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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 00:51

el watan

 

Conférence-débat sur Jean El Mouhoub Amrouche au Centre diocésain d’Alger

Un nouveau Jugurtha «aux armes miraculeuses»

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le 25.05.12 | 14h22

«Touché à mort, mais entraîné et libéré par son épuisante noria, il est, selon son expression, sorti du purgatoire. » En si peu de mots, Réjane Le Baut, docteur es lettre, dit tout de l’itinéraire de Jean El Mouhoub Amrouche (1906-1962), poète et intellectuel d’expression française.

A l’aide de quelques dates et textes écrits par Jean Amrouche, Mme Le Baut a retracé, au cours d’une conférence organisée lundi au Centre diocésain d’Alger, le parcours douloureux d’un homme partagé entre sa foi chrétienne, sa condition d’intellectuel colonisé et ses origines berbères.

La première étape de sa vie, qui s’étale de 1938 jusqu'à 1944, évoque un « Jugurtha, soufrant qui avance masqué». Ses recueils poétiques de jeunesse expriment « la solitude et le désespoir qui révèlent son drame », dit Mme Le Baut qui vient de publier aux Editions du Tell (Blida) un ensemble d’émissions radiophoniques et de conférences inédites données par l’écrivain sous le titre « Lumière sur l'âme berbère d’un homme de la parole : Jean El Mouhoub Amrouche ».

Mal à l’aise dans son alvéole, Amrouche, figure moderne de Jugurtha, son héros éponyme, trouve sa « force » dans un retour salvateur aux sources, en traduisant en français les chants berbères en 1939. A Radio-Tunis, il analyse les rapports entre Orient et Occident et militepour la préservation du patrimoine berbère ignoré ou occulté. Des 1943, qui correspond à la seconde tranche de son parcours, il s’implique dans « un nouveau combat » à Alger puis à Paris dans la revue littéraire l’Arche, crée par son ami André Gide, sous l’ordre du général De Gaulle dont le but était de contrer la propagande de l’autre revue, la NRF collaborationniste du régime nazi. La troisième étape de ce cheminement, selon Mme Le Baut, s’étale de 1944 jusqu’à 1954, durant laquelle Amrouche était hanté par la question des déracinés créée par la colonisation. Sa confiance en la France « mythique » sera ébranlée à tout jamais par les massacres du 8 Mai 1945.

Ses articles de presses et conférences développent progressivement un discours politique qui battait en brèche toute politique d’assimilation entre algériens et français. Après le naufrage de la revue l’Arche, il entame une nouvelle aventure, réalise environ 363 émissions radiophoniques entre octobre 1948 et 1959. A la radio, il inaugure un genre inédit pour l’époque : les Entretiens littéraires avec les grands noms de la littérature française du temps (Gide, Mauriac, Jouhandeau, Claudel). « Livré à visage découvert », l’ultime combat de Jean Amrouche, selon Mme Le Baut, débute avec la guerre de libération. Il amorce un ultime virage,se tourne tout naturellement vers le général de Gaulle, multiplie les articles, une soixantaine, dans la grande presse française, s’adresse aux politiques et interpelle les intellectuels. «L’autodétermination était son cheval de bataille».

Cet engagement tranché, Jean Amrouche le payera : ses amis se détournent de lui, sa belle-famille d’Alger lui adresse une lettre de rupture pleine de mépris, la radio française l’exclut sur ordre du premier ministre, Michel Debré. Son émission Des Idées et des hommes est supprimée deux semaines plus tard. Il est même menacé par l’OAS en 1961. Il continue malgré les difficultés àplaider de 1958 à 1961 la cause algérienne sur les ondes de Radio suisse, Lausanne et Genève. Jusqu'à denier moment, Il fera office d’auto-émissaire officieux entre de Gaule et les instances du GPRA. « Par sa dualité, il était tenu pour suspect par chacune des parties», estime l’universitaire, ajoutant qu’Amrouche était « sans illusion » sur son avenir personnel tant en France qu’en Algérie. « Analyste politique très réaliste, Il avait compris que le ciment du futur État algérien serait pour longtemps la langue arabe et la religion musulmane. Chrétien et français, il n’avait pas sa place », explique-t-elle.

Cinquante ans après sa disparition, en avril 1962, Amrouche est frappé d’ostracisme en Algérie et inconnu en France. Mme Le Baut insiste sur le devoir « de justice et vérité », nécessaires pour sa réhabilitation dans le panthéon de lettres et de l’histoire de son pays. Selon elle, Jean Amrouche est toujours actuel : « L’aura de sa personne, de son action et de son œuvre nous invitent à nous réfléchir au destin de ces milliers d’humiliés et d’exilés, assignés à une seule identité génétique alors qu’ils sont multiples et porteurs de valeurs ignorées ouméprisées. »

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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 00:43

 

 

 

Samedi, 26 Mai 2012

Des travailleurs maghrébins de Bell-Média y sont derrière

Une pétition pour capter Berbère TV au Canada

Par : Rubrique Radar

Des techniciens berbérophones de la compagnie canadienne Bell-Solutions techniques (BST) viennent de lancer une pétition pour réclamer l'introduction de la chaîne Berbère TV dans le bouquet de Bell-Média. Pour les signataires du document rendu public lundi, les cultures et langues minoritaires peinent de plus en plus à se faire une place et à se rendre visibles, notamment dans les médias. “Au Canada, malgré les avancées pour l'élargissement et l'émancipation des culture et langue amazighes, il n’en demeure pas moins qu'elles manquent cruellement d'espace de diffusion, comparées aux autres cultures de minorités coexistantes”, estiment les pétitionnaires, qui souhaitent introduire la chaîne franco-berbère dans le bouquet Bell. Le projet de pétition est lancé par des dizaines d'employés berbérophones (Algériens, Marocains et Libyens). On peut signer la pétition à l'adresse suivante : brtvcanada@yahoo.ca.

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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 00:36

L'Expression

YAHIA YANES EDITE SON PREMIER LIVRE

«Contes berbères de Kabylie»

Par
«Contes berbères de Kabylie»

Il écrit depuis plusieurs années, mais il n'a cessé de peaufiner ses écrits pour les rendre plus proches possibles de la perfection.

Yahia Yanès vient d'éditer aux éditions Richa Elsam, de Drâa Ben Khedda, son premier livre. Il s'agit d'un recueil de contes intitulés Timucuha n temnadt n Leqbayel ou Contes berbères de Kabylie. Il a fallu plusieurs années pour que Yahia Yanès partage enfin ses expériences dans l'écriture mais aussi dans la recherche dans le domaine amazigh. Yahia Yanès a opté pour la patience car tout ce qui est fait avec passion ne doit pas être otage de la précipitation.
Il écrit depuis plusieurs années, mais n'a cessé de peaufiner ses écrits pour les rendre plus proches possibles de la perfection. Surtout en ce qui concerne le travail de transcription de tamazight qui a souvent posé problème quand il s'agit du livre amazigh. Dans le cas de Yahia Yanès, fort heureusement, le travail de transcription a été bien mené. Ce qui explique d'ailleurs que les élèves et les enseignants de tamazight n'ont pas hésité à s'en servir en guise d'outil pour les cours.
Le livre que propose Yahia Yanès au lecteur est constitué de trente-six contes, tous recueillis dans la région de Kabylie. Il s'agit de textes débordant de sagesse et d'enseignements qui ont le mérite d'avoir résisté à la tornade de la technologie et de la mondialisation.
Le mérite, c'est aussi celui de Yahia Yanès qui a eu le réflexe de travailler sur un aspect des plus vivants de la culture kabyle ancienne grâce auquel la langue amazighe a pu survivre. Mais aussi la culture véhiculée par cette langue faite de spiritualité et d'enseignements sur la vie qui auront du mal à résister au monde matérialiste et d'apparence dans lequel nous vivons aujourd'hui. Yahia Yanes, qui évolue dans le monde de la culture amazighe depuis toujours, a dédié son livre à trois hommes de culture. Le premier est l'historien grec Hérodote, surnommé le père de l'Histoire.
L'auteur souligne que d'après Mouloud Mammeri, cet historien a été le premier à avoir écrit l'histoire des Berbères. Vingt siècles après, Ibn Khaldoun lui emboîte le pas. C'est d'ailleurs le deuxième historien auquel le livre est dédié. Puis, vient Mouloud Mammeri. Citer ces trois auteurs n'est pas un hasard pour lui. Ce dernier a appris énormément sur ses origines en lisant leurs ouvrages. Et son livre de contes kabyles est né sans doute, en partie, grâce à la prise de conscience provoquée par ces lectures. Pas moins de sept poèmes écrits en tamazight sont contenus dans le livre en question, où l'auteur évoque ces trois piliers de la culture. Yahia Yanès reprend même des citations empreintes de sagesse de l'historien Hérodote, telles que: «Mieux vaut subir la moitié des maux auquels on s'attend que de rester dans l'apathie par crainte de ce qui pourrait advenir». Ou encore: «Donnez tout pouvoir à l'homme le plus vertueux qui soit, vous le verrez bientôt changer d'attitude.» L'objectif de Yahia Yanès en surfant sur les citations de Hérodote est de faire découvrir ce dernier aux Berbères d'Algérie qui le méconnaissent.
Yahia Yanès a activé dans plusieurs associations culturelles berbères. Il a été parmi les premiers enseignants de tamazight après son introduction dans le système éducatif en 1995, suite à l'année du boycott scolaire et universitaire de 1994-1995.
Son amour indéfectible pour la langue amazighe et pour le livre font qu'il ne rate aucun rendez-vous culturel amazigh ou inhérent au livre depuis des années. Il publiera dans les semaines à venir deux autres livres

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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 00:41

 

 

Jeudi, 24 Mai 2012

Invités par l’INSIM pour une conférence-débat

Issad Rebrab et Taïeb Hafsi ce samedi à Tizi Ouzou

Par : Rubrique Radar

L’Institut international de management (Insim) de Tizi Ouzou organise, ce samedi à 13h, à la maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, une conférence-débat qui sera animée conjointement par Taïeb Hafsi, professeur à HEC Montréal et expert international en management, et Issad Rebrab, P-DG du Groupe Cevital. Cette conférence est ouverte au grand public et portera sur la présentation du dernier ouvrage écrit par Taïeb Hafsi intitulé : Issad Rebrab : voir grand, commencer petit et aller vite.

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 22:06

el watan

 

Tamazight : Une pétition pour introduire Berbère Télévision dans le câble canadien

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le 23.05.12 |

Un groupe de techniciens berbérophones de l’opérateur de télécommunications et de télévision Bell vient de lancer une pétition pour demander l’introduction de BRTV dans le câble canadien.

Le constat est simple. « La demande est là. Mais les compagnies ne la mesurent pas encore pour la communauté berbérophone », estime Mourad Benarab, technicien chez Bell solutions techniques. « Chaque fois que l’un de nos techniciens installe chez un client berbérophone le service Bell Télé Fibe, la première question que le client lui pose est : avez-vous BRTV dans votre offre ?», explique-t-il. Son collègue Khelifa Hareb abonde dans le même sens. Cette pétition prouvera aux responsables que la masse critique de clients potentiels existe bel et bien. « Vous savez, nous vivons dans un environnement capitaliste, cette pétition sera le déclic pour les responsables du marketing, entre autres, qui ne voient pas encore clairement le potentiel que représente la communauté berbère au Canada », affirme-t-il. Les autres communautés ont déjà réussi à introduire les programmes dans leurs langues (chinois, tamil, espagnol, portugais, arabe, italien...).

Transmission

Le problème de transmission de langue et de culture aux enfants se pose pour les Algériens et autres berbérophones. Car après la phase d’installation et de stabilisation dans le pays d’accueil, surgissent les questions auquelles on n’avait pas pensé avant le mariage et la naissance des enfants. « La télévision est importante dans l’apprentissage de la langue. Ma fille en a marre que je lui passe en boucle le même DVD, li Mucucu, la version doublée en kabyle d’alvin et les chipmunksJ », affirme Mourad Benarab. « Les cultures et langues minoritaires peinent de plus en plus à se faire une place et à se rendre visibles dans les sociétés où celles de majorité s'imposent dans les médias notamment. Le maintien et la transmission de génération à génération de ces cultures et langues deviennent difficiles d'autant en l'absence d'organes (associatifs, médiatiques...) qui contribueront à leur diffusion et, partant, à leur sauvegarde », peut-on lire dans le préambule de la pétition. Khelifa Hareb a présenté son idée au PDG de la chaîne franco-berbère, Mohammed Saadi. Ce dernier lui a donné son feu vert pour continuer les démarches. Les gens intéressés par la pétition devraient envoyer un email à l’adress (brtvcanada@yahoo.ca) en mentionnant leur nom, prénom, code postal, ville et numéro de téléphone. Ils seront contactés individuellement pour confirmation afin d’éviter tout abus. La pétition concerne tout le Canada et il est clair que tout se jouera au départ au Québec et dans une partie de l’Ontario (la région d’Ottawa).

Les signatures amassées permettront aux inistiateurs de défendre ce projet auprès des opérateur de câbles, de BRTV elle-même et du CRTC (l’équivalent canadien du CSA français dans le télévision).

Lien : Pour signer la pétition : envoyer email à l’adresse brtvcanada@yahoo.ca en mentionnant leur nom, prénom, code postal, ville et numéro de téléphone.

 

Samir Ben
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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 22:02

 

L'Expression

Kaddour M'Hamsadji en vedette

Par
L'écrivain toujours fidèle à lui-mêmeL'écrivain toujours fidèle à lui-même

Avec son ouvrage Le Petit café de mon père, le doyen des critiques littéraires algériens a drainé une grande foule au stand de l'OPU.

La 8e édition du Salon du livre et du multimédia amazighs s'est clôturée en apothéose. «C'est une réussite totale», nous a confié Si El Hachemi Assad, le principal organisateur de l'événement. 33 stands représentant des maisons d'édition, des librairies et les départements de langue et culture amazighes des Universités de Bouira, Béjaïa et Tizi Ouzou ont vu défiler des milliers de visiteurs qui, pendant trois jours, ont eu l'occasion d'apprécier les oeuvres d'auteurs qui ont contribué à enrichir le patrimoine linguistique et culturel algérien.
La nouveauté reste la présence, pour la première fois, de l'Office national des droits d'auteurs et droits voisins. Cette structure qui reste le défenseur de l'écrivain et de son oeuvre a ouvert un stand où étaient exposés des travaux de grands artistes de la chanson algérienne sous divers styles. L'OPU aussi a participé à cette édition.
Lundi, ce stand avait suscité l'engouement quand l'auteur originaire de Sour El Ghozlane, Kaddour M'Hamsadji avait organisé une séance-dédicace de son livre Le Petit café de mon père. La seule présence de notre critique littéraire a attiré beaucoup de monde autour du stand de l'Office des publications universitaires.
Si Kaddour fidèle à lui même, et modestement, s'est entretenu avec beaucoup de jeunes qui découvraient ses oeuvres et apprenant par l'occasion que Bouira avait son auteur. Nous apprendrons que cet Office public prendra en charge, dès cette année, l'édition des thèses de doctorat, les soutenances en magister et l'ensemble des travaux des Instituts de la langue et de la culture amazighes des trois universités de Tizi, Béjaïa et Bouira.
Lors de notre présence avec notre critique, nous avons constaté que L'Expression a une grande place dans les milieux littéraires qui apprécient le style, la ligne, mais surtout la haute valeur scientifique de nos critiques et chroniqueurs. Précisons aussi que le Haut commissariat à l'amazighité, la Bibliothèque nationale, le Centre national de recherche en préhistoire, anthropologie et histoire, l'Entreprise nationale des arts graphiques ont participé à la réussite de ce Salon en proposant des travaux objectant de développer la langue.
Les manuscrits et les très anciens livres du département de la Bibliothèque nationale ont séduit les visiteurs. Pour le stand audio, les CD des maîtres de la chanson kabyle, Aït Menguellet, Idir, Takfarinas, Amrani, Hasnaoui... sont partis comme des petits pains surtout que les prix étaient très attractifs. L'autre grande nouveauté reste la grande entrée dans ce Salon du commissariat du Festival du film amazigh. Grâce à M.Assad, un bus-cinéma projetait chaque début de soirée un film en plein air. Les oeuvres primées lors du dernier Festival du cinéma comme Vava Moh de Yazid Smaïl, le documentaire La langue de Zahra de Fatima Sissani, le court métrage Encre et le monde de Sofiane Bellali... ont été projetés dans diverses communes de la wilaya et ont attiré beaucoup de monde surtout des jeunes qui ont renoué avec le cinéma.
«Par cette pluralité d'activités, nous avons voulu donner à ce Salon une nouvelle dynamique qui le mettra au diapason des autres salons semblables à travers le pays. Nous voulons aussi l'officialiser à Bouira et il le sera», nous confiera Si El Hachemi Assad. Pour les projets, le commissaire du Salon nous informera que pour la 9e édition, les organisateurs envisagent de faire participer l'autorité locale et le mouvement associatif local dans l'organisation, et le HCA deviendra alors un partenaire à ce Salon dont les échos ont largement dépassé la wilaya. Beaucoup de visiteurs sont venus de Tizi Ouzou, Béjaïa, M'sila, Médéa...
L'année prochaine sera aussi celle du multimédia, nous confiera M.Assad. Parce que ce Salon se veut un moyen incitateur à la lecture. Un bibliobus a d'ailleurs sillonné plusieurs communes de la wilaya en marge du Salon.

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 20:20

Liberté

 

Mardi, 22 Mai 2012 09:50Facebook ImprimerEnvoyerRéagir

“TAGNAWITTUDE” DE RAHMA BENHAMMOU EL-MADANI

La recherche de la trace

Par : Sara Kharfi

Un voyage musical et initiatique qui démarre en France et qui se termine à Sidi Bel-Abbès en Algérie. Rahma Benhammou El-Madani offre un film personnel, riche en images inédites et en questionnements. Mais les réponses qu’elle trouve suscitent d’autres questions…

La réalisatrice Rahma Benhammou El-Madani a présenté, avant-hier matin à la maison de la culture de Béchar, dans le cadre de la sixième édition du Festival national de la musique Diwane, son documentaire d’une heure vingt minutes, Tagnawittude. Le déclic pour la réalisatrice, comme elle l’explique dans son documentaire, est le souvenir de sa mère qui pratiquait la transe.
Alors enfant, elle ne comprenait pas très bien ce que tout cela impliquait et surtout à quel monde accédait sa maman par le truchement de cette danse thérapeutique. Voulant en savoir davantage et constatant que la musique Gnawa prenait de plus en plus d’ampleur au milieu des années 1990, notamment grâce à la formation Gnawa Diffusion, Rahma Benhammou El-Madani a décidé de poser les questions qui l’habitaient à d’autres personnes.
Elle suit deux membres de Gnawa Diffusion : le leader emblématique Amazigh Kateb qui lui parle, en tant que musicien, du style Gnawa ; Maalem Aziz Maysour l’entraîne dans le monde des Gnawa, d’abord à Essaouira, puis à Marrakech et Tamesloht (Maroc). Grâce aux deux musiciens, Rahma Boualem El-Madani rencontre les plus grands, notamment le regretté Maalem Ben Aïssa, un virtuose du goumbri et un homme qui a disparu comme il a vécu… en toute discrétion, même si son talent était incroyable.
Ce qui est frustrant est qu’il n’intervient pas dans le documentaire, n’était le sublime solo au goumbri que la réalisatrice nous restitue. Elle rencontre également le regretté grand Maalem Hmida Boussou, et Maalem Ahmed Bakbou, qui lui apprennent davantage sur le Tagnaouite (la culture Gnawa). Mais une seule question semble obséder Rahma : Qu’est-ce que c’est que la transe ? Elle rencontre tant de personnes qui lui donnent, chacune, sa définition, sa version de la vérité, mais pas la Vérité. Elle n’existe pas et Rahma devra se contenter des bribes d’informations récoltées pour se forger sa propre idée et répondre enfin à l’interrogation qui la hante tant. Tagnawittude, qui mène sa réalisatrice jusqu’à Sidi Bel-Abbès en Algérie, est un film très personnel ; c’est une recherche de la trace.
La réalisatrice s’interroge sur qui elle est, et [se] cherche à se construire et à se comprendre auprès des autres, ce qui est une très belle preuve à la fois de maturité et de sagesse. évidemment qu’on peut reprocher certaines incohérences au film, évidemment qu’on peut lui trouver des défauts et même des insuffisances, mais il reste un document inédit, dans un contexte où le Tagnaouite est comme une île inexplorée.
Grâce à Tagnawittude, on comprend beaucoup de choses, notamment qu’au-delà du rite, des traditions, du mysticisme et des rituels, il y a une forte dimension communautaire.
Outre cette dimension, il y a une magnifique musique qui émane de l’âme et qui évolue sur deux fronts : le sacré (diwane, lila) et le profane (la scène). Si certains “anciens” affirmaient dans le documentaire qu’une seule personne ne peut concilier entre le sacré et le profane, la nouvelle génération de Gnawa dément cette affirmation, car la plupart d’entre eux font de la scène aujourd’hui. Ils ont réussi à sortir cette musique de son cadre originel, et même de trouver un nouveau souffle par la fusion.
Et les Gnawa Diffusion, qui se sont séparés et qui ont décidé récemment de reformer leur mythique formation, en sont la parfaite illustration.


S. K

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 19:56

el watan

 

 

Amar Sersour. Auteur compositeur, chanteur, défenseur de la cause amazighe

le poète qui a su allier les chiffres et les lettres

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le 17.05.12 | Le monde est dangereux, non pas tant à cause de ceux qui font le mal qu’à cause de ceux qui regardent et qui laissent faire...

zoom | © Lyès. H.
 

«La politique est l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde»

Paul Valery

Amar Sersour a deux passions dans la vie : l’administration, il est banquier, et la musique. Il a su concilier les deux en menant une carrière professionnelle studieuse et en offrant une musique qui plaît tant aux mélomanes. Quitte à faire grincer des dents des confrères envieux…
«Ce saltimbanque de la poésie», comme se plaît à le définir son ami écrivain Abderahmane Lounas, qui n’en rate pas une pour placer un bon mot, a réussi à se faire admettre dans le monde merveilleux mais controversé de la musique. Lounas lance ce calembour juste pour rire, car l’homme visé est aussi mesuré que sage, comme les belles images qu’il donne à contempler à travers ses chansons.
Un des ses fans, qui l’a connu à ses débuts, le classe dans la lignée des poètes avec qui il a fait son chemin et qui ont certainement dû l’influencer un jour. «Il a parié sur la curiosité et la découverte, et voilà qu’il entre de plain-pied dans la jardin des grands grâce à la pureté de ses poèmes et à la profondeur de ses musiques. Et si sa notoriété s’est faite à l’époque spontanément et s’est vérifiée, nul hasard à cela.»

Dans la lignée des grands poètes

Amar Sersour est né le 20 novembre 1955 à Ouaguenoun près de Tizi Ouzou. Son cursus scolaire, il l’a effectué dans cette ville jusqu’au baccalauréat en 1975. Il décroche une licence de gestion à Alger en 1979. Il part en France en 1980 où il prépare un 3e cycle en management à l’Ecole supérieure de Paris. Il y séjourna jusqu’en 1991 en occupant plusieurs postes de manager dans des multinationales, notamment. En rentrant en Algérie, au début des années 1990, Amar ne se doutait pas de la tourmente qui allait secouer le pays une décennie durant. Ce fils de chahid s’arme de patience et vit mal cette période à partir de son poste de cadre à la banque, marqué aussi par la perte de sa mère quelques années auparavant.

Ce côté professionnel ne saurait éclipser sa carrière artistique menée à 20 ans et qui va l’affirmer comme un des fleurons de la chanson kabyle. Ce poète, auteur compositeur et chanteur se frayera un chemin appréciable dans la lignée des auteurs confirmés. Sa proximité avec le grand poète Benmohamed l’aide en quelque sorte à s’affirmer et à affiner sa personnalité. Ses fans apprécient sa prose élégante et limpide, qui rend compréhensibles les arcanes les plus obscurs de la vie de tous les jours.

Le fameux texte de Benmohamed Rappelle-toi qu’il chanta avec panache, le mit sur orbite. «Bien sûr, se souvient-il, ce fut un moment décisif avec tout ce que ce texte charrie d’événements parfois dramatiques vécus par notre pays. C’est une rétrospective de l’histoire de l’Algérie qui va de Fadhma N’soumeur et la tragédie d’Icherriden au mouvement de la contestation du Printemps berbère. On revisite en moins de cinq minutes un siècle d’histoire.» Les spécialistes ne sont pas avares en éloges en qualifiant cette chanson de chef-d’œuvre musical.En effet, note le chroniqueur-chercheur Abdennour Abdeslam : «L’œuvre est une véritable chronologie qui décrit les différentes étapes du cheminement de la revendication amazighe. Amar y décrit une maturation, sans cesse évolutive et grandissante, des actions menées par des générations successives. La chronologie poursuit également la mission d’entretien de la mémoire pour que nul n’oublie les nombreux sacrifices consentis pour que les acquis actuels soient.»

Comment Amar est-il venu à la chanson ? «Très jeune, j’étais influencé par les chanteurs kabyles. J’avais 7 ou 8 ans, c’était l’indépendance. On venait d’acquérir un poste TSF. J’étais complètement absorbé par la musique diffusée. Avec des bidons d’huile et des fils de pêche, on s’inventait des guitares de fortune. C’est comme cela que j’ai commencé. Je n’avais pas de guitare personnelle jusqu’à ma première bourse. Et comme j’avais pris de l’envergure dans ce domaine, j’ai décidé de participer à l’émission ‘‘Les chanteurs de demain’’ animée par Kaci Tizi Ouzou à la Chaîne II. Cela se passait au milieu des années soixante-dix. C’était la première fois que j’investissais ce monde tout à fait nouveau pour moi. J’y ai chanté Iwinna yelhoun itlam (celui qui marche dans la nuit), dont je suis aussi l’auteur-compositeur. L’impression générale était positive et l’animateur m’avait proposé d’en faire un disque. Je me suis dit pourquoi pas ? Quelques jours après, j’enregistre à place Hoche chez Mahboub Bati. Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître.»

L’engouement est garanti, parce que la chanson transporte l’auditeur dans un monde virtuel merveilleux. Ce n’est pas seulement le désir d’échapper à l’angoisse et aux violences du quotidien. Sans doute, aussi, la volonté de retrouver des repères collectifs communs pour des imaginaires individuels que n’encadre plus depuis longtemps la société actuelle en perpétuelle course contre le temps et peut-être contre elle-même, car la précarité et l’instabilité raccourcissent le temps présent, aussi ne faut-il pas prévoir pour prévenir ?

Combat identitaire

Conscient que les musiques nous soignent de nos malaises quotidiens, Amar prendra quelques distances avec cet art lyrique pour se consacrer exclusivement à ses études supérieures qu’il couronnera par l’acquisition d’une licence en gestion. Mais, entre-temps, il est passé en ouverture d’un gala d’Aït Menguellet organisé à Larbaâ Nath Irathen.
«Je n’étais pas connu, et c’était un immense privilège que de chanter aux côtés de ce monstre sacré qu’est Lounis. C’est au cours de cette manifestation que j’ai fait la connaissance de Benmohamed que je n’avais jamais approché et dont la réputation était bien établie ! A la fin du gala, on a longuement discuté et Ben m’a proposé de faire un disque, ce que j’ai accepté avec un plaisir inoui. On a travaillé ensemble, même à distance.

Car, lorsque je suis entré de Paris, lui a fait le chemin inverse, au début des années quatre vingt-dix avec leur lot de désolation et de tourments. C’était une période terrible qui a laissé des séquelles et des souvenirs sombres qui hantent ma mémoire. J’ai vu partir des amis, des voisins. C’était trop douloureux à vivre ! C’est une période où on a été réduits au silence. C’était impossible de chanter. On n’avait même pas le goût de toucher à une guitare. Nous n’avions ni l’inspiration ni le courage de chanter. Mais était-ce décent de s’exhiber sur scène alors que la mort frappait à tout bout de champ ? Je me suis posé plusieurs questions. Fallait-il partir ailleurs ? La raison m’en a dissuadé en restant près de ma famille.»

Il ne vit pas de ses chansons

Auteur de 49 chansons et six disques, Amar est satisfait de son parcours d’autant qu’il a su concilier sa vie de chanteur en mettant dos à dos les chiffres et les lettres, et celle plus dense de banquier.
«Cela ne m’a pas gêné outre mesure. Quand on a un esprit créatif, on peut l’appliquer à tout. C’est inné. C’est quelque chose qui est en vous, qu’on porte et qu’on nourrit perpétuellement. Dans le lot des chanteurs, je suis inclassable. En fait, je dois préciser que je ne vis pas des produits de mes chansons.»

Quand le malaise qu’il éprouve est diffus et mal identifié, le chanteur recherche des sons et des musiques qui puissent lui donner un sens avec ce désir de renouer les fils de son imaginaire personnel à un grand imaginaire collectif. Le malaise de Amar, il l’a décelé dans le milieu artistique qui n’offre pas les conditions d’un véritable épanouissement. «J’ai constaté que le milieu est hostile au développement de la chanson. Les gens qui gèrent ce pôle sont pour la plupart des aventuriers qui n’ont aucune capacité de manageriat. De plus, il n’y a pas de maisons d’édition pérennes sans compter que le statut d’artiste en Algérie est une vue de l’esprit : un statut pourtant nécessaire qui puisse sécuriser cet homme de l’art qui se donne à fond durant toute sa vie, pour se retrouver à la fin de celle-ci une main devant une main derrière frisant la mendicité. Les artistes, je les qualifierais de clandestins officiels. Comme j’ai eu la chance de faire des études poussées, j’ai préféré travailler dans le domaine lyrique, à mon rythme, car je tiens énormément à mon indépendance, loin de l’activité des ‘‘es-crocodiles’’», complète Lounas, visiblement impressionné par le parcours atypique de son ami.

Le poème Rappelle-toi est un morceau d’anthologie finement décrit par Abdenour qui dessine l’atmosphère prévalant à cette quête de liberté que Amar va chercher en prenant à témoin le Djurdjura, l’immense ciel le couvrant, les vents qui sont passés par là et cette terre que de fois imbibée au rouge du sang de tous ceux qui ne sont plus de ce monde. Il interroge tous les panoramiques par lesquels nous jurons et desquels nous revient l’écho amplifié de nos voix lorsque nous les implorons. Et pendant que défile un fond musical adouci surgit alors, d’où nous ne savons, l’emblématique voix rassurante du faiseur de paroles magiques qu’est l’éminent poète Benmohamed.

«Cette voix énergique, tel le rugissement d’un volcan débordant de partout son cratère, porte en elle cette note d’espoir et d’optimisme qui annonce qu’après moult tortures, après les affreuses saturations imposées, après tous les désespoirs, mais surtout après tant de gabegies, de mensonges et de tricheries, l’amazighité refait surface.» De l’amazighité, thème incontournable dans la discussion, Amar en est rassuré. «Il y a une avancée. Désormais, c’est une langue nationale. Il y a une télé, une radio et d’autres choses qui vont suivre. Cela s’inscrit dans la continuité de l’histoire, car on ne peut indéfiniment mettre des pans entiers de la population hors-jeu. J’estime qu’il y a une avancée appréciable, même s’il faut aller encore plus loin. Le chemin parcouru est important et les acquis arrachés de haute lutte sont loin d’être négligeables», estime-t-il.

Bien qu’il reconnaisse que c’est de plus en plus difficile d’évoluer dans un milieu de plus en plus fluctuant, où les goûts du public ont tendance à se formater, Amar n’en garde pas moins espoir de rebondir. «Expirer au lieu d’inspirer. J’ai hâte de revenir de manière poétique, musicale, en observant la société dans tous ses recoins, en la chantant avec toutes ses contradictions. Il y a un public à l’écoute qui me demande de produire encore. Vous savez, la chanson c’est un don de soi. Il faut en conséquence que je ressente ce que j’ai envie de dire. Quand on vit de la musique, on fait toujours attention à cette source nourricière, l’argent qui fait vivre. Ce n’est certes pas mon cas. J’essaie de me mettre au diapason. Les temps ont changé, mais la situation de l’artiste est toujours dérisoire malgré les avancées technologiques. C’est dommage !...

Parcours :

 

1955 : Naissance à Ouaguenoun, Tizi Ouzou. Mars 1976 : sortie de son premier 45 tours aux éditions Palais du disque, suite à un passage à l’émission «Ichenayen uzekka», dirigée alors par Kaci Tizi Ouzou. Septembre 1979 : rencontre avec Benmohamed à l’occasion d’une participation à un gala d’Aït Menguellet animé par Ben à Larbaâ Nath Irathen.
1981 : sortie de son premier album dénommé Ezedwa aux éditions Azwaw à Paris.
1982 : sortie de l’album écrit par Benmohamed intitulé Cfu ay ixfi-w édité et commercialisé par les éditions Berbères à Paris.
1983 : sortie de l’album dénommé Abrid aux éditions Berbères.
1985 : sortie de l’album Tiyri chez Disco Lazer.
1987 : Album Tamuyli aux éditiions Nomades à Paris.
En projet : nouvel album qui va être enregistré incessamment.
Production d’œuvres artistiques : 6 disques avec un total de 49 titres chez 4 éditeurs.
En projet : 8 titres à enregistrer incessamment.

 

Hamid Tahri
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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 19:32

el watan

 

Musique: Des Algériens de Montréal rendent hommage à la diva kabyle Nouara

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le 22.05.12 |

La diva de la chanson kabyle Nouara recevra les hommages d’Algériens de Montréal demain mercredi lors d’un dîner à l’hôtel Gouverneur de la métropole canadienne.

« On lui exprimera notre reconnaissance pour tout ce qu'elle a fait pour notre culture.Elle mérite tous les honneurs », affirment les organisateurs de ce souper-hommage.

Cet événement est le prélude au concert que donnera Nouara ce samedi 26 mai au thêatre Outremont de Montréal où elle rendra hommage à Cherif Kheddam.

La diva se produira dans le cadre du Festival culturel nord-africain dirigé par l’Algérien Mourad Mahamli, journaliste et animateur radio à
Montréal (Rencontres berberes sur Radio Centre Ville et radio CFMB).

Le site montéalais berberes.com a rendu récemment hommage à la chanteuse à travers un texte écrit par Djamila Addar et Madjid Benbelkacem.

« La diva de la chanson kabyle Nouara a la chanson dans le sang depuis sa tendre enfance. Elle a interprété les textes de plusieurs artistes comme Ben Mohammed, Méziane Rachid, Mdjahed Hamid, Hassan Abassi, Lhacène Ziani, Farid Ferragui, mais la collaboration qui l'a le plus marquée et propulsée au sommet c'est celle qu'elle a eue avec Chérif Kheddam. Le 26 mai 2012, elle se produira à Montréal dans le cadre du Festival culturel nord-africain pour rendre hommage à Chérif Kheddam », peut-on y lire.

A noter que ce samedi 26 mai, les Montréalais d’origine algérienne ont aussi rendez-vous avec le chanteur Hamidou (salle héllenique). Le concert affiche déjà complet et l’organisateur Djamel Lahlou compte ajouter une supplémentaire le 2 juin.

Hamidou se produira aussi le 1er juin dans la ville de Québec. A la même date, le 1er juin, Lounis Ait Menguellet donnera un concert à la salle Olympia de Montréal.

Samir Ben
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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 19:29

source: http://www.berberes.com/index.php?option=com_content&view=article&id=3379%3Ale-chant-mhabite-&catid=41%3Aculture&Itemid=62

 

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Écrit par Madjid Benbelkacem et Djamila Addar
Mardi, 03 Avril 2012 19:45

Ma rencontre avec la chanson est un bel accident

Le chant m'habite Ma rencontre avec la chanson est un bel accident La diva de la chanson kabyle Nouara a la chanson dans le sang depuis sa tendre enfance. Elle a interprété les textes de plusieurs artistes comme Ben Mohammed, Méziane Rachid, Mdjahed Hamid, Hassan Abassi, Lhacène Ziani, Farid Ferragui, mais la collaboration qui l'a le plus marquée et propulsée au sommet c'est celle qu'elle a eue avec Chérif Kheddam. Le 26 mai 2012, elle se produira à Montréal dans le cadre du Festival culturel nord-africain pour rendre hommage à Chérif Kheddam.


Difficile d'imaginer le paysage artistique kabyle sans la touche de Chérif Kheddam et la merveilleuse voix de Nouara. Cette diva de la chanson kabyle comme l'appelait un autre monument de la culture kabyle Matoub Lounès, est à la fois talentueuse, humble et humaine voire humaniste. Madjid Benbelkacem, l'un des admirateurs de Nouara, a réalisé une interview avec elle pour le compte de l'émission Amazigh Québec de la radio CFMB produite par Mourad Mahamli. D'entrée de jeu, Madjid lance la chanson '' L'ingrat'' de Chérif Kheddam. Une chanson hommage à cette terre algérienne riche et accueillante que les gens qu'elle a généreusement nourris saccagent sans scrupules. Cette ingratitude qui a provoqué une douleur profonde chez Cherif Kheddam a été magistralement rendue par l'interprétation de Nouara.

Ses débuts

Elle a commencé en 1963 dans l'émission enfantine de Belhanafi et Abdelmadjid Bali. D'ailleurs, c'est lors de sa première journée à l'antenne qu'elle s'est donné le nom de Nouara. Donc, elle lisait le courrier des lecteurs dans cette émission avant de commencer l'aventure du théâtre avec Mohamed Aimane. Elle a en effet joué dans plusieurs pièces radiophoniques avant de plonger dans le monde de la chanson en 1965. Plus de 40 ans se sont écoulés depuis, mais Nouara demeure nostalgique et admirative de la qualité des émissions et des animateurs de l'époque. Nouara trouvait même que la conception et la réalisation de l'émission étaient ambitieuses. Le studio de la radio accueillait, selon elle, plus de 70 enfants qui maîtrisaient parfaitement le kabyle. Ajouter à cela, les membres de la chorale qui étaient animés des plus belles intentions et des convictions débordantes quant à la promotion de la culture kabyle. La jeune Nouara évoluait dans ce bain de génies engagés qu'abritait paradoxalement la radio du régime totalitaire.

Sa maladie : un mal pour un bien

Nouara a commencé à la radio quand c'était mal perçu même pour un homme de chanter. A-t-elle souffert des commérages ou de la pression de ses proches? La diva dira que non avant d'enchaîner : " Mes parents étaient tellement contents de me voir guérie qu'ils m'accompagnaient quotidiennement à la radio pendant un bout de temps. Quand j'étais petite, la rougeole m'a aveuglée jusqu'à l'âge de 8 ans. Alors, je ne faisais qu'écouter la radio et surtout Chérifa ". Donc, le fait de recouvrir la vue était un bonheur inespéré et pour elle et pour sa famille. Après la maladie, la lumière et les perspectives d'avenir lui avaient donné des ailes. Et ce bonheur comblait ses parents. Ils étaient enfin rassurés de la voir épanouie dans son travail. Des années plus tard, son père tombant malade, elle s'est retrouvée responsable de sa famille désormais.


Sa rencontre avec Chérif Kheddam

Le chant m'habite Ma rencontre avec la chanson est un bel accident

Sa rencontre avec Chérif Kheddam et le monde de la chanson sont étroitement liés. Nouara n'a jamais pensé devenir chanteuse un jour, même si elle a toujours admiré le Acewiq des femmes ordinaires d'abord et des artistes femmes comme La Yamina ou Chérifa ensuite. La rencontre avec Chérif Kheddam était donc déterminante pour la jeune Nouara : " Da Chrif faisait des essais de voix pour plusieurs personnes dont moi pour réaliser des chansonnettes pour enfants. Le lendemain, il m'a donné la chanson ''Ayen ur tezrid'' (Ce que tu ignorais) que je dois répéter et chanter devant un grand orchestre. C'était en 1965 ". Nouara avait le tract, mais sa voix a réussi à relever le défi. Un défi qui lui a ouvert les portes de l'univers des mélodies sans l'avoir soupçonné ou planifié auparavant: " Je suis devenue chanteuse par accident. Il est vrai que j'aime chanter depuis ma tendre enfance, mais je n'ai jamais cru plonger dans ce monde. D'ailleurs, j'ai perfectionné mon kabyle grâce aux chansons et au théâtre radiophonique"


Les femmes pionnières de la chaîne kabyle

Le travail était important pour ces femmes courageuses. Elles ont transcendé les mentalités et les préjugés. Elles étaient décidées d'aller jusqu'au bout de leur rêve malgré le maigre salaire. Chérifa et Hnifa n'étaient-elles pas femmes de ménage pendant longtemps? Ce qui ne les a pas empêchées de percer à la radio et de se faire un nom. Elles ont inauguré la radio kabyle qui émettait de la grande poste d'Alger. C'était d'abord avec Acewig de La Yamina en 1928, un cri d'amour et d'affection pour les émigrants forcés d'aller en France pour subvenir aux besoins de leur famille. Par la suite, c'étaient les débuts de la chorale féminine ''Urar Lxalat'' en 1964 avec La Yamina de son vrai nom Arab Feroudja, Lla Zina, Djamila, Chérifa, Anissa et plusieurs autres.


Matoub, le frère, l'ami, le complice

Le chant m'habite Ma rencontre avec la chanson est un bel accident

L'assassinat de Lounès Matoub l'a ébranlée. Depuis la collaboration pour l'album Hymne à Boudiaf, une amitié s'est développée entre ces deux artistes. Matoub a laissé un vide dans l'âme de Nouara. Un vide qu'aucune compensation ne pourrait combler. Il faut dire qu'elle a vécu des moments professionnels mémorables au studio de Saad Kezim à ouled Fayet. Un album teinté de douleur et de cri d'une terre natale malmenée et inondée injustement par le sang de ses enfants. La voix de Nouara valsait avec celle de Lounès pour rendre une amertume, un cri, des larmes de l'âme rongée par des trahisons multiples qui ont confisqué la révolution, les richesses et les espoirs d'un peuple. Un peuple qui a vu l'un de ses révolutionnaires assassiné en direct à la télévision algérienne. Un peuple qui enterrait au quotidien ses meilleurs enfants. Ces drames et le génie de Matoub ont rapproché ces deux artistes pour la vie. Une vie qui a malheureusement réservé le même sort à Lounès six ans plus tard. Donc, le choc était indescriptible. Et Nouara s'isole.

Le retour tant attendu

Nouara s'est retirée pendant quelques années de la scène artistique. La situation qui sévissait dans le pays, la perte de sa mère, la pression de l'entourage et ''l'âge'' ont fait en sorte à ce qu'elle marque une pause, une longue pause. Cependant, la passion qui l'habite et le vide qui la ronge depuis le début de sa retraite en 2005 l'ont poussée à revenir sur scène. Son retour en 2009 a non seulement émerveillé ses fans, mais lui a également donné une motivation solide pour qu'elle continue. Ses publics (toutes les générations) d'hier et d'aujourd'hui l'ont tout simplement impressionnée. Pour elle, il y a une sorte de pont de transmission entre le public des années 70 et celui des décennies 80, 90 et 2000. : " On dirait qu'il y a une sorte de relève acquise ", dira-t-elle avec beaucoup de tendresse.

Succès, reconnaissance et un bilan au goût amer

La voix de Nouara est sortie du lot, sans pour autant réduire l'apport de toutes ces femmes qui ont marqué la radio, le théâtre et la télévision algérienne sans qu'elle ne le sache. La diva multipliait des spectacles et recevait du public toutes les reconnaissances qu'elle n'a jamais imaginées. D'ailleurs, en 1974, elle a enregistré un album pour marquer la journée internationale de la femme. Elle a chanté la vie, l'amour, la patrie et les valeurs ancestrales en collaborant avec les meilleurs artistes de la culture berbère. Cependant, même si elle est contente des résultats de cette génération dévouée à la sauvegarde de la culture kabyle, Nouara se sent déçue par une partie de la relève artistique d'aujourd'hui.

Madjid Benbelkacem et Djamila Addar
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