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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 15:36
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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 23:31

 

Kabylie : les derniers paysans des montagnes

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Par Le Matin | 20/03/2013                         

Médiatiser aujourd’hui la vie paysanne traditionnelle, c’est participer au sauvetage de la diversité culturelle contre l’uniformisation et la standardisation du monde. C’est sauver des poches d’autonomie sociale et culturelle, sauver des espèces de graines, des variétés de plantes, des espèces d’animaux menacées d’extinction. Réhabiliter les paysans au moment où ils sont chassés de leurs collines, leurs richesses pillées, leurs savoirs déclassés, leur mémoire réduite à néant, leur image dévalorisée aux yeux de leur progéniture, ce n’est pas de la militance ordinaire : c’est affirmer haut et fort que les paysans sont l’avenir du monde.

Idir Aït Mohand au milieu d'autres paysans de Kabylie. Photo d'Aït Mohand.Idir Aït Mohand au milieu d'autres paysans de Kabylie. Photo d'Aït Mohand.

Le texte qui suit est le résumé d’une conférence que j’ai donnée le 21 octobre 2012 dans la ville française de Blois, invité par le Centre européen de promotion de l’histoire (CEPH) qui organise chaque année "Les rendez-vous de l’Histoire", espace de création et d’échange culturels lancé en 1998 par l’ancien ministre français Jack Lang . L’édition de 2012 était consacrée aux paysans .

Introduction

Nous sommes réunis ici par un "Rendez-vous de l’histoire", J’allais dire, le hasard de l’histoire. Je viens d’Algérie, précisément de Kabylie. J’y suis né avant la guerre de libération déclenchée le 1er novembre 1954, sur la haute montagne du Djurdjura dans une famille de paysans pauvres. Les péripéties de l’histoire, l’école obligatoire durant la guerre d’Algérie dans un village de regroupement et la généralisation de l’enseignement gratuit par l’Etat algérien après l’indépendance, ont fait que j’ai pu aller à l’école et étudier dans cette belle langue qu’est la langue française pour atteindre miraculeusement l’université.

L’enfance et l’école coloniale

Pour les Algériens de ma génération le rapport à la langue française était de l’ordre du défi. C’est "notre butin de guerre" disait le grand écrivain Kateb Yacine. A ma première rentrée scolaire en octobre 1959, je ne connaissais pas un traitre mot de français ! Les enseignants étaient des soldats, La langue scolaire était donc celle des militaires! Ceux là même qui pourchassaient nos parents dans le djebel/ Tazmalt était un village européen prospère noyée dans une immense oliveraie : La belle école, la grande rue bitumée, la jolie poste, les imposantes maisons aux portes blindées et aux toitures rouges étaient aux français, le train qu’on entendait au loin siffler et qu’on ne pouvait prendre était aux français. Nous les algériens, nous étions parqués dans le village de regroupement, une favela entourée de fils barbelés à l’extrémité du village. On l’appelait complaisamment "Le Faubourg nord" en opposition au « Faubourg sud » où étaient regroupées d’autres familles kabyles ramassées dans la zone interdite de l’ouest du village. Le « faubourg nord » recevait les familles venant de la zone interdite de l’est ! J’avais six ans en 1959. Chaque matin une colonne de soldats, des blancs et des noirs (Des sénégalais), passait dans les étroites ruelles de terre du bidonville ramasser les enfants et les mener à l’école étudier dans la langue de l’ennemi ; le kabyle notre langue maternelle n’avait pas droit de cité.

Enfant, je n’ai pas pu faire la guerre mais la guerre m’a fait. Elle m’a construit hâtivement comme une petite baraque d’un bidonville dans l’obscurité, la peur, la précarité et le secret espoir d’une quiétude future. Adulte, je suis toujours à la recherche d’un refuge, celui que je n’ai pas eu dans mon enfance trouble. La montagne est mon repaire, mon repère, mon nid ! Le mode de vie des montagnards de Kabylie est mon modèle, mon idéal.

Après de longues études ponctuées par un diplôme de la Sorbonne, au moment où toute ma famille attendait de me voir dans le costume politique d’un ministre, d’un préfet ou d’un futur mandarin universitaire, je suis retourné à la campagne cultiver les oliviers des ancêtres. J’avais déçu tout le monde. «Il a tellement étudié qu’il est devenu fou» disait-on dans mon dos.

Ma vie avec les paysans

Après trente ans de vie avec les paysans, je suis fier de mon parcours. C’est notamment grâce à la singularité de cet itinéraire surprenant que je suis ici parmi vous, invité par les organisateurs du centre européen de promotion de l’Histoire. J’ai rejoint les paysans du Djurdjura au milieu de l’année 1980. J’ai repris la ferme familiale dans la haute vallée de la Soummam (wilaya de Bejaia) où la principale activité est l’oléiculture. Il ne s’agit pas d’une monoculture industrialisée mécanisée, mais d’une matrice économique, une activité pivot autour de laquelle se greffent et se structurent des travaux complémentaires tels que le maraîchage, l’élevage, l’apiculture, l’arboriculture fruitière et bien évidemment l’artisanat dans toute sa variété- une dizaine de métiers que le marché mondial dévalorise et chasse de l’économie et de la mémoire.

J’y ai construit ma maison de mes propres mains, creusé mon puits, pavé mon chemin, et partagé le pain et le sel avec ces hommes et ces femmes armés de détermination et d’une agréable culture mais souvent gagnés par le doute et l’envie de partir.

Je parlerai donc des paysans de Kabylie, de leur vécu d’aujourd’hui, j’exposerai leurs singularités ce qui les distingue des autres paysans du monde et le fait qu’ils sont paysans kabyles – Je n’aime pas beaucoup le mot identité-ça renvoie souvent de nos jours au contrôle policier- c’est cependant le concept qui rend compte des richesses historiques, des différences et des variétés culturelles des populations du monde. Je parlerai donc de ce qui constitue l’identité des paysans de Kabylie. Ils partagent l’essentiel des valeurs humaines avec les paysans des Alpes, des Andes, de Californie ou de Mandchourie, notamment l’amour de la terre ; le respect de la nature, la protection de la flore et de la faune, la vénération du ciel .Ils y mettent leurs empruntes, des formes propres à eux, des attitudes, des comportements. Ils ont pour eux seuls, des survivances culturelles, un héritage qu’ils gardent jalousement pour le transmettre entre des mains aussi innocentes que celles de leur enfance, après les avoir sauvé de l’oubli.

Ils sont souvent gagnés par le doute, la lassitude, le désenchantement, quand ils sentent que leurs vieux savoir-faire, leurs pratiques empiriques, leurs rituels semblent quelque-peu folkloriques face à l’efficacité des machines modernes, la rationalité des nouveaux procédés agronomiques, la rapidité du marché la domination uniformes des marchandises sans âme. C’est un peu le pot de terre contre le pot de fer ! Mais étrangement la peau de leur pot de terre est faite d’une matière très résistante qui s’appelle la conviction. Nous parlerons ensemble des survivances culturelles des paysans de Kabylie. Evoquer et débattre avec vous de ce qu’ils ont pu sauver de l’oubli, ce qui leur reste après qu’ils aient tout oublié.

Etre paysan aujourd’hui en Algérie

Dans ma commune, la propriété agricole est dominée par une forme d’exploitation mixte où le paysan jumèle l’oléiculture avec l’élevage et la petite céréaliculture parfois même des cultures maraichères en irrigué. La superficie des propriétés ne dépasse guère deux hectares. L’échantillon du paysan moyen de la plaine est propriétaire d’un hectare de terre une vingtaine de têtes d’ovins et de caprins, ne vache ou deux. Certains ont un tracteur qu’ils utilisent en location pour le transport et le labour.

Le paysan de montagne est propriétaire de plusieurs petites parcelles de terre. Il mesure sa propriété en journées de labour. Un hectare de terre est labouré à l’araire traditionnel en une durée allant de 5 à 10 jours. Elle dépend de l’habileté du paysan de la puissance de la paire de bœufs, et de la nature du terre selon qu’il est boisé ou nu.

Le concept de paysan recouvre aujourd’hui une réalité mouvante. La ruralité est phagocytée par les avatars de comportement sociaux citadins alors que les valeurs rurales se sont imposées dans l’espace citadin au point où l’on peut parler de citadins campagnards et de montagnards citadins. Il n’y a plus de paysans pur tel que le définissait la vision sociologique classique. Le paysans actuel ne vit pas uniquement de l’activité agricole, il est contraint d exercer des activités annexes, transporteur, vendeur sur les marchés hebdomadaires, colporteur, ouvrier journalier… Le concept de famille paysanne peut mieux rendre compte de la réalité rurale, en plaine ou en montagne. Le tissu familial rural est encore marqué par la vie en famille nombreuse, voire en indivision. Le prototype de famille paysanne est en moyenne le suivant : le père, souvent ancien émigré perçoit une pension de France, il détient l’essentiel des savoir-faire agricoles, la mère est paysanne culturellement gardienne des usages, des traditions, elle veille sur la reproduction des rituels paysans d’antan qui constituent l’identité locale. Les enfants adultes, filles et garçons encore célibataires vivent encore sous le toit familial, ils sont fonctionnaires ou dans des professions libérales, parfois chômeurs et dans des emplois précaires. Tant que le père est vivant la propriété est gardée indivise. Le mode de vie est paysan (gastronomie, habillement, rituels, fêtes …)

La famille paysanne mue doucement à l’ombre des anciennes valeurs. Elle intériorise les modèles de consommations citadins, adapte son comportement au temps administratif, installe de nouveaux rapport à l’espace public (de sa gestion elle passe à sa consommation). Elle garde tout ce qui dans l’ancienne culture lui parait utile et fonctionnel (Habillement, ameublement, répartition de l’espace intérieur et extérieur entre sexes, rapports de domination patriarcale…) Le paysan de Kabylie perd progressivement les repères culturels des ancêtres, s’aventure dans le monde de l’économie de marché tant qu’il en tire bénéfice, mais se replie vite dans son ancien monde, le mode de vie des parents et des ancêtres. Comme un oiseau de proie qui chasse toute la journée pour retrouver le soir son monde de montagne et nourrir sa nichée.

Les bourgs kabyles de montagne sont aujourd’hui des villages dortoirs où les travailleurs de la terre, plus ouvriers que paysans se replient de nuit pour expurger leurs peines se délivrer de l’exploitation et de la pression du travail dans la plaine alimentant encore l’illusion d’une autonomie citoyenne que possédaient réellement les ancêtres paysans.

De quels paysans parlons-nous ?

Il s’agit des paysans d’aujourd’hui, ceux dont je décris le quotidien dans mon ouvrage L’olivier en Kabylie entre mythes et réalité, paru en 2008 chez l’éditeur L’harmattan et dans le roman Les derniers kabyles paru chez Tira éditions en 2009

J’ai vécu une trentaine d’années avec ces paysans. Avec eux j’ai partagé les travaux collectifs, les moments rituels d’entraide, lors de la cueillette des fruits, de la construction de maisons, d’ouverture de sentiers forestiers et de pistes agricoles, lors de la conduite des troupeaux en transhumances. J’ai été de leurs fêtes, de leurs deuils, j’ai aimé et pratiqué leurs croyances païennes, appris et appliqué leur calendrier agraire. Ils m’ont aidé à construire ma maison, creuser mon puits, paver ma route, cueillir mes olives, soigner mes animaux, fagoter mon bois et rallumer mes chandelles éteintes.

Je vous parle de la période allant de 1980 à nos jours. C’est une période très significative pour la paysannerie algérienne en générale parce qu’elle constitue la fin d’un mode de vie, d’une économie vivrière faiblement monétisée où le troc avait encore un strapontin économique et social. Une société laissée à la périphérie, à la marge du progrès par le nouvel Etat central algérien issu de la guerre de libération. Cet Etat jacobin qui a repris à son compte le modèle administratif colonial, hésitant durant quelques années avant de choisir les profits politiques hérités de la colonisation au lieu de l’idéal populaire de construction d’une nation moderne sur le fond culturel commun aux algériens. Le pouvoir algérien s’était couvert du burnous populiste du nationalisme pour reproduire à une plus grande échelle les reflexes colonialistes dominateurs et historiquement humiliant pour la paysannerie !.

L’agriculture avait été sacrifiée dans son ensemble. Les paysans étaient convoqués par la ville pour en faire de maladroits ouvriers d’usine, immenses fabriques dont le rôle était plus de distribuer du revenu que de produire des richesses industrielles. Le peu de considération qui restait au paysan était sapé par la culture officielle orientée vers la « Formation de l’homme nouveau », qui pouvait être tout sauf paysan. Les campagnards et surtout les montagnards étaient dévalorisés ridiculisés, habillés du burnous du sous-développement.

A la télévision, au théâtre, au cinéma, le Fellah était l’objet d’une dérision systématique. L’image du « Sauvage » perdu en ville était incarnée à la télévision par Boubegra (L’homme à la vache). Dans les manuels scolaires le fellah était présenté comme « l’homme des cavernes », le primitif aux conduites archaïques, comme la cause sous-entendue du retard économique et social du pays. "El fellah el miskine" (Le paysan misérable) est le titre d’un texte sur le manuel de lecture arabe en IVe année primaire ! Dans la littérature, à l’image du paysan porteur des valeurs de résistance à la colonisation s’était substituée l’idée du gueux pitoyable incapable de s’adapter à la modernité, la civilisation et le progrès. L’absence du paysan comme sujet et objet dans la littérature cinquante ans après l’indépendance traduit le mépris dont il est victime dans la vision des nouveaux auteurs, après son apport décisif à la libération du pays de l’emprise culturelle coloniale. Aucun écrivain ne s’est intéressé aux hommes de la terre depuis 1962 ! Je suis le spécimen rare qui vit avec eux, partage leur quotidien et leurs valeurs, exprime leur bonheur et leurs douleurs, écrit pour eux, même s’ils ne me lisent pas forcement.

Pourquoi parler des paysans aujourd’hui ?

L’intérêt est dans le fait culturel ! Evoquer les paysans, particulièrement ces "fellahs propres" demeurés dans leur durée ancienne que le monde moderne n’a pas encore clochardisés, c’est exprimer les tentatives et les procédés de sauvegarde des savoir-faire, des pratiques socio-économiques ancestrales dans leurs rapports à l’environnement, à la nature, à la flore et la faune. Un mode de vie qui a intériorisé les apports positifs des diverses civilisations conquérantes qui s’étaient succédées sur l’Afrique du nord. Les mutations qui ont affecté ce mode de vie semblent tirer à leur fin, au point où les paysans ne trouvent plus à qui transmettre leurs savoirs, leurs qualifications, leurs habitudes et leur âme de résistants à la dénaturation, la déculturation, la ville leur ayant irrémédiablement arraché leur progéniture. Les paysans n’ont plus d’héritiers à qui transmettre leur testament.

Les présupposés de la destruction de la paysannerie algérienne traditionnelle avaient été introduits par la colonisation française après sa victoire sur la grande insurrection populaire de 1871 de Kabylie dirigée par Cheikh Aheddad et le bachagha Mokrani, avec l’installation progressive sur l’espace paysan des catégories de base du capitalisme (la propriété privée de la terre et des moyens de production, la monnaie et le crédit, la manufacture et le marché).

La résistance à la colonisation s’est déroulée sur le terrain économique même si les affrontements culturels fulgurants étaient plus visibles. Des centaines de soulèvements populaires et de jacqueries paysannes algériennes avaient émaillé l’histoire de la résistance à la colonisation française. Toutes les batailles avaient eu pour moteurs la propriété de la terre. Les colons français voulaient son appropriation, les fellahs indigènes voulaient sa préservation et sa réappropriation après les séquestres collectifs.

De 1830 à 1954, 130 ans de présence militaire française sur le sol algérien, les meilleures terres d’Algérie étaient passées aux mains des colons ! L’Etat algérien les récupère en 1962 pour en faire dans une première période le domaine autogéré, qui sera versé au fonds de la révolution agraire après 1971. Sur ces terres fertiles situées en plaine et dans les vallées ont poussé dans l’anarchie de vilaines cités de béton. L’urbanisation anarchique du pays rogne progressivement ces domaines qui constituaient autrefois le grenier à blé des multiples colonisateurs successifs du pays ! Ces vastes propriétés sont de nos jours en grande partie, entre les mains de spéculateurs. L’Etat les propose en exploitation aux grands groupes capitalistes, tout en gardant la propriété juridique. Ces terres constituent le domaine agricole étatique, dirigé par la bureaucratie du ministère de l’agriculture.

Les paysans dont je veux vous parler sont ailleurs. Je vous emmène sur un autre espace-temps, une terre avec une autre destinée, une terre avec une autre histoire. Nous sommes en montagne sur des terres qui n’ont pas connu le séquestre administratif mais que l’arsenal juridique colonial a morcelé au point où elles n’arrivent plus à nourrir et retenir leurs propriétaires. Dans la haute Soummam, là où je vis parmi les paysans, certains domaines agricoles avaient connu le séquestre après la grande insurrection paysanne de 1871, mais les algériens après trois générations, avaient réussi à les racheter aux colons. Ce fut le cas de ma famille.

Les efforts des paysans de Kabylie prenaient la forme de véritables sacrifices rituels. La famille indivise envoyait ses enfants à tour de rôle dans les usines et les chantiers de la métropole pour gagner l’argent nécessaire au rachat de la terre des ancêtres. Médiatiser aujourd’hui la vie paysanne traditionnelle c’est participer au sauvetage de la diversité culturelle contre l’uniformisation et la standardisation du monde. C’est sauver des poches d’autonomie sociale et culturelle, sauver des espèces de graines, des variétés de plantes, des espèces d’animaux menacées d’extinction. Réhabiliter les paysans au moment où ils sont chassés de leurs collines, leurs richesses pillées, leurs savoirs déclassés, leur mémoire réduite à néant, leur image dévalorisée aux yeux de leur progéniture. Ce n’est pas de la militance ordinaire de soutenir que les paysans sont l’avenir du monde.

L’avenir de notre planète passe par la réhabilitation des modes de vies paysans qui ont gardé la terre dans son état originel durant des milliers d’années – des modes de produire et de se reproduire en totale harmonie avec les logiques écologiques des éléments naturels et de tout ce qui vit sur terre comme faune et flore. Les savoir-faire et les savoir-vivre paysans, souvent jalonnés dans des calendriers agraires, obéissent à la logique de l’utilité et de l’usage selon les besoins existants et non à celle de la rentabilité et du profit qui crée et répand des besoins nouveaux.

Je n’ai pas pour objectif d’idéaliser des savoirs dépassés mais de donner la primauté à des ensembles de pratiques économiques et sociales qui respectent l’homme et la nature et qui ont constitué durant des siècles le soubassement économique aux valeurs sociales et aux expressions culturelles de la sagesse de l’homme dans ses rapports à la nature. La candeur et la naïveté qui s’en dégagent, souvent moquées par l’esprit moderniste rationaliste et calculateur, constituent à mes yeux, l’âme et la poésie de cette vie simple qui a protégé la planète durant les millénaires.

De la fragilité à la précarité

A peine ces paysans sortent-ils la tête de l’effroyable durée coloniale marquée par le martyre, la et l’incertitude de l’avenir qu’ils se retrouvent les bottes empêtrées dans la boue de la pollution, la saleté, les dégâts de la modernité qui sanctuarise le profit comme valeur motrice unique de l’humanité. Ils passent d’une situation de précarité sociale et sécuritaire où ils avaient malgré tout l’initiative historique vers un état où on leur impose une prise en charge, une assistance sociale contre l’abdication de leur rôle d’acteurs historiques maîtres de leur destinée et planificateurs de leur avenir.

De nos jours les paysans des montagnes font face à une concurrence déloyale. Ils ont pour rivaux les exploitants usufruitiers des grands domaines de l’Etat qui roulent avec des moyens insoupçonnés pour les intérêts de la bureaucratie rentière, avec des économies d’échelle qu’ils ont de la peine à imaginer. Face à cette rivalité vertigineuse, la majorité des montagnards abdiquent pour rejoindre le train de la ville. Ils nomadisent sur les routes de l’exode avec des haltes plus ou moins longues dans les bourgs et les villages qui poussent comme des champignons le long des nouvelles routes menant aux villes surpeuplées qui, elles aussi saturées, évacuent leurs nouveaux essaims de jeunes sans formation vers les grandes métropoles d’Europe et d’Amérique.

Les jeunes diplômes en poche, ou la tête vide et les bras forts, partent pour l’Europe et l’Amérique, légalement dans les réseaux de l’émigration organisée ou clandestinement au risque de leur vie dans des felouques de fortune, dans la cervelle la carte postale du monde libre avec ses richesses, ses belles villes propres, ses espaces infinis, ses rêves possibles et réalisables, ses belles-filles, ses beaux garçons. Pour les vieux, fini le travail agricole, ils font la queue devant l’écrivain public, bientôt les 65 ans et la retraite de l’émigration. Écrire à madame La France et demander de se presser de verser les euros salvateurs ! autant, durant l’époque coloniale, ils étaient dans une logique de résistance, acteurs historiques dans des situations de lutte souvent inégale sur les terrains d’affrontements culturels – Ecole, santé, religion, culture - Autant aujourd’hui, les paysans se retrouvent assistés pris en charge dans une logique de démission, d’attente et d’alimentation de l’exode.

Nous n’avons plus de paysans à vrai dire, mais des ruraux et des montagnards qui font le va et vient culturel, invariablement entre la campagne et la ville. Ils nourrissent les deux espaces en semant sur les itinéraires intermédiaires des pratiques, des gestes, des comportements culturels hybrides appris des grands médias internationaux, des télévisions de l’Orient et de l’Occident. En voulant "voler comme la perdrix nous perdons la démarche de la poule" dit un adage paysan du Djurdjura.

Le calendrier agraire de Kabylie

Voilà donc ma longue introduction tirant à sa fin. Vous savez que ma préoccupation est de réhabiliter les survivances culturelles des paysans du Djurdjura avec lesquels je vis depuis une quarantaine d’années. Ma problématique est de partager avec vous une vision, celle de la difficile transition des paysans de montagne vers une modernité qu’ils perçoivent comme la mort programmée de leur déclin, la fin de leur mode de vie, l’enterrement de leurs savoir-faire ,leurs savoir-vivre, leurs particularismes, tout ce qui a fait durant des siècles leurs différences, leur identité. J’adopte le calendrier agraire des fellahs du Djurdjura comme support de mon exposé. Cette éphéméride méconnue, survivance culturelle qui nous renseigne sur les rapports du paysan à son environnement durant une année pleine, est un condensé de savoirs qui fixe les étapes, les jalons et les pratiques agricoles géorgiques correspondantes.

Il faut savoir que le paysan de Kabylie vit ses rapports au temps dans quatre calendriers :

- Le calendrier grégorien adopté officiellement par l’Etat algérien

- Le calendrier lunaire musulman qui fixe les fêtes musulmanes et les obligations religieuses de l’Etat

- Le calendrier berbère survivance du calendrier de Jules César que le pape Grégoire XIII avait rectifié en l’an 1582.

- Le calendrier agraire de Kabylie.

C’est ce dernier calendrier qui m’intéresse comme fil conducteur de mon exposé. Il comporte les traces de l’amour, des soins que des montagnards reclus dans leur durée immobile portent à des arbres, leurs oliviers, leurs figuiers, leurs frênes, à des animaux, leurs ânes , leurs chèvres, leurs moutons, leurs bovins qu’ils mènent en transhumances sur les hauts pâturages du Djurdjura. Ces femmes et ces hommes qui ont échappé partiellement aux serres du progrès uniformiste organisent leur temps selon ce vieil almanach avec lequel ils prennent de larges libertés mais dont ils redécouvrent les vertus quand les recettes de la modernité ne donnent pas les résultats supérieurs escomptés. C’est un ensemble de rituels refuges qui se tuilent pour constituer le toit protecteur contre les averses dévastatrices du progrès.

Comment exprimer la vision des paysans aujourd’hui que le pays est urbanisé dans sa quasi-totalité, en ces temps où l’on ne sait plus si c’est la campagne, la ruralité, qui a envahit la ville ou bien les avatars des valeurs citadines qui se sont installées et phagocyté le monde rural. Ce sont des survivances culturelles, des savoir-faire en voie d’extinction, des pratiques sociales d’une société en déshérence, une oasis de culture moyenâgeuse en plein 21e siècle, je mettrai la lumière sur ce qui reste après que tout ait été oublié. Presque tout. Mon exposé suivra les étapes essentielles de ce calendrier agraire de Kabylie dont je vous distribue une copie, que j’ajoute en annexe de ma contribution. Après cette longue introduction qui a situé les acteurs concernés, mon intervention se fera en trois temps:

1- La durée des préparatifs de la récolte qui s’étend du début Octobre à la mi-décembre avec les deux grands rituels d’ouverture. L’ouverture de l’année agraire par les "labours d’Adam" et le démarrage de la cueillette des olives par Timechret, le repas collectif villageois !

2- Le temps de la récolte qui s’étire sous les caprices du ciel de la mi-décembre à la fin mars, voire début avril, quand la quantité à cueillir est importante. Elle sera entrecoupée de nombreuses haltes festives, notamment par Yennayer le jour de l’an Berbère. Elle prend fin par Imensi Ou-zemmour, le diner rituel de fin de récolte. Le démarrage des moulins est fêté comme il se doit par Azounzou, un rite de dégustation des premières huiles obtenues sans pression. Les reflexes de solidarité s’expriment dans Tiwizi, un élan collectif d’entraide en faveur de ceux qui n’arrivent pas à finir leur récolte alors que la neige menacent d’emporter les arbres et les fruits !

3- Enfin la période de l’après cueillette qui prend six mois durant lesquels de nombreux travaux sont engagés dans les oliveraies selon un calendrier précis soumis à des rituels, des interdits, des pratiques qui relèvent de vieilles traditions, certaines confortées par la science agronomique d’autres contredites par le savoir moderne mais qui continuent à persister chez certains idéalistes

Rachid Oulebsir

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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 23:07

L'Expression

JOURNÉE CONTRE L'OUBLI À BÉJAÏA

Nabila Djahnine ressuscitée

Par
Nabila Djahnine ressuscitée

Le théâtre régional Malek-Bouguermouh était au rendez-vous de la journée contre l'oubli, tenue dans l'après-midi du vendredi dernier.

L'émotion, les souvenirs partagés, la convivialité et le recueillement ont marqué cette journée. Comme fut celle de l'année dernière, dédiée pour rappel à Saïd Mekbel, alias Mesmar Djeha, cette dernière a été consacrée à la mémoire de celle qui a marqué le terrain de lutte de toutes le causes justes sous toutes ses formes, Nabila Djahnine, en l'occurrence. La rencontre a débuté par une minute de silence à la mémoire de tous ceux qui sont morts pour l'Algérie démocratique et progressiste depuis 1962 à nos jours, suivie d'une conférence-débat portant sur l'historique et l'origine de l'intégrisme en Algérie, animée conjointement par Rachid Oulebsir et Fodil Mezali. Dans son intervention, l'auteur Rachid Oulebsir a fait une rétrospective pointilleuse, ponctuelle et surtout ordonnée de l'intégrisme depuis l'avènement de l'islamisme politique en Algérie. Il dira en substance que «l'intégrisme a toujours fait le lit du pouvoir en place depuis l'indépendance à nos jours. Ce dernier s'est servi de lui pour mater toutes les forces démocratiques et progressistes de l'Algérie libre et indépendante, notamment son aile de gauche, sans omettre de rappeler et de préciser que les islamistes algériens étaient les derniers à rejoindre le FLN dans sa lutte armée contre le joug colonial» avait-il déclaré avant de rappeler les dérives des décideurs à l'indépendance qui ont accueilli, comme enseignants du système éducatif, les Frères musulmans égyptiens libérés de prison par Djamel Abd El Nasser, une décision loin d'être fortuite pour le régime de Ben Bella. Un exposé fort remarquable, en somme, qui a été complété par Fodil Mezali qui a mis l'indexe sur l'échec du système éducatif depuis l'éviction de Mustapha Lacheraf qui a sauvé un tant soit peu ce système durant son règne à la tête de l'Education nationale. Après les débats, c'était autour de Basou et Mounia de gratifier les présents de quelques morceaux musicaux de haute facture. Très ému, Basou l'artiste déclare: «Ce genre de rencontres est indispensable pour que nul n'oubli les sacrifices des hommes et des femmes morts pour leurs convictions. Cette dernière chanson El Werka est comme une note d'espoir pour un avenir meilleur». La musique a cédé la place à la poésie représentée par Fatah Amrouche qui a déclamé quelques vers de ses poèmes à l'occasion. La rencontre a été clôturée par une cerise sur le gateau, une note théâtrale avec la présentation de Arfia fi samt el-leil (Arfia dans le silence de la nuit), qui relate le drame des femmes enlevées et violées dans les maquis terroristes durant la tragédie nationale qui rappelle les épreuves endurées et les destins brisés de toutes celles qui ont été victimes de la horde terroriste et son idéologie intégriste. Aussi, pour que nul n'oublie, des rencontres similaires sont plus qu'indispensables, voire même incontournables. Sinon, comment expliquer à la nouvelle génération tous les sacrifices de toute une panoplie d'artistes, de journalistes, d'écrivains, d'intellectuels clairvoyants... D'hommes et de femmes engagés tout simplement pour que vive l'Algérie libre et indépendante, démocratique et progressiste. Un projet ou plutôt un souhait que nous devons tous défendre pour que leur sacrifice ne demeure pas vain.

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 21:23

 

La confiscation des plaines des Issers aux Iflisen Umellil

Avant l'occupation Turque de la ville de Dellys en 1517-1518 par Kheir-eddine et de la ville d'Alger (1516), les Iflisen Umlil contrôlaient une partie du littoral allant de la rivière Sebaou jusqu'aux environs de Boumerdes , et les plaines de la Mitidja. Entre le Sebaou et l'Isser, il y avait 5 Aarchs sur le littoral composés de Isser el Widan, Isser Ouled Smir, Isser el Djediane, Isser Draoua et Zemoul.

Les Iflisen Umlil étaient ainsi pris en tenailles par les Turcs d'Alger et de Dellys qui progressivement vont les refouler dans le triangle qu'ils occupent aujourd'hui. Selon le témoignage de Hadj Aïssa (né vers 1795) de Tighilt Bugni (recueilli par Couvignon vers 1890), tout le triangle des Iflisen Umlil était une forêt vierge. Devant la pression turque, les Iflisen y avaient trouvés refuge.

Après la mort du Bey Mohamed en 1754, la confédération des Iflisen Umlil et celles de la caïdat de Boghni se soulevèrent contre le pouvoir turc. Le 16 juillet 1756, les Kabyles attaquent et détruisent le Bordj de Boghni, tuent le caïd Ahmed, et chassent les Turcs de cette garnison vers Alger. Le 25 août 1756, ils attaquent le Bordj de Bouira. Il a fallu trois colonnes turques, celle du chérif Agha, celle du Bey Softa de Titery, et cella du Bey de Constantine pour venir à bout de cette première insurrection initiée par les Iflisen Umlil. Une deuxième insurrection fut menée par les Iguechtoulen (At Smaïl) et At Sedka vers 1818, qui détruisent la garnison turque de Boghni (reconstruite auparavent).

En 1767, les Iflisen Umelil se mettent à nouveau en insurrection et refusent de payer l'impôt au Makhzen d'Alger. Les chefs des Iflisen Umlil étaient alors Khelif U-Buzid (amin des At Mekla), Hassan U-Rafa3 (amin des Iraf3en), Lhusin N Zamum (amin des At Amran). L'armée turque composée de 1 100 hommes (turques et goums arabes) fut anéantie.

Humilié par les Iflisen Umlil, le pacha d'Alger Mohamed ben Osman envoya l'année suivante (1768), l'armée la plus imposante qui eût encore opérée en Kabylie. Les Beys de Titery, d'Oran, et de Constantine reçurent l'ordre d'amener toutes leurs forces dans la région des Iflisen Umlil. La guerre éclata alors entre les Turcs et les Iflisen Umlil ; ce fût l'une des plus terribles guerres que cette confédération a due subir pour garder son autonomie. Ils avaient infligé une défaite désastreuse à l'envahisseur turque : 1200 Turcs et 3 000 Arabes furent tués. Son armée fut aux trois quarts décimée, et perdit les plus braves de ses guerriers, tel que l'agha El-Ourlis, le cheikh El-Arab el Hadj ben Gana, le cheikh du Bellezma Ferhat ben Ali, de la famille du caïd Cherif ben Mançour, Bel Kassem ben Merah, un des principaux chefs de la zmala et bien d'autres. Ces détails montrent bien l'importance de la défaite qu'avaient essuyée les Turcs devant les Iflisen.

Cependant Mohamed ben Osman avait fait opérer le blocus du pays des Iflisen, au moyen des postes (bordj) entourant de tous côtés leur triangle montagneux et il parvint ainsi à la réduire à la famine. Ce blocus, qui non seulement empêchait les convois de grains d'arriver dans la montagne, mais encore empêchait de cultiver les terres autre part que dans la montagne, força les Iflisen Umlil à conclure un traité de paix en 1769. Ce traité de paix a été signé par le Chef des Iflisen Umlil : Lhusin N Zamum. Il avait installé son azib au lieu qu'on appelle encore aujourd'hui "L'Azib n Zamum" (Ex. Haussonvillier actuellement Naciria). Pendant de longues années, Lhusin N Zamum sut maintenir la paix avec les Turcs et ce n'est que 25 ans après la conclusion du traité, que nous voyons de nouveau les Iflisen en insurrection.


Colonisation française

En sortant de la commune du col de Tizi N Ayt Aycha qui portait depuis le 2 janvier 1877 le nom de Menerville, pour honorer la mémoire de Charles Louis PINSON de Menerville, premier président de la Cour d’Appel d’Alger et auteur de précieux travaux sur la législation Algérienne, on apercevait à l’est, une vaste contrée qui était la plaine de l’Isser et qui formait l’entrée de la Kabylie.

Ce territoire, premièrement exploré par le Maréchal RANDON le 2 juillet 1857 fut le théâtre au lendemain de la conquête de nombreux et glorieux faits d’armes des Iflisen Umellil contre l’armée Française.

Limitée au nord par la mer Méditerranée, au sud par le premier contrefort des montagnes du petit Atlas, à l’est, par le village d’Haussonviller (Azib-Zamoun), à l’ouest par le village de Menerville. Cette plaine s’étendait à droite dès son entrée jusqu’au-delà de Souk-El-Had ; de ce village, elle suivait presque une ligne droite jusqu’à Haussonviller ; de là, elle descendait sur la mer en comprenant les terres du Aarch Iwaryacen et Asif Smir, jusqu’au Cap Djinet ; de ce point elle suivait le littoral jusqu’à Zemouri puis revenait en s’élargissant jusqu’à Menerville, en longeant la chaîne de montagne connue sous le nom de Adrar. Elle mesurait en ligne droite, de l’ouest à l’est vingt huits kilomètres, et du sud au nord dix huits kilomètres. Sa superficie totale était de 45.145 hectares.

Le nom de plaine ne pouvait s’appliquer à tout ce territoire que d’une manière relative et ne devait pas faire naître l’idée d’une vaste étendue de terre complètement plate et unie, dans une partie on y rencontrait des montagnes, des monticules, des ravins, qui généralement étaient de très bonnes terres, où la colonisation pouvait puiser de grandes ressources.

Si la plus grande partie des terres était défrichée et parfaitement cultivable ; d’important travaux d’assainissement et de défrichement furent faits sur les différents centres à pourvoir.

Cette plaine de l’Isser allait comprendre dès le début des années 1870, 7 centres de récente création, habités par des Européens, savoir :

                                    1-Souk-El-Had

                                    2-Blad-Guitoun ou Bled-Guitoun

                                    3-Zaâtra

                                    4-Zamouri ou Zemouri

                                    5-Isserville

                                    6-Bordj-Menaïel

et                                 7-Azib-Zamoun (Houssonviller)

plus 3 hameaux qui étaient :

                                    1-Ain-Refaïa

                                    2-Ain-Legatha (ces deux premiers formaient le territoire d’Isserbourg)

et                                  3-le Cap Djinet

auxquels il fallait ajouter 5 Aarchs occupés par les indigènes (Iflisen Umellil) :

                                    1-Ait-Mekla

                                    2-Chender

                                    3-Iwaryacen

                                    4-Asif-Smir

et                                 5-Isser-El-Ouidan

Plus un grand nombre de fermes généralement occupées par des Européens.

Autrefois, cette plaine n’était habitée que par des Indigènes (Iflisen Umellil), très laborieux et très industrieux, soumis d’abord aux Romains, puis ensuite par les Turcs ; souvent tourmentés par les invasions nomades (Beni Hedjres, Beni Jaad…), qui jaloux de leurs richesses territoriales, venaient piller et enlever leurs récoltes, ainsi que leurs bestiaux, après avoir mis tout à feu et à sang.

Depuis 1870, cette plaine fut entièrement livrée à la colonisation, à l’exception de quelques douars encore habités par des Indigènes.

Mais bien avant cette date, les soldats du génie avaient aménagé dans cette région de l’est d’Alger, une piste de terre battue afin de relier la capitale à Dellys. Tout au long de ce grand chemin, pour assurer la sécurité du roulage, la troupe bivouaquait au bord des rivières ou à proximité des sources.

Ce fut d’ailleurs du camp militaire de Kara Mustapha, situé au bord de l’Asif Boudouaou, que naîtra véritablement le premier centre de peuplement de la région, qui prendra le nom de l’Alma (après la victoire des troupes Franco-anglaises sur les Russes pendant la guerre de Crimée, sur le Fleuve Alma en 1854). Créée le 21 août 1861, cette commune comptait, un camp militaire, un village, des fermes et de vastes territoires fréquentés par des bêtes sauvages telles que les hyènes, panthères et chacals, qui servaient de terrains de chasse et de pâturages pour les nomades.

De 1860 à 1870, d’anciens soldats qui avaient fait venir leur famille, s’installèrent dans les parages et tinrent dans des gourbis, construits aux abords des camps et des bivouacs, des débits de comestibles vins et liqueurs ; ainsi au col des Tizi n Ait-Aïcha, c’est le sieur Paul JUST qui fut autorisé à établir une auberge, tandis qu’au bivouac de Blad-Guitoun, c’est un nommé CHAIX qui tint auberge. Ensuite, l’arrivée des Alsaciens et des Lorrains aidant, l’émigration s’intensifia.

Le séquestre général fut opéré aussitôt après l’insurrection de 1871 par Mr L’amiral de GUEYDON, qui connaissait toutes les ressources et les nombreux intérêts que présentait ce pays, et qui voulut le peupler d’Européens.

Le général CHANZY, lors de sa nomination de gouverneur général, vient visiter la plaine de l’Isser et ratifia le grand travail de son prédécesseur.

Au mois de mars 1872, les premiers colons prirent aussi possession des concessions de Bled-Guitoun (pays des tentes), le premier village créé, puis insensiblement les autres centres furent distribués.

La population totale de la plaine fut alors, à cette époque, de 3584 Européens et 7621 Indigènes.

Au tout début de la colonisation, la plaine de l’Isser était divisée en trois circonscriptions municipales, deux communes de plein exercice, qui avaient chacune un maire, des adjoints et un conseil municipal, (Bled-Guitoun et Bordj-Ménaïel) et une commune mixte ou Indigène, administrée par un commissaire civil, des adjoints européens et des présidents ou adjoints Indigènes de l’Isser.

La commune de Bled-Guitoun du ressort de la Préfecture d’Alger comprenait alors les villages de Zaâtra, Zemouri (depuis 1875), les deux hameaux d’Isserbourg, les fermes et le territoire des Issers-El-Ouidan. La population comptait 773 Européens et 3877 Indigènes ; sa superficie totale était de 11.841 hectares 12 ares 35 centiares.

Celle de Bordj-Ménaïel du ressort de la Sous-Préfecture de Tizi-Ouzou réunissait le village d’Isserville et le douar de Beni-Mekla. Sa population était de 1031 Européens et 3915 Indigènes, sa superficie totale de 12.885 hectares.

Enfin, la commune mixte ou Indigène de l’Isser, à laquelle se rattachaient les villages de Haussonviller, Kouanin, Bois-Sacré, le hameau du Cap Djinet et les douars de Bou-Berak, Ain-Mouder, Ouled-Smir, Raicha Rouafa …était également du ressort de la Sous-Préfecture de Tizi-Ouzou, d’une superficie de 45.991 hectares ; elle totalisait pour une population européenne de 578 habitants et 32 388 Indigènes.

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 21:50

L'Expression

 

IL Y A 51 ANS, LES ACCORDS D'EVIAN

Où en sommes nous avec la France?

Par

 

La délégation algérienne aux négociations d'Evian

La délégation algérienne aux négociations d'Evian

Pour les historiens, ces accords ont été un compromis historique entre deux peuples.

 

Il y a 51 ans, le 19 mars 1962, l'Algérie naissante et la France coloniale avaient fait la paix en signant les accords d'Evian. Ces accords mettent fin officiellement à sept années et cinq mois de guerre pour laquelle la France a déployé environ 400.000 hommes et durant laquelle 1,5 million d'Algériens ont perdu la vie et des millions d'autres de blessés et de déplacés.
La signature de ces accords a conduit à l'indépendance du pays, le 5 juillet 1962. Pour les historiens, ces accords ont été un compromis historique entre deux peuples. Ils avaient scellé définitivement le sort, 132 ans de colonisation, à la faveur d'un référendum d'autodétermination consacrant l'intégrité territoriale, l'unité du peuple algérien et l'indépendance totale du pays. 51 ans après, un long chemin a été parcouru par l'Algérie indépendante, qui, dans bien des domaines tâtonne, trébuche, mais avance sur le chemin escarpé de l'histoire. 51 ans après la question de la mémoire n'a pas été complètement assainie entre les deux pays dont les relations sont souvent tourmentées.
Le débat sur la mémoire a ressurgi de plus belle à l'occasion de la visite en décembre dernier, du président français Hollande à Alger. M.Hollande a prôné «la vérité, ce qu'est l'histoire», a promis le président français. Dans son discours prononcé devant les élus algériens au Club des Pins, il a soigneusement pesé ses mots. Il a reconnu solennellement les «souffrances que la colonisation française» - un «système profondément injuste et brutal» - a infligées au peuple algérien. C'est ainsi que les deux pays ont décidé d'ouvrir une nouvelle page laissant l'appréciation de l'histoire aux spécialistes, mais il ne s'agit nullement de partager ou d'adhérer à l'idée fatale de l'amnésie. Cela étant, le 19 mars est perçu différemment d'un côté comme de l'autre.
Si en France, cette date est consacrée, depuis novembre 2012, comme une Journée nationale du souvenir «des victimes civiles et militaires de la Guerre d'Algérie», en Algérie, en revanche, elle est célébrée, timidement, comme journée de la victoire. Oui timidement, car 51 ans plus tard, c'est tout juste si cette date est évoquée dans les manuels scolaires algériens. La journée du 19 mars n'est pas fériée, elle n'est pas une fête nationale. Pourtant, c'était le jour où l'Algérie venait d'arracher une victoire ayant consacré les principes énoncés dans la Déclaration du 1er Novembre 1954. C'est ainsi que l'on a considéré que ces Accords n'étaient pas seulement un moyen de mettre un terme à une guerre extrêmement dure de plus de sept ans, mais aussi, il s'agissait d'une occasion pour montrer d'une façon éclatante que l'Algérie était devenue adulte en traitant d'égal à égal, avec la 5e puissance coloniale dans le monde. Avons-nous fait une halte, un bilan du chemin parcouru 51 ans plus tard? Libérés du joug colonial, les Algériens ne partaient pas seulement à la recherche d'une prospérité, mais d'une identité anéantie par les différents colonisateurs qui se sont succédé en Algérie depuis des millénaires.
Le développement de l'Algérie se voulait alors comme une renaissance, une rédemption et une rectification puisque le passé, tout aussi glorieux, a montré qu'il recelait des ferments d'échec. Echec oui, le mot revient avec insistance à chaque fois que l'Algérie se tourne vers son histoire chargée. Question: Où en sommes-nous avec la France? Doit-on aujourd'hui penser à l'Algérie avec ou contre cette même France?
Le dilemme est toujours posé. La génération de la guerre, celle qui a libéré le pays, celle qui a détruit le colonialisme et qui lui a survécu, n'a cédé que très peu de place à la génération de l'après-indépendance.
Erreur fatale qui a coûté cher au pays. Le conflit de générations a fait et fait encore des ravages à tous les niveaux de responsabilité.

 

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Poème en hommage à Krim Belkacem des  At yahia Musa



Il a avait été lâchement assassiné par le pouvoir arabo-islamiste d’Alger dans les années 70 à Frankfort.

 

am ass-a tidet ad tban
wi’iggenɣan Aban
zdat-ek ay izem aɣilas
 
imcumen am-mizerman
bbwin-k s laman
glan yissek a bu tissas
 
atmaten-ik segm’ay slan
teɣliḍ di lexzan
ḥsan tifrat d layas
 
snen-k iflisen aken llan
ay ucbiḥ ṛebban
widak ijebden ṛsas
 
nek d Belaïd i-yi inan
d kečč i-tt-id ibdan
si Maɛmeṛ almi d Beqqas
 
yettru imeṭṭi akiwan
f Gahlez mi-t nɣan
tassebḥit s waḥlalas
 
yettgala s ɛabd Ṛaḥman
umɣaṛ agi n zman
kečč d uGahluz am tarwas
 
yuɣal ur ifeṛez asennan
mi-k nɣan di llalman
di Tquṛabt izga kul ass

 

 

 

El-Watan _Edition du 19 octobre 2005
Krim Belkacem
Victime du terrorisme d’Etat
Il y a 35 ans, Krim Belkacem, le révolutionnaire de la première heure, le dirigeant de la lutte armée pour l’indépendance, le négociateur en chef et signataire des accords d’Evian, le militant pour la démocratie, a été découvert étranglé, un mardi 20 octobre 1970 dans une chambre de l’hôtel Continental à Francfort.

Un crime d’Etat à l’encontre d’un héros de l’histoire contemporaine de l’Algérie, commandité par le pouvoir et exécuté par des agents de service, indifférents à l’illégalité des missions qui leur sont confiées sous la stupeur d’une opinion publique tétanisée et le silence des nations dites civilisées. Ce « faux pas », commis dans le contexte de l’Algérie du conseil de la révolution pour le redressement national, représente le symbole de l’élimination physique des opposants par un régime érigeant la répression en système de gouvernement. Il est également le symbole de l’usage de la raison d’Etat pour couvrir les auteurs du crime et faire obstacle à la manifestation de la vérité, établir les responsabilités et désigner les coupables. Un crime ne saurait être couvert par une autorité quelconque. Un crime a des auteurs et des complices, de même que l’on rend compte d’un crime à la justice et non à un service.

 

 

 

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 19:55

DDK

 

Ɣer tezrigin Tira

“Ahya Ssimra !” n Noufel Bouzeboudja

 

“.. ad d-niɣ belli amud-a i yura Nufel yukla ad t-iɣer yal yiwen d yal yiwet, imi d aẓru nniḍen i d-yernan ɣer lebni n tullist taqbaylit, seg wasmi yessers Belɛid At Ɛli lssas amezwaru i tewsit-a...”

 

Aɛmer Lɛufi

 

 

“.. ad d-niɣ belli amud-a i yura Nufel yukla ad t-iɣer yal yiwen d yal yiwet, imi d aẓru nniḍen i d-yernan ɣer lebni n tullist taqbaylit, seg wasmi yessers Belɛid At Ɛli lssas amezwaru i tewsit-a...”

 

Aɛmer Lɛufi

 

Amyaru

Ilul deg useggas 1981 deg Iflisen Umellil (Tizi Ɣennif). Ngum ad yinig ɣer Sbanya anda yesɣer tutlayin(taɛrabt akked tefransist), yella d aselmad n teglizit di tesdawit Mouloud Mammeri deg Tizi Wezzu. Sreg 2010 ar ass-a yettidir di Tmurt n Danemark. Iqeddec d tesdawiyin, iɣerbazen akked timkerḍitin ɣef tsekla n Tefriqt Ugafa akked tilleli n wawal.

 

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Tameṭṭut n Leqbayel

 

 

Lemmer d lecɣal n rray d ttedbir i yettarran bunadem d argaz, tili amur ameqqran deg Leqbayel yessefk d nutni ara yelsen icwawen, ad ǧǧen iberniyas i tulawin-nsen

Aṭas n wid iheddren, inesxen lektub ɣef tmeṭṭut d lḥala n Leqbayel, nutni ur ssinen acu ɣef llan, wala fehmen ṭṭbiεa n lejdud-nsen, yettwassnen seg wasmi d-texleq yemma-s n ddunit. Гret, steqsit, sani terram, anda tewḍem ad tafem awal yiwen : d ayen yenna umezwaru i yenna uneggaru. Гef wawal-nsen, ɣef wakken i yasen-tefka tmussni-nsen «tameṭṭut ɣer Leqbayel ur teswi, ur terri ; argaz yeḥseb-itt am nettat am zzayla, ur aken-εniɣ ; ad tt-yaɣ, ad tt-yezzenz am wakken ara yaɣ, yezzenz taɣaṭ neɣ tafunast deg ssuq. Deg uxxam ur tesεi rray ula deg ucemma ; kra ara yili mazal-itt meẓẓiyet, deg-s cwiṭ n lmenfiεa, atan iban; asmi meqret, tekcem-itt tewser, ad tt-εezlen ɣer rrif, ad tt-deqren am nettat, am uqecwal iqersen». Aya yakk d lekteb. Nekni yessnen akken tella lḥala n Leqbayel, ifehmen, yeẓran acu yellan deg wul n Uzwawi, nezmer ad neggal ur nḥennet belli ulac i yeεzizen ɣer Uqbayli am tmeṭṭut-is, εlaxaṭer yeẓra bla nettat ddunit-is tefreɣ, axxam din ur yelli. Kra n lbaḍna d rray yellan, teεlem yes-s tmeṭṭut. Yak d Igawawen i yas-yeqqaren : «Ulac i yuεren, i nettagad am lehḍur n tsumta». Meẓẓi meqqer, ɣur-sen, yiwen ur yettuqam lḥaǧa mebla ccwer n uxxam-is. Lemmer d lecɣal n rray d ttedbir i yettarran bunadem d argaz, tili amur ameqqran deg Leqbayel yessefk d nutni ara yelsen icwawen, ad ǧǧen iberniyas i tulawin-nsen εlaxater, ɣef wakken nessen neẓra teddun lecɣal, d rray-nsent i ixeddmen. Kullec ɣef ufus-nsent, ula ma ur heddrent ara deg tejmuyaε akked leswaq, d lehḍur-nsent i iḍerrun, d rray-nsent i ixeddmen s ddaw ufus ; aqerru n uxxam d tameṭṭut, am wakken i yas-qqaren : «Axxam bla tameṭṭut am lebḥer mebla lḥut». Meḥsub d lḥaǧa ur nekkmil ara.

Si Ɛmer ben Sɛid Bulif

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Mohamed Rougie

“Azul n udrar n Dhar Ubaran i udrar n Jerǧer”

 

 

Mohamed Rougie d amedyaz amaziɣ si tmurt n Rrif( Lmaruk). Tamedyazt-ines d tamḥadit. Illul deg aseggas 1977 di « Temsamane » akal anda i d- yella trad n Anwal akked d win n Dhar Ubaran anda irrifiyen rẓan tiserdest tasbanyulit. Mohamed Rougie nnig tamedyazt –ines , yella d amdan n talwit yesazalen iguma n tayri deg isefra-ines. Leslaḥ s wacu yettaqazem Mohamed Rougie lehlak iḥuzen timeti, yetteceliḥen deg idles amaziɣ d imru ines akked d awalen- is. Awalen-is yeččuren d timedyazt. Mohamed yefka azal meqran i timsal yettrabin ixef am tayri n talwit, leḥmala n ugama, tilleli., tawaculut . Yegga azal i tawacult acku yettwali-tt d netta-t i d-lsas ɣef acu tettsenid timeti. Mohamed yattaru di snat n tutalayin : tarifit( tamaziɣt n Rrif) akked tafransist. S tumert meqran id yuzen awalen-is i yimeɣriyen n uɣmis n imaziɣen.

Tabrat-inu

Deg-s awal

S wur d acemrar

I kečč ay amdakel

I kečč a tawamet

I kečč a mmis n udrar

 

Tettaruḍ s tmaziɣt ( tarrifit) akked tefransist , amek yettili ufran n tutlayt di lawan n tira ?

Tira ur telli ara d aqaṣer. Tira d tugra n yiman ɣer ugni n umenuɣ. Di tillawt ur smenyafeɣ-ara tutlayt ɣef tayeḍ. Tarifit d tutlayt-iw tamezwarut, yis i ttemesawaleɣ akked d atmaten-iw imaziɣen . Ttaruɣ yis akken ad tidir wa tuɣal am netta-t am tutlayin nniḍen d tutlayt n taywalt( communication). S tirifit ṣawaḍeɣ i yimeɣriyen-iw iḥulfan-iw ama d lferḥ neɣ d leḥzen, d taḍṣa neɣ d imeṭṭi. S tewzel n wawal,s trifit ttalseɣ-d i tikta iceɣben ixef-iw s umata. Tafransist d tutlayt s wacu teɛradeɣ ad cebheɣ tidmi n tmaziɣt akken ad tḥaz talsa i meṛṛa. Di tillawt ulac amgared ger tutlayin imi yal yiwen yesɛa azref akken ad yaru s tutlayt i-iḥamel.

 

Awal-inu

Deg-s tanwact n tafsut

Deg-s anebdu

Deg-s tafukt

Nekk akked kečč

A tawmat inu

Anwi idlsen id tezrargeḍ ɣer tura u d acu i d- isentel n yal yiwen ?

Deffir amud n isefra-inu « lehmali n isefra- les rafales de la poésie » ɣer tizrigin « oasis des artistes », rniɣ-d « ddew nhati- au rythme des souffles » ɣer tizrigin « mon petit éditeur ». Anagaru i d- yefɣen d win umu semmeɣ « rwayaḥ n temdyazt- les fragrances de la poésie ». Targit iyi -zedɣen tagara-agi d asezrireg n wamud n isefra s trifit. Ma yalla , ar tura, ur d sufeɣ ara s tmaziɣt tella sebba. Ttemjadaleɣ akked ṛṛay-iw u ttnadiɣ anwa abrid ilaqen , anwa udem ilaqen akken ad nawi amaynut i uɣanib n tira s tmaziɣt . Ttnadiɣ ɣef umaynut, acku ayen yakk i d- yettnulfun s trifit yekcem deg yiwen lqaleb, yeglugel. Nekk bɣiɣ ad rẓeɣ asalu ɣer wayen nniḍen. Ilaq ad neffeɣ deg iberden n tanumi akken ad nexleq amaynut. Deg isefra-inu s triffit, ttnadiɣ isental iceɣben talsa akked d umdan s umata : tayri,tadukli, tudert, lmut, timadit tamaziɣt, akked tameṭut. Liḥala n tmaṭut iceɣeb-iyi aṭas ,acku deg timeti-neɣ tettweɛzel, yettwakes-as uzref, rran aqarif ɣef izerfan-is.Neẓra yakk belli d tmaṭut i d-tasarut n tanfalit. D netta-t id aɣerbaz amenzu i yal yiwen seg-nneɣ. D netta-t id aɣ- yeslemden tikli. Deg tamdyazt xedmeɣ rriɣ-as tisemɣert i tuklal.

Tudert d taqudbdat

Ay amdakel

A tawmat siwel

Axmi ɛamer-as

A tawmet inu

Ur neqqim

ɣer ij n wanḍu

axmi ɛamer-as

wer neswi seg yij n wanu

Amek tella tamedyazt tarifit, anwi i d-imedyazen itt-iɛeban deg abrid n unerni ines ?

Di tillawt tamedyazt tarifit tufrared akken ilaq deg isaggasen n tmanyin(80) s demma n umedyaz Saɛid El Musawi. Isefra-ines aṭas n icenayen iten-yecnan am tarbeɛt « itran », El Walid Mimun. Tamdyazt-is thuz ixfawen-nneɣ s imeslayen-is yeččuren d sser akked lmeɛna. Amedya asefru-ines « necrin ssa- aqleɣ-da ». Di, lǧera-s, aṭas n imedyazen i d yernan, ḍefren abrid-agi n tanfalit id yewwi Saɛid am « Mayasa Rachida » yezdin di tmedyazt-is snat n tutlayin : taqbaylit akked tarifit. Yella diɣ « Amnus Ḥarfuf » , « Lhanis ». Ass-a tamedyazt tarifit tufrar s tuget n imedyazen akked tmadyazin id as yellan d lmendad.

axmi ɛamra-as

ay amdakel

wer neqqim deg tiri unebdu

sad it-tecubeḍ n wartu

Amek tella liḥala n tizlit tarifit ?

Mi ara d nemeslay ɣer ccna n rrif ulamek ur d nettebder ara « El Walid Mimun ». D acenay-agi i -irefden senjaq n ccna amaziɣ atrar di rrif. D netta id-as yerẓan asalu. Ur nettu ara diɣ acenay Allal , Ayawen, terbaɛt « Itran », d waṭas nniḍen yefken lemqud i tizlit tartrart n rrif.

Moḥand Amɣar d tanfust, d aṣaḍ di Rrif. Yezmer ad yili usaru ara d yelsen n ugarawli –agi ameqran?

Mulay Muḥend amɣar ( Ɛebd El Krim Xatabi) d yiwen uzamul n tilleli, n timunent n yegduden n ddunit meṛṛa. Deg akken ccan-is meqqer ula d Che Guevara yezdew ɣef tikta-s tigrawliyin. Maca di tmurt-is ( Rrif- Lmaruk, tamazɣa) isem-is muggad. Kra n yemdanen ttkukrun ad bedren isem-is. Xas ulama akka yemmut, lexyal-is yeshab-iten. Ilaq asaru ad yewwin ɣef waṣaḍ-agi n timuzɣa akken tizumelt-ines ad ttesmendig tirget n tirugza deg ulawen n yal amaziɣ anda ma yella. Akken ibɣu nniɣ-d ɣef Mulay Muḥend, awalen-iw meẓẓiyi-t zdat n temɣert akked ccan yekseb deg ulawen n yal amaziɣ di Rrif neɣ di tamazɣa wakali.

Amek yezmer ad yilli umṣaweḍ ger imusnawen Iqbayliyen akked Irifiyen ?

I tazwara ilaq ad inniɣ ulac umgared ger tarrifit aked teqbaylit. Snat n tutlayin -agi d takniwin. Ttemcabin-t aṭas.. s tanumi yal yiwen yezmer ad yezgi tutlatyin -agi. Nekk asen -inniɣ i watma iqbayliyen ḥamleɣ-ten aṭas aṭas. Idles aqbayli d idles inu am netta am tarifit. Mi ttmeslayeɣ akked leqbayel , ttafeɣ iman-iw . Awal yettezririg ger-nneɣ s shala. Ayen ala ? Nekni nesɛa adrar n Dhar Ubaran kunwi tesɛam adrar n Jerjer. Idurar-nneɣ yiwen-nsen. Adar d ixef-nneɣ. Azul-iw i ccna n teqbaylit yeggan abrid i tmaziɣt akken ad tuɣal d tutlayt n taywalt akked tmusni d tusna.

tayri ɣer –nneɣ ma ur teqqim

niɣ tenɣi-ḍ-tt, yeffeɣ ixef-is s

adrim ?

Ait Slimane Hamid

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I lmend n wass agraɣlan n tmeṭṭut

Timezikkent n leḥirfat ufus

 

Tessudsed texxamet n lhirfat ufus, d lehirfat tiqburin n lwilaya n Titi wezzu s lemɛawna n lwekala taɣenawt n ureṭṭal amecṭuḥ, d lewkalat niven yettukelfen s lemɛawna n yilmeéyen , yiwet n temzikkent deg usalay n Tizi wezzu, anda ttikkint wazal n 50 n tlawin I d-yusan si yal tamadṭ n tmurt n leqbayel iwakken ad d-senaεtent leḥirfat yemgaraden deg-i I qedcent, ama d azeṭṭa ama d afexxar , d teqendyar n leqbayel, s ittwasnent tlawin iεeééugen d iwaviyen d lejihat niven, ayen yeṭṭfen lwelha deg tmezikkent-agi, d asenulfu I yeooan taqendurt n leqbayel ad sukkes amkan_is gar iselsa imaynut ɣef I yeṭṭuqet usuter di lawan n unebdu. Timzikkent-agi I d-yusan I usfuggel n wass agraɣlan n tmeṭṭut I d-yettuɣalen deg ass n 8 meɣres seg yal aseggas, tmeyyez-it tirza iṭṭuqten n tlawin ɣer usalay anda d-tella yiwet n temlilit meqqren gar- asent, d tagnit I umbeddel n tektiwin, yal yiwet deg uḥric deg I tettuxeûeû, ladɣa imi tameṭṭut ass-a teôza asalu tesawev ad tger iqudimen di tmetti deg I tettidir, imi ad t-id-naf tekcem ula di leḥirfat I ixeddem urgaz, ama d lfeṭṭa neɣ lḥelfa d wayen niven, si lejiha-s mass ɛebd lekrim Belqasem imkellef n texxamt n tejara, yenna-d d akken tilawin I iqdcen deg uḥric n lxudma n tzarbay sfaydint-d s yiwen wass n ukewwen deg sensu n Balwa, anda I d ḥefvent udmawen imaynuten n uzeṭṭa n tzarbit, iwakken ad d-tekcem leḥirfa –agi deg usnerni n tdamsa n tmurt sya d afella , ass –agi n ukewwen ɣef leḥsab n yimvebbren taɛna temsalt yusa-d imi yeṭuqet ucetki sɣur iḥirafiyen imi ssleɛa-nsen tettɣimi ur tettnuz ara s sseba n lexûas n leswaq di tmurt n leqbayel, ɣef aya ilaq ad d-afen leswaq niven akken sselɛa n iḥirafiyen-agi ad tenz.

 

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Tameṭṭut di tmetti

D taɣawsa n tuzzuft neɣ d amdan ?

 

 

Ar wass-a d wussan, aṭas n yimdanen i yebɣu yili uswir-nsen d aggagen(intellectuels) neɣ d menwala-ten, ttwalin tameṭṭut d nettat i yezgan tettili d timentilt n waṭas n wuguren di tmetti. Tamuɣli-ya tsaɣ s waṭas ladɣa di tmura ideg mazal tudert tansayt teckenṭeḍ deg yijufar n tatrara war ma tejla. Timura n Tmazɣa d tid n Waεraben d amedya ɣef tmettiyin-a tansayin ideg tameṭṭut jlan yizerfan-is; nettat tezga anamek-is d taɣawsa n zzhu d tuzzuft, d ttawil n tarrawt akked usefrurex, d taklit i iqeddcen mebla εeyyu. Taswiεin mi ara teεreḍ ad tefsi i yiman-is leqyud n uẓayer (statut) iɣer turez, wiyaḍ ttwalin-tt d amihi(danger), d ugur i tmetti; acku s cbaḥa-s tezmer ad texdem “lfitna”: ad tesseɣwu argaz ur nuklal, ad texlu lǧib-is, ma yeḍḥa-d yeεceq deg-s nettat ad as-tent-tesserwu ad t-tezzuɣer arma d taggara ad t-teǧǧ, syin akkin netta ad yemxel, ad yedderwec. Wi yebɣan lqid n lebda i tmeṭṭut, ttawin-d tiktiwin-nsen seg tesreḍt akked uslugen n wazalen(système de valeurs) n tmetti tansayt. Tameṭṭut mtafaqent fell-as akk tesreḍin tiyenrebbitin(religions monothéistes) dakken seg wasmi yakan i tebda ddunit d nettat i d sseba n ddnub. D nettat i yellan d sseba segmi i aɣ-d-yesseẓeε Rebbi seg lǧennet asmi akken Ḥewwa (tameṭṭut tamezwarut) tuɣ awal n Cciṭan, tewwet armi tḥettem ɣef Adem akken ad yečč seg ttejra n lfakya iɣef ten-iwessa Rebbi i ten-id-ixelqen. D ta i d sseba i yes-s ten-id-yessufeɣ Rebbi seg lǧennet ɣer lqaεa. Ilmend n tedyant-a, at tesreḍt ttwalin ṛṛay n tmeṭṭut diri-t, ur ilaq ara ad t-yeddem yiwen imi yettawi ɣer ucruf, ɣer lexsara, tamuɣli-a teẓḍa ula deg wansayen, d amedya di tmetti taqbaylit taqburt, argaz d lεib fell-as ad tḍebber fell-as tmeṭṭut. Yella wayen yugaren aya: at tesreḍt, d amedya lfuqaha n yimselmen ttwalin tameṭṭut ur zeddiget ara acku tesεa idammen-nni i as-d-yettasen yal aggur, ɣef waya ur testahel ara ad teṭṭef kra n umkan unnig neɣ aεlayan di tmetti. Σlaḥsab-nsen, tameṭṭut ilaq ad teqqim deg uxxam-is, ad tili d talaba n urgaz-is, ma teffeɣ ad teṣṣer iman-is, ad teffer kra n uferdis di tfekka-s i izemren ad yecεel acayaḍ n urgaz aberrani. Ɣur-sen tameṭṭut ma tekkes leḥjab, tefsi leqyud ad d-tawi lada, imi acḥal d yiwen i yemxellen s sseba-s. Di tazwara ad t-id-tesseɣwu, ad as-tesseεǧeb iman-is, asmi ara d-yeɣli deg-s ad tt-iḥemmel imir-n nettat ad tjebbed iman-is fell-as, ad tettferriǧ deg-s ɣef libεid amek ara yettembiwil, amek ara yuɣal d amexlul mebla ma teḥṣa neɣ tecleε seg lemḍeṛṛa iɣef tella d sseba. Acḥal d yiwen i d-tesseɣwa tmeṭṭut di taggara yuɣal d asekṛan neɣ yeṭṭafar lehyuf akken ad yettu, llan seg-sen ula d wid yenɣan iman-nsen.

Netta di lḥaqiqa, yir tignatin-a i d-nebder uwsawen, mačči d tameṭṭut i d sseba-nsent, maca d aẓayer-nni i as-yettunefken di tmetti. Di tazwara yella d meḥyaf d temḥeqṛanit i iḥuzan tameṭṭut iman-is kan, armi yuɣal yuɣ ula d irgazen ladɣa wid i d-yetturebban s usegmi ansay i yetteẓẓun deg wallaɣen yir tikta ɣef tlawin. Limer ur semxalfen ara ger tmeṭṭut d urgaz, tili kra n wugur ur yettili. Tameṭṭut d amdan, argaz daɣen akken ! Ulac acu i ten-yessemgarden : akken i tecbeḥ tmeṭṭut i yecbeḥ urgaz, akken i as-tεeǧǧeb tmeṭṭut i urgaz, i as-iεeǧǧeb urgaz i tmeṭṭut, akken i iḥemmel urgaz tilelli, i tt-tḥemmel daɣen tmeṭṭut,…Ahat yella kra n umgired gar-asen di tuddsa tabyulujit n yal yiwen, imi awtem yezga tafekka-s teqwa, iɣesseb mi ara t-id-tass ccehwa n tuzzuft, ma d tawtemt ur teǧhid ara akken yeǧhed wewtem, yerna ccehwa-s tettεeṭṭil di tazwara ma teḥma tettuɣal d times. Aṭas i yenwan d argaz kan i iḥemmlen tuget n wassaɣen n tuzzuft, netta ula d tilawin daɣen akken, acu kan ma tella tayri d nettat kan i izemren ad tẓeṭ leqniεa gar-asen. Mačči s useḥjeb d usebrek n tmeṭṭut ara yeḍmen urgaz ṣṣfa n leḥlal-is maca s tayri.

Limer di twacult yettuneḥsaben d nettat i d abelkim(noyau) n tmetti, ur ssemgiriden ara ger warrac d teqcicin, limer tisudwin-nniḍen n tmetti yecban iɣerbazen d tesdawiyin ur ferrqen ara ger yilmeẓyen d telmeẓyin, tili ur d-ttilin ara wuguren iɣef d-nemmeslay uqbel. Acku tterrbiya-nni taqesḥant i iferrqen ger uqcic d teqcict mi ara ilin d imeẓyanen, tettuɣal-asen d ugur mi ara umɣuren. Ttekken-d seg-s waṭas n wuṭṭanen n tnefsit i yettḥazen ama d tilawin ama d irgazen. Aṭas seg warrac i d-yetturebban s lḥeṛṣ, skerhen-asen yimawlan-nsen tiqcicin armi i uɣalen uḍnen mi meqqrit, seg-sen llan wid yetεeddan ɣef lḥeṛma n yimecṭaḥ, llan wid i ineqqen tilawin,…

Seg tlufa akk yeḍṛan, imusnawen n tnefsit seg tuget n liḥalat, ufan-d belli win akken yuɣalen d aqettal n tlawin neɣ d apidufil(win yetεeddayen ɣef lḥerma n yimecṭaḥ), sseba n waṭṭan-is d lḥeṛs-nni ideg d-yetturebba asmi meẓẓi, yetturebba-d di twacult anda ulac taywalt yerna yettwagdel fell-as ad yaẓ ɣer teqcicin imi skerhen-as-tent, armi yuɣal limer yufi ad tent-yessenger akken ma llant. Neɣ taswiεin, llan wid i d-yetturebban ɣef tiktiwin n tesreḍt ideg assaɣen n tuzzuft d leḥram, imdanen i d-yetturebban s tiktiwin-a, kra seg-sen seg wakken ṭṭfen tanefsit-nsen, yettuɣal-asen d timexlelt mi ara as-d-brun, imir-n ttmilen ɣer ccwal d reffu, ayen i ten-yeǧǧan tεeddayen ɣef lḥerma n tlawin neɣ taswiɛin tɛeddayen ula ɣef lḥerma n lwacul imecṭaḥ. Limer ad tili tigda ger urgaz d tmeṭṭut di yal taɣawsa n tudert, ur d-yettili ara gar-asen umgired neɣ kra n wugur, imi d argaz neɣ d tameṭṭut d imdanen i llan i sin, akken yella win i tella tin. Akken llan yirgazen n lεali i llant tlawin n lεali, akken llan yirgazen n diri i llant tlawin n diri. Aṭas n tmura ladɣa tid n Lurupa ideg tameṭṭut d urgaz yesseεdel-iten usaḍuf(lqanun) akked wansayen, seg wakken ttilint kra n liḥalat n utεeddi n urgaz ɣef tmeṭṭut di tmura-ya, acu kan drus ma nesserwes-itent ɣer wayen iḍerrun di tmettiyin tansayin yecban tin-nneɣ, yerna di tmura-ya llan aṭas n yimussuyen i yettnaɣen ilmend n uḥuddu n tmeṭṭut d tukci n yizerfan-is. D imussuyen yecban wi i ilaq ad ggten di tmettiyin tansayin yecban timura n Tmazɣa akked tid n Waεraben akken ad sneqsen seg tṭurfit n urgaz zdat n tmeṭṭut, tiṭurfit-a aɣbalu-s d aslugen n wazalen d wansayen akked tesreḍt, tisudwin-a daɣen ilaq ad asent-iger yiwen azalen n tɣerma d tugdut akked tatrara d wazalen alsanen(valeurs humaines) s umata. S wakka kan i nezmer ad nseggem aẓayer n tmeṭṭut i yuklalen amkan unnig di tmetti imi d nettat i d yemmat-neɣ, daɣen d leεmeṛ-nneɣ.

Mokrane Chikhi

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 21:15

El Watan

Le Café littéraire de Bejaia soutient une démarche auprès de l’UNESCO pour sauver la maison des Amrouche

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le 14.03.13 |

N’ayant pas eu gain de cause quant au classement de la maison des Amrouche comme patrimoine national , l’association culturelle Taos et Jean Amrouche ont eu recours à l’UNESCO dans l’espoir de sauver cette maison qui aujourd’hui est occupée par un particulier.

La requête de l’association a été déposée le 18 février dernier après plusieurs appels et demandes auprès du Wali pour inscrire la maison des Amrouche au patrimoine national ,en vain.

Aujourd'hui l'association est en attente d’une réponse. Le 7 mars 2013, le Café littéraire de Bejaia ,lui publie un communiqué dans lequel il déclare son soutien pour cette démarche.

«Le temps presse, surtout lorsqu’on sait qu’une partie de cette même maison a été démolie au mois de juillet 2012 pour construire une surélévation avec dallage, faisant perdre à l’habitation ancestrale des Amrouche son aspect architectural originel », poursuit-on dans le communiqué.

 

CAFE LITTERAIRE DE BEJAIA

L’UNESCO A LA RESCOUSSE DES AMROUCHE

Après que la pressante demande de classement de la maison des Amrouche d’Ighil-Ali (occupée par un particulier) comme patrimoine culturel national, tel que le stipule la loi de 1998, eut connu une fin de non recevoir sournoisement signifiée par le wali de Bejaïa et le ministère de la Culture, l’association culturelle Taos et Jean Amrouche décida de remettre ce même dossier, en date du 18 février 2013, à la représentation de l’Unesco d’Alger qui, à son tour, le transmettra à Paris, au siège de cette organisation internationale.

Le café littéraire de Bejaïa appuie cette démarche, espérant que le plaidoyer de cette association puisse rencontrer enfin un écho favorable. Le temps presse, surtout lorsqu’on sait qu’une partie de cette même maison a été démolie au mois de juillet 2012 pour construire une surélévation avec dallage, faisant perdre à l’habitation ancestrale des Amrouche son aspect architectural originel.

L’aggravation de cette situation n’aurait certainement pas pris une mauvaise tournure si la société civile s’était massivement mobilisée en écho aux appels de l’association. Ni nos poètes, ni nos écrivains, encore moins nos artistes, n’ont eu à afficher une réelle volonté de s’élever énergiquement contre les multiples tentatives des officiels d’enterrer l’héritage intellectuel et artistique de Fatma, Taos et Jean Amrouche.

Continuer à ignorer l’insulte faite à leur mémoire ne nous honore pas le moins du monde quand on mesure surtout l’immensité de leur apport à la culture algérienne et universelle. Accepter l’infâmant ostracisme qui continue de frapper nos illustres intellectuels renforce encore plus la détermination des officiels à vouloir ternir leur image par de vils mensonges qu’ils ne peuvent toutefois assumer publiquement par crainte d’un désaveu humiliant.

Aujourd’hui, il serait primordial que des militants associatifs, artistes et intellectuels prennent des initiatives culturelles allant dans le sens de la revalorisation de l’œuvre littéraire, artistique et l’action militante des Amrouche pour qu’elles ne sombrent pas dans l’oubli. Il serait également impératif que des voix s’élèvent de plus en plus et avec grande force pour réclamer que nos auteurs figurent dans les programmes scolaires et universitaires desquels ils sont exclus au nom de l’idéologie mortifère arabo-islamique.

C’est dans cette démarche militante que le café littéraire de Bejaïa souscrira son action.

CAFE LITTERAIRE DE BEJAIA

07 MARS 2013

 

Hamida Mechaï
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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 20:31

el watan

 

Canada : un ex-danseur du ballet national algérien risque l’expulsion

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le 13.03.13 |

zoom | © D.R

Plus de deux ans après leur défection au Canada après leur participation au festival du monde arabe en octobre 2010, les sept ex-danseurs du ballet national algérien refont parler d’eux.

Selon le quotidien montréalais La Presse, quatre d’entre eux viennent d’obtenir leur statut de refugié au Canada. Un cinquième, le plus jeune, âgé de 25 ans, n’a pas eu la même « chance ». Sa demande d’obtention de statut de réfugié a été refusée. Pourtant, il avait pratiquement la même histoire et le même vécu en Algérie que les autres ex-membres du ballet national algérien. Il vient de déposer un recours à la Cour fédéral pour ne pas être expulsé vers l’Algérie.

«Je ne peux pas faire partie de ma société, car je suis artiste. À cause de mon métier, j'ai reçu des menaces des islamistes. Et depuis que j'ai quitté l'Algérie, je suis menacé par l'État algérien», a-t-il écrit dans sa demande d'asile, selon La Presse.

Dans le cas des quatre acceptés, la commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada a mis de l’avant les menaces que courent les ex-danseurs de la part des autorités algériennes plus que des islamistes du seul fait de leur défection. «Les demandes d'asile de certains des membres du Ballet ont fait la manchette en Algérie. Le demandeur croit que du simple fait qu'il a demandé l'asile, il pourrait être puni, mis en prison et oublié», selon la décision de l’un des commissaires rapportée par La Presse.

L’un des quatre « chanceux » qui pourront poursuivre leur vie au Canada a affirmé que quand il a su que sa demande a été acceptée, c’était comme une naissance pour lui.

Un autre ex-membre du ballet attend toujours la décision de la commission. La seule fille du groupe n’a pas encore été entendue.

Ces danseurs sont restés toujours unis puisqu’ils ont créé Le Ballet Maghreb qui, on se rappelle, avait participé à la fête du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie à Montréal. Une célébration à laquelle avait pris part 25 000 personnes dont l’ambassadeur algérien.

Samir Ben
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  • : Un des objectifs est de reconstituer la grande confédération qui regroupait les 14 aarchs des Iflisen Umellil avant la colonisation française. Le but est de rétablir les liens interrompus et de promouvoir la solidarité inter-arche. Nous visons également à consolider les liens entre la diaspora et leur région d'origine. Réecrire l'histoire des Iflisen et préserver leur patrimoine matériel et immatériel .
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