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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 14:21

Opération corail,  du Dr Yves Cirotteau

  • Roman (broché). Paru en 04/2009





Le Mot de l'éditeur : Opération corail

Comment faire – légalement et impunément – passer de la drogue d’un pays à l’autre, d’un bout du monde à l’autre, sans que les douanes dotées des moyens les plus modernes de détection – y compris la brigade cinéphile – ne puissent la dépister ?
Connaissez-vous un moyen infaillible de rendre dépendante à la drogue toute une population sans qu’elle s’en rende compte, sans qu’elle n’ait jamais touché à celle-ci et ce quel que soit le pays, l’âge, le sexe ou la religion des habitants ?
Savez-vous comment dépasser en horreur le plus grand génocide de l’histoire ? Comment tuer des millions d’hommes et de femmes venus se faire soigner dans les meilleurs centres et que ce soient les hommes ou les femmes en charge de les guérir qui les fassent mourir ?
Vous pensez que cela n’est pas possible ? Venez suivre pas à pas l’enquête menée par les meilleurs spécialistes scientifiques en matière de police, de santé, et de recherche, avec le concours d’artistes et de responsables politiques français actuels.



Le docteur Yves Cirotteau est également Inventeur de la Prothèse fémorale à appui externe, Inventeur du traitement de l'ostéoporose, Inventeur de la Vis-plaque stabilisée.
Voici une de ses publications scientifiques :

Comportement du corail naturel sur une diaphyse en pseudarthrose atrophique
Revue European Journal of Orthopaedic Surgery & Traumatology
Éditeur Springer Paris
ISSN 1633-8065 (Print) 1432-1068 (Online)
Volume 14, Number 2 / juin 2004


Résumé  Le corail naturel, associé à une stabilisation métallique, a été utilisé dans le but drsquoobtenir la consolidation drsquoune pseudarthrose atrophique de la diaphyse fémorale drsquoorigine post-traumatique. La transformation du substitut osseux srsquoeffectue selon un double processus biologique et mécanique étroitement imbriqués dans le temps. La biorésorbabilité au niveau des parois se fait selon une courbe exponentielle (Log. népérien). Lrsquoorganisation architecturale des sphères se fait en colonnes adossées alignées selon le grand axe de la diaphyse. Ceci souligne le rôle des contraintes mécaniques qui agissent de la même façon que sur un os non fracturé. La résorbabilité des colonnes alignées dans la même paroi se fait dans un ordre précis. La colonne au niveau de la corticale sous-périostée se résorbe avant celle située du côté endo-médullaire. Ceci souligne le rôle de la double vascularisation drsquoun os long dans la résorption du biomatériau et, parallèlement, la formation du cal osseux.
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Published by iflisen - dans Médecine
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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 00:09



acekker t-tuqqna i-iḥenni


ad ṣelliγ f enbi a nγenni

timllalin d elḥenni

qerreb a win illan d axeṣmi

ad ṣelliγ f enbi a s nales

lḥenni mi ad ires

yeqqen it win illan d lkayes

arred afus ik yecbaḥ

a Σumeṛ a lfeṭṭa n ddaḥ

lḥenni f ar a yerbaḥ

arra d afus ik yezyen

a Σumeṛ lfeṭṭa ykenzen

lḥenni ara wnisaεden

arred afus ik amellal

a Σumeṛ lfeṭṭa wxelxal

ad yeqqen lḥenni yuklal

d si Σumeṛ ay ileγ ugeṭṭum

essqi fell as yetsudum

lmesbeḥ mi zzin laεmum

d si Σumeṛ ay ileγ ttminas

essqi yettuddum fellas

lḥenni icebbaḥ ifassen

id yekkan seg iflisen

at yeqqen lbaz meẓẓiyen


louange d'imposition du henné 

Je prélude et chante sur le prophète

les œufs et le henne

Qui veut rivaliser n'a qu'a s'approcher

je prierai sur le prophète nous répéterons

quand le hennie sera prêt

le courtois l'imposera

pressente ta belle main

Omar metal d'argent de bracelet

le hennie vous sera prospere

Pressente ta jolie main

omar métal d'argent thésaurise

Le henne vous sera bénéfique

Donne ta main blanche

Omar métal d'argent d'anneau de cheville

Il imposera le henne bien mérite

C'est Omar crochet de pendant d'oreille

Le charme coule sur lui

Lampe entourée de ses frères

le hennie embellit des mains

Il est venu d'iflisen

Le jeune faucon l'imposera.

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Published by iflisen - dans Poésie
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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 22:10
source: http://www.algerie-focus.com/

L’Algérie lui offre son gaz, l’Egypte veut en plus des « excuses ou des dédommagements »

 

exc Comme si de rien n’était, Le ministre algérien de l’Energie et des Mines Chakib Khelil s’est rendu au Caire samedi 5 décembre pour participer à un conseil ministériel des Etats arabes membres de l’OPEP, a fait savoir l’agence APS. Khelil a indiqué qu’il resterait deux jours en Egypte à l’issue de cette rencontre de l’OPEP pour discuter d’un éventuel projet de partenariat entre la Sonatrach et la compagnie égyptienne GPC. L’Algérie vend déjà à l’Égypte un million de tonnes par an de gaz naturel liquéfié, avait précisé le ministre en début de semaine. Ce geste d’apaisement voulu par le pouvoir algérien, fait visiblement gonfler les chevilles des égyptiens qui continuent à faire ses siennes face à un pouvoir algérien atone. Alger est-il en train de perdre la face au point d’accepter sans broncher l’humiliation et les insultes du Caire ?

En effet, L’Egypte ne renverra son ambassadeur en Algérie qu’après avoir reçu des « excuses » ou des « dédommagements » pour les dégâts subis affirme un secrétaire d’Etat dans la presse égyptienne.

L’Egypte renverra en Algérie son ambassadeur, rappelé en novembre en pleine crise autour de la qualification pour le Mondial-2010, si elle obtient des compensations pour les dégâts subis par les intérêts égyptiens dans ce pays, a déclaré lundi un responsable gouvernemental.

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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 21:52
ddk

Fadéla Amara, ministre française chargée de la Politique de la ville
“Quand je regarde l’histoire des Berbères, je trouve quelques réponses à ma personnalité de battante...”

C'est dans son bureau ministériel sis au 3, place de Fontenoy 75007 Paris la ministre Fadéla Amara nous a chaleureusement reçu pour aborder ensemble ses nouvelles fonctions gouvernementales, son projet pour la politique de la ville sans oublier quelques questions relatives à son appartenance kabyle,  C'est une femme toujours fidèle à elle-même et toujours souriante qui tient beaucoup aux valeurs héritées de ses parents qu'on a rencontrée.

n  De Paris, Djillali Djerdi

 

 

Pouvez-vous nous résumer votre parcours de militante et femme politique?

En résumé j'ai commencé mon parcours de militante à l'age de 14ans dans des associations , mes premiers combats je les ai menés dans mon quartier où j'ai milité pour sa réhabilitation pour vivre dans des conditions plus dignes car à l'époque nous vivions presque dans des bidonvilles ensuite, j'ai organisé avec des amis la marche civique qui consiste à aider les jeunes des quartiers à s'inscrire sur les listes électorales pour devenir acteurs de leur citoyenneté donc aller voter pour changer les choses à l'identique de ce que faisait Martin Luther King aux États unis dans son combat civique car moi j'ai toujours défendu la citoyenneté, Ensuite j'ai créé , alors que je n'avais pas encore 18 ans, l'AFEI association des femmes pour l'échange inter communautaire pour vous dire que déjà, à cet âge là j'étais sensible à la question de la condition de la femme et notre action consistait tout simplement à aider les mamans du quartier à sortir  et découvrir des sites, des musées etc. J'étais également l'une des organisatrices locales – je vivais à Clermont-Ferrand – de la marche des beurs , cette fameuse marche de 1983 où des jeunes issus de l'immigration et dont la plupart était formée d'algériens, qui réclamaient l'égalité . je suis rentrée dans un grand mouvement antiracisme qui est SOS racisme qui lutte contre tous les racismes et les xénophobies. Ensuite, voulant un peu plus de concret dans mes actions qui tournaient jusque là autour de principes et idéologies, j'ai milité dans des associations ancrées dans les quartiers puis je suis devenue présidente d'une structure qui s'appelle la fédération des maisons des potes, une structure qui s'occupe des quartiers de plusieurs villes de France avant de créer ce grand mouvement féministe qui dérangeait certains mais qui était aussi salué par d'autres qui est "ni putes ni soumises" avec tout ce qu'il a apporté comme changement. Et la vie a fait que j'accepte la proposition du président de la République d'intégrer un gouvernement de rupture moi qui suis militante de gauche et je considère que je suis restée la même dans mes idées car je me considère comme ministre militante.

 

Justement , des gens de la gauche vous reprochent d'avoir intégré un gouvernement de droite. Comment le viviez-vous?

Écoutez les critiques m'importent peu car la situation des quartiers et des gens qui y vivent depuis les années 1980, a toujours été précaire, que se soit avec les gouvernements de droite ou de gauche et cette dernière était au pouvoir pendant 14ans et la situation est restée la même, donc en fait , que ce soit le gouvernement de droite ou de gauche au pouvoir, la réalité dans les quartiers dit difficiles ou sensibles et les Huit millions de personnes qui y vivent sur ce qu'on appelle les territoires prioritaires est des plus difficiles. Et moi, j'ai toujours été agacée par cette situation d'autant plus que cette cause est souvent instrumentalisée pour des raisons politiques sectaires idéologiques et une fois arrivés au pouvoir que ce soit la droite au la gauche personne ne fait rien ou en tout cas personne ne règle les problèmes de fond, on reste sur de l'événementiel au lieu de prendre de vraies décisions politiques qui changent la situation par le fond et qui mène la transformation sociale en profondeur pour plus de justice sociale, d'égalité et de liberté. Donc quand le président Sarkozy est élu au pouvoir j'étais déjà en rupture avec la direction du parti socialiste avec laquelle je divergeais notamment sur la question de la laïcité, une valeur en laquelle je suis très attachée car elle est fondatrice et porteuse de la démocratie qui aide à l'émancipation des femmes. Et les dirigeants du parti socialiste de l'époque, y compris les élus de droite d'ailleurs, avaient commencé à acheter la paix sociale négociant avec des imams auto proclamés qui sortaient de nulle part mais qui au moment des élections pouvaient faire la différence car ils pouvaient avoir 1, 2, 3 % de voix et vous savez que les élections municipales se jouent sur cet écart et donc c'était plus rentable de négocier avec un imam auto proclamé plutôt que de se retourner envers des associations comme nous républiques laïcs qui exercent pour la citoyenneté et qui voulaient la transformation sociale en profondeur pour plus de justice car nous à travers tout ce que nous revendiquions nous posions les vrais débats de fond à savoir la justice sociale, la question de l'immigration, la gestion de la politique de l'immigration, la politique de l'intégration.

 

Vous êtes actuellement secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville avec en programme un plan banlieue baptisé sous le slogan une dynamique pour la France , un projet qui avance considérablement mais qui n'est pas épargné par les critiques. En quoi consiste globalement ce plan et vous attendiez-vous à tant de critiques?

-D'abord il faut saluer le courage politique du président de la République car même si on s'est battu dans le passé pour les questions de la diversité et des discriminations, c'est le seul qui a eu dans son gouvernement des femmes issues de l'immigration et de la diversité en l'occurrence Rachida Dati garde des seaux, Rama Yade secrétaire d'État aux droits de l'homme et au sport et en fin moi-même Fadela Amara secrétaire d'État à la politique de la ville moi qui ne suis pas de sa famille politique dire aussi l'ouverture de ce gouvernement qu'il a formé avec beaucoup de courage politique parce que c'est un acte fort à mes yeux que d'avoir réellement mis la diversité et des femmes issues de l'immigration dans son gouvernement, c'est un message fort aux organisations et aux hommes et femmes de ce pays. Je pense que cet acte politique permettra demain de ne plus retourner en arrière c'est à dire que les gouverneurs de demain seront obligés d'intégrer la diversité dans les mandats et les responsabilités politiques et ça c'est acquis et on le doit devant l'histoire au président Sarkozy et Dieu sait qu'il fait l'objet de beaucoup de critiques et moi, je tiens à le saluer.

Sur la dynamique espoir banlieue, vous savez qu'on s'occupe de quasiment plus de 8 millions de personnes qui habitent dans ces zones sensibles et avec le président Sarkozy on a décidé de définir trois axes forts de la dynamique espoir banlieue qui sont : l'emploi et la formation, l'éducation et évidemment le désenclavement car la majorité de ces quartiers sont totalement fermés à cause de l'absence de moyens de transport, ce qui empêche les jeunes de pouvoir grâce à une mobilité, aller chercher du travail. Donc on a mis ces trois axes forts dans dynamique espoir banlieue avec bien sur un travail en plus sur la justice, la culture, la santé etc. Ce que j'ai changé moi par rapport à ce qui se passait avant c'est que pendant des années la politique de la ville n'était la responsabilité que d'un seul ministre , imaginez un seul ministre avec son petit milliard qui s'occupaient de 751 zones urbaines sensibles et dans lesquelles habitent 8 millions de personnes, moi j'ai dit au président de la République: ce n'est pas juste, il faut que ça soit l'ensemble du gouvernement qui soit concerné par ces territoires et par les gens qui y habitent et c’est cette proposition que j'ai faite, il l'a acceptée d'ailleurs il l'a annoncée le 8 janvier 2008 au lancement de la dynamique espoir banlieue demandant à chaque ministre de mettre en place un programme triennal en direction des quartiers populaires et des zones sensibles. Et moi, la politique de la ville je me l’ajoute presque comme une cerise sur le gâteau pour aider à la réduction des écarts et donc à la réduction des inégalités sociales. Aujourd'hui tous les ministres ont mis un programme sur trois années et qui a comme générique la dynamique espoir banlieue donc l'ensemble du gouvernement est motivé sur la question mais aussi les collectivités territoriales car nous sommes en phase de décentralisation ; vous avez le département qui a la compétence dans l'action sociale, puis la région qui s'occupe de la formation professionnelle, pour montrer aussi que les collectivités territoriales indépendantes participent aussi à cette dynamique pour régler le malaise des banlieue des années 80. Et puis vous avez aussi un troisième acteur qui est très important et qui est le monde économique et du travail ; moi, je ne crois pas au processus de l'intégration si ça ne passe pas par une fiche de paie , la première dignité d'un homme et d'une femme est qu'il ait un emploi ; avec un emploi, on devient un homme ou une femme libre qui peut financer et payer son loyer et subvenir à ses besoins et loisirs et devient citoyen à part entière. On a mobilisé le monde de l'entreprise pour embaucher les jeunes diplômés des quartiers souvent victimes de la discrimination. Comme vous voyez, on est dans une vraie dynamique qui englobe un programme très conséquent quand on regarde bien en détail et même si ce programme a été décidé bien avant la crise je voulais construire philosophiquement une politique de la ville sur mesure qui correspond aux besoins des territoires et des gens qui y habitent c'est bien évidemment une dynamique qui est réactivée tous les jours et pour cela nous nous réunissons régulièrement sous la responsabilité du premier ministre Mr Fillon avec l'ensemble des ministres pour faire le point sur l'état d'avancement du programme mais aussi sur ce qui nous reste à faire et puis surtout pour alimenter encore à travers de nouveaux dispositifs qui seront mis en place pour permettre de réduire ces écarts le plus vite possible. C'est vrai qu'à cause de la crise nous avons des difficultés en terme d'emploi et même si le chômage augmente moins dans ces quartiers que dans les autres endroits qui ne sont pas en difficulté, n'empêche que nous avons quand même des actions à faire à savoir accélérer l'application concrète de la dynamique espoir banlieue.

 

Et justement ce plan que vous avez entamé il y a dix huit mois, il en est à quel degré de réalisation?

Il est très difficile de quantifier ce projet car à chaque fois, on est confronté à d'autres besoins de la population que c'est difficile de dire aujourd'hui où l'en est mais je peux vous dire qu'on est à la limite à un tiers de réalisation mais vous savez qu'il est difficile de situer une dynamique dans l'espace et le temps car ce projet est tellement nouveau dans les esprits des uns et des autres que certains membres du gouvernement jouent bien le jeu et d'autres y vont difficilement prétendant que la banlieue n'est pas leur priorité majeure est mon rôle à moi, justement c'est d'aller les titiller pour mettre leur programme en place comme leur a demandé le président de la République, cela en plus du travail de motivation des collectivités territoriales et du monde de l'entreprise. Ce que je veux dire c'est que globalement la dynamique existe et avance et on commence à avoir des résultats au bout de dix huit mois d'application , vous savez que le problème date de vingt ans, et comme moi je viens du quartier et j'y vais régulièrement visiter ces quartiers partout dans le territoire je suis, comme eux, impatiente donc je pense qu'il faut aller encore plus vite et plus fort car à cause de la crise financière et économique nous sommes entrain de subir la crise sociale et les quartiers sont évidemment touchés donc nous devons aller encore plus vite et alimenter tout ce qui a été décidé par le président de la république et le Premier ministre que ce soit le plan jeunes qui va au bénéfice des jeunes des quartiers aussi, ou les reformes en cours, on a de très bons résultats sur les mesures éducatives; on a de plus en plus de gamins qui viennent dans ces quartiers là notamment ceux issus de l'immigration qui réussissent les classes prépa et qui sont admis dans les grandes écoles ,ça c'est ma grande réussite je paye beaucoup d'argent mais j'en suis très fière

 

Qu'en pensez vous de l'avenir des banlieues en France notamment sur la question de l'intégration? Et quel est à votre avis le travail à long terme après aboutissement de ce plan?

L'objectif du plan espoir banlieue est politique - il consiste à réduire les écarts territoriaux et des inégalités sociales, si on atteint cet objectif là, on aura gagné la bataille et il n'y aura plus de raison que la politique de la ville existe ça voudrait dire que dans les quartiers pauvres, on aura réussi à améliorer les conditions de vie des gens et que ça se passe très bien, et si le travail est bien fait, j'en serai très heureuse , mais pour l'instant on n’en est pas là il nous faudra encore du temps pour améliorer une situation qui se dégrade depuis trente ans et pour lutter contre la paupérisation dans ces quartiers, il faut mener une politique forte , volontaire et déterminée c'est le cas de celle du président de la République qui reste très attentif à ce qui se passe dans les banlieues et très souciant du devenir des ces dernières c'est pour ça qu'il est très attaché par exemple à tout combat pour la promotion de la diversité, il est convaincu, comme moi d'ailleurs, qu'il faut absolument réunir toutes les conditions pour la réussite des enfants de banlieue et aussi des enfants issus de l'immigration c'est pour ça qu'il est attaché de nommer un préfet issu de l'immigration algérienne par exemple à la Seine-Saint-Denis et il en est très fier car ça fait effet d'exemple aussi, c'est la démonstration pour les autres que eux aussi ils peuvent devenir préfets s'ils le souhaitent, s'ils s'en donnent les moyens s'ils y arrivent voilà il est très attaché à la notion d'égalité des chances dans le travail et la réussite et de méritocratie et ça c'est très important car à un moment donné, on passe le discours courant dans les quartiers qui tourne autour de la victimisation qui empêche les gens de s'améliorer et de s'émanciper

D'aucuns vous reconnaissent cette qualité de femme battante modeste et qui aime se démarquer du stéréotype même en politique car même en tant que ministre d'État vous n'avez pas quitté votre modeste HLM. Comment expliquez-vous cela?

-Je suis née dans une famille d'immigrés Algériens de dix enfants avec un père ouvrier et une maman qui élevait ses enfants ; mes parents m'ont transmis des valeurs et l'une de ces valeurs qu'ils m'ont transmises c'est de rester humble et modeste quel que soit le parcours que nous ayons les uns les autres, et ce n'est pas parce que je suis devenue ministre que je dois rompre avec mes origines sociales et les quartiers populaires, moi, je suis enfant d'ouvrier, j'appartiens à la classe ouvrière donc j'ai une conscience aigüe de mon appartenance c'est pour cela que je continue à vivre là où je me sens bien , dans mon HLM même si j'ai réclamé de payer un surloyer. Je ne veux pas être la personne qui, sous prétexte de devenir ministre par le hasard de sa vie et ses combats et surtout grâce au président Sarkozy, coupe les liens avec les siens pour aller habiter dans le XVIe arrondissement. Je suis une femme très attachée à la fois à mes racines et à mes origines sociales.

 

Le président Sarkozy a réitéré son soutien et sa confiance en vous et votre travail, en décidant de vous maintenir dans votre poste lors du dernier remaniement. Quel est votre sentiment envers cette confiance?

Je peux vous dire que le président Sarkozy et moi-même, nous avons une relation un peu particulière par rapport aux autres membres du gouvernement; je viens de la société civile je suis une femme de gauche, quand il m'a demandé de rejoindre le gouvernement j'ai refusé dans un premier temps mais après mûre réflexion et les conseils de beaucoup d'amis de gauches qui m'ont recommandé d'y aller et comme je suis une femme qui aime relever les défis, j'ai accepté. Et c'est vrai que j'entretiens une relation franche et honnête basée sur la confiance et lors des entretiens que j'ai, avec lui, je peux tout lui dire à la fois mes révoltes et mes incompréhensions mais aussi mes propositions et lui il sait aussi qu'il peut me dire tout, c'est-à-dire qu'est ce qu'il attend de moi et comment on peut travailler ensemble tout en respectant ce que je suis et d'où je viens ; il ne m'a jamais demandé par exemple et ça fait partie de l'accord politique qu'on a ensemble d'être militante à l'UMP il n'a jamais essayé de me pousser à renier ce que je suis ni même mes combats politiques . Et je pense qu'il a conscience aussi que c'est impossible de me demander de changer car je ne changerai pas. C'est mon coté kabyle...

Cette marque de confiance qu'il a réitérée lors du dernier remaniement est réciproque car le président est un homme de parole.

 

Vous êtes aujourd'hui considérée comme ministre issue de la gauche dans un gouvernement de droite, par les uns, et femme politique d'origine kabyle dans un gouvernement français , par les autres. Comment vivez-vous cette double appartenance?

Écoutez, moi je la vis très bien, car je pense qu'il n'y a pas de contradiction dramatique car c'est un gouvernement d'ouverture que le président Sarkozy a mis en place, il a souhaité que des personnalités de gauche viennent et participent à l'idée de mettre en place des réformes , d'ailleurs moi, je suis totalement d'accord pour une politique qui fait bouger les choses et qui bouscule l'ordre établi car je n'ai jamais été conservatrice dans ma tête. Vous savez je suis convaincue qu'on n'est plus dans un paysage politique où il y a la droite d'un coté et la gauche de l'autre mais vous avez ceux qui veulent changer les choses et qui sont dans le mouvement tout simplement et puis vous avez les autres qui sont plutôt pour l'ordre publique et sont plutôt pour que rien ne bouge et moi je me suis jamais inscrite dans le conservatisme je suis plutôt une femme qui aime la transformation, sociale et qui aime le mouvement et et qui se bat pour plus de justice sociale d'égalité et des respect dans ce pays, et c'est vrai que je rejoins totalement le président Sarkozy quand il explique qu'il faut absolument réformer ce pays pour qu'on arrive à faire en sorte qu'il se mette en mouvement.

 

Et cette liberté de penser et d'agir qui fait votre particularité dans l'environnement politique français, n'est-elle pas tirée de vos origines kabyle ?

-Certainement, il doit y avoir un lien c'est comme un héritage que je ne peux pas expliquer scientifiquement mais quand je regarde mon père et ma mère originaire d'Ath Youcef en petite kabylie et quand je regarde aussi l'histoire des berbères je trouve quelques réponses à ma personnalité de battante, têtue et rebelle qui n'aime pas les choses établies et les vérité absolues je crois que j'ai hérité ces traits de caractère des berbères c'est une manière aussi d'être dans une posture de résistance face à toutes formes d'oppression qui puissent exister et qui sont insupportables pour les hommes et les femmes qui s'inscrivent dans le combat pour la liberté et pour la démocratie je me suis par exemple beaucoup inspirée de la femme berbère , algérienne dans mon combat pour la femme en France.

 

Et en parlant de l'intégrisme qui se prolifère en banlieues, est-ce que vous vous inspirez de l'expérience algérienne aussi?

Il y a malheureusement quelques groupuscules islamistes fondamentalistes qui existent dans certains quartiers en banlieue, ils sont minoritaires mais comme ce sont des militants politiques agissants donc actifs, j'estime qu'il faut les combattre car ils véhiculent des projets politiques qui portent la mort et rien d'autre. L'Algérie pour moi est un exemple de réflexion à la manière dont on doit se mettre en mouvement pour combattre ces intégristes religieux qui portent la mort, et quand je suivais à la télé ce qui se passait en Algérie durant les années difficiles, d'abord je suis bouleversée car ce sont mes frères et sœurs qui vivaient ce malheur, puis je suis solidaire pour ces hommes et ces femme qui résistent et pour mon combat pour la femme ici en France à travers ni putes ni soumises je me suis beaucoup inspirée du combat des femmes algériennes et je considère le mouvement comme un prolongement de celui des femmes algériennes.

 

Et si on parlait un peu du projet de l'UPM qui est resté presque au point de départ à cause des résistances des uns et des autres? Comment êtes-vous impliquée dans ce projet qui tient à cœur au président Sarkozy?

-Vous savez , c'est un projet toujours en marche et moi comme le président de la République, je suis très attachée à ce projet car je crois que ce concept politique nouveau qui est l'Union pour la Méditerranée peut permettre l'émergence d'un nouveau projet de société et de civilisation porteuse de valeurs de solidarité, de fraternité et d'unité entre les pays du pourtour méditerranéen car l'histoire témoigne des civilisations émanant de cette région et de ses peuples, je crois que nous avons une responsabilité historique, celle de retrouver les chemins de cette civilisation là, celle du partage de la solidarité et de l'humanité à travers ce projet commun que nous écrivons ensemble et corriger les uns les autres, quand les choses ne nous plaisent pas.

On n'est pas dans un concept où c'est l'Europe qui dicte et les autres appliquent mais celui où chaque pays participe à la rédaction du projet de civilisation dans le respect des uns et des autres, et je crois, qu'on est dans un changement total des mentalités et des philosophies, nous sommes dans une posture où chacun , pays, peuple, autorité politique, respecte l'autre dans son identité, son concept dans ce projet de civilisation

 

Vous vous rendez souvent en Algérie ?

Oui, mais pas assez à mon goût j'y vais évidemment car il y a ma grande famille et donc j'essaye d'y aller le plus souvent je suis partie cet été avec mes parents qui y sont restés plus de trois mois mais moi, en tant que ministre je ne pouvais pas rester longtemps peut être le jour où je ne serai plus en fonction, aurais-je l'opportunité de rester plus de temps pour me rapprocher plus de mon pays d'origine et j'y tiens car je suis très attachée à ma culture berbère et à mon pays l'Algérie. Lors de la dernière visite du président de la République en Algérie j'étais là, et j'étais très fière d'y être - si je peux dire - aux cotés de mes deux présidents et c'était des moments d'émotion très forts d'autant plus que mon père m'a dit cette phrase incroyable me voyant entre les deux présidents Algérien et français : quel beau clin d'œil de l'histoire!!!

 

Un mot de la fin madame la ministre...

Je fais un grand coucou pour les kabyles et je leur réitère toute mon estime, mon respect et mon admiration pour tout ce qu'ils sont , ce qu'ils pensent et ce qu'ils sont capable d'être demain.

 

Entretien réalisé à Paris par Djillali Djerdi

 

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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 21:05
el watan 9 déc 2009

La société avance, les dirigeants reculent


Il y a chez nos citoyens une conviction solidement établie que les autorités officielles ne jouent pas franc-jeu dans la crise qui oppose notre pays à l’Egypte, qu’ils manquent de courage ou ont peut-être des choses honteuses à cacher. Alors même qu’il a été offensif en décidant d’établir un pont aérien avec Khartoum, le pouvoir ne l’a plus été durant tout le temps du déferlement d’injures émanant de la sphère politico-médiatique égyptienne. Proférées y compris par des ministres et les fils de Moubarak, les invectives égyptiennes l’ont laissé de marbre et Ouyahia a beau dire que « le silence est la meilleure réponse à la provocation », aucun Algérien n’a été convaincu par cette sentence. Car il est impossible de se taire, plus particulièrement lorsque c’est la mémoire des martyrs de la Révolution qui est bafouée. Des personnalités égyptiennes n’ont pas hésité à franchir le Rubicon, ce qui aurait dû à lui seul constituer un casus belli et pousser nos officiels à mettre en branle toute une série de ripostes d’ordre politique, économique et diplomatique. Pour bien moins que cela, sur notre sol, des Algériens ont été traînés en justice.

La famille politique, qui s’est autoproclamée « révolutionnaire », a été étrangement timorée tandis que notre ambassadeur n’a pas été rappelé, ne serait-ce que par réciprocité avec la mesure égyptienne de faire rentrer son représentant à Alger. En pleine tourmente, une délégation algérienne, présidée par Chakib Khelil, s’est imprudemment déplacée au Caire pour parler de l’avenir énergétique avec ce pays, comme s’il y avait encore un futur avec l’Egypte de Moubarak. L’ENTV s’est gardée de montrer les images des étudiants algériens blessés au Caire et en fauteuil roulant arrivant à l’aéroport d’Alger, exactement comme elle a caché, tout au début, les images des blessures des joueurs algériens dans le bus qui les acheminait à leur hôtel. Il y avait comme une volonté de ne pas choquer le téléspectateur algérien, alors que ne s’arrêtait pas le flot d’injures égyptiennes relayées par des dizaines de chaînes satellitaires.

Il semble bien que les responsables algériens n’aient été animés, dès le début, que de la seule volonté de ménager l’Egypte officielle, sous-estimant le choc subi par l’opinion publique. En réalité, le mal est très profond car il réside dans le mental des décideurs. A leurs yeux, la personnalité algérienne doit s’effacer devant la Ouma arabe dont le centre ne peut être que l’Egypte. Empruntée au baassisme décadent, cette pensée est à l’origine du refus officiel, depuis l’indépendance, de considérer l’amazighité comme un des éléments constitutifs de la culture nationale. Le déni historique n’a pu été rétabli qu’après la constitutionnalisation par la force de la langue amazighe. L’idéologie baassiste a brisé l’école algérienne et fait le lit de l’islamisme, lequel a enfanté le terrorisme. Le système politique actuel en est encore fortement irrigué, à contre-courant de la société algérienne, notamment de sa jeunesse dont les valeurs sont profondément modernistes, nationalistes et républicaines. Elle l’a magnifiquement prouvé ces dernières semaines.



Par Ali Bahmane

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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 21:01
el watan 9 déc 2009

Le silence incompréhensible des autorités algériennes

L’opinion publique irritée par la campagne égyptienne

Le silence incompréhensible des autorités algériennes

Timorée et gênée pour certains, intelligente et calculée pour d’autres. La réaction algérienne à la guerre politico-militaire déclenchée par les « Al Moubarak » aura révélé le grand décalage entre l’Algérie d’en-haut et celle d’en-bas.



Il suffit de plonger dans l’univers du Net pour y puiser matière à remettre entre guillemets le « succès » diplomatique de l’Algérie dans la gestion des passes d’armes entre Alger et Le Caire. Depuis l’ouverture des hostilités le 14 novembre dernier quand le bus de l’équipe nationale fut cueilli à froid à sa sortie de l’aéroport du Caire, l’Algérie officielle a choisi son camp.

En décrétant un black-out sur les images du guet-apens, qui ont vite fait le tour du monde, la diplomatie de Bouteflika a décidé d’encaisser les coups égyptiens en toute sportivité !Il ne fallait surtout pas que cela sorte du cadre sportif, s’empressaient les très envoyés spéciaux du Président à nous signifier. Après tout, « une pierre jetée par un ami équivaut à une pomme », comme le dit si bien l’adage de chez nous…Chez nous, cet accueil des « Verts » par les bras armés du régime de Moubarak est vécu comme une humiliation. Les jeunes Algériens voulaient à juste titre laver l’affront. Et faute de pouvoir aller « corriger » ces Egyptiens inhospitaliers, ils ont noyé leur chagrin dans la Toile du Net notamment dans les réseaux sociaux. Côté officiel, le silence radio et l’écran noir furent de mise. Suprême injure à ce peuple agressé dans son amour-propre – l’équipe nationale à fédéré l’Algérie – la Télévision nationale servait des images vraiment décalées de l’ambassadeur algérien Hadjar et le ministre de la Jeunesse et des Sports se prélasser dans les salons avec les officiels égyptiens. Ils s’échangeaient même des cadeaux comme si de rien n’était ! Pendant ce temps, le visage ensanglanté de Halliche a choqué le monde entier. Pas nos officiels qui voulaient manifestement sauver « l’ami » Moubarak quitte à se mettre à dos tout le peuple algérien.

L’Algérie d’en-haut et celle d’en-bas

Ce fut insupportable. Et ça l’est à ce jour. Les autorités, le peuple, et les médias égyptiens continuent de déverser leur fiel sur notre pays, ses symboles sans que l’Etat algérien réagisse. « Il n y a pas de crise diplomatique ! » répètent à l’envi nos responsables pendant que leurs homologues se permettent en des termes à peines voilés de nous dire tout le bien qu’ils pensent de l’Algérie. Tout se passe comme si l’Algérie devait perdre un allié stratégique sans lequel ce pays d’hommes libres serait voué à disparaître… Les Egyptiens qui nous ont déjà exclus dans la gestion de la géopolitique du monde arabe, ont réclamé qu’on nous chasse de la « Ouma El Arabia ». Le message a, semble-t-il, fait mouche chez nos dirigeants. Et c’est moins une voix au chapitre que réclame la diplomatie de Bouteflika que ce souci de rester amarré idéologiquement à un monde arabe qui sert depuis 1962 de matrice au régime. C’est pourquoi la « riposte » officielle à l’agression égyptienne a été organisée autour de la société civile et la presse. Bouteflika et son staff ne voulaient pas « mouiller » le maillot national après que ce dernier eut été tacheté de sang. Ce sont donc les journaux privés et les Algériens d’en-bas qui ont servi à leur corps défendant une cause noble, celle de défendre le pays, ses couleurs et ses symboles.

L’Egypte, ce n’est pas la France !

Cette diplomatie du profil bas est telle que même ce qu’on appelle la famille révolutionnaire n’a pas jugé utile d’honorer et défendre la mémoire de nos chouhada piétinée par les médias et les acteurs de pacotille égyptiens. Ces organisations si promptes à répliquer vertement à un éternuement d’un responsable français dès qu’il évoque la colonisation, se sont curieusement tues. Ont-elles reçu l’ordre ? On a toutes les raisons du monde à le croire tant leur silence s’inscrit dans la stratégie de gestion de cette crise adoptée depuis ce 14 novembre. Après tout, l’arabo-bâathisme constitue le carburant politique et idéologique de l’ONM, l’ONEC et toutes autres organisations qui sont dépositaires de jure de notre histoire et de notre mémoire. N’a-t-on pas d’ailleurs entendu un responsable débiter une leçon d’histoire sur un prétendu sang égyptien qui aurait coulé en Algérie durant la Révolution ! Or, c’est le contraire qui est tellement vrai. Mais le mot d’ordre officiel dans cette crise est sans appel : « Tabaân Ya fandi ! ». Pour le reste, les réactions indignées de tous les Algériens s’apparentent, au mieux à un chahut, au pire à un défoulement national destiné aussi à oublier le reste. Tout le reste. Chakib Khelil vient d’ailleurs de siffler à sa manière la fin de la « récré » en convoquant le mariage de Juba II avec Cléopâtre pour (re)cimenter l’union sacrée.



Par Hassan Moali

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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 20:58
el watan 9 déc 2009

 « Le panarabisme est mort, mais les Arabes ne l'ont pas tous enterré »

Antoine Basbous. Fondateur et directeur de l’Observatoire des pays arabes à Paris

« Le panarabisme est mort, mais les Arabes ne l’ont pas tous enterré »

Pour le politologue Antoine Basbous, les Egyptiens veulent garder de l’époque de Nasser la stature du « maître » par rapport à « la jeune nation » qu’est l’Algérie.



- Depuis le fameux match Algérie-Egypte, les relations entre les deux pays se sont tendues, notamment avec les attaques en règle du clan Moubarak contre les symboles de l’Algérie. Comment analysez-vous cet acharnement ?
- Les deux gouvernements ont sciemment cherché à politiser une compétition sportive. Ils voulaient à tout prix que leur équipe gagne pour pouvoir tirer des bénéfices politiques pour leurs régimes respectifs. Pour les Egyptiens, un succès aurait contribué à mettre sur une orbite plus visible la candidature, toujours inavouée, de Gamal Moubarak pour succéder à son père. Pour l’Algérie, cela permettait de créer une communion nationale derrière une équipe qui gagne, tournant ainsi la page des émeutes qui se sont étendues jusqu’à la capitale cet automne. Autant Le Caire qu’Alger avaient besoin de faire oublier à leurs peuples respectifs un quotidien peu florissant, en donnant à l’opinion publique, à travers cette compétition, une « cause nationale » qui participerait à faire diversion et permettrait aux gouvernements de bénéficier d’une trêve politique et de gagner du temps.
- Le « conflit » entre Alger et Le Caire, qui est mis au grand jour à l’occasion de ce match, cache-t-il un conflit d’une autre nature entre les deux pays ?
- Rien ne justifie à mon sens qu’une compétition sportive se transforme en un règlement de comptes politico-diplomatique. Même si Alger et Le Caire ne sont pas sur la même longueur d’onde par rapport à plusieurs dossiers, qu’il s’agisse de leur rapport à Israël et à la Palestine, ou encore à un autre dossier ultra-sensible : leur relation avec Téhéran. Au moment où Le Caire redoute l’influence de l’Iran qui progresse prodigieusement dans la région, surtout dans ses ex-chasses gardées, notamment à sa frontière avec Ghaza. De son côté, Alger entretient de bonnes relations avec Téhéran et voit dans le programme nucléaire civil iranien un modèle de pionnier qu’il pourrait suivre lui-même. Il y a aussi l’histoire récente entre les deux pays. A l’indépendance de l’Algérie, dont la lutte avait bénéficié d’un soutien franc et massif des Egyptiens sous Nasser, l’arabisation du pays est passée par des enseignants égyptiens, lesquels avaient plutôt enseigné l’islamisme des Frères Musulmans que la langue arabe. Il est vrai que Nasser était en conflit avec les Frères et voulait s’en débarrasser. Une partie a été jetée en prison, l’autre s’est enfuie vers les pays du Golfe et une troisième partie a été expédiée pour enseigner l’arabe aux Algériens nouvellement indépendants. C’est alors qu’ils ont jeté les bases de l’islamisme d’aujourd’hui. Les Egyptiens veulent garder de cette époque la stature du « maître » par rapport à « la jeune nation ». Pour les Algériens, il s’agit d’une « hogra » égyptienne supplémentaire et injustifiée qu’ils voudraient combattre aujourd’hui.
- Moufid Chehab, ministre d’Etat égyptien en charge des Affaires juridiques, a conditionné le retour de l’ambassadeur d’Egypte à Alger à des excuses et des compensations de la part des Algériens ?
- Les propos de Moufid Chehab attestent d’une grande blessure égyptienne qu’il compte surmonter par des paroles et une posture. N’empêche que les dégâts subis par les entreprises égyptiennes en Algérie ne sont pas dignes d’une relation entre deux pays frères et théoriquement amis, ni d’un comportement à l’égard des investissements internationaux dans un pays qui en manque beaucoup. Au départ, le caillassage du bus transportant les joueurs algériens entre l’aéroport du Caire et leur hôtel est intolérable. L’Egypte voulait gagner à tout prix un match qui était annoncé comme perdu d’avance et avant que les joueurs ne s’opposent sur le terrain. Je pense que la meilleure chose qui puisse arriver aux deux pays est de calmer le jeu pour faire oublier à l’opinion publique ce conflit artificiel et infondé, dont les épisodes ont été voulus et encouragés, à des degrés divers, par les gouvernements respectifs. Mais à quoi bon exacerber les sentiments de haine entre les deux peuples pour déboucher sur une rupture des relations diplomatiques qui occupera les opinions publiques par une affaire de diversion ?
- L’attitude de la diplomatie algérienne est considérée par l’opinion publique algérienne, comme « timide ». Comment voyez-vous la réaction de l’Etat algérien ?
- L’Algérie ayant remporté la compétition, sa diplomatie peut alors se montrer en « grand seigneur ». C’est de la raison et non de la timidité. Désormais, l’Algérie n’a aucun intérêt à faire déborder l’affaire en dehors du champ sportif : son équipe sera présente en Afrique du Sud. C’est l’essentiel. Il faut chercher à indemniser les Egyptiens et les Algériens pour les pertes subies. Alger peut calmer le jeu avec Le Caire, sauf si le gouvernement compte pousser à l’exacerbation du contentieux pour en tirer un bénéfice sur la scène intérieure !
- Ne pensez-vous pas que l’Algérie a adopté une attitude « timide » pour préserver son attachement à l’idéologie « arabo-baathiste » ?
- L’idéologie panarabiste est devenue un slogan creux et dévalué. Où est le modèle de développement arabe réussi : des citoyens heureux de leur condition, fiers de leur appartenance, qui ne cherchent pas des visas pour s’expatrier ou des rafios pour jouer les « harragua » ? Dans quel pays « panarabiste » les libertés publiques et individuelles sont-elles respectées, où l’alternance est une réalité ? On ne le trouve nulle part. Aujourd’hui, les Arabes sont pris en sandwich par trois puissances non arabes : Israël, l’Iran et la Turquie qu’ils ont invitée pour créer un certain équilibre avec l’Iran !



Par Hacen Ouali

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 22:04
TSA

L’Egypte exige des excuses et des compensations pour renvoyer son ambassadeur en Algérie

Si à Alger le ton officiel est à l’apaisement avec les Egyptiens, au Caire le discours est toujours aussi ferme à l’égard de l’Algérie. Lundi, Moufid Chehab, ministre d’Etat en charge des Affaires juridiques, a conditionné le retour de l’ambassadeur d’Egypte à Alger à des excuses et des compensations de la part des Algériens. « Nous ne renverrons pas l'ambassadeur d'Egypte en Algérie sauf après des excuses et des dédommagements pour les dégâts subis par les Egyptiens et les intérêts égyptiens », a-t-il déclaré à Alexandrie, cité par le journal égyptien Echourouk Al Djadid.

Cette déclaration intervient trois jours après l’annonce par Chakib Khelil depuis le Caire d’un projet de création d’une entreprise pétrolière commune entre Sonatrach et deux groupes égyptiens. Elle intervient également après la sortie il y a une semaine du ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, qui tendait la main aux Egyptiens dans un entretien accordé à Asharq al Awsat, un journal arabe paraissant à Londres.

Les exigences formulées par Moufid Chehab sonnent comme une nouvelle escalade dans les provocations égyptiennes. Tout le monde le sait : dans tous les pays, les entreprises sont assurées auprès de compagnies d’assurances. Souvent, les grandes entreprises, comme Orascom, sont couvertes contre tous types de risques, y compris politiques. Pourquoi alors le gouvernement égyptien continue-t-il de demander des dédommagements pour ses entreprises implantées en Algérie ? D’autant que les « dégâts » subis par les groupes égyptiens ne dépassent pas quelques millions de dollars. Une somme très faible pour expliquer à elle seule une telle mobilisation du Caire.

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 21:41
el watan 8 dec


Egypt appears to run on baksheesh and the protocol of the practice becomes evident quite quickly once in the country.

Elle exige de l’argent en contrepartie du retour de son ambassadeur : Le ridicule chantage de l’Egypte

L’Egypte a repoussé, hier, sèchement et de façon officielle la main amicale tendue la semaine dernière par l’Algérie l’invitant à tourner la page de l’agression caractérisée dont a fait l’objet, le 12 novembre dernier au Caire, l’EN de football à la veille d’un match contre son homologue égyptienne comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2010. Au lieu de faire profil bas, de s’empresser à présenter ses excuses à l’Algérie et de chercher à trouver les moyens de dépasser la crise née durant ces incidents au cours desquels également des dizaines de supporters algériens ont été passés à tabac, le gouvernement égyptien vient, au contraire, de jeter de l’huile sur le feu en posant des conditions au retour de son ambassadeur en Algérie.



Il a chargé son secrétaire d’Etat chargé des Affaires juridiques, Moufid Chehab, de faire parvenir aux Algériens son message. Un message qui s’assimile fort bien à une déclaration de guerre. Quoi qu’il en soit, il paraît clair que Le Caire a opté pour la stratégie du pourrissement et de la tension dans la gestion de ce dossier. Dans une déclaration accordée le même jour au journal égyptien Chorouq et reprise par l’AFP, ce responsable gouvernemental a précisé que « l’Egypte ne renverra pas son ambassadeur en Algérie s’il n’y a pas d’excuses ou de dédommagements pour les dégâts subis par les entreprises et le peuple égyptiens. » Les autorités algériennes qui, jusque-là, ont évité de parler de crise ou même de reconnaître l’existence de frictions avec « les frères égyptiens » doivent bien maintenant se rendre à l’évidence qu’avec cette attaque frontale et ce chantage ridicule, les relations algéro-égyptiennes vont au plus mal et qu’il convient, par conséquent, de tirer les conclusions qui s’imposent. Les Egyptiens, qui se présentent dans la peau de victimes, jouent désormais cartes sur table : Moubarak et son clan que les Américains ont, semble-t-il, lâchés au profit de son patron des services de renseignements veulent une confrontation directe et entraîner l’Algérie dans un bras de fer. Il n’est pas nécessaire de sortir d’une grande école de diplomatie pour saisir le sens de leur sortie. Il est bien difficile de percevoir la déclaration faite à la presse par Moufid Chehab autrement que comme un acte d’hostilité.

Un matraquage médiatique AU quotidien

Parallèlement au discours belliqueux tenu par les officiels égyptiens, les médias cairotes poursuivent avec un rare acharnement leur campagne anti-algérienne. Quotidiennement, les journaux et les télévisions inféodés au pouvoir autoritaire de Hosni Moubarak programment de longs articles et ainsi que des émissions spéciales pour dénigrer l’Algérie. Inutile de dire que les Algériens y sont traités de tous les noms d’oiseaux. Même au plus fort des tensions entre l’Algérie et le Maroc, le discours n’a, pour ainsi dire, jamais connu une telle bassesse ni n’a été aussi ordurier. Pis encore, le pouvoir de Moubarak, qui est un spécialiste des coups bas, a donné ordre dans la discrétion à ses chancelleries de relayer cette campagne de dénigrement à l’étranger et de salir l’image et la réputation de l’Algérie sur la scène internationale.

Hormis les quelques répliques timides, lancées au vol, par Mourad Medelci puis par Ahmed Ouyahia en guise de réponses aux insanités égyptiennes, il faut dire que le gouvernement algérien a préféré jusque-là jouer la carte de l’apaisement et ignorer les gesticulations de Moubarak et de ses sous-traitants politiques. C’est, du moins, l’explication donnée, jeudi dernier, en marge des travaux de la 13e tripartite, par le Premier ministre Ahmed Ouyahia pour justifier le flegme et le silence de la diplomatie algérienne. Mais la démarche choisie par les décideurs algériens pour gérer la crise algéro-égyptienne ne fait pas l’unanimité au sein de la large opinion qui se montre de plus en plus excédée par la « passivité » de la machine diplomatique algérienne face aux atteintes répétées aux symboles de l’Algérie.

Cela à commencer par l’agression de l’EN, l’attaque de l’ambassade d’Algérie au Caire et le lynchage de supporters. Plus, celle-ci voit dans les réponses molles données la semaine dernière à son homologue égyptien qui avait déjà exigé des excuses officielles et le dédommagement des entreprises égyptiennes établies en Algérie et touchées par des actes de vandalisme comme une incapacité chronique du pouvoir à assumer ses responsabilités. Certains Algériens parlent même d’humiliation. Difficile de dire à tout ce beau monde qu’il a tort surtout qu’il découvre dans les journaux que quelques heures avant le « rappel à l’ordre » égyptien, un ministre algérien, Chakib Khelil en l’occurrence, en visite officielle au Caire, a pris le carnet de chèques de la RADP, pour financer sur place un projet de plusieurs centaines millions de dollars que Moubarak et son clan exploiteront pour essayer de sauver leur tête. Et avec ça, il est à parier qu’il s’en trouvera des gens au pouvoir qui chercheront à transformer cet affront en victoire et à convaincre qu’il faut tendre l’autre joue.



Par Zine Cherfaoui

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 21:37

el watan 8 dec

Une campagne révélatrice d'un désarroi

Le déchaînement médiatique du Caire

Une campagne révélatrice d’un désarroi

Depuis la qualification de notre équipe nationale de football à la prochaine Coupe du monde 2010, l’arsenal médiatique égyptien s’est déchaîné contre notre pays, alignant tout au long d’une dizaine de jours, chaînes satellitaires privées et publiques, sites électroniques, radio et presse écrite.



L’objectif recherché semble bien précis : ternir l’image du football algérien dans le monde et nous empêcher de savourer pleinement cette joie indescriptible qui s’est emparée de notre peuple au-delà même de nos frontières nationales et qui, de mémoire, n’a d’égale que la célébration du recouvrement de l’Indépendance nationale le 5 juillet 1962. Tout est permis dans la mise en condition des foules pour gâcher cette liesse populaire : déni de notre histoire, mépris de notre identité, outrage à nos martyrs, dénigrement de nos symboles, montage d’images dévalorisantes, incitation au lynchage, et parfois au meurtre de nos compatriotes dans cette ancienne province ottomane. Des termes d’une rare vulgarité inspirés de l’anthropologie coloniale, des mensonges à la Goebbels révélateurs d’un niveau culturel lamentable, et des qualificatifs indécents ont été rabâchés nuit et jour pour crier vengeance contre l’Algérie accusée à tort d’avoir monté de toutes pièces le coup du bus au Caire, et malmené les supporters égyptiens à Khartoum. Décidément, c’est l’agresseur qui crie à l’agressé !

À travers le petit écran, une irruption de haine

Qui de nous n’a pas été choqué par ce déluge d’insultes déversées à travers le petit écran d’une dizaine de chaînes TV, par des femmes et des hommes dont des acteurs et des actrices de cinéma, de théâtre, des stars de la chanson, tous aimés du public algérien, des ministres en exercice, des députés, des journalistes, des avocats, des syndicalistes ... ? Qui de nous ne s’est pas posé la question sur le pourquoi de cette soudaine irruption de haine alors que rien dans notre passé commun, proche ou lointain, à y regarder de plus près, ne la justifie ? L’Algérie a-t-elle un jour nui à l’Egypte en dehors des différends d’ailleurs circonscrits au domaine politique qui naissent de l’impératif de soutien à la lutte du peuple palestinien frère chaque fois que celui-ci se déclare lésé par la position du Caire dans le conflit israélo-arabe ? C’était vrai même du vivant du président Nasser. Boumédiène l’a bien rappelé quelques mois seulement avant sa mort au congrès de l’UGTA : « Nous avons dit au président Sadate, en toute fraternité, que lorsqu’il ne sera pas d’accord avec les Palestiniens, nous nous opposerons à lui, et c’est ce qui est arrivé effectivement ». Allusion à la création du Front de la fermeté et de la résistance à la fin de 1977 (Algérie, Syrie, Libye, Yémen du Sud et l’OLP) pour regrouper les forces hostiles aux accords de paix égypto-israéliens dits accords de Camp-David. Les Algériens ont-ils failli à leur devoir de solidarité dans les deux guerres israélo-arabes de 1967 et 1973 ? Le sang de leurs moujahidine fraîchement descendus des maquis, a-t-il séché si vite sur la rive de Suez ?

Jamais notre presse nationale ne s’est permis de porter atteinte au peuple égyptien qui nous a soutenus au même titre que beaucoup d’autres frères et amis durant notre guerre de Libération nationale. Bien au contraire, Alger a accueilli avec tous les honneurs, le général Saad-Eddine Chadli, chef d’état-major des forces armées égyptiennes, héros de la traversée du canal de Suez en octobre 1973, destitué par Sadate pour avoir contesté la gestion politique des acquis militaires de cette guerre .Il y passa des années en tant que réfugié politique jusqu’au jour où il décida, de son propre gré, de regagner son pays. Si cette campagne de presse hystérique avait ciblé uniquement les dirigeants politiques, on l’aurait peut-être expliqué par un règlement de comptes ou une lutte d’influence, dont on ignore les tenants et les aboutissants entre les deux capitales, à la faveur d’une compétition sportive. Mais qu’elle se focalise sur le peuple, il y a là, à l’évidence, un enjeu qui dépasse le simple stade d’échauffourées entre des supporters.

Qui donc a intérêt à cette vague d’hostilité pathologique parce qu’inspirant un discours irrationnel et non structuré ? A première vue, trois parties en tirent profit : D’abord, le régime égyptien vieillissant qui cherche une échappatoire à ses difficultés internes croissantes, en transformant l’élimination de son équipe de la Coupe du monde en une affaire de dignité nationale : le Haut-Conseil de la Sécurité nationale est réuni par le chef de l’Etat, des menaces sont brandies contre le Soudan accusé de laxisme, l’ambassadeur accrédité à Alger est rappelé officiellement pour « consultation », Alaa Moubarek appelle « à frapper l’Algérie à la tête », un terrorisme intellectuel et psychologique étouffe les voix de ceux qui, dans l’élite égyptienne, peinent à se faire entendre pour exprimer leur refus de voir leur pays s’enfoncer dans le ridicule, ou d’être entraîné dans des combats marginaux.

Par manque d’habileté politique qui frise la maladresse d’un néophyte, le régime a entièrement misé sur la qualification sûre et certaine de son équipe nationale au prochain Mondial pour ouvrir la voie à la transmission du pouvoir du père au fils en 2011. Projet fortement contesté dès sa naissance par des segments de l’opinion publique et par l’opposition qui anime depuis le 14 octobre dernier une campagne contre « le retour au pouvoir héréditaire ». Ensuite, le courant néo-isolationniste qui juge l’intérêt de l’Egypte dans le renoncement volontaire à sa mission historique de panarabisme, sous prétexte que le concept de la « Oumma » fait désormais partie des séquelles du passé. Celle rejetée notamment par les Nassériens mais appréciée à Tel-Aviv, occupe des positions influentes dans le « secrétariat des politiques », structure que préside le fils du président Moubarak au sein du parti au pouvoir.

L’isolement du peuple égyptien

Il est en outre, en relation avec le courant isolationniste traditionnel protégé par l’église et bien introduit dans certaines capitales occidentales et notamment à Washington. A noter que ce courant actif depuis plus de cent ans ne retient de l’histoire de l’Egypte que les trois siècles de la domination hellénique à l’ère des Ptolémées. Enfin, cette lutte disproportionnée entre le courant isolationniste et le courant panarabe, en raison d’un rapport de forces défavorable à l’opposition, se traduit sur le plan interne par un repli identitaire, et à l’extérieur par la réduction de la capacité d’agir de l’Egypte dans le règlement des crises intra ou interétatiques dans son voisinage. Ce qui facilite l’exécution des plans de Tel-Aviv axés sur la judaïsation de la Palestine, la reconfiguration d’un nouveau Moyen-Orient sur des bases ethnico-confessionnelles et la neutralisation du potentiel nucléaire iranien. Force est de reconnaître ici que les accords de Camp David ont réussi dans une première étape à isoler l’Etat égyptien, en tant qu’entité, de son environnement naturel, puisqu’il s’est désengagé de la cause palestinienne en négociant séparément avec Israël.

A l’heure actuelle, l’entame de la deuxième étape dont la finalité sera l’isolement du peuple égyptien lui-même, est en cours. Ainsi, l’Egypte, jadis cœur palpitant de l’arabisme, aujourd’hui inoffensif et vassalisé, deviendra l’Etat-tampon séparant les uns des autres, et veillant à la balkanisation du monde arabe. La preuve en est que sa campagne de presse ouvertement inspirée et orientée, a ciblé au départ pêle- mêle tous les Arabes en réitérant la question : pourquoi n’aiment-ils pas les Egyptiens ? le Soudan compris. Pourtant, ce n’est pas l’Algérie qui a choisi pour le match d’appui Khartoum que chacun se doit de féliciter pour la qualité de l’accueil et du déroulement de la manifestation sportive. C’est bien l’Egypte. Et au Caire. Ce n’est que 48 heures plus tard que cette offensive médiatique a été recentrée sur notre pays. Qui d’entre nous n’aurait pas souhaité voir les manifestants qui se sont regroupés devant l’ambassade d’Algérie au Caire, dirigés contre l’ambassade d’Israël au moment où l’artillerie et l’aviation sionistes pilonnaient Ghaza, achevant à coups de bombes phosphoriques d’usage international interdit, la population palestinienne sans distinction d’âge et de sexe après l’avoir affamé par un blocus hermétique que « le grand voisin » a, au plus, observé passivement ?

Gamel Abdel Nasser se serait retourné dans sa tombe

Qui d’entre nous n’aurait pas souhaité voir à la place du drapeau algérien le drapeau israélien brûlé, au moment où l’ennemi sioniste lançait ses forces aériennes, terrestres et navales contre le Liban en juillet 2006, perpétrant durant 33 jours les crimes les plus atroces contre son peuple et sa résistance armée héroïque ? Nous aurions tant souhaité voir toute cette cohorte d’intellectuels, d’artistes, de journalistes, d’avocats observer, face aux pyramides d’El-Guiza, comme ils l’ont fait contre l’Algérie, un sit-in en guise de solidarité avec le peuple palestinien meurtri, la résistance libanaise menacée, et contre la judaisation de la ville d’El-Qods et l’occupation militaire américaine de l’Irak ! Nous aurions souhaité les voir se rappeler à l’occasion de la visite du chef de l’Etat sioniste au Caire que c’est Israël, et non l’Algérie, qui a fait couler le sang de milliers d’Egyptiens dans quatre guerres en trente ans (1948, 56, 67 et 1973). Nous aurions souhaité qu’ils établissent le lien entre le timing choisi pour cette visite et le déchaînement de leur presse contre l’Algérie au moment même où 23 personnes sont jugées devant la Cour de sûreté de l’Etat pour avoir été en relation avec le Hezbollah libanais dans une opération de soutien logistique aux héros de Ghaza pendant la dernière agression sioniste. Quelle honte de plus ne ferait-elle pas se retourner Nasser dans sa tombe !

Une chose est désormais sûre : le 18 novembre 2009 restera dans notre mémoire collective, autant un souvenir de joie et de bonheur, autant une date triste dans les relations bilatérales. Oui, aussi surprenant que cela puisse paraître, le mal est dans les esprits. Et dire que c’est le ballon rond qui en est l’origine ! Cela me rappelle les propos du général de Gaulle au Conseil des ministres exceptionnel convoqué le jour-même du putsch des généraux d’Alger le 22 avril 1961 : « Ce qui est grave en cette affaire, messieurs, c’est qu’elle n’est pas sérieuse ». Certes, des insuffisances ont été constatées de notre côté dans la gestion des retombées de cette crise : la publication sans vérification suffisante de certaines informations sensibles dans une atmosphère de grande effervescence, et surtout l’absence de mesures sécuritaires préventives pour protéger les intérêts égyptiens en Algérie. Le ministère de Intérieur et des Collectivités locales aurait dû prendre des mesures immédiatement après la diffusion de l’information sur les jets de pierres contre le bus transportant l’équipe nationale, et l’apparition sur le petit écran de trois joueurs blessés. Mais tout le monde a remarqué que les Algériens n’ont fait que réagir à cet affront qui a été suivi par le lynchage de nos supporters à la fin du match, riposte attisée par la partie égyptienne qui — dans une vaine tentative d’auto-défense, et au lieu de calmer les esprits et d’arrêter les assaillants — a osé crier haut et fort en accusant les joueurs de s’être autoflagellés et d’avoir endommagé le bus pour disqualifier les pharaons.

Simplement de la frustration et de la colère

Toujours est-il que dans quelques semaines peut- être, la tension baissera, les esprits se seront apaisés, et les diplomates s’attelleront à explorer les voies de dépassement de cette épreuve pour que les choses reprennent leur cours normal entre les deux pays. Mais il restera dans les mémoires des traces de cette animosité semée par un agrégat d’individus dont les noms doivent être ajoutés à la liste des étrangers indésirables en Algérie. Ceci est d’autant plus impératif qu’i1s ne représentent nullement le peuple égyptien connu pour sa sagesse et ses qualités de cœur. Ils finiront par se rendre compte à quel point ils se sont discrédités eux-mêmes et porté tort à leur pays en sombrant dans l’insulte et la calomnie.

Les Algériens, en hommes civilisés, éduqués aux vertus de la clémence, de la générosité et au pardon, peuvent oublier les insanités proférées contre eux des jours durant, en les mettant sur le compte de la frustration et de la colère qu’elles font naturellement naître chez le perdant. Mais il leur sera humainement très difficile, voire impossible, d’oublier ou de pardonner l’outrage nommément fait à nos vaillants martyrs. Ceux-là mêmes qui ont écrit par leur sang la page la plus glorieuse de l’histoire arabe contemporaine et démantelé les dernières bases du colonialisme en Afrique ! Tous les peuples libérés leur doivent respect et gratitude. Les Verts ont gagné. C’est l’essentiel. Ils se préparent maintenant avec le même enthousiasme et la même détermination à participer aux prochaines compétitions des deux Coupes — d’Afrique et du Mondial. Un vibrant hommage doit leur être rendu pour avoir fait preuve d’une discipline exemplaire, et administré sur le terrain à l’équipe adverse une leçon de fair-play de haut niveau. Par ce comportement digne des grandes équipes de football et en refusant de céder à des provocations diaboliques, notre équipe nationale a mérité à juste titre, de l’avis unanime d’observateurs étrangers objectifs, l’exclusivité de la représentation du monde arabe au grand événement sportif de l’Afrique du Sud. Hommage également au staff technique et à tous ceux qui ont pu, dans un délai record, créer les conditions techniques de l’exploit de Khartoum.

On ne les remerciera tous jamais assez d’avoir été les artisans de cette explosion de joie populaire mémorable. Nous avons tous vécu, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, des moments d’allégresse inoubliables que l’on croyait irréalisables ou relever d’un passé nostalgique il y a seulement quelques semaines au vu d’une jeunesse révoltée et d’une société en perte de repères. Chacun, drapé des couleurs vert, rouge, blanc, s’identifiant viscéralement à la patrie. Chacun ressentant au plus profond de lui- même la fierté d’être Algérien et l’envie de contribuer à la grandeur de son pays. L’Algérie ancestrale, fière et orgueilleuse, belle et rebelle, est remontée à la surface pour nous redonner confiance en nous-mêmes et nous ressouder dans un même élan de communion, sous le même emblème et avec le même mot d’ordre : « One, two, three, viva l’Algérie ! » Un mot d’ordre éveilleur d’une jeunesse en quête de motivations pour espérer des défis à relever et non d’amarres pour les avis de tempête.

- Les intertitres sont de la rédaction

L’auteur est Ex-ambassadeur, ancien candidat à l’élection présidentielle 2009



Par Mohamed Saïd

 

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