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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 18:57

Dilem du 05 Avril 2012

 

 

 

MASCARA : Un jeune de 16 ans s’immole et décède à El Beniane

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le 10.04.12 | 20h44 (El Watan)

Un jeune homme, âgé de 16 ans, a succombé à ses blessures, ce mardi 10 avril, après avoir été grièvement brulée, dans la nuit du lundi 9 avril, dans les environs du douar Ouled Boudia, à 500 mètres du chef-lieu de la commune d’El Beniane, à 30 km de Mascara.

Le jeune, M. M., étudiant au centre de la Formation professionnelle de Ghriss, s’est aspergé d’essence et a mis le feu à son corps, vers 23 heures, devant son domicile familial. Il a été brûlé au troisième degré sur plus de 80% de la surface de son corps.

 

La victime a été évacuée par les éléments de la protection civile à l’hôpital Dali Abdelkader de Ghriss avant d’être transférée, le matin, au CHU d’Oran où a rendue l’âme.

 

Une enquête a été ouverte par les services de sécurité pour déterminer les causes de cet acte désespéré.

 

Abdelouahab Souag

 

 

AOKAS (SIWEL) — Nadjim Zidani, 26 ans de la ville côtière d’Aokas à 20 Km à l'est de Vgayet (Béjaïa) est décédé après son transfert à l'hôpital. Il s'était immolé par le feu dans la nuit de samedi 7 avril à dimanche 8 avril.

 

 

Le jeune Nadjim s'est aspergé d'essence et a mis le feu à son corps à Ait Mesbah, son village natal dans la commune d’Aokas. La ville d’Aokas enregistre ainsi son quatrième cas d’immolation par le feu depuis la banalisation du phénomène au début de l'année dernière.

Nadjim Zidani était serveur à l’hôtel Sahel d'Aokas. On ignore encore les raisons qui l'ont poussé à commettre l’irréparable. Nadjim est le quatrième cas d’immolation par le feu à Aokas après ceux de Layachi, Amirouche et Rachid Chabane
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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 18:48

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 22:55

 

Jijel.info

 

Le Massacre Du Corail Continue

Portrait de MedSouilah

 

A en croire l'opinion et les pro-fanes en la matière, le massacre du corail ne se concentre pas seulement sur les côtes de la wilaya d'El-Tarf,
malgré la surveillance et les contrôles accrus qu'opèrent les gardes-côtes. Selon le journal arabophone du jour, un Italien chef de bande, est sous les verrous, à JIJEL. Ses complices au nombre de cinq, sont originaires d'El-Aouana ex. Cavallo et Ziama Mansouriah.

 

Le corail rouge est présent sur toutes les côtes et son abondance est variable d'une zone à une autre, et de ces bancs de coraux, il en existe d'Oran jusqu'à La Calle, dans la wilaya d'El-Tarf.

Pour ne citer que certaines wilayas de l'Est, les études montrent que plusieurs bancs de coraux existent entre le Cap Bouak, près de Béjaïa, et l'île Pisan, cinq autres à Jijel...

Il se pratique presque en toute impunité et à l'abri des regards ailleurs dans d'autres wilayas de l'Est, à l'image de Chetaïbi dans la wilaya de Annaba, Collo dans la wilaya de Skikda, jusqu'à certaines zones de la wilaya de Béjaïa où des plongeurs s'adonnent au vol du corail, dont la cueillette a été interdite depuis de nombreuses années, selon des spécialistes en la matière, en l'occurrence des ingénieurs en aquaculture. En effet, nos interlocuteurs étayeront leurs propos par les études effectuées à cet effet depuis fort longtemps, qui font état de la présence de ces zones dans tout le bassin méditerranéen, de la rive nord à la rive sud. L'exercice de cette activité n'a commencé qu'à partir des années 70 avec l'OAP (Office algérien des pêches) et sa relance en 1982 avec la création de l'ENAPECHE, puis son élargissement au secteur privé en 1987, qui ont bénéficié d'autorisations de pêche. L'année 1988 a enregistré une forte demande d'autorisations de la part des opérateurs privés nationaux qui travaillaient avec des plongeurs et investisseurs italiens malgré le vide juridique existant, et qui a conduit les responsables chargés du dossier corail à émettre la circulaire n°639/88/SPM du 19 octobre 1988, dont les lacunes et insuffisances ont conduit à l'arrêté ministériel du 06 janvier 1992 portant suspension de la pêche du corail dans l'attente de définir les modalités pratiques d'exploitation, c'est-à-dire le cahier des charges. De ce qui précède, il va sans dire que l'exploitation légale du corail avait ses incidences socio-économiques puisque créateur d'emplois et paiement de redevance aux domaines, car le corail est une richesse naturelle relevant du domaine public par ceux qui détenaient des concesions, dont certains ont ouvert des ateliers de transformation avec la nécessité de renforcer ce secteur par le biais de la formation de plongeurs algériens. En ce sens, le corail rouge est présent sur toutes les côtes et son abondance est variable d'une zone à une autre, et de ces bancs de coraux, il en existe d'Oran jusqu'à La Calle, dans la wilaya d'El-Tarf. Pour ne citer que certaines wilayas de l'Est, les études montrent que plusieurs bancs de coraux existent entre le Cap Bouak, près de Béjaïa, et l'île Pisan, cinq autres à Jijel, dans le quartier maritime de Skikda, celui de Annaba à partir du Cap de Fer jusqu'à Tabarka en Tunisie en passant par La Calle, dont la côte est bien fournie en coraux rouge et rose. Pour en revenir à La Calle, où les regards demeurent braqués, et le nom intimement lié au corail et tout ce qui tourne autour avec, à la clé, la lourde responsabilité qui pèse sur les épaules de ceux qui veillent à sa préservation, ailleurs, dans d'autres wilayas, l'on ne rate jamais aussi l'occasion de racler le corail du fond de la mer. Ceci dit, le corail ne résiste pas aux facteurs naturels comme le vieillissement, la rupture à la fixation du substrat, le réchauffement brutal de l'eau en été sans oublier la prédation humaine et les maladies spécifiques causées par certaines algues, responsables aussi de leur mortalité. Enfin, les études effectuées par le petit sous-marin français «Janus» dans toutes les côtes algériennes, sur les potentialités halieutiques et le corail, sollicitées par le ministère de la Pêche, attendent d'être connues pour mieux entrevoir les choses sur un secteur sans cesse malmené et en déclinaison à cause de l'anarchie qui y règne, et fait peser les plus vives inquiétudes auprès de nos marins-pêcheurs.

par A. Ouelaâ


 

http://www.jijel.info/jijelInfo1/modules/news/article.php?com_mode=nest&com_order=1&storyid=2918

medsouilah@jijel.info
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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 23:32

Le Soir

 

Culture : EN LIBRAIRIE
CHANTS BERBÈRES DE KABYLIE DE JEAN AMROUCHE, PAR TASSADIT YACINE
Poète déraciné

 

 

Anthropologue, spécialiste du monde berbère, enseignante, chercheuse et maître de conférences, Tassadit Yacine s’intéresse de très près aux chants berbères de Jean Amrouche, les compilant et annotant dans ce recueil.
Cette 3e édition, parue chez Zyrieb, vient compléter les deux premières : celle des éditions Monomotapa en 1937, puis celle paru chez l’Harmattan en 1987. Cette dernière avait été préfacée par Mouloud Mammeri qui écrivait alors en préambule : «Un demi-siècle nous sépare de la publication des Chants berbères de Kabylie de Jean El Mouhoub ou Amrouche, qui n’en donnait qu’une traduction française. Nous reprenons ces textes en 1987, dans leur version originale, telle que Jean les a reçus et perçus. Après tant de temps écoulé, ils ont gardé leur beauté, leur fraîcheur, leur musique...» P. 13 Selon Tassadit Yacine, Jean Amrouche ne faisait pas le distinguo entre chanson et poésie «un poème était d’abord musique, et le poète a tenu à nous bercer dans les airs dont il a été lui-même bercé». Toujours selon l'auteure, Jean Amrouche (fils de Fathma Aït Mansour et frère de Taos Amrouche) a ressenti le besoin de fixer cette poésie par écrit à cause de ses origines. «Non seulement kabyle, mais né chrétien, de parents convertis jeunes au christianisme, il s’est trouvé doublement marginalisé : «indigène» pour les Français et «renégat» pour les Algériens musulmans». P. 14. Poète et journaliste, Jean El Mouhoub Amrouche est né le 6 février 1906 à Ighil Ali (Kabylie). Il décédera le 16 avril 1962 emportant avec lui toute l'amertume de l’exil et du déracinement dont il a souffert de son vivant. En témoigne ce chant de l’exil «Eboulez-vous, montagnes, qui des miens m’avez séparé. Laissez à mes yeux la voie libre, vers le pays de mon père bien-aimé, je m’acharne en vain à l’ouvrage : mon cœur là-bas est prisonnier. » P. 79. Ces textes réunis, transcrits et annotés par Tassadit Yacine, valent vraiment le détour.
Sabrinal

Chants berbères de Kabylie de Jean Amrouche, par Tassadit Yacine, Editions Zyriab, 2011, 264 P., 750 DA

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 23:21

 

 

Noufel Bouzeboudja sort son premier livre en tamazight kabyle intitulé Brut-as i wawal-iw! (Libérez/Maudissez ma parole!) en auto-édition.

 

 

 

Brut-as i wawal-iw!

Paperback, 64 Pages
 
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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 23:45

 

 

 



Contribution : RÉFLEXION
Tel homme, tel Dieu ?


Par Nour-Eddine Boukrouh
bnordine2012@gmail.com
Avec tout le respect dû aux Saintes Ecritures judéo-chrétiennes, il est difficile de croire que l’Homme a été fait à l’image de Dieu.
L’homme est souvent trop mauvais pour prétendre refléter l’image du Créateur. Il est par contre une autre affirmation selon laquelle c’est l’homme qui donne une image de Dieu. Un philosophe allemand, Goethe, lui a donné une tournure percutante en la faisant tenir dans quatre mots : «Tel homme, tel Dieu.»
La formule ne lèse ni l’Un ni l’autre. Avec la première, on peut craindre une identification avec le Divin, alors qu’avec la seconde c’est une identification du fait d’autrui, et c’est l’homme qui est mis en avant. L’image qu’il peut renvoyer de Dieu est alors relativisée par sa nature, capable du meilleur et du pire. Si elle est mauvaise, elle n’engage pas nécessairement Dieu et ne préjudicie pas à l’idée qu’on peut se faire de Lui. Aucun non-juif ne voit Yahvé dans chaque juif, mais s’en fait une idée à travers le comportement des juifs. Aucun non-chrétien ne voit le Seigneur dans chaque chrétien, mais le juge à travers le comportement de l’Eglise. Les non-musulmans ne voient pas Allah dans chaque musulman, mais s’en forment une notion à travers ce qu’ils observent chez le musulman sunnite ou chiite. A vrai dire, les gens se forgent une opinion non pas sur Dieu, mais sur les religions selon la représentation qu’en donnent leurs adeptes. C’est comme dans le proverbe «Dis-moi qui tu fréquentes je te dirai qui tu est.» Si vous demandez aujourd’hui à un Occidental pris au hasard à quoi il reconnaît un musulman, il vous répondra en hésitant sur son choix : la burqa, la viande hallal ou la dernière tuerie perpétrée en France. Si vous lui demandez quel est le musulman dont il a le plus entendu parler, il vous répondra sans réfléchir «Ben Laden». Si c’est un Français, il vous répondra «Mohamed Merah». Voilà l’association d’idées entre eux et l’îslam que les islamistes renvoient actuellement au monde. Cette image ne reflète ni Allah, ni le Prophète, ni la majorité des musulmans. En écrivant dans sa Rissalat-Tawhid que «la vie des musulmans est devenue une manifestation contre leur propre religion», Mohamed Abdou donne raison à Goethe sans connaître son aphorisme. L’islamisme ne reproduit pas l’image du Divin, il ne représente pas l’Islam, ni même l’humain qu’il tue au nom d’une fausse idée du Divin. La décadence est une inversion des valeurs, un renversement du sens des choses. Quand on appréhende l’Islam à l’endroit, c’est-à-dire à travers le Coran, on apprend que les religions ont été données aux hommes à un moment de leur évolution pour les aider dans l’organisation de leur vie morale, sociale et matérielle. Quand on l’appréhende à l’envers, c’est-à-dire à travers la manière de voir d’un cheikh islamiste, on apprend que la religion a été infligée aux hommes pour qu’ils adorent Dieu en attendant de retourner à Lui sans pratiquement rien faire d’autre puisque le pétrole, abondant en terre musulmane, le permet. Quand on regarde à l’endroit l’islam, c’est-à-dire à travers le Prophète, on apprend que ce dernier n’est qu’un transmetteur du Message, qu’il n’est pas un intermédiaire entre Dieu et l’homme, et que ce rôle n’a été dévolu à personne. Quand on le regarde à l’envers, c’est-à-dire à travers les enseignements de l’islamisme, on apprend que les ulémas sont habilités à se prononcer sur la foi et la mécréance des gens, à les accepter dans l’Islam ou à les en exclure, et même parfois à décider de leur vie et de leur mort. Il y a de nombreux cas où ce renversement peut être observé. Le chiisme reconnaît au Guide suprême de la Révolution iranienne la qualité d’«Imam infaillible» alors que le Prophète lui-même n’avait pas cette qualité. Un homme peut-il devenir «infaillible» dès lors qu’un collège d’ulémas en a fait un «ayatollah moâdham» ? Comment un être doué de savoir et de sagesse peut-il assumer une telle prétention et accepter une telle responsabilité en pleine lumière de l’histoire ? Au début de la révolution libyenne, cheikh Al-Qaradawi a appelé sur la chaîne Al-Jazeera au meurtre de Kadhafi et délivré sur le pouce une fetwa rendant licite son sang. Est-il un calife ou une cour de justice à lui seul ? Il n’est qu’un halem, même si, le titre «ayant été jugé trop petit pour lui, on le désigne sous celui de «allama» (savantissime). Depuis quelques années, il a remplacé dans ses apparitions télévisées le traditionnel «salamoualeykoum » par un énigmatique «hayyakoum Allah» (Dieu vous salue) comme s’il sortait d’un tête-à-tête avec Dieu dont il nous apportait le salut. Pendant la guerre qui a opposé son mouvement à Israël en 2006, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a présenté un tir de missile contre une corvette israélienne (sans la couler) comme une «victoire d’Allah». On était tenté de lui dire : «Ya samahat ach-cheikh, croyez-vous que si Allah entrait vraiment en guerre, Il se contenterait d’un si petit succès ?» Les résistants de Hamas ont eux aussi l’habitude de faire passer leurs tirs de roquettes sur l’Israël pour des faits de guerre divins. Dieu serai-Il un si mauvais snipper étant donné qu’ils font rarement mouche ? Pourquoi mêler Dieu à tout et à n’importe quoi, et ne pas présenter ses propres actes, bons ou mauvais, comme relevant de sa seule responsabilité ? Pourquoi transférer sur Lui dans beaucoup de domaines notre petitesse, notre ignorance et nos erreurs ? Les Occidentaux inventent régulièrement de nouvelles technologies et font tous les jours de nouvelles découvertes qu’ils se dépêchent de mettre au service de l’humanité gratuitement, ou à bon marché. Et lorsqu’une découverte en médecine, en biologie ou en astronomie, est assez vulgarisée pour parvenir à l’oreille des ulémas, il sort un jour de leur tour d’ivoire un «alem» pour annoncer au milliard de musulmans (dont 70% sont analphabètes selon une agence de l’ONU) que la découverte en question a été visée par tel verset qu’il récite avec une indémontable suffisance. Il clôt son homélie en s’extasiant sur la toute-puissance divine et en s’auto-congratulant pour tant de savoir mis en lui par Allah. Sans nous expliquer pourquoi ce n’est pas lui qui a fait cette découverte, pourquoi il n’a pas informé à l’avance la umma que ledit verset donnerait lieu à cette même découverte, et pourquoi les musulmans n’ont rien inventé ou écrit de notable depuis Ibn Khaldoun. Tout son ilm à lui est investi dans la surveillance méticuleuse de l’oscillation de l’aiguille entre le hallal et le haram, pendant que les juifs, les chrétiens, les hindouistes, les bouddhistes, les shintoïstes et les athées progressent, améliorant leur éducation, leurs performances, dans tous les domaines et, par ricochet, notre bien-être. Comment qualifier l’attitude de celui qui attend que les autres aient fait le travail pour ensuite venir le banaliser, nier leur génie, et renverser l’échelle du mérite au prétexte, qu’étant musulman, il leur serait supérieur ? La vieille culture française possède une expression pour se moquer de l’ignare qui veut en apprendre à plus savant que lui : «Gros-Jean en remontre à son curé.» Ibn Khaldoun a écrit au sujet de ces sophistes qui pullulaient déjà de son temps : «Ils se cramponnent au passé sans comprendre que la perfection n’est pas héréditaire.» Mohamed Abdou les appelait «Ahl Aldjoumoud » (les adeptes de l’immobilisme). Quant à Bennabi, il leur a dédié ce paragraphe de «Vocation de l’islam» (1954) : «C’est ainsi que l’idéal islamique, idéal de vie et de mouvement, a sombré dans l’orgueil et particulièrement dans la suffisance du dévot qui croit réaliser la perfection en faisant ses cinq prières quotidiennes sans essayer de s’amender ou de s’améliorer… Il est irrémédiablement parfait, parfait comme la mort et comme le néant. Tout le mécanisme psychologique du progrès de l’individu et de la société se trouve faussé par cette morne satisfaction de soi. Des êtres immobilisés dans leur médiocrité et dans leur imperfectible imperfection deviennent ainsi l’élite morale d’une société où la vérité n’a enfanté qu’un nihilisme». Ces déformations n’ont pas leur origine dans l’Islam, et on a vu la semaine dernière avec quel esprit de liberté et de créativité il est venu. Elles relèvent de la mégalomanie des hommes et de leur inclination maladive à l’autoritarisme intellectuel et politique. Cette inclination est si puissante qu’elle exige d’être enrobée de sacralité et recouverte de divinité pour être satisfaite. On trouve dans la langue arabe beaucoup d’étrangetés en rapport avec cet aspect, comme l’expression «rab al-â’ila» pour désigner le père de famille, ou celle de «arbab al-âmal» (pluriel de «rab» alors que chez les musulmans Il est par définition unique) pour désigner les organisations patronales. Comment devrait-on alors se percevoir quand on est «décideur» au pouvoir ou «émir» au maquis ? Serait-on à court de mots, ou est-ce par propension à l’auto-divinisation ? Nous, Algériens, sommes parmi les plus vulnérables à cette perversion. Prêtez l’oreille aux échanges verbaux entre deux citoyens qui se battent dans la rue, soyez attentif à votre propre langage quand vous êtes en colère : n’est-ce pas Dieu qui en prend le plus pour son grade ? Au Moyen-Age, la chrétienté avait aussi ses «ulémas ». Le monde occidental était dans les ténèbres et seules les lueurs tremblantes de l’Eglise pouvaient prétendre l’éclairer. C’était avant l’apparition des philosophes, des réformateurs, des savants et des inventeurs en qui l’Eglise verra l’Antéchrist œuvrant à la destruction de la foi chrétienne. Elle persécutera, assassinera et martyrisera bon nombre d’entre eux pour avoir cherché à percer les voies impénétrables du Seigneur. Mais, au fil des avancées de la raison et de la science, elle finit par se raviser et faire son mea culpa, même si c’est avec quelque retard. Le Vatican a réhabilité Galilée en 1992 alors que sa condamnation par le tribunal de la Sainte inquisition remonte à 1633. Chez les musulmans, c’est l’inverse qui s’est produit. L’Islam a tout de suite allumé les lumières de la raison et de la science mais, après quelques siècles, une nomenklatura d’ulémas s’est formée à l’ombre du despotisme et éteignit ces lumières au motif qu’elles nuisaient à la pureté de la foi et à la majesté divine. Au nom d’Allah, ils réduisirent l’islam au fatalisme et aux pratiques rituelles, effacèrent toute trace d’activité intellectuelle et scientifique et bouchèrent les voies susceptibles d’y mener à l’avenir. Ils ont même confisqué le titre de «savant» (alem) aux vrais savants pour le donner aux théologiens, «da’iya» et autres chouyoukh. Allez sur Google et tapez «savants de l’Islam» : le premier nom qui apparaît est celui de cheikh Al-Albani, ce «bahr al-ouloum» dont les Palestiniens se souviennent de la fetwa leur demandant de quitter sur-le-champ la Palestine parce qu’elle était devenue une «terre de mécréance». Alors qu’Al-Birouni, six siècles avant Galilée, a démontré la rotondité de la Terre, l’«Océan de science» comme on appelait cheikh Al-Baz la niée, comme il a nié que les Américains se soient posés sur la Lune, disant : «Si l’homme pouvait arriver à la Lune, le Prophète nous l’aurait dit.» Allez changer des «savants» pareils, allez changer l’idéologie wahhabite qui alimente l’islamisme, allez changer après ça le monde musulman ! Ce n’est pas Al-Baz ou Al-Albani qui aurait accordé une remise de peine à Galilée après «seulement» trois siècles et demi. C’est jusqu’au Jugement dernier qu’il aurait été condamné. Quand il est mort en 2000, cheikh Al-Baz n’a pas été seulement pleuré et son décès considéré comme une perte dont ne se relèverait pas l’islam. On a vu dans sa mort «Un des Signes de la fin du monde». Autant il est normal, compréhensible et logique d’aller des ténèbres vers la lumière, autant il est anormal, incompréhensible et illogique de quitter la lumière pour aller vers les ténèbres. Dans le premier cas, celui du christianisme, c’est un progrès, une croissance ; dans le second, celui de l’islam, c’est une régression, une dégénérescence. On est passé de l’ouverture à la fermeture, de l’ijtihad au taqlid, de la pensée libre, critique et créatrice, à la pensée imitatrice, conformiste et autoritariste. Ce renversement a valu au monde musulman la décadence, le sous-développement, la colonisation, l’islamisme, le terrorisme et l’islamophobie, sans préjuger de ce qui reste à venir. La philosophie est l’élévation des choses simples de la vie à l’altitude où elles révèlent leur nature idéelle. L’islamisme, c’est l’abaissement du divin au niveau le plus bas, l’idée dégradée en fétichisme des apparences, la pathologie maquillée sous la sainteté, l’ignorance déguisée en «ilm»… C’est une maladie intellectuelle, mentale et psychologique qui n’a pas de nom, une pensée unique pétrifiée qui n’a pas seulement perpétué la décadence, mais l’a installée à jamais. Ibn Hanbal, père du littéralisme, du salafisme et du wahhabisme, a précocement enfermé les musulmans dans le problème de l’œuf et de la poule en posant cet interdit : «Prenez garde de parler d’une question dans laquelle vous n’êtes pas précédé par un savant.» Une question nouvelle venant à surgir aujourd’hui n’aurait, à le suivre, aucune chance de trouver réponse puisqu’il faut que le «salaf» en ait traité préalablement. Et si elle n’est apparue qu’hier après-midi ? Et si elle est là depuis des siècles, comme celle du développement, sans qu’aucun alem ne lui ait trouvé de réponse ? Ibn Hanbal y a été lui aussi de sa montagne, avant des centaines d’autres ulémas, il a élevé une barrière infranchissable devant le progrès. Voilà comment la pensée islamique a été cadenassée, camisolée, maillotée comme une momie de l’ancienne Egypte. Dans les sociétés traditionnelles, l’économie informelle prédomine. L’islamisme aussi. D’ailleurs les animateurs des deux marchés sont les mêmes. Le premier est celui des produits matériels, le second celui des produits spirituels. Il est le marché noir où circulent les idées sans facture, où on délivre les «dourous» à la va-vite, où la vente des «haçanate» se fait à la criée, où on pratique le troc des hadiths et des cassettes vidéo… Dans le souk de la pensée informelle, il n’y a pas de règles, de contrôle de qualité, ou de garanties. C’est le bouche à oreille et la transmission orale : ni bons ni écritures comptables. C’est là que la plupart des citoyens viennent se nourrir culturellement car les produits proposés sont alléchants et à la portée du «guellil». C’est là aussi que sont écoulées les marchandises avariées ou contrefaites. On y attrape facilement des maladies comme la folie meurtrière. C’est ce qui vient d’arriver à un chaland devenu célèbre, Mohamed Merah. Les meurtres qu’il vient de commettre en France ont défrayé la chronique mondiale et focalisé de nouveau l’attention sur l’islam. «Tel homme, tel Dieu», se dit-on actuellement dans les salles de rédaction et les chaumières occidentales. Il est mort les armes à la main en criant «Allahou Akbar !», fier de mourir en moujahid, certain de plaire à Dieu, et assuré de rejoindre le Paradis selon ce que la pensée informelle lui a vendu comme credo frelaté. Il est mort pour une fausse cause, celle qu’elle lui a refilée. Il a peut-être fait honneur à l’islamisme charlatan, mais il a sans aucun doute déshonoré l’Islam authentique. Il n’était probablement pas dans l’erreur par rapport aux enseignements clandestins du «djihadisme», mais il l’était assurément par rapport à l’islam de bonne facture. Il n’a apporté par son acte aucune valeur ajoutée à l’islam et aux musulmans, il a au contraire accru leurs difficultés et leur mal-être dans le monde. Comment peut-on espérer plaire à Dieu en assassinant des innocents ? Sinon que serait un tel Dieu ? Je crains que tu ne sois mort pour rien, Mohamed Merah. Les marchands du Temple et les cheikhs des étals sur la voie publique qui t’ont directement ou indirectement monté la tête ne sont pas pressés, eux, d’affronter le RAID, le FBI ou le Mossad. Ils ne sont pas impatients de retourner à Dieu pour profiter du Paradis qu’ils croient pourtant leur être assuré. Eux sont les conseilleurs, et les égarés comme toi les payeurs. Eux sont les stratèges du terrorisme, et les leurrés comme toi la chair à canon. Ils ont besoin de «loups solitaires» pour affirmer leur capacité de nuisance, ils ont besoin de carrossiers comme toi, de marchands de volaille, de tôliers, de chômeurs, d’exclus du système éducatif et de laissés-pour-compte de la société. Toi, tu étais chômeur mais tu touchais le RSA, tu habitais seul dans un quartier résidentiel de Toulouse et tu roulais en grosse cylindrée à vingt ans. Tu as voulu te destiner au métier des armes et n’était ton casier judiciaire chargé, tu aurais servi sous le drapeau français, peut-être en Afghanistan, où tu aurais tué des coreligionnaires. En Algérie, ils sont des dizaines de milliers à avoir compris l’islam à ta manière, fréquenté le souk de l’islam informel, et pris au sérieux les vendeurs à la criée de places de Paradis. Ces trabendistes sont toujours en vie et ne sont pas prêts à la quitter, laissant la sale besogne à des jeunes comme toi. Vous reposez tous sous terre au grand malheur de vos familles, tandis qu’eux sont «hayoun yourzakoun ». Tu croyais, comme des millions de musulmans, qu’ils sont habilités à «expliquer» l’islam alors que tu pouvais le faire par toi-même, par la réflexion, l’étude, la raison et la discussion… Ils n’ont d’habilitation que celle qu’ils tirent de l’ignorance de larges pans du monde musulman aux trois quarts analphabète. Ne l’ayant pas fait, t’en étant remis à des ulémas qui ne sont que des «djouhala», tu es mort en assassin. Le Coran t’avait pourtant averti : «L’encre des savants est plus précieuse que le sang des martyrs». Ce que t’a appris l’islamisme n’est pas la vérité, mais un monde virtuel. Il t’a projeté des films en 3D et donné les lunettes qui vont avec pour que tu te sentes dans le casting, jouant le rôle d’Antar Ibn Chaddad (tu me diras que c’est un héros de la «Djahiliya»), de Ali, de Khaled Ibn Al-Walid ou de Hamza. Mais eux n’ont pas tué des fillettes. Ils respectaient un code d’honneur («hilf Al- Foudhoul», auquel a appartenu Mohammed avant de devenir Prophète) pour le premier, et les lois de la guerre définies par le droit musulman, avant d’être révisées par Ben Laden, pour les seconds. Victime toi-même, tu as fait des victimes qui t’ont précédé dans l’au-delà où il n’y a pas plusieurs Paradis et Enfer. Ces notions ne peuvent pas être mises au pluriel car elles n’existent dans toutes les langues qu’au singulier. L’islamisme sans traçabilité t’a fait croire que le Paradis est réservé aux islamistes et l’Enfer aux non-musulmans, y compris les musulmans qui ne sont pas de leur bord. Ça fera très peu de monde dans le premier, et énormément dans le second. A cette lugubre musique, beaucoup préféreraient la chanson compassionnelle de Michel Polnareff : «On ira tous au Paradis…» Le Coran les y autorise ne serait-ce que dans ce verset : «Dis : Ô mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah. Car Allah pardonne tous les péchés. Oui, c’est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux» (39-53). En fait, mon pauvre Mohamed Merah, ce n’est pas à toi que je m’adresse puisque tu es mort. Je m’adresse aux futurs pauvres Mohamed Merah encore en vie en France, quelque part en Occident, en Algérie ou ailleurs dans le monde musulman, actuellement en séance d’endoctrinement ou d’entraînement dans quelque camp afghan, pakistanais ou sahélien, ou qui ne sont même pas nés. Avec l’espoir qu’ils ne suivront pas ton exemple. Alors tu ne seras pas mort pour rien. Tu nous auras juste compliqué la tâche un peu plus car devant ceux qui ne vont pas manquer de nous jeter à la figure «Tel musulman, tel Allah», nous essayerons de faire bonne figure en leur rétorquant tout bêtement : «Tel égaré, tel islamisme.»
N. B.

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 21:27

Source: Figaro

 

«L'univers est né sans Dieu» : Hawking crée la polémique

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Par Marc Mennessier Mis à jour le 07/09/2010 à 15:48 | publié le 06/09/2010 à 15:47
Selon l'astrophysicien britannique Stephen Hawking, « il n'est pas nécessaire d'invoquer Dieu pour activer l'univers » .
Selon l'astrophysicien britannique Stephen Hawking, « il n'est pas nécessaire d'invoquer Dieu pour activer l'univers » .Crédits photo : AFP 

Et Dieu dans tout ça ? Lorsque Napoléon demanda au physicien Pierre-Simon de Laplace pourquoi il ne faisait jamais référence au Créateur dans les cinq volumes de Mécanique céleste, son œuvre maîtresse, le savant répondit sans ambages : «Sire, je n'avais pas besoin de cette hypothèse.»

Deux siècles plus tard, Stephen Hawking semble se ranger derrière l'athéisme scientifique de son illustre aîné. Dans The Grand Design (en français, Le Grand Dessein), le livre qu'il publie jeudi avec son collègue américain Leonard Mlodinow, le célèbre astrophysicien britannique exclut à son tour toute intervention divine dans le processus qui a conduit à la création de l'Univers. Selon lui, les lois de la physique telles que nous les connaissons aujourd'hui, et notamment la force gravitationnelle, suffisent à répondre à la question fondamentale formulée par le philosophe allemand Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716), il y a 300 ans : «Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?» «En raison de la loi de la gravité, l'univers peut se créer de lui-même, à partir de rien, écrit Hawking dans son livre cité par le Times, la semaine dernière. La création spontanée est la raison pour laquelle quelque chose existe, pour laquelle l'univers existe, pour laquelle nous existons.» Du coup, «il n'est pas nécessaire d'invoquer Dieu pour activer l'univers», conclut de manière péremptoire ce savant atteint depuis plus de quarante ans de sclérose latérale amyotrophique, une maladie dégénérative paralysante diagnostiquée alors qu'il n'avait que 22 ans.

 

Stephen Hawking
Stephen HawkingCrédits photo : AFP

 

Ce faisant, Hawking se démarque d'Isaac Newton (1642-1727), l'auteur de la théorie de la gravitation universelle, dont il occupa jusqu'à l'an passé la chaire à l'université d'Oxford, qui estimait que l'Univers n'avait pu être créé sans la main de Dieu. Mais il rompt également avec ses propres positions. En 1988, en effet, dans Une brève histoire du temps, l'existence d'un dieu créateur ne lui paraissait pas incompatible avec la réflexion scientifique.

Qu'est-ce qui dans les découvertes récentes ou plus anciennes, si l'on se réfère à Laplace, permet à Hawking d'être aujourd'hui aussi affirmatif ? L'auteur voit d'abord dans la découverte de la première exoplanète en 1992 et, au-delà, dans la possibilité qu'il existe une multitude d'univers (le fameux «multivers») issus d'une multitude de big bangs, la preuve que «la Terre n'a pas été conçue dans le but précis de nous satisfaire, nous les êtres humains». Si tel avait été le cas, «si Dieu avait vraiment eu l'intention de créer le genre humain, cela voudrait dire que tous ces mondes inatteignables sont redondants», suggère-t-il.

Autre argument proposé par Hawking : la théorie M ou «théorie du Tout» en passe, selon lui, de répondre à l'un des plus grands défis de la physique théorique. Il s'agit ni plus ni moins de «réconcilier» la mécanique quantique, qui rend compte de l'infiniment petit, avec la gravitation qui régit les lois de la physique à l'échelle cosmique. Un casse-tête que, depuis Einstein, personne n'est parvenu à résoudre. Mais qui permettrait à la raison humaine de se passer définitivement de Dieu pour comprendre la nature dans ses moindres détails.....

 

(1) Dunod, 2007. (2)Discours sur l'origine de l'Univers, Flammarion

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Le SOir

 

Culture : TAMAGHRA OUAMANE (FÊTE DE L’EAU) DE TOUDJA
La revanche historique de la poétesse d’Aghbalou

 

 

Par Mhand Kasmi
La luxuriante bourgade de Toudja (Béjaïa) a vécu ce samedi 24 mars un pur moment de félicité grâce à l’effet ressourçant et revivificateur, que l’écume blanchâtre de ses impétueuses eaux souterraines rejoignant la surface de la terre a produit sur le millier de participants à «Tamaghra Ouamane».
Placée en cette année du cinquantième anniversaire de l’Indépendance sous le signe «Aman dh’laman» (l’eau c’est la sécurité, le bien-être), la 3e édition de cette bucolique et champêtre «Tamaghra», aura tenu toutes ses promesses. Et bien au-delà… D’abord par la haute teneur symbolique que les organisateurs de cette désormais manifestation annuelle ont tenu à associer à l’édition de cette année : la résistance plurielle de la femme à l’accaparement des richesses du sous-sol et de la terre. Une résistance toute symbolique et pacifique qui a été mise en évidence à travers l’exhumation d’un poème anonyme d’une femme de Toudja, qui s’insurgeait en son temps (1890) contre la mollesse du caïd et de l’imam du lieu, devant la spoliation et le pillage par la colonisation triomphante, des eaux de la source de Toudja. En engageant dès la fin du XIXe siècle une prématurée et bien dérisoire (pour l’époque) bataille de l’eau et en dénonçant avec une véhémence toute particulière l’abdication des hommes chargés de sa défense, notre poétesse n’a fait que perpétuer une tradition de résistance qui trouvera son point culminant bien plus tard, au cours de la guerre de Libération nationale, à travers le rôle de préservation de l’espèce qu’y tint carrément la femme de Toudja. Un rôle que M. Bentabet Rabah, président de l’APC de Toudja, a tenu à rappeler fort judicieusement en citant les propos du grand écrivain français Jules Roy insérés dans son roman La guerre d’Algérie qui était horrifié par les résultats de l’examen de la pyramide des âges de Toudja, lors de sa visite du village en 1960 sur l'affût d’un half-track : un rapport d’un homme pour 3 femmes ! Quand il apprit que le village avait payé le tribut de près de mille martyrs deux ans avant l’indépendance sur une population qui ne dépassait pas les 4 000 habitants en 1954, notre ancien colonel pacificateur devenu en ses vieux jours écrivain, se tut. Toute honte bue ! La deuxième symbolique multiple de résistance mise au fronton de cette manifestation est celle qui se dégage du choix du déjeuner offert aux participants et invités : seksou ouderyis, le plat célébrant le rite de passage de l’hiver au printemps agraire. Ce plat est cuit avec, d’une part, les vapeurs d’une plante toxique (aderyis) qui a pour fonction symbolique d’exorciser la terre (représentée symboliquement par le couscous) de ses mauvais génies et forces du mal et, d’autre part, celles d’une décoction de plantes aromatiques (symbole de la biodiversité bienfaisante) et d’œufs (symbole de la fécondité), dont les effluves constituent un message pour une prospérité durable appelée de tous leurs vœux par les paysans, nos ancêtres. Le message gorgé d’espoir que les habitants de Toudja ont tenu à adresser à cette occasion aux Algériens, pour le salut de la terre d’Algérie, est clair comme l’eau de roche… contenue dans ses entrailles ! La deuxième grande promesse que Tamaghra Ouamane de cette année a tenue, a pu être constatée à travers le nombre, la qualité et surtout le niveau de représentation des participants à la fête : des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants qui ont très tôt pris d’assaut l’exiguë place centrale du village, située dans les abords immédiats de la source historique «El-Aïn-Seur», coincée entre la mosquée, l’imposante villa de l’ex-caïd et l’environnement envahissant des échoppes qui étranglent la source en l’empêchent d’exhiber la plénitude de ses naturels atours et atouts. Ensuite, tout un chacun a pu relever la qualité de cette participation : on pouvait pêle-mêle reconnaître dans l’anonymat de la foule aussi bien un Karim Younès, l’ancien et bien modeste président de l’Assemblée populaire nationale, la représentante du ministre de l’Aménagement du territoire et de l’environnement, que Bernard Cesari, l’ancien rédacteur en chef et éditorialiste de la revue ministérielle française Aménagement et Nature, le directeur général du port de Béjaïa, sans oublier bien sûr le wali de Béjaïa et même… certaines têtes de liste pour les prochaines élections législatives, toutes heureuses de se faufiler dans un rassemblement aussi «porteur» politiquement. Mais le moment le plus fort de cette manifestation, qui est maintenant devenue une tradition que les habitants de Toudja attendent impatiemment qui avec un plat traditionnel, qui avec une idée de projet, aura été incontestablement la cérémonie officielle d’inauguration de la «fête de l’eau», qui s’est transformée par la magie des lieux en une séance de travail non programmée et impromptue entre trois institutions, devant plus d’un millier de citoyens et d’invités qui n’en revenaient pas : le président d’APC de Toudja, le wali de Béjaïa et Madame Toualbi et la représentante de Monsieur Chérif Rahmani, ministre de l’Aménagement du territoire et de l’environnement. Profitant de la présence du wali, le maire de Toudja a demandé à brûle-pourpoint l’inscription et le financement d’une opération de requalification urbaine, destinée à traiter, rehausser et mettre à niveau sur le plan urbanistique, esthétique et architectural l’ensemble constitué par l’environnement de la source, de la cascade située une centaine de mètres en contrebas et enfin du musée situé en face. La réponse du wali fut prompte et positive. «Cette idée de projet est une bonne chose. Elle constituera du reste un prétexte pour la re-classification du village de Toudja en zone urbaine.» Profitant de l’élan de leur complicité évidente, le P/APC de Toudja et le wali de Béjaïa chargèrent de ce pas Madame Toualbi de transmettre au ministre Cherif Rahmani leurs préoccupations communes en matière de détérioration constante de l’environnement, caractérisée par la prolifération de décharges sauvages sur le vaste territoire de la commune, notamment sa façade maritime. Résumant cette séance de travail à l’air libre, l’un des organisateurs de «Tamaghra Ouamane», apparemment ravi de la tournure prise par une inauguration de festivités aussi inhabituelle, arracha le micro des officiels, pour les féliciter en ces termes : «Vous venez de faire la réunion la plus efficace et la plus courte jamais réalisée en Algérie. De plus, elle a débouché sur un résultat concret : l’inscription d’une opération de requalification urbaine majeure aux effets d’entraînement insoupçonnés. Bravo !» Après cela, le wali de Béjaïa, habitué depuis sa nomination à ce poste à des sorties publiques plutôt tumultueuses, pouvait sereinement citer Antoine de Saint Exupéry et inviter les participants à la partie conviviale, champêtre et bon enfant du programme. Après avoir visité le Musée de l’eau, les visiteurs dont la majorité était composée de familles, effectuèrent une randonnée pédestre dans les luxuriants jardins de Toudja, en suivant le chemin des moulins avant de partager le couscous de la convivialité, servi dans la verdoyante prairie de Bialahoum. Avant cela, les participants à la fête ont pu également découvrir le charme désuet d’une vieille maison traditionnelle, que ses propriétaires comptent aménager en un futur éco-gîte. L’exposition qu’a organisée une association de Djebla, qui a acquis une expérience dans la réhabilitation des vieilles demeures kabyles, a permis de sensibiliser les visiteurs sur les merveilles architecturales que peut constituer un habitat traditionnel rénové et ouvrir l’appétit à de nouveaux projets. A la bonne heure ! Dans l’après-midi de cette journée festive, l’ancien rédacteur en chef et éditorialiste de la revue ministérielle française écologique Aménagement et Nature, le Français Bernard Cesari, a animé une conférence sur le thème «la question de l’eau en Méditerrannée ». Cette communication a été suivie par la projection du film documentaire intitulé Les chercheurs d’eaux-réalisé par Ahmed Brahimi et par la présentation du livre édité par l’association nationale AREA-ED sous le titre Le patrimoine de l’eau en Algérie, mémoire et parmanence. On ne peut pas dire que la journée mondiale de l’eau version 2012 n’a pas été célébrée avec faste et une symbolique plurielle sur les contreforts du mont Aghbalou qui veille jalousement sur les 20 millions de mètres cubes de la nappe d’eau de Toudja, l’une des plus importantes d’Algérie. Avec les pluies bienfaitrices de cette année et surtout les neiges qui ont isolé ses nombreux villages pendant plusieurs jours, de nouvelles sources annonciatrices de cerisaies printanières mieux arrosées ont fait exploser la superficielle croûte de l’écorce terrestre, qui les empêchait jusque-là d’élargir leur cercle de vie et d’aller à la rencontre de leur naturel destin : le bonheur de l’homme. La poétesse anonyme de Toudja, dont le texte est désormais exposé au Musée de l’eau comme un texte prémonitoire, quasi-prophétique, peut s’enorgueillir d’avoir pris en cette année de célébration d’un demi-siècle d’indépendance, une double revanche sur le sort : son appel insistant à détruire le chantier de captage en 1890 de la source de Toudja pour alimenter les premiers habitants européens de Bougie sera réalisé. Les locaux érigés à la fin du XIXe siècle par les services techniques de la commune de Bougie au-dessus de la source à cette fin seront transformés en verrière magique laissant voir à satiété l’écume blanchâtre de la libération des eaux souterraines à cet endroit. Le deuxième édifice hideux qui sera emporté par la malédiction lancée il y a plus d’un siècle par notre poétesse est la laide et illégale construction par «additions successives » de béton et de parpaings érigée après l’indépendance sur les décombres d’une aire d’abattage faisant office d’abattoir du village. Cette monstruosité architecturale empêche aujourd’hui les nombreux visiteurs du Musée de l’eau de Toudja, de savourer à sa juste valeur et réelle splendeur, le spectacle magique que peut offrir la vue à partir du musée de la magnifique cascade de l’Aharrach. Si le projet de requalification urbaine promis par le wali se réalise, cette «sraya», comme la qualifiait justement notre poétesse dès 1890, sera rasée et nous faisons à cette dernière le serment posthume solennel et public de graver dans le roc de la sortie de la source son poème que nous n’avons diffusé cette année, faute de moyens, que sous forme d’affiche... malheureusement !
M. K.

 

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 22:30

Dilem du 27 Mars 2012

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