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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 21:50

Algerie-focus

Boualem Sansal : “Boutef désespère Dieu, il refuse de faire sa dernière prière”

 Poste par abdou juin 15th, 2011 

 

“Cher frère,

Je t’écris ces quelques lignes pour te faire savoir que nous allons plutôt bien mais ça dépend des jours, parfois le vent tourne, il pleut du plomb, la vie nous échappe par tous les pores. A vrai dire, je ne sais trop où on en est, quand on est dans la guerre jusqu’au cou, c’est à la fin qu’on voit s’il faut faire la fête ou porter le deuil. Et là, vient la question cruciale : faut-il suivre ou précéder les autres ; les conséquences ne sont pas les mêmes, une victoire peut tourner court et il est des défaites qui sont le début de vraies grandes victoires. A ce jeu de la mort surprise, il y a le temps d’avant et il y a le temps d’après, mais il y a un seul instant, extraordinairement fugace, pour se décider.

Regarde ces pauvres Yéménites qui se sont réjouis du départ en civière de leur misérable Saleh. Ils se sont dit : il est mort, nous allons enfin vivre. Mais le monstre est revenu à la vie, fou de colère, il sera sans pitié. Les Occidentaux hésitent à le lâcher. Pas de relève à l’horizon, il n’y a que des caciques à l’affût, des djihadistes en embuscade et des tribus armées jusqu’aux dents, on ne fait pas une démocratie avec ça.

Pareil ailleurs, les gens ne savent sur quel pied danser,  Kadhafi désespère l’humanité, il refuse de mourir, Boutef désespère Dieu, il refuse de faire sa dernière prière, et que dire de l’Assad, il désespère la Mort, il tue plus vite qu’elle. Qu’il est long le “printemps arabe” et que les jours sont incertains !

Je ne dis rien sur la Tunisie, cher Mohamed, tu es le dernier que je voudrais vexer. Mais tu le sais, les caciques dans ton pays sont comme ça, increvables, malins comme des singes, doucereux comme des assureurs, ils te promettent d’une main ce qu’ils sont en train de t’enlever de l’autre. Ils le tiennent des Phéniciens qui étaient si rusés et si âpres qu’on se demande comment ils ont disparu, si vraiment ils ont disparu.

Bourguiba le grand Suffète n’était que sourires et belles manières, il déshabillait les gens par enchantement. Ce qu’il leur donnait n’était en vérité que choses leur appartenant en propre. Que la femme ait ses droits, quoi de plus naturel. C’est ce qu’il a réussi à faire, donner à la Tunisienne ce qu’elle tenait de Dieu et d’elle-même, la beauté, l’intelligence et la liberté. En Tunisie, on dit “Bourguiba nous a donné…”, c’est une erreur, de ces erreurs qui mènent aux dictatures. Si quelqu’un te donne, un autre peut te le reprendre. Le Bourguiba a gardé le pouvoir trente années, autant que le Moubarak et le Saleh, et c’est un Ben Ali, sa créature, qui lui a succédé.

Il est temps d’ouvrir les yeux, il n’y a de liberté que celle qu’on se donne soi-même. Si le successeur de Ben Ali promet la liberté et la démocratie, il faut le chasser, c’est un dictateur. Les Tunisiens ont mieux à faire, n’est-ce pas, que de lui expliquer qu’ils se les sont données eux-mêmes, la liberté et la démocratie, et qu’ils attendent de lui une gestion saine du budget de l’Etat, le reste ne le concerne pas. Donc, pas de discours, pas de religion, pas de trémolos, des actes, point ! Et gare aux notables, ce sont des voleurs de révolutions.

Les autres bandits de la confrérie, les Bouteflika, les Moubarak, les Ben Ali, les Assad et consorts, avaient bien tenté d’imiter Bourguiba, mais n’est pas Bourguiba qui veut, ils revinrent vite à leur vraie nature : le meurtre, la torture, le vol.

Jésus a dit quelque chose comme ça : Celui qui fait le vin n’est pas celui qui le boit. Toi, Mohamed, noble et courageux rejeton de Sidi Bouzid, tu as délivré l’étincelle, ta tâche est terminée, il nous revient de finir le travail. Et, croix de bois, croix de fer, nous le ferons, nos enfants vivront dans la paix que nous leur préparons.

Mais voyons le fond. Celui qui ne sait où aller, peut-il trouver le chemin ? Chasser le dictateur, est-ce la fin ? De ta place, bienheureux Mohamed, tout près de Dieu, tu le sais, les chemins ne mènent pas tous à Rome, chasser le tyran ne donne pas la liberté. Les prisonniers aiment quitter une prison pour une autre, histoire de changer d’air et de gagner un petit quelque chose au passage. Et là, tu vois, j’ai peur pour nos révolutionnaires, ils manquent de perspective. En Algérie, en 1988-1989, nous avons chassé le dictateur Chadli, qui n’était pas le pire des bandits, et qu’avons-nous fait après, nous nous sommes jetés dans les bras des islamistes, nous nous sommes adonnés à corps perdus au trabendo, cette petite contrebande cancérigène, et, petits ruisseaux faisant les grandes rivières, nous avons fabriqué des trafiquants planétaires. Est-ce tout ? Que non, que non, nous avons abandonné nos enfants, ils sont allés nourrir les poissons en mer ou se sont perdus dans les cloaques de l’émigration clandestine, sur une promesse de vie stérile et courte. Et tout fiers, nous nous sommes acoquinés à un Bouteflika, le pire des bandits sur terre.

Cher Mohamed, si tu pouvais revenir, dis-leur que tu ne t’es pas immolé pour ça, tu voulais que la dictature et ses ombres, toutes ses ombres, le clanisme et le népotisme comme des camisoles de force, le racisme d’Etat et l’antisémitisme comme seul regard sur le monde, l’islamisme ou l’exil comme seules espérances, que toutes ces choses mortifères disparaissent de notre chemin et cèdent la place à la vie propre, tranquille, chaleureuse, amicale.

Cher Mohamed, cher héros, il n’est pas donné à la même personne d’allumer le feu et de cuire la soupe, mais il est juste que tous y trempent leur pain. Il nous faut nous libérer de nos maux mais aussi soigner les mesquins, les détraqués, les imams fous, les trafiquants. Sinon, on remplacera une élite ignare et corrompue par une élite jargonneuse tout aussi profiteuse, vivant pour l’essentiel en Occident où la démocratie locale les accepte mal, car telle est la démocratie, elle ne reconnaît que les siens, ceux qui se sont battus pour elle. J’ai l’impression que les choses se passent ainsi dans ce monde arabe qui tente de se réveiller de plusieurs siècles de rêvasseries et de despotisme, mais c’est vrai que dans le fracas et la fumée des répressions, on distingue mal le vrai du faux. L’urgent est impérieux, il empêche de voir loin.

C’est cela que je voulais te dire, cher Mohamed. Si tu pouvais te manifester pour nous éclairer, ce serait bien. Là-haut, vous savez l’avenir du monde.”

Boualem Sansal

Source :  lemonde.fr

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 21:48

Liberté

 

 
 
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Culture (Jeudi 16 Juin 2011) 

LOUNIS AÏT MENGUELLET
Le Phénix des Neiges
Par : Yasmina Khadra

L’écrivain et directeur du Centre culturel algérien de Paris, Yasmina Khadra, rend hommage à un des maîtres de la chanson algérienne, Lounis Aït Menguellet, qui se produira les 1er et 2 juillet à 20h30, et le 3 juillet prochain à 17h, au CCA.

Si je devais mettre une figure sur l’Algérie de nos prières, je m’inspirerais de celle de Lounis Aït Menguellet : la figure de l’enfant du pays. Tout, chez cet artiste emblématique, m’apaise et me réconforte dans mon algérianité. Son charisme droit sorti de la sagesse ancestrale, sa hauteur étincelante de neiges djurdjuraennes, son amour indéfectible pour les siens font de son chant une rédemption.
Je crois avoir adhéré à cet homme avant même de le rencontrer. Je ne comprenais pas ses paroles, mais je me reconnaissais dans ses chansons, et sa voix de chantre tranquille m’insufflait un sentiment de plénitude comme lorsque le vent du désert balaie mes angoisses. Lounis Aït Menguellet est un havre de paix, une oasis féerique qui transcende, à elle seule, ces espaces mortifères que sont devenus nos silences tandis que nos rêves menacent de s’effilocher au gré des désillusions. Il sait dire ce que nous taisons par crainte d’être entendus : notre fierté égratignée, nos joies chahutées, nos aspirations laminées.
Plus qu’un barde, Lounis est ce refus viscéral de céder devant l’adversité, l’impératif devoir de renouer avec la beauté au cœur même des laideurs abyssales qui ont failli nous défigurer. Lorsqu’il chante, Lounis, les aigreurs retiennent leur souffle car, d’un coup, nous sommes en phase avec ce que nous croyons avoir perdu de vue, à savoir le goût de la fête.
Qui a dit que nous étions morts et finis ? Quand bien même nos colères se voudraient amarres, un mot de Lounis, et déjà nous sommes ailleurs, loin des chaînes de nos frustrations et de nos galères mentales. Lounis ne chante pas, il apprivoise la vie, nous la restitue dans ce qu’elle a de plus grisant et de plus tentant ; subitement, nous avons envie de tout avoir, de tout mériter, les instants de bonheur comme les moments de folie, et nous sommes heureux d’être là, dans cette salle qui devient, au fil du répertoire, une grande maison familiale où toutes les complicités sont permises et où personne n’est jamais esseulé.
Nous redevenons, le temps d’un concert, ce que nous sommes d’abord : des Algériens en liesse. Dieu a créé notre pays un jour de grande jouissance, et s’il arrive à certains de gâcher ses festins, d’autres sont là pour nous faire recouvrer, une à une, l’ensemble de nos ivresses. Parmi ces derniers, Lounis Aït Menguellet que l’on ne remerciera jamais assez pour l’immense faveur qu’il nous fait : de continuer d’aimer la vie malgré tout. Béni soit cet homme par qui l’éveil aux bonnes choses arrive, béni soit sa musique et sa grande générosité. Une nation ne s’enorgueillit que par la verve de ses idoles, et Lounis en est l’une des plus belles que notre fierté ait connues.
Il est la preuve vivante que, chez nous, au bled comme partout où l’âme algérienne frémit, rien n’est tout à fait perdu.

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 21:43

El Watan

 

La CNCD décide de maintenir «les marches du samedi»

Ali Yahia Abdennour : «Il faut tourner la page de la dictature»

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le 16.06.11 | 01h00 Réagissez

Ali Yahia Abdennour – qui a animé cette conférence en compagnie de Tahar Besbès, Fadéla Boumendjel-Chitour et Moncef Benouniche – s’est dit convaincu que les réformes politiques engagées par Abdelaziz Bouteflika ne sont qu’une «mise en scène».

 

Maître Ali Yahia Abdennour, l’une des figures de proue de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) a prévenu, hier, lors d’une conférence-débat animée à Alger, du danger qui pourrait découler de l’entêtement du pouvoir à vouloir refuser systématiquement le changement et l’expression libre. «Si l’on ne laisse pas le changement s’opérer pacifiquement, il y a un risque à ce qu’il se produise par la violence», a-t-il soutenu.


Toutefois, il a assuré que la CNCD est «un mouvement pacifique qui prône un changement du système en dehors du système et sans le système». Soulignant la nécessité de «tourner la page de la dictature», Ali Yahia Abdennour a fait savoir que la CNCD poursuivra ses actions sur le terrain et qu’elle ne reculera pas devant la répression et les intimidations des forces de sécurité.
Visiblement ragaillardi par les «victoires» engrangées ces derniers mois par la CNCD qui a fait «tomber le mur de la peur en Algérie» et celles des sociétés civiles arabes, le président d’honneur de la LADDH a dressé un violent réquisitoire contre le pouvoir qui a fait de l’Algérien un sujet et non un citoyen, l’armée et la police politique qu’il a accusé notamment d’avoir instrumentalisé la justice. Estimant que «l’Algérie indépendante est devenue une copie de l’Algérie coloniale», le conférencier a indiqué que le pays montre aujourd’hui un «tableau triste» et est dans un état de «banqueroute morale très profond». «La crise politique accélérée par les luttes sociales (…) est profonde et de grande ampleur. Ignorer le cri de colère et de détresse des Algériens, c’est préparer l’explosion de demain», a alerté maître Ali Yahia Abdennour. L’orateur s’est néanmoins montré persuadé que «l’ère des systèmes politiques totalitaires se termine (…) et que le mur de l’argent (le moyen grâce auquel le pouvoir parvient encore à se maintenir, ndlr) ne tardera pas à tomber chez nous».


Le conférencier ne s’est pas non plus gêné pour dire ce qu’il pensait de la commission Bensalah. Il a d’ailleurs énuméré les raisons qui, selon lui, font que le dialogue du pouvoir finira par échouer. D’emblée, M. Abdennour a rappelé le principe que «le pouvoir ne doit pas être l’organisateur de l’instance de consultation mais seulement un partenaire parmi tous les autres». Selon lui, Abdelkader Bensalah n’est également pas la personnalité indiquée pour mener ces consultations. Au-delà, Ali Yahia Abdennour – qui a animé cette conférence en compagnie de Tahar Besbès, Fadéla Boumendjel-Chitour et Moncef Benouniche – s’est dit convaincu que les réformes politiques engagées par Abdelaziz Bouteflika ne sont qu’une «mise en scène» et une «mascarade» dont le seul but est de gagner du temps et, comme l’a souligné M. Besbès, de faire perdurer le système ou de préparer une alternance clanique.


Pour le président d’honneur de la LADDH, la sortie de crise ne peut venir que de l’organisation d’une conférence nationale. Une conférence, a-t-il ajouté, devant avoir pour préalable le rejet de l’Etat théocratique et le respect de la République et de la démocratie.
Le professeur Boumendjel-Chitour, qui est longuement revenue sur la problématique soulevée par le dossier des médecins résidents, a, pour sa part, saisi l’opportunité de la rencontre pour soutenir la nécessité de fédérer les énergies «pour provoquer le changement radical». Son appel était adressé particulièrement aux militants du FFS dont les slogans, a-t-elle dit, ne sont pas éloignés de ceux prônés par les organisations activant au sein de la CNCD.
 

Zine Cherfaoui
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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 23:11

El Watan,

 

 

Abandonnée par l'état, meurtrie par le terrorisme

Bouzina nécessite un «plan Marshall»

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le 15.06.11 | 01h00

Parmi les priorités aussi, la réfection et l’ouverture d’axes routiers devant désenclaver Larbaâ.

Il a fallu 50 ans pour que la commune de Larbaâ reçoive la visite officielle d’un wali de la République. Une trop longue «omission» qui a relégué la région aux oubliettes avant que le terrorisme islamiste n’achève de détruire la commune, aujourd’hui abandonnée. La tournée effectuée jeudi par El Hocine Maâzouz, wali de Batna, sur le territoire de la daïra de Bouzina, dont dépend Larbaâ, a permis à ce dernier de se faire une idée sur l’état d’arriération et de paupérisation dans lequel vivent les populations de cette région des Aurès. Celle-ci, située au cœur des montagnes, difficilement accessible et éloignée du chef lieu de wilaya, a toujours été défavorisée.

Les ressources économiques se réduisent à une agriculture de subsistance qui pourtant tente depuis quelques années d’évoluer, notamment grâce aux vergers de pommiers, et mérite davantage de soutien de la part des services agricoles. Le taux d’analphabétisme est un autre indicateur dans cette région où les enfants doivent parcourir plusieurs kilomètres par jour pour rallier leurs établissements scolaires. La réunion de travail tenue dimanche après-midi au cabinet du wali, à ce sujet, a permis aux élus et membres de la société civile des communes de la daïra de Bouzina, ainsi qu’aux membres de l’exécutif de wilaya, de dégager un plan d’urgence pour le développement de la région. La reconstruction de Larbaâ, selon le wali, doit obéir à la volonté et au rythme du retour des populations réfugiées dans des communes voisines, fuyant l’insécurité totale à cause du terrorisme. Si cette volonté est aujourd’hui palpable, le retour se fera graduellement d’où une démarche mesurée qui sera entamée par la réalisation d’une infrastructure de première nécessité, notamment une salle de soins, un ensemble scolaire et un nouveau siège pour l’APC.

Il est prévu aussi la construction de 40 logements sociaux au profit des cadres ainsi qu’un quota de 100 logements ruraux. Parmi les priorités aussi, la réfection et l’ouverture d’axes routiers devant désenclaver Larbaâ, surtout grâce à la route la reliant à la RN3, via Aïn Touta, actuellement en chantier. D’autres doléances qui s’inscrivent toutes dans le cadre du développement, ont été exprimées par les parties concernées; doléances auxquelles le wali n’a pas dit non, invitant cependant les élus et les représentants d’associations à faire preuve de patience en attendant les résultats des premières mesures.          
 

Nouri Nesrouche
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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 22:27

 

El Watan

 

Assises de la société civile : L’ombre des absents

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le 15.06.11 | 01h00

Grosse déception ! Présentée comme un événement «inédit» en Algérie, la rencontre sur les premiers états généraux de «la société civile», dont les travaux ont débuté hier à Alger, commence mal. Même très mal. Censées «libérer la parole» et «la restituer» à ceux qui souffrent de sa confiscation durant ces dix dernières années, et même depuis l’indépendance de l’Algérie, les assises organisées par le Conseil national économique et social (CNES) n’ont finalement accordé la parole qu’aux appendices du pouvoir....lire la suite sur el watan

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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 22:11

L'expression

 

ALI HAROUN À PROPOS DES RÉVOLTES ARABES

«Le danger n’est pas totalement écarté en Algérie»

Par
Pour lui, le fait que le pouvoir annonce des réformes est une manière d’avouer que ce qui a été fait n’était pas suffisant.

L´ex-ministre des Droits de l´homme, Ali Haroun, a éludé, hier, la question des consultations politiques menées depuis le 21 mai dernier par le président du Sénat, Abdelkader Bensalah. Invité au Forum El Moudjahid pour présenter son dernier ouvrage L´éclaircie, il n´a pas voulu se prononcer sur le sujet. Cela étant, M. Haroun a disserté sur bien d´autres questions. Abordant la question des révoltes populaires dans les pays de l´Afrique du Nord et du Moyen-Orient, le conférencier a averti que ce qui se passe ailleurs s´impose chez nous, qu´on le veuille ou pas. Il a appelé, dans ce contexte, à la préservation de la démocratie, de la République et de l´Etat de droit, et ce pour éviter de basculer dans la violence ou de revivre la situation des années 1990.
Le conférencier a estimé que l´Algérie vit depuis l´Indépendance sous une «démocratie apparente» où le peuple ne dispose pas du droit de choisir ses représentants selon les règles requises en la matière. Il a rappelé la manière avec laquelle l´Assemblée constituante a été élue en 1963 sans que le peuple n´ait eu le droit de choisir, mais seulement de dire oui ou non.
Dans ce sillage, l´orateur a estimé que l´alternance au pouvoir est l´une des conditions de la démocratie qui est, elle, «une culture qui demande une formation». Selon lui, certains défendent la thèse selon laquelle il faut laisser le peuple choisir autant de fois qu´il le veut. Car, a-t-il expliqué, un candidat à une élection, qui est aussi président, peut manipuler et instrumentaliser l´administration. Seulement, en Algérie, ceux qui ont défendu ce principe ne l´ont pas fait par conviction. Preuve en est, trois années après l´avoir défendu bec et ongles, ils ont changé de position pour défendre le contraire. L´invité du Forum El Moudjahid a mis, également, en garde contre l´agrément à tout-va des partis politiques dans le cadre des nouvelles lois.
Il appelle à tirer les leçons du passé (agrément du FIS et de plus de 60 partis après l´ouverture de 1989) pour prévoir les conditions dans lesquelles un parti doit être constitué. «La démocratie ne veut pas dire anarchie et elle a des règles», s´est-il justifié. Et les réformes actuelles que le pouvoir veut opérer?
Pour Ali Haroun, le fait que le pouvoir annonce ces réformes est une manière d´avouer que ce qui a été fait n´était pas suffisant. «A partir du moment où le chef de l´Etat dit qu´il faut des réformes, cela veut dire que les réformes qui ont été faites sont soit insuffisantes soit elles n´étaient pas dans le bon sens», a-t-il soutenu. Le conférencier a ajouté que le système actuel qui veut lui-même être réformé a besoin de beaucoup d´améliorations.

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 21:58

TSA

Illustration de la méfiance du pouvoir à l’égard de la diaspora



Près d’un mois après le début des consultations politiques, la commission Bensalah a déjà invité un échantillon quasi représentatif de la population algérienne. Des partis politiques – certains ont décliné l’invitation – aux personnalités nationales, en passant par des responsables d’associations de jeunes ou d’inconnus, tout le monde ou presque a été convié aux discussions. Même l’ancien archevêque d’Alger, Mgr Henri Teissier, a été reçu ce lundi 13 juin. Il a plaidé pour le droit des minorités religieuses à la liberté de réunion, d’expression, de conscience et d’opinion, garanti par la Constitution.  

Mais la commission de dialogue nationale a oublié de convier les Algériens de l’étranger, soit plusieurs millions de personnes. Pour la seule France, au moins 4 à 5 millions d’Algériens y vivent. Ils sont plusieurs centaines de milliers au Canada, en Europe, et au Moyen‑Orient. C’est l’une des plus importantes diasporas au monde. Au‑delà de leur nombre, les Algériens vivant à l’étranger possèdent une autre légitimité : parmi eux, on trouve de nombreuses élites. Elles ont fait leurs preuves dans beaucoup de domaines. Et leur apport pour le pays, en crise, ne peut être que bénéfique. Enfin, la diaspora algérienne à l’étranger a toujours figuré en bonne place dans le discours officiel du pouvoir.
 
Officiellement, les autorités font tout pour permettre aux Algériens vivant à l’étranger de jouer un rôle de premier ordre dans la construction du pays. Mais, dans les faits, la situation est différente. En réalité, l’attitude de la commission Bensalah à l’égard des Algériens de l’étranger trahit mal la méfiance permanente du pouvoir à leur égard. A Alger, on se méfie de ces Algériens vivant à l’étranger, on veut bien les laisser faire du business mais ils ne doivent surtout pas se mêler de la politique. Ils sont considérés comme peu contrôlables et leur implication dans la vie politique risquerait de mettre en évidence l’incompétence des dirigeants en poste.
 
La nomination de Halim Benatallah au poste de secrétaire d’État chargé de la communauté algérienne à l’étranger illustre cette volonté du pouvoir d’éloigner la diaspora des affaires politiques. La première décision de M. Benatalah a été de priver l'Algérie du Conseil consultatif de la communauté algérienne à l'étranger. Créé par un décret présidentiel du 9 septembre 2009, il n'est toujours pas actif. Lors de sa première visite à Paris l’année dernière, il avait indiqué lors d’une rencontre avec la communauté algérienne que le projet était gelé. Un ministre qui décide de geler un projet créé par décret présidentiel ? A Alger, la déclaration n’a fait réagir personne. Car elle correspond à la politique officielle. Elle illustre la méfiance du pouvoir à l’égard de la diaspora algérienne à l’étranger.
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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 08:30

 

La marche de l’amour fou qu'un jour blanchit le corbeau, et que cela vous dit un jour: «La mer est à sec en jachère, et c'est le miel que l'on appelle dans le milieu de la feuille de laurier rose, et on retrouve l'acacia, sans épine et le serpent sans Venin, les balles inoffensives, et que la poudre à la flamme ne se décomposent pas plus lui-même »: je ne veux plus de vous laisser, mon amour, que ce jour-là!


Il pleure dans mon coeur

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 00:11

 

La civilisation séculaire algérienne était une civilisation du verbe. Alors que d'autres peuples se sont exprimés souvent dans la sculpture, la musique, les mythes, etc...les Imazighen, eux, avaient choisi la parole qui a une valeur éminente.  La poésie constitue le degré le plus exaltant, le plus éminent de leur culture. 

Toutefois, la poésie populaire algérienne (cha3bi et tamazight) a été quelque peu occultée durant ces quatre dernières décennies. Fort heureusement, nous avons eu des géants comme Kateb Yacine, Amrouche, Mammeri, etc...qui l'ont propulsé au niveau universel.

Ouahiba chaoui s'inscrit dans cette lignée des Algériens/iennes qui sont conscients que la possesion du verbe, particulièrement de cette forme élaborée du verbe qu'est le vers, constitue l'écriture d'une société qui était jusqu'à tout récemment illettrée. La poésie sédimente et fixe les expériences anciennes et présentes. C'est grâce à ces jeunes poètes comme Ouahiba Chaoui que la relève sera assurée et que l'héritage ne sera pas seulement perpétué mais aussi agrandi. C'est ainsi que la culture populaire algérienne gardera son authenticité et devienne un instrument d'émancipartion et de réelle désaliénation.

 

 

Un lever de soleil dans la wilaya de Batna, une journée printanière !


Courtesy, Ouahiba Chaoui

 

La beauté de notre pays l'Algérie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le paradis des criminels

  

Ma mère, mon père

Mes sœurs et mes frères

Mes voisins, mes amis

Mes copains de  misère

Je vous laisse ces  quelques mots

Je sais que  vous n’en serez pas fiers

Il n’y a rien à espérer dans cette vie

Après ma mort les choses seront plus claires

 

J’aurai le droit d’aller au paradis

Juste après ma dernière prière

C’est ce que m’ont  déjà  promis

Les mandataires de dieu sur terre

Probablement je n’aurai pas une tombe

Pour que vous m’y mettiez des fleurs

Car je vais étreindre  une  bombe

Qui me déchiquettera  en l’air

 

Mes maitres m’ont fait comprendre

Qu’il s’agit d’une guerre sainte

Que c’est si brave de réduire en cendres

Des enfants innocents  et des femmes enceintes

Des milliers d’anges en train de m’attendre

Il n’y a pas de raison que j’aie crainte

Il est grand temps que je m’y rende

Pour  libérer mon âme de sa contrainte

 

Dites aux familles de victimes de ma part

Que ma vie était tellement cruelle

C’est parce qu’il ne me restait sur terre aucun espoir

Que  j’ai  préféré   partir   au ciel

Peut être qu’ils me pardonneront  plus tard

S’ils apprennent que j’étais pris dans un piège mortel

J’ai pu comprendre, mais c’est  trop  tard

Que le paradis promis, c’est le paradis des criminels.

                             

      Ouahiba  Chaoui.

 

 

 

 

 

Entretien Ouahiba Chaoui Poétesse par DDK

«La poésie me permet de colorer ma vie durant les moments d’obscurité»

image  

Ouahiba Chaoui est une poétesse singulière. Ses écrits, soigneusement élaborés, nous invitent à décrypter les méandres de la personne humaine. Dans cet entretien, la femme de Lettres nous parle du monde magique de l’écriture littéraire et nous livre sa passion pour la poésie.

La Depêche de Kabylie : Comment êtes-vous venue à la littérature ?

Ouahiba Chaoui: C’est plutôt la littérature qui est venue vers moi, la littérature est un univers captivant qui a pu m’émerveiller et me subjuguer dès mon enfance, depuis que j’ai appris à m’immerger dans la lecture, dans les livres, dans les mots, depuis que j’ai été atteinte de sensibilité littéraire.

Vous écrivez en Arabe et en Français. Parlez-nous de vos écrits littéraires ?
Je m’exprime quelquefois en Français, mais plus souvent en Arabe, notamment en ce qui concerne la poésie chaâbi, c’est là où je sens que je me trouve le mieux, mes écrits ne sont qu’une forme d’expression artistique simple et démêlée de mes pensées et de mes différents points de vue.

De grands artistes du Chaâbi vous sollicitent pour chanter vos poèmes en Arabe. Peut-on savoir plus sur ces propositions ?
Oui, mais ce n’est qu’un projet qui n’est pas encore sorti de son berceau, j’avais contacté un grand artiste du chaâbi, et je préfère ne pas citer son nom, il m’a exprimé sa volonté de chanter mes textes, sauf que le don artistique tout seul risque de ne pas suffire dans notre climat culturel. En essayant de me trouver un début exact et précis pour ce qui est de mon ambition artistique et littéraire, je me suis rendue compte que le chemin est non seulement long mais plein d’obstacles qui empêchent l’artiste de se réaliser, certaines formalités bureaucratiques qui n’ont rien à voir avec la culture ou bien l’art, entravent le bon déroulement de certains projets artistiques qui risquent de périr dans le berceau sans jamais voir la lumière.

Que représente la poésie pour vous ?
La poésie pour moi ! C’est les couleurs de ma vie, elle me permet de colorer ma vie durant les moments d’obscurité ou de pénombre, la poésie est l’interprète doué et astucieux de mes larmes et mes joies.

Quelle est la thématique qui revient le plus dans vos écrits ?

Mes écrits touchent souvent certains sujets d’actualité, ils visent, d’une manière ou d’une autre, notre réalité vécue que ce soit à l’échelle locale ou à l’échelle mondiale, la souffrance humaine, en général, excite et enthousiasme mon inspiration.

Y a-t-il des écrivains qui vous influencent ?
Oui, et le premier qui m’a influencée dès mon plus jeune âge, c’est le poète soufi populaire marocain du 16e siècle, Sidi Abderrahmane El Mejdoub, mais sinon, chaque écrivain sincère peut m’influencer, voire m’inspirer, en faisant abstraction de son degré de célébrité.

Pourquoi écrivez-vous ?
J’écris parce que ça fait partie de moi, j’écris parce que ça me donne la conviction que je vis réellement, j’écris parce que je ne peux faire autrement. Tout simplement, j’écris parce que j’en ai besoin.

Que pensez-vous de la littérature algérienne actuelle ?

Je m’excuse, mais je crois que je n’ai ni le droit ni la disposition de répondre à cette question. En l’occurrence, je ne me considère pas suffisamment qualifiée pour le faire, néanmoins, je peux vous dire d’une façon générale, qu’en Algérie il y a de plus en plus d’écrivains qui s’intéressent surtout à faire luire leurs noms dans le ciel de la littérature, tout en se désintéressant du but divin de l’écrivain.

Quel est le dernier livre que vous avez lu ?
Femmes, manifestez-vous, de Taslima Nasreen.

Quels sont vos projets d’écriture ?
Actuellement, je me concentre sur la poésie chaâbi, car il y a tout de même la perspective que le projet dont je vous ai parlé depuis peu soit réalisable, et on verra après, car je suis en quête de me réaliser dans des domaines artistique et culturel, autres que la littérature et la poésie. Enfin, Je vous remercie de m’avoir accordé ce petit espace d’expression, pour m’exprimer et pouvoir déclarer ouvertement mon amour envers la littérature.

 

Entretien réalisé par Ali Remzi

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 22:20

 

 

 

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Chanson chaoui - Amanaï - Hamurt inu par
 
 
 
 
LE CHANT POPULAIRE IRHABEN
Rubrique - Culture
Écrit par Rachid Hamatou   
Dimanche, 21 Novembre 2010 02:10

Tradition orale millénaire

LE CHANT POPULAIRE IRHABENDonnés pour morts, il y a à peine quelques années, Irahben ont su relever le défi et prouver à plus d’un qu’ils sont immortels et incontournables. Après la renaissance dans la joie des fêtes rurales, ils confirment par leur présence dans les grandes villes, où les groupes dit modernes perdent saison après saison du terrain, et ne savent plus où donner du la.

Intemporels. Les nouveaux troubadours, ou les griots des temps modernes, comme les désigne le musicologue Salim Souhali, semblent défier mode, genre, vague et tendance, pour être toujours présents et répondre à l’appel de leurs fans, qui sont de plus en plus nombreux à travers le grand-Aurès, et même ailleurs.

Irahaben, Rahbia, Rahaba, l’appellation change et diffère d’une région à l’autre, d’un village à l’autre, voire d’une tribu à l’autre. En plus de leur nom, leur composante, leur tenue, leurs instruments et, bien sûr, leurs chants changent aussi. Ils n’ont de points communs que les chants millénaires, et c’est le plus important.

À titre d’exemple, dans la vallée d’Oued Abdi, on peut trouver des groupes d’Irahaben mixtes, où femmes et hommes se donnent la réplique. Trois ou quatre éléments du groupe forment une rangée et dans un va-et-vient incessant, la mesure et le rythme sont dictés par l’instrument-clé d’Irahaben, le bendir. Groupe polyphonique par excellence, le début des chants est toujours en a cappella.

Hauts faits d’armes, saisons des moissons, la séparation des bien-aimés… sont les sujets qui reviennent le plus et à la demande des spectateurs, qui connaissent, et par cœur, le répertoire des Rahaba. Dans d’autres régions, à l’exemple de Yabous, wilaya de Khenchela, les troupes sont exclusivement masculines, et si l’instrument (bendir) existe, on ne lui fait pas toujours appel. La cadence et le rythme sont dictés par le pas. En effet, le groupe Yabous, en plus de sa particularité du port de la gandoura blanche (hajbibth), seule la voix et le bruit du pied constituent le rythme et la musique à suivre.

Une grande similitude avec les troupes des chants traditionnels corses. Un autre genre dans les environs de la ville de Batna et ses environs, El-Madher Chemora. En plus de l’utilisation de deux ou plusieurs bendirs, la flûte (aksbth) s’invite. La composition du groupe est plus large, plus fournie.
Une plus grande liberté de mouvement, certainement apportée par les instruments. Souvent, les présents s’invitent sur l’espace réservé à la troupe, toujours en plein air, pour s’adonner à des danses et chorégraphies bien rythmées et cadencées, avec un jeu de pieds survolté. On assiste souvent à des égarements et transes. À N’gaous, la presque oasis entre le Nord et le Sud, pays des Aïth Fatma, Aïth Soltane, Béni Bouslimane, Irahaben sont omniprésents aux fêtes et leur présence est exigée par les invités. Bastion de la chanson chaouie (parole, rythme et mélodie), le groupe de Rahaba le plus sollicité dans les Aurès se trouve justement à N’gaous et porte le nom de Rfaâ, le nom d’une montagne, qui a abrité plusieurs rebellions et rebelles de la région.

Le groupe s’est fait connaître par ses chants envoûtants et entraînants à la fois. Des titres évocateurs : l’amour de la terre, l’orphelin et d’autres que les mélomanes reprennent à la moindre occasion. Rfaâ n’a pas le monopole. Les groupes Imedghassen, Yabous, Tazougueght, Kenzria ne sont pas des noms anodins mais plutôt choisis.
Ils font toujours référence aux noms de lieu, sinon de personnages de l’histoire berbère, selon Salim Souhali. Cela démontre un attachement à la terre et au pays des ancêtres.

À Batna, Khenchela, Oum El-Bouaghi, et jusqu'à Tébessa, la fête un peu freinée et perturbée par la tragédie qu’a connue le pays reprend de plus belle, et ce ne sont plus les boÎtes à rythmes et les sonos mal réglées qui attirent les curieux, les fêtards et les couche-tard, mais les Rahaba, et c’est parti pour longtemps !

LIBERTÉ
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