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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 11:29
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Published by iflisen - dans Musique amazigh
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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 19:53

 

 

Exploitations agricoles de Boumerdès

Quand les terroristes rackettent les fellahs

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le 21.08.11 | 01h00

L’islamisme armé fait encore parler de lui à ce jour en Algérie. Les attentats perpétrés ces dernières semaines dans les wilayas de Boumerdès, Tizi Ouzou et Bouira ont suscité moult interrogations quant à l’éradication définitive de ce fléau qui a mis le pays à feu et à sang durant la décennie noire. La peur et la crainte de lendemains incertains hantent de nouveau les esprits.

Les groupes armés, sévissant sous la bannière de l’ex-GSPC, ne semblent pas près à renoncer à leur logique criminelle, notamment dans les wilayas de Boumerdès, Tizi Ouzou et Bouira. Les populations de cette région vivent toujours sous la hantise de la violence terroriste. Les sbires de Droukdel s’en prennent à tout. Même aux agriculteurs, auxquels ils exigent le payement de «la dîme» afin de perpétuer leur sale besogne. Il y a quelques jours, une trentaine de paysans des localités de l’est de la wilaya de Boumerdès se sont plaints des pressions exercées contre eux par les groupes armés.
Ces derniers leur exigeaient le versement d’une partie des bénéfices engrangés après la vente de leurs récoltes sous peine d’être exécutés ou de voir leurs champs dévastés. Le fait n’est pas nouveau dans la région.


Le racket et l’extorsion de fonds des notabilités de la région n’est un secret pour personne. Aujourd’hui, l’opinion locale et nationale ne peut que s’interroger sur le sort de cet argent et les véritables sources de financement des groupes terroristes armés. Les dénonciations, dont ont fait part récemment certains paysans des localités à vocation agricole, ne sont qu’une infime partie de l’iceberg. Enfin, qui finance l’organisation terroriste et qui tire profit de la manne obtenue grâce aux actes de kidnappings perpétrés dans la région durant ces cinq dernières années ? Qu’en pensent les agriculteurs et quelles sont les difficultés auxquelles ils sont confrontés lors de l’exercice de leur activité ?
Pour répondre à ces questions, nous avons choisi d’effectuer un long périple à travers les localités abritant les terres les mieux cultivées et les plus fertiles de la wilaya. La première halte fût la plaine des Issers. Coincée entre deux oueds, cette contrée qui tire son nom du mot berbère Ighezer, semble à première vue désertée par les siens en cette matinée du premier week-end du mois de Ramadhan.
Ce qui attire l’attention du premier visiteur est le massacre que subissent les vastes surfaces du sud et de l’entrée ouest de la ville, à cause de l’avancée effrénée du béton. Les petites fermes coloniales se sont transformées en petits bidonvilles, érigés ça et là sans aucune norme et dans l’indifférence totale des autorités.


Les terres qui, jadis, nourrissaient même les Européens ne sont que de vastes champs abandonnés. «L’agriculture sans agriculteurs ! Les vrais paysans n’ont même pas de quoi acheter de l’engrais ou des semences pour cultiver leurs parcelles. Allez voir la ferme Ghanem, elle est squattée et occupée par des gens avides de terrain. L’Etat parle des milliards de centimes qui seraient destinés pour le développement  de l’agriculture, mais on a rien vu venir. On connaît tous notre administration, elle ne donne que pour ceux qui en ont déjà», lance un quinquagénaire rencontré non loin de la coopérative apicole, au sud de la ville.


Le labour à l’orée des maquis


Poursuivant son constat, notre vis-à-vis soutient que même la situation sécuritaire y est pour quelque chose. «Les fellahs sont livrés à eux-mêmes. Les ’’terros’’ attendent jusqu’au moment de la récolte et viennent leur exiger leur part du gain. Pour le moment, tout le monde, y compris les autorités, sait qu’il y a ceux qui les financent mais contre leur propre gré et de peur de subir le pire.
Moi, je crois que c’est à l’Etat de les protéger et de pourchasser les terroristes», pense notre paysan, le visage labouré par les rides. Le sujet est un vrai tabou dans la région. Même les premiers concernés par cet épineux problème font semblant de tout ignorer. «On est une proie facile pour les terroristes. C’est notre vie qui est en jeu. Car la majorité travaille à l’orée des forêts. Parfois, ils passent même au milieu de nos champs. Mais on ne sait même pas si ce sont des militaires ou des terroristes déguisés», lance un fellah de Tamlakmenth.


«Il y a une année, un citoyen qui ramassait du bois aux alentours de Oued Issers m’a confié être tombé nez à nez avec des hommes armés. Ils lui ont conseillé de ne plus revenir sur les lieux sous peine d’être égorgé», ajoute-t-il. Nous quittâmes Issers en prenant la direction de Naciria, une autre localité à vocation agricole, située au pied des monts de Sidi Ali Bounab, de sinistre réputation. À première vue, rien ne montre qu’on est dans un chef-lieu de daïra. Le centre-ville offre un décor hideux. La menace terroriste semble toujours de mise. Le rond point qui jouxte le commissariat ciblé par un attentat kamikaze en 2008, est barricadé.
La région est connue pour la production de raisin de table et de melon. Les automobilistes qui ont l’habitude d’emprunter la RN12 auront certainement remarqué les jeunes désœuvrés ayant érigé des baraques de fortune de part et d’autre de la rue pour faire face au chômage qui y fait des ravages. Des parcelles appartenant aux exploitations agricoles communes (EAC) sont inexploitées en raison du manque d’eau.
Le barrage réalisé au village agricole de Boumeraou n’a pas été d’un grand secours pour les fellahs. Le réseau d’irrigation est défaillant.


Il présente des centaines de fuites qui attendent d’être réparées depuis plusieurs années. «Pour le moment, il n’y a que les terres des alentours qui sont irriguées et avec nos propres moyens. Car le réseau n’a été réalisé que dans la partie aval, du côté de Chender», note un agriculteur qui se plaint des lenteurs enregistrées dans l’octroi des aides annoncées par la tutelle dans le cadre du FNRDA. «L’Etat fait des lois qu’on n’a jamais appliquées sur le terrain. J’ai formulé une demande pour l’achat d’un économiseur d’eau et une pompe depuis plus d’une année. Mais on m’a signifié que c’est moi qui devais l’acheter, après on me rembourse», ajoute-t-il avec amertume.   
Les paysans évoquent tout, sauf les rançons et les terroristes. Certains soulignent que ce sont les propriétaires des parcelles reculées qui sont menacés. Ils rappellent le cas d’un fellah qui a été tué, au début des années 2000, suite à l’explosion d’une bombe artisanale placée au milieu de son champ de vigne, qui a été déraciné quelques semaines auparavant par les éléments de l’ex-GSPC. Mais il n’y a pas que lui qui a subi les affres du terrorisme. D’autres, natifs des localités de Cap Djinet, Legata et Sidi Daoud en ont également payé les frais pour la simple raison qu’ils avaient refusé de céder au chantage des terroristes. A Cap Djinet, quatre champs de vigne ont été pillés durant ces cinq derniers mois dans le seul village de Ben Ouali.
Les vergers sont détruits en une nuit. Leurs propriétaires ont été ruinés. Le même crime s’est produit également dans la commune de Legata, où l’on fait état d’un agriculteur qui a retrouvé la moitié de son verger déraciné, une semaine après avoir refusé de plier devant les exigences des membres de la phalange terroriste locale.  


Les fellahs «très attachés» à leurs terres


Après Naciria, nous retrouvons Baghlia, une région connue comme étant le fief des acolytes de Droukdel et la terre nourricière de la wilaya. Avant d’atteindre la ville, il a fallu passer par deux barrages fixes dont le premier est installé avant le pont de l’oued Sebaou. Il est 14h, les habitants vaquent le plus normalement du monde à leurs occupations.
Baghlia est célèbre aussi pour son raisin de table, l’un des meilleurs à l’échelle nationale –notre visite intervient en pleine récolte – mais aussi et surtout pour ses vergers de pommes qui longent l’oued Sebaou. Aujourd’hui, les fellahs de la région sont très fiers de cette réputation.
Mais ils vivent souvent la peur au ventre. La menace terroriste plane toujours sur leur tête.


La plupart d’entre eux se sentent oubliés par l’Etat, mais cela ne les a pas poussés pour autant à renoncer au travail de la terre. «L’agriculture coule dans notre sang. Abandonner mes terres serait pour moi un sacrilège et une véritable trahison», tempête le fellah, spécialisé dans les cultures maraîchères, qui se plaint de la spéculation et des difficultés auxquelles les paysans font face pour écouler leurs produits en raison du diktat des gros mandataires et du monopole exercé sur le stockage.
Notre interlocuteur dénonce également le laxisme des autorités quant à la lutte contre le pillage du sable au niveau de l’oued Sebaou et la réalisation de forages leur permettant d’irriguer leurs vergers.
A toutes ces difficultés s’ajoutent la pression exercée sur les fellahs et les investisseurs de la région, de la part des éléments de la sériate terroriste locale, dirigée par un certain Slimani, qui a rejoint les maquis en 1994. Cette sériate serait en effet à l’origine de nombreux rapts perpétrés contre les agriculteurs de la région. Le dernier en date remonte au mois de mai 2010.

La victime du rapt a été libérée après plus de 20 jours de séquestration et après une large mobilisation des citoyens de la localité. Cette mobilisation a été enclenchée grâce au P/APC, assassiné deux mois après par la horde intégriste. De l’autre côté de l’oued Sebaou, l’on retrouve la localité de Sidi Daoud (ex-Abbo).
Une commune dont la majorité du territoire est parsemé de raisin, notamment sa variété «sabel». Les habitants de cette région, qui englobe également les communes de Benchoud, Dellys, Taouarga et Afir, ont payé un lourd tribut durant la décennie noire. Les groupes armés qui y sèment encore la terreur se réfugient dans les fameux maquis de Ghezeroual et Sahel Boubarak.

Ramdane Koubabi
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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 18:48

 

 

SUITE AUX COUPURES DE COURANT DANS LA VILLE

Nuit de troubles à Tizi Ouzou

Par

Il est à signaler que c'est la première fois que la wilaya de Tizi Ouzou connaît des émeutes pour ce genre de problème.
 Il est à signaler que c'est la première fois que la wilaya de Tizi Ouzou connaît des émeutes pour ce genre de problème.

Les brigades antiémeute ont eu du mal à contenir le flux des jeunes en colère.

La ville de Tizi Ouzou a passé la nuit de jeudi à vendredi au rythme des émeutes qui ont touché la majorité des quartiers. Des dizaines de jeunes s'en sont pris aux édifices publics. A l'origine de ces affrontements, qui ont mobilisé durant plusieurs heures les brigades antiémeute, une coupure d'électricité qui s'est généralisée à toute la ville des Genêts.
Les brigades antiémeute ont eu du mal à contenir le flux des jeunes en colère qui arrivaient depuis tous les quartiers touchés par les coupures. C'est aux environs de 21h que des groupuscules de jeunes ont commencé à se rassembler devant le siège de Sonelgaz ainsi que la périphérie de l'habitation du wali de Tizi Ouzou. Pour prévenir tout débordement, les forces antiémeute ont investi les lieux et se sont positionnées en ceinture de sécurité sur le bâtiment situé au centre-ville. Les jeunes ont alors recouru aux jets de pierres et aux pneus brûlés. La nuit a été animée par des cris à l'injustice et les bruits des fusils lance-grenade lacrymogène.
Les affrontements se sont estompés durant quelques heures. Lorsque, des groupes de jeunes revenant à la charge, se sont dirigés vers le stade Oukil-Ramdane. L'infrastructure qui abritait les galas prévus pour les soirées de ce mois de Ramadhan a dû être fermée in extremis pour éviter des dommages. Un gala programmé justement pour la soirée de jeudi et animé par la vedette de la chanson kabyle, Rabah Asma, a été annulé par les organisateurs. Hier matin, la ville était réveillée «groggy». Les trottoirs étaient jonchés de sacs de poubelles et autres détritus.
Ces événements ont poussé justement les citoyens à s'interroger sur la suite du programme concocté pour la circonstance.
Des rumeurs ont déjà été distillées sur un arrêt éventuel des animations prévues après l'attentat qui a visé le commissariat. Celles-ci ont vite été démenties car le lendemain, les galas ont continué d'attirer des milliers de citoyens venus de la ville et de plusieurs communes.
Par ailleurs, il est à signaler que c'est la première fois que la wilaya de Tizi Ouzou connaît des émeutes pour ce genre de problème. Les citoyens, à l'instar de toutes les régions d'Algérie, sont habitués à ce genre de coupures sans pour autant que cela ne provoque des émeutes dans la ville.
Les populations agissent plutôt, le jour, en fermant les routes, les bâtiments incriminés et ceux des mairies et daïras. Les revendications sont généralement claires et sans équivoque. L'amélioration des conditions de vie a toujours mobilisé les citoyens.
Enfin, notons également que dans la matinée d'hier, les habitants du quartier les Genêts ont fermé la route au niveau du boulevard Lamali, axe qui mène du centre-ville vers le CHU Nédir, Mohammed durant les premières heures de la matinée.
Les familles dont les habitations ont été touchées par la bombe qui a explosé dimanche dernier devant le commissariat exigeaient des indemnisations et des réfections.

 

 

 
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LIberté
Actualité (Dimanche 21 Août 2011)

La région a enregistré un nombre d’attentats record
Une semaine d’enfer en Kabylie
Par : Arab Chih

 

Pourquoi autant d’attentats en si peu de temps et avec une telle facilité ? Pour expliquer ce spectaculaire regain de l’activité terroriste, chacun y va de sa version.

Cinq attentats terroristes en l’espace de cinq jours seulement dans la wilaya de Tizi Ouzou ! Jamais la Kabylie n’a enregistré un si grand nombre d’attaques en une période aussi courte même si, ces dernières années, la région, réfractaire pourtant à l’idéologie islamiste, est devenue un repaire des desperados d’Al-Qaïda. Inaugurée par l’attentat kamikaze du 14 août qui a ciblé la sûreté urbaine de la wilaya de Tizi Ouzou et fait plus de 30 blessés, cette spectaculaire dégradation de la situation sécuritaire a été vite suivie par d’autres forfaits. Le 17 août, l’explosion d’une bombe à Si Mustapha (Boumerdès) a fait 1 mort et 5 blessés.  La même journée, un accrochage entre la police et un groupe armé a eu lieu au chef-lieu de la commune de Béni Aïssi, à 15 km de Tizi Ouzou.
Le lendemain, dans un lieu-dit de la même commune, la voiture du chef de la police de Béni Douala a été prise pour cible. Bilan : un policier et un civil tués. Durant la journée de jeudi,  l’on a enregistré pas moins de 2 attentats : le premier à Azeffoun où un capitaine de l’armée a été blessé suite à l’explosion d’une bombe artisanale et le second à Maâtkas où trois personnes parmi un groupe de villageois, venues secourir un des leurs pris en otage par des hommes armés, ont été assassinées. C’est dire que la Kabylie vient de vivre une semaine d’enfer qui l’a plongée dans un climat de terreur digne de l’embrasement des années 90 qui avait pourtant épargné cette région.
Comme de coutume, aucun officiel n’a prononcé un traître mot de condamnation. Même le directeur général de la Sûreté nationale, Abdelghani Hamel, en déplacement dimanche à Tizi Ouzou, le jour même de l’attentat qui a ciblé la sûreté urbaine de la wilaya, s’était gardé de faire la moindre déclaration publique.
Le même silence pesant et inexplicable est observé chez la classe politique hormis le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) qui a rendu public un communiqué pour condamner ces forfaits et présenter ses condoléances aux familles des victimes.  Pourquoi autant d’attentats en si peu de temps et avec une telle facilité ? Pour expliquer ce spectaculaire regain de l’activité terroriste, chacun y va de son explication.
Certains l’imputent à l’inefficacité de la lutte antiterroriste et des barrages filtrants qui maillent toute la ville de Tizi Ouzou alors que policiers et militaires ont bénéficié d’un matériel adéquat. D’autres crient à la faillite du renseignement et désignent du doigt les derniers changements entrepris dans les corps des services de sécurité de la wilaya de Tizi Ouzou.
D’autres encore y voient la conséquence directe de la politique de réconciliation nationale menée par Bouteflika, qui a requinqué le moral des terroristes et démobilisé les citoyens. Le RCD de Saïd Sadi a proposé une toute autre grille de lecture. Pour lui, ce qui se passe actuellement en Kabylie est la résultante de luttes au sommet.
“À chaque fois que les clans se déchirent à Alger, la Kabylie est mise sous tension”, explique-t-il non sans dénoncer le système qui “a fait de la violence et de la manipulation une stratégie, livrant la population de la région aux tueries, aux kidnappings et à la délinquance”. “Pourquoi la Kabylie est-elle une fois de plus particulièrement ciblée ? Pourquoi cette recrudescence survient-elle dans un moment de grandes incertitudes sur la cohésion et le futur immédiat du pouvoir ?”, s’est-il interrogé.En juin dernier déjà, quand des militaires s’étaient rendus coupables de “bavures” à Azazga, le RCD avait fait part de l’existence de “scénarii qui travaillent méthodiquement à la déstabilisation de la Kabylie pour y semer la mort à chaque fois que le système est face à une impasse”.

 
 

 

 

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Actualité
(Dimanche 21 Août 2011)

Enterrement hier des trois victimes de l’attaque terroriste
Emotion et psychose a maatkas
Par : M. HOCINE

Une véritable marée humaine avait envahi littéralement le petit village d’El-Bir. Les autorités locales, les élus locaux, des députés étaient là pour rendre un vibrant et dernier hommage aux trois martyrs de la région.

El-Bir, paisible village de la commune de Maâtkas, se souviendra longtemps de cette terrible tragédie qui a emporté trois de ses valeureux fils. En ce mois sacré du Ramadhan où le thermomètre aura battu tous les records de canicule, les citoyens de la région ont bien du mal à respirer et surtout à contenir leur douleur et leur colère. À El-Bir comme dans tous les villages environnants, le carnage de jeudi soir est pratiquement sur toutes les lèvres. Confiné dans les bas-fonds des “Maâtkas”, El-Bir porte bien son nom car profondément enfoui dans un véritable puits tant le terrain est terriblement accidenté que l’on s’y rend par le haut en passant par Souk El-Khemis et en sillonnant les gros villages d’Aït-Ahmed, Aït-Zaïm et Ighil-Aouène ou, au contraire, en contournant la région par le bas, via Draâ Ben-Khedda pour traverser les villages de Megdoul et d’Izaroudène. Peu importe, tous les chemins mènent au fin fond d’El-Bir et tous les villages de la région convergent vers le même sentiment de révolte et d’indignation.

Rabah Slifi, brave père de famille de quarante-sept ans, possédait un fourgon de transport de voyageurs et assurait quotidiennement la ligne El-Bir - Draâ Ben-Khedda et Dieu seul sait combien il était estimé à El-Bir, son village natal comme à Draâ Ben-Khedda où ses collègues transporteurs lui vouaient beaucoup de respect. “Toujours aimable, généreux et surtout disponible à tout moment et en toute circonstance, Rabah était l’ami de tout le monde. Il est mort en héros car il ne voulait guère céder au chantage tout en essayant de sauver son jeune beau-frère Brahim Issaoune qui était entre les mains de ses ravisseurs”, ont tenu à témoigner de nombreux collègues et amis qu’ils soient de Maâtkas ou de Draâ Ben-Khedda. Aujourd’hui, le regretté Rabah Slifi laisse une veuve dans la détresse et la souffrance car elle aura perdu trois êtres qui lui étaient très chers, son regretté époux, son frère cadet Brahim Issaoune, 28 ans à peine, qui a été pris en otage et son cousin Karim Issaoune, lui aussi ravi à la fleur de l’âge car tout juste âgé de 30 ans. Le père “Da Mohand” est inconsolable. Émigré en France depuis de longues années, il est venu passer le Ramadhan au bled et partager quelques semaines en famille sans se douter un seul instant que sa vie allait tourner au cauchemar et basculer dans le vide. Ayant eu vent de son arrivée au village, les ravisseurs ont aussitôt pointé le nez pour lui soutirer de l’argent. Aux dernières nouvelles, les criminels lui auraient exigé deux cent millions de centimes contre la libération de son fils cadet Brahim. “Da Moh” est parti très jeune en France où il a passé toute sa vie à trimer à la sueur de son front. “Il n’avait pas de grosse fortune. Durant toute sa vie, il a économisé un peu d’argent afin de construire une petite maison au village pour abriter décemment les siens sans plus !”, dira un villageois visiblement troublé par toute cette sauvagerie. Puis, tout s’enchaîna tragiquement avec l’arrivée des proches et des villageois qui tentèrent de faire avorter le rapt et de s’opposer au chantage. Entre la vaillance et la bravoure des villageois et la lâcheté et la cruauté des assassins, le carnage ne put être évité. Et la mort implacable avait choisi son camp, celui de la dignité et de la loyauté. Il faut dire que dans les deux communes de Souk El-Khemis et Souk El-Tenine, le racket et le crime organisé font bon ménage. “La semaine dernière, un jeune entrepreneur venait d’encaisser la modeste somme de soixante millions de centimes quand des hommes armés sont venus taper à sa porte le soir venu. Ici, tout se sait et se monnaye. C’est la loi du talion et les citoyens ne savent plus à quel saint se vouer”, dira un jeune d’El-Khemis. Terrorisme ou banditisme ? Ou les deux monstres à la fois ? Allez comprendre quelque chose ! Toujours est-il qu’une véritable marée humaine avait envahi littéralement le petit village d’El-Bir que les autorités locales, les élus locaux, quelques députés étaient là pour rendre un vibrant et dernier hommage aux trois martyrs de la région. Le wali de Tizi Ouzou, accompagné du chef de sûreté de wilaya et du commandant du groupement régional de la Gendarmerie nationale sont arrivés tôt le matin pour rendre visite aux trois familles endeuillées et présenter leurs condoléances. À cause de la chaleur torride qui sévit sur toute la région, les trois victimes ont été enterrées très tôt, l’un après l’autre, entre 11 et 12h dans des carrés familiaux ! Arrivé le matin par l’axe Tizi Ouzou-Maâtkas, le cortège officiel emprunta au retour l’autre trajet menant d’El-Bir vers Draâ Ben-Khedda pour des raisons de sécurité. En attendant, la population d’El-Bir et toutes les contrées les plus reculées des “Maâtkas” ont bien de la peine à pleurer leurs martyrs tout en appréhendant des lendemains inquiétants et incertains car le terrorisme et le banditisme sont encore aux aguets malgré toutes les fausses assurances des politiques et des garants du pouvoir.


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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 22:44

 

 

 

Christoph Luxenberg, un séisme dans les études coraniques

 

 

Christoph Luxenberg, un séisme
 
dans les études coraniques

 Un Champollion se penche sur le texte sacré de l'islam

 

 

 

Lecture_syro_aram_enne_du_Coran

                 La thèse soutenue en 2000 par Christoph Luxenberg (pseudonyme)  -- publiée en allemand en 2004 et en anglais en 2007-- est assurément une révolution dans le domaine des études coraniques, une révolution dont on n'a pas fini de mesurer les conséquences. Intitulée "Lecture syro-araméenne du Coran. Contribution pour décoder la langue coranique" ("Die Syro-Aramäische Lesart des Koran : Ein Beitrag zur Entschlüsselung der Koransprache"), elle consiste d'abord en une méthode de lecture du texte sacré fondée sur une connaissance de la langue syro-araméenne. C'est la première fois qu'une telle approche philologique et linguistique est tentée de façon à la fois systématique et méticuleuse. Il faut dire qu'on est loin de la verve pamphlétaire d'un Ibn Warraq : il y a un avant et un après Luxenberg...
 
La Tradition musulmane avait déjà signalé dans le texte coranique des passages "obscurs", "mystérieux", voire "insondables". Cela va de mots qui sont inconnus aux expressions à la limite du "mal formulé". Pour expliquer aux croyants ces zones d'ombre face auxquelles ils étaient vraisemblablement désarmés, les commentateurs traditionnels ont rationalisé tant bien que mal. Pour rendre les choses intelligibles, ils mobilisèrent des efforts couteux et un ijtihad intense.
Or, Luxenberg démontre que ces efforts d'exégètes tardifs sont frappés d'une tare constitutionnelle : leur méconnaissance de l'arabo-araméen. Audacieux, parfois aventureux, il applique alors sa nouvelle méthode pour lire, décoder, voire décrypter le Livre Saint, principalement dans ses passages réputés être les plus obscurs . Les résultats sont spectaculaires !




1) L'arabe classique n'est pas la langue du Coran

             
            Selon Luxenberg, le milieu qui a vu se développer le dernier monothéisme n'est linguistiquement ni homogène, ni monolingue. Les mots coraniques qui embarrassaient les commentateurs, les tournures de ce texte qui frisaient le "mauvais arabe" ne sont pas du "mauvais arabe" mais du "bon araméen" (ou du syro-araméen). Culturellement, il convient de parler d'une langue arabo-araméenne à laquelle Mohammad (saws) eut recours pour transmettre son message, vu que l'arabe était éparpillés en dialectes et était peu standardisé. Il a fallu attendre l'oeuvre des Grammairiens Si Bouwayh et Al Khalîl Ibn Ahmed pour que cette fixation des dialectes arabes en une langue classique soit enfin parachevée. Or, à l'époque du Prophète, il y'avait soit des dialectes arabes, soit la langue lithurgique syro-araméenne qui a servi à la christianisation de ces populations. Cette langue était même devenue une sorte de lingua franca parlée dans toute la péninsule arabique (et non seulement une langue écrite à usage lithurgique) Or, Mohammad (saws) usa des deux, ce qui donna un Coran récité en arabo-araméen. Ceux qui  élaborèrent, bien après la mort du Prophète, ce que l'on appelle la Tradition, vinrent après l'oeuvre des grammairiens arabes et ne connurent que l'arabe devenu classique. La situation linguistique a beaucoup changé entre temps et l'ancienne langue syro-araméenne a complètement été suppléée par la langue du nouveau culte musulman.

Des indices historiques tendent à accréditer cette thèse de l'arabo-araméen (le Prophète aurait conseillé à ses scribes, dont Hassan Ibn Thabit, de maîtriser l'araméen et l'hébreu). Mais c'est surtout le texte coranique lui-même qui en garde une trace indélibile au travers les mots et les expressions syro-araméennes qu'il recèle. Luxenberg s'est proposé d'explorer méticuleusement cet aspect syro-araméen du Coran et en a tiré des conséquences étonnantes. syriaque

« À cette époque, il n'y a avait pas d'écoles arabes – excepté probablement, dans les centres urbains chrétiens de al-Anbar et al-Hira dans le sud de la Mésopotamie, dans ce qui constitue aujourd'hui l'Irak. Les Arabes de cette région avaient été christianisés et instruits par des chrétiens de Syrie. Leur langage liturgique était syro-araméenne. Cette langue était le véhicule de leur culture et plus généralement la langue de la communication écrite. »

 

« Au commencement du IIIe siècle, les chrétiens de Syrie ne se contentaient pas de porter leur mission évangélique aux pays limitrophes, comme l’Arménie ou la Perse. Ils allaient jusque dans des contrées éloignées, jusqu'aux confins de la Chine et la côte Ouest de l'Inde, en plus de la totalité de la Péninsule arabique, jusqu'au Yémen et l'Éthiopie. Il est ainsi plus probable que, en vue de porter le message chrétien aux peuples arabes, ils aient utilisés, entres autres langues, la langue des Bédouins, c'est-à-dire l'arabe. Afin de répandre les Évangiles, il leur fut nécessaire d'utiliser un mélange de langues. Mais à une époque où l'arabe était un ensemble de dialectes qui n'avaient pas de forme écrite, les missionnaires n'avaient pas d'autre choix que de recourir à leur propre langue littéraire et à leur propre culture, c'est-à-dire au syro-araméen. Le résultat fut que la langue du Coran est née dans une langue arabe écrite, qui cependant était une langue dérivée de l'arabo-araméen. »

 

(Citations de Luxenberg extraites de Wikipedia)


2) Il n'y a pas de vierges au paradis, il n'y a que des raisins blancs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Coran (44 : 56) :

إِنَّ الْمُتَّقِينَ فِي مَقَامٍ أَمِينٍ 51 فِي جَنَّاتٍ وَعُيُونٍ 52 يَلْبَسُونَ مِن سُندُسٍ وَإِسْتَبْرَقٍ مُّتَقَابِلِينَ 53 كَذَلِكَ وَزَوَّجْنَاهُم بِحُورٍ عِينٍ 54 يَدْعُونَ فِيهَا بِكُلِّ "فَاكِهَةٍ آمِنِينَ 55 لَا يَذُوقُونَ فِيهَا الْمَوْتَ إِلَّا الْمَوْتَةَ الْأُولَى وَوَقَاهُمْ عَذَابَ الْجَحِيمِ 56 

 

"Nous les aurons mariés à des Houris aux grands yeux. " (Trad. Blachère)

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                   Le mot "houri" est donné par la Tradition comme étant l'équivalent de "très belles femmes vierges aux grands yeux", qui seraient la rétribution réservée dans l'audelà aux bons croyants. Il n'en est rien soutient Luxenberg, qui entend rétablir sa dignité au texte coranique sur ce point. Le mot est syro-araméen et signifie dans cette langue  "blanc", "pur". Et comme le Coran était dépourvu de signes diacritiques, la Tradition s'est trompée dans le chakl (les signes diacritiques ajoutés) de ce passage. Il fallait lire "rawadjnahoum" au lieu de "zawadjnahoum", le point sur le "Ra" ayant été faussement ajouté. De plus, en arabo-araméen, le "bi" signifie "parmi" ou "sous" et les sines diacritiques du mot 'ayn sont aussi mal ajoutés : il fallait lire عنب à la place de عين. Le texte devient alors : روجناهم بحور عنب , alhouri 'inabine signifiant alors des raisins d'un blanc éclatant.

 

La traduction que propose Luxenberg est alors :

Nous les installerons confortablement sous des (raisins) blancs,
(clairs) comme le cristal.
   

Tous les autres passages sur les houris sont révisés de la même manière. Ainsi (Coran 2 : 25) :

 

وَبَشِّرِ الَّذِين آمَنُواْ وَعَمِلُواْ الصَّالِحَاتِ أَنَّ لَهُمْ جَنَّاتٍ تَجْرِي مِن تَحْتِهَا الأَنْهَارُ كُلَّمَا رُزِقُواْ مِنْهَا مِن ثَمَرَةٍ رِّزْقاً قَالُواْ هَـذَا الَّذِي رُزِقْنَا مِن قَبْلُ وَأُتُواْ بِهِ مُتَشَابِهاً وَلَهُمْ فِيهَا أَزْوَاجٌ مُّطَهَّرَةٌ وَهُمْ فِيهَا خَالِدُونَ 25

 

 

Raisins_blancs« Annonce à ceux qui auront cru et accompli des oeuvres pies qu'ils auront des Jardins sous lesquels couleront des ruisseaux. Chaque fois que quelque fruit leur sera accordé, en attribution, ils diront "Ceci est ce qui nous a été attribué antérieurement", et ce qui leur sera donné sera ressemblant à ce qu'ils avaient sur terre. Dans ces Jardins, ils auront des épouses purifiées et ils y seront immortels.» (Traduction Blachère) 

 

 

 Ce passage signifie simplement que les croyants auront au paradis toutes "espèces [azwadj] [sous entendus de  fruits] purs".

Il en est de même pour (Coran  52:20 ,55:72, 56:22) qui se laissent comprendre selon le même procédé.

 

 

 

 

 


3) Mohammad (saws) n'est que le "témoin" des Prophètes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Coran (33:40)

مَّا كَانَ مُحَمَّدٌ أَبَا أَحَدٍ مِّن رِّجَالِكُمْ وَلَكِن رَّسُولَ اللَّهِ وَخَاتَمَ النَّبِيِّينَ وَكَانَ اللَّهُ بِكُلِّ شَيْءٍ عَلِيمًا 40

               
               Ce passage, compris jusqu'à présent comme Mohammad (saws) est le « sceau des prophètes » et le dernier d'entre eux (de khatim et khatima), devient quand il est éclairé par l'arabo-araméen "Mohammad (saws) est le « témoin » des prophètes qui l'ont précédé. Le Prophète n'entend donc pas effectuer une rupture avec ses prédécesseurs, mais simplement les continuer et "témoigner" de la vérité de leur message. Luxenberg va plus loin en soutenant que Mohammad (saws) n'entendait faire rien de plus qu'adapter aux Arabes de son époque le message du "Oum Al Kittab" (du Livre-mère). Ce Livre mère fait lui-même référence à la Bible, considérée par le Prophète comme la source, dont il a tiré  un "lectionnaire" (Qurân) adapté à l'usage de sa société.

 

 

 

 

 

 

4) Al Kawthar n'est pas un fleuve du paradis mais une prière...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Coran (sourate 108) :

إِنَّا أَعْطَيْنَاكَ الْكَوْثَرَ 1 فَصَلِّ لِرَبِّكَ وَانْحَرْ 2 إِنَّ شَانِئَكَ هُوَ الْأَبْتَرُ 3

 

 

 

                " Il s'agit de cette crux interpretum qu'est la sourate 108 (dite « Al Kawthar », « l'Abondance »). On y a mis en romain les vocables qui font problème : « En vérité, Nous t'avons donne l'Abondance. / Prie donc en l'honneur de ton Seigneur et sacrifie ! / En vérité, celui qui te hait se trouve être le Déshérité » (traduction de Régis Blachère). Plusieurs chercheurs occidentaux reconnaissent que cela ne fait pas sens. Les exégètes musulmans, eux, manifestent leur embarras ; la rime et le sens du « mystère » aidant, ils y voient pourtant une merveille. Finalement, la majorité d'entre eux considèrent qu'Al-Kawthar est le nom d'un fleuve du paradis !

 

Dans la lecture syro-araméenne de Luxenberg, cela devient: « Nous t'avons donné [la vertu] de la persévérance ; / Prie donc ton Seigneur et persiste [dans la prière] ; / Ton adversaire [Satan] est [alors] le vaincu. » A l'origine de cette courte sourate se trouve une liturgie syriaque, réminiscence de la Première Epître de saint Pierre (5, 8-9) d'après le texte de la pshitta (traduction syriaque de la Bible) et qui est aussi la lecture de l'office des complies dans le bréviaire romain."

Claude Gilliot  Source

Le texte tel que révisé par Luxenberg donne :

"Nous t'avons donné la (vertu de) constance. Prie donc ton Seigneur et persévère (dans la prière) ! Ton
adversaire (Satan) est alors le vaincu (L, 275)."

 

Ce qui est une adaptation de "la première épître de Saint Pierre : «[...] Votre partie adverse, le Diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Résistez lui, fermes dans la foi [...] » (5, 8s.). Le verset est d'autant plus intéressant qu'il a été repris dans le livre de prière des moines, dans l'office du soir, les Compiles."

Cité d'après : Texto!


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

5) "Que nul n'entre ici s'il ne connaît le syro-araméen"
 

 

                  Il faut rappeler que le Coran est un texte écrit en un ensemble de consonnes dépourvues de signes diacritiques et donc de voyelles. Le rajout de ces signes et des voyelles est en fait, en soi, une première opération interprétative. Ensuite, le réflexe le plus naturel pour interpréter le difficile langage des sourates consiste à plonger dans le Lîssan al ‘Arab ou dans l’un des commentaires classiques de l’exégèse musulmane, à pêcher ainsi du prêt-à-porter interprétatif, sans nulle distance critique. Par la suite, bien sûr, on pourra plus ou moins agrémenter le tout de hadiths. Or, c’est là où le bât blesse. Cette confiance aveugle en la connaissance linguistique d’exégètes venus plusieurs siècles après le Prophète s’avère problématique. La difficulté ne  vient pas seulement du fait que les commentateurs présentent généralement, dans un souci d’exhaustivité,  plusieurs interprétations d’un seul passage, parfois jusqu’à une vingtaine, et contradictoires de surcroît. Il vient surtout de leur ignorance de l’arabo-araméen, disparu car suppléé par la nouvelle langue du culte musulman, mais resté indélébile dans le texte même du Coran. Cette ignorance les a engagé à faire des efforts colossaux pour rendre clairs les versets les plus controversés : au final, ils n’ont produit que des rationalisations plus ou moins sophistiquées et des mirages d’explication exégétique.

Avec Luxenberg, le droit à payer pour faire de l’interprétation s’est brusquement réhaussé. Dorénavant, nul ne peut interpréter le Coran sans une solide connaissance de la langue syro-araméenne. L'exercice de l'interprétation devient lui-même une affaire philologique sérieuse. Pour paraphraser une maxime antique : "que nul n’entre ici s’il ne connaît le syro-araméen !"  Et c'est cela une révolution...

 

   

 

 

 


6) Sourate Al 'Alaq (96) transformée


اقْرَأْ بِاسْمِ رَبِّكَ الَّذِي خَلَقَ 1 خَلَقَ الْإِنسَانَ مِنْ عَلَقٍ 2 اقْرَأْ وَرَبُّكَ الْأَكْرَمُ 3 الَّذِي عَلَّمَ بِالْقَلَمِ 4 عَلَّمَ الْإِنسَانَ مَا لَمْ يَعْلَمْ 5 كَلَّا إِنَّ الْإِنسَانَ لَيَطْغَى 6 أَن رَّآهُ اسْتَغْنَى 7 إِنَّ إِلَى رَبِّكَ الرُّجْعَى 8 أَرَأَيْتَ الَّذِي يَنْهَى 9 عَبْدًا إِذَا صَلَّى 10 أَرَأَيْتَ إِن كَانَ عَلَى الْهُدَى 11 أَوْ أَمَرَ بِالتَّقْوَى 12 أَرَأَيْتَ إِن كَذَّبَ وَتَوَلَّى 13 أَلَمْ يَعْلَمْ بِأَنَّ اللَّهَ يَرَى 14 كَلَّا لَئِن لَّمْ يَنتَهِ لَنَسْفَعًا بِالنَّاصِيَةِ 15 نَاصِيَةٍ كَاذِبَةٍ خَاطِئَةٍ 16 فَلْيَدْعُ نَادِيَه 17 سَنَدْعُ الزَّبَانِيَةَ 18 كَلَّا لَا تُطِعْهُ وَاسْجُدْ وَاقْتَرِبْ 19 

   

  Traduction de Blachère :Calligraphie_3


Prêche au nom de ton Seigneur qui créa

Qui créa l'homme d'une adhérence
Prêche !, ton Seigneur étant le Très Généreux
Qui enseigna par le Calame
Et enseigna à l'Homme ce qu'il ignorait.
Prenez garde ! L'Homme en vérité est rebelle
Parce qu'il se passe de tous.
A ton Seigneur pourtant tu retourneras.
Penses-tu que celui qui défend
A un serviteur [d'Allah] de prier,
Penses-tu qu'il soit dans la Direction
Ou qu'il ordonne la piété ?
Penses-tu [au contraire] qu'il crie au mensonge et se détourne [de la vole droite] ?
Ne sait-il pas qu'Allah le voit ?
Qu'il prenne garde ! S'il ne s'arrête, en vérité, Nous le traînerons [en Enfer] par le toupet de son front,
Toupet menteur et pécheur !
Qu'il appelle son clan !
Nous appellerons les Archanges.
Prends garde ! Ne lui obéis pas !
Prosterne-toi et rapproche-toi [d'AIlah] !
calligraphie_20arabe2_1_

Révision de Luxenberg :

 Invoque le nom de ton Seigneur, qui a créé,
Qui a créé l'homme (d'argile) collante; Invoque ton Seigneur digne qu'on l'honore, qui a enseigné par le calame (l'Écriture)
à l'homme ce qu'il ne savait pas du tout. Certes, l'homme oublie,
quand il voit qu'il s'est enrichi,
que (cela) se ramène à ton Seigneur.
Quand tu en vois un, qui (veut) empêcher (de prier)
un serviteur (de Dieu), quand il prie,
crois-tu qu'il est sur le droit chemin
voire qu'il a de pieuses pensées ?
(Mais) si tu crois qu'il renie (Dieu)
et se détourne (de Lui),
Ne sait-il pas que Dieu voit tout ?
S'il ne cesse pas, nous punirons l'adversaire, l'adversaire qui renie et pèche !
Invoque-t-il ses idoles, c'est un (dieu) passager qu'il invoquera !
Tu ne dois pas du tout l'écouter, mais rends ton culte et communie

(Luxenberg, pp. 293-296, édition allemande).

Source : Texto!

 


7) Le Coran est un "lectionnaire"


                "Le Coran était ce que son nom dit très précisément, une fois qu'on le comprend à partir du syriaque : un lectionnaire (L[uxenberg], 56, 79), c'est-à-dire une anthologie de passages tirés de livres saints préexistants et adaptés en langue vernaculaire, anthologie faite pour la lecture liturgique (L. 275). C'est ce qu'affirme le début de la sourate XII, qui raconte l'histoire de Joseph (Genèse, 37-50), si on la traduit comme le fait Luxenberg : « Voici les versets de l'Écriture expliquée ; nous l'avons fait descendre comme un lectionnaire arabe, afin que vous puissiez comprendre. » (XII, 1-2) (L, 80s.) Ou encore XLI, 3 : « Écriture que nous avons traduite comme un lectionnairearabe » (L, 96). Ou enfin LXXV, 17- 18 : « il nous incombe de le (le Coran, le lectionnaire) compiler (à partir d'extraits de l'Écriture) et de l'exposer (en enseignant). Si nous l'avons exposé (en enseignant), suis son exposé (c'est-à-dire la façon dont il t'a été enseigné) » (L, 97).lectionnaire_de_Montmajour

« Si Coran signifie à proprement parler lectionnaire, on est autorisé à admettre que le Coran ne voulait être compris comme rien d'autre qu'un livre liturgique avec des textes choisis de l'Écriture (Ancien et Nouveau Testaments), et nullement comme un succédané de l'Écriture elle-même, c'est-à-dire comme une Écriture indépendante. D'où les nombreuses allusions à l'Ecriture, sans la connaissance de laquelle le Coran pourrait sembler à son lecteur être un livre scellé de sept sceaux » (L, 79).

Le Livre par excellence dont il est question bien des fois, la « mère du livre » (III, 7 ; XIII, 39 ; XLIII, 4), c'est-à-dire le texte original, n'est autre que la Bible elle-même. Luxenberg traduit ainsi III, 7 : « C'est Lui qui a fait descendre sur toi le livre. Une de ses parties consiste en versets précis, qui (sont quasiment) l'Écriture originale (elle-même), et (une partie) en d'autres (versets) de même sens. » (L, 82) II se peut que ce qui est vise ici soit l'Écriture canonique et ce qui lui ressemble, a savoir les textes apocryphes (L, 83).

On notera une conséquence capitale : si Luxenberg a raison, le Coran ne prétendait pas remplacer la Bible, mais en fournir une version intelligible aux arabes de l'époque. Il ne se présentait donc pas comme une révélation immédiate (L, 100). De la sorte, la doctrine de la dogmatique islamique postérieure selon laquelle une révélation serait «abrogée» (naskh) et « remplacée » (tabdîl) par une révélation postérieure (l'Évangile remplaçant la Torah), jusqu'à la révélation définitive coïncidant avec l'islam, perdrait son fondement. "

Rémi BRAGUE

Source : Texto! 

 

 

8) Le voile est une erreur d'interprétation                      

                        
             " (...) Cette conception des choses peut être désormais mise en doute. Les adversaires du voile disposent maintenant d’arguments plus solides, qui ne sont plus simplement des appels aux “valeurs de l’Occident chrétien” ou de la “Tradition européenne”.

L’auteur Christoph Luxenberg, qui est obligé d’écrire sous ce pseudonyme, a publié en 2000 un ouvrage intitulé “Die syro-aramaeische Leseart des Koran” [= “La lecture syro-araméenne du Coran”], qui a rapidement acquis la célébrité dans le monde entier. Une seconde édition paraîtra bientôt, en cet automne 2004, mais l’auteur nous a déjà révélé en primeur les innovations qu’elle apporte par rapport à la première version du livre. Luxenberg les a consignées dans une petite revue de critique catholique, “Imprimatur” (édition n°2/2004). Elles traitent de la sourate invoquée pour le port du voile. Philologue sémitique averti, Luxenberg présente une nouvelle lecture du texte du Coran, y compris de celui de la sourate qui concerne le port du voile. Certes, il n’est pas le premier philologue à le faire, tout en soumettant à critique les lectures conventionnelles du livre sacré des musulmans. C’est sa méthode qui est innovante, ainsi que les résultats qu’elle procure. Là, Luxenberg est original et seul. Pourquoi? Parce qu’il est le seul à maîtriser les variantes régionales des langues sémitiques anciennes et actuelles, ce qui lui a permis de procéder à une enquête philologique unique et complète du texte du Coran. voile

Le Coran a été rédigé de manière abrégée

Luxenberg publie sous pseudonyme car il sait très bien qu’il s’aventure sur un terrain dangereux et que ses recherches peuvent lui coûter la vie. Les doctrinaires islamiques conventionnels réagissent avec passion et énervement parce que Luxenberg relit le Coran d’une manière entièrement nouvelle, en reconstruisant les racines syro-araméennes du texte arabe.

Le point de vue islamique part du principe que le Coran a été réceptionné par Mahomet ou par ses compagnons au 7ème siècle, et que, depuis, il est demeuré inchangé. Or les recherches sur le texte coranique ont bel et bien prouvé que le texte trouvait ses origines au 7ième siècle, ce qui est indubitable, mais que sa forme actuelle date en fait du 10ième siècle.

L’évolution de l’écriture arabe joue un rôle très important dans les avatars du texte coranique; première remarque de Luxenberg, l’écriture arabe n’existait pas au moment de l’émergence du Coran. Certes, la langue arabe existait, mais, pour la transcription, il a fallu faire usage de la langue syro-araméenne, qui, à l’époque, était tout aussi importante que le sera le latin en Europe quelques siècles plus tard. Les tribus arabiques se sont rapidement répandues dans les espaces conquis, ce qui a entraîné la prise de conscience d’une conscience identitaire arabe, qui avait besoin d’un système d’écriture propre, lequel devait être créé sur base de l’écriture syro-araméenne. Le Coran est donc le premier livre écrit en arabe, mais, il faut alors se rappeler qu’à l’époque de son émergence, le fondateur de l’Islam, le Prophète Mahomet, l’a rédigé en abrégé, pour lui servir d’aide-mémoire. Dans cette forme première, abrégée, les fameux “points diachroniques”, que l’écriture arabe ultérieure rendra pleinement, ont été omis. Des 28 lettres de l’alphabet arabe, seules six sont claires et univoques sans le secours de ces points diachroniques. Les 22 autres laissent la possibilité d’une multitude de variantes interprétatives, si ces points sont omis.

Pour les lettrés de l’époque, cela ne posait aucun problème, car ils connaissaient encore parfaitement les racines syro-araméennes des mots. Pour 900 mots, il a fallu imposer une lecture unitaire du texte sacré, car d’innombrables interprétations commençaient à se télescoper, tant et si bien que l’Islam risquait à tout moment de se désagréger. La tâche des lettrés musulmans a résidé en ceci: présenter le Coran dans une forme écrite, enfin achevée, en introduisant a posteriori les points diachroniques manquants dans le texte, afin de rendre toute interprétation erronée impossible. Mais là s’est posé un problème : les lettrés islamiques du 10ième siècle ne connaissaient plus les racines syro-araméennes des mots. C’est ainsi que certains passages du Coran paraissent étonnantes. La communauté savante des “coranologues” évoque alors des “passages obscurs”. L’un de ces passages obscurs se trouve dans la sourate 24.31, que les gardiens de la foi islamique considèrent comme un indice important pour ordonner le port obligatoire du voile.

La traduction littérale du texte arabe de ce passage de la sourate 24.31 serait, selon Luxenberg : “Elles doivent rabattre leurs khoumour au-dessus de leurs poches”. Les lettrés coraniques ont toujours eu du mal à interpréter ce passage difficile, si bien qu’ils se sont entendus pour en donner une réadaptation unitaire, que l’on peut traduite comme suit : “Elles doivent (...) tirer leur foulard au-dessus de la fente de leur vêtement (à partir de la découpe du cou descendant vers le bas)”. Cette phrase est étrange, sonne drôle, ce qui a induit Luxenberg à s’interroger sur sa signification, surtout en se penchant sur trois mots problématiques dans le texte originel, “khoumour”, “poches” et “rabattre”.

“Elles doivent rabattre leurs ceintures au-dessus de leurs hanches”

Le mot “khoumour” était totalement inconnu des lettrés coraniques du 10ième siècle. Pourtant, il existe en arabe un mot similaire, qui signifie “recouvrir” et dont ils se sont aidés. Luxenberg, en revanche, a réussi à prouver que la signification originelle, syro-araméenne, du mot “khoumour” était “ceinture”. Cette découverte est corroborée par le fait que le mot “rabattre” dans les textes syro-araméens est toujours lié à “ceinture”.

Le passage obscur, après ce travail de défrichage, devrait se traduire ainsi : “Elles doivent rabattre leur ceinture sur leurs poches”. Ainsi, le dernier mot qu’il convient de rechercher apparaît clairement. Le travail méticuleux du philologue Luxenberg a permis une nouvelle traduction : le terme “poches” devient “hanches” (en allemand : “Lenden”, qui signifie aussi “lombes” ou “reins”, ndt). De cette façon, le commandement de porter un voile ou un foulard, devient : “Elles doivent rabattre/mettre leurs ceintures au-dessus de leurs hanches”. Qui plus est, cette nouvelle lecture peut se référer à un fait historique: rappelons-nous que le Coran contient de nombreux passages où l’on ordonne aux femmes de porter une ceinture, de nouer une ceinture autour de la taille, signe de moralité. De même, les hommes ne devaient apparaître à la prière que muni d’une ceinture autour de la taille.

La haute signification de la ceinture n’est pas seulement le propre de la culture arabo-islamique. Dans l’Europe chrétienne, la ceinture revêtait (et revêt toujours) une signification. Par exemple, la ceinture du moine qui souligne la nécessité d’une vie ascétique. La ceinture symbolise dans ce cas la séparation entre la partie supérieure du corps de la partie inférieure, jugée infâmante et maudite. Par ailleurs, en Europe médiévale, les prostituées ne pouvaient pas, sous peine de sanction, porter de ceinture, car il leur était interdit de s’affubler d’un symbole de haute moralité.

Luxenberg en conclut que la sourate 24.31 ne prescrit pas aux femmes de porter un foulard. Il estime qu’elles devraient au contraire utiliser le sens réel et originel de cette sourate pour s’opposer aux ukases des nouveaux doctrinaires de la foi.

Certes, les travaux d’un seul philologue ne peuvent pas ébranler l’influence concrète d’une texte considéré comme sacré, ni façonner l’expression de la foi islamique. Cependant, le résultat de sa recherche philologique pourrait inspirer la jurisprudence allemande. En tout cas, les travaux de Luxenberg ramènent le débat à un niveau concret et nous inciter à affronter plus sereinement, sur des bases plus solides, les dogmes religieux."

Robert Braun.

Source : Christoph LUXENBERG, Die syro-aramaeische Leseart des Koran. Ein Beitrag zur Entschluesselung der Koransprache, 2. Überarb. Neuauflage, 2004. L’article de Luxenberg dans la revue catholique “Imprimatur” peut se lire sur le net : Imprimatur Source : voxnr.com

 

 

 

 

 

 

 

 


Naravas

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Sources :

1) Entretiens :

- Christoph Burgmer, The Koran as a philological Mine. A Conversation with Christoph Luxenberg, Abridged version; taken from the book edited by Christoph Burgmer : Streit um den Koran. Die Luxenberg Debatte: Standpunkte und Hintergründe (Dispute about the Koran. The Luxenberg Debate), pp. 14 – 34. © Verlag Hans Schiler, Berlin 2004. Source Institut Goethe (Télécharger cet entretien pdf)

- The Virgins and the Grapes: the Christian Origins of the Koran, An interview with "Christoph Luxenberg" by Alfred Hackensberger. Source    (Lire/télécharger cet entretien pdf) 

 

 

 

2) Comptes-rendus :

- Robert R. PHENIX Jr. and Cornelia B. HORN, Journal of Syriac Studies. Lire ce compte rendu

- Claude Gilliot, "Langue et Coran : une lecture syro-araméenne du Coran", Arabica, tome L, 2003., Lire/télécharger ce compte-rendu (pdf)

- Rémi Brague, "Le Coran, sortir du cecle ?", (Texte paru dans Critique, avril 2003, n° 671, p.232-251) et sur Texto !. Lire ce compte rendu

- Richard Croes, "Missionary, dilettante or visionary ?". Lire ce compte rendu

- Piet Horsten, Islamochristiana 28 (2002), pp. 310-311. Source  Lire/télécharger ce compte rendu (pdf)

- François de Blois, Journal of Qur'anic Studies, 2003, Volume V, Issue 1, pp. 92-97. Lire ce compte rendu

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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 22:35

 

Source:  http://www.congres-mondial-amazigh.org/-/index.php

 

VI° congrès général du CMA

VI° Assises internationales du Congrès Mondial Amazigh

 

 

Conformément à ses statuts, le Congrès Mondial Amazigh doit réunir ses membres en assemblée générale tous les trois ans. Le 5° congrès ayant eu lieu à Meknès du 31 octobre au 2 novembre 2008, le moment est donc venu d’organiser la 6° édition des Assises internationales du CMA.

Après examen des évolutions en cours dans les pays de Tamazgha (nord de l’Afrique) et en concertation avec les membres du CMA dans les différents pays, le bureau du CMA a décidé que le VI° congrès aura lieu à Djerba, en Tunisie, du 30 septembre au 2 octobre 2011.

Le bureau du CMA a pris cette décision en accord avec l’association tunisienne de la culture amazighe. Les instances du CMA travailleront en étroite collaboration avec cette association pour la préparation et l’organisation matérielle du congrès.

Après l’Archipel des Canaries en 1997, le Maroc en 2005 (Nador) et en 2008 (Meknès), les instances du CMA sont heureuses de la tenue du prochain congrès des Amazighs en terre amazighe. Ce sera un évènement historique qui permettra de réunir pour la première fois en Tunisie, la grande famille amazighe et ses amis. Ce sera sans nul doute, une nouvelle étape qui marquera la marche du peuple amazigh vers son destin de liberté et qui contribuera au processus démocratique en cours en Tunisie et dans les autres pays de la région.

En perspective de ces prochaines assises, les associations membres du CMA sont invitées à mettre à jour leur situation vis-à-vis des statuts et du règlement intérieur du CMA et à procéder à la désignation de leurs délégués au congrès.

Pour toutes informations concernant la participation au congrès, merci de prendre contact avec :

Europe/monde : congres.mondial.amazigh@wanadoo.fr Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
- Archipel des Canaries : Jaime Saenz,   solidaridadcanaria.CMA@gmail.com Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
- Maroc : Khalid Zerrari, khalidzerrari@yahoo.fr Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir - M. Bouchdoug, mobouchdoug@yahoo.fr Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir  
- Algérie : Hocine Azem, hocineazem@yahoo.fr Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir – Kamira Nait Sid, kamira_ber@yahoo.fr Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
- Tunisie : Khadija Ben Saidane, khadija.ben.saidane@gmail.com Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
-  Libye : A. Madi, enaro12@yahoo.com Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir  
-  Pays Touareg : Cheikh Ag Baye, agbaye.cheikh@gmail.com Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

Tudert i wegraw amad'lan Amazigh
Vive le Congrès Mondial Amazigh

 

Paris, 1/08/2961 - 12/08/2011

P/le bureau du CMA
Belkacem Lounes, Président
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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 22:11

 

source: Le Monde Amazigh

 

 

L’arganier fait partie de la famille des Sapotacées, reconnue pour donner naissance à des espèces rustiques et résistantes.
Cet arbre épineux – d’où l’adjectif “Spinoza” – qui peut atteindre 8 à 10 mètres de hauteur et vivre jusqu’à 200 ans, est facilement reconnaissable dans le paysage marocain. Il présente une cime large et ronde, un tronc noueux, tortueux et assez court, souvent lui-même formé de plusieurs branches entrelacées. Les forêts d’arganiers sont assez clairsemées (environ 30 arbres par hectare)et ses
racines pouvant atteindre 30 mètres de profondeur pour récupérer les eaux profondes
.

Les rameaux de l’arganier sont épineux et garnis de petites feuilles de couleur vert sombre qui peuvent subsister même durant la saison sèche.
L’arganier donne des fleurs et des fruits. Les fleurs apparaissent entre mai et juin et sont jaune verdâtre, parfois blanches. Le fruit a la taille et la forme d’une grosse olive, il est constitué d’une pulpe et d’un noyau contenant des graines appelées amandons. En moyenne, un arbre peut produire jusqu’à 8 kg de fruits par an soit un total de 128 000 tonnes par an, pour l’ensemble de
Aujourd’hui, l’Arganeraie représente 65 % de la surface boisée du sud marocain et couvre une surface de 830 000 hectares. Elle s’étend de la région de l’Oued Tensift à l’Oued Souss, en passant par Marrakech, Agadir et Essaouira

 


L’arganier chez les Achtouken (Souss)

argan : arganier (collectif) et huile d’argane. targant (pl. targinin) : arganier (unité), petit nombre d’arganiers. aregginen : pluriel de petit nombre d’argan, " quelques arganiers ". Ce mot s’appliquerait à des arganiers plus grands que les targinin. ayyaw (pl. ayyawen) : rejet partant de la souche. tagwntift : petit arganier. asennan (pl. isennanen) : petite épine sortant du petit fruit par la fleur. ajdur (pl. ijduren - ijdar) : fleur d’arganier.
aghray (pl. ighrayn) : fruit à peine formé. admam (pl. idmamen) : fruit qui commence à se former ; d’abord rougeâtre, lorsqu’il devient vert, il est appelé : zêrgemmu (collectif) ;tazêrgemmut (pl. tizêrgwmma) (unité). Lorsque celui-ci jaunit et mûrit il est appelé : bilzîz (collectif) ; tibilzîzt (pl. tibilzîzin) (unité) . Après le bilzîz, lorsque le fruit est sec il est appelé, qu’il soit resté sur l’arbre ou qu’il soit tombé : tifiyyict (collectif). La tifiyyict restée sur l’arbre est gaulée (zwi : gauler , azway : gaulage) et celle tombée sur le sol est ramassée (gru : ramasser , tigri : ramassage).
Le tout est mis dans des paniers (agwnin, pl. igwninen) faits avec la plante inif ; ou tazgawt (pl. tizgiwin) faits en palmier nain (tiznirt) ou en palmes (ifrawn) de palmier-dattier (tayniwt, pl. tayniwin) ; la tazgawt contient trois igwninen, l’agwnin lui-même contient trois tigwninin, une et demie dans chaque poche (tamnâtt, pl. timnadîn).
Le tout est transporté et emmagasiné dans les pièces du rez-de-chaussée pour éviter les dommages causés par les rats. On les retire au fur et à mesure des besoins, mais il arrive qu’on les laisse plusieurs années.
Les femmes pendant les intervalles de repas, prennent les tifiyyict et les concassent sur une pierre dite : assargw (pl. issurag) et à l’aide d’une pierre dite taggunt n wawrag (pl. tigguna n wawrag) ou plutôt taggunt n tifiyyict pour séparer (sfiyc : éplucher, asfiyc : épluchage) l’enveloppe sèche (agalim, pl. igalimen ou alig, pl. iligen) du noyau (aqqa, pl. aqqayn). L’agalim est donné aux animaux (chameaux, bœufs, moutons, chèvres) ; les chevaux, les ânes et les mulets (lebhaym n wazag : animaux à frange) ne le mangent pas.
Les femmes mettent les noyaux aqqayn dans des paniers igwninen, puis les concassent (erg : concasser, awrag : concassage), sur une pierre assargw n wawrag à l’aide d’une pierre taggunt n wawrag. Les concasseuses sont appelées tamragt (pl. timragin) : le pluriel masculin imragen est employé dans l’expression : " flan, llan dars imragen - on concasse chez un tel = il bénéficie d’une tiwizi entr’aide collective ". Lorsque le noyau est cassé, les hommes séparent l’amande (tîznint, pl. tîznin) des morceaux (irgen) de la coque (irg) et mettent les amandes dans un panier (tagwnint). Les débris de la coque, irgen, tombés sur le sol sont utilisés comme combustible.
Les amandes tîznin sont torréfiées (ssli : torréfier, asslay : torréfaction) dans un plat en terre (afellun, pl. ifellan) posé sur le feu.
Les amandes torréfiées sont moulues dans un moulin à bras appelé azerg n tîznin. Du moulin sort par un conduit (ils n wazerg) une espèce de pâte (amlû) qui tombe dans un récipient en terre appelé tazlaft n yîzmi muni d’un conduit (ils n dezlaft).
La femme verse sur cette pâte, à l’aide d’une cuillère à pot (aghwnja, pl. ighenjawen) un peu d’eau tiède (aman ulbanin) et mélange le tout d’une main, jusqu’à ce que la pâte se forme en grumeaux ressemblant à du couscous.

Les grumeaux s’agglomèrent et forment la tazgemmut ou tazegmut, nageant dans l’huile d’argan. La tazgemmut est pressée (zêm : presser, îzmi : pressage) pour extraire l’huile qu’elle contient encore. L’huile est mise dans des récipients faits de citrouilles sèches (taxsayt n wargan) et la tazgemmut est donnée au bétail (chameaux, bœufs, moutons et chèvres).

source:
La vie berbère par les textes. Arsène Roux.
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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 22:17

 

 

 

 

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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 22:03

 

 

 
A la rencontre des compétences marocaines
Le Matin Publié le : 18.08.2011
   
 
 
Après avoir fait ses premiers pas en Europe, le Forum des compétences marocaines «Careers in Morocco» se dirige vers l'Amérique du Nord, au Canada.

 

Fort du succès des éditions précédentes, le Forum Careers in Morocco s'impose aujourd'hui comme une plateforme incontournable d'échanges, de rencontres et de réflexions entre les lauréats, les professionnels marocains résidant à l'étranger (à la recherche d'opportunité d'emploi et d'entrepreneuriat au Maroc) et les plus grandes entreprises du Maroc.

Après Londres et Paris, l'initiative se poursuivra le 22 octobre 2011 à Montréal, à Canada à la rencontre des compétences marocaines en Amérique du Nord sous l'égide du ministère chargé de la Communauté marocaine à l'étranger. Plus de 3 000 compétences marocaines seront attendues à cette quatrième édition avec la participation de plus d'une vingtaine de sociétés et organismes marocains couvrant différents secteurs d'activité.
Cette année plusieurs conférences-débats seront organisées autour de du thème «des énergies renouvelable au Maroc, quel modèle économique avec la participation d'intervenants marocains et canadiens experts dans le secteur. L'édition 2011 ouvrira ses portes donc le samedi 22 octobre 2011 au Palais des Congrès de Montréal à partir de 9 h du matin jusqu'à 17 h.

Tout au long de la journée, d'autres activités seront organisées, notamment les présentations des entreprises participantes, un espace-conférence ainsi que des espaces réservés aux entretiens.
Les postes offerts durant le forum seront dans les secteurs d'activités tels que les assurances, les banques et Finance, BTP, Génie Civil, Chimie, Parachimie, Comptabilité, Audit, Conseil, Etudes, Distribution, Energies, hydrocarbures, Informatique, Métallurgie, Sidérurgie, Nearshoring, Offshoring, NTIC, Service public, Administration, Telecom, Transport, Tourisme et l'immobilier.

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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 21:45

Jeune Afrique

 

18/08/2011 à 09h:02 Par Jeune Afrique
Des policiers patrouillent dans une rue de Tizi Ouzou après une attaque contre un poste de police, Des policiers patrouillent dans une rue de Tizi Ouzou après une attaque contre un poste de police, © AFP

Trois personnes dont un militaire et un policier, ont été tuées au cours de deux attentats attribués à Aqmi. Les régions frappées sont encore celles de Boumerdès et de Tizi Ouzou.

La vague d'attentat continue en Algérie. Trois personnes ont été tuées dans deux attentats distincts attribués à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Le premier a eu lieu mardi, quand une bombe a explosé à Thénia (région de Boumerdès, à 50 km à l'est d'Alger) au passage d'un convoi faisant un soldat tué et cinq autres blessés.

Le second s'est déroulé mercredi matin, dans l'attaque d'un véhicule de transport de voyageurs à Tala Bounane, près de Tizi Ouzou (110 km à l'est d'Alger), en Kabylie. Le chauffeur a été tué sur le coup, un policier a succombé à ses blessures dans l'après-midi, et deux policiers circulant dans un autre véhicule ont été blessés.

Ces attentats se multiplient en Algérie, même si Alger, où les mesures de sécurité ont été renforcées, a été épargnée jusqu'à présent. Le ramadan, qui a commencé le 1er août, est considéré comme propice au djihad par les groupes islamistes.

Les régions de Tizi Ouzou et Boumerdès sont particulièrement visées. Dimanche, plus d'une trentaine de personnes dont deux Chinois ont été blessées lors d'un attentat suicide contre un commissariat du centre de la ville de Tizi Ouzou. Une attaque revendiquée par Aqmi.

(Avec AFP)



Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Algérie : trois morts dans deux nouveaux attentats attribués à Aqmi | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique
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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 21:39

DDK

 

Congrès mondial amazigh (CMA)

les VIe Assises internationales auront lieu à Djerba (Tunisie)

Par |

Le 6e congrès du Congrès mondial amazigh aura lieu du 30 septembre au 2 octobre prochains. La 6e édition des assises internationales du congrès mondial amazigh (CMA)  aura lieu du 30 septembre au 2 octobre de l’année en cours, a annoncé dans un  communiqué diffusé hier, M. Belkacem Lounes,  président de cette ONG. Se  référant au statut de l’organisation obligeant ses membres à se réunir tous les  trois ans, le bureau du CMA a pris la décision d’organiser ces 6e assisses en Tunisie dans un contexte marqué par la révolution du jasmin qui a fait naître une nouvelle configuration politique. Ainsi près de l’Archipel des Canaries en  1997, le Maroc en 2005 (Nador) et en 2008 à Meknès qui ont abrité le congrès du  CMA, c’est une autre ville amazighe qui aura l’honneur de recevoir les différents représentants des pays de Tamazgha. “Le bureau du CMA a pris cette décision en accord avec l’association tunisienne de la culture amazighe. Les instances du CMA travailleront en étroite collaboration avec cette association pour la préparation et l’organisation matérielle du congrès”, a toutefois précisé M. Belkacem Lounes. Ce dernier ajoute que les instances du CMA sont   “heureuses de la tenue du prochain congrès des Amazighs en terre amazighe. Ce sera un  événement historique qui permettra de réunir pour la première fois en Tunisie, la grande famille amazighe et ses amis. Ce sera sans nul doute, une nouvelle étape qui marquera la marche du peuple amazigh vers son destin de liberté et qui  contribuera au processus démocratique en cours en Tunisie et dans les autres  pays de la région”. Dans cette perspective, les associations membres du CMA ont été invitées à “mettre à jour” leur situation vis-à-vis de cette ONG au vu de la désignation de leurs délégués au 6e congrès

 

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  • : La confédération des Iflisen Umellil
  • : Un des objectifs est de reconstituer la grande confédération qui regroupait les 14 aarchs des Iflisen Umellil avant la colonisation française. Le but est de rétablir les liens interrompus et de promouvoir la solidarité inter-arche. Nous visons également à consolider les liens entre la diaspora et leur région d'origine. Réecrire l'histoire des Iflisen et préserver leur patrimoine matériel et immatériel .
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