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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 20:03






al khabar 16-12-09

L’Egypte cherche un dupe et un bouc émissaire

Par H. Slimane/ traduit par S. Ahmed Ouamer

Les médias égyptiens ont couvert la visite du ministre des Affaires étrangères égyptien, Abou El Gheit, aux quatre pays du Golf, notamment, les Emirats arabes unis, le Koweït, le sultanat d’Oman et le Royaume de Bahreïn, avec à l’ordre du jour, la crise entre l’Algérie et l’Egypte. L’émissaire du Hosni Moubarak a exposé l’image de la situation actuelle entre l’Algérie et l’Egypte qu’il a présentée à l’opinion publique du Golf, qui semble intéressée par la question. Les mêmes sources ont indiqué qu’Abou El Gheit a veillé à résumer la situation en expliquant ce qui s’est passé et affirmer la nécessité de parvenir, le plus tôt possible à un règlement de la crise. Il a affirmé que l’Egypte est ferme quant à la question de l’indemnisation des compagnies égyptiennes et qu’elle ne s’attardera  pas sur ce dossier.
Comme d’habitude et à l’image des égyptiens  chantres de la mégalomanie, les médias égyptiens ont tenté de ridiculiser plus qu’un pays arabe qu’ils ont accusé de n’avoir rien compris à ce qui s’est passé le 14 novembre au Caire et le 18 novembre à Khartoum. Ils ont estimé qu’il aurait fallu qu’Abou El Gheit arrive pour  le leur expliquer. On se demande, ici, si la FIFA aurait attendu la venue de Samir Zaher pour lui expliquer ce qui s’est réellement passé avec le bus qui transportait les joueurs et staff technique de l’équipe nationale algérienne pour le briefer sur les tenants et aboutissants, c'est-à-dire ce que les verts ont  vraiment enduré et subi !!!
On se demande si ce dernier n’a, ne serait-ce qu’un « grain » de doute, que tous les pays arabes, y compris la Somalie qui ne possède même pas d’institutions stables, est informée de tous les détails et données de ce que les égyptiens ont fait subir aux algériens et que ces pays disposent des moindres détails, en image et en son, qu’ils ont recueillis de sources fiables et non alignés, pour la simple raison que nous vivons dans un monde de globalisation et de ciel ouvert. Si les ambassades égyptiennes sont toujours endormies, les autres ambassades du monde ont été au rendez-vous et ont enregistré les moindres détails de ce qui s’est passé au Caire et à Khartoum et partout d’ailleurs…
Cela nous permet de dire qu’Abou El Gheit, qui s’est plaint aux arabes du préjudice que les algériens ont fait subir à la dignité des égyptiens, veut par sa traversée du désert « blanchir » l’image du gouvernement du Caire, dont le cœur noir plein de rancune envers l’Algérie, son gouvernement et son peuple, s’est révélé au vu et au su de tout le monde. Ce dernier a déclenché un tapage médiatique, par ses chaines satellitaires, de plus de 80 heures, dans lesquelles, il a insulté la civilisation et les fondements et symboles de tout un peuple, juste pour une défaite au cours d’un match de football.
L’Egypte après les atrocités qu’elle a commises, se cherche une issue et un « dupe » pour la croire. Elle cherche également un bouc émissaire à l’intérieur qu’elle accusera de tout ce qu’elle a commis. Y a-t-il plus scandaleux que ça ?

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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 00:10

Jijel.info

 

Les Algériens sont unanimes à dire non au maintien de toute relation avec l’Egypte. C’est ce que confirment, au moins, les visiteurs d’Echoroukonline qui n’injectent pas moins de 100 commentaires par article quotidiennement.

 

En tout cas, la controverse née des graves événements entre l’Egypte et l’Algérie n’a pas laissé indifférents les lecteurs de notre version électronique. Touchés dans leur honneur qui relève de la dignité des martyrs et du respect des symboles de leur nation, les Algériens ne veulent plus entendre parler d’une relation d’amitié ou de fraternité avec des gens qui ont insulté leurs martyrs...

Par Halima Nine





Pour quelle raison vous ne répondez pas contre les insultes de chouhada : Benmhidi, Amirouche, Zighout ...etc. (la liste est longue, 1 million et demi) », dit un commentaire.

L’accord qu’a signé l’Algérie pour créer une société algéro-égyptienne a jeté l'huile sur le feu et a suscité une levée de boucliers chez la population qui n’a pas pardonné cette « trahison ».
« Il s'agit d'un acte impardonnable de la part de notre gouvernement qui semble avoir acheté le silence égyptien par des contrats et de l'argent de nos martyrs souillés par des énergumènes poltrons égyptiens qui n'ont jamais rien gagné depuis que leur pays a vu le jour sur cette terre », a regretté un commentateur qui se donne le nom de Tayeb Abdellali.
Les lecteurs d’Echoroukonline ont jeté feu et flamme contre cette décision, en la considérant comme une atteinte aux sentiments du peuple algérien. « Ces insultes à travers ce contrat son plus blessantes et plus profondes que celles des égyptiens pour le peuple algérien .Mais l'histoire et le peuple ont tranché et reconnaitront les leurs », estime Mastapha qui se presente sous le pseudo de « Martyr ».
La déclaration du président du Sénat Bensalah, qui s’est prononcé pour la première fois depuis les événements du Caire, est allée avec la réaction des Algériens contre les actes malveillants des Egyptiens étant unanimes à rejeter tout ce qui peut porter atteinte à leur histoire et dignité en tant que citoyens algériens.   
« Entre voisin on peut y penser mais quand il s’agit de l’Algérie,l’enjeu est très grand et très important. Brûler le drapeau, traiter les Algériens comme des terroristes…Qu’est que vous attendez de ces vanu-pieds, qu’on se plie en courbette devant eux ? », S’interroge Kamilou de France.
Les Algériens s’attendent toujours à une réaction concrète du gouvernement afin de laver l’affront subi par un grand pays comme l’Algérie. A cet égard, un Algérien s’adresse à Bensaleh : « Monsieur le président, nous espérons qu’avec l’aide de nos députés, les représentants du peuple Algérien, vous prendrez les décisions qui s’imposent Nous ne le pardonnerons jamais. Promesse à nos chouhadas ».
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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 00:04





Ay acerreqraq
(le rollier)


ay acerreqraq, illi-k d aṛemmaq
nfiγ d aweqwaq, ayn ilaqen ilaq
a timnufaq , fihel ma nenṭaq
ttamurt i nctaq, wi'iran icewwaq
ay acerreqraq, inig yettelsaq
si zik nettnafaq, azinez ulilaq
kečč ay aṛemmaq, yessidiren inaqq
akud-a d aṛqaq, amdan d aḥemaq
ay acerreqraq, ay agḍiḍ ujjaq
qḍan-as-d essdaq, qṛib ad as neṛcaq


Ukerdis

Rollier d'Europe
 
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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 23:42




ay abuεammaṛ

ay abuεammaṛ, kečč ur d-eqqaṛ
acuγeṛ i nezgger lebḥaṛ
ay abuneqqar, d-yemγin deg uzaγar
tamurt m-meden tewεaṛ
ur-s qqaṛ a lğuhaṛ, nelha d umenḍaṛ
yezri usekkud iss nẓaṛ
ay ahaqaṛ, amγaṛ ur yettṛebi amγaṛ
asγaṛ ur ineğğeṛ asγaṛ
ay ajebaṛ, ur ḥeddaṛ i wxessaṛ
a win i issuddumen anẓaṛ
a εemmi fuṛaṛ, tagrest-ik tewεaṛ
deg ugafa yezga sseṛsaṛ
ay aggur imdewaṛ, ata ul yejjunjaṛ
yuli-d γef udm iw leγyaṛ
ay abuεammaṛ, abrid-a naḥcaṛ
tamurt iw terγa ar amnaṛ
ay adrar n lḥaṛ, seg i d-nuγ aẓaṛ
aqli amm iččan ḥenneğγaṛ
ay abuneqqaṛ, kečč ur d-eqqaṛ
ur nezmir a-d nerr ttaṛ
Ukerdis

ahaqaṛ : corbeau en riffain
ḥenneğγaṛ : poison

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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 23:08










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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 22:42
el watan 12 -12- 2009

Premier festival national du théâtre Amazigh : De nouveaux horizons pour le quatrième art
Premier festival national du théâtre Amazigh : De nouveaux horizons pour le quatrième art

Ça y est, le théâtre amazigh a désormais son festival et c’est la capitale des Aurès, Batna, qui a été choisie pour abriter le nouveau rendez-vous national du quatrième art.



Le Théâtre régional de Batna (TRB) a vibré, jeudi soir, aux acclamations nourries, célébrant le nouveau-né et une certaine fierté glorieuse de cet exploit culturel de la langue et la culture berbères. L’ouverture officielle simple et sans démagogie a été garnie de moments sympathiques et non des moindres, grâce au quatuor de musique de chambre emprunté à l’école régionale de musique. Saïd Hilmi, auquel le festival a rendu hommage, a monopolisé, au grand bonheur du public, venu nombreux, les tréteaux au moment de sa consécration. Jovial et enthousiaste, l’enfant d’Azeffoun a fait plaisir avec son numéro d’improvisation, écorchant au passage la culture égyptienne des « moussalssalate », intruses chez nous, témoignant son grand amour au public et glorifiant les comédiens algériens, Antar Yahia et l’Algérie amazighe. « Nous voulons nous exprimer en kabyle, en chaoui, en staïfi, mais pas en égyptien, alors Antar, encore un but ! », ironisera-t-il. Devant un parterre gorgé de personnalités théâtrales dont Sonia, Fouzia Aït Lhadj et Brahim Noual ainsi que des directeurs de théâtres, Mohammed Yahiaoui, commissaire du festival et directeur du TRB, a souligné, dans son discours d’inauguration, les espoirs placés dans cet événement unique qui se fixe comme principaux objectifs de sensibiliser le public au théâtre amazigh, assurer la promotion et la valorisation du théâtre de création et la langue amazighe et de ses auteurs, mais aussi dynamiser son développement et sa diffusion.

Durant huit jours, le festival verra défiler de nombreuses troupes venues des quatre coins de l’Algérie. En effet, quinze troupes professionnelles mais aussi amatrices, venues de Béjaïa, Biskra, Boumerdès, Ghardaïa, Oran, Tamanrasset, Tizi Ouzou, et, bien entendu, de Batna, ont été sélectionnées. Un planning chargé pour les amateurs des planches, puisque il est prévu la programmation de pas moins de trois pièces par jour, deux à la Maison de la culture et une au théâtre, chaque soir. Kateb Yacine reposera enfin en paix dans sa tombe. Le festival est organisé sous forme de concours, vu qu’un jury veillera à évaluer les pièces et choisir la meilleure dans différentes catégories. Les organisateurs ont choisi aussi de faire profiter les communes de Aïn Touta, Arris, El Maâdher, Merouana et Seriana, où domine la langue amazighe, en y programmant un certain nombre de pièces. Un cycle de conférences sur la scénographie, l’art et la théorie dramatique devra également accompagner le programme du festival qui s’étalera du 10 au 18 décembre. Le festival a aussi rendu hommage à l’auteur Selim Souhali et surtout, il devra ouvrir la voie à de nouveaux talents et dégager de nouveaux horizons pour le 4e art en Algérie.



Par Nouri Nesrouche

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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 22:38
El Watan 12 décembre 09

Crise Alger - Le Caire

Assumer la rupture idéologique pour restaurer nos libertés !

« Il faut, pour qu’un Etat soit puissant ou que le peuple ait une liberté fondée sur les lois que l’autorité souveraine soit affermie sans contradiction. » Voltaire



One two three, viva l’Algérie ! Maâk yal Khadhra ! Oulach smah oulach ! ». Le temps d’une confrontation sportive, ce slogan repris à l’unisson par des millions de poitrines, a révélé le pays réel, que des décennies de matraquage idéologique, de répression politique et de régression sociale n’ont pas réussi à détruire. Par un exceptionnel clin d’œil aux premières semaines de l’indépendance, la liesse populaire a libéré les aspirations refoulées, réhabilitant des valeurs que l’on croyait à jamais perdues. Dans la chaleur d’une rare convivialité, l’emblème national, faire-valoir d’un régime impopulaire et décrié, est revendiqué comme un étendard de lutte et d’espoir et un symbole de la liberté retrouvée. Au-delà de la victoire contre l’Egypte, ce sursaut patriotique a signé l’échec des réducteurs de têtes chargés de formater à leur image une société uniforme. Menée au nom de l’Islam et de la langue arabe par les franges les plus timorées du mouvement national, la guerre idéologique ciblera, dès l’indépendance, les partisans d’une société plurielle coupables de « déviationnisme ». Malgré un palmarès des plus héroïques, d’authentiques résistants sont frappés d’illégitimité originelle. Embusqués derrière des « constantes » fascisantes, les planqués du Caire, de Damas ou de Baghdad prennent le contrôle du pays et occupent les devants de la scène. Près d’un demi-siècle après l’Indépendance, l’équipe nationale remet la balle au centre. Après une glorieuse prestation sur un terrain de football, ce concentré d’une identité décomplexée qui revendique l’arabe, le berbère et le français, et chante Zehouania, Matoub Lounès ou Diam’s a isolé, dans la rue, les mercenaires de « l’anti-Algérie » autoproclamés gardiens exclusifs du temple national et de ses intérêts supérieurs. La victoire contre un pays présumé « frère » a dévoilé les mystifications d’une idéologie intolérante et négationniste, qui célèbre les étrangers, fussent-ils nos ennemis, et occulte les femmes et les hommes qui ont porté haut les couleurs du pays. Nous connaissons le moindre détail des bandelettes de Ramsès II au détour d’un livre d’histoire frelatée ; nous ignorons tout de Sheshnaq 1er, l’Aguellid berbère qui, 2959 ans avant Antar Yahia, donnait une mémorable leçon aux pharaons d’Egypte avant de s’installer sur leur trône. On célèbre la régence turque et les frères Barberousse, et on tire quelque fierté des actes de piraterie qui alimentaient le trésor du Sultan de Constantinople ; on occulte les rois de Koukou qui les avaient combattus au nom de la patrie humiliée. Ahmed Nat Lqadi, fondateur en 1514 de cette dynastie autochtone qui s’étendait, dans les périodes fastes, de Jijel à Cherchell, tirait pourtant sa légitimité d’un acte fondateur patriotique : la résistance à l’agression espagnole, en 1510, contre Béjaïa, lorsque les Hafsides qui administraient la ville désertèrent le champ de bataille pour se replier sur la Cour de Tunis.

Jeunes gauchistes, vieux réacs !

Après l’invasion des troupes françaises en 1830, le Dey Hussein signait la capitulation sans livrer bataille, abandonnant le pays aux « croisés » avec la lâche complicité de la Sublime Porte. Aujourd’hui, des rues, des quartiers, des édifices publics et des établissements scolaires ont immortalisé l’épopée des janissaires ; le mausolée du dernier roi de Koukou, à Tidjelabine dans la wilaya de Boumerdès, est tombé en ruine lors du séisme de mai 2003, dans l’indifférence coupable des autorités en charge de la protection des monuments historiques. Cette fascination pour l’étranger, à l’ombre duquel on espère une image valorisante, s’est imposée comme une redoutable constante. Même reniée par son encombrant tuteur oriental, l’Algérie officielle tétanisée, orpheline, peine à s’adapter à cette autonomie de fait accompli. Que peut-on attendre encore d’un régime qui a marginalisé Kateb Yacine, persécuté Mouloud Mammeri, renvoyé Mustapha Lacheraf, et exilé Moufdi Zakaria, pour dresser un piédestal à d’anciens contrôleurs de la pensée unique élevés au rang de monuments de la littérature ? Cryptocommunistes nourris au « socialisme spécifique » avant de se convertir à l’islamisme de bazar, ces écrivains publics de quartier n’hésitaient pas à profaner la tombe d’écrivains francophones talentueux, et à les bannir de la communauté nationale pour délit linguistique. Au crépuscule de leur vie, ils finissent dans la trahison de leur francophobie militante, en confiant leurs organes mal en point à des hôpitaux parisiens ! C’est la trajectoire classique des apparatchiks sans convictions ; jouant aux jeunes gauchistes dans les révolutions usurpées, ils finissent, à l’heure de l’« Infitah, par dévoiler leur nature de vieux réacs pour quémander un tabouret à la table des maîtres. Combien de gardes rouges sont passés sans mauvaise conscience de l’état de groupies de Staline à celui de fans de Ben Laden ?

Identité plurielle

Après des décennies d’égarement et de bricolage, l’heure est aux bilans sans complaisance. A défaut d’intégrer tous ses enfants, dans la richesse de leurs différences, l’Algérie risque de poursuivre sa course folle dans la déchéance, l’auto-flagellation, le mépris de soi et la haine des autres, avant d’imploser dans un irréversible syndrome balkanique. Il est encore temps de rectifier la trajectoire pour éviter la fatalité du pire. En faisant le pari de l’intelligence, du courage et de la raison, le pays pourra se relever dans le respect de toutes les composantes de son identité plurielle. Avec ses femmes enfin libérées et ses hommes moins misogynes. Ses Arabes ayant fait le deuil de l’Andalousie perdue et recentrés sur l’Algérie, et ses Berbères non « arabisés par l’Islam », mais acceptés dans le présent et tournés vers l’avenir. Ses musulmans tolérants, ses chrétiens paisibles et ses laïques libertaires. Ses francophones moins complexés et ses arabisants moins sectaires. Ses gauchistes utopiques et ses libéraux solidaires. Tous réunis par cet ardent désir de vivre en citoyens libres, dans un pays enfin libéré de l’autoritarisme, de l’intolérance et de l’exclusion. Dans un monde en profonde mutation, le temps est venu de répudier cette fraternité de maquignons qui a réduit le pays au statut de succursale d’une nation fantaisiste. A l’heure du conflit d’intérêts, « famille révolutionnaire » à gages et taupes d’une cinquième colonne orientale, toujours si prompts à dégainer la fatwa contre des moulins à vent, ou à convoquer le peloton d’exécution contre un lycéen de Bab El Oued pour un dessin maladroit, sont devenus brusquement aphones. L’embuscade du Caire contre les Algériens et l’outrage perpétré contre l’emblème national, brûlé devant une ambassade assiégée, relèvent sans doute d’un « détail » qu’il faut occulter, pour préserver la tutelle du Grand « frère », auquel nous devons, ad vitam aeternam, allégeance, respect et considération. Et lorsqu’ils brisent le silence, c’est pour briguer la palme du grotesque. Comme l’inénarrable Othmane Saâdi qui accuse les « francophones d’Alger et les sionistes du Caire » d’être les ordonnateurs du flot de vomissures déversées contre la Révolution et ses martyrs.

Pitoyable surenchère

Les masques sont tombés ! Les éructations de combattants d’arrière-garde qui rêvent encore d’ériger la « Nation arabe » sur les décombres de la patrie algérienne, en enjambant le corps de ses martyrs, et en s’essuyant les babouches sur son drapeau, doivent être dénoncées comme une impardonnable trahison. Traînant le complexe traditionnel de l’enseigne « arabe » franchisée, les autorités algériennes hésitent encore à opposer une riposte ferme à la maison-mère qui nous a pourtant retiré son label dévalué. A force de prêcher une normalisation « fraternelle » à sens unique, cette diplomatie de la guimauve et du loukoum risque de sombrer dans le renoncement, la servilité et la soumission. Méfions-nous toutefois des diversions de sérail et des raccourcis mystificateurs, qu’une presse populiste puise dans les décharges de l’intolérance, du racisme et de la haine. Patriotisme de superette en bandoulière, les va-t-en guerre d’une confrontation médiatique sans éthique, alimentent une pitoyable surenchère pour doper les chiffres de leur tirage, l’œil rivé sur le tiroir-caisse. Lorsque sonnera l’heure de l’armistice, ces courtisanes éconduites seront au premier rang des pom-pom girls qui chanteront la rengaine de la réconciliation entre « frères d’un même peuple, une seule langue, une seule religion », pour nous sommer de continuer à tourner en rond. En dépit de la conjoncture, l’Egypte reste un grand pays, les Egyptiens un grand peuple. Mais un pays et un peuple étrangers, avec lesquels l’Algérie devrait traiter, d’abord et avant tout, selon ses propres intérêts. Pas plus qu’ils n’ont jamais été des « frères » de cette fraternité hypocrite, vénéneuse, démagogique dont les despotes orientaux ont le secret, les Egyptiens ne sauraient devenir des ennemis intimes, malgré les outrances du régime du Caire, de ses plumitifs, de ses supplétifs, de ses aboyeurs et de ses clientèles. Si l’Etat algérien a l’impérieux devoir d’assurer la sécurité de nos compatriotes, pourchassés sur les berges du Nil et réduits à vivre dans la clandestinité, et au besoin de les rapatrier, les ressortissants égyptiens, comme tous les étrangers qui résident et travaillent sur le sol national, doivent être respectés et protégés.

Pour un contrat de cohabitation

Avec ses prolongements inattendus sur la scène politique, la crise en cours nous invite à une introspection salutaire. Rappelons avec force que notre soutien aux Palestiniens n’est pas dicté par une posture sentimentale au nom d’une communauté linguistique ou religieuse, pour des « frères, oppresseurs ou opprimés ». Ce soutien s’impose par la solidarité humaniste, qu’un peuple qui s’est libéré dans les larmes et le sang, se doit d’apporter à un autre peuple chassé de sa terre, spolié de ses droits, avec la lâche complicité de la communauté internationale. Dans l’Algérie convalescente qui peine à sortir du terrorisme et de la violence, la réconciliation nationale en gestation ne saurait se réduire à la promotion sociale de criminels sanguinaires, au silence imposé à leurs victimes et aux slogans indécents que des thuriféraires professionnels ânonnent à la gloire du régime et de son Président en exercice. Elle passe par la réhabilitation des réalités historiques, identitaires, culturelles et cultuelles nécessairement plurielles, prélude à la négociation d’un contrat de cohabitation qui en garantirait l’expression pacifique. Première étape vers une société enfin apaisée, l’état d’urgence doit être levé. Décrété en février 1992 pour combattre la terreur intégriste, il sert aujourd’hui de paravent aux pratiques autoritaires, à la violation des libertés, à l’arbitraire policier et à la soumission de la justice. Alors que des millions d’Algériens ont défilé spontanément dans tout le pays, sans incident majeur, le ministère de l’Intérieur continue de prohiber les manifestations pacifiques, n’accordant ses dérogations qu’aux clientèles du régime recrutées parfois dans les milieux les plus glauques. Malgré des salves conjoncturelles contre la « matrice idéologique du terrorisme » dans le discours d’officiels autorisés, l’intégrisme continue de rythmer le fonctionnement des institutions. C’est le ministère de l’Enseignement supérieur qui mène la croisade contre les derniers carrés de mixité dans les campus ; ce sont les forces de « l’Ordre » qui pourchassent les « dé-jeûneurs » de Ramadhan, persécutent les « pratiquants de culte non musulman sans autorisation », traquent la tendresse sans licence, et tabassent des jeunes filles coupables de fumer en public. Leur réquisitoire est imparable. C’est pour éviter, semble-t-il, à tous ces délinquants provocateurs d’être lynchés par des « conservateurs, jaloux de nos traditions », que les Bassiji en uniforme d’une République qui n’est pas officiellement islamique se chargent eux-mêmes de l’ignoble besogne.

Vers un état de droit

Pour consolider une paix factice dans la régression sociale, cette normalisation autoritaire avance comme un rouleau compresseur. Même les Verts, fraîchement auréolés de gloire, n’ont pas été épargnés par le contrôle bigot du politiquement correct. Sans doute trop adulés par les foules, les héros du Caire et de Khartoum ont été punis, dès leur descente d’avion, pour cet impardonnable blasphème. En les attendant au pied de la passerelle avec des bouquets de roses rouges, Abdelaziz Belkhadem officialisait dans un pathétique baiser de Judas l’illégitimité des milliers de jeunes filles qui avaient bravé le conservatisme et l’exclusion pour imposer une conviviale mixité dans l’espace public. Malgré tous ces guets-apens dressés sur les chemins de la liberté, il est encore permis d’espérer. La ferveur qui entoure l’équipe nationale pour l’accompagner jusqu’à Johannesburg, ne doit pas être détournée à la gloire du régime par de subtiles manipulations de l’ombre. Depuis octobre 1988, jamais conjoncture n’a été aussi favorable pour (re)mettre le pays sur les rails de la démocratie. La transition d’un système autoritaire et clanique vers un Etat de droit passe par la restauration des libertés — toutes les libertés individuelles et collectives —, l’abrogation des lois d’exception et le retour au droit commun. C’est la seule voie qui permettra à la confrontation pacifique de s’imposer comme une alternative crédible à la violence endémique, aux putschs à répétition, aux urnes à double fond, et à l’ émeute légitimée comme ultime moyen de contestation.



Par Arezki Aït Larbi

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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 19:32
ref : http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/le-monde-s-est-il-cree-tout-seul-39843



Ilya Prigogine (physicien et chimiste)


Pour Ilya Prigogine, austère physicien et chimiste d’origine russe décédé en 2003, les principes de structures dissipatives(système loin de l’équilibre thermodynamique pouvant donner spontanément naissance à des brisures de symétrie sources de structures complexes chaotiques, concept qui lui a valu le prix Nobel) et d’auto-organisation(augmentation spontanée de l’organisation interne d’un système éloigné de l’équilibre, contournant le principe d’entropie croissante), qui permettent de conduire à l’apparition de propriétés émergentes, permettent d’expliquer l’apparition « automatique » de la vie et de la conscience sans faire appel à un principe créateur transcendantal.

Une dissertation un peu ardue sur les « systèmes non intégrables » le conduit à poser l’imprévisibilité irréductible du monde, c’est-à-dire à son caractère « probabiliste » qui, selon lui, est synonyme de « création ». Le moteur de l’univers est ultimement un mécanisme d’« autocréation », selon lequel l’apparition de la vie et de l’homme est somme toute aussi naturelle et « pas plus exceptionnelle que la chute des corps » ; cette nouvelle vision du monde rend complètement inutile le principe anthropique défendu par Trinh Xuan Thuan, que Ilya Prigogine qualifie de « gratuit » et aussi « simpliste » que l’affirmation selon laquelle la pastèque a des tranches pour être mangée en famille !

L’entretien, jusqu’ici très tranchant, s’achève de façon un peu frustrante : Ilya Prigogine élude quelque peu la question de l’origine du processus d’autocréation, ne répondant pas de ce fait au fond de la question ; puis Patrick Van Eersel, un peu refroidi par autant d’hostilité au principe anthropique qu’il semble bien aimer, ramène l’entretien sur « l’éthique du scientifique » et autres lieux communs, avant de conclure, plein d’espoir : « d’une certaine façon, ne peut-on pas dire que la vision probabiliste intègre la question d’une force créatrice divine ? » « Oui, d’une certaine manière », répond Prigogine, manifestement pas très convaincu. Ouf, tout n’est pas perdu !


Henri Atlan (médecin)

Le dernier entretien s’effectue avec le médecin et philosophe Henri Atlan, un des pionniers des théories de la complexité et de l’auto-organisation du vivant et penseur de l’éthique de la science.

Henri Atlan commence par rejeter l’aspect « scientifique » de la question, qui touche au domaine de la métaphysique, du mythe : l’humanité aspire depuis son origine à « enchanter » le monde, mais ce n’est en aucun cas le sujet de la science. Le concept même de temps 0 n’a pas de sens si l’on prend une échelle de temps logarithmique (idée déjà avancée par Albert Jacquard). Le principe anthropique fort lui semble une « version moderne des théories très naïves de Bernardin de Saint-Pierre » (celui qui prétendait que les melons avaient des tranches pour être facilement découpé par l’homme, exemple déjà donné par Ilya Prigogine). La métaphore du vivant comme un « programme informatique », en vogue dans la deuxième moitié au XXe siècle et inspiré par la découverte de l’ADN, qui induisait l’idée d’un programmateur divin, est aujourd’hui dépassée par celle de « systèmes dynamiques complexes », qui se passe de Dieu et de finalité. La distinction entre vivant et non vivant, animé et inanimé, disparaît également ; à l’instar d’un Spinoza, la nature est considérée comme un « tout », ce à quoi la science moderne semble donner raison contre ceux qui voyaient dans l’homme un être à part. Henri Atlan considère même que le concept de « complexité » n’est plus vraiment explicatif, mais devient un champ de recherche ayant pour but d’en faire une « notion scientifique opérationnelle » (comme les concepts d’énergie et d’entropie le furent dans le passé) ; la notion de propriété émergente n’a plus de caractère « miraculeux » et concerne bien d‘autres phénomènes que la vie.

Un peu déçu, Patrick Van Eersel revient à son obsession, le principe d’incomplétude. Pour Henri Atlan, l’incomplétude signifie avant tout la limitation de la connaissance humaine, qui oblige à passer par des calculs probabilistes, mais ne signifie pas du tout que le monde ne soit pas entièrement déterministe comme le pensait Laplace. Patrick Van Eersel, qui n’a pas saisit l’idée, s’enflamme, manifestement choqué que l’on puisse penser comme les « scientistes mégalomanes » que « bientôt, on saura tout », citant pêle-mêle Einstein (« plus la science avance, plus l’inconnu augmente »), les inégalités d’Eisenberg, le « réel voilé » de Bernard d’Espagnat, l’« inconnaissable », l’« incomplétude ontologique » des physiciens quantiques... Henri Atlan, mettant en garde l’auteur contre les « pseudo-concepts », répète et précise patiemment sa pensée au cours d’un dialogue désopilant (« non », « je ne suis pas d’accord », « ce n’est pas mon avis », « je pense que vous vous trompez dans votre façon de poser le problème », « je n’ai jamais dit ça ») : le réel est entièrement « intelligible » et déterministe (« mécanique »), mais infini, alors que nos sens, nos moyens d’investigations, sont finis, et donc notre science et notre connaissance : l’inconnu n’augmente pas du tout au fur et à mesure que notre connaissance progresse, mais la limitation ontologique de cette connaissance nous empêchera à jamais de tout savoir ; autrement dit, postuler qu’il n’y a pas de limite à la compréhension de la nature n’implique pas de croire à aucun moment que l’on a atteint la « connaissance ultime ». Par exemple, rebondit Patrick Van Eersel, tout heureux de trouver une porte de sortie aux perspectives démoralisantes du déterminisme, la science ne pourra jamais expliquer le « subjectif », la « vie intérieur », les « sentiments », la « création au sens où l’entendent les Chinois » !  

La discussion se poursuit sur l’intelligence artificielle, l’euthanasie, les cultures de cellules humaines, le clonage thérapeutique, l’utérus artificiel (titre de l’un des ouvrages de Henri Atlan), et de façon générale les techno-sciences (son point de vue consistant à dire qu’il n’y a rien de « non naturel » et qu’il n’y a donc aucune raison d’être opposé par principe à des évolutions scientifiques, même si celles-ci nécessitent ou engendrent un « changement dans les rapports moraux inter-individuels »). Ce qui attire une question de Patrick Van Eersel sur le « principe de précaution » (que Henri Atlan pulvérise gentiment en arguant que la logique voudrait parfois de ne pas appliquer le principe de précaution au nom de ce même principe de précaution, le dénonçant comme une « fausse rationalité qui se veut faussement rassurante »). Le débat, à nouveau hors sujet mais passionnant, s’oriente alors vers l’illusion que nous pouvons avoir d’une maîtrise de nos choix, ce « libre arbitre » que Henri Atlan considère comme une illusion ; reprenant le point de vue de Spinoza contre les dualistes comme Descartes, il réaffirme l’unité indissociable de la matière et de la pensée. Poursuivant l’analyse du déterminisme absolu de Spinoza, qui nie le libre-arbitre, il y voit malgré tout une « éthique de la liberté », estimant que « la nature ne laisse aucune place au libre arbitre humain, mais que, dans certaines conditions – savoir y acquiescer, l’intégrer, l’intérioriser, le vivre -, cette situation devient une source de liberté, mais différente du libre arbitre, du libre choix. »

 

Henri Atlan évoque ensuite la nécessité de résister au désir de satisfaire ce « besoin profond d’unité, (…) de synthèse scientifico-mystique qui expliquerait tout », théorie du tout dénuée de sens mais qui a côté « totalitaire ». Patrick Van Eersel, du tac au tac, rétorque que certains philosophes jugent avec « une sévérité équivalente » les théories de l’auto-organisation, les qualifiant de « globalisante ». Pour Henri Atlan, ces jugements témoignent d’une « ignorance » du concept de systèmes auto-organisés, qui sont au contraire ouverts et dynamiques. Le danger totalitaire réside davantage, selon lui, dans le « tout biotechnologique  » ou au contraire le « tout écologique », qui chacune à sa façon nourrit l’illusion d’une connaissance absolue et définitive. « Ce qui me conduit à une question à la Woody Allen, conclut énigmatiquement Patrick Van Eersel ; le bonheur est-il régulé ? ». 

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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 18:21




La théorie des systèmes ouverts, introduite par Ludwig Von Bertalanffy (1942), considère les systèmes vivants comme un système qui fonctionne grâce aux importations matérielles ou énergétiques qu'il effectue dans l'environnement. La matière/énergie importée est porteuse potentielle d'énergie libre ou "entropie négative". C'est le fondement de la tendance non entropique (néguentropique ) des systèmes organiques. D'où la conclusion que "l'organisme se nourrit d'entropie négative".





Complexity, self-organization, and the origin of live: The happy liaison? (le 3 octobre 2008) — Antonio Lazcano
The origin of life was marked by the transition from purely chemical reactions to autonomous, self-replicating molecular entities capable of evolving by natural selection. This requires some form of inheritance, and our understanding of biological systems strongly suggests that the most likely candidates are genetic polymers. Some attempts to explain the basic nature of life and its emergence have been developed that are based on ideas of self-organization and complex systems. These proposals are, in fact, part of the deeply rooted tradition in physical sciences that searches for all-encompassing views, including catastrophe theory, chaos, fractals, and now complexity theory. While it is evident that self-organization of prebiotic components must have played an important role in setting the stage for the emergence of life, as of today these principles have remained undiscovered. To understand the nature and origins of life, we must recognize both the limits imposed by the laws of physics and chemistry, as well as history’s contingency.

Morphogenèse : de l’inerte au vivant (le 3 octobre 2008) — Martine Ben Amar
La morphogenèse tente d’expliquer les formes et la dynamique de croissance d’objets macroscopiques à partir de lois physiques relativement simples. Ces lois, supposées bien comprises à l’échelle microscopique, sont très symétriques et, agissant dans un espace homogène, ne permettent pas de comprendre aisément les formes obtenues aux grandes échelles, qui sont souvent complexes et très ramifiées. Une autre caractéristique de ces formes est qu’elles diffèrent étonnamment des formes d’équilibre, même à des vitesses très faibles.
La croissance des tissus vivants se différencie de la croissance des objets inertes car elle met en jeu à la fois l’élasticité particulière de ces tissus et un apport de masse. Comme ce sont des milieux très déformables, les formes résultent d’une optimisation des contraintes élastiques engendrées par la croissance elle-même.

Existe-t-il un intérêt "évolutif" à l’auto-organisation ? (Comprendre le déploiement de la vie) (le 3 octobre 2008) — Stéphane Douady
Définir le vivant est difficile : chaque définition "objective" amène à des exemples purement chimiques, comme les réactions de Turing, ou physiques, comme les dunes, que personne n’oserait pourtant dire "vivantes". Quelle est la différence ? On peut s’intéresser à l’apparition de formes dans les systèmes physiques, ou vivant (en s’appliquant à l’observer de manière physique). On constate alors toute une logique de maintien spontané de formes complexes. En biologie, on expliquera l’observation de ces formes par un "intérêt évolutif". Mais l’auto-organisation des systèmes physico-chimiques n’est-elle pas aussi le signe d’un "intérêt" de ces structures ? Comment pourrait-on le définir, et quel peut être le lien avec "l’évolution" ?


ref. http://www.lecactusheuristique.com/article-auto-organisation-et-motifs-biologiques-38585774.html

Les Structures de Turing


Alan Turing, mathématicien anglais mort en 1954, a passé les dernières années de sa vie à réfléchir sur l’organisation du vivant. Concernant la morphogénèse, un modèle mathématique imaginé par Turing permet, en partant d’un état homogène de la matière, de définir l’origine d’une organisation. Turing appelle cette origine « instabilité catastrophique » : c’est une singularité constituée d’une transition infinitésimale entre 2 états qui peut provoquer, par une réaction en chaîne, l’apparition d’une forme géométrique discrète au sein d’un milieu amorphe et homogène.


Il faut détailler la structure de Turing : le modèle met en jeu des réactions chimiques au sein d’un processus dynamique de forme géométrique.

 



Deux morphogènes (dont la nature importe peu) diffusent, en interaction l’un avec l’autre, en surface d’un milieu vivant homogène :

-     un activateur A qui favorise sa propre formation et qui diffuse lentement

-     un inhibiteur B dont la formation est stimulée par A, qui diffuse rapidement et qui freine la formation de A


Détail du processus :

1/ Au départ un infime excès de A existe à un endroit du tissu vivant : c’est l’instabilité catastrophique.

2/ Le mécanisme d'activation va entraîner à cet endroit une production supplémentaire de A ainsi qu'une production de B : un pic de A et de B va se former.

3/ Comme B diffuse plus vite, il s'étale plus largement, empêchant la production de A sur les côtés immédiats du pic, qui est ainsi circonscrit.

4/ A distance suffisamment grande du pic de B, l’inhibition de A faiblit et un autre pic de A peut se former.

5/ Ceci entraine une production de B.

6/ La réaction en chaine se poursuit de part en part et une série de pics de A régulièrement espacés apparaît par auto-organisation.



Si on postule que l’activateur A est également un activateur (direct ou indirect) de gènes qui synthétisent des composés colorés, alors des motifs colorés - des taches ou des rayures - apparaissent sur la surface de migration des morphogènes.

Le modèle mathématique montre que les différents motifs créés dépendent seulement de la taille et de la forme de la surface où ils se développent, et il peut se schématiser de la façon suivante :

-     il ne se forme aucun motif si la surface est très petite,

-     des rayures si la surface est un peu plus grande,

-     des taches sur une surface encore plus grande,

-     et aucun motif si elle est très grande.


Ce mécanisme d’ondes stationnaires revêt une ampleur universelle dans le monde vivant, et est responsable de nombreux motifs comme les rayures des zèbres ou de certains poissons, les taches des coccinelles, des papillons, des léopards ou des girafes, la répartition des plumes des oiseaux et des dents des alligators.

 

 


Guépard : l’animal est tacheté sur la majeure partie de son corps, sauf la queue qui présente des rayures à son extrémité. En effet, le modèle mathématique indique que des rayures plutôt que des taches doivent apparaitre à l’extrémité d’un objet fin et conique, comme est la queue chez l’embryon du guépard. D’après ce modèle un animal tacheté peut avoir la queue rayée, mais un animal rayé ne peut jamais avoir la queue tachetée.

 

Le modèle de réaction-diffusion a depuis été étendu aux tissus non-homogènes et en croissance, avec des patrons de motifs biologiques complexes, et des difficultés mathématiques conséquentes.

 

Le système de Lindenmayer


Chez les végétaux, le modèle d’auto-organisation pour la formation des branches, des racines, des ramifications, des feuilles et des fleurs, et de toutes les parties végétales (la phyllotaxie), a été élaboré en 1968 par le botaniste hongrois Aristid Lindenmayer.

 

Quand on regarde une plante, ce qui frappe immédiatement c’est le côté répétitif des éléments de sa structure :

  • - Soit une répétition d’éléments identiques avec une variation d’échelle, c'est-à-dire une structure fractale : par exemple une branche d’arbre se divise en « sous-branches » identiques de plus en plus petites, depuis sa base vers l’extrémité du rameau.
  • - Soit une répétition d’éléments avec des variations de formes : par exemple les pièces florales (sépales, pétales, etc) et les feuilles sont des structures apparentées qui semblent fabriquées sur un modèle proche.

Le système de Lindenmayer (ou L-System) décrit le développement d’une plante à travers une série d’ordres itératifs donnés à un méristème qui se développe (ou qui est en repos), suivant une grammaire stricte et récursive. Chaque itération arrive suivant un intervalle de temps appelé plastochron, au cours duquel le bourgeon doit choisir entre plusieurs voies de développement possibles (branche, ramification, feuille, fleur, puis sépale, pétale, étamines, etc ; ou bien stopper sa croissance) au sein d’un ensemble arborescent de choix possibles.

Ce système fonctionne tel un algorithme constitué d’une série d’ordres qui conduisent à une réécriture des étapes du développement végétal. La réécriture est un procédé qui permet de construire des formes complexes en remplaçant, suivant un ensemble de règles précises, des parties d'une forme initiale simple. Cette réécriture permet de minimiser la quantité d’information génétique nécessaire pour constituer la structure végétale. Quand le nombre d’itérations augmente, le nombre de structures théoriques possibles augmente rapidement, cependant seul un petit ensemble de structures correspond à l’organe végétal final effectivement observé dans la nature. Ce modèle fonctionne comme un système qui est déterministe à petite échelle, mais qui devient assez chaotique à grande échelle.

 

 

Exemple (fictif) des ordres successifs d’un L-System donnés au printemps au méristème apical d’une branche :


-     1 : Si la température > 15°C, pousser de 10 cm

-     2 : Se diviser en 2 ramifications avec un angle de 45°

-     3 : Si la température > 15°C, pousser de 5 cm

-     4 : Si la température > 20°C, passer à l’étape 5, sinon revenir à l’étape 2

-     5 : Si la luminosité < 10h / jour, produire 2 bourgeons latéraux de feuilles, sinon passer à l’étape 8

-     6 : Si la température > 20°c, développer les feuilles et pousser de 5 cm

-     7 : Revenir à l’étape 5

-     8 : Se différencier en bourgeon floral

-     9 : Si la luminosité > 12h / jour, développer la fleur.


Il s’agit ici d’un système simple et purement fictif. Dans la réalité les paramètres pris en compte dans les ordres vont bien au-delà de la température et de la luminosité (par exemple : nutriments, hydratation, hormones, durées, positions spatiales, etc).
Chaque étape peut elle-même être divisée en sous-étapes, et avec des ordres distincts adressés aux cellules du méristème. Les cellules du méristème peuvent également évoluer sous un mode d’automate cellulaire (voir ci-dessous).
 

 

Les ordres de chaque étape ont une détermination génétique plus ou moins stricte, mais il s’agit quand même d’un processus dynamique qui conduit à une structure globale auto-organisée dans la mesure ou la plante progresse étape par étape sans suivre un schéma général et prédéfini de développement.

 

Que montre le L-system ?

Il remet en cause l’idée du caractère essentiel de la phyllotaxie : considérer qu’une plante doit pousser d’une certaine manière (fleurir, faire des feuilles ou être en repos végétatif, etc) à une période particulière de l’année, du fait de son espèce ou de son origine géographique, n’a pas de sens. C’est une suite de facteurs environnementaux aléatoires qui détermine la phyllotaxie en dirigeant l’expression d’un programme défini par l’espèce.

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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 09:31



Référence: Biomaterials
Volume 23, Issue 3, February 2002, Pages 673-679

Cytocompatibility study of organic matrix extracted from Caribbean coral porites astroides


 

J. C. FricainCorresponding Author Contact Information, a, J. Aloufa, R. Bareillea, F. Rouaisa and J. L. Rouvillainb

a INSERM U.443, Université Victor Segalen Bordeaux 2, Bât 4a, 146 rue Léo Saignat-33076 Bordeaux, France

b CHR de Fort de France, Service de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique, B.P. 632-97261 Fort de cedex, France



Received 9 October 2000;

accepted 17 April 2001
Available online 19 November 2001.

Abstract

Since 1980, natural coral exoskeleton has been widely used as bone graft substitute. Despite numerous in vitro and in vivo studies, there is still a lack of knowledge concerning the organic matrix associated with coral exoskeleton (COM). In fact, some surgical interventions have failed and this has sometimes been attributed to the exoskeleton organic matrix. For others, only amino acids are present in the matrix after coral preparation for clinical use. The objective of this study was to extract the exoskeleton organic matrix to carry out biochemical analysis and study its specific cytocompatibility. Demineralized bone powder (DBP) was used as control. A decalcification process was used to extract COM and DBP. Protein, carbohydrate and glycosaminoglycan analysis was carried out in DBP and COM using classical staining methods. Human bone marrow cells were cultured in the presence of 20, 40, 80, 160 μg of COM or DBP for 24, 48 and 72 h. The methods used to analyze COM and DBP effects were scanning electron microscopy, immunocytochemistry, manual cell count, and cyto-compatibility assay (Neutral red and MTT tests). Results showed that in spite of treating coral before clinical use, a COM was present in which GAG, protein and carbohydrate were found. The in vitro cytocompatibility of COM was confirmed for 20 and 40 μg values but was less pronounced for 80 and 160 μg levels.

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