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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 22:09
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Published by iflisen - dans Tamazight tatrart
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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 21:45

 

el watan

Oraison pour maison

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le 13.04.13 |

L’Algérie réelle est le ciment de l’Algérie éternelle. Ses racines sont fortement ancrées dans son histoire ancienne, tumultueuse et, par-dessus tout, riche et diverse.

Depuis des décennies, notre pays traverse une crise presqu’existentielle dont les symptômes se manifestent, à divers degrés, dans les domaines économique, politique, identitaire, culturel, spirituel et moral. Ce postulat établi, une question lancinante domine les débats : comment s’en sortir et dans quelle Algérie voulons-nous vivre ?

De nombreux peuples ont déjà été – dans un passé plus ou moins récent –, confrontés à cet écueil. Par un zeste de patriotisme et un travail objectif sur soi, c’est-à-dire à travers le tissu social, les réponses ont bourgeonné tels des arbres dans une prairie. C’est que la solution est à l’intérieur. L’Algérie est la solution de l’Algérie, par ses richesses naturelles, par sa diversité culturelle, par la compétence de ses hommes. Et, ma foi, notre pays ne manque ni d’hommes et de femmes et encore moins de compétences. Jugurtha a défié les Romains et, dans la cité divine, Saint-Augustin a porté haut la spiritualité. Ben M’Hidi, Krim Belkacem et bien d’autres encore ont tenu la dragée haute à la quatrième puissance militaire mondiale de l’époque.

Pas si loin de nous, les Verts ont fait s’agenouiller la terrible équipe de l’ex-RFA en un mémorable match de football. On peut citer également, de nos jours, le professeur Noureddine Mellikechi, qui fait partie du groupe en charge du projet "Curiosity" destiné à inspecter les secrets de la planète Mars. Bien sûr, la liste est loin d’être exhaustive de ces talents et compétences anciennes ou actuelles. Mais comment ne pas évoquer toutes ces personnes, nombreuses, qui ont porté l’Algérie au cœur, et demeurent, sinon bannis, du moins oubliés par l’Algérie officielle, oubliés notamment dans les programmes scolaires au nom d’un nationalisme frelaté ? Parmi ces exclus de la mémoire, figure en bonne et triste place la famille Amrouche, qui a donné trois personnalités d’envergure au pays. Il y a là une saga familiale, déchirante d’émotion, mais porteuse d’une sève gorgée d’admiration.

Les Amrouche constituent une branche dont le destin si singulier est cependant intimement lié à l’histoire contemporaine de l’Algérie. Née dans l’opprobre, la mère, Fadhma Ath Mansour, a longtemps traîné ses guêtres jusqu’à la limite de ses forces. De père inconnu ou refusant de la reconnaître, la petite fille avait ainsi vécu sans affection paternelle et sans cadre familial, passant une enfance difficile, allant de couvent en couvent, des Ath Yenni aux confins d’Ighil Ali. Là, un certain Belkacem Amrouche l’avait épousée. Malgré les affres de l’errance et une immense souffrance, elle avait continué à butiner insatiablement et goulûment, dans la riche tradition kabyle. Un tel nectar a été naturellement transmis à une nombreuse progéniture attachante, passionnée et ouverte sur un monde ingrat et douloureusement changeant.

Au milieu de la fratrie, brillaient deux étoiles incandescentes : Jean El-Mouhoub et Marguerite Taos. L’oralité et l’écriture étaient leurs deux outils de transmission des connaissances, de la mémoire et des convictions. Inaugurant un nouveau cycle du roman algérien par sa plume féminine, Taos avait balisé le chemin par une expression littéraire à voix multiples, se signalant par une série de romans inspirés, Jacinthe noire, Rue des tambourins, L’amant imaginaire, Solitude, ma mère ainsi que son fameux recueil de contes et de poèmes, Le grain magique, Taos avait révélé son talent de conteuse et une tendance à témoigner autant sur une époque que sur la condition féminine. Sur scène, sa voix envoûtante avait porté haut la culture de son pays et le combat de ses congénères. Par ailleurs, dès 1966, elle était devenue l’éminence grise de l’Académie berbère (Ndlr : association parisienne défendant la culture et la langue amazighe).

Quant à El-Mouhoub, journaliste, poète, homme de lettres mais aussi de radio, il apparut vite comme un être aussi surdoué que sa sœur et un esprit à l’engagement sincère. Après les Chants berbères de Kabylie», ayant reflété la dimension universelle de la culture locale, il avait rédigé tout de go son magistral Eternel Jugurtha, introduction au génie africain. C’était, grosso modo, un texte philosophique et humaniste s’inscrivant, avant terme, aux antipodes d’un certain «Discours de Dakar» d’un Sarkozy insultant l’Afrique, peuples et Histoire. Cependant, la grandeur de cette famille lettrée, s’est surtout illustrée dans les prises de position solennelles en faveur de la liberté du peuple algérien à un moment crucial et tandis que d’autres esprits avaient choisi la gloriole et la réussite personnelle qui s’offraient dans la France des Trente Glorieuses. «Pacifiste, il dénonça avec vigueur et inlassablement la féroce répression qui décimait son pays», dixit Krim Belkacem. Par cette conviction sacrée, il joua un rôle important dans la préparation des accords d’Evian ayant conduit à l’autodétermination du peuple algérien. Il avait ainsi tourné le dos à ceux qui avaient «jeté les Algériens hors de toute patrie humaine» pour trouver refuge à Radio Genève. Plus loin, dans ce même poème (Le combat algérien, 1958), il avait martelé : «Ici et maintenant / Nous voulons/ Libres à jamais sous le soleil dans le vent /La pluie ou la neige / Notre patrie : l’Algérie». Hélas, les manuels scolaires ne disent rien aux enfants de ce patriote !

Pourtant, rien n’est plus difficile que d’enterrer une vérité à tout jamais. Bien après la disparition d’El-Mouhoub, Ferhat Abbas témoignait pour l’auteur de Etoile secrète, Cendres et Un Algérien s’adresse aux Français, avec ces mots éloquents : «Nous qui croyons en Dieu, nous pensons que notre ami est toujours parmi nous : c’est pourquoi nous sommes sûrs qu’il n’y a qu’une seule manière d’honorer sa mémoire : rester fidèles à son idéal de paix et de fraternité humaine et agir pour que prospère, dans les meilleures conditions une Algérie réconciliée avec elle-même.» Aujourd’hui, nous voici donc à découvrir, ou à redécouvrir, la vraie famille Amrouche telle qu’elle est et doit être perçue : une fierté algérienne !

Par son caractère populiste, jetant l’anathème sur les hommes et les femmes ayant fait fi de la pensée unique, l’Etat algérien, arrogant dépositaire de l’histoire officielle, a mis le couvercle sur des noms, des lieux et des événements influents. Toute honte bue, le fleuve a été détourné, pour paraphraser Rachid Mimouni. Mais, pas pour longtemps. Il y a des méandres impossibles à traverser, trop étroits, comme il y a des mensonges indigestes, aigres, impossibles à avaler. Ceci dit, Dieu ,dans son immense générosité, a gratifié notre terre de joyaux naturels extraordinaires. Aussi, la main de l’homme en a pétri des «créations à résonnance humaine et de civilisation». Par-ci, le Tombeau dit de la Chrétienne. Par-là, le mausolée de Medghacen. Par-là, La Casbah. Des jardins, des parfums et des couleurs. Ailleurs, des villages encore parés de leur beauté et traditions… Et si la liste n’est pas exhaustive, il y a aussi un effrayant constat qui peut donner l’ulcère et de violentes nausées : tous nos vestiges tombent en décrépitude. Un par un.

Voilà donc une sous-culture destructrice qui nous poursuit, jusque dans nos souvenirs personnels, archives manuscrites et photographiques. Cette hémorragie finit par amputer les lieux de patrimoine et de mémoire en concassant le réel et l’authentique. Ainsi, c’est bien la légende et la manipulation qui feront école et seront des repères incontournables pour des âmes perdues ! Que reste-t-il de l’artisanat et des arts traditionnels ? Peintures, poteries, tatouages ? Que reste-t-il des maisons d’Abane Ramdane et de Didouche Mourad ? Quel est l’état de santé de nos oasis ? Que reste-t-il des ruines de la Qalâa des Beni-Hammad, des cités d’Achir et de Tahert ? N’est-il pas vrai que de nombreux monuments dédiés aux martyrs sont souillés sans que cela n’émeuve personne ?! Jusqu’à quand laissera-t-on faire, en toute impunité, les prédateurs des vieilles monnaies et autres pièces archéologiques ?

Un insupportable spectacle d’abandon meuble et gangrène le paysage. Et le patrimoine, matériel et immatériel, se trouve déclassé par la grâce d’une amnésie scélérate. Ce plongeon vertigineux laisse pantois et déroge grandement à la construction paisible d’une nation souveraine et prospère. Les lieux d’histoire qui parsèment les quatre coins de notre pays représentent un véritable musée à ciel ouvert, implanté au milieu d’une nature luxuriante. L’Unesco, dont les efforts pour la préservation du patrimoine sont louables, mérite bien un encouragement attentif, franc, ici et maintenant. La culture, les vestiges, l’histoire et le patrimoine sont autant de vocables formant un même projet : réconcilier les Algériens avec eux-mêmes, seul remède contre la violence et la décadence. Comment parler de notre histoire si les vestiges du passé sont mis quelques pieds sous terre ? Questions à deux dinars : que serait la Chine sans sa muraille ? Que serait Paris sans la tour Eiffel et le château de Versailles ? Que serait Rome sans son Colisée et la fontaine de Trévi ? Mais, passons…

Naturellement, Tlemcen a besoin de Lalla Setti et la maison de Mohammed Dib. Bejaïa a besoin du mausolée de Yemma Gouraya et de la maison des Amrouche. Oran a besoin de Santa Cruz et de la maison de Zabana. Sétif a besoin de Aïn Fouara et de la pharmacie de Ferhat Abbas… Toutes les villes et provinces d’Algérie ont le devoir chauvin de restaurer, préserver et transmettre leur patrimoine où le souffle de l’histoire reste fort et permanent. Pépinière d’hommes actifs au génie indéniable, l’Algérie doit se tourner vers elle-même pour puiser la force et la fierté d’exister et faire face au désenchantement terrible qui secoue le tissu social. De par le monde entier, autour des lieux de Mémoire et d’Histoire, fleurissent des leviers économiques fructueux, générateurs de richesse et de convivialité. Les pyramides d’Egypte, la cité Machu Picchu au Pérou, en sont des exemples édifiants qui mêlent la mémoire à la rentabilité et aux bénéfices. Multiple, riche et belle, l’Algérie qui se targue de rendre hommage à ses meilleurs enfants, en valorisant leurs œuvres et leurs traces, doit dépoussiérer ses archives dans un élan de cohérence et d’ouverture.

Actuellement, la maison des Amrouche à Ighil Ali, se trouve au cœur d’un conflit lamentable entraînant un chagrin collectif. Elle mérite un sursaut d’orgueil porté par la scène publique et une prise en charge effective de l’Etat, légitime garant d’une filiation solide avec ses racines et dont le prochain rayonnement serait profitable à l’Algérie entière. Un sincère hommage à cette famille ne serait pas de trop pour un Etat sûr de lui, fier de son passé et jaloux de ses richesses. Détourner le regard est un rabaissement moral irresponsable. Cette maison est aussi un monument culturel qui demeure – j’en suis profondément persuadé –, habitée par les âmes des siens qui attendent, patiemment, une évocation pleine de reconnaissance et un regard empreint d’affection.

Tarik Djerroud. Ecrivain
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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 16:27
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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 00:28

 

 

Dans la matinée du samedi 8 avril 1871, cheikh Aheddad proclama sur la place du marché de Seddouk la guerre sainte contre l’occupant français.

Cheikh Aheddad.Cheikh Aheddad.

Jetant sa canne dans la foule, l’octogénaire, maître de la confrérie Rahmania, déclara : "Avec l’aide de Dieu, il nous sera aussi facile de jeter le Français hors de chez nous". Il lança ainsi dans la bataille 250 tribus, le tiers de la population algérienne, majoritairement de Kabylie et du Constantinois et accessoirement du centre et de l’Ouest.

Ce grand soulèvement armé durera d’avril 1871 à janvier 1872. Il étendit une série de révoltes sporadiques qui émaillèrent l’année 1870 et relançait une guerre proclamée le 14 mars par le Bachagha Mokrani, le maître de la Medjana, avec sa trentaine de tribus fidèles. Cette insurrection qui avait réussi à mettre sérieusement en péril le système colonial est d’autant plus importante que ses conséquences avaient scellé le destin de la population algérienne jusqu’au déclenchement de la révolution de novembre 1954 !

Au-delà des origines et des causes de la rébellion rapportées en leur temps par les officiers coloniaux et analysées et re-contextualisées par les historiens depuis quelques décennies, c’est le drame humain qui s’est joué dans le camp des vaincus, et ses stigmates qui posent problème encore de nos jours.

40 ans après le débarquement de la flotte de l’amiral De Bourmont à Sidi Ferruch et la débâcle de l’armée turque et des bataillons kabyles venus rejeter les Français à la mer, la colonisation de peuplement avançait à grands pas, s’accaparant les meilleures terres, refoulant les autochtones sur les terres arides causant misère et famines de plus en plus dramatiques. Venu se substituer au règne des militaires vaincus sur le front de la guerre contre la Prusse, le régime civil tant redouté par les indigènes couronnera la succession durant trois années (de 1867 à 1869) de mauvaises récoltes et confortera l’avidité des colons par un arsenal juridique de plus en plus répressif. La révolte devenait inévitable : "Mourir pour mourir, autant le faire dans l’honneur, les armes à la main", répétait-on dans les Djemââs et les souks !

Cinq forces d’inégales valeurs étaient en présence sur le terrain, où la possession de la terre constituait l’enjeu principal. Les paysans indigènes, pour qui défendre la terre nourricière, propriété des ancêtres, relevait des valeurs existentielles de Nif et de Horma pour lesquelles le sang était le prix consenti. On prenait le fusil dés qu’il s’agissait de défendre sa famille contre l’opprobre et le déshonneur, sa terre contre la spoliation, et par extension son pays contre l’occupation. Les féodaux algériens alliés de l’armée française, voyaient leur influence en perte de vitesse à mesure que s’appauvrissaient les fellahs et que les prérogatives des militaires passaient aux mains des civils et que se consolidait le nouveau régime qui rognait leurs privilèges.

Ces deux forces aux intérêts souvent opposés mais complémentaires pour la circonstance allaient être fédérées par les religieux, maîtres des zaouïas, tenants du pouvoir spirituel contestés et réprimés par les colonisateurs. Les trois forces allaient s’unir et constituer une structure de guerre contre l’occupant avec ses forces militaires régulières son administration et ses milices paramilitaires composées d’ultras et de mercenaires à la solde des colons. Tous se battaient pour la terre ! Les militaires français mesuraient en termes de terres conquises, les colons en terme de surfaces utiles gagnées au moment où face à leur avidité les Algériens comptaient les millions d’hectares perdus et à jamais interdits même pour le parcours et le passage. Moyen de subsistance pour les uns, source de richesse et de pouvoir pour les autres, la terre était prête à recevoir le soc des charrues mais aussi le sang des combattants ! Défendre la terre pour les Algériens, s’en accaparer pour les Français avait constitué depuis 1830 la cause véritable de toutes les révoltes, individuelle ou collective, petite ou massive, même si les événements et le contexte du déclenchement furent souvent avancés, en écran, comme les véritables raisons des soulèvements.

Une répression aveugle

De nombreux événements inhabituels avaient marqué cette année 1870.L’algérie sous autorité militaire depuis 1830 passe sous le régime civil, avec pour conséquence pour les chefs féodaux indigènes, la perte de leur influence sur les tribus. La fin de règne des bureaux arabes, véritable tête de pont de la colonisation dans les zones non administrées par les civils français. La disparition de cette administration tampon mettra les paysans algériens face aux colons français sans aucun médiateur pour absorber les chocs.

Les décrets Crémieux qui attribuaient aux juifs la nationalité française et tous ses privilèges,alors que les musulmans en étaient privés, avait constitué selon certains historiens la goutte qui avait fait déborder le vase. L’utilisation des Spahis, garde rurale musulmane, dans la guerre contre la Prusse, s’ajoutera à tous ces changements trop rapides pour la société indigène terrassée par la famine due aux mauvaises récoltes conséquentes à la spoliation des meilleures terres par les colons. A croire que le soulèvement des algériens était sciemment recherché et provoqué par les colons qui voyaient dans cette année 1870,devant la faiblesse générale du régime français, le moment propice pour faire valoir leur point de vue.

L’état d’esprit du côté des Algériens était à la révolte. Le sentiment national et l’esprit d’indépendance suffisaient en réalité à expliquer la mobilisation de nombreuses tribus qui ne supportaient plus le mépris des colons et leurs exactions. On entendait alors "faire partir tous les fusils à la fois dans un dernier effort pour chasser le français du pays". La mutinerie des Spahis qui refusaient de partir sur le front de la Prusse, les premières défaites de l’armée française contre la Prusse, la captivité de Napoléon III, l’annonce de la prise de Paris par les Prussiens, ont créé un climat de fièvre amplifié par l’arrivée du fils de l’Emir Abdelkader annonçant l’imminente arrivée d’une armée turque pour libérer l’Algérie !

Ceci excita le patriotisme des tribus kabyles pour lesquelles les événements de la commune de Paris apportaient beaucoup d’assurance. A Alger les colons s’en prenaient aux militaires, le climat était à la guerre entre les Français. "Dieu les a frappés, ils ne se reconnaissent plus entre eux, ils sont devenus fous", disait-on.

C’était le moment de se révolter et frapper le colonisateur apparemment désorienté. On se réunissait dans les cafés, les djemaâs et les souks, on amplifiait les appels à l’insurrection. On s’armait, on constituait la logistique de guerre. Les chefs reconstituaient les çoffs, les ligues (chartya) qui surveillaient les caïds et les traîtres potentiels ! Fin janvier, les hostilités débutèrent à Mila pour s’étendre vers Souk-Ahras. Le Titteri s’embrase début février, à la mi-mars les Mokrani passent à l’action. La zaouïa Rahmania fédère toutes ces forces sous le commandement du fils de Cheikh Aheddad, et proclame la guerre sainte le 8 avril à partir de Seddouk !

Et la guerre commença. Le soulèvement de 1871 offrira à la colonisation l’occasion d’en finir avec toutes les jacqueries et les révoltes qui menaçaient l’ordre colonial et son projet "civilisateur"

"J’entrerai dans vos montagnes

Je brûlerai vos villages, vos maisons

Je couperai vos arbres fruitiers

Et alors ne vous en prenez qu’à vous seuls"

Voilà l’essence de la logique coloniale, comme celle de la fable du loup et de l’agneau, résumée par ces propos du Maréchal Bugeaud dès 1845.

"Markits a l’khodja techdhah !"

Passée l’euphorie de la mobilisation, les 200 000 paysans insurgés mal armés, conduits par des chefs inexpérimentés devenaient une véritable chair à canon pour les troupes régulières coloniales, leur cavalerie et surtout leur artillerie. "Les colonnes infernales" rasaient les villages, tuaient femmes et enfants et incendiaient les habitations. Louis Rinn donnait 2686 morts français durant cette insurrection pour un rapport sous évalué de 1 à 50, le nombre de tués du côté algérien dépasserait les 100 000 ! Exactions, incendies, viols, coupures d’arbres, démolitions de maisons, achèvement des blessés à la baïonnette, le témoignage du général Cerez en avril 1871 résume assez bien cette atmosphère de fin du monde : "A Souk-el-Khemis j’ai fait vider les silos pour nourrir ma cavalerie, j’ai fait brûler les quatre-vingt maisons des Ouled-Meslem… Le génie a coupé tous les arbres fruitiers pendant que la cavalerie brûlait le village d’El-Hammam"

Les chansons indigènes de l’époque témoignent de la férocité de la répression :

"1871 fut l’année de notre ruine

Elle nous brisa les reins

O ma bouche continue de chanter… "

Une autre complainte disait :

"En quatre mois le feu s’éteignit

Les nœuds les plus solides se délièrent

Et tout le monde connut la misère

L’impôt s’abattit sur nous à coups répétés…

Les gens ont vendu leurs arbres à fruits

et même leurs vêtements

C’est pour eux une époque terrible… "

Deux millions et demi d’hectares de terre sont placés sous séquestre ! 313 collectivités sont dépouillées de leurs biens, les terres de sept tribus considérées comme instigatrices de l’insurrection sont totalement accaparées ! On appliqua le système de la triple sanction aux indigènes. comme belligérants vaincus, comme indigènes insurgés et comme habitants résidant sur le territoire français. Le montant des amendes infligées dépassa les 70 millions de francs ! Les dernières tranches avaient été payées vers 20 ans après le déclenchement de l’insurrection ! Un droit de la dépossession fut institué au nom de l’efficacité des mesures préventives : "Il n’y a pas d’illusion à se faire. La contribution de guerre ne serait efficace pour la prévenir que si on la poussait à la ruine totale…"

Les principaux chefs furent jugés et déportés vers le bagne de Cayenne ou en Nouvelle Calédonie. Ils seront nombreux à ne plus revoir le sol natal ! Des centaines d’autres condamnés les rejoindront dans une succession de convois et de navires ! Ils rencontreront d’autres insurgés, ceux de la Commune de Paris. Durant des années les correspondances de ces derniers témoigneront de ce douloureux et lointain exil.

Dans de nombreux douars écrasés par la défaite, les colons vainqueurs et leurs supplétifs, s’adonnèrent à des pratiques immorales dégradantes pour déshonorer l’indigène vaincu. En plus du séquestre des terres, de la déportation des chefs vers les bagnes lointains, de la confiscation du bétail et des biens mobiliers et immobiliers, on s’attaqua à la dignité de l’indigène, son nif !

On organisa des fêtes villageoises à la gloire des armées coloniales et de leurs goums. Les nervis et les voyous à la solde des caïds locaux étaient chargés de discréditer les femmes sans défense. La mémoire collective a retenu, à travers des récits qui se recoupent, une pratique humiliante qui consistait à obliger les veuves des combattants indigènes à danser en public au rythme des tambourins et de la cornemuse des tambourinaires. Cette pratique d’avilissement tourna souvent au tragique ; de nombreuses jeunes filles livrées aux supplétifs de l’armée coloniale préférèrent le suicide au déshonneur ! On arrangeait donc d’interminables parties de danse où les femmes des vaincus devaient occuper la scène jusqu’à l’épuisement total. Dans ces arènes de l’opprobre où la canaille jouissait du spectacle, un secrétaire (khoja) tenait l’inventaire de toutes les danseuses, un caïd lui ordonnait : "Markits a l’khodja techdhah" (Notes, Khodja, qu’on se souvienne qu’elle a dansé " !

De nombreux historiens noteront que la haine semée par les colons au bout de leur victoire de 1871 a germé doucement pour emporter leurs enfants en Novembre 1954.

Les stigmates de 1871

152 ans après ce grand soulèvement populaire manqué, toutes les cicatrices ne sont pas refermées. Les problèmes résultant du séquestre des terres des tribus engagées dans l’insurrection n’ont pas tous été réglés. Il en est ainsi des terres dites propriétés du Bachagha Ben-Ali-Chérif, un millier d’hectares situés à cheval sur les territoires des communes d’Akbou et d’Aouzellaguen. Ces étendues de terres fertiles mises sous protection de l’Etat après l’indépendance puis versées au fonds de la révolution agraire pour être attribuées aux paysans qui en avaient l’usufruit ont été restituées aux héritiers Ben-Ali-Chérif, en application de l’ordonnance N° 95/26 du 25 septembre 1995, par une commission de wilaya le 1er juin 1998 où siégeaient,entre autres, les représentants des anciens moudjahidines. L’opposition de l’Union locale des paysans algériens (UNPA) n’a pas donné les résultats escomptés. Les villageois de Felden (Chelata) revendiquent une partie de ces propriétés, ceux de Laazib une autre, les attributaires de la révolution agraire, réunis en association, la totalité. Le contentieux ne semble pas trouver d’issue. L’heureux héritier qui récupéra plus de 900 ha, a compris qu’il faut s’en débarrasser au plus vite. Il a déjà liquidé une partie appréciable, rachetée sans doute par les arrière-petits-fils des séquestrés de 1871 !

Rachid Oulebsir

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 10:12
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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 21:39

 

SACRÉ MEILLEUR INVENTEUR AUX ETATS-UNIS

Le jeune Algérien qui révolutionne la médecine

Par
Un génie qui s'exprime, mais... à l'étrangerUn génie qui s'exprime, mais... à l'étranger

De l'université de Tizi Ouzou puis à Lille en France, il rejoint l'Université de Californie avant d'atterrir à celle de Washington comme chercheur associé.

L'adage qui dit que «nul n'est prophète en son pays» s'est encore une fois confirmé en Algérie. Un jeune Algérien à laissé exploser son génie mais... à l'étranger. Abdennour Abbas, 33 ans, un chercheur algérien à l'Université de Washington à Saint Louis, figure dans le Top 10 des lauréats de la première édition française du concours conduit par la Technology review, pour l'Institut américain de technologie de Massachusetts (MIT). Chaque année, le MIT (Massachusetts Institute of Technology) distingue des jeunes talents de moins de 35 ans. Ce concours conduit par la Technology review de l'Institut a distingué ces dix dernières années des personnalités devenues depuis des célébrités: Mark Zuckerberg en 2007, cofondateur de Google, Max Levchin, de Paypal, Linus Torvalds, développeur de Linux, Jack Dorsey, cofondateur de Twitter... Cette année, le prestigieux institut américain a lancé une version française de son glorieux concours. Et voilà que le 21 mars dernier, les résultats de ce concours pour la France ont vu notre jeune compatriote faire partie des 10 lauréats.
Le mérite de Abdennour Abbas est encore plus grand car ce concours est une reconnaissance par ses pairs. La Technology review repose sur un mode de sélection par les pairs: on ne se présente pas soi-même à ce concours. Mais quelle a été l'invention de notre petit génie pour qu'il ait une telle reconnaissance? Au fait, c'est dans le domaine de la recherche médicale que l'Algérien s'est distingué.
Le Dr Abbas a inventé un moyen simple, efficace et surtout pas cher pour détecter la présence d'une maladie ou connaître son évolution. Ce diagnostic peut se faire chez soi, sans avoir à consulter un médecin. Il a ainsi créé des biocapteurs ultrasensibles à base d'anticorps artificiels pour le diagnostic médical. En plus du fait que ces tests «populaires» se fassent à domicile, ce qui évite les allers-retours chez le médecin, la technologie conçue par Abbas, c'est qu'elle est un milliard de fois plus sensible que les précédents capteurs basés sur des bandelettes de papier. Cela permet ainsi de détecter les pathogènes dès les premiers stades de l'infection. Abdenour Abbas est donc sur le point de révolutionner le diagnostic médical dans le monde. Et pourtant, il est un pur produit de l'Université algérienne, tant décriée.
Le Dr Abbas a en effet fait ses études en Algérie. Il a fait ses études supérieures à l'Université de Tizi Ouzou où il a obtenu un DES en biochimie en 2003. Mais il aura fallu qu'il quitte l'Algérie pour voir son talent exploser. Il rejoint la France pour y préparer un master suivi d'un doctorat dans le domaine des nanotechnologies appliquées à la médecine à l'Université de Lille 1 en 2009. Ambitieux, il décide de voir encore plus grand que la France.
Il rejoint le pays par excellence du développement technologique et de la recherche scientifique, les Etats-Unis d'Amérique. Il travaille à l'Université de Californie avant de rejoindre celle de Washington comme chercheur associé. La réussite de Abdenour Abbas, originaire de Makouda dans la wilaya de Tizi Ouzou, est un autre exemple du succès de notre élite sous d'autres cieux.
Dans un pays composé à plus de 60% de jeunes, il faut dire qu'il y a des milliers de Abdenour Abbas, notamment à l'Université algérienne mais dont le talent n'arrive pas à exploser pour des tas de raisons. A commencer d'abord par les conditions de travail peu adéquates, la marginalisation pour aboutir au conflit de générations qui sévit dans tous les domaines et tous les secteurs. N'est-ce pas que la fuite des cerveaux est un faux débat? Il faut d'abord penser aux raisons de ce mal. Car quand on voit les conditions des universités algériennes, qui malgré cela «accouchent» de Abdenour Abbas, ce débat n'a pas sa raison d'être vu la marginalisation que subissent les cerveaux qui sont restés au pays et les conditions dans lesquelles ils évoluent.
Ce débat a-t-il droit de cité dans un pays où les jeunes diplômés, censés être la future élite, languissent dans les cafés faute d'emplois?

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 21:25

el watan

 

Grands mausolées Maures et Numides

La plupart des sites livrés au vandalisme

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le 31.03.13 |

| © Photo : El Watan

L’archéologue Jean-Pierre Laporte a démontré dans sa conférence, que les rites funéraires libyques n’ont pas disparu des monuments sous les influences méditerranéennes gréco-punique et romaine.

Un projet maghrébin pour le classement de tous les mausolées d’Afrique du nord patrimoine universel, est en cours de concrétisation. C’est ce que nous avons appris de Mme Sabah Ferdi, maître de recherche au centre national de la recherche algérien (CNRA), subséquemment à la conférence livrée jeudi par l’archéologue Jean-Pierre Laporte au musée national Cirta sur les «Grands mausolées maures et numides d’Afrique du Nord».

S’appuyant sur des études très approfondies menées sur les différents monuments funéraires dispersés à travers le Maghreb, depuis le Maroc à la Libye, au moyen de méthodes modernes, -l’exploitation archéologique de vues satellitaires, entre autres-, le conférencier a démontré que les traditions funéraires libyques (forme antique de berbère) n’ont pas disparu sous les influences méditerranéennes gréco-puniques et jusqu’à la période romaine, dans les royaumes berbères, où des traces de rites libyques sont perceptibles, comme par exemple l’incubation, -qui consiste à dormir auprès de l’ancêtre mort pour s’inspirer de sa sagesse-, ou encore la présence d’autels à sacrifices…

De nouvelles thèses ont émergé de ces études qui ont permis une connaissance plus large des peuples préhistoriques nord-africains par rapport aux formes mêmes de leurs mausolées tels les Djeddars de Frenda (Algérie), au nombre de quinze identifiés par les lettres de l’alphabet de A à O, dont le soubassement est carré et l’élévation pyramidale, le gigantesque M’Zora, de type Bazina (circulaire) au nord-ouest du Maroc, qui serait selon la légende, la tombe du géant d’Antée (fils de Neptune et de la Terre, après qu’Hercule l’eut vaincu et tué), ou encore de Henchir Bourgou, sur l’île de Djerba, en Tunisie. «Les archéologues du XIXe siècle firent un travail remarquable en dépit des moyens rudimentaires ; leurs travaux nous ont beaucoup aidés, mais il y a encore une insuffisance globale de nos connaissances; les sites endommagés, ou saccagés demandent aujourd’hui pour leur restitution des équipes pluridisciplinaires : archéologues, géologues, architectes, historiens de l’art et ethnologues, en plus des laboratoires», relève le conférencier, qui, par ailleurs, publiera prochainement un ouvrage englobant tous ses travaux de réévaluation de découvertes anciennes.

Concernant le Mausolée d’El Khroub (dit Tombeau de Massinissa), le communicant note que sa restauration, récente, comporte beaucoup d’erreurs, et qu’une équipe pluridisciplinaire s’impose avec un cahier des charges pour sa restitution. «Il y a deux spécialistes maghrébins de renommée mondiale, Azzeddine Benchaouli et Mounir Rouchtaki, il faut les laisser travailler avec les éléments de leur choix», a-t-il suggéré. Donc, beaucoup reste à faire en matière de protection du patrimoine archéologique, spécialement en Algérie où la plupart des sites sont livrés au vandalisme en l’absence de gardiennage de nuit, comme, entre autres, celui de Massinissa dont les équipements d’accompagnement ont été proprement dévastés, ou encore Tiddis l’oubliée, pour ne citer que ceux-là.

Farida Hamadou
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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 21:03
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Published by iflisen - dans Écologie
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