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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 01:08

Courrier d'Algérie

 

IL AURA LIEU LE 20 JUILLET COURANT À PARTIR DE BATNA
Programme radiophonique commun en Tamazight
La Radio algérienne organisera mercredi 20 juillet de 10 h à 14 h, à partir de Batna, l'émission d'un programme radiophonique commun en Tamazight proposé par les radios locales de Khenchela, Oum El Bouaghi, Tamanrasset, Béjaïa, Tipasa, Ouargla et Ghardaïa, a indiqué dimanche un communiqué de la Radio algérienne. C'est ainsi qu'à partir de radio Batna, des programmes élaborés par différentes équipes de journalistes et reporters offriront aux auditeurs des moments intenses de partage grâce à de l'interactivité, des lectures d'une actualité diverse et riche, de l'émotion à travers de moments poétiques et de la musique à partager, précise-t-on de même source. La langue amazighe dans toutes ses expressions utilisées à la Radio algérienne (chaoui, kabyle, chenoui, targui, ouargli et m'zabi) sera au centre de ce programme élaboré dans le sillage d'une des principales recommandations de la 3e conférence nationale des cadres de la Radio algérienne à Khenchela, à savoir la promotion de Tamazight sur les ondes de la radio. Plusieurs autres activités en appui à ce programme sont prévues dans la capitale des Aurès, notamment un colloque scientifique à la maison de la culture de Batna sur la promotion de la langue Tamazight et une grande exposition sur le patrimoine culturel amazigh sur la place centrale de la ville. La journée s'achèvera au théâtre de verdure où se produiront plusieurs stars de la chanson auressienne.
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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 00:16

 

Le diabète est considéré comme une maladie chronique, invalidante et coûteuse, qui s’accompagne souvent de graves complications. Citant les causes qui contribuent à l’évolution de cette maladie, le président de la Fédération algérienne des associations des malades diabétiques (FAAD) souligne que le terrorisme et l’état de stresse dans lequel vit une grande partie de la population, figurent parmi ces causes

Par ailleurs, l’orateur fait savoir que 25% des jeunes malades, sont des insulino-dépendants, alors que 10% des citoyens ignorent être atteints par cette maladie.

   

   

Plus de 4 millions de diabétiques en Algérie
Selon le système de comptage de l'OMS
Djafar Amrane
Liberté : 12 - 11 - 2008


Les dernières corrections de l'OMS évaluent désormais l'incidence du diabète à 12% parmi les populations du Maghreb.
Pour les praticiens algériens, le diabète est un véritable fléau, et il est considéré comme un sérieux problème de santé publique. Les diabétologues naviguent à vue car aucune étude épidémiologique n'a été lancée pour recenser les malades ; aussi se réfèrent-ils au système de comptage de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Les experts de cette organisation ont estimé par le passé que 10% des habitants du Maghreb étaient atteints du diabète de type 2 (non insulinodépendant). Toujours selon la même source, 10% des patients sont atteints du diabète de type 1 (soigné par insuline). Les dernières corrections de l'OMS évaluent désormais l'incidence du diabète à 12% parmi les populations du Maghreb. Cette correction remet en cause les anciens chiffres avancés par les diabétologues qui estimaient le nombre de patients à 3 millions, dont 300 000 insulinodépendants en Algérie. Selon les nouvelles données de l'OMS, le nombre de patients s'élèvera à 4 100 000. Pour les diabétologues algériens, cette absence de chiffres fiables fausse les prévisions, et elle est l'une des causes invoquée par les spécialistes pour expliquer les pénuries cycliques de médicaments.

  

  

50 % des enfants Algériens sont exposés au diabète !

Poste par mai 5th, 2011.

 

En Algérie, “la situation épidémiologique du diabète est désormais intenable”, s’est écrié mercredi à Alger le président de la Fondation de promotion de la santé et de la recherche scientifique (FOREM), Mustpaha Khiati. Et à présent, ceux sont les enfants qui demeurent les plus exposés à cette maladie dangereuse et ravageuse.

A ce sujet, le Pr. Zahia Bouderda, spécialiste en pédiatrie, n’a pas hésité à tirer la sonnette d’alarme en citant sur la base d’une étude réalisée à Constantine que 50% des enfants souffrent de diabète ! Cette spécialiste a mis particulièrement en garde contre la propagation du diabète de type1 chez les enfants de moins de 15 ans, avec 1600 nouveaux cas chaque année soit une augmentation de 3 à 4%. Elle a appelé, dans ce sens, à fournir l’insuline et les seringues pour enfants outre la pompe à insuline. Mais face aux manques de moyens et de médecins spécialistes, beaucoup de familles de ces enfants ne peuvent bénéficier des soins spécialisés au profit des diabétiques.

De son côté, le Pr Aissa Boudissa, chef du service diabétologie au CHU Mustapha Pacha, a indiqué que la maladie touche de plus en plus de jeunes, ajoutant que le tiers des malades ignorent qu’ils sont atteints du diabète, ce qui expose le patient à des complications et augmente les frais des soins.

 

Pas de jeûne pour les diabétiques

 

A l’approche du Ramadhan, il est urgent de rappeller que les diabétiques de type 1, insulinodépendants, les femmes enceintes souffrant de cette maladie et les personnes très âgées, entre autres, sont exempts du jeûne. Quant aux diabétiques de type 2, il est recommandé, du fait des 16 heures de jeûne, de contrôler leur glycémie durant la journée et même le soir.

 

Ces malades ont tendance à faire des hypo ou des hyperglycémies d’où un suivi rigoureux, qui est impossible à faire dans les campagnes.  En effet, à 0,6 g/l, ils sont obligés de prendre leur collation au risque d’altérer leur santé.

 

 

 

 

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 22:04

 

Un moment de bonheur pour les invités

La 3e édition du festival de Djoua (commune de Boukhelifa) s’est ouverte officiellement  avant-hier (samedi en début de soirée) sur le mont Takintoucht de l’antique capitale des Aït Bimoune Djoua. La rencontre  qui s’étalera jusqu’au 23 juillet est qualifiée d’artistique, originale, écologique et touristique par les organisateurs. Le festival affiche de grandes ambitions.  Au programme, avec une armée d’artistes et autres conférenciers nationaux et internationaux, des personnalités de marque sont invités à cette édition comme pour la soirée de clôture avec le king du rai, Cheb Khaled.  Des invités sont venus des cinq continents, Rebecca Chaillot, pianiste suisse, Rajery (Madagascar), Dub Inc (Jamaïque), Stambali (Tunisie), Quartet Niculescu, Ricoveco (Venezuela) Index, Ferda, Index, Caméléon Onda Cuba (Cuba), Dolima Boudji Worls Music. Des artistes algériens animeront des soirées  comme Ahelil, Agraw, Ouadaden, Garage, Ali Amrane, Kateb Amazigh et Akli Yahiaten, Kamel Hamadi. Cette rencontre sra l’occasion pour les organisateurs de rendre un hommage à feu Slimane Azem. Anissa et Boudjemaâ El Ankis, en sont des invités d’honneur. La soirée de clôture sera réservée à la vedette du rai Khaled Hadj Brahim qui se produira pour la première fois dans la capitale des Hammadites. L’ouverture du festival a été consacrée à la présentation du workshop en présence de  Kengo Kuma, architecte japonais en compagnie de Boubeker Khelfaoui, commissaire du festival. Une présentation de la région a été faite. Outre les  soirées et visites sur terrain, un travail en atelier était lancé avec des thèmes liés, notamment à l’artisanat, le patrimoine immatériel, etc. Des débats étaient aussi programmés les après-midi.

Hocine Cherfa

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 21:23

Jijel.info

 

Sur une plage Jijelienne : Voici ce qui arrive quand des jeunes filles se baignent en maillots de bains sur une plage de Jijel.

 

 

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 19:55

el watan

Collectif des journalistes de la chaîne amazighe

«Nous sommes victimes d’un tyran»

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le 18.07.11 | 01h00

Nous nous sommes tus trop longtemps. Aujourd’hui, nous avons décidé de briser le mur du silence et de la peur.» Dixit les membres du collectif des journalistes de la Chaîne IV.


A vrai dire, rien ne va plus dans cette chaîne berbère qui en est à sa troisième année d’existence. La raison, il ne faut pas la chercher bien loin. C’est la personne de son directeur général, Saïd Lamrani, 75 ans, accusé d’abus de pouvoir, de censure arbitraire, de chantage, de passe-droit, de clientélisme, de harcèlement moral et, plus grave encore, de harcèlement sexuel, qui stigmatise toutes les rancœurs. «Cet homme a touché à notre honneur et à notre dignité. Nous vivons un enfer à huis clos», disent encore ces journalistes, que nous avons rencontrés hier. Après avoir épuisé tous les recours qu’offre la voie hiérarchique, ils ont décidé d’alerter l’opinion publique.


Briser le mur du silence


«Nous avons saisi notre tutelle à onze reprises, entre autres pour des demandes d’audience au DG de l’EPTV. Il n’a pas voulu nous recevoir mais nous a demandé de lui faire des rapports individuels. Ce qui a été fait. Par la suite, il a délégué le DG adjoint, à qui nous avons exposé les faits.» « ‘C’est vraiment très grave. Je ferai tout pour que le DG vous reçoive’, nous a-t-il dit. Après cela, nous avons vu le DRH puis le directeur de l’information avant de saisir le conseil syndical des journalistes de l’EPTV. Après le soutien de nos collègues du syndicat, notre tutelle ne nous a manifesté aucun intérêt, aucune sympathie», disent-ils en chœur. Les maux décrits sont graves et les mots très forts.


Chantage et harcèlement

 

Les journalistes parlent d’injures, de brimades, d’humiliations publiques, de provocations, de menaces et d’agressions verbales. Les témoignages décrivent un personnage brutal, grossier et humiliant, qui s’entoure de femmes et qui règne en tyran dans la salle de rédaction, dressant les uns contre les autres, ne récompensant les uns que pour mieux rabaisser les autres. Ils décrivent également un homme arrogant qui se prévaut publiquement d’être sous la protection personnelle du président de la République lui-même. «Cet homme a les mains baladeuses. A la cafétéria, à la salle de rédaction ou au restaurant, il ne peut s’empêcher de s’adonner à des attouchements, embrassant l’une, caressant l’autre, sans se soucier de quiconque», dit une journaliste. «Depuis que nous avons décidé de dénoncer de manière collégiale ces affaires de harcèlement, les représailles pleuvent sur nous : avertissements, ponctions sur salaire, PV d’irrégularité gratuits et injustifiés, provocations, insultes, injures…», témoigne un autre journaliste. De manière unanime, les journalistes de la Chaîne IV soutiennent que cela fait trois ans que cette situation dure et ne fait qu’empirer. Les responsables de la télévision, qui ont reçu des rapports détaillés, décrivant par le menu les exactions subies par les journalistes, ont adopté une attitude de silence troublant, si ce n’est complice.


Même les journalistes femmes qui ont subi des harcèlements sexuels humiliants n’ont reçu aucun soutien moral. «Leur santé physique et morale est atteinte», témoigne un responsable de la rédaction. «Je ne fais que consoler et soutenir mes journalistes, dont le rendement a baissé de manière hallucinante», dit-il. Une journaliste témoigne : «J’étais en contact direct avec lui de par mon travail. Il a commencé à dépasser les limites de la bienséance peu à peu avant d’en arriver aux attouchements. J’essayais de le repousser. J’étais intimidée, je ne savais plus quoi faire. Chaque jour, je venais au travail avec une boule d’angoisse à l’estomac. Un jour, il m’a demandé textuellement d’avoir une relation sexuelle avec lui. J’ai refusé lui disant que cela n’était pas dans mes principes. Depuis, je subis toutes sortes de représailles.» Les journalistes décrivent une technique bien rodée : il donne une émission à une journaliste et l’arrête au bout d’un moment pour mieux exercer son chantage. Le passage à l’antenne est vu comme la principale carte entre ses mains. «C’est un défilé permanent de présentateurs et de présentatrices indigne d’une chaîne de télévision. Il gère la Chaîne IV comme un kiosque à tabac», dit un des journalistes rencontrés. C’est M. Lamrani qui superviserait les moindres détails, ne laissant aucune responsabilité à ses rédacteurs en chef. La censure est monnaie courante.


A titre d’exemple, les journalistes parlent d’une liste de plus de 70 personnalités artistiques et culturelles dont même l’évocation du nom est interdite à l’antenne. Kamel Hamadi, Idir, Abderrahmane Bouguermouh, les Amrouche, les responsables du HCA, Kateb Yacine et tant d’autres sont bannis de la télévision berbère, quand bien même ils passent sur les autres chaînes nationales. Déterminés à aller jusqu’au bout, les journalistes de la Chaîne IV n’entendent pas baisser les bras : «Notre honneur et notre dignité ne sont pas négociables. Il faut que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités et assainissent cette chaîne, qui est le fruit de longues années de lutte et de sacrifices.»
Contacté par téléphone au sujet de cette avalanche d’accusations, M. Lamrani n’a pas souhaité réagir. Voici sa réponse : «Je n’ai aucune réaction à faire à ce sujet. Je laisse tout cela à l’appréciation de notre direction générale.»
 

Djamel Alilat
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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 21:21

El Watan

 

Meryam Demnati. Chercheuse à l’Institut royal de la culture amazighe (IRCAM)

«Il est temps de mettre fin à l’apartheid linguistique en Afrique du Nord»

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le 17.07.11 | 01h00 Réagissez

Fervente militante de la cause amazighe au Maroc, la chercheuse Meryam Demnati célèbre l’officialisation de la langue amazighe au Maroc. Cependant, elle appelle à la vigilance. Des résistances à son intégration réelle dans la vie publique sont nombreuses. Mme Demnati, également membre de l’Observatoire amazigh des droits et libertés (OADL), place la revendication amazighe dans son espace naturel qui est l’Afrique du Nord. «Il est temps de mettre fin à l’apartheid linguistique. C’est une revendication incontournable dans la perspective de la construction d’une Afrique du Nord démocratique réconciliée avec  elle-même.»

Entretien réalisé par notre
envoyé spécial à Rabat  



- Quelle est votre appréciation suite à l’officialisation de la langue amazighe consacrée par la nouvelle Constitution ?


Assurément, l’officialisation de la langue amazighe, aujourd’hui, est un acquis très important pour le mouvement amazigh, résultat de 50 ans de lutte sans relâche. Ces derniers mois, le mouvement a pris sans hésitation l’initiative pour appuyer le courant de révolte revendiquant le changement, se plaçant à l’avant-garde avec les forces vives du pays, considérant la cause amazighe comme partie intégrante du projet démocratique. A l’origine, la première version de la Constitution contenait une seule phrase : «Les deux langues officielles du Maroc sont l’arabe et l’amazigh». Un forcing pour introduire des astuces juridiques à tous les niveaux a été fait à la dernière minute par deux leaders de partis conservateurs, islamiste et arabiste, ce qui fera de ce texte un texte sans aucune logique et plein de contradictions. Deux paragraphes distincts furent alors consacrés à chacune des langues avec l’utilisation de formulations qui laissent la porte ouverte à plusieurs interprétations et nous fait comprendre encore une fois que «l’arabe demeure la langue officielle» et que l’amazigh doit d’abord faire ses preuves. «Une loi organique définit le processus de mise en œuvre du caractère officiel de cette langue, ainsi que les modalités de son intégration dans l’enseignement et aux domaines prioritaires de la vie publique, et ce, afin de lui permettre de remplir à terme sa fonction de langue officielle». article 5. Pour combler cette fanfaronnade sur ladite identité plurielle, on nous annonce que nous faisons partie intégrante de la fameuse Oumma arabo-islamique, et que notre africanité est reléguée à un simple affluent.
L’étape que nous abordons aujourd’hui exige une lucidité et une vigilance permanentes, ainsi qu’une vision stratégique de notre avenir qui ne doit pas souffrir de la moindre erreur. Nous sommes conscients qu’aucune langue, aussi prestigieuse soit-elle, ne peut tenir en vie si elle est bannie de l’école, des médias et des différents domaines publics et privés. Et nous sommes conscients aussi que les partis arabo-islamistes racistes feront tout ce qui est en leur pouvoir pour freiner cette intégration et nous ériger des obstacles. Les épreuves du passé et du présent nous ont appris à nous méfier. Une vigilance permanente face à un avenir incertain et fragile s’impose sans relâche.


- Cette revendication a-t-elle rencontré des résistances au sein de la commission qui a rédigé le texte constitutionnel ?


Cette revendication a rencontré des résistances au sein et à l’extérieur de la commission. Deux partis conservateurs connus pour leur hostilité à l’amazigh, se sont opposés tout le long du processus à l’officialisation de l’amazigh. Le parti de l’Istiqlal, parti arabiste, dominé par le clan arabo-andalou, qui, avec la complicité du Makhzen avaient programmé la mort de notre langue et notre culture à l’aube de l’indépendance et qui s’est emparé des rênes du pouvoir en s’octroyant d’immenses avantages moraux et matériels. Un autre parti, islamiste celui-là, le PJD, s’opposera aussi à l’officialisation de l’amazigh, prêchant la sacralité et la supériorité de la langue arabe et de sa graphie. Leur leader, fervent serviteur du Makhzen,  en tenant ces derniers temps des propos insultants et méprisants à l’encontre de notre langue et notre graphie tifinagh, s’est attiré les foudres du mouvement amazigh qui a démarré une campagne contre lui sur tout le territoire. D’autres poches de résistance arabistes ont étalé aussi leur amazighophobie.  Un petit parti dit de gauche, le PADS (Parti d’avant-garde démocratique et socialiste) et des groupements tels que l’«Association de la défense de la langue arabe» ou un groupe de soi-disant «intellectuels marocains» ont aussi essayé de faire barrage à cette officialisation en utilisant le spectre de la division déjà bien jauni par le temps. Le fameux rêve arabiste d’enterrer vivante la langue amazighe ayant échoué, malgré une arabisation et une islamisation à outrance, les ennemis de l’amazigh ne se découragent pas. Ils reviennent à l’offensive par des discours plus ou moins voilés, proférés par des officiels à l’endroit de l’amazighité. Durant tout le processus d’élaboration de la Constitution, le mouvement amazigh, de son côté, est resté uni contre ces ennemis de l’amazighité, en dénonçant leur racisme et leur conception réactionnaire de la société. La mobilisation fut très grande, le mouvement amazigh ayant conscience que tout résulte dans le rapport de force.


- Le mouvement amazigh a boycotté le référendum sur la Constitution qui a pourtant consacré l’amazigh, langue officielle, pourquoi selon vous ?


Ce qui semble faire l’unanimité dans le mouvement amazigh, ce n’est pas le boycott, c’est le mécontentement et la colère engendrés par l’article 5 et la partie sur l’identité marocaine qui prête à confusion et par les méthodes anti-démocratiques du processus. Tout le monde a conscience que la configuration consacrée à l’amazigh a été remaniée (astuces juridiques) à la dernière minute, et ce, pour pouvoir piéger encore une fois l’amazigh. En réalité, une partie du mouvement a appelé au boycott. Une autre partie a critiqué mais s’est abstenu. Et quelques associations ont appelé à voter oui, se disant satisfaites de cette avancée. Le mouvement amazigh est composé aujourd’hui d’environ un millier d’associations, de plusieurs confédérations d’associations ou d’intellectuels engagés, dispatchés sur tout le territoire marocain. Bien que toutes les composantes luttent pour le même objectif, elles n’ont pas toujours les mêmes appréciations, stratégies et vision des choses. Plusieurs tendances y sont représentées, et c’est le propre même d’un mouvement identitaire. Mais des actions communes sont régulièrement menées soit dans le cadre des régions (confédérations) soit dans un cadre national ou international. Le mouvement a bien compris que son engagement en faveur d’une réhabilitation de l’amazighité s’inscrit dans la durée, et en dehors des arènes politiciennes telles qu’elles ont été délimitées au cours du dernier demi-siècle. Le propre aussi d’un mouvement identitaire s’est que tant que la discrimination à l’encontre de sa langue et sa culture persistera, il sera appelé à se radicaliser de plus en plus. La prochaine bataille à mener qui est d’une autre nature, aura lieu autour de la loi organique et de l’institution prenant en charge l’amazighité, contre les partis arabo-islamistes amazighophobes qui tenteront encore de renvoyer l’examen aux calendes grecques.


- Pensez-vous que cette élévation au rang de langue officielle permettra son introduction facile dans les différents secteurs de la vie politique, économique et culturelle du pays ?


L’amazigh, en son berceau-même, n’avait pas de statut de langage, les décideurs nous avaient alors toujours signifié avec mépris et arrogance que la seule langue ayant droit à l’existence dans ce pays est l’arabe, et c’est la Constitution qui en a ainsi décidé ! Aujourd’hui, la langue amazighe est déclarée officielle dans la Constitution.  C’est la conséquence de la volonté du peuple à reprendre le contrôle de son destin, résultat d’une lutte continue et sans relâche du mouvement amazigh. Cette reconnaissance par sa double valeur, politique et juridique, retentit comme une rupture qualitative avec le jacobinisme instauré dès l’indépendance et sécurise cette langue en lui permettant de bénéficier des moyens juridiques, matériels, financiers et moraux de l’Etat qui sont des obligations de l’Etat envers l’amazigh. Le statut de langue officielle, contrairement au statut symbolique de langue nationale tel que stipulé dans la Constitution algérienne, est censé la protéger contre toute tentative de minoration politique, juridique et sociale puisqu’elle devrait être, avec l’arabe, la langue par laquelle se réalise l’ensemble des activités publiques dans des cadres de type administratif, politique, culturel, social et éducatif clairement délimités. Obligatoire dans l’enseignement et ayant une place honorable dans les médias, la langue amazighe officielle, c’est aussi la possibilité pour chaque citoyen de s’adresser aux institutions nationales et politiques dans la langue amazighe, d’avoir le droit de l’employer dans toutes relations avec les pouvoirs publics, à tout moment de la vie et dans tous les domaines. C’est aussi l’obligation faite aux pouvoirs publics de l’employer à tout moment. Et c’est seulement à ce prix-là que pourra être assurée une coexistence pacifique dans l’avenir.


- Peut-on avoir une cartographie du fait amazigh dans le royaume (la concentration géographique des Amazighs, leur nombre, etc.) ?


Actuellement, les amazighophones au Maroc représenteraient entre 50 à 60% de la population, répartis surtout entre les grandes villes comme Casablanca, Rabat, Fès, Meknès, Marrakech et Agadir, le Rif, l’oriental, les Montagnes de l’Atlas (Haut, moyen et petit), le Souss et une partie du Sahara. Quoi qu’il en soit, le Maroc demeure le pays d’Afrique du Nord où l’amazigh est le plus répandu. Le pourcentage par région est déterminé principalement par les facteurs géographiques. Les Imazighens qui maîtrisent aussi bien l’amazigh que l’arabe sont ceux qui habitent dans ou à proximité des villes. Exclure l’amazigh de tous les domaines et répandre partout la langue de l’Etat par l’intermédiaire des écoles publiques et des médias peut donner des résultats incroyablement rapides et efficaces d’une génération à l’autre.
De la bilingue vulnérable, on finit par forger une génération monolingue arabisée qui ignorera totalement la langue de ses ancêtres et utilisera la langue de l’Etat pour tous les besoins usuels de la vie quotidienne. Simultanément à ce procédé de linguicide programmé, le linguicide psychologique consistera essentiellement à convaincre par tous les moyens les locuteurs de la langue locale que leur parler n’est pas digne du nom de langue, mais qu’une myriade de patois archaïques pour les amener à y renoncer et les encourager à n’utiliser que la seule langue digne de ce nom, la langue de l’Etat.
Si les langues contemporaines à la langue amazighe dans les civilisations du bassin méditerranéen ont quasiment disparu, la langue amazighe, quant à elle, est demeurée vivante, témoignant ainsi d’une civilisation ancrée et d’un peuple attaché profondément à ses racines. Sa mort programmée, c’était compter sans la vitalité et la force de la langue amazighe millénaire sur cette terre.


- L’Algérie reste à la traîne sur cette question ; doit-elle suivre l’exemple marocain en officialisant la langue amazighe ?


A l’instar du Maroc, il a été décidé en Algérie, dès l’indépendance, que la langue arabe sera la seule langue officielle.  En 2002, le statut de langue nationale a été octroyé à l’amazigh pour contenir une situation tendue au prix de hautes luttes et de lourds sacrifices. Mais ce fut une simple reconnaissance symbolique. La preuve en est que l’enseignement de cette langue a soit stagné, soit reculé depuis, la langue arabe partageant toujours avec la langue française tous les domaines. La reconnaissance officielle de l’amazighité en tant que langue, culture et identité en Afrique du Nord est une condition inéluctable pour la stabilité, le développement socioéconomique durable, et une crédibilité internationale.
En Libye, le CNT l’a déjà inscrite comme droit légitime pour la construction d’une société démocratique ; en Tunisie et en Egypte, des associations amazighes s’attellent aussi à la même tâche avec beaucoup d’enthousiasme après des décennies d’humiliation et de répression.
Il est temps de mettre fin à l’apartheid linguistique, à la domination d’une langue sur une autre et à la violation de la dignité de nos populations. La langue amazighe dans son berceau, l’Afrique du Nord doit jouir d’un statut officiel qui lui revient de droit et c’est une revendication incontournable. Dans la perspective de la construction d’une Afrique du Nord démocratique réconciliée avec elle-même, l’officialisation de la langue amazighe est inévitable dans tous les pays de la région.

Hacen Ouali
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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 21:17

El Watan

 

Tamazight au Maroc

Fin de l’apartheid linguistique

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le 17.07.11 | 01h0

La langue amazighe est inscrite dans le marbre de la Constitution marocaine. Incontestablement, c’est un acquis historique arraché de haute lutte. Les autres pays d’Afrique du Nord, dont l’Algérie, ne peuvent plus persister dans le déni identitaire.


Maroc.
De notre envoyé spécial

 

Khmisset est une ville en liesse en ce 2 juillet 2001. Située à mi-chemin entre Rabat et Meknès, elle vibre au rythme des chants berbères. C’est une province berbère, tout comme la plupart des régions du Maroc. Il est rare d’entendre des échanges dans une autre langue que tamazight. «Ici, même les arbres parlent tamazight», murmure le chauffeur de taxi qui nous emmène vers cette terre ancestrale. Les mélodies d’Idir et de la chanteuse berbère marocaine Fatoum résonnent dans les cafés. Des drapeaux jaune, vert et bleu frappés d’un Z flottent sur les balcons. Les habitants de Khmisset célèbrent une victoire après des décennies de lutte. Une grande conquête.
La même ambiance règne, ce jour-là, un peu partout dans le royaume. Dans le Nord, à Nador, à El Hoceima, dans le Rif comme dans le Moyen Atlas, c’est la fête. La langue amazighe est désormais érigée au statut de langue officielle à la faveur de la nouvelle Constitution marocaine adoptée la veille. Après sa reconnaissance en tant que langue nationale en 2003, cette langue, dont les racines structurent l’histoire, la civilisation et la culture de l’Afrique du Nord, est gravée dans le marbre de la Constitution du Maroc. «C’est l’aboutissement d’un long combat mené par des  générations de militants amazighs.

Cette officialisation met un terme à un déni identitaire», lâche avec fierté Khalid, originaire de Aït Yedine et animateur du Mouvement du 20 février. Il nous invite dans un café pour «arroser» cette victoire. Mais «c’est une célébration dans la lutte», dit-il. Le combat continue. Rejoint par d’autres animateurs du Mouvement, drapés d’étendards berbères, la discussion s’enclenche sur les préparatifs de la marche du dimanche 3 juillet. «Le makhzen pense s’assurer notre silence et notre approbation en accordant à notre langue un statut officiel. C’est un droit naturel. On ne va pas renoncer au combat pour la démocratie et la dignité au Maroc», lance un autre militant d’un ton convaincant.
Mis à part quelques associations qui ont laissé le libre choix de voter ou pas, comme la Confédération amazighe du Sud, l’ensemble du mouvement amazigh marocain a appelé au boycott du référendum sur la nouvelle Constitution. Le très actif réseau amazigh pour la citoyenneté Azêtta, qui a pris acte de l’officialisation de la langue amazighe, estime par ailleurs que la nouvelle Constitution «n’est pas à la mesure des aspirations démocratiques du peuple marocain et ne consacre pas une véritable rupture avec le passé». Le constat est partagé par l’Observatoire amazigh des droits et libertés (OADL).


Tamazight oui, mais pas sans la liberté et la démocratie


L’évocation d’une loi organique définissant «le processus de mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe ainsi que les modalités de son intégration dans l’enseignement et dans les domaines prioritaires de la vie publique nous conduit à nous poser certaines questions légitimes après des décennies de violation de notre dignité et des épreuves du passé et du présent qui nous ont appris à nous méfier. Cette nouvelle loi va-t-elle tout remettre en question et reprendre les choses à zéro ? Ou prendra-t-elle en compte les acquis réalisés ces dernières années, notamment dans l’enseignement, malgré toutes les entraves dues à l’absence de protection légale de la langue amazighe ? Combien de temps, quel budget ? Il semble qu’un autre combat inéluctable, encore plus rude, attend les défenseurs de cette langue et de cette culture», s’interroge l’Observatoire.
Les coordinations et associations amazighes du Maroc central ont aussi fait campagne pour le boycott du référendum. Ainsi, pas question de se désolidariser du mouvement de contestation qui réclame depuis février dernier liberté, dignité et justice sociale. «Le mouvement amazigh en général a boycotté le référendum. Nous ne voulons pas quitter le front du Mouvement du 20 février, dont les militants amazighs sont une composante importante. Les premiers noyaux du Mouvement, ce sont des militants amazighs. Il ne fallait surtout pas briser cette dynamique. C’est un mouvement solidaire. Et on ne veut pas de tamazight dans un pays privé de liberté et de démocratie», analyse le vétéran du combat amazigh dans le royaume, Ahmed Degharni.


Porté par un mouvement populaire et assumée par la majorité des courants d’opinion, à l’exception des islamistes du PJD et des nationalistes de l’Istiqlal, le fait amazigh s’est imposé dans la rue. La monarchie ne pouvait plus s’obstiner à le nier. Cinquante ans d’ostracisme et d’apartheid linguistique n’ont pas pu anéantir une culture aussi millénaire que le Maroc. Avec la reconnaissance de l’Etat marocain de la dimension amazighe (langue, culture et civilisation), le combat identitaire en Afrique du Nord a franchi un pas important.
Il s’affirme dans une Tunisie débarrassée de la dictature. En Libye, le Conseil national de transition inscrit tamazight dans son programme. L’Algérie, dont le combat identitaire a été pourtant mené avec acharnement, reste à la traîne. Certes, la lutte menée par le Mouvement culturel berbère (MCB) a perdu de sa verve, mais il n’en demeure pas moins que l’Etat algérien est sérieusement interpellé sur cette question, qui est foncièrement démocratique. Il doit fatalement reconnaître, et de manière officielle, le fait amazigh.

Hacen Ouali

 

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 20:37

 

Ce que ne dira pas le film

 

Ibn Khaldoun, un amazigh de l'époque de la dynastie amazighe mérinide, il a arrêté sa vie politique à l'âge de 42 ans (1374) et se met fiévreusement à écrire pour la postérité les raisons profondes, qui se sont peu à peu imposées à son esprit, de ce phénomène de décadence dynastique qu'il compare à la croissance et à la vieillesse de l'être humain.

Il est persuadé d'assister au début du déclin du Nord de l'Afrique. Sa célèbre Moqaddima (introduction) à l'histoire du Maghreb, qu'il écrira par la suite, est une véritable analyse spectrale d'un pays qu'il connaît parfaitement pour l'avoir parcouru en tous sens et parfois gouverné. Texte remarquable par la recherche des causes et des effets, qui donne à son auteur la gloire d'avoir précédé de plusieurs siècles Descartes, Montesquieu, Michelet, et même Marx, et d'être redevenu aujourd'hui un moderne. Ibn Khaldoun a du reste conscience d'avoir découvert une science nouvelle, celle de l'évolution des sociétés, que l'on appellera plus tard sociologie.

 

LES ARABES N'ÉTABLISSENT LEUR DOMINATION QUE SUR DES PAYS DE PLAINES.

Ibn Khaldoun (Amazighworld)

Voici un extrait du livre de l'historien Ibn Khadoun (que les gens d'orient ont naturalisé Arabe, ainsi que les autres savants tels que Avicenne, Averroes, Elkhawarizmi...etc) consacré à l'étude sociologique des Arabes qu'il a vus à l'oeuvre en Afrique du Nord, et qu'il juge avec une grande lucidité.(bonne lecture)

 

Ils sont en effet, en raison de leur naturel farouche, gens de pilleries et de brigandage : tout ce dont ils peuvent se saisir sans lutte et sans danger, ils l'enlèvent, puis ils s'enfuient vers leurs pâturages du désert. Ils n'attaquent point ouvertement, ni ne combattent en bataille rangée, à moins d'y être contraints pour leur propre défense : aussi, s'ils se heurtent à une forteresse ou à un endroit qui leur réserve des difficultés, ils les laissent de côté, sans les attaquer, et se tournent vers quelque objet de conquête facile. Les tribus qui se retranchent contre eux dans les rochers des montagnes sont à l'abri de leurs rapines et de leurs violences, car ils n'escaladent point les hauteurs, ni ne s'engagent dans des terrains difficiles, ni ne s'exposent à des dangers pour les atteindre. Quant aux plaines, s'ils peuvent s'en emparer du fait qu'elles sont mal gardées ou que le pouvoir gouvernemental manque de force, elles deviennent leur butin et la proie qu'ils dévorent : ils y multiplient leurs incursions, leurs pilleries et leurs violences, en raison de la facilité qu'elles leur offrent, si bien que leurs habitants finissent par tomber sous leur domination; puis ils se les passent les uns aux autres, et le désordre aboutit à la ruine de leur civilisation : Dieu a puissance sur ses créatures; il est l'Unique, le Coerciteur, et il n'est point d'autre Seigneur que Lui.


UN PAYS CONQUIS PAR LES ARABES EST BIENTÔT RUINÉ

C'est là, en effet, un peuple farouche, chez lequel la rudesse de moeurs s'est ancrée au point de devenir leur tempérament propre et leur naturel; et ils s'y complaisent, parce qu'elle leur permet d'échapper à l'emprise de l'autorité et à la sujétion à un gouvernement. Un tel naturel est incompatible avec la civilisation, et leur interdit de se développer, car errer et être les plus forts sont les seuls buts que leur assigne leur manière de vivre, ce qui interdit la vie sédentaire démolissent des toitures pour en avoir : la nature de leur existence est donc incompatible avec l'art de construire, qui est la base de la civilisation. Voilà comment il en va d'eux en général.

En outre, leur naturel est d'arracher aux autres ce qu'ils possèdent : leurs moyens d'existence sont à la pointe de leurs lances, et ils ne connaissent, pour ce qui est de prendre le bien d'autrui, aucune limite à laquelle ils se tiennent; au contraire, chaque fois que leurs yeux tombent sur un troupeau, un objet, un ustensile, ils se l'approprient de force. Si, ayant pris le dessus et s'étant adjugé l'autorité souveraine, ils ont toute latitude de se comporter ainsi, il n'est plus aucun moyen administratif de protection de la propriété, et la civilisation est ruinée.

Également, ils obligent les artisans et les corps de métier à des travaux sans leur en verser le salaire et le juste prix. Or le travail est, comme je l'exposerai, la véritable source de la richesse; si donc le travail est vicié, du fait qu'il n'est pas plus profitable, l'espoir en la richesse s'évanouit, les bras cessent le travail, l'ordre établit se dérange, et la civilisation se corrompt.

De plus, ils n'ont aucun souci de gouverner, d'empêcher les gens de mal faire et de les protéger les uns des autres : la seule chose dont ils se préoccupent, c'est ce qu'ils arrachent aux autres, soit par le pillage, soit par des extorsions. Parvenus à ce but, ils ne voient pas loin : nulle préoccupation d'améliorer la situation de la population, de veiller à ses intérêts, d'empêcher certains de mal faire. Souvent, il est vrai, ils infligent des amendes pécuniaires, espérant en tirer profit, en exigent des sommes considérables, comme ils s'y entendent, mais cela ne suffit pas pour empêcher de mal faire et arrêter ceux qui ont de mauvais desseins. Au contraire, car en la matière une amende pécuniaire pèse en regard de la réalisation des desseins.

C'est pourquoi leurs sujets restent, sous leur domination, comme privés de gouvernement, sans personne pour les régir, et l'absence de gouvernement est la perte de l'humanité et la ruine de la civilisation, en vertu de ce que j'ai exposé, à savoir que l'existence de l'autorité souveraine convient particulièrement à l'homme, et lui est naturelle, et qu'il ne peut avoir en dehors d'elle d'existence et de vie sociale.

En outre, tous parmi eux aspirent à commander : il est extrêmement rare que l'un d'eux consente à abandonner l'autorité à un autre, fût-il son père, son frère, ou le principal de sa famille, et encore n'agit-il ainsi qu'à contre-coeur et par respect humain. Si bien qu'un grand nombre d'entre eux sont pourvus d'autorité et de pouvoir, qui pressurent et tyrannisent concurremment leurs sujets, et c'est la ruine et la fin de la civilisation.

Un Arabe venu en députation auprès de `Abdalmalik, comme celui-ci s'informait auprès de lui d'al-Hajjaj, lui répondait (et dans son esprit c'était là faire l'éloge de la manière dont il gouvernait et rendait prospère sa province) : « Quand je l'ai quitté, il ne faisait de tort qu'a lui-même».

Aussi, considère tous les pays qu'ils ont conquis et assujettis depuis la Création : tu verras combien leur civilisation est disloquée, leurs habitations appauvris; leur terre elle-même est transformée. Au Yamen, tous les établissements sédentaires sont ruinés, à l'exception de quelques villes. Dans l'Irak Arabe il en va de même : la civilisation que les Perses y avaient développé est ruinée pour sa plus grande part. En Syrie, de nos jours, il en va de même. En Ifriquiya et au Maghreb, depuis que les Banou-Hilal et les Banou-Soulaïm y sont passés, au début du Ve siècle, et se sont acharnés sur ces pays pendant 350ans, toutes les plaines sont ruinées, alors qu'autrefois su Soudan jusqu'à la Méditerranée tout était cultivé, comme l'attestent les vestiges qui s'y trouvent : monuments, constructions, traces de fermes et de villages. Dieu recevra en héritage la terre et ceux qu'elle porte :«Il est le meilleur des héritiers» (Coran, 21, 89).


DE TOUT LES PEUPLES LES ARABES SONT LE PLUS INCAPABLE DE GOUVERNER.

La cause en est qu'ils sont le plus bédouin de tous les peuples, celui qui erre le plus profondément à l'intérieur des déserts, celui qui sait le mieux se passer des objets de première nécessaire et des grains des régions cultivées, tant ils sont accoutumés à une vie dure et grossière, si bien qu'ils se suffisent à eux-mêmes. Leur goût et la rudesse de leurs moeurs font qu'ils n'acceptent que difficilement d'être soumis les uns aux autres; lorsque leur chef fait appel à eux, c'est le plus souvent à cause de l'esprit de corps qui les pousse à assurer leur commune défense, et il est obligé de n'exercer son autorité qu'en les ménageant et se garder de les contrarier, de peur de voir cet esprit de corps lui manquer, ce qui serait sa perte et la leur : or l'art de gouverner un empire ou un royaume exige que celui qui gouverne contienne par la force ses sujets dans leur devoirs, sinon il ne gouvernera pas correctement. En outre, il est du naturel des Arabes, comme je l'ai déjà dit, d'arracher aux autres ce qu'ils possèdent en propre, et ils ne s'occupent de rien d'autres. Si donc ils deviennent les maîtres d'un peuple quelconque, le but qu'ils assignent à leur domination est d'en profiter pour lui prendre ce qu'il possède, et ils négligent tout autre souci gouvernemental. Souvent ils remplacent par des amendes pécuniaires les châtiments corporels destinés à punir les mauvaises actions, se proposant d'augmenter par là leurs revenus et de profiter d'avantage : pareille pratique est incapable de contenir les hommes dans leur devoir, et souvent même elle pousse au mal, car celui qui a dessein de mal faire considère ce qu'il doit débourser de la sorte comme de peu d'importance en regard de ce que lui assure la réalisation de son dessein; en ****équence, les crimes se multiplient, ce qui amène la ruine de la civilisation. Un tel peuple reste donc comme s'il était dépourvu de gouvernement, chacun cherche à voler le voisin, la civilisation ne peut plus se développer correctement et est rapidement ruinée par l'anarchie, comme j'ai déjà dit.

Pour tous ces motifs, le naturel des Arabes les rend donc incapables de gouverner un empire : ils n'y peuvent parvenir qu'après avoir modifié leur caractère sous l'influence d'une religion qui efface d'eux tous ces défauts, leur fasse trouver un frein dans leur propre conscience, et les pousse à protéger les hommes les uns contre les autres, comme j'ai déjà dit.

A titre d'exemple, considère ce qu'il en fut de leur pouvoir lorsque, devenus musulmans, la religion leur offrit une base ferme de gouvernement dans la Loi et celles de ses stipulations qui sauvegardent, aussi bien d'une manière externe que d'une manière interne, les intérêts de la civilisation : les califes d'alors appliquant les uns après les autres ces prescriptions, leur empire devint considérable et leur pouvoir très fort. Lorsqu'il vit les musulmans se rassembler pour la prière, Roustem s'écria :«'Omar me ronge le coeur : il enseigne aux chiens la bonne éducation!» Par la suite, des tribus cessèrent de prêter leur appui au pouvoir et négligèrent les préceptes de la religion, si bien qu'elles désapprirent l'art de gouverner et revinrent à leurs déserts, oubliant à la longue, du fait qu'elles n'étaient plus soumises à qui que ce fût et ignoraient les devoirs gouvernementaux, qu'elles aient jamais fait cause commune avec les représentants de l'autorité gouvernementale : elles retournèrent ainsi aux moeurs grossières qui avaient été les leurs auparavant, et le mot «empire» n'évoqua plus pour elles autre chose que leur communauté d'origine et de race avec les califes. Lorsque la puissance du califat disparut sans laisser de traces, les Arabes perdirent toute autorité au profit exclusif des races étrangères : ils demeurèrent alors dans les solitudes de leurs déserts, ne sachant plus ce que c'est qu'un empire et l'art de le gouverner, ignorant même, pour leur plus grand nombre, qu'ils avaient autrefois possédé un empire, quand aucun peuple au monde n'eut jamais empire comme celui que détinrent leurs tributs, témoins les dynasties de `Ad, de Thamoud, des Amalécites, de Himyar, et des tobba' du Yemen, puis au sein de l'Islam la dynastie modarite : Omayyades et Abbassides. Ils sont devenus incapables de gouverner lorsque, oubliant les préceptes de la religion, ils sont revenus à leur bédouinisme originel : il peut arriver parfois qu'ils s'assujettissent des États faibles, comme c'est aujourd'hui le cas au Maghreb, mais ils n'aboutissent alors qu'à ruiner la civilisation des pays dont ils se sont emparés, comme nous l'avons dit : Dieu donne à qui il veut Sa puissance souveraine.

 

 

 

 

 

Algérie Focus

 

sur Ibn Khaldoun en tournage à Constantine

Poste par juil 16th, 2011 

Le palais du Bey de Constantine a abrité ces derniers jours, une grande partie du tournage d’un docu-fiction de plus de 60 minutes dédié au penseur et historien Nord Africain, Abderrahmane Ibn Khaldoun, l’auteur des célèbres Prolégomènes. Ce film basé sur l’autobiographie du fondateur et précurseur de la sociologie et de la science moderne portant sur les fondements du pouvoir politique, aujourd’hui appelée politologie, est réalisé par le cinéaste algérien, Chergui Kharroubi, installé actuellement à Bruxelles.

Les deux frères Oussama et Akram Djeghim âgés respectivement de 16 et 25 ans ainsi que l’acteur Dahmane Aidrous , incarnent les diverses tranches de vie de cet illustre homme de sciences et historien, depuis son enfance jusqu’à sa vieillesse et sa mort en passant par son adolescence et sa jeunesse, a précisé le réalisateur de cette £uvre artistique, rencontré, jeudi au palais Ahmed Bey où il supervisait les dernières prises de vue du film.

Le film documentaire produit par Yacine Lalaoui et ponctué par des interviews, des commentaires et des témoignages en voix off apportés par des historiens, d’anthropologues et de sociologues, débute par une séquence sur la mort du personnage avant un flash back remontant le temps jusqu’à la naissance d’ibn Khaldoun, et racontant sa vie, ses £uvres, ses principes, ses positions et sa vie sociale que partage avec lui sa femme dont le personnage est incarnée par l’actrice montante native de Constantine, Mouni Boualem.

Le fondateur de la sociologie et de la science portant sur les fondements du pouvoir politique est considéré comme le précurseur, à l’échelle du monde méditerranéen, de la pensée rationaliste appliquée à la vie des hommes.

Le réalisateur de ce film documentaire a indiqué à l’APS que son produit sera probablement projeté en avant première avant la fin de l’année à Tlemcen dans le cadre de la manifestation ’’Tlemcen2011, capitale de la culture islamique’’ où des prises de vue sont également prévues à Frenda, comme c’est d’ailleurs le cas pour les villes de Bejaia , Biskra (El Kantara) et Alger (la Casbah).

APS

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 20:23

L'Expression

Un hommage à la poésie kabyle

Par
L'art de la parole et des sentiments L'art de la parole et des sentiments

La clôture du Festival d'Azeffoun se tiendra au niveau du Centre culturel algérien de Paris, le jeudi 29 septembre 2011, en soirée, avec la présence de Saïd Hilmi comme invité d'honneur.

La 2e édition du Festival des arts et de la poésie d'Azeffoun aura lieu du 14 au 17 septembre prochain, à Azeffoun, avec la présence d'une pleiade de poètes étrangers et d'une cinquantaine de poètes d'expression kabyle, a-t-on appris, hier, auprès de Lynda Hantour, chargée de communication de cette manifestation. Le festival sera organisé sous le patronage de la daïra d'Azeffoun ainsi que de l'APC et des élus de la même ville. Les associations culturelles Ivehriyen, Ruzazus et Tigmine seront également partie prenante de l'organisation. Lynda Hantour rappelle, que ce festival est un rendez-vous annuel imaginé et mis en oeuvre par Yvan Tetelbom, comédien, poète et créateur culturel en arts vivants et expositions, natif d'Azeffoun. «Il revient dans son pays natal pour transmettre avec ses amis artistes sa flamme poétique dans ce pays qui a tant donné pour les arts», ajoute notre interlocutrice. Sept poètes de la scène francophone internationale seront au rendez-vous. Il s'agit de Dominique Ottavi (Corse), Pedro Alédo (Espagne), Vanina Michel (France), Yvan Tetelbom (France-Algérie), Théa-Marie Robert (France), Claudine Bertrand (Quebec) et Rocio Duran-Barba (Equateur). Le président d'honneur du festival n'est autre que le célèbre acteur Saïd Hilmi.
Les organisateurs lancent un appel à participation aux poètes d'expression kabyle désirant prendre part à ce festival de se rapprocher d'eux à belgaphot@yahoo.fr.
La clôture du Festival des arts et de la poésie 2011 d'Azeffoun se tiendra au niveau du Centre culturel algérien de Paris, le jeudi 29 septembre 2011, en soirée avec la présence de Saïd Hilmi comme invité d'honneur pour un hommage à la poésie kabyle dans le cadre du 5e Festival international de la poésie de Paris.
Yvan Tetelbom, qui parraine cet événement est né en Algérie, dans la ville d'Azeffoun. Il décide d'exercer le métier de comédien - poète (au statut intermittent du spectacle), disant à voix nue, sur toutes les scènes de France et à l'étranger, ses propres textes. Il est aussi créateur culturel en arts vivants et expositions, et organise et anime divers festivals, notamment à Paris. Pour lui, «être c'est s'oublier, perdre sa trace, n'être rien pour être celui où viennent résonner les vibrations du monde et dont la parole intense, chargée de révolte et d'émotions, nous restitue ce que ce monde clame et que nul ne veut entendre».
Parmi les autres invités de marque qui seront présents à Azeffoun, on peut citer Théa-Marie Robert. Cette dernière est nommée messagère de la culture de la paix à l'Unesco en 2000. Elle est chorégraphe et professeur de danse contemporaine, écrivaine et photographe de la nature. Elle a fondé l'Art cosmopoéthique, une expression qui associe les mots, le mouvement et les images. Successivement directrice de l'école Danse Art Mouvement en Bretagne, puis directrice artistique de sa Compagnie «Des actes pour la vie», elle est présidente fondatrice de l'ambassade de l'eau pour la vie et la paix, présidente fondatrice de Poètes aux sommets à Chamonix, membre de la Société académique Arts sciences lettres de Paris dont elle a reçu la médaille de vermeil en 2008, du Cercle des ambassadeurs de la paix de Genève, de la Sacd, de la Sgdl, de l'UPP, Dr en littérature de l'Académie mondiale des arts et de la culture depuis 2009 et récipiendaire d'un prix international de poésie pour son oeuvre à Taïwan, en 2010. Elle est une femme engagée pour les droits des femmes et la dignité de la personne humaine, la paix et l'écologie spirituelle. Marie Robert a écrit sept livres, récits, essais et recueils de poésie, ainsi que les paroles et musiques d'une dizaine de chants et hymnes.
Quant à Saïd Hilmi, qui n'est pas à présenter, il faut juste rappeler qu'il est auteur, comédien, réalisateur, membre de la Sacd, sociétaire définitif de l'Office national des droits d'auteurs algériens. Il a joué dans sept films cinématographiques, 60 longs métrages (téléfilms), producteur d'une émission de radio (Chaîne II) Aquerdhach (comment carder) pendant dix ans, cinq pièces de théâtre. Sa dernière tournée à travers l'Algérie est «Propos de rien». Il vient de publier un livre intitulé Plume qui délire.

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 11:44

 

Bachir Lazhar, de Philippe Falardeau, projeté à Locarno

Mise à jour le mercredi 13 juillet 2011 à 17 h 56 HAE

Philippe Falardeau lors du tournage du film. On aperçoit Mohamed Fellag au fond de la classe.

Philippe Falardeau lors du tournage du film. On aperçoit Mohamed Fellag au fond de la classe.

Bachir Lazhar, le dernier film de Philippe Falardeau, sera projeté en première mondiale au 64e Festival international du film de Locarno, en Suisse, qui aura lieu du 3 au 13 août prochain. Mais le film n'est pas en compétition.

Le long métrage sera présenté au public en projection extérieure sur Piazza Grande le 8 août prochain. Une place qui peut contenir jusqu'à 8000 personnes.

Le film raconte l'histoire d'un immigrant algérien, Bachir Lazhar, qui remplace une enseignante morte tragiquement.

Au fil des jours, l'enseignant, qui a vécu une histoire tragique, apprend à connaître des enfants attachants, malgré les différences culturelles entre sa classe et lui.

Personne à l'école ne soupçonne le passé douloureux de Bachir, qui risque l'expulsion du pays à tout moment. Le film est adapté d'une pièce de théâtre d'Évelyne de la Chenelière.

Le célèbre humoriste et écrivain franco-algérien Fellag joue le rôle principal. Les acteurs Sophie Nélisse et Émilien Néron ainsi que Brigitte Poupart, Danielle Proulx, Jules Philip, Francine Ruel et Louis Champagne partagent l'affiche.

Bachir Lazhar prendra l'affiche au Québec le 28 octobre prochain.

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