes, des coupables de petits délits. En 1897, un dernier convoi de condamnés met fin à la déportation et à la relégation dans l’île de la Nouvelle-Calédonie avant sa fermeture définitive en 1931 après avoir reçu un total de 31 000 condamnés.

L'Hocine Ukerdis
Lire la suite : http://www.kabyle.com/archives/spip.php?article6171

 


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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 00:51

 

 

IL S'IMPROVISE AVOCAT DE L'ALGÉRIE CONTRE LA FRANCE

Quand Erdogan «joue» avec l'Histoire

Par
Erdogan a appelé la France à assumer son passé colonialErdogan a appelé la France à assumer son passé colonial

C'est bien que la France vote une loi contre les génocides. L'Algérie n'en tirera que profit.

Mieux vaut tard que jamais, dit l'adage. Il fallut 180 ans pour que la Turquie se rende compte qu'elle devait défendre l'Algérie contre la France. Décidément, à court d'arguments face aux assauts de Nicolas Sarkozy, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a appelé la France à assumer son passé colonial notamment dans le cas «du génocide de la France en Algérie».
M.Erdogan prétend même détenir les chiffres puisque selon lui «15% de la population algérienne a été massacrée par les Français à partir de 1945. Il s'agit d'un génocide», a-t-il déclaré, faisant référence aux violences commises lors du processus de lutte pour l'indépendance de l'Algérie de la domination française, entre 1945 et 1962.
Il rappelle que si «le président français M.Sarkozy ne sait pas qu'il y a eu un génocide, il peut demander à son père Pal Sarkozy (...) qui a été légionnaire en Algérie dans les années 1940». Ces propos visent à défendre la Turquie ou plutôt à répondre au vote par l'Assemblée nationale française, avant-hier, d'une proposition de loi réprimant la contestation du génocide arménien.
Il n'est nullement donc question de défendre l'Algérie, loin s'en faut. Car s'il s'agissait de revenir sur le passé historique, il aurait fallu d'abord défendre l'Algérie, il y a 180 ans au lieu de l'offrir, sans tirer un coup de feu, aux Français en 1830. Qu'ont fait les Turcs pour défendre l'Algérie face à l'invasion française? L'histoire rapporte que le dey n'avait distribué que deux balles à ses soldats qui en revendiquaient 100, de peur que ces derniers ne se retournent contre lui. Il a fallu que 20.000 guerriers arrivent à la rescousse de Kabylie pour défendre Alger alors que le dey avait chargé ses trésors pour partir à Livourne en Italie. Avant la France il y a eu donc l'Empire ottoman. Passons sur les sévices commis par les janissaires contre les populations algériennes. Avant de parler des génocides, que M.Erdogan reconnaisse d'abord le caractère colonial de la présence ottomane à Alger. On évoquera ensuite le pillage des richesses du pays.
Les historiens sont unanimes à soutenir que la présence des Turcs en Afrique du Nord n'a pas fait de l'Algérie une Andalousie. Ils n'ont pas construit le château de Séville ou de l'Alhambra. A part quelques forts, ils s'étaient limités à contrôler les grandes villes et laisser la gestion locale aux tribus. Le dramaturge Slimane Benaïssa a résumé ainsi les trois siècles de la présence turque en Algérie: «Ils ont ramené le bain maure, la zorna et les cubes de baklawa.» Pour exprimer son paternalisme inconscient par ailleurs très intentionné, M.Erdogan convoque l'Histoire et s'improvise défenseur d'une cause qui ne le concerne pas.
Mais qui a autorisé le Premier ministre turc à se faire l'avocat d'un pays autre que le sien? Ou alors veut-il faire du cas algérien une pièce à conviction à verser dans son dossier pour se défendre contre son maître d'hier, Sarkozy? Il n'a ni la compétence ni la prérogative exigées car pour se défendre, l'Algérie sait choisir ses armes et ses avocats, y compris au sein du peuple français. Un peuple d'où ont jailli des Lumières comme Rousseau et Voltaire. Il a fallu 40 ans pour que la France officielle accepte le qualificatif de «Guerre d'Algérie» qu'elle a toujours qualifiée d'«événements d'Algérie».
Il en faudra peut-être moins pour que ce même génie populaire vienne des atrocités commises par la France coloniale en Algérie sans que M.Erdogan vienne nous le rappeler. Après avoir joué au factotum de service des Américains, il a fait de son pays le fer de lance de l'Otan pour se faire admettre à l'UE. Aux pires moments du Printemps arabe, il a passé son temps à rouler des mécaniques entre Tripoli, Damas et Tunis jouant au croupion des puissances occidentales. Dans sa démentielle hégémonie, M.Erdogan va même donner un coup de pouce au parti islamiste de Bouguerra Soltani afin qu'il accède au pouvoir sous le label du modèle turc. Se croyant tout permis, voilà qu'il se rappelle, 180 ans plus tard, du génocide de la France en Algérie. La ficelle est trop grosse M.Erdogan. C'est bien que la France vote une loi contre les génocides et l'Algérie n'en tirera que profit. Pour le reste, c'est le génie du peuple français qui saura trouver les moyens et surtout le moment pour transcender la question mémorielle.

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 20:49

 

 

 

Fichier:Atahualpa Yupanqui en Cosquín.jpg

 

 

Héctor Roberto Chavero, dit Atahualpa Yupanqui, né à Pergamino (région de Buenos Aires) le 31 janvier 1908 et mort le 23 mai 1992 à Nîmes, France, est un poète, chanteur et guitariste argentin.

Son pseudonyme, choisi dès l'adolescence, est formé d'Atahualpa, le dernier empereur inca, exécuté par les conquistadores de Francisco Pizarro, et de Yupanqui, « le Grand Méritant », cacique suprême des indiens quechuas

 

 

 

 ( http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=15321116)

Un crime crapuleux

Quand l'Inca arrive avec sa suite, le chapelain espagnol l'exhorte à se convertir et lui tend la Bible. L'Inca la rejette. Le chapelain, alors, se tourne vers son chef et lui dit : «Je vous absous» (sous-entendu : pour tous les crimes que vous allez commettre). À ce signal, les cavaliers dissimulés derrière les maisons massacrent les Indiens au canon et à l'arquebuse. Plusieurs milliers succombent.

L'Inca avait coutume de dire : «Dans ce royaume, aucun oiseau ne vole, aucune feuille ne bouge, si telle n'est pas ma volonté». L'Espagnol n'en a cure et se saisit d'Atahualpa. Le prisonnier lui promet une rançon fabuleuse contre la promesse de la vie sauve. C'est ainsi que, pendant des mois, les sujets de l'Inca amènent à Pizarre des caravanes chargées de métaux précieux. Au total l'équivalent de 4.600.000 ducats espagnols.

Pour complaire à son bourreau, l'Inca, de sa cellule, ordonne aussi l'exécution de son rival Huascar et se fait baptiser...

Mais Pizarre n'a cure de ces démonstrations de bonne volonté. Ayant obtenu la rançon qu'il voulait, il fait traduire l'Inca en jugement. Au terme d'un procès évidemment inique, le prisonnier est condamné à être brûlé vif.

Par une singulière mesure de clémence, Pizarre se contente de le faire garrotter dans sa cellule le 29 août 1533. L'empereur Charles Quint condamnera vivement ce crime mais n'y pourra rien changer.

C'est la fin de l'empire inca qui domina les Andes pendant quelques décennies et développa une civilisation originale, fondée sur l'adoration du soleil et la culture de la pomme de terre.

Pizarre achève la conquête du pays et fonde la ville de Lima. Bientôt, il ne tarde pas à se disputer avec ses compagnons de fortune. Il fait exécuter Almagro mais meurt lui-même assassiné par les amis de ce dernier le 26 juin 1541...

Scientific American Magazine

 

 

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 22:45

 

 

 

 

 

Le Maroc fut le premier pays à reconnaitre l'indépendance des États-Unis d'Amérique. La Déclaration d'indépendance américaine fondait aussi la première nation décolonisée du Monde, bien que l’indépendance ne fût officiellement reconnue qu’en 1783 avec le Traité de Versailles. Elle influença les rédacteurs de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Au XIXe siècle et au XXe siècle, elle servit de référence aux leaders indépendantistes comme Hô Chi Minh au cours de la décolonisation.

Le Maroc est le premier pays à reconnaître les États-Unis. - c'était en 1777, j'aurai voulue savoir pour quel raison géopolitique, le Sultan Alaouite Mohammed III avait pris cette décision.

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 22:20

 

Sur la colline à droite repose la soeur de Yemma Gouraya : Lala Mezghitan !

 

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 21:35

Source : http://www.linternaute.com/histoire/magazine/dossier/07/ile-atlantide/11-gibraltar.shtml

 

La submersion du détroit

Henri-Louis de la Tour d'Auvergne
Le détroit de Gibraltar vue par satellite© ESA

Très récemment, un géologue français, J. Collina-Girard, a exploité la piste soulevée par Platon qui écrit explicitement que l'Atlantide se trouve "devant les colonnes d'Hercule" (détroit de Gibraltar). Son actuelle configuration est l'héritage du réchauffement climatique ayant succédé à la dernière glaciation : l'eau est remontée de 135 m en 15 000 ans, submergeant les plateaux continentaux entre 19 000 et 4 000 ans av. J.C.

 

Hasard ou coïncidence ?

Toute une partie du paysage a disparu sous la mer. Une île, de 14 km de long et de 5 km de large, a été découverte dans les fonds marins, au nord ouest du Cap Spartel (à Tanger, au Maroc), à moins de 10 km des côtes. Il est probable qu'elle ait été occupée par les populations paléolithiques dont la présence a été attestée sur le littoral marocain, espagnol et portugais. La géologie prouve donc qu'une île a bien été engloutie à l'époque et l'endroit évoqués par Platon. Mais la réalité géologique renvoie-t-elle à la vérité énoncée par le philosophe ? Cette coïncidence suffit-elle à prouver la véracité du mythe ? J. Collina-Girard ne prend pas position.

 

Des Atlantes dans l'Atlas

Henri-Louis de la Tour d'Auvergne
L'Atlas marocain par Erik Prunier

Peu avant Platon, l'historien et géographe Hérodote (484 - 424 av. J.C) avait présenté les habitants de Lybie, vaste région s'étendant de l'Atlas à la boucle du Niger, comme les Atlantes. Ce peuple, ayant atteint un haut degré de civilisation, aurait été exterminé à l'Antiquité par les Troglodytes, un peuple guerrier vivant dans les rochers en Egypte. Bien que Platon ait puisé des éléments dans les textes d'Hérodote pour décrire l'armée des Atlantes, ce dernier n'a jamais fait le rapprochement avec l'Atlantide.

 

Une justification de la colonisation

Au XVIIe siècle, un auteur inconnu relance l'idée d'une Atlantide africaine. Elle se situerait à proximité des Canaries et des îles du Cap Vert, bordée au nord par l'Atlas et au sud par le golfe de Guinée. Cette théorie, sans réel fondement scientifique, connaît de nombreux partisans au XIXe siècle, au moment de la colonisation de l'Afrique. Les Européens, qui ne poussent pas vraiment les recherches, justifient leur présence en décrétant que leurs ancêtres étaient Africains.

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Présentation

  • : La confédération des Iflisen Umellil
  • : Un des objectifs est de reconstituer la grande confédération qui regroupait les 14 aarchs des Iflisen Umellil avant la colonisation française. Le but est de rétablir les liens interrompus et de promouvoir la solidarité inter-arche. Nous visons également à consolider les liens entre la diaspora et leur région d'origine. Réecrire l'histoire des Iflisen et préserver leur patrimoine matériel et immatériel .
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