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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 10:44

 

 

Alors qu’on voit souvent dans le catholicisme romain une religion européenne, il n’est pas inutile de se souvenir que la fonction de pape, le plus haut dignitaire de l’Église, a été occupée à trois reprises par des chrétiens originaires d’Afrique du nord.

  • Victor Ier était berbère, né dans l’actuelle Tunisie, il fut évêque de Rome et à ce titre gouverna l’Église romaine1 à partir de 189 et ce durant une dizaine d’années

Victor Ier (°? - +199), l'un des saint Victor, était berbère (Afrique du Nord). Il fut le 14e évêque de Rome1, c'est à dire le 13e successeur de saint Pierre sur le trône pontifical.




C'est avec lui que commence à s'affirmer la volonté des évêques de Rome d'affirmer un magister moral sur les autres Églises. Selon le Liber Pontificalis Victor est d'origine amazigh africaine mais saint Jérôme en fait un authentique romain. En tout cas il favorise systématiquement les éléments romains au sein de l'Église. Il succède à Éleuthère vers 189 et gouverne l'Église de Rome jusque vers 198/199 environ. C'est à cette époque que le latin supplante le grec dans la liturgie. Victor est le premier pape de langue latine, mais il faudra attendre l'an 230 pour que la messe soit célébrée à Rome en latin et non en grec.
Il réussit à organiser de nombreux synodes qui vont parvenir à s'entendre sur le jour de Pâques qui sera célébré un dimanche comme à Rome. Seule la province d'Asie refuse de s'aligner sur la pratique romaine. Il agit en évêque assez intransigeant en particulier avec ceux qui refusent de s'aligner sur les décisions romaines et refuse le moindre pluralisme de pensée. Il combat aussi avec acharnement les gnostiques.
C'est un des trois papes africains du catholicisme.

 

 

  • Miltiade ou Melchiade, né en Afrique du nord, fut pape de 311 à 314




Saint Miltiade ou Melchiade, étant né en Afrique, fait partie de la catégorie des papes africains. Il est évêque de Rome du 2 juillet 311 jusqu'à sa mort le 10 ou le 11 janvier 314.
Historiquement, il est le premier pape à bénéficier de faveurs d'empereur romain : Maxence, levant les mesures répressives contre les chrétiens, autorisa son élection en 311, après une vacance de l'évêché de Rome de plusieurs années.
Après l'élimination de Maxence par Constantin Ier, la mère de ce dernier lui offrit le palais de Latran qui faisait partie des possessions impériales. C'est là qu'il organisa le concile régional de Latran en 313, pour trancher sur l'élection de l'évêque de Carthage contestée par les donatistes.
Il a été enseveli, à un emplacement demeuré indéterminé, dans la catacombe de Saint-Calixte sur la voie Appienne à Rome. Ses reliques auraient été transférées dans la basilique Saint-Silvestre-de-la-Tête.
Bien qu'il semble être mort de causes naturelles, il est considéré comme martyr et fêté le 10 décembre.

  • Gélase Ier, également berbère, fut pape de 492 à 496

 

Saint Gélase 1er, un pape d’origine kabyle, par l’Abbé Vincent Serralda


Saint-Gélase 1er, 49ème pape, est né en Kabylie. Il ne fut pape que durant quatre années, mais ses enseignements sur le péché originel, sur la double nature, humaine et divine, du Verbe et sur la primauté du Siège Apostolique ont marqué dans l’histoire de l’Eglise. Une vingtaine de lettres authentiques, un sacramentaire qui regroupe les formules liturgiques de l’Eglise latine, un traité des deux natures en Jésus-Christ et une soixantaine de " canons " sont l’œuvre qu’il nous laisse.

Le pape Gélase 1er interdit les fêtes "Lupercales" en 496, fêtes romaines de printemps consacrées au dieu Pan, dieu des bergers d’Arcadie et les remplaça par la commémoration du martyr de Saint-Valentin qui devint la fête des amoureux.






Gélase fait carrière dans le clergé de Rome et devient même le conseiller, d’ailleurs écouté, du pape Félix III. Il lui succède sur la chaise de Saint Pierre le 1er mars 492. Le début de la renaissance du droit canonique peut être fixé à l’élection de Saint-Gélase 1er. Dès les premiers temps de son pontificat, il manifeste la haute conscience qu’il a de ses droits et de ses devoirs. Sa prudence et sa fermeté dans le gouvernement de l’Eglise, son activité de théologien et d’écrivain, le font remarquer entre tous ses prédécesseurs de la seconde moitié du VIè siècle, et ses mérites font évoquer Saint-Léon 1er le Grand (461).

De Tertullien, il a le goût de la controverse et aussi les talents, la verve et la vigueur. Il est intraitable par devoir et par nature. Gélase affirme avec noblesse les droits du pouvoir spirituel dans une lettre à Anastase, empereur de Byzance : "il y a, auguste empereur, deux pouvoirs principaux pour régir le monde : l’autorité sainte des pontifs et la puissance royale. Des deux, celle des prêtres est d’autant plus importante qu’ils doivent, dans le jugement divin, rendre compte au Seigneur des rois eux-mêmes".

C’est ainsi que ce Berbère rétablit l’ascendant du Pape devant l’autorité des empereurs, non seulement dans son temps, mais aussi pour les siècles à venir.

A la différence de Saint-Léon, il ne parle pas d’union des pouvoirs, et la pensée gélasienne s’explique sans doute par la personnalité de son auteur.

 

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 10:11

 

La piazza del Duomo est la place principale de Milan, c’est le vrai cœur urbain et commercial de la ville depuis plus de sept siècles. Véritable centre vital de la cité, les milanais s'y retrouvent pour célébrer les événements importants.

La place a la forme d'un vaste rectangle avec de nombreux monuments qui mettent en valeur la cathédrale (en italien : il Duomo) qui en ferme le côté est.

 

 

Image illustrative de l'article Dôme de Milan

 

À l’endroit où se dresse aujourd’hui le Duomo, se dressait autrefois la cathédrale Santa Maria Maggiore construite au Ve siècle, où fut baptisé Augustin d’Hippone (saint Augustin) et la basilique Santa Tecla. Elles furent détruites en partie par un incendie en 1075. Après l’effondrement du campanile, l’archevêque Antonio de' Saluzzi, soutenue par la population, prévoit la construction d’une nouvelle et plus grande cathédrale (en 1386), à l'endroit même du plus antique cœur religieux de la ville[1]. Les travaux démarrent tout d’abord par la destruction : Dans un premier temps de la cathédrale Santa Maggiore, puis dans un second temps de la basilique Santa Tecla entre 1461 et 1462 (en 1489 cette dernière sera partiellement reconstruite puis définitivement démolie en 1548)[2].

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 00:40

According to Aristotle, it is our ability to reason which sets humans apart from the rest of the animal kingdom. The understanding and manipulation of our environment that has made us so successful has only been possible through this unique ability.

Understanding how we reason is however an area in which significant
progress has been made.

 

 

 

 

 

Reasoning is often broken down into two broad categories. Firstly there is 

 

 

deductive reasoning  which can be thought of as the process of drawing logically valid conclusions from some assumed or given premise. Deductive reasoning is the type of reasoning used in mathematical proofs or when dealing with formal systems. Although this type of reasoning is obviously necessary, it is not always adequate.

  

When reasoning about our world we often want to make predictions that involve estimations and generalizations. For this we use  inductive reasoning.

Inductive reasoning can be thought of as drawing the “best” conclusions from a set of observations. Unfortunately these observations are almost always incomplete in some sense and therefore we can never be certain of the conclusions we make. This process is analogous to the scientific process in general. In science, rules and models are found by generalizing

 

patterns observed locally. These models are then used to understand and predict our environment which in turn allows us to benefit, usually with great success. But like inductive inference, scientific hypotheses can never be completely validated, so we can never know whether they are true for certain. The difference between reasoning inductively or deductively can also be simply thought of as the difference between reasoning about the known or the unknown.

  

  

 

Ray Solomonoff (1926–2009),

the discoverer and inventor of Universal Induction.

 

 

In 1964 Ray Solomonoff published the paper

“A Formal Theory of Inductive Inference” . In this paper he proposed a universal method of inductive inference which employs the Bayesian framework and his newly created theory of algorithmic probability. This method of Solomonoff induction appears

to address the issues that plagued previous attempts at formalizing induction and has many promising properties and results. Solomonoff induction and related concepts are the central focus of this article.

The formalization of Solomonoff induction makes use of concepts and results from computer science, statistics, information theory, and philosophy. It is interesting that the development of a rigorous formalization of induction, which is fundamental to almost all scientific inquiry, is a highly multi-disciplinary undertaking, drawing from these various areas. Unfortunately this means that a high level of technical knowledge from these various disciplines is necessary to fully understand the technical content of Solomonoff induction. This has restricted a deep understanding of the concept to a fairly small proportion of academia which has hindered its discussion and hence progress.

 

 

 

 

 

 

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 22:28

 

RADAR (Dimanche 19 Juin 2011) 

 

Elle sera consacrée dans la prochaine constitution Tamazight, deuxième langue officielle au Maroc
Par : Rubrique Radar

 La langue amazighe sera consacrée, dans la prochaine Constitution du Maroc, langue officielle aux côtés de la langue arabe. C’est là un des aspects majeurs, souligné par les observateurs, du discours du roi du Maroc Mohammed VI, relatif au projet de nouvelle Constitution de son pays.

Dans le même projet, il est également question de la création d’une haute institution qui s’occupera de mettre en place une stratégie de l’enseignement des langues étrangères de façon à permettre au citoyen marocain, outre la connaissance de la langue arabe, une bonne connaissance des langues étrangères les plus usitées dans le monde, à savoir l’anglais, le français et l’espagnol.

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 22:15

Née en Algérie en 1941, elle a exercé de 1966 à 1977 le métier d’avocat à la Cour d’Alger et mené parallèlement des activités journalistiques et culturelles Rédactrice en chef du premier hebdomadaire maghrébin libre «contact» (1970-1973), elle est auteur d’un livre (1975) sur le cinéma maghrébin qui est un plaidoyer pour la liberté d’expression « En attendant Omar Guetlato », et un ouvrage d’art sur la parure des femmes berbères ‘’Abzim’’, un hommage à la créativité des femmes de son pays (1986).
En 1979, elle rejoint la fonction publique internationale à l’UNESCO où elle est chargée du programme sur les violations des droits des femmes au sein de la division des Droits de l’Homme et de la Paix, et entre autres questions, des dossiers sur l’égalité en droit des femmes et des hommes et de la violence contre les femmes.

 

Wassyla Tamzali. Ancienne avocate et directrice pour les droits des femmes à l’Unesco

«Les réformes ne peuvent être efficaces qu’après un changement de la nature du pouvoir»

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le 19.06.11 | 01h00 

Aujourd’hui auteure et militante féministe, engagée pour le dialogue entre les peuples de la Méditerranée, Wassyla Tamzali revient dans cet entretien sur les révoltes tunisienne et égyptienne et sur la situation en Algérie. «Les «réformes» ne sont  pas dictées  par un projet politique, mais par une appréciation des rapports de force en présence. Le pouvoir est dans la négociation-marchandage. On a atteint un niveau caricatural. Il suffit de défiler pour voir son salaire augmenter. C’est l’argent des générations à venir qui est dépensé», dit-elle.

- Depuis quelques mois, les pays arabes sont marqués par des révoltes et des soulèvements populaires contre les pouvoirs en place. A votre avis pourquoi ces peuples se soulèvent-ils aujourd’hui ? Qu’est-ce qui a changé dans ces sociétés arabes ?

Deux choses en préalable, d’abord une question de vocabulaire. Beaucoup refusent le terme «arabe» qui ne couvre pas la réalité de ces pays, mais là c’est une question récurrente. Enfin plus ponctuellement : il faut rappeler avec force que depuis le début des indépendances  de ces pays, des femmes et des hommes ont  été en résistance aux pouvoirs en place. Cette résistance pour la liberté et la démocratie s’est exprimée sous de nombreuses formes : sociale, politique, culturelle, féministe aussi. Il y a toujours eu dans le monde arabe des résistants aux pouvoirs autoritaires, aux partis uniques. Les meilleurs d’entre nous ont été obligés à l’exil. Les autres vivent dans un exil intérieur. Le pire des exils.  Dans ces mouvements, ces révolutions, les formes de résistance portées par des intellectuels, des militants associatifs et politiques, des artistes, des citoyens plus généralement trouvent enfin une résonance populaire en Egypte, en Tunisie et dans de nombreux autres pays de la région. Tous ces mouvements ont en commun de dire : «Non au souverain», pour reprendre Michel Foucault. Pourquoi ça ne s’est pas passé avant, et partout ? Pourquoi dans ces pays et pas ici ? Cette interrogation est d’autant plus pressante que l’Algérie a longtemps été considérée comme un pays révolutionnaire et à l’avant-garde de la région !


Devant les 6 millions de personnes qui affluèrent vers la place Tahrir,  nous avons pu ressentir un sentiment de frustration, celui d’être privés de la fête du printemps. Mais voilà, en Tunisie et en Egypte, la protestation populaire et ce courant constant de résistance et de contestation démocratique et libertaire se sont rejoints dans une alchimie magique. Pourquoi  aujourd’hui ? Sans doute parce qu’enfin, 50 ans après les indépendances, la jeunesse d’aujourd’hui s’est libérée des entraves dogmatiques nationalistes qui ont plombé notre jeunesse à nous, les enfants de l’An I des indépendances. Notre cadre de pensée c’était le nationalisme. Pas celui de nos pères, hélas ! Mais celui des vainqueurs. Un nationalisme post-colonial marqué autant par la lutte contre l’occupant que la lutte pour le pouvoir entre les différentes factions à l’intérieur des mouvements de libération. L’évolution qui nous a conduits d’un nationalisme moderne à un nationalisme identitaire, imprégné de religion et de luttes intestines, commence à être décryptée. Le mouvement de décolonisation était un mouvement inscrit dans un cadre progressiste en Tunisie, en Egypte, en Syrie, en Irak avec le parti Baath qui était un parti laïc,  et en Algérie. Ce sont les idées de la révolution universelle qui vont caractériser les élans des nationalistes et le soutien international à leurs luttes. Rappelons la magnifique exposition au MaMa sur les peintres internationaux et la révolution algérienne. Les diplomates de la résistance algérienne ont largement utilisé les principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme.  A  l’ONU, quand nous nous exprimions, nous réclamions notre liberté,  non parce que nous étions musulmans ou que nous étions de culture différente des Français, mais au nom des principes humanistes et universels. Ces dérives se sont manifestées déjà pendant la période de la guerre de Libération. Il suffit de comparer le texte de la Soummam et celui de Tripoli. Le nationalisme identitaire et religieux a pris le pas sur le nationalisme républicain et universel. Cette dérive s’approfondira, se transformera en dogme après l’indépendance. On passera d’un populisme socialiste et tiers-mondiste des premières années à une conception rigide de la nation avec la religion comme contrôle social et l’anti-occidentalisme comme fédérateur commun. Un anti-occidentalisme de façade, à usage populaire, puisque nos relations marchandes, de pétrole entre autres, se font avec l’Occident, principalement l’Amérique et la France, et que c’est là aussi que nos nouvelles «élites» se soignent et forment leur relève. L’utilisation de la Palestine, la mémoire de la guerre, de la colonisation seront mises au service de cet anti-occidentalisme.  Dans la foulée, on diabolisera certaines valeurs que l’on décrétera occidentales : la liberté, la démocratie, le féminisme, la liberté de conscience. Ces thèmes pourront être réactivés à volonté, même parmi les intellectuels «en résistance». On l’a très bien vu avec la guerre d’Irak. Saddam Hussein qui était honni par toute la classe intellectuelle arabe va être défendu par les mêmes. Cela ne marche plus avec les jeunes ! On n’a entendu aucun slogan nationaliste, ou anti-occidental, ni pro-palestinien, ni islamiste d’ailleurs. Véritablement on tourne une page.



- Mais pourquoi cela n’a pas pris en Algérie ? Sommes-nous toujours réceptifs à ce discours nationaliste débridé ?


Je ne le crois pas. Ici aussi, nous sommes dans le passage d’une époque à une autre. Au grand dam de ceux qui essaient d’empêcher l’histoire d’avancer. Mais pourquoi il ne se passe pas en Algérie la même chose qu’en Tunisie ou en Egypte ? N’oublions pas que ce qui arrive dans les pays de la région s’est passé chez nous en 1988. Cela a fini par un bain de sang. Mais ce n’est pas la violence qui a arrêté le mouvement, ce sont les réformes. On comprend les résistances, voire le refus de cette méthode en Algérie, au Maroc, en Egypte également où sur fond de révolution, on assiste à un même processus que dans l’Algérie de l’année 1988. L’expérience est là. En 1988, nous avons été nombreux à croire que les réformes nous mèneraient à la démocratie. La suppression du parti unique devait inévitablement changer les structures du pouvoir, pensions-nous. Le réveil fut rude. Avec le temps, les réformes se sont révélées être des manipulations, ou du moins elles ont permis toutes les manipulations. Par un long, intelligent et subtil processus, «la transition démocratique» culbuta par la reprise en main de la vie politique, la résurgence du modèle ancien et ajoutons, sans les flonflons et les discours qui accompagnaient la première époque. Seule la presse tira, en partie, son épingle du jeu.

 


- Ces erreurs justement peuvent-elles servir aux révolutions égyptienne et tunisienne ?  



J’ai peur qu’en Egypte l’armée soit tentée par le même scénario. On voit bien que dans ce pays la partie n’est pas gagnée et que l’ancien système est là et qu’il tient les rênes du pouvoir. «Pour que rien ne change, il faut que tout change» : la leçon politique du Guépard de Visconti. L’expérience des Algériens ne peut servir en rien aux  Egyptiens, par contre elle mine les espoirs de changement des Algériens. D’où l’impossible rencontre entre les émeutes et les résistants de la société civile. Cela ne veut pas dire que la jeunesse algérienne, comme celles des autres pays, ne soit pas sortie du post-colonialisme. La jeunesse algérienne n’est plus réceptive aux discours nationalistes et passéistes. Ce qui nous paralysait n’existe plus. Il y avait à mon «époque» une certaine ambiguïté dans les rapports réciproques de la jeunesse et du pouvoir.  Ma génération était exclue du pouvoir au prétexte qu’elle n’avait pas fait la guerre, mais la génération au pouvoir n’était pas très éloignée d’elle par l’âge et d’une certaine manière par la culture et les aspirations.
Nous étions face à des «jeunes gens» qui   pensaient  par certains côtés comme nous. Surtout dans les cercles privés. Un exemple de cette «promiscuité» : quand les étudiants s’étaient enfermés pour protester à l’intérieur de la fac centrale  d’Alger en mai 1968, on entendait dire certains responsables politiques, sincères et mal à l’aise dans cette confrontation avec eux-mêmes : «Mais c’est notre date d’anniversaire à nous, c’est nous qui avions fait la grève en mai 1956.» Il y avait dans la classe politique algérienne au pouvoir, dans ces premières années, une ambivalence vis-à-vis de la jeunesse, de la révolution, de la liberté, etc. Tant et si bien que nous avions oublié que la politique est le champ d’affrontement ou de confrontation de rapports d’intérêt. Tant et si bien que la vie politique en Algérie s’est vidée de sa substance. Avec le temps, ce qui constitue la politique a été nié et remplacé par une croyance aux rapports de force nus.



- La clé est donc dans la réhabilitation du politique. Mais comment y arriver ?



Aujourd’hui, le constat est qu’on ne croit plus à la politique pour régler les problèmes. Tout le monde utilise les rapports de force dans lesquels il se trouve et renforce ainsi la manière d’exercer le pouvoir. Tout un chacun a un carnet d’adresses, avec une connaissance à la wilaya, une autre à la banque, à la police ou la gendarmerie, à l’hôpital, au tribunal. On ne croit  pas à la vertu de la loi, on ne croit pas à la politique, on croit aux pouvoirs de ce qu’on appelle encore «les responsables», un mot qui nous vient du vocabulaire de la clandestinité, à celui qui est plus haut dans la hiérarchie et qui peut régler mon problème. C’est le quotidien des Algériens. Jusque dans les propositions de réformes aujourd’hui du gouvernement, on retrouve cette démarche, un donné pour un rendu. Jusque dans les négociations qui se bousculent en réaction aux émeutes et manifestations sporadiques, on retrouve cette démarche. Les «réformes» ne sont  pas dictées par un projet politique mais par une appréciation des rapports de force en présence. Le pouvoir est dans la négociation-marchandage. On a atteint un niveau caricatural. Il suffit de défiler pour voir son salaire augmenter. C’est l’argent des générations à venir qui est dépensé. Le pétrole et le gaz ne durent pas toute la vie. Les Norvégiens ont fait un fonds pour les générations de 2050 avec les surplus du pétrole. Je crois que c’est Churchill  qui disait : «La civilisation, c’est planter un arbre sans avoir l’espoir de se mettre à son ombre.»  C’est cela aussi la politique. Aujourd’hui, on a l’impression qu’on essaye de colmater un bateau qui prend  eau de toutes parts sans savoir où il va. Ça peut marcher un temps, l’Algérie a beaucoup d’argent, mais ça ne règle pas le problème de fond. «L’histoire se fait et ne se reforme pas.» C’est la leçon que nous avons héritée de nos pères qui se sont engagés dans la lutte de libération. Quand notre lutte a commencé, la France s’est lancée dans des réformes, on a mis en exécution le plan de Constantine, on a appliqué la loi sur la nationalité, etc. Les réformes ne peuvent être efficaces qu’après un changement de la nature des rapports de pouvoir, la nature du pouvoir. Voyez le casse-tête du  Maroc. Comment faire le changement si le chef reste un chef sacré et de droit divin ? Faire des réformes dans ce cas, comme dans le cas de l’Algérie, c’est rester dans la même séquence de temps. Or, ce qui est attendu, espéré, demandé, c’est en finir avec cette période post-coloniale. La décolonisation c’est fini. C’est de l’histoire qui ne fait plus sens pour notre présent. C’est la grande leçon que nous donne la jeunesse arabe et le sens du mouvement «Dégage !». Un mouvement que personne n’avait vu venir, justement parce qu’il n’obéit pas à un processus réformateur. C’est cela l’histoire en marche. Pour échapper à sa signification, certains présentent ce mouvement comme un mouvement social. Le déferlement d’argent en Algérie peut-il  arrêter le cours de l’histoire ? Peut-être. Combien de temps ?



- N’est-ce pas l’expression d’un décalage entre gouvernants et gouvernés ? Ils n’ont pas les mêmes références ni les mêmes objectifs ...


 
Décalage est un euphémisme. Je pense que les dirigeants de la Tunisie et de l’Egypte savaient parfaitement ce que souhaitaient leurs peuples, leurs espoirs et leurs désirs. Mais ils s’y opposaient, car ils savaient que s’ils faisaient droit à ces attentes, il leur faudrait partir. Ce n’est pas un décalage, c’est un conflit d’intérêts, une opposition entre les intérêts de la nation et ceux de ses dirigeants qui pratiquaient l’exclusivité du pouvoir dans une forme monarchique avec tout ce que cela comporte : main basse sur les richesses du pays, sacralisation de ses représentants, succession sous contrôle, etc. Les peuples exclus du pouvoir se sont exprimés dans le désespoir par la seule manière que les structures de ces pouvoirs leur ont laissée : la rue, l’affrontement avec la violence, voire la mort, l’immolation. Ces formes désespérées s’ajoutent aux anciennes formes, individuelles, mais toutes aussi désespérées : exil, émigration, harga... En Algérie, il semblerait que ce «décalage», comme vous dites, ne se soit pas clairement et massivement ressenti. Une grande partie de la société civile reste dans l’espoir d’une démarche  réformatrice. On n’a pas encore vu la jonction entre le ras-le-bol populaire et la résistance des élites. En Tunisie, la marche des avocats pour défendre les jeunes qui se faisaient tuer dans le sud du pays a donné sa marque au mouvement, et a fortement contribué à son  extension, à sa généralisation et à sa signification. On est passé de l’émeute à la révolution. En Algérie, il y a eu des grèves des corps de métiers ou de segments de la société civile pour des revendications sectorielles, et c’est resté en l’état. Ceci dit, il faut savoir que l’on peut descendre dans la rue pour le prix des tomates et que ça peut mettre en marche un mouvement qui n’était pas prévu. Un catalyseur et un détonateur qui provoquent l’entrée dans une nouvelle séquence historique.


- Qu’est-ce qui fait défaut en Algérie ? Est-ce le discours politique qui n’arrive pas à capter l’intérêt de la masse ?



Peut-être, sans doute, en partie ! Mais est-ce la raison ? On peut faire une analyse après coup d’un événement historique, mais on ne peut pas dire avant ce qui va permettre de… et rechercher ce qui manque !  Et puis chaque pays est différent, et si les révolutions arabes sont parties d’un tronc commun : «Dire non au souverain», elles portent la marque des régimes renversés. Ainsi en Tunisie et en Egypte, l’élément déclencheur est le ras-le-bol populaire. Mais la durée en Tunisie est assurée par le discours politique produit par les résistants au régime de Ben Ali sur l’événement. L’élite politique tunisienne a tout de suite pris sa place dans le cours de l’événement. L’intervention de l’armée ne vient qu’en troisième lieu. En Egypte,  il y a eu le ras-le-bol populaire et presque en même temps la décision de l’armée. On a entendu les écrivains, les journalistes, quelques féministes, mais les discours politiques peu. L’ancien directeur général  de l’Agence nucléaire est un homme respectable mais isolé, et le secrétaire général de la Ligue arabe, qui est un  homme  du sérail, était opposé à Moubarak pour des questions de rivalité de pouvoir et non pour des questions idéologiques. Un homme de la vieille époque. La Ligue arabe n’est pas un modèle de démocratie ni un modèle progressiste. C’est hélas celui que l’armée choisira pour assurer la continuité du système.



- Vous dénoncez, dans votre livre Une femme en colère, le relativisme culturel qui dit que ce qui est bon en Occident ne l’est pas forcément pour nos sociétés. En quoi les révolutions arabes infirment ce jugement ?


Pour l’Europe, nous étions «autres», différents. Nos sociétés avaient d’autres aspirations que celles qui ont façonné les pays occidentaux. Quand nous refusions les thèses culturalistes et différentielles pour justifier les pratiques sexistes défendues au nom de la culture, de la religion et de la tradition, on nous renvoyait à notre identité musulmane. On avait oublié que l’Europe s’était battue contre tout ça pour conquérir sa liberté. Ce qui était bon pour eux ne l’était pas pour nous, les «autres». Ils rejoignaient ainsi le discours des conservateurs et des réactionnaires de nos pays. Les Occidentaux nous réduisaient à une culture qu’ils ont imaginée sans même savoir ce qu’elle était. On retrouve là le cheminement de la pensée orientaliste. Avec les révolutions arabes, c’est cela qui a disparu. Ont disparu ces «autres», ces étranges femmes et hommes qui poursuivaient des destins  énigmatiques et obscurs contre l’idée raisonnable et rationnelle que les femmes et les hommes portent, quelle que soit leur culture, des désirs de liberté, de dignité, d’égalité.

 

Nadjia Bouaricha
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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 21:59

 

Jean El-Mouhoub Amrouche avait dit que «toute poésie est avant tout une voix et qu´elle est un appel qui retentit longuement dans la nuit, et qui entraîne peu à peu l´esprit vers une source cachée, en ce point du désert de l´âme où, ayant tout perdu, du même coup en a tout retrouvé».

 

 

 

source: Expression

FLORILÈGE DE POÉSIES KABYLES DE BOUALEM RABIA

Par
L’amour aux temps des fontaines

Des poèmes qui sont le reflet de la vie quotidienne.

 

La Kabylie est connue pour être le berceau d´une infinité de poètes anonymes. Ils ont légué des textes oraux ayant été transmis de génération en génération en dépit d´absence totale de supports écrits. Ces textes ne sont pas que des poèmes. Ils sont aussi le reflet de la vie quotidienne de la région et recèlent des messages de sagesse, voire même un contenu à dimension philosophique où l´on se pose légitimement des questions sur la vie et ses travers, sur le sort et le destin et sur la part de responsabilité de l´individu dans ce qui lui arrive ou ce qu´il subit.
L´amour, qu´il soit une réalité ou une illusion, reste un sujet inépuisable quand il s´agit de poésie. D´ailleurs, quelque part, peut-il y avoir poésie là où l´amour n´y est pas? C´est pour préserver ces vers des anciens que l´écrivain-romancier Boualem Rabia, qui vit et enseigne dans un lycée à Azazga, a regroupé dans un livre de 250 pages des poèmes qu´il a intitulés Florilège de poésies kabyles (Editions l´Odyssée).
Boualem Rabia a traduit ces textes en langue française, ce qui permet au lecteur de les découvrir dans deux versions. Boualem Rabia parle d´un florilège de poésies anciennes glanées dans le brouillard de l´oubli, des poésies qui resteront comme d´inébranlables vérités d´être acquises d´une langue et d´une culture plusieurs fois millénaires, toutefois encore vivantes. Boualem Rabia fait sienne une pathétique citation de Jean El-Mouhoub Amrouche qui dit que «toute poésie est avant tout une voix et qu´elle est un appel qui retentit longuement dans la nuit, et qui entraîne peu à peu l´esprit vers une source cachée, en ce point du désert de l´âme où, ayant tout perdu, du même coup en a tout retrouvé».
Poésie intérieure, qui tend au silence, mais un silence peuplé de mille voix sans timbre, les voix des devenirs qui s´achèvent dans l´être vivant que nous sommes, en l´instant précis où nous nous éprouvons comme un être unique et prédestiné dans la chaîne des êtres. C´est par ce beau prélude, qui est lui-même un poème en prose, que Boualem Rabia invite le lecteur dans le monde ensorcelant des mots. Ces mots qui parviennent parfois à dire l´indicible, mais qui éloignent tant de la réalité. L´auteur rappelle que Kateb Yacine qualifiait cette poésie anonyme de génie collectif. Pour Boualem Rabia, cette poésie réveille et réfléchit l´âme et la vie de la société berbère de Kabylie, en particulier, et de la société humaine, en général: «Une voix samaritaine qui parle et prolifère dans un beau qu´ignorent les profanes, dans laquelle chacun se reconnait».
L´auteur explique que dans son livre, il s´agit d´une sagesse archaïque ancienne, qui nous précède et ouvre les chemins du dire: «Ses héritiers spirituels savent encore la perpétuer. Cet art du verbe ne nous vient guère de la lyre mystique des Grecs ou des marbres résonnants de Rome, en dépit de ce qu´avancent gratuitement ceux qui nient le génie créateur des littératures orales.»
Les poèmes présentés par Boualem Rabia sont dotés d´une substance qui a trait à tous les sujets: aubades rituelles, contes, fables, devinettes, mythes cosmogoniques, poésies épiques, hagiographiques amoureuses sur toutes incidences des hommes dont elles tiennent lieu de mémoire collective. «C´est pourquoi, nous devons parler ici d´une littérature orale réellement active et persistante, car elle s´incruste dans les divers courants de la vie sociale; présente et imposante car le verbe y a force et efficacité indubitables», souligne Boualem Rabia.
Et d´ajouter que le génie populaire, par le biais de cette mémoire collective, a su, en dépit de toutes les entraves sociopolitiques, préserver ce trésor linguistique, mais face à la suprématie des technologies, la mémoire humaine s´avère insuffisante et c´est pourquoi celles-là doivent se mettre au service de celle-ci, afin qu´elle se montre apte à engager un produit civilisationnel indigne de cette absurde folklorisation qui tend à l´épuiser, à le dévitaliser, à le frapper de sclérose. «Devra venir le jour où tout un stock, strate sur strate, de vitalité créatrice et traductrice de l´esprit humain pourra être étudié, donc reconnu comme porteur d´une sagesse qui a toujours su fertiliser la culture nationale authentique. L´avenir ne se construit que sur la connaissance et fierté du passé», conclut Boualem Rabia.
Le livre contient des poèmes sur l´amour dans le style izlan, et dans le style isefra, des poèmes sur la vie, des poèmes sur la mort, la religion et la guerre. A lire, à relire et à méditer.

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 00:21

 

 

http://www.brugnatelli.net/vermondo/didattica/bicocca/SiMohand.pdf

  

 

 

 

Ajoutée par le  6 mars 2011

Vermondo Brugnatelli (Milan, October 19, 1953) is a Italian linguist, writer and lecturer, considered as one of the greatest contemporary scholars of Berber language.

Brugnatelli is a descendant of Louis Valentino, he graduated in classics in 1979 with a thesis on the history of the Hamito-Semitic linguistic, participates and is a member of numerous associations and organizations and scientific institutions of language and linguistics.

Since 1992 he directs the Research Center Camito-Semitic in Milan and co-director (along with Francis Aspesi) of the series "Studies Camito-Semitic" and "Learning Materials", published by the Centre itself.

President of the Associazione Culturale Berbera and to encourage the publication "Awal n Tmazight " (The Berber voice ).
Among the number of teaching posts, has held the chairs of structural linguistics at the Civic School of Oriental Languages of the Municipality of Milan, Institute of Linguistics at the University of Bergamo, Berbera Dialectology at the School of Studies Islamic Istituto Universitario Orientale of Naples, and General Linguistics and institutions of the Arab culture of Milan Bicocca. He has taught courses in Linguistics Camito-Semitic "at the University of Turin (Professor of Semitic Philology) and" Berber language and culture at the University of Milan (Professor of Hebrew and Comparative Semitic Languages).

 

 

Un poème de Vermondo en kabyle:

 

Bgayet d tamdint yelhan
Tebna s elmizan
Guraya d taâssast-is

Ccix Lh'usin n At Wartiran
Di lweqt n Rremd'an
Yettzur-itt d eljiran-is

Yuneg inig ameqqran
At'as ay yed'ran
Yura kullec deg wedlis

Vermondo


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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 21:19
La 24 (Samedi 18 Juin 2011)

 

Premier du genre en France
Un centre dédié à la culture berbère inauguré aujourd’hui
Par : Ameur Ouali

Un centre dédié à la culture berbère, présenté comme le premier du genre en France et où seront notamment pratiqués chant, danse, gastronomie, va être inauguré aujourd’hui à Drancy, dans le département de la Seine-Saint-Denis, qui abrite une très forte communauté algérienne. “Cet événement témoigne avec force la volonté des quelque 2 millions de citoyens français d’ascendance berbère de concilier vitalité culturelle, implication citoyenne et attachement aux principes républicains”, selon un communiqué des porteurs du projet. “Ce centre représentera tous les Berbères, dans leur diversité, de toute l'Afrique du nord”, a précisé Mustapha Sadi, patron de BRTV et conseiller régional d'Île-de-France (NC), à l’origine du projet, avec le député-maire de Drancy, Jean-Christophe Lagarde. “C’est la première fois en France, qu'une Maison de la culture berbère (...) est ouverte”, selon un communiqué du Réseau citoyen des associations franco-berbères. “Aussi paradoxal que cela puisse paraître, avec une présence berbère en France qui remonte à des décennies, c’est une première”, a dit M. Sadi, ex-président de la Coordination des Berbères de France. “Cela pourrait inspirer d'autres municipalités”, a-t-il ajouté. Le centre accueillera sur 700 m2 “de nombreuses activités culturelles et artistiques (musiques, chants, danses, théâtre, expositions, gastronomie...)”, explique le Réseau. Il sera aussi un lieu de débats et de réunions pour les associations, etc.
D’un coût de 1,5 million d'euros, la Maison de la culture berbère a bénéficié de subventions de la ville de Drancy et du Conseil régional d'Île-de-France, selon le communiqué. “La Maison de la culture berbère permet aussi de faire vivre, au quotidien, l’engagement des franco-berbères à la vie citoyenne (réunions d’associations œuvrant en faveur de la diffusion du droit, de l’aide à l’éducation, formations sur des grands sujets d'actualité, rencontres-débats...” L’originalité de cette démarche, encouragée par des élus du centre, de gauche comme de droite, réside précisément dans le refus de tout “entre soi”. “l'attachement à la république française y est clairement revendiqué et l'échange, le partage et le métissage sont des principes d'action”, selon le texte.

 

 

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 21:09

El Watan

 

Bordj-Menaïel ( Lberj n Imnayen) (Boumerdès)

Les villageois ressuscitent la touiza

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le 18.06.11 | 01h00 

Face à une foultitude de problèmes et à l’absence de l’Etat, les villageois s’organisent.

Les habitants du village Rouafaâ (Iraf3en), au sud de la ville de Bordj-Menaiel, semblent avoir décidé de prendre leur destin en main pour améliorer leurs conditions de vie, devenues très difficiles dans cette région isolée. Les villageois s’arment ainsi de volonté pour venir à bout des problèmes générés par l’échec des responsables locaux et l’absence d’esprit d’initiative de la part de la population.
Les habitants de cette contrée semi-rurale, coincée entre les limites frontalières des communes des Issers, Timezrit, Naciria (La3ziv n Za3mum), ont désormais lancé un pari de fournir plus d’eflontariat en vue d’alléger les souffrances de la population et stopper l’exode rural. En premier lieu, les villageois se sont penchés sur le problème de la décharge sauvage dite «de Vachet», devenue l’une des plus importantes sources de pollution environnementale de la région. Il y a une année, la route desservant ces localités était bordée de toutes sortes d’ordures ménagères rendant la circulation automobile très difficile. Les déchets, jetés ça et là, parfois sur la chaussée, formaient une vaste décharge s’étendant sur plus de trois kilomètres.


Pour remédier à cette situation, les habitants se sont lancés dans un bras de fer face aux autorités locales pour exiger la délocalisation de la décharge.
Leur initiative visant à préserver leur environnement a porté ses fruits, puisque la région a changé de visage aujourd’hui. Les amas d’ordures ont été «supplantés» par des arbustes, tandis que le lieu abritant l’ancienne décharge est recouvert de terre. Les forêts environnantes ont été nettoyées pour permettre aux familles en quête de quiétude de s’y reposer. L’endroit est redevenu le point de prédilection de centaines de personnes qui viennent chaque soir se rafraîchir à l’ombre de grands eucalyptus longeant la rue de part et d’autre. De son côté, le stade jouxtant la «fontaine romaine», ne désemplit plus également. Des centaines de jeunes adeptes du ballon rond y font le spectacle quotidiennement dans le cadre de tournois sportifs organisés par l’association locale.
De l’autre côté, ce sont des groupes de jeunes qui s’adonnent à des parties de pétanque dans des aires aménagés pour ce faire et entourées de troncs d’arbres servant à la fois de clôture aux surfaces de jeu et de bancs pour les spectateurs, qui passent ainsi des moments agréables, loin du vacarme des voitures et des tracas de la ville. Néanmoins, la fermeture de la décharge de Vachet n’a pas fait que des heureux.


Les responsables locaux sont dans une situation embarrassante en raison de l’absence de site à même de recevoir les ordures collectées quotidiennement à travers les quatre coins de la commune. Le centre d’enfouissement technique (CET), programmé depuis plus de cinq ans à Zaâtra (Zemmouri), n’est toujours pas lancé.
Aujourd’hui, le ramassage des déchets se fait par des privés, engagés par l’APC sur le budget communal. En dépit de toutes ces conséquences, les villageois ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Ils s’engagent plutôt à conjuguer encore leurs efforts pour mettre un terme à la pénurie d’eau potable dont ils souffrent à longueur d’année. «Nous avons quatre sources naturelles intarissables, dont l’une remonte à l’époque romaine, mais elles sont toutes abandonnées. Les services concernés n’ont rien fait pour les aménager et réaliser des réservoirs en vue d’emmagasiner les milliers de litres d’eau qui partent chaque jour dans la nature afin de les redistribuer vers nos foyers», dira avec dépit un quinquagénaire de Bouifri.

Les habitants espèrent également la réalisation en urgence d’un CEM qui permettra à l’avenir de recevoir les élèves des trois écoles primaires, opérationnelles respectivement à Tiherkine, Tizroutine et Tizi-N’ali N’Slimane, comme ils attendent l’aménagement des aires de jeu pour leurs enfants, l’affectation d’un médecin en permanence au centre de santé de Tizi-n’Ali n’Slimane, etc. Le P/APC, M. Karim Gabour, a indiqué pour sa part avoir tout fait pour améliorer les conditions de vie des citoyens de cette partie de la commune. «On a ouvert une annexe d’état civil et un bureau de poste, qui étaient fermés depuis quinze ans. Récemment on a programmé une aire de jeu, mais il se pose pour celle-ci le problème d’absence de site d’implantation. Aujourd’hui si les citoyens réussissent à dégager un terrain pour ce faire, nous promettons même de construire une maison de jeunes», a-t-il ajouté, en rappelant les projets affectés au profit des habitants de la région depuis son élection à la tête de la commune en 2007.

 

Ramdane Koubabi
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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 21:03

 

L'Expression

 

LE CHANTEUR MASSINISSA A L’EXPRESSION

 

Par «La chanson chaouie est écoutée partout»

Le chanteur chaoui Massinissa, s´est produit jeudi dernier à la grande salle de spectacles de la Maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou. Sa prestation a été tout simplement magnifique et a subjugué le public. Massinissa a donné le meilleur de lui-même, d´autant plus que c´est la première fois qu´il se produit dans la ville des Genêts. Ce spectacle entre dans le cadre de la semaine culturelle de Batna à Tizi Ouzou. Avant de monter sur scène, Massinissa, de son vrai nom Chibane Ali, originaire de Merouana dans les Aurès, nous a accordé un entretien.

L´Expression: Pourquoi avoir attendu tant d´années pour vous produire à Tizi Ouzou et quel est votre sentiment d´être ici?
Massinissa: Tout simplement, c´est la première fois que l´occasion se présente. Je n´ai jamais été invité ici. Normalement, j´aurais dû chanter à Tizi Ouzou depuis longtemps. Quant à mon sentiment, cela fait longtemps que j´attends cette occasion. Je suis très heureux. Je vais saisir cette opportunité pour laisser mon empreinte à Tizi Ouzou. Je souhaite que le public soit également satisfait.

En tant qu´artiste chaoui, vous ne cachez pas votre engagement pour la langue et la culture amazighes. Que représente pour vous la région de Kabylie qui a milité pour cette cause?
Je respecte beaucoup cette région. Elle a donné de grands militants à la cause berbère qui ont lutté pendant des décennies, avant même que je ne naisse. Nous sommes nouveaux dans le militantisme amazigh et ces aînés constituent des repères pour nous. Ce qu´ils ont donné à la culture amazighe est immense.

Durant les années 1990, la chanson des Aurès d´expression chaouie a connu une éclosion, mais on assiste ces derniers temps à un net recul, notamment avec la conversion des chanteurs chaouis à l´expression arabe. Qu´en est-il?
Cette régression s´explique par plusieurs facteurs. Le premier responsable est l´artiste lui-même. Un artiste qui est dépourvu d´un bagage culturel ne peut pas mesurer l´importance de l´amazighité et de l´histoire. Il ne peut, de ce fait, pas militer. Il n´a aucune information sur notre pays et son histoire ancienne. Quand j´ai commencé à chanter, je me suis beaucoup intéressé à la connaissance de notre histoire en côtoyant des personnes en mesure de me transmettre des données. C´est ce qui m´a permis de rester fidèle à la chanson d´expression chaouie et militer pour la langue et la culture amazighes. D´autres chanteurs des Aurès ont choisi un autre chemin en décidant de chanter en arabe. Actuellement, il ne reste pas beaucoup de chanteurs qui s´expriment en chaoui. Il y a notamment Jemmy Mazigh et Joe ainsi que des jeunes artistes qui sont sur la bonne voie. Il y a des chanteurs qui ne pensent qu´au commerce.

Selon vous, pourquoi certains chanteurs commencent par chanter en chaoui, puis changent de langue?
Le but est commercial. Il ne faut pas trop tourner pour le constater. Ils se disent: «Au lieu de chanter en chaoui et n´être écouté que dans les Aurès, pourquoi ne pas chanter en arabe pour avoir un public partout». Mais, ils font de faux calculs, parce qu´ils ont chanté en arabe et ils n´ont pas atteint ce but. Je chante en chaoui et je suis écouté mieux qu´eux. J´ai un public partout en Algérie. Je me suis produit dans des régions où, eux, n´ont jamais chanté, aussi bien en Algérie qu´à l´étranger. Et partout où je me produis, je chante exclusivement en chaoui.

Pouvez-vous nous citer quelques régions où vous avez animé des spectacles?
J´ai chanté en Belgique, en Suisse, en Tunisie... En Tunisie, malgré qu´il y eut sur scène des stars comme Zehouania, Rabah Asma, Hamidou, mais mon passage a été fortement apprécié par le public. Ce dernier est venu à la fin du spectacle pour me poser plusieurs questions sur ma région et sur mon style.

Qu´avez-vous à dire sur Katcho?
Katcho était un ami. Je l´ai rencontré à Marseille quelques semaines avant son décès. Il se comportait avec moi d´une manière dont je n´étais pas habitué. Il était très affectueux à mon égard, plus que d´habitude. Je me rappelle, c´était au mois d´avril. Il s´était beaucoup rapproché de moi. Il me contactait plusieurs fois. Sa mort m´a beaucoup touché. C´est une grande perte pour la chanson chaouie. Katcho était parmi les premiers qui ont commencé dans la chanson chaouie.

Est-ce qu´il y a un grand public de la chanson chaouie?
Bien sûr. La chanson chaouie a des fans qui pleurent quand je chante sur scène. Parfois, moi-même je n´en crois pas mes yeux en voyant un public aussi magnifique.

Une dernière question. Comment vous est venue l´idée d´adopter le nom artistique de Massinissa?
Ce n´est pas mon idée. En 1992, j´étais dans un groupe qui s´appelait Massinissa. C´est l´un de nos musiciens qui a eu cette idée quand nous cherchions un nom pour le groupe. Nous avions produit deux albums, puis après le groupe s´est séparé. Je suis resté seul. J´ai continué à chanter. Quand j´ai enregistré mon premier album en solo, je discutais avec mon éditeur sur le nom à mettre et c´est ce dernier qui a suggéré celui de Massinissa.

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