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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 22:39

 

 

Etat des lieux de la gestion publique en Kabylie et perspectives de l’alternative autonomiste

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Par Le Matin | 12/06/2013 16:08:00 | 6340 lecture(s) | Réactions (15)

Cette contribution se veut une réponse technique pour tous ceux qui continuent à semer le doute sur les capacités de la Kabylie à se prendre en charge sur le plan économique.

Carte de la KAbylie.Carte de la KAbylie.

a) Avertissement

Dans le processus du développement de la démarche politique visant à la concrétisation de l’autonomie de la Kabylie, il ne faut pas faire du volet économique un abcès de fixation. Il faut, pertinemment, en finir avec ce complexe de vouloir, tout le temps, justifier les richesses de notre région. Il ne faut jamais dissocier la gestion économique du système politique lui-même. C’est les sociologies et les politiques qui font l’économie et non l’inverse.

Justement, cette contribution ne rentre pas dans ce cadre justificatif mais elle se veut une réponse technique pour tous ceux qui continuent à semer le doute sur les capacités de la Kabylie à se prendre en charge sur le plan économique.

Elle est, aussi, la preuve de notre conviction que le débat autour de l’autonomie de la Kabylie n’est plus au niveau de la revendication mais il se porte, désormais, sur les moyens et les politiques qui permettraient aux futures instances exécutives et consultatives de la Kabylie autonome de prendre en charge les doléances des citoyens pour déterminer les choix stratégiques à suivre pour réussir le défi de rendre à notre peuple sa dignité bafouée par les politiques ségrégationnistes du pouvoir d’Alger.

b) Introduction

Depuis l’indépendance confisquée, le pouvoir algérien fait dans la diversion en essayant de faire admettre aux Algériens en général qu’ils ne doivent leur survie qu’à la manne pétrolière alors que tout le monde sait à qui profite cette richesse et qui a la main mise sur la rente et sur l’économie de bazar.

La Kabylie n’a pas été découverte dans un gisement de gaz, ni une création contemporaine résultant d’une quelconque prospérité réalisée grâce à la manne pétrolière. Elle est multimillénaire. Le pétrole n’est pas éternel. La Kabylie est rebelle et immortelle. Par son organisation sociopolitique qui a inspiré bien de grands penseurs, par ses valeurs séculaires, par son attachement viscéral à la liberté, la Kabylie n’a rien perdu de son authenticité ni de sa culture de résistance encore moins de sa détermination à se hisser au rang de grande nation.

Ni la famine, ni la guerre, ni la répression, ni la politique d’arabisation n’ont pu triompher des citoyens de cette région. De ce fait, aucun défi ne peut lui faire peur. Le développement est à sa portée pour vu qu’il recouvre sa souveraineté par son accès à un statut de large autonomie. En effet, la Kabylie avec son fort potentiel économique, doit, non seulement assurer son propre développement, mais aussi contribuer d’une façon effective au développement de toute l’Algérie.

Toutes les forces vives seront mobilisées afin de créer un pôle d’excellence en matière de développement économique. Pour ce faire, il suffit de mettre en synergie l’intelligence dont dispose la région en l’occurrence les compétences formées par ses universités, les ressources naturelles et ses ambitions. Elle va réaliser son développement par l'encouragement de l'innovation (via la recherche), l'investissement, l'éducation, l'accroissement de la sécurité juridique, la conciliation de son progrès économique et social avec la préservation de l'environnement.

La Kabylie autonome va œuvrer à garantir à sa population la liberté d’entreprendre et de produire localement les richesses, synonymes d’autonomie économique et sociale, base de toutes les libertés culturelles et politiques.

c) Etat des lieux de la gestion publique en Kabylie sous le règne de l’état central

La Kabylie est autonome dans sa misère sans avoir le pouvoir de décision pour y faire face. Elle lutte seule contre une situation socio-économique des plus dramatiques qui réconforte les décideurs algériens, prêts à faire l'impossible pour amplifier son malheur. Un Etat central qui fait dans le sabotage et le chantage économiques, les collectivités territoriales dépourvues de pouvoirs, ne disposant même pas d’une fiscalité locale propre, des entreprises endettées et fiscalement étouffées, le développement est une chimère pour une Kabylie qui glisse de jour en jour dans une logique de désinvestissement

Il suffit d’aborder le débat sur l’autonomie de la Kabylie pour que votre interlocuteur vous lance la fameuse interrogation ; on va manger quoi ? Mais avant de répondre à cette question, nous devons d’abord poser une autre problématique à notre tour. Que ce qu’on est entrain de manger, actuellement, sous le règne d’un Etat exclusivement centralisé ?

Dans l’état actuel du système de répartition des enveloppes financières , les départements de la Kabylie sont budgétisés au même titre que tous les autres départements d’Algérie , a travers une loi de finance établit chaque année, d’une manière très centralisée, dont les critères d’affectation de budget pour le développement local ne sont soumis à aucune étude préliminaire en fonction des particularités sociales, économiques, géographiques ou culturelles d’une région donnée. Cette opération de partage de gâteau est dictée par l’influence des équilibres politiques, claniques voir tribaux ainsi que les humeurs régionalistes négatives qui gangrène le fonctionnement des structures de l’état.

Pour vérifier la pertinence de ce constat amer qui reflète le caractère régionaliste voir raciste du fonctionnement des instances de l’état central, il suffit de quantifier le nombre des infrastructures de base et des équipements publics réalisés dans la wilaya de Tlemcen pendant cette dernière décennie et de les comparer à ceux réalisés dans toute la Kabylie.

Contrairement à cette croissance extraordinaire de la région de l’ouest algérien, la Kabylie n’a reçu rien d’autres qu’un très important lot de blocages et d’entraves pour mettre à genou son économie et affamer sa population. Bureaucratie tentaculaire qui décourage tout investisseur potentiel de s’installer en Kabylie. Délocalisation consécutive aux désordres, abus fiscaux et gestion opaque du foncier rendant toute affectation de terrain illusoire dans des délais raisonnables.

Rien n’aura été épargné pour paralyser le développement local en Kabylie. La politique de la terre brûlée pratiquée par le pouvoir d’Alger à l’égard de la Kabylie a atteint son summum, Bouteflika bloque même les projets antérieurement agréés. C’est dans cette optique que la politique de délocalisation des grands projets destinés à la Kabylie est devenue systématique. Entre autres, on peut citer les plus importants ; à l’image de la raffinerie pétrolière qui devait être réalisé à Bejaia et qui est transférée sur Tiaret malgré toutes les expertises qui donnaient Bejaia comme site adéquat pour ce type de projets.

Dans la même logique criminelle du pouvoir en place, la centrale thermoélectrique devant servir toute la région d’Azeffun a été bloquée. A noter que, sans cette centrale, il ne sera même pas possible d’alimenter une grue sur le nouveau port d’Azeffun. L’autoroute est-ouest, principal grand projet de l’ère Bouteflika n’est finalement qu’un plan réservé pour l’anéantissement et l’isolement du port de Bejaia qui demeure le principal pole économique de la Kabylie.

Selon les dire du directeur de ce port, cette institution souffre d’une perte sèche de 200 000 millions de Dinars / jours depuis l’ouverture de cette autoroute à laquelle on a ôté volontairement trois pénétrantes qui devaient donner sur Tizi ouzou à partir de Aomar gare, sur Akbou à partir d’el M’hir et sur Souk el Thenin à partir de Sétif. Ces pénétrantes existaient bel et bien dans l’étude préliminaire du projet en question.

Ces délocalisations, ces blocages et ces retards volontaires dans la réalisation des équipements publics qui affectent sérieusement la stabilité économique et surtout l’efficacité de la budgétisation des wilayas kabyles ne peuvent être dépassés que dans le cadre d’une Kabylie autonome. Il n ya qu’un gouvernement régional qui pourrait mettre notre économie à l’abri de ces agissements racistes du pouvoir central. A l’état actuel de la gestion de la dépense publique, aucune autorité locale (élus et admistrateurs confondus) n’a son mot à dire sur la gestion budgétaire.

Les enveloppes financières destinées à la réalisation des équipements publics et de l’habitat sont, uniquement, du domaine du ministère des finances c'est-à-dire de l’état central. Au niveau local, La dépense publique est du ressort de deux fonctionnaires qui sont des détachés du ministère des finances. Le contrôleur Financier, en amont, pourrait viser le marché qu’il veut et laisser en instance celui qu’il voudrait bloquer. Le trésorier, en Aval, pourrait payer l’investisseur ou l’entrepreneur qu’il veut garder et bloquer le payement de celui qu’il veut faire fuir.

Pour tromper l’opinion publique et à chaque début d’exercice financier, le gouvernement central annonce des budgets colossaux destinés à la Kabylie. Dans la théorie, ces chiffres annoncés sont, réellement, affectés à la Kabylie mais ils n’ont, jamais, été consommé dans la pratique.

Depuis 2001, la wilaya de Tizi Ouzou n’a jamais consommée plus de 35% de son budget annuel ce qui est du essentiellement aux blocages en amont et en aval qu’on a signalé ci-dessus. En plus de cette volonté délibérée de mettre à genou l’économie de la région Kabyle, saviez vous que, dans l’état actuel des choses, c’est la Kabylie qui donne de l’argent à l’état central et non l’inverse ? A travers sa fiscalité importante et le taux de recouvrement de ses recettes fiscales, la Kabylie verse au trésor public plus qu’elle en reçoit en terme de budget annuel dans le cadre de la loi de finance Algérienne. La Kabylie est tout simplement victime d'un racket fiscal

Croire que c’est le Trésor public de l’état central qui nourrit la Kabylie est une hérésie. La contribution de la Kabylie à la fiscalité nationale est la plus importante de toutes les régions. Le taux de recouvrement en Kabylie avoisine les 100 % alors qu’ailleurs c’est déjà un record d’atteindre les 25 %. Une petite équation mathématique dont les composants sont les budgets actuels des wilayas Kabyles, la fiscalité kabyle et les recettes pétrolières annuelles et leur répartition au prorata du nombre d’habitants après la consécration du système d’autonomies régionales, nous permettra de déduire qu’en plus de notre liberté et de notre dignité nous allons gagner dix fois plus sur le budget actuel. Quelles seront, concrètement et sur le terrain, les pistes d’améliorations de l’enveloppe financière destinée à la relance économique, dans le cadre d’une Kabylie autonomie ?

Nous utilisons le terme "pistes d’amélioration" pour mettre le développement économique en Kabylie au diapason des nouvelles méthodes de management politique qui se base sur la démocratie sociale et sur des techniques managériales qui mettent en avant-garde de toute amélioration économique le potentiel de compétences en ressources humaines.

d) Perspectives économiques de la Kabylie autonome

Avec un gouvernement régional, nous aurons tous les mécanismes financiers et autres qui vont nous permettre de dépasser ce stade de stagnation de notre développement local. Nous disions, quelles seront, concrètement les pistes d’améliorations de l’enveloppe financière destinée à la relance économique, dans le cadre d’une Kabylie autonomie ? On peut citer entre autres :

- L’augmentation de la consistance du budget annuel de la Kabylie, en gardant la totalité de sa fiscalité (avec ce 1er critère déjà, la vie de nos concitoyens kabyles serait meilleure qu’aujourd’hui)

- Le dépassement des obstacles et des blocages dont on a parlé ci-dessus du fait que les instances financières vont dépendre du gouvernement local.

- Le dépassement de ces obstacles permettra le retour des investisseurs qui ont déserté la Kabylie.

Ceci va, certainement, générer des nouvelles recettes fiscales qui vont servir de valeur ajouté pour l’économie kabyle.

- Le dépassement du problème de la non concordance de la majorité locale avec la majorité nationale permettra de réduire les conflits du à une certaine appréciation idéologique entre les deux majorités éternellement contradictoires.

- En dernier, l’hôtel des finances de la Kabylie autonome pourrait éventuellement profiter de sa quotte part des richesses pétrolières qui vont, logiquement, se répartir au prorata de nombre d’habitants (ce cas dépend essentiellement des négociations avec l’état central pour la mise en pratique de l’autonomie kabyle).

Pour concrétiser ces pistes améliorations, le gouvernement régional de la Kabylie autonome doit adopter une approche va se reposer sur le potentiel en ressources humaines dont dispose la Kabylie, dans le processus de la mise en application des procédures relatives au développement économique. Cette stratégie de mettre en valeur le capital humain est la plus efficace méthode qui permettrait à ce gouvernement de satisfaire les exigences citoyennes en termes de prospérité économique et de confort social.

La mise en valeur d’une culture de proximité pour recenser les besoins de la société à travers des compétences en matière de communication, de techniques des statistiques et des relations gouvernants – gouvernés, doit être la priorité des instances qui s’occuperont de la gestion publique Kabyle. La valorisation des ressources humaines demeure la principale spécification des nouvelles normes du management sur lesquelles se repose la modernisation des systèmes de gestion des PME qui représentent le moteur de l’épanouissement économique, en cette ère de globalisation et de mondialisation. Cette énergie inépuisable, contrairement aux hydrocarbures, va, certainement, constituer le fer de lance de l’économie de la Kabylie de demain.

La rentabilisation de l’exploitation des ressources humaines est une condition sine qua non pour les organismes décideurs de la Kabylie autonome afin qu’ils adoptent les meilleures méthodes de la bonne gouvernance, dés le début de leur prise en charge du destin des citoyens de la Kabylie. Les compétences clairvoyantes qui maitrisent le sens de la planification permettront au gouvernement régional kabyle d’inscrire sa démarche dans la durée et d’anticiper les mutations du marché international au lieu de les subir.

Contrairement aux instances Algériennes actuelles qui n’adoptent les nouvelles stratégies que dans l’urgence des derniers quarts d’heures ; une attitude qui provoque un retard consistant dans le processus de mise à niveau des institutions publiques et des entreprises ce qui fait perdre à l’état sa fiabilité et aux operateurs économiques nationaux leur crédibilité sur le marché international. . L’exemple le plus édifiant est le rééchelonnement de la dette extérieure proposé par des spécialistes kabyles à la fin des années quatre vingt mais adopté par le gouvernement Algérien quelques années plus tard, dans des conditions dictées par les instances financières internationales.

Pour réussir cette stratégie visionnaire et prévisionnelle, les institutions de la gestion publique de la Kabylie autonome doivent se reposer sur des mécanismes qui vont assurer une veille stratégique efficace afin d’être à jour avec les mutations accélérées de l’économie mondiale.

Dans l’objectif de rassurer les investisseurs et d’installer un climat de confiance qui permettrait aux capitaux internationaux de trouver en Kabylie une terre fertile, les compétences juridiques et financières du gouvernement régional de la Kabylie autonome doivent opter pour des politiques stabilisatrices de la juridiction qui va régir les investissements, comme elles doivent éviter les changements brusques et subits du dispositif juridique et du système bancaire dont la stabilité demeure une des plus importantes garanties de la pérennité des investissements étrangers et nationaux.

Nos institutions économiques doivent asseoir des politiques publiques structurées et structurantes et non conjoncturelles à l’image de celles bricolées par les organismes de l’Algérie actuelle. Elles doivent inscrire leur vision dans le sens de produire une valeur ajoutée dans les PME Kabyles créatrices de l’emploi et non pas génératrices de capitaux informels comme celles de "l’import-import" encouragées par l’économie de bazar de la mafia politico-financière Algérienne.

En conclusion, il est très important de rappeler que les économies les plus réussies au monde sont celles qui rentabilisent le plus les ressources humaines et les compétences qui maitrisent les techniques managériales les plus actualisées. Cette matière grise est, largement, disponible en Kabylie. Son exploitation efficace demeure la clé de la réussite de la noble mission d’assurer aux citoyens kabyles une vie sociale digne et prospère.

Moussa Nait Amara

Conseiller auprès du président du MAK

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 22:51

dimanche, 16 juin 2013 18:32

La faute historique de l'armée algérienne, « républicaine » dans un océan de gabegie

Mohamed Benchicou

Ce sont des généraux d'humeur printanière, définitivement convertis à la vertu, à la sage neutralité et aux joies du professionnalisme, qui ont répondu à la lettre de Mohamed Mechati, ancien membre des « 22 », qui leur rappelait leur devoir envers un peuple embarqué malgré lui dans une ténébreuse aventure nommée Abdelaziz Bouteflika.

« Nous sommes une institution nationale républicaine pleinement dévouée à assumer son rôle constitutionnel sous la conduite de Monsieur le président de la République… », disent-ils, avec l'accent du bon potache qui a appris par cœur sa leçon de choses.

Mais pour qu'il y ait « institution républicaine », mon général, il faut qu'il y ait d'abord une République, c'est à dire un régime politique où les fonctions de chef d'État ne sont pas héréditaires, mais procèdent de l'élection, ce qui suppose que la souveraineté appartient au peuple ! Or, depuis l'indépendance, la souveraineté appartient aux humeurs des puissants. L’Algérie n’est qu’une pitoyable parodie de République moderne, une espèce de monarchie bâtarde, archaïque, sur le modèle de l’Irak de Saddam, de la Libye de Khadafi ou de la Tunisie de Ben Ali, une monarchie honteuse dirigée par un roi roturier et éternel que personne n’a choisi et qui règnera par une dictature de la pire espèce, par l’incurie, la gabegie, l’incompétence et le désordre destructeur. C'est cela et rien que cela l'Algérie d'aujourd'hui !

Le fait que l’auteur de la lettre soit un des pionniers du soulèvement de 1954 constitue un symbole suffisant pour rappeler à nos généraux qu’ils avaient un devoir envers l’histoire, et que la revendication d'une armée nationale avait figuré pour la première fois dans le discours prononcé par Messali Hadj au congrès anti-impérialiste de Bruxelles en 1927, une armée nationale qui serait l'une des colonnes vertébrales du futur État indépendant, au même titre qu'un gouvernement national révolutionnaire, qu'une Assemblée constituante élue au suffrage universel. Nous n’avons eu ni gouvernement national révolutionnaire ni Assemblée constituante élue au suffrage universel. Sur quel socle reposerait donc l’armée républicaine ?

Cette armée, qui prétend à la similitude avec l’armée turque, tourne le dos à sa propre histoire. À ses obligations historiques. Mustafa Kemal était un général et, comme en Algérie, ce sont les militaires qui gagnèrent la guerre d'indépendance. Mais en Turquie, ils fondèrent le nouvel État-Nation et l’armée est, depuis la fin de l'Empire ottoman, un facteur de modernisation et cette vocation modernisatrice n’a pu se confirmer qu’après la fondation du nouvel État, de la République par Mustafa Kemal. Aujourd’hui l’armée turque protège un socle démocratique pérenne bâti sur trois principes : le laïcisme, le républicanisme et le nationalisme, considérés par l'armée comme le fondement du kémalisme. Que protègent donc les chefs de l’armée algérienne ? Leur humeur sans doute.

En 1962, les chefs militaires, au tempérament plutôt maussade, avaient entrepris de confisquer l'indépendance, de renvoyer le gouvernement provisoire et de s'installer sur le trône, avec un civil comme paravent. En 1965, remontés contre ledit civil, ils ont choisi de l'écarter et de se passer de paravent. En 1979, dans une disposition arrogante, ils ont reconduit un colonel à la tête du pays avant de le faire démettre, 13 ans plus tard, pour cause de victoire des islamistes aux législatives. En 1995, renouant avec le flegme, ils font élire massivement un général, Liamine Zéroual, avant d'être rattrapés par leur humeur anxieuse, et de décréter, sous le coup du malaise d'une armée qui « ne voulait plus être au centre du système politique » : le militaire Zéroual est poussé vers la porte de sortie et le pouvoir est transféré aux civils, en l'occurrence au « civil » Abdelaziz Bouteflika. Et le peuple, dans tout ça ? Eh bien, le peuple, il ne compte pas, comme dirait l'autre.

L'humeur des généraux l'emporte toujours sur le choix populaire. Cela n'est pas une République, mon général ! Quand Mohamed Mechati rappelle aux généraux « Vous qui avez choisi et imposé cet homme et qui l'avez déclaré élu puis réélu, faussement et sans scrupule (…) », il veut dire que Bouteflika a été imposé aux Algériens à la place de Zéroual sans aucune considération pour l'élan populaire, sans précédent, qui avait entouré l'élection de ce dernier en 1995. Les généraux ont mis fin à une expérience unique d'un État qui demeurait debout en dépit de tout, en dépit d'un pétrole à son plus bas niveau, d'un boycott occidental, des caisses vides, et qui n’avait pas capitulé devant l’islamisme comme le recommandait la plateforme de Sant'Egidio.

Les chefs militaires, sous le coup de l'angoisse du TPI, ont avorté l' Algérie renaissante qui était en train de se relever, laborieusement mais triomphalement, d’une bataille impitoyable contre le terrorisme islamiste, où la lutte contre l’intégrisme islamiste avait redonné une nouvelle légitimité au combat populaire, une Algérie qui retrouvait goût à la grandeur, qui courtisait la démocratie. Tout cela a été remplacé par une « république » où les services de renseignements enquêtent sur les marchés passés par Sonatrach durant l’administration Bouteflika, où il a été détourné en trois mandats l'argent du présent et du futur, que les généraux parlent ? Quand Mechati dit qu'il faut « agir vite ; il y va de la survie de notre pays », il rappelle que le « transfert du pouvoir aux civils », décidé unilatéralement par les chefs de l'armée en 1999, s’est transformé en « transfert de pouvoir aux groupes mafieux».

Ces groupes ont profité de la démolition de l’État algérien par Bouteflika pour dicter leur loi à un pouvoir faible qui, de surcroît, cherchait le soutien mafieux pour compenser ce que l'historien Daho Djerbal désigne comme « la faiblesse de l’ancrage sociopolitique des partis au pouvoir et des organisations satellisées.» Serions-nous face à un vrai marché de dupes ? Nos officiers croyaient installer un président exclusivement à leur solde, en 1999 ; ils découvrent que ce dernier était, étrangement, aussi à la solde de coteries puissantes et insoupçonnées : la mafia de l'import et la pègre pétrolière mondiale.

Oui, une élection présidentielle en 2014, si elle venait à avoir lieu, consacrerait la victoire du clan Bouteflika à la tête d’un État faible, déstructuré et au service d’une redoutable voyoucratie alliée aux kleptocrates du pouvoir et à la pègre pétrolière mondiale qui s’est installée sur les débris de l’État algérien démantelé depuis 14 ans. D’une mafia qui, progressivement, dit son nom. L’Algérie ressemblerait à la Russie eltsinienne, mais sans les moyens de la Russie, c’est-à-dire un État sans consistance, sans soutien populaire, qui ne serait ni un État de droit ni une économie de marché, mais une simple oligarchie roturière, c'est à dire un régime dans lequel le pouvoir appartient à un petit groupe de personnes privilégiant essentiellement leur intérêt personnel.

La réponse du ministère de la Défense nationale à Mohamed Mechati signifie que l’armée algérienne persiste dans l'illusion historique de se croire dépolitisée par miracle, ce qui l'autoriserait à rentrer dans les casernes sans avoir « reconstruit » ce qu’elle avait démoli : l’ambition démocratique du peuple algérien. Tant qu’elle ne le fera pas, elle sera toujours appelée à sortir de la caserne pour remettre de l’ordre, mais à un prix toujours plus élevé. C’est ce qu’a compris l’armée turque dont le coup d'État du 27 mai 1960 fut en fait la première intervention majeure dans la vie politique depuis la fondation de la République. Ne paniquons pas : l'interruption de la vie démocratique fut de très courte durée car l'objectif de ce coup d'État était d'établir un système plus libéral et plus démocratique que le précédent. Le premier souci des militaires qui prirent alors le pouvoir fut d'inciter des professeurs de droit constitutionnel à préparer une nouvelle Constitution démocratique.

Et que nos généraux n’oublient pas : on voulait, dès le XIXe siècle que l’armée ottomane devienne une armée dépolitisée et elle parvint à l'être pendant une cinquantaine d'années. En 1876, pourtant, c'est grâce à l'appui d'une fraction de l'armée que le Sultan conservateur qui brimait les intellectuels put être destitué pour être remplacé par une monarchie constitutionnelle. Ce fut ainsi que le rôle de l’armée allait devenir primordial dans la préparation de la révolution des Jeunes Turcs en 1908 qui ouvrit une seconde période de monarchie constitutionnelle. Comment s’appelait le sultan déchu ? Le sultan Abdelaziz.


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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 21:37

 

jeudi, 13 juin 2013 18:08

L'écrivain algérien Boualem Sansal obtient le Grand Prix de la Francophonie

Lilia Oufella

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L'Académie française a décerné, ce jeudi 13 juin, le Grand Prix de la Francophonie, doté de 20.000 euros, à l'écrivain algérien Boualem Sansal, un intellectuel qui lutte pour la liberté de parole, de culture et de religion dans son pays, rapporte TV5 sur son site internet.



Le romancier et essayiste est notamment l'auteur du "Serment des barbares", en 1999, du "Village de l'Allemand", en 2008, et de "Rue Darwin", paru en 2012. Il a reçu pour ce livre le Prix du roman arabe. L'écrivain a déjà reçu en octobre 2011 le Prix de la Paix des libraires allemands, rappelle la même source.

L'écrivain algérien Boualem Sansal obtient le Grand Prix de la Francophonie


jeudi, 13 juin 2013 18:08

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 19:27

 

 

Pour marquer la fin d’année de l’enseignement de la langue de Mammeri

Un méchoui pour tamazight à Montréal

Par : Rubrique Radar

Comme il est de tradition désormais, l’association Inas, spécialisée dans l’enseignement de tamazight, organise une cérémonie marquant la fin de l’année scolaire. Des festivités sont prévues pour le 9 juin, selon un communiqué rendu public.
Outre des remises de prix pour les meilleurs élèves, des jeux gonflables pour enfants et des performances musicales prévus au programme concocté à cet effet, un barbecue sera organisé au parc Villeray à Montréal.
Une vingtaine d’agneaux ont été commandés pour les besoins d’un méchoui auquel Inas invite la communauté amazighe. La rencontre sera aussi l’occasion pour lancer les inscriptions pour la prochaine année scolaire. 70 élèves suivent les cours de langue amazighe depuis la création de l’association en 2009. Inas a lancé récemment un sondage sur l’enseignement de la langue berbère.
Cet outil statistique permettra aux initiateurs de solliciter des autorités québécoises sur l’enseignement de tamazight en tant que langue étrangère, comme c’est le cas en Ontario.

 

 

Tamda Ouguelmim, une émeraude au coeur du Djurdjura

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Par Le Matin | Il y a 11 heures 20 minutes | 863 lecture(s) | Réactions (0)

Incrusté, en plein coeur du Djurdjura, Tamda Ouguelmim (le lac Ougoulmim) scintille telle une émeraude, au coeur de la montagne, offrant un paysage pittoresque qui invite au repos et à la contemplation. Tamda Ouguelmim, comme tout "objet" précieux, ne s’offre pas facilement.

Tamda OuguelmimTamda Ouguelmim

Pour atteindre ce site idyllique, il faut avoir les jambes solides et l’esprit aventureux, pour braver les pistes escarpées et abruptes de la montagne, qui le préserve jalousement. L’association écologique Tachemlit, l’association scientifique Trait d’union de la commune d’Ait Bouaddou, et l’Association des donneurs de sang de la wilaya de Tizi-Ouzou, ont effectué cette entreprise en compagnie d’un petit nombre d’écologistes et d’amoureux de la nature et de la randonnée.

Pour rejoindre ce site, situé à 1.700 mètres d’altitude, rendez-vous a été donné pour le début de l’escalade au niveau du quartier Ighil Bouwrmi, du chef lieu de la commune d’Ait Bouaddou, située en contrebas du Djurdjura. La procession est encadrée par deux randonneurs chevronnés, qui ont fait plusieurs fois l’ascension du Djurdjura.

Quittant Ighil Bouwrmi, un village qui tire son nom d’une plante toxique qui pousse dans la région, le groupe emprunte ’’la Route des mulets’’, un chemin tracé par les mulets qui l’empruntent depuis la nuit des temps, selon Bachir Belkacem, membre de l’association Tachemlit et vice-président de la Ligue d’athlétisme de Tizi-Ouzou. L’ascension s’annonce très rude et particulièrement éprouvante pour les non initiés. Il faut marcher environ une heure à travers un chemin quasi inaccessible, qui ne cesse de monter. Subitement au milieu de ce paysage hostile apparaît un cimetière, tel un rappel aux imprudents, des dangers de la montagne.

Trois tombes sont visibles, mais on ignore combien de personnes sont enterrées. Selon les habitants de la région, lors de l’épidémie du typhus qui avait frappé la Kabylie dans les années 1930, une famille des Ait Bouaddou qui avait contracté cette maladie contagieuse avait été mise en quarantaine dans la montagne.

Les personnes décédées y avaient été enterrées sur place afin d’éviter toute contamination des autres habitants du village. Selon les mêmes témoignages des martyrs de la révolte de 1871 contre le colonialisme français sont également enterrés au niveau de ce cimetière. La route continue de monter vers le lieudit Vouqreche, une sorte de canyon, qui a la particularité de renvoyer un écho parfait. A partir de cet endroit, la montée devient moins pénible grâce à la présence de dépressions qui permettent aux randonneurs de reprendre leur souffle.

A 1.373 m d’altitude, la source de Sidi Amar, se trouvant à mi-chemin du lac Ougoulmim, est une bénédiction de la nature. Le groupe des randonneurs décide de s’y reposer pour se rafraîchir et se désaltérer, avant de reprendre l’ascension. Selon les mesures faites par un spéléologue, l’eau de cette source qui jaillit entre les rochers, est la plus froide de la région avec une température constante de 7,3°c.

Vers 10h30, le groupe reprend la route vers le Tamda Ougoulmim, suivant un cours d’eau qui annonce que le lac n’est pas loin. Le bruit de l’eau qui coule à travers un oued, qui se déroule tel un long serpent, se fait de plus en plus fort et au loin apparaît une petite cascade. C’est Tichouret El Hammam, un autre endroit féerique du Djurdjura.

Tamda Ouguelmim, royaume de la rainette du Djurdjura

En dépassant cet endroit, et après avoir grimpé deux autres piémonts, le lac Ougoulmim, classé zone humide, se dévoile dans toute sa splendeur. L’endroit, d’une forme presque circulaire, est d’une superficie stable de 3 ha, selon un cadre du Parc national du Djurdjura (PND). Une partie de ce site est couverte d’eau, qui reflète la verdure des alentours, dans laquelle se reflète le pic qui surplombe le lac.

L’autre partie est recouverte de végétation. En hiver cette partie est recouverte de neige tandis que l’eau du lac est gelée, précise le cadre du PND. En plein milieu du site et dans la partie sèche se dresse un arbre. Il s’agit d’un cèdre. Les branches de cet arbre de haute altitude ont été brisées par la neige et ne subsiste que le tronc. "C’est un phénomène naturel", indique le cadre du Parc, précisant que le cèdre repousse toujours après ce type de dégâts.

Dévalant la dernière colline, les visiteurs sont accueillis par de petites grenouilles vertes, des rainettes du Djurdjura, qui pullulent au niveau de ce site qui leur offre l’herbe et l’eau dont elles ont besoin. Leurs croassements se marie harmonieusement avec les chants des oiseaux et rapaces qui planent sur le lac ainsi qu’avec le meuglement des vaches, quasiment à l’état sauvage, qui paissent paisiblement en ce lieu et qui se débattent dans l’eau, passant de longs moments à se rafraîchir et à fuir les piqûres des taons et autres mouches.

Les randonneurs ont pris le soin de ramasser les rares bouteilles et sachets en plastique laissés par des visiteurs peu soucieux de la préservation de ce site. L’absence de routes aménagées vers ce lac a permis de le préserver de toute dégradation qu’aurait causée une présence humaine qui aurait, par ailleurs, perturbé l’équilibre écologique de ce site enchanteur.

Demri Madjda/APS

 

 

L’Algérie a annulé presque 1 milliard de dollars de dettes de pays africains

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Par Le Matin | Il y a 10 heures 12 minutes | 2065 lecture(s) | Réactions (3)

Le gouvernement algérien a procédé depuis 2010 à l’annulation des dettes, d’un montant global supérieur à 902 millions de dollars, qu’il détenait sur quatorze pays membres de l’Union africaine (UA), a annoncé mercredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Amar Belani.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 21:54

 

Et si Mahomet n’avait jamais été un prophète mais un simple « témoin » ? Christoph Luxenberg, un séisme dans les études coraniques !

Coran

Christoph Luxenberg est le pseudonyme d’un philologue allemand analyste du Coran peut-être inspiré de Georg Christoph Lichtenberg. Il est l’auteur de Die Syro-Aramäische Lesart des Koran: : Ein Beitrag zur Entschlüsselung der Koransprache (en français : Lecture syro-araméenne du Coran : une contribution pour décoder la langue du Coran). L’originalité de la thèse de Luxenberg est d’affirmer que le Coran n’a pas été écrit en Arabe, langue qui à l’époque de la rédaction n’était pas encore structurée, mais en syro-aramnéen.

Selon les études faites par Luxenberg (obligé d’utiliser un pseudonyme pour protéger sa vie) Mahomet ne se serait jamais réclamé comme un Prophète mais comme un témoin chargé de vulgariser l’enseignement judéo-chrétien aux populations Arabes. Le Coran ne serait pas un livre sacré destiné à créer une nouvelle religion mais un lectionnaire destiné à enseigner la religion existante…

Si cette thèse se confirmait c’est l’ensemble du dogme musulman qui serait remis en cause. 

La version originale trouvée dans les manuscrits de Uthman du Coran, appelée le rasm (i.e. l’orthographe canonique), ne contient aucun signe diacritique, ces points utilisés en arabe classique afin de distinguer les différentes voyelles des autres lettres de l’alphabet. Les points diacritiques ont commencé à apparaître en arabe au tournant du viiie siècle sur l’ordre de Al-Hajjaj ben Yousef, gouverneur de l’Irak (694-714).

Luxenberg remarque que le Coran présente souvent une langue très ambiguë et même parfois inexplicable. Il affirme que même des savants musulmans trouvent que certains passages sont difficiles à saisir et ont rédigé de nombreux commentaires dans le but d’expliquer ces passages difficiles. Néanmoins, le présupposé était de toujours maintenir l’idée que chaque passage difficile était à la fois vrai et plein de sens et qu’il pouvait être déchiffré avec les instruments traditionnels de la science islamique.

Luxenberg reproche au monde académique occidental travaillant sur le Coran, d’avoir une approche timide et servile du texte, trop souvent adossée à des travaux de musulmans plus exégètes qu’objectifs et de ce fait, souvent biaisée.

Luxenberg affirme que les savants devraient recommencer leurs études à nouveaux frais, en ignorant les vieux commentaires islamiques et en utilisant seulement des méthodes linguistiques et historiques récentes. Son argument est queMahomet prêchait des concepts qui étaient nouveaux pour ses auditeurs arabes ; ces concepts, Mahomet les aurait lui-même trouvés au cours de conversations avec des Arabes juifs et chrétiens, ou via les chrétiens de Syrie (si l’on admet qu’il a voyagé). Ainsi, si un mot (ou une phrase) du Coran semble inintelligible en arabe, ou ne saurait avoir de sens qu’après des conjectures tirées par les cheveux, ce mot (ou cette phrase) pourrait faire sens – dit Luxenberg – en regardant du côté de l’araméen et du syriaque.

Le commentaire islamique traditionnel se limite généralement à une lexicologie ; Luxenberg propose d’étendre cette recherche à d’autres langues, qui peuvent être consultées.

Il affirme aussi que le Coran est fondé sur des textes antérieurs, en particulier sur des lectionnaires utilisés dans les Églises chrétiennes de Syrie, et qu’adapter ces textes fut le travail de plusieurs générations pour donner le Coran que nous connaissons aujourd’hui. Quelques citations :

« Selon la tradition musulmane, le Coran daterait du VIIe siècle, alors que les premiers exemples de littérature en arabe dans le plein sens du terme ne se trouvent que deux siècles plus tard, au temps de la « Biographie du Prophète », c’est-à-dire de la vie de Mahomet telle qu’elle a été écrite par Ibn Hichâm, décédé en 828. On peut ainsi établir que la littérature post-coranique a été développée par degrés dans la période qui a suivi le travail deKhalil ibn Ahmad, mort en 786, fondateur de la lexicographie arabe (« kitab al-ayn ») et de Sibawayh, mort en 796, à qui l’on doit la grammaire de l’arabe classique. Maintenant, si nous considérons que la composition du Coran s’est achevée à la mort de Mahomet, en 632, nous avons devant nous un intervalle de 150 ans, durant lequel nous ne trouvons pas trace de littérature arabe. »

« À cette époque, il n’y a avait pas d’écoles arabes – excepté probablement, dans les centres urbains chrétiens de al-Anbar et al-Hira, dans le sud de la Mésopotamie, dans ce qui constitue aujourd’hui l’Irak. Les Arabes de cette région avaient été christianisés et instruits par des chrétiens de Syrie. Leur langue liturgique était syro-araméenne. Cette langue était le véhicule de leur culture et plus généralement la langue de la communication écrite. »

« Au commencement du IIIe siècle, les chrétiens de Syrie ne se contentaient pas de porter leur mission évangélique aux pays limitrophes, comme l’Arménie ou la Perse. Ils allaient jusque dans des contrées éloignées, jusqu’aux confins de la Chine et la côte Ouest de l’Inde, en plus de la totalité de la Péninsule Arabique, jusqu’au Yémen et l’Éthiopie. Il est ainsi plus probable que, en vue de porter le message chrétien aux peuples arabes, ils aient utilisé, entre autres langues, la langue des Bédouins, c’est-à-dire l’arabe. Afin de répandre les Évangiles, il leur fut nécessaire d’utiliser un mélange de langues. Mais à une époque où l’arabe était un ensemble de dialectes qui n’avaient pas de forme écrite, les missionnaires n’avaient pas d’autre choix que de recourir à leur propre langue littéraire et à leur propre culture, c’est-à-dire au syro-araméen. Le résultat fut que la langue du Coran est née dans une langue arabe écrite, qui cependant était une langue dérivée de l’arabo-araméen. »

Luxenberg conclut de ce travail sur le Coran, que celui-ci est dérivé d’un lectionnaire syro-araméens, contenant des hymnes et des extraits de la Bible, utilisés dans les services rituels chrétiens. Ce lectionnaire aurait été traduit en arabe, dans une intention missionnaire. Il ne s’agissait pas d’inaugurer une nouvelle religion, mais d’en répandre une plus ancienne. Il s’appuie ici sur un travail antérieur de Günter Lüling.Luxenberg n’a pas « corrigé » la totalité du Coran selon ces thèses. Il fonde ses conclusions sur ce qu’il présente comme un échantillon représentatif de passages difficiles.Plusieurs savants ont accueilli avec enthousiasme la thèse de Luxenberg.En 2004, le German Wissenschaftskolleg (Institut de Recherches avancées) de Berlin a organisé une conférence autour de la thèse de Luxenberg et un groupe de travail international a été formé pour continuer la discussion. De nombreuses critiques envers Luxenberg ont été émises durant cette conférence. Néanmoins, certains participants ont indiqué que le travail de Luxenberg était valable, en ce sens qu’il faisait porter l’attention sur de nombreuses insuffisances dans les recherches contemporaines sur le Coran. Une de ces insuffisances est le manque d’une édition critique du Coran, qui donnerait les références des manuscrits qui existent encore et étudiant l’évolution du texte tel qu’il est reçu aujourd’hui.

Lecture_syro_aram_enne_du_CoranLa thèse soutenue en 2000 par Christoph Luxenberg (pseudonyme) — publiée en allemand en 2004 et en anglais en 2007– est assurément une révolution dans le domaine des études coraniques, une révolution dont on n’a pas fini de mesurer les conséquences. Intitulée « Lecture syro-araméenne du Coran. Contribution pour décoder la langue coranique » (« Die Syro-Aramäische Lesart des Koran : Ein Beitrag zur Entschlüsselung der Koransprache »), elle consiste d’abord en une méthode de lecture du texte sacré fondée sur une connaissance de la langue syro-araméenne. C’est la première fois qu’une telle approche philologique et linguistique est tentée de façon à la fois systématique et méticuleuse. Il faut dire qu’on est loin de la verve pamphlétaire d’un Ibn Warraq : il y a un avant et un après Luxenberg…
 
La Tradition musulmane avait déjà signalé dans le texte coranique des passages « obscurs », « mystérieux », voire « insondables ». Cela va de mots qui sont inconnus aux expressions à la limite du « mal formulé ». Pour expliquer aux croyants ces zones d’ombre face auxquelles ils étaient vraisemblablement désarmés, les commentateurs traditionnels ont rationalisé tant bien que mal. Pour rendre les choses intelligibles, ils mobilisèrent des efforts couteux et un ijtihad intense.
Or, Luxenberg démontre que ces efforts d’exégètes tardifs sont frappés d’une tare constitutionnelle : leur méconnaissance de l’arabo-araméen. Audacieux, parfois aventureux, il applique alors sa nouvelle méthode pour lire, décoder, voire décrypter le Livre Saint, principalement dans ses passages réputés être les plus obscurs . Les résultats sont spectaculaires !

1) L’arabe classique n’est pas la langue du Coran


Selon Luxenberg, le milieu qui a vu se développer le dernier monothéisme n’est linguistiquement ni homogène, ni monolingue. Les mots coraniques qui embarrassaient les commentateurs, les tournures de ce texte qui frisaient le « mauvais arabe » ne sont pas du « mauvais arabe » mais du « bon araméen » (ou du syro-araméen). Culturellement, il convient de parler d’une langue arabo-araméenne à laquelle Mohammad (saws) eut recours pour transmettre son message, vu que l’arabe était éparpillés en dialectes et était peu standardisé. Il a fallu attendre l’oeuvre des Grammairiens Si Bouwayh et Al Khalîl Ibn Ahmed pour que cette fixation des dialectes arabes en une langue classique soit enfin parachevée. Or, à l’époque du Prophète, il y’avait soit des dialectes arabes, soit la langue lithurgique syro-araméenne qui a servi à la christianisation de ces populations. Cette langue était même devenue une sorte de lingua franca parlée dans toute la péninsule arabique (et non seulement une langue écrite à usage lithurgique) Or, Mohammad (saws) usa des deux, ce qui donna un Coran récité en arabo-araméen. Ceux qui élaborèrent, bien après la mort du Prophète, ce que l’on appelle la Tradition, vinrent après l’oeuvre des grammairiens arabes et ne connurent que l’arabe devenu classique. La situation linguistique a beaucoup changé entre temps et l’ancienne langue syro-araméenne a complètement été suppléée par la langue du nouveau culte musulman.

Des indices historiques tendent à accréditer cette thèse de l’arabo-araméen (le Prophète aurait conseillé à ses scribes, dont Hassan Ibn Thabit, de maîtriser l’araméen et l’hébreu). Mais c’est surtout le texte coranique lui-même qui en garde une trace indélibile au travers les mots et les expressions syro-araméennes qu’il recèle. Luxenberg s’est proposé d’explorer méticuleusement cet aspect syro-araméen du Coran et en a tiré des conséquences étonnantes.

« À cette époque, il n’y a avait pas d’écoles arabes – excepté probablement, dans les centres urbains chrétiens de al-Anbar et al-Hira dans le sud de la Mésopotamie, dans ce qui constitue aujourd’hui l’Irak. Les Arabes de cette région avaient été christianisés et instruits par des chrétiens de Syrie. Leur langage liturgique était syro-araméenne. Cette langue était le véhicule de leur culture et plus généralement la langue de la communication écrite. »syriaque

« Au commencement du IIIe siècle, les chrétiens de Syrie ne se contentaient pas de porter leur mission évangéliqueaux pays limitrophes, comme l’Arménie ou la Perse. Ils allaient jusque dans des contrées éloignées, jusqu’aux confins de la Chine et la côte Ouest de l’Inde, en plus de la totalité de la Péninsule arabique, jusqu’au Yémen et l’Éthiopie. Il est ainsi plus probable que, en vue de porter le message chrétien aux peuples arabes, ils aient utilisés, entres autres langues, la langue des Bédouins, c’est-à-dire l’arabe. Afin de répandre les Évangiles, il leur fut nécessaire d’utiliser un mélange de langues. Mais à une époque où l’arabe était un ensemble de dialectes qui n’avaient pas de forme écrite, les missionnaires n’avaient pas d’autre choix que de recourir à leur propre langue littéraire et à leur propre culture, c’est-à-dire au syro-araméen. Le résultat fut que la langue du Coran est née dans une langue arabe écrite, qui cependant était une langue dérivée de l’arabo-araméen. »

(Citations de Luxenberg extraites de Wikipedia)

2) Il n’y a pas de vierges au paradis, il n’y a que des raisins blancs

regard_1_Coran (44 : 56) :

إِنَّ الْمُتَّقِينَ فِي مَقَامٍ أَمِينٍ 51 فِي جَنَّاتٍ وَعُيُونٍ 52 يَلْبَسُونَ مِن سُندُسٍ وَإِسْتَبْرَقٍ مُّتَقَابِلِينَ 53 كَذَلِكَ وَزَوَّجْنَاهُم بِحُورٍ عِينٍ 54 يَدْعُونَ فِيهَا بِكُلِّ « فَاكِهَةٍ آمِنِينَ 55 لَا يَذُوقُونَ فِيهَا الْمَوْتَ إِلَّا الْمَوْتَةَ الْأُولَى وَوَقَاهُمْ عَذَابَ الْجَحِيمِ 56 

« Nous les aurons mariés à des Houris aux grands yeux. » (Trad. Blachère)

Le mot « houri » est donné par la Tradition comme étant l’équivalent de « très belles femmes vierges aux grands yeux », qui seraient la rétribution réservée dans l’audelà aux bons croyants. Il n’en est rien soutient Luxenberg, qui entend rétablir sa dignité au texte coranique sur ce point. Le mot est syro-araméen et signifie dans cette langue « blanc », « pur ». Et comme le Coran était dépourvu de signes diacritiques, la Tradition s’est trompée dans le chakl (les signes diacritiques ajoutés) de ce passage. Il fallait lire »rawadjnahoum » au lieu de « zawadjnahoum », le point sur le « Ra » ayant été faussement ajouté. De plus, en arabo-araméen, le « bi » signifie « parmi » ou « sous » et les sines diacritiques du mot ‘ayn sont aussi mal ajoutés : il fallait lire عنب à la place de عين. Le texte devient alors : روجناهم بحور عنب , alhouri ‘inabine signifiant alors des raisins d’un blanc éclatant.

La traduction que propose Luxenberg est alors :

Nous les installerons confortablement sous des (raisins) blancs,
(clairs) comme le cristal.

Tous les autres passages sur les houris sont révisés de la même manière. Ainsi (Coran 2 : 25) :Raisins_blancs

وَبَشِّرِ الَّذِين آمَنُواْ وَعَمِلُواْ الصَّالِحَاتِ أَنَّ لَهُمْ جَنَّاتٍ تَجْرِي مِن تَحْتِهَا الأَنْهَارُ كُلَّمَا رُزِقُواْ مِنْهَا مِن ثَمَرَةٍ رِّزْقاً قَالُواْ هَـذَا الَّذِي رُزِقْنَا مِن قَبْلُ وَأُتُواْ بِهِ مُتَشَابِهاً وَلَهُمْ فِيهَا أَزْوَاجٌ مُّطَهَّرَةٌ وَهُمْ فِيهَا خَالِدُونَ 25

« Annonce à ceux qui auront cru et accompli des oeuvres pies qu’ils auront des Jardins sous lesquels couleront des ruisseaux. Chaque fois que quelque fruit leur sera accordé, en attribution, ils diront « Ceci est ce qui nous a été attribué antérieurement », et ce qui leur sera donné sera ressemblant à ce qu’ils avaient sur terre. Dans ces Jardins, ils auront des épouses purifiées et ils y seront immortels.» (Traduction Blachère)

Ce passage signifie simplement que les croyants auront au paradis toutes « espèces [azwadj] [sous entendus de fruits] purs ».

Il en est de même pour (Coran 52:20 ,55:72, 56:22) qui se laissent comprendre selon le même procédé.

3) Mohammad (saws) n’est que le « témoin » des Prophètes

Coran (33:40)

مَّا كَانَ مُحَمَّدٌ أَبَا أَحَدٍ مِّن رِّجَالِكُمْ وَلَكِن رَّسُولَ اللَّهِ وَخَاتَمَ النَّبِيِّينَ وَكَانَ اللَّهُ بِكُلِّ شَيْءٍ عَلِيمًا 40

Ce passage, compris jusqu’à présent comme Mohammad (saws) est le « sceau des prophètes » et le dernier d’entre eux (de khatim et khatima), devient quand il est éclairé par l’arabo-araméen « Mohammad (saws) est le « témoin » des prophètes qui l’ont précédé. Le Prophète n’entend donc pas effectuer une rupture avec ses prédécesseurs, mais simplement les continuer et « témoigner » de la vérité de leur message. Luxenberg va plus loin en soutenant que Mohammad (saws) n’entendait faire rien de plus qu’adapter aux Arabes de son époque le message du « Oum Al Kittab » (du Livre-mère). Ce Livre mère fait lui-même référence à la Bible, considérée par le Prophète comme la source, dont il a tiré un « lectionnaire » (Qurân) adapté à l’usage de sa société.

4) Al Kawthar n’est pas un fleuve du paradis mais une prière…

Coran (sourate 108) :

إِنَّا أَعْطَيْنَاكَ الْكَوْثَرَ 1 فَصَلِّ لِرَبِّكَ وَانْحَرْ 2 إِنَّ شَانِئَكَ هُوَ الْأَبْتَرُ 3

» Il s’agit de cette crux interpretum qu’est la sourate 108 (dite « AlKawthar », « l’Abondance »). On y a mis en romain les vocables qui font problème : «En vérité, Nous t’avons donne l’Abondance. / Prie donc en l’honneur de ton Seigneur et sacrifie ! / En vérité, celui qui te hait se trouve être le Déshérité » (traduction deRÉGIS BLACHÈRE). Plusieurs chercheurs occidentaux reconnaissent que cela ne fait pas sens. Les exégètes musulmans, eux, manifestent leur embarras ; la rime et le sens du « mystère » aidant, ils y voient pourtant une merveille. Finalement, la majorité d’entre eux considèrent qu’Al-Kawthar est le nom d’un fleuve du paradis !

Dans la lecture syro-araméenne de LUXENBERG, cela devient: « Nous t’avons donné [la vertu] de la persévérance ; / Prie donc ton Seigneur et persiste [dans la prière] ; / Ton adversaire [Satan] est [alors] le vaincu. » A l’origine de cette courte sourate se trouve une liturgie syriaque, réminiscence de la Première Epître de saint PIERRE (5, 8-9) d’après le texte de la pshitta (traduction syriaque de la Bible) et qui est aussi la lecture de l’office des complies dans le bréviaire romain. »

Claude Gilliot Source

Le texte tel que révisé par Luxenberg donne :

« Nous t’avons donné la (vertu de) constance. Prie donc ton Seigneur et persévère (dans la prière) ! Ton
adversaire (Satan) est alors le vaincu (L, 275). »

Ce qui est une adaptation de « la première épître de Saint Pierre : «[...] Votre partie adverse, le Diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Résistez lui, fermes dans la foi [...] » (5, 8s.). Le verset est d’autant plus intéressant qu’il a été repris dans le livre de prière des moines, dans l’office du soir, les Compiles. »

Cité d’après : Texto!

5) « Que nul n’entre ici s’il ne connaît le syro-araméen »

Il faut rappeler que le Coran est un texte écrit en un ensemble de consonnes dépourvues de signes diacritiques et donc de voyelles. Le rajout de ces signes et des voyelles est en fait, en soi, une première opération interprétative. Ensuite, le réflexe le plus naturel pour interpréter le difficile langage des sourates consiste à plonger dans le Lîssan al ‘Arab ou dans l’un des commentaires classiques de l’exégèse musulmane, à pêcher ainsi du prêt-à-porter interprétatif, sans nulle distance critique. Par la suite, bien sûr, on pourra plus ou moins agrémenter le tout de hadiths. Or, c’est là où le bât blesse. Cette confiance aveugle en la connaissance linguistique d’exégètes venus plusieurs siècles après le Prophète s’avère problématique. La difficulté ne vient pas seulement du fait que les commentateurs présentent généralement, dans un souci d’exhaustivité, plusieurs interprétations d’un seul passage, parfois jusqu’à une vingtaine, et contradictoires de surcroît. Il vient surtout de leur ignorance de l’arabo-araméen, disparu car suppléé par la nouvelle langue du culte musulman, mais resté indélébile dans le texte même du Coran. Cette ignorance les a engagé à faire des efforts colossaux pour rendre clairs les versets les plus controversés : au final, ils n’ont produit que des rationalisations plus ou moins sophistiquées et des mirages d’explication exégétique.

Avec Luxenberg, le droit à payer pour faire de l’interprétation s’est brusquement réhaussé.Dorénavant, nul ne peut interpréter le Coran sans une solide connaissance de la langue syro-araméenne. L’exercice de l’interprétation devient lui-même une affaire philologique sérieuse. Pour paraphraser une maxime antique : « que nul n’entre ici s’il ne connaît le syro-araméen ! » Et c’est cela une révolution…

6) Sourate Al ‘Alaq (96) transformée

اقْرَأْ بِاسْمِ رَبِّكَ الَّذِي خَلَقَ 1 خَلَقَ الْإِنسَانَ مِنْ عَلَقٍ 2 اقْرَأْ وَرَبُّكَ الْأَكْرَمُ 3 الَّذِي عَلَّمَ بِالْقَلَمِ 4 عَلَّمَ الْإِنسَانَ مَا لَمْ يَعْلَمْ 5 كَلَّا إِنَّ الْإِنسَانَ لَيَطْغَى 6 أَن رَّآهُ اسْتَغْنَى 7 إِنَّ إِلَى رَبِّكَ الرُّجْعَى 8 أَرَأَيْتَ الَّذِي يَنْهَى 9 عَبْدًا إِذَا صَلَّى 10 أَرَأَيْتَ إِن كَانَ عَلَى الْهُدَى 11 أَوْ أَمَرَ بِالتَّقْوَى 12 أَرَأَيْتَ إِن كَذَّبَ وَتَوَلَّى 13 أَلَمْ يَعْلَمْ بِأَنَّ اللَّهَ يَرَى 14 كَلَّا لَئِن لَّمْ يَنتَهِ لَنَسْفَعًا بِالنَّاصِيَةِ 15 نَاصِيَةٍ كَاذِبَةٍ خَاطِئَةٍ 16 فَلْيَدْعُ نَادِيَه 17 سَنَدْعُ الزَّبَانِيَةَ 18 كَلَّا لَا تُطِعْهُ وَاسْجُدْ وَاقْتَرِبْ 19

Traduction de Blachère :Calligraphie_3

Prêche au nom de ton Seigneur qui créa
Qui créa l’homme d’une adhérence
Prêche !, ton Seigneur étant le Très Généreux
Qui enseigna par le Calame
Et enseigna à l’Homme ce qu’il ignorait.
Prenez garde ! L’Homme en vérité est rebelle
Parce qu’il se passe de tous.
A ton Seigneur pourtant tu retourneras.
Penses-tu que celui qui défend
A un serviteur [d'Allah] de prier,
Penses-tu qu’il soit dans la Direction
Ou qu’il ordonne la piété ?
Penses-tu [au contraire] qu’il crie au mensonge et se détourne [de la vole droite] ?
Ne sait-il pas qu’Allah le voit ?
Qu’il prenne garde ! S’il ne s’arrête, en vérité, Nous le traînerons [en Enfer] par le toupet de son front,
Toupet menteur et pécheur !
Qu’il appelle son clan !
Nous appellerons les Archanges.
Prends garde ! Ne lui obéis pas !
Prosterne-toi et rapproche-toi [d'AIlah] !

calligraphie_20arabe2_1_Révision de Luxenberg :

Invoque le nom de ton Seigneur, qui a créé,
Qui a créé l’homme (d’argile) collante; Invoque ton Seigneur digne qu’on l’honore, qui a enseigné par le calame (l’Écriture)
à l’homme ce qu’il ne savait pas du tout. Certes, l’homme oublie,
quand il voit qu’il s’est enrichi,
que (cela) se ramène à ton Seigneur.
Quand tu en vois un, qui (veut) empêcher (de prier)
un serviteur (de Dieu), quand il prie,
crois-tu qu’il est sur le droit chemin
voire qu’il a de pieuses pensées ?
(Mais) si tu crois qu’il renie (Dieu)
et se détourne (de Lui),
Ne sait-il pas que Dieu voit tout ?
S’il ne cesse pas, nous punirons l’adversaire, l’adversaire qui renie et pèche !
Invoque-t-il ses idoles, c’est un (dieu) passager qu’il invoquera !
Tu ne dois pas du tout l’écouter, mais rends ton culte et communie

(Luxenberg, pp. 293-296, édition allemande).

Source : Texto!

7) Le Coran est un « lectionnaire »

  « Le Coran était ce que son nom dit très précisément, une fois qu’on le comprend à partir du syriaque : un lectionnaire (L[uxenberg], 56, 79), c’est-à-dire une anthologie de passages tirés de livres saints préexistants et adaptés en langue vernaculaire, anthologie faite pour la lecture liturgique (L. 275). C’est ce qu’affirme le début de la sourate XII, qui raconte l’histoire de Joseph (Genèse, 37-50), si on la traduit comme le fait Luxenberg : « Voici les versets de l’Écritureexpliquée ; nous l’avons fait descendre comme un lectionnaire arabe, afin que vous puissiez comprendre. » (XII, 1-2) (L, 80s.) Ou encore XLI, 3 : « Écriture que nous avons traduite comme unlectionnairearabe » (L, 96). Ou enfin LXXV, 17- 18 : « il nous incombe de le (le Coran, le lectionnaire) compiler (à partir d’extraits de l’Écriture) et de l’exposer (en enseignant). Si nous l’avons exposé (en enseignant), suis son exposé (c’est-à-dire la façon dont il t’a été enseigné) » (L, 97).

« Si Coran signifie à proprement parler lectionnaire, on est autorisé à admettre que le Coran ne voulait être compris comme rien d’autre qu’un livre liturgique avec des textes choisis de l’Écriture (Ancien et Nouveau Testaments), et nullement comme un succédané de l’Écriture elle-même, c’est-à-dire comme une Écriture indépendante. D’où les nombreuses allusions à l’Ecriture, sans la connaissance de laquelle le Coran pourrait sembler à son lecteur être un livre scellé de sept sceaux » (L, 79).lectionnaire_de_Montmajour

Le Livre par excellence dont il est question bien des fois, la « mère du livre » (III, 7 ; XIII, 39 ; XLIII, 4), c’est-à-dire le texte original, n’est autre que la Bible elle-même. Luxenberg traduit ainsi III, 7 : « C’est Lui qui a fait descendre sur toi le livre. Une de ses parties consiste en versets précis, qui (sont quasiment) l’Écriture originale (elle-même), et (une partie) en d’autres (versets) de même sens. » (L, 82) II se peut que ce qui est vise ici soit l’Écriture canonique et ce qui lui ressemble, a savoir les textes apocryphes (L, 83).

On notera une conséquence capitale : si Luxenberg a raison, le Coran ne prétendait pas remplacer la Bible, mais en fournir une version intelligible aux arabes de l’époque. Il ne se présentait donc pas comme une révélation immédiate (L, 100). De la sorte, la doctrine de la dogmatique islamique postérieure selon laquelle une révélation serait «abrogée» (naskh) et « remplacée » (tabdîl) par une révélation postérieure (l’Évangile remplaçant la Torah), jusqu’à la révélation définitive coïncidant avec l’islam, perdrait son fondement. »

Rémi BRAGUE

Source : Texto!

8) Le voile est une erreur d’interprétation

» (…) Cette conception des choses peut être désormais mise en doute. Les adversaires du voile disposent maintenant d’arguments plus solides, qui ne sont plus simplement des appels aux “valeurs de l’Occident chrétien” ou de la “Tradition européenne”.

L’auteur Christoph Luxenberg, qui est obligé d’écrire sous ce pseudonyme, a publié en 2000 un ouvrage intitulé “Die syro-aramaeische Leseart des Koran” [= “La lecture syro-araméenne du Coran”], qui a rapidement acquis la célébrité dans le monde entier. Une seconde édition paraîtra bientôt, en cet automne 2004, mais l’auteur nous a déjà révélé en primeur les innovations qu’elle apporte par rapport à la première version du livre. Luxenberg les a consignées dans une petite revue de critique catholique, “Imprimatur” (édition n°2/2004). Elles traitent de la sourate invoquée pour le port du voile. Philologue sémitique averti, Luxenberg présente une nouvelle lecture du texte du Coran, y compris de celui de la sourate qui concerne le port du voile. Certes, il n’est pas le premier philologue à le faire, tout en soumettant à critique les lectures conventionnelles du livre sacré des musulmans. C’est sa méthode qui est innovante, ainsi que les résultats qu’elle procure. Là, Luxenberg est original et seul. Pourquoi? Parce qu’il est le seul à maîtriser les variantes régionales des langues sémitiques anciennes et actuelles, ce qui lui a permis de procéder à une enquête philologique unique et complète du texte du Coran.
voile
Le Coran a été rédigé de manière abrégée

Luxenberg publie sous pseudonyme car il sait très bien qu’il s’aventure sur un terrain dangereux et que ses recherches peuvent lui coûter la vie. Les doctrinaires islamiques conventionnels réagissent avec passion et énervement parce que Luxenberg relit le Coran d’une manière entièrement nouvelle, en reconstruisant les racines syro-araméennes du texte arabe.

Le point de vue islamique part du principe que le Coran a été réceptionné par Mahomet ou par ses compagnons au 7ème siècle, et que, depuis, il est demeuré inchangé. Or les recherches sur le texte coranique ont bel et bien prouvé que le texte trouvait ses origines au 7ième siècle, ce qui est indubitable, mais que sa forme actuelle date en fait du 10ième siècle.

L’évolution de l’écriture arabe joue un rôle très important dans les avatars du texte coranique; première remarque de Luxenberg, l’écriture arabe n’existait pas au moment de l’émergence du Coran. Certes, la langue arabe existait, mais, pour la transcription, il a fallu faire usage de la langue syro-araméenne, qui, à l’époque, était tout aussi importante que le sera le latin en Europe quelques siècles plus tard. Les tribus arabiques se sont rapidement répandues dans les espaces conquis, ce qui a entraîné la prise de conscience d’une conscience identitaire arabe, qui avait besoin d’un système d’écriture propre, lequel devait être créé sur base de l’écriture syro-araméenne. Le Coran est donc le premier livre écrit en arabe, mais, il faut alors se rappeler qu’à l’époque de son émergence, le fondateur de l’Islam, le Prophète Mahomet, l’a rédigé en abrégé, pour lui servir d’aide-mémoire. Dans cette forme première, abrégée, les fameux “points diachroniques”, que l’écriture arabe ultérieure rendra pleinement, ont été omis. Des 28 lettres de l’alphabet arabe, seules six sont claires et univoques sans le secours de ces points diachroniques. Les 22 autres laissent la possibilité d’une multitude de variantes interprétatives, si ces points sont omis.

Pour les lettrés de l’époque, cela ne posait aucun problème, car ils connaissaient encore parfaitement les racines syro-araméennes des mots. Pour 900 mots, il a fallu imposer une lecture unitaire du texte sacré, car d’innombrables interprétations commençaient à se télescoper, tant et si bien que l’Islam risquait à tout moment de se désagréger. La tâche des lettrés musulmans a résidé en ceci: présenter le Coran dans une forme écrite, enfin achevée, en introduisant a posteriori les points diachroniques manquants dans le texte, afin de rendre toute interprétation erronée impossible. Mais là s’est posé un problème : les lettrés islamiques du 10ième siècle ne connaissaient plus les racines syro-araméennes des mots. C’est ainsi que certains passages du Coran paraissent étonnantes. La communauté savante des “coranologues” évoque alors des “passages obscurs”. L’un de ces passages obscurs se trouve dans la sourate 24.31, que les gardiens de la foi islamique considèrent comme un indice important pour ordonner le port obligatoire du voile.

La traduction littérale du texte arabe de ce passage de la sourate 24.31 serait, selon Luxenberg : “Elles doivent rabattre leurs khoumour au-dessus de leurs poches”. Les lettrés coraniques ont toujours eu du mal à interpréter ce passage difficile, si bien qu’ils se sont entendus pour en donner une réadaptation unitaire, que l’on peut traduite comme suit : “Elles doivent (…) tirer leur foulard au-dessus de la fente de leur vêtement (à partir de la découpe du cou descendant vers le bas)”. Cette phrase est étrange, sonne drôle, ce qui a induit Luxenberg à s’interroger sur sa signification, surtout en se penchant sur trois mots problématiques dans le texte originel, “khoumour”, “poches” et “rabattre”.

“Elles doivent rabattre leurs ceintures au-dessus de leurs hanches”

Le mot “khoumour” était totalement inconnu des lettrés coraniques du 10ième siècle. Pourtant, il existe en arabe un mot similaire, qui signifie “recouvrir” et dont ils se sont aidés. Luxenberg, en revanche, a réussi à prouver que la signification originelle, syro-araméenne, du mot “khoumour” était “ceinture”. Cette découverte est corroborée par le fait que le mot “rabattre” dans les textes syro-araméens est toujours lié à “ceinture”.

Le passage obscur, après ce travail de défrichage, devrait se traduire ainsi : “Elles doivent rabattre leur ceinture sur leurs poches”. Ainsi, le dernier mot qu’il convient de rechercher apparaît clairement. Le travail méticuleux du philologue Luxenberg a permis une nouvelle traduction : le terme “poches” devient “hanches” (en allemand : “Lenden”, qui signifie aussi “lombes” ou “reins”, ndt). De cette façon, le commandement de porter un voile ou un foulard, devient : “Elles doivent rabattre/mettre leurs ceintures au-dessus de leurs hanches”. Qui plus est, cette nouvelle lecture peut se référer à un fait historique: rappelons-nous que le Coran contient de nombreux passages où l’on ordonne aux femmes de porter une ceinture, de nouer une ceinture autour de la taille, signe de moralité. De même, les hommes ne devaient apparaître à la prière que muni d’une ceinture autour de la taille.

La haute signification de la ceinture n’est pas seulement le propre de la culture arabo-islamique. Dans l’Europe chrétienne, la ceinture revêtait (et revêt toujours) une signification. Par exemple, la ceinture du moine qui souligne la nécessité d’une vie ascétique. La ceinture symbolise dans ce cas la séparation entre la partie supérieure du corps de la partie inférieure, jugée infâmante et maudite. Par ailleurs, en Europe médiévale, les prostituées ne pouvaient pas, sous peine de sanction, porter de ceinture, car il leur était interdit de s’affubler d’un symbole de haute moralité.

Luxenberg en conclut que la sourate 24.31 ne prescrit pas aux femmes de porter un foulard. Il estime qu’elles devraient au contraire utiliser le sens réel et originel de cette sourate pour s’opposer aux ukases des nouveaux doctrinaires de la foi.

Certes, les travaux d’un seul philologue ne peuvent pas ébranler l’influence concrète d’une texte considéré comme sacré, ni façonner l’expression de la foi islamique. Cependant, le résultat de sa recherche philologique pourrait inspirer la jurisprudence allemande. En tout cas, les travaux de Luxenberg ramènent le débat à un niveau concret et nous inciter à affronter plus sereinement, sur des bases plus solides, les dogmes religieux. »

Robert Braun.

Source : Christoph LUXENBERG, Die syro-aramaeische Leseart des Koran. Ein Beitrag zur Entschluesselung der Koransprache, 2. Überarb. Neuauflage, 2004. L’article de Luxenberg dans la revue catholique “Imprimatur” peut se lire sur le net : Imprimatur Source : voxnr.com

Sources :1) Entretiens :- Christoph Burgmer, The Koran as a philological Mine. A Conversation with Christoph Luxenberg, Abridged version; taken from the book edited by Christoph Burgmer : Streit um den Koran. Die Luxenberg Debatte: Standpunkte und Hintergründe (Dispute about the Koran. The Luxenberg Debate), pp. 14 – 34. © Verlag Hans Schiler, Berlin 2004. Source Institut Goethe (Télécharger cet entretien pdf)- The Virgins and the Grapes: the Christian Origins of the Koran, An interview with « Christoph Luxenberg » by Alfred Hackensberger. Source (Lire/télécharger cet entretien pdf) 2) Comptes-rendus :- Robert R. PHENIX Jr. and Cornelia B. HORN, Journal of Syriac Studies. Lire ce compte rendu- Claude Gilliot, « Langue et Coran : une lecture syro-araméenne du Coran », Arabica, tome L, 2003., Lire/télécharger ce compte-rendu (pdf)- Rémi Brague, « Le Coran, sortir du cecle ? », (Texte paru dans Critique, avril 2003, n° 671, p.232-251) et sur Texto !. Lire ce compte rendu- Richard Croes, « Missionary, dilettante or visionary ? ». Lire ce compte rendu - Piet Horsten, Islamochristiana 28 (2002), pp. 310-311. Source Lire/télécharger ce compte rendu (pdf)- François de Blois, Journal of Qur’anic Studies, 2003, Volume V, Issue 1, pp. 92-97.Lire ce compte rendu



Lire la suite: http://www.israel-flash.com/2012/01/et-si-mahomet-navait-jamais-ete-un-prophete-mais-un-simple-temoin-christoph-luxenberg-un-seisme-dans-les-etudes-coraniques/#ixzz2Udm16bL8

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 22:07

 

Ali Yahia AbdenNour. Militant des droits de l’homme

«La lutte pour la succession de Bouteflika est ouverte»

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le 20.05.13 | 10h00 12 réactions

zoom | © Photo : B. Souhil

Leader historique de l’opposition, Ali Yahia Abdennour estime que le moment est venu de «libérer l’Algérie de la dictature et l’installer définitivement dans un Etat de démocratie».
En appelant Bouteflika à «passer la main», le vétéran défenseur des droits de l’homme est convaincu que «le crépuscule qui s’étend sur le pouvoir entrevoit l’aube de la démocratie».

- Le président Bouteflika est absent pour raison de maladie. Dans quelle mesure cela pourrait avoir des incidences sur le fonctionnement des institutions et surtout sur l’avenir politique immédiat ?

La transparence est demandée sur l’état de santé du Président, qui demeure un mystère. Le pays est entré, depuis 2005 (début de sa maladie) dans une phase d’instabilité. Le verbiage officiel relatif à sa maladie trouve peu de poids auprès de l’opinion publique. Pour le FLN et le RND, il se trouve, après son hospitalisation à Paris au Val-de-Grâce en 2005, dans une remarquable condition physique et en très grande forme concernant ses facultés intellectuelles, disposant de toute son énergie et de sa vigueur. Qui dit mieux ? Le pouvoir est caractérisé par le mensonge officiel. Bougherbal, sénateur désigné du tiers présidentiel, peut dire ce qu’il veut, d’autres ont dit pire que lui, mais pas en tant que professeur de médecine. Non, non et non, trois fois non. La dignité humaine, il ne faut cesser de la proclamer et de la défendre, de la protéger toujours davantage. Appolon, le dieu grec de la beauté, de la lumière et des arts, amoureux de Cassandre lui accorda le droit de prédire l’avenir. Comme elle se refusa à lui, pour la punir, il décida que personne ne croirait à ses prédications. Et depuis tous les cassandres ne font que prêcher dans le désert. Pour Blaise Pascal, «l’homme est ainsi fait que tout est organisé pour qu’il oublie qu’il va mourir, surtout s’il a déjà un pied dans la tombe». On cache la vérité, on la travestit. Mais il n’y a pas qu’Alger, la capitale, il y a aussi l’Algérie profonde qui scrute le ciel. Les astres sont taquins, les boules de cristal s’embuent et les voyantes disent que la fin du pouvoir se dessine, s’annonce, et le futur président ne sera pas un ancien du système politique, mais un homme de la génération d’indépendance — pourquoi le ciel et même le septième ciel élimine les femmes — qui tiendra les commandes du pays, va réformer en profondeur les institutions politiques et refaire une nouvelle architecture administrative. Il ne faut pas s’égarer et revenir à la maladie du Président, car ce qui se joue à présent conditionne l’avenir du pays.



- Le Président a-t-il encore la capacité physique de diriger le pays ?

Il faut écouter Fidel Castro qui renonce à exercer le pouvoir. Parce qu’il ne peut rien contre la biologie qui le prive de ses moyens physiques : «Je trahirais ma conscience si j’occupais une responsabilité qui requiert mobilité et dévouement total, ce que je ne suis pas physiquement en état de fournir.»

Les Algériens éprouvent l’étrange sensation que le pays est laissé en déshérence à cause de la maladie du Président. Le pays est mal géré et du pire ne peut émerger le meilleur. Le pouvoir échappe de plus en plus au Président. En réalité, ce sont les fonctionnaires qui dirigent le pays, mais ils ne savent pas dans quel sens s’orienter, car il faut un sens. Que chacun d’eux se demande ce qu’il faut faire pour l’Algérie, avant de dire ce que l’Algérie peut faire pour lui. C’est le niveau zéro de la politique. Peut-être, il est temps de dire stop, non à cette politique. L’ouverture et le renouveau sont indispensables. Le Président démissionnera-t-il de toutes ses fonctions en raison de sa maladie grave et durable, prévue par l’article 88 de la Constitution ? Il est arrivé à ses limites, il ne peut pas rebondir. Il doit démissionner en raison de sa maladie.

La lutte pour la succession est ouverte, tout est bloqué, aucune initiative n’est prise alors qu’il suffit de lire et relire Machiavel qui est le livre de chevet du DRS pour trouver la solution. Si elle consiste à garder le système politique. Il faut répéter avec force ce que nous disons depuis un certain temps dans le calme et la pondération parce que la rigueur est nécessaire quand on exprime une position politique : le Président doit partir parce qu’il n’a pas la capacité physique nécessaire pour assurer ses fonctions. Il doit passer la main parce que la maladie rend indispensable son retrait. Le rejet d’un 4e mandat est profond et massif. Sans agressivité dans la forme, mais sans ambiguïté sur le fond, le président doit partir. Il ne faut pas hésiter à plagier la formule célèbre de Cromwell : «Au nom de Dieu, monsieur le Président partez.»



- Quel bilan faites-vous justement des trois quinquennats de Bouteflika ?

Il faut exercer un droit d’inventaire sur les trois quinquennats sur le plan économique et social. L’Algérie va sortir de cette période de détresse ce qui est un espoir à la mesure du désespoir. Renverser la régression de 15 ans, ce qui est aussi un espoir. A quoi sert la richesse de la nation ? A améliorer le sort du peuple ou à enrichir les clans au pouvoir. Il faut dessiner à la fois une analyse sans complaisance de la situation sociale et économique du pays et une image originelle de ce qui peut être la situation à prendre pour transcender la situation actuelle. L’Algérie est coupée en deux : celle des riches toujours plus riches et celle des pauvres de plus en plus nombreux. La pauvreté qui s’installe avec son lot de misères est le destin d’une partie sans cesse croissante du peuple. Les actes de suicide se multiplient. Le chômage est un drame humain doublé d’un désastre économique. Au nom des souffrances sociales qui s’accumulent, il y a le chômage qui s’aggrave, l’inflation à deux chiffres par certains produits qui réduisent à la misère des centaines de milliers d’Algériens qui souffrent de la faim sans fin alors que les riches se gavent jusqu’à l’indigestion. La misère épuise parfois le sens de la vie et les suicides se multiplient. La justice sociale est l’un des éléments fondamentaux de la cohésion sociale. La situation est explosive de par les inégalités sociales criantes. Les grandes disparités des revenus peuvent tourner à la violence à partir de n’importe quel prétexte. Une étincelle suffirait à déclencher l’incendie. Le pouvoir ne prend pas en compte la dimension politique des nombreuses grèves qui se déroulent dans le pays. Il a démontré son insuffisance dans le domaine social. Mais aussi dans celui de l’économie. L’ultralibéralisme tolérant à tous les excès complaisants, à tous les abus imposés par le président est porteur non seulement d’une injustice sociale mais d’inefficacité économique. C’est une nécessité politique et une exigence éthique de recenser les maux qui affectent et les défis qui guettent la société. Le pouvoir a du mal à contenir les revendications sociales non satisfaites qui engendreront des émeutes. Le ministre de l’Intérieur engage l’épreuve de force contre les syndicats autonomes.



- Sous la poussée des insurrections qui ont secoué certains pays arabes, le pouvoir avait décidé d’engager des «réformes politiques». Deux ans après, quel jugement portez-vous sur cette démarche ?

Le pouvoir qui voulait empêcher que le Printemps arabe ne soit écouté, entendu, suivi et tenant compte des chambardements qui se sont déroulés dans l’espace et dans le temps au niveau planétaire et régional avec la Tunisie, l’Egypte, le Yémen et la Syrie, a engagé des réformes. Le Président s’est adressé aux Algériennes et aux Algériens après près de deux ans de silence dans un discours soigneusement préparé pour lui assurer un impact maximum et gagner la société à sa volonté pour non seulement garder le pouvoir, mais pour rester le maître du jeu, celui qui propose, décide et dispose.

Au-delà du pouvoir, c’est la santé du Président et son aptitude à gouverner qui sont posées. Après une apparition publique, il disparaît durant des semaines pour se reconstituer, car le dopage crée des effets collatéraux. Il a annoncé que les décisions seraient prises en dehors de la commission Bensalah par lui seul comme par le passé dans la solitude de sa conscience. Il veut tout organiser, tout régenter tout contrôler. Il ne demande pas au peuple son avis sur les réformes, il l’ignore.

Il n’est pas à l’écoute des Algériens, ne prend pas en compte leurs revendications, car ils subissent la politique au lieu de la conduire. Et pour employer le poids des mots qu’il faut exprimer, ils n’ont pas le contrôle de leur destin. Une réflexion de Saint Exupéry exprimée dans Vol de nuit me revient à l’esprit : «Il n’y a pas de fatalité extérieure mais une fatalité intérieure ; vient une minute où l’on se découvre, alors les fautes vous attirent comme un vertige.» Le pouvoir ne doit pas être l’organisateur de l’instance de consultations, mais seulement un partenaire parmi les autres. Les réformes requièrent d’installer à la tête de cette instance une femme ou un homme en dehors du pouvoir, cultivé(e), d’une grande tolérance, apprécié(e) pour sa vision, sa stratégie, sa tactique, ses compétences, sa conviction, sa générosité et son humanisme. La commission Bensalah qui pensait détenir la clef des réformes a servi de facteur en transmettant au Président les doléances de ses interlocuteurs, pour la plupart alliés ou ralliés du pouvoir et partisans du statu quo. Les réformes n’ont rien réformé, ni l’Etat ni le système. Les Algériens qui s’inscrivent dans les réformes initiées par le pouvoir, sachant que la dictature ne se réforme pas, intègrent dans les faits le système politique et le dernier pouvoir qu’il a engendré. Le système politique est le même depuis 1962, et le pouvoir tient à le conserver. Le Président qui est préoccupé par son seul destin personnel ne retient que ce qu’il veut des réformes et les remodèle à sa guise.



- Un projet de révision de la Constitution est en cours d’élaboration dans les arcanes du pouvoir. Que peut-on en attendre ?

L’Algérie a expérimenté de nombreuses Constitutions en peu de temps pour avoir le respect des règles du jeu qu’elles impliquent ; peu appliquées, elles sont usées et révisées.
Une Constitution se juge à sa capacité de durer et de s’adapter à des situations les plus diverses. Il faut changer le pouvoir avant de changer la Constitution. Rien d’essentiel ne changera dans la Constitution, dans le sens de la démocratie, de la liberté et de la justice, tant que durera ce pouvoir. La révision constitutionnelle est inopportune avant le départ du Président, au pire elle sera dangereuse. La République algérienne démocratique et populaire est établie sur un double mensonge. Elle n’est ni démocratique ni populaire. La prochaine dénomination doit être «République algérienne».

La prochaine Constitution doit consacrer la démocratie juridique, régime du droit et de l’Etat de droit, détentrice de la souveraineté du peuple et de la souveraineté du droit. Trois conditions sont nécessaires pour réaliser la démocratie qui est la libre participation du peuple à la conduite de son destin, des élections libres avec l’alternance ou l’alternative, la séparation des trois pouvoirs, le respect des libertés individuelles et collectives. Depuis Montesquieu et Tocqueville, on sait que la séparation des pouvoirs et leur équilibre est la clef de la démocratie.

Il faut réhabiliter le Parlement et faire de la justice un pouvoir à part entière. L’indépendance et le pluralisme de l’information constituent la base de la démocratie et de l’Etat de droit. La liberté d’expression doit être préservée selon le principe «ni exclusion ni exclusive». L’égalité avec l’homme est une des conditions de la liberté de la femme. Le Conseil constitutionnel qui est la plus haute juridiction, la seule dotée du pouvoir d’annuler les décisions du suffrage universel, est un élément essentiel de l’Etat de droit quand il contrôle la constitutionnalité des lois, le respect de la hiérarchie des normes juridiques, la primauté du droit. Droits et devoirs additionnés, cela s’appelle responsabilité.
Tamazight est un élément constitutif, une dimension irréductible de l’identité nationale, dont elle est une partie indivisible. Si la culture berbère et la langue qui la véhicule ont triomphé des vicissitudes d’une histoire tourmentée, c’est parce qu’elles sont une réalité irréductible et incontournable, le prolongement de la dignité humaine qui relève de la libre participation de la personne humaine à la conduite de son destin pour établir ou maintenir ses droits, sa liberté, sa dignité.

Revendiquer tamazight qui a son vocabulaire, sa phonétique, sa syntaxe est un droit. La promouvoir est un devoir. La diversité culturelle et linguistique fait la richesse du peuple et de son unité. La culture c’est l’esprit fécondé par la liberté. La reconnaissance de tamazight comme langue officielle se fera tôt ou tard, sauf que le temps perdu ne se rattrape jamais.



- Depuis son arrivée au pouvoir, Bouteflika opère la troisième révision de la Loi fondamentale. Pourquoi ce recours permanent et «abusif» à la modification de la Constitution ?

Les problèmes majeurs relatifs à l’Etat de droit ne viennent pas de l’imperfection de la Constitution, mais de la violation manifeste par le pouvoir de la lettre et de l’esprit de la Constitution. Il y a une violation réfléchie de la Constitution par le renforcement progressif du pouvoir personnel avec les trois révisions de la Constitution faite par le Président et pour lui, il s’est octroyé tous les pouvoirs. L’axiome du Président est le pouvoir pour le pouvoir. La révision de la Constitution du 12 novembre 2008 avait pour objectif de ne pas limiter les mandats présidentiels, de lui confier tous les pouvoirs exécutifs et de ravaler le gouvernement au simple rang de pouvoir exécutant. Il a accaparé le domaine de la compétence du gouvernement. La pensée unique a engendré un homme providentiel à l’esprit monarchique qui a confisqué la souveraineté populaire et la citoyenneté. Il applique la formule gaullienne : «Le Président décide, le gouvernement exécute et le Parlement soutient.» Le président américain, Obama, a dénoncé, le 11 juillet 2009, au Ghana, «ceux qui utilisent les coups d’Etat et le changement des Constitutions pour rester au pouvoir». Le Président se succède à lui-même sans le peuple, malgré lui et contre lui. Qui peut empêcher le Président d’aller au bout de son ambition, un 4e mandat ou un mandat à vie. Affairisme, pouvoir personnel et dictature sont les trois piliers du pouvoir. Le Président s’est emparé de l’Etat qui dispose du peuple, garde le pouvoir par les moyens de la dictature. La seule constante de la pratique politique que le pouvoir maîtrise parfaitement est la fraude électorale. Les Algériens ont en mémoire les fraudes massives qui ne mènent pas à la démocratie, mais à la normalisation de la société. La dictature avec son machiavélisme politicien a fait surgir des profondeurs de la nation, après 14 ans d’Etat policier omniprésent et omnipotent qui a dépouillé le peuple algérien de ses droits, un immense besoin de liberté et de justice. Bouteflika doit passer la main. Quitter la scène politique par une fin de règne qui peut être écourtée, parce que la maladie rend indispensable son retrait. Changer le Président plutôt que de se fier aux mensonges de ceux qui parlent de l’amélioration de son état de santé, est une urgence, un impératif.



- Des observateurs politiques voient, dans le déballage des scandales de corruption, une lutte acharnée entre différentes factions du régime. Etes-vous de cet avis ? Quel est l’enjeu que cacherait cette bataille ?

La corruption est inséparable de l’exercice du pouvoir. Elle est à tous les niveaux et dans tous les domaines. Ce qui ne peut être étouffé c’est ce grand nombre de prédateurs qui échappent à la justice. Il est temps d’ouvrir un débat sur l’impunité. L’Algérie est le pays des nantis, des privilégiés qui profitent de l’opacité de la gestion des revenus pétroliers pour détourner des sommes importantes, couverts par la justice qui courbe l’échine sous le joug des puissants. Dans un pays où la corruption gangrène la justice, l’impunité demeure reine. La corruption ronge le pouvoir et particulièrement les proches du Président. Deux anciens ministres de la Justice, l’un est ancien président du Conseil constitutionnel, l’autre président en titre, proches du Président sont susceptibles d’être poursuivis en justice pour corruption. C’est une situation intolérable, une banqueroute morale qu’il ne faut pas laisser passer sous silence. Il faut en finir avec l’ère de la corruption du pouvoir. Il y a des dirigeants compétents, très nombreux, et des juges au-dessus de tout soupçon, mais le fruit pourri dans le panier gâte le reste. Ils ont des dossiers les uns sur les autres, se tiennent et se conditionnent mutuellement. Le Président, qui n’accepte pas d’être critiqué, contredit, ne supporte ni contradiction, ni rival potentiel, même pas le DRS qui l’a porté au pouvoir et l’a maintenu envers et contre tous en 2004 et en 2009, a perdu la bataille. Il dispose de l’argent – nerf de la guerre – mais le général de corps d’armée, Mohamed Mediène, dit Toufik, a l’arme fatale : les colonels. Après les règlements de comptes, les comptes.



- Comment analysez-vous les rapports de force entre les différents centres de pouvoir ? Le Département du renseignement et de la sécurité a-t-il la main haute sur le pouvoir et d’autres secteurs de la société ?

La vraie filière pour accéder au pouvoir passe par l’armée. Porté au pouvoir par l’armée, Bouteflika affirme son autonomie de décision et refuse d’être son otage ou son exécutant. Il veut se libérer des faiseurs de rois qui l’ont fait roi. Il dit qu’il est le seul centre de décision. Il évoque haut et fort que le pouvoir c’est lui et personne d’autre. Il ne se définit pas comme le protégé de l’armée, mais comme son protecteur. Il a instauré le culte de la personnalité, fait orchestrer les éloges qui mettent en relief la justesse de ses décisions, la profondeur de ses analyses, la population ayant seulement le droit de l’applaudir, le devoir de l’acclamer. Il a réduit la télévision à la seule fonction de reproduire ses discours. Il a accentué le système de cooptation et de copinage en vigueur sous le FLN, parti unique. Il ne tolère aucune opposition sauf quand elle se soumet et devient celle du pouvoir. Les rapports de force ne favorisent pas une issue démocratique. L’ex-Premier ministre, Ahmed Ouyahia, qui fait partie de ceux qui mangent le fromage et le dessert après le repas, a parlé un mois après les élections législatives pour dire : «L’échec est collectif.» C’est un aveu d’échec politique, économique, social et culturel. Terminus, tout le monde descend, le Président en tête. Il faut partir ensemble ou les uns après les autres. Les trois leaders de la majorité présidentielle, Belkhadem, Ouyahia et Soltani sont partis.

Le tour du Président est venu. Pour gagner la confiance des masses populaires, il faut donner l’exemple, vivre avec elles et comme elles. L’impertinence, cette forme douce de rébellion, pour peu qu’elle serve une cause généreuse, ouvre un chapitre d’écoute efficace. Heureux ceux qui n’attendent rien du pouvoir, car ils ne seront pas déçus. Des courants profonds et divergents qui ne relèvent pas du secret divisent la société. L’armée est partie prenante dans le jeu politique. Le débat sur elle, qu’il faut ouvrir, car il est le chemin de sortie de crise, fait peur à ceux qui s’en méfient comme à ceux qui s’en réclament, car ce débat est explosif. Un coup d’Etat est toujours la conséquence d’un échec militaire que l’armée n’arrive pas à réparer. Les présidents changent, passent et parfois trépassent, mais l’armée demeure. L’Algérie n’a pas fait l’économie du pouvoir militaire, mais est-ce seulement une étape ? La démission forcée des présidents Chadli et Zeroual pose de manière brutale le problème du rôle politique de la hiérarchie militaire, des décideurs de l’armée. La pérennité du système politique est confortée par la rente pétrolière. Les tensions s’avivent au sommet de l’Etat.

Des courants profonds divisent le sérail. Il y a des différences réelles, profondes stratégiques au sommet de l’Etat. La confrontation, qui n’est pas encore frontale mais diffuse entre l’armée et le Président, fait d’eux des adversaires déclarés ou virtuels. Le DRS, qui est présent partout et dispose des relais dans la société civile, préserve ses prérogatives politiques. Il détient le pouvoir et exerce son influence sur la vie publique. Il a pris la grave responsabilité, lourde de conséquences de porter à la magistrature suprême, en avril 1999, Bouteflika. Va-t-il participer ou installer une République fondée sur une démocratie juridique qui consacrerait le régime de l’Etat de droit ? La lutte pour la succession de Bouteflika est ouverte, mais tout est bloqué. Aucune initiative n’est prise.



- L’aspiration au changement démocratique est puissante chez les Algériens, mais elle n’arrive toujours pas à trouver sa traduction politique. Pourquoi, selon vous, les forces d’opposition démocratique peinent à construire un projet politique capable de rendre possible le changement ?

Il règne un climat d’incertitude, de doute et d’interrogations chez les Algériens qui cherchent à réunir une société profondément divisée par ses antagonismes politiques et sociaux, pour dégager une réflexion commune élaborée avec une grande ouverture d’esprit, passage obligé pour rassembler et mobiliser des énergies démocratiques. Des voix écoutées par le peuple doivent parler pour rassembler les énergies populaires qui vont dans le sens du changement démocratique, parce qu’il s’agit d’abord de leur combat qui peut donner un peu de relief à l’absurdité de notre condition et des chances raisonnables de le réussir. Tous ceux qui par des chemins différents partagent les mêmes valeurs, la souveraineté du pays et la citoyenneté et poursuivent le même objectif, la démocratie doivent se retrouver. Le crépuscule qui s’étend sur le pouvoir entrevoit l’aube de la démocratie. Devons- nous subir l’avenir, l’assumer ou le prendre en charge ? Aux dérives graves du pouvoir, il n’y a pas d’autre solution que l’opposition dans un front démocratique. L’opposition est une espérance pour l’avenir. L’obligation politique est de militer ave détermination pour l’avenir. Nous sommes dans une impasse qui perdure et exaspère et nous voulons en sortir. Il est du devoir des Algériens de tout mettre en œuvre pour créer une volonté commune, d’agir ensemble. En tout temps et en tout lieu, la démocratie est un programme commun des opposants. Comment unifier l’opposition qui étale au grand jour ses divisions ? Elle ne doit pas se présenter en ordre dispersé, dépasser ses divisions et réaliser une stratégie commune, un consensus réel et non de façade. Que les courageux se lèvent et appellent au rassemblement. Un courant rassembleur et unitaire, novateur et constructeur, exige la cohésion de la ligne politique. Le pays est malade d’une opposition en miettes et impuissant. C’est la méthode de chacun pour soi et surtout pour moi qui prévaut. Il faut changer de système politique et de pouvoir pour sauver l’Algérie. La jeunesse, qui est une alternative démocratique à la vieille génération politique, est seule capable de transformer la société par sa détermination, sa compétence, la somme de sincérité, d’idéalisme et d’intégrité qui l’anime.



- Comment voyez-vous le passage du système autoritaire vers un Etat de démocratie ?

Les Algériens n’ont plus confiance en leur système politique constitutionnel qui n’a aucune légitimité démocratique. La verticalité du pouvoir fait du président un pharaon. Il faut avoir le courage et la volonté de faire face aux errements d’un pouvoir dictatorial. Les Algériens se battent et débattent pour la fin de la dictature pour la démocratie, la liberté et la justice. En tant que sujets cherchant à devenir des citoyens, les Algériens doivent se battre toujours par les moyens légaux, pacifiques pour se libérer de la dictature. Rappeler aux Algériens que défendre la démocratie est un acte citoyen.

Il faut libérer le pays de la dictature pour établir la souveraineté populaire et la citoyenneté. La personne humaine ne peut avoir des droits là où elle n’est pas élevée d’abord à la citoyenneté politique. L’opinion publique doit comprendre, approuver et soutenir l’avenir fait de démocratie, de liberté et de justice, inscrit dans le présent. Le crépuscule qui s’étend sur le pouvoir entrevoit l’aube de la démocratie. Le passage vers un système démocratique se fera par une transition pour éviter la violence. Les acteurs seront les jeunes (filles et garçons). Cela implique d’appeler au pouvoir deux générations de l’après-indépendance issues du militantisme qu’il soit politique, syndical, associatif ou humanitaire. La place de la femme, sa citoyenneté entière et l’égalité de ses droits sont les conditions essentielles de la modernisation. Comme aux moments clés de l’histoire de l’Algérie, ils faut poser des actes forts et fondateurs et installer à la tête du pays un leader ayant des relations fortes avec les Algériens.

Hacen Ouali
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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 08:48

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 08:47

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 20:15

el watan

 

Lahouari Addi : "On n'a pas encore fait le deuil de la légitimité historique..."

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le 06.05.13 | 16h23 Réagissez

Pourquoi au lieu d’avancer l’Algérie semble stagner ? Une des questions cruciales à laquelle tente de répondre Lahouari Addi professeur en sociologie politique dans « Algérie. Chroniques d’une expérience postcoloniale de modernisation » un livre paru en mars 2012.

L’économie en Algérie est « non dépolitisée » affirme l’auteur c'est-à-dire « c’est une affaire d’Etat qui ne concerne ni les travailleurs, ni les opérateurs économiques, ni les consommateurs et encore moins les citoyens ».

Ce passage est extrait du chapitre « la question salariale en Algérie. Une bombe à retardement », un chapitre dans lequel l’auteur s’étale sur la question salariale et le pouvoir d’achat des algériens « le régime a déconnecté l’économie nationale des paramètres de l’accumulation mondiale (productivité du travail et rentabilité des capitaux), ce qui s’est répercuté sur le niveau des salaires qui n’arrivent pas à nourrir, à loger et soigner les travailleurs et leurs familles… ».

Depuis 2010 année durant laquelle est paru la contribution de Lahouari Addi, la question salariale s’est sérieusement posée où plusieurs travailleurs de différents secteurs se sont soulevés, l’Etat était contraint de se plier à leurs revendications, notamment les postiers, les travailleurs de l’ETUSA…non pour répondre à une logique quelconque mais juste pour que le régime « se maintienne» selon Lahouari Addi.

Le spécialiste a pourtant suggéré qu' « une hausse substantielle des salaires entraînerait des déséquilibres financiers que l’Etat sera incapable de gérer… ». Est-ce que c’est le cas aujourd’hui après que l’Etat s’est plié aux revendications salariales des travailleurs ?

Toutes les contradictions du régime et sa bipolarité politique : d’un coté « il est sorti du système du parti unique » et d’un autre « il prône le multipartisme » n’ont pas eu raison de lui. Pourquoi ? D’après Lahouari Addi cela trouve racine encore une fois dans le passé de l’Algérie.

Comment ? En se référant à Max Weber sociologue et économiste allemand (1864- 1920) L.Addi émet une hypothèse : « le régime algérien issu d’un mouvement de libération national, n’arrive pas à dépasser la problématique de la légitimité historique et à s’adapter aux demandes des générations nées après l’indépendance ».

D’après L.Addi le régime algérien est atteint « du syndrome du soldat japonais découvert en 1958 dans une île déserte et qui croyait que la Seconde Guerre mondiale n’était pas terminée. Les dirigeants algériens sont encore dans cet esprit et voient des ennemis de la nation partout… ».

La société elle, « est traversée par la compétition, et les individus, mus par leur égoïsme, cherchent à acquérir des richesses ou de la subsistance à n’importe quel prix. Il y a une guerre ouverte, sans merci, pour la richesse et les honneurs que l’ancienne idéologie quiétiste de la société n’arrive pas à humaniser ».

Il est important de savoir que Lahouari Addi sur le fait que ses analyses en sociologie politique, reposent sur des données scientifiques. Il est à signaler que le livre en question paru aux éditions Barzakh rassemble des contributions du spécialiste entre 2001 et 2010 parues dans la presse nationale où il traite plusieurs questions cruciales liées au quotidien des algériens.

Hamida Mechaï
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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 20:13

 

el watan

Infections nosocomiales en Algérie

18% des hospitalisés sont contaminés

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le 05.05.13 

Les épidémiologistes recommandent d'appliquer les mesures onusiennes de l’hygiène hospitalière, prévues dans les textes ratifiés par l’Algérie, pour la diminution de la prévalence des infections associées aux soins, dont la fréquence est de 15 à 18%.

Le professeur Soukhel, chef de service au CHU de Béni Messous, qui fait de la lutte contre les infections nosocomiales son cheval de bataille est formel : ces infections sont, entre 50 à 60%, dues au manque d'hygiène, particulièrement des mains. «L'hygiène des mains est l'un des principaux axes du programme national de prévention contre les infections nosocomiales et une étape majeure dans tout programme national de prévention», a-t-il souligné. Ces infections se caractérisent par des bactéries multirésistantes. «Elles résistent même aux antibiotiques», a-t-il ajouté. Pour lui, l'hygiène des mains en milieu hospitalier nécessite une formation spéciale. Ce qui exige, selon lui, l'introduction d'une formation au niveau des facultés de médecine sur l'hygiène hospitalière.

L'hygiène en milieu hospitalier repose, selon lui, sur trois techniques, à commencer par le lavage courant des mains, passant par l'utilisation de savon liquide, le brossage des ongles et la vraie stérilisation des matériels lors des interventions chirurgicales. «Les gants ne peuvent en rien suppléer les manquements d'hygiène des mains», rappelle-t-il. Dans ce cadre, il est recommandé de se couper les ongles, de ne pas porter de vernis à ongles, ni de bijoux ou de montre.

Quant au respect de cette observance de l'hygiène des mains en milieu hospitalier, le professeur Soukhel estime qu’elle ne dépasse pas les 20% en Algérie, alors qu'elle est de 50% en France. Ce qui est à l’origine de nombreuses complications. «Les normes d’hygiène internationales doivent être appliquées en Algérie, car pas moins de 15% des hospitalisés contractent chaque année des infections associées aux soins», a-t-il indiqué dans une conférence débat à ce sujet. Les infections nosocomiales ou infections associées aux soins sont des maladies contractées dans des structures de soins, privées ou étatiques, à la suite d’une opération chirurgicale, lorsque le matériel utilisé n’est pas correctement désinfecté.

La sécurité des patients dépend de la qualité des soins et il est inadmissible que des actes médicaux banals tels que l’accouchement, les circoncisions ou les appendicectomies entraînent des infections.
Pour y remédier, le spécialiste appelle à l’installation de comités nationaux d’hygiène dans chaque hôpital, tel que le prévoit la loi sanitaire. Ce comité doit signaler tout acte contraire à la déontologie médicale et soumettre des rapports annuels sur l’état des services au ministère de la Santé, mais doit aussi alerter en cas de présence de bactéries résistantes aux antibiotiques qui pourraient entraîner de graves conséquences médicales.

Les infections nosocomiales peuvent être évitées par le suivi des recommandations internationales sur l'hygiène et par la désinfection stricte du matériel chirurgical. «La serpillière et le balayage à sec doivent être proscrits des techniques de nettoyage et remplacés par le nettoyage à la vapeur à l’aide d’appareils spécifiques», recommandent les spécialistes et comme il est aussi important, selon eux, que le tri et la destruction des déchets hospitaliers se fassent selon les normes requises, au risque d’entraîner des épidémies nationales telles que la méningite ou des pandémies à l’échelle mondiale, à l’instar du H1N1 ou du syndrome respiratoire aigu sévère(SRAS).

Djamila Kourta
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  • : Un des objectifs est de reconstituer la grande confédération qui regroupait les 14 aarchs des Iflisen Umellil avant la colonisation française. Le but est de rétablir les liens interrompus et de promouvoir la solidarité inter-arche. Nous visons également à consolider les liens entre la diaspora et leur région d'origine. Réecrire l'histoire des Iflisen et préserver leur patrimoine matériel et immatériel .
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