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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 21:38
Le Soir 20-12-09

Sports : POURSUIVANT SON ACHARNEMENT
Samir Zaher : «On doit s’unir contre l’Algérie»


«Il ne faut pas se tromper de cible, notre ennemi, c’est l’Algérie», dira Samir Zaher, durant son passage sur Dream 2. Très contesté par ses pairs, ces dernier jours, harcelé par un membre de l’Assemblée populaire, Samir Zaher tente, par tous les moyens, d’évacuer la grosse pression dont il fait l’objet.
Le président de la Fédération égyptienne de football a occupé, vendredi soir, un temps large sur la chaîne égyptienne Dream 2. Zaher est revenu à la charge dans ses délires fantasmagoriques et sur les péripéties des lendemains de l’affaire de Khartoum et sur les déboires intra-muros de son instance. D’ailleurs, il a tenté de dévier «le fil conducteur» de l’émission à travers les fortes critiques de ses adversaires sur sa gestion de la FEF en les orientant sur l’ennemi algérien pour sauver «sa peau». Campant sur sa position, le président de la FEF, a fait état de sa profonde blessure qui n’est pas près de cicatriser. Il déroule sa litanie sur les péripéties du fantomatique dossier à remettre dans les meilleurs délais à la FIFA. Il soutient mordicus que M. Blatter, patron de cette instance mondiale footbalistique, l’a reçu, lui et son compère Abou Ridha de l’instance égyptienne et du bureau exécutif de la FIFA. Fanfaronnant à sa manière, il détaille le contenu de ce dossier avec des vidéos, un CD sur l’attaque du bus des joueurs algériens au Caire et celui des Egyptiens à Khartoum et les «prétendues agressions» des supporters égyptiens à Khartoum. Il demande à ce que Abou Ridha soit soutenu et par les Egyptiens et par les amis de son pays. Sur sa lancée, il soutient que son pays compte sur ses amis, surtout les Arabes, pour avoir gain de cause contre l’Algérie. Ne pouvant cacher la réalité de l’agression de l’aéroport du Caire contre le bus algérien, car prouvée de par la présence du représentant de la Fifa, il tente de faire diversion avec une prétendue agression similaire du bus des joueurs égyptiens à Khartoum tout en avouant s’attendre à des sanctions. Aussi, d’agresseurs, il tente de faire passer les supporteurs égyptiens pour des victimes d’agressions à l’arme blanche par des Algériens. Se croyant tout permis, il tance, à partir de cette chaîne égyptienne, M. Blatter sur son laxisme devant la nature «belliqueuse » des supporteurs algériens dans les stades, armés de fusées, de fumigènes et d’armes blanches. Mais, retrouvant quelques onces de lucidité et guidé par l’animateur, il avoue ne pas s’attendre à un soutien de M. Blatter avec la cause égyptienne. Il se base sur l’épisode du match de 1994 où, exerçant la fonction de secrétaire général de la Fifa, sous l’ère de Sir Havelange, Blatter ne s’est pas opposé à la délocalisation du match entre l’Egypte et le Zimbabwe vers la France, après que les joueurs du Zimbabwe eurent été la cible de projectiles sur le terrain, lors de leur rencontre face aux Egyptiens au Caire. «Pourquoi n’a-t-il pas pris cause avec nous en cette année ? dira-t-il, à l’endroit des millions de téléspectateurs. Maniant avec art l’action théâtrale, il tente, en vain, de minimiser les blocs lancés contre les joueurs et les supporteurs algériens au Caire pour «épouvanter» les téléspectateurs sur les armes ramenées par les Algériens de leur pays pour agresser les Egyptiens a Khartoum. Au sujet du dossier déposé sur le bureau de Blatter, il affirme, après avoir été «coincé» par l’animateur, l’absence de toute preuve palpable condamnant notre pays. Il évoque la collaboration d’éminents experts, de grandes sociétés égyptiennes pour le constituer et préparer un point de presse au Caire, qu’il qualifie, pompeusement, de conférence de presse mondiale. Mais lorsque son vis-à-vis l’accule à propos de la tenue de la conférence de presse internationale, il bafouille sur la date précise de sa programmation, car il confirme qu’elle aura lieu entre le 3 et le 6 de ce mois. Mais surprise ! Ce sieur met un bémol sur son idée d’y brandir l’emblème de la FIFA maculé de sang pour tenter «d’enfoncer les Algériens». «Je reconnais, enchaîne-t-il, que notre pays, contrairement à l’Algérie, n’a pas de relations solides avec les agences de presse internationales». Ne pouvant nier la vérité, il reconnaît que les Algériens ont pris de l’avance sur ce plan, dès les premiers instants de l’agression pendant que les Egyptiens parlaient en vase clos, malgré leurs nombreuses chaînes satellitaires. Juste après, M. Zaher reçoit «une gifle» de son compatriote, l’ex-président du Zamalek, M. Mustapha Mansour, qui, avant d’annoncer son soutien indéfectible à l’équipe algérienne au Mondial, «descend en flammes» Zaher à cause de sa gestion douteuse et catastrophique de l’instance égyptienne, malgré les remontrances de Zaher et de l’animateur. Sonné, Zaher saute sur la perche tendue par l’animateur et tente de détourner l’attention vers Raouraoua, son présent «souffre-douleur». Aussi, il avance des arguties pour justifier ses dérobades et ses fuites des réunions des instances internationales en la présence de Raouraoua. Pressé par l’animateur, il nie avoir fait les louanges de Raouraoua précédemment. Il en profite pour revenir sur l’épisode de l’aéroport du Caire pour tirer à boulets rouges sur l’Algérien, tout en refusant l’initiative des Emirats arabes unis de faire jouer une rencontre de réconciliation entre l’Egypte et l’Algérie. Comme tomber de rideau et de Doha, MM. Blatter et Platini répondent à Zaher qu’il «bave inutilement ».
O. K.

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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 21:24


Voir Vidéo IcI ( âmes sensibles s'abstenir ) 

http://www.youtube.com/watch?v=ou9899nRr28&feature=player_embedded#

Posté par adeloul18 le 20/12/2009 01:40:00 (3 lectures)


 

Le 14 novembre dernier alors que tous les regards étaient tournés vers le match Algérie-Égypte, un groupe de 24 jeunes, y compris un pêcheur, et dont l’âge oscille entre 19 et 35 ans ont pris clandestinement le large à partir de la plage de Guelta dans la wilaya de Ténès.

 

Le départ est pris à trois heures du matin, et les vents ont scellé le destin. Ce jour là, ce ne sera pas le pêcheur qui aura raison du poisson. Des images impressionnantes ont été filmées au large le 14 novembre dernier. 24 aventuriers ont sciemment choisi le jour du match Algérie-Égypte pour réaliser leur rêve de rallier l’Europe. La plupart sont originaires des wilayas de Chlef et de Relizane. Les pilotes des deux embarcations avaient une longue histoire avec la mer, mais même l’expérience n’a pu les sauver de leur destinée.



Chacun des candidats à l’émigration clandestine a payé 7 millions de centimes pour ce périple mortel.

Sur l’une des embarcations, un seul survivant, employé dans une société chinoise installée en Algérie, et qui perçoit mensuellement moins de 30 mille dinars.

Le choix de la plage Guelta n’était pas fortuit. Une plage isolée, rocailleuse et difficile d’accès qui facilite l’exécution des plans des Harraga. La mer était calme et tout laissait présager qu’elle le resterait. Tous rêvaient ce jour là de voir l’Algérie qualifiée au Mondial, mais le rêve de l’Eldorado était plus fort.

Tout a été préparé. Les embarcations ne pouvaient supporter chacune que sept passagers. Mais tous avaient payé. Ainsi 12 étaient sur l’une des embarcations alors que l’autre en transportait 10.

Les candidats à l’émigration clandestine étaient confiants car aucune de ce genre de traversées n’avaient auparavant échoué à partir de cette plage là. Une heure et demie après le début de la traversée, à six miles du rivage, les vents commencent à souffler et la mer se déchaîne. Les eaux ont commencé à envahir l’embarcation qui transportait 12 passagers…quelques instants après, l’embarcation se retourne.

Un pêcheur de Ténès qui passait à bord de son chalutier à ce moment là par le lieu du drame, a alerté les services de la gendarmerie qui se sont déplacés en compagnie des gardes-côtes pour porter secours aux naufragés.

Les pêcheurs avaient réussi à sauver 3 personnes, alors que les gardes-côtes ont repêché 3 cadavres dont un qui reste non identifié. 6 autres personnes sont portées disparues, et leur sort reste encore inconnu.

Les rescapés regrettent de n’être pas restés chez eux pour suivre la rencontre footballistique Algérie-Égypte. Sur l’une des embarcations; 6 disparus, 3 morts, 2 ont été hospitalisés, et un autre s’en est sorti indemne. Ce dernier a exprimé devant les garde-côtes tous les remords qui le taraudaient pour avoir pris le large ce jour là. Un jour qui restera mémorable pour les rescapés de cette traversé de la mort, et pour l’Algérie entière qui disputait alors son avenir au mondial de football.

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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 21:06


« Les Egyptiens se sont toujours comportés en tuteurs sous le masque du grand frère »

Le Commandant Azzedine et les relations entre l’Égypte et l’Algérie

« Les Egyptiens se sont toujours comportés en tuteurs sous le masque du grand frère »

Je crois que c’est un poète italien qui disait que « l’histoire est utile non pour parcourir le passé mais pour y lire l’avenir ». Il y a du vrai dans cette réflexion et sans doute est-ce pour cela qu’il n’y a pas quelque chose qui se passe dans la vie courante sans que je n’aille chercher, dans l’histoire, des éléments de réponse aux questions que cette actualité suscite.



C’est la raison pour laquelle j’aime l’histoire. Elle vient au secours des défaillances du rationnel. Elle aide à la compréhension des situations les plus complexes. Elle explique encore plus qu’elle ne raconte. Ces dernières semaines, nous avons été les témoins d’événements qui ont apostrophé le passé avec les phases de qualification de l’équipe nationale de football pour la CAN et la Coupe du monde. Ils l’ont interpellé d’abord pour démystifier et démythifier une prétendue fraternité qui nous liait avec l’Etat et le pouvoir égyptiens, une concorde au destin d’une bulle de savon qui n’a pas résisté à une banale compétition sportive.

J’ai toujours appris que la politique est gouvernance et qu’elle consiste en l’organisation des pouvoirs et la gestion des affaires publiques. Je sais également qu’elle est la sœur aînée de la diplomatie, qui concerne, elle, la conduite des relations entre Etats. Mais je sais surtout que comme chacun est comptable du bonheur des siens, chaque dirigeant est tout aussi comptable du bonheur de son peuple. Aussi je m’interroge : quel est, dans les deux siècles précédents, le pays de la sphère géohistorique improprement appelée du reste « arabo-musulmane » qui a connu une invasion aussi terrible que la conquête génocidaire française et la colonisation déprédatrice de l’Algérie ? Quel est le pays de ce même continuum qui a mené, durant sept ans et demi, une guerre d’indépendance aussi meurtrière que celle qui a été imposée au peuple algérien par un ennemi impitoyable qui lui disputait sa terre ? Pour cet ennemi, c’était une province lotie en trois départements et pour nous, Algériens, c’était tout simplement l’Algérie ! Dans ce combat inégal contre la quatrième puissance mondiale de l’époque et inégalé dans la sphère en question, ce peuple a vaincu. Quel est enfin le pays où, comme le veut la tradition, dans chaque famille l’aîné des enfants s’appelle Mohamed, qui a servi la cause de la liberté pendant et après sa propre libération avec autant d’ardeur et de désintéressement que l’a fait l’Algérie ? C’est parce que les réponses à ces questionnements sont connues de toutes et tous que les propos outranciers et outrageants de la presse et les prédications grotesques des dirigeants politiques égyptiens sont d’une gravité inqualifiable. Ils le sont d’autant plus qu’ils émanent d’un pays et d’un peuple avec lequel nous entretenions des relations cordiales, empreintes de respect mutuel né de longues épreuves humaines communes et de solidarités au maillage serré. Nous les pensions très sincèrement sinon impérissables, à tout le moins assez affermies pour survivre aux 90 minutes d’un match de football. Nous les supposions assez adultes et prémunies pour être épargnées par les intrigues successorales que la famille du nouveau khédive d’Héliopolis vient d’étaler, toutes fenêtres béantes, aux oreilles et aux yeux de l’opinion mondiale écœurée. On se disait frères !

Nous connaissions le peuple égyptien paisible et pacifique, dont les temps immémoriaux racontent la simplicité. Endoctriné, gavé de mensonges, excité par un appareil idéologique d’Etat machiavélique, il s’est brutalement révélé sous un autre jour. Dommage que toute cette énergie colérique n’ait pas été dirigée contre ceux qui l’ont véritablement humilié… Tout comme nous savions le régime égyptien – comme, hélas, celui de bien des pays dits arabes – plus proche du « pharaonisme » (sans le génie bâtisseur) que de la démocratie qui donne la parole aux peuples. Nous savions les hommes politiques égyptiens, chaouchs du pouvoir réel, particulièrement protéiformes et souples d’échine, ils ne sont pas les seuls au demeurant entre l’Indus et l’Atlantique. Nous savions les patrons du Caire artificieux et finauds, mais pas au point d’enfieller sans vergogne des populations qui manquent de tout pour diriger leur haine contre la dignité des citoyens d’une nation dont une équipe sportive l’a emporté sur la leur !

Et de nous interroger : est-ce donc cela, « Misr Oum Eddounia » ? Dieu préserve l’humanité des jalousies d’une telle marâtre ! Vociférations, clabaudages et autres vitupérations cathodiques seraient donc devenus le nouveau langage de la culture sur les rives du Nil ? Sont-ce là les héritiers de Naguib Mahfouz et d’Oum Kalthoum, les légataires de Mustapha Lotfi El Manfalouti, Taha Hussein et Chadi Abdessalam ? Où est donc passé l’esprit d’Arabi Pacha ? Bien avant la guerre, lorsque nous allions au cinéma, c’était pour voir des films égyptiens, on disait à l’époque des films « arabes ». Emus, les yeux rivés sur l’écran, nous nous passionnions, dans un émerveillement silencieux, pour l’éblouissante Tahia Carioca, moulée dans son fourreau en lamé, descendant en ondulant un escalier impérial et allant à la rencontre de Mohamed Abdelwahab dans sa robe de chambre de soie, une pochette assortie, qui lui donnait l’aubade, des trémolos dans la voix, le crâne couronné d’un fez. Et comme dans les films d’Hollywood, il lui baisait la main avant de l’inviter à prendre place sur un sofa de velours.

Ainsi donc, se disait-on, les Arabes qui habitaient l’écran pouvaient être, faire et vivre comme les Américains ou les Français ? Pourquoi pas nous ? Et me voilà rêvant et nous voilà songeant au jour où, nous aussi, nous attendrions au bas de l’escalier cette star au déhanchement sans pareil. C’était aussi cela l’indépendance. Nous l’imaginions à travers l’objectif de la caméra d’Henri Barakat ou de Salah Abou Seif. Nous rêvions en égyptien. Lorsque, en juillet 1952, le mouvement des Officiers libres a renversé Farouk, la chute de la monarchie a été saluée comme une Révolution par tous les peuples depuis Baghdad jusqu’à Casablanca. L’Egypte n’était plus la patrie de la danse du ventre et du cinéma chantant. Gamal Abdel Nasser, un colonel bonapartiste, et ses onze compagnons du Conseil révolutionnaire, allumaient à nouveau le phare d’Alexandrie pour guider les Arabes vers de nouveaux horizons. Mais voilà, l’horizon est un pays imaginaire dont les frontières reculent à mesure qu’on avance.

Toutefois, pour l’heure, le renversement du vieux roi, un pacha jouisseur, amateur de poker, apparaissait comme un exploit, et c’en était un, qui forçait notre émerveillement. Fébriles, nous attendions notre tour pour changer les choses chez nous. Enfin, 1954, l’histoire se déchaîne au Afrique du Nord. D’abord le Maroc et la Tunisie, puis éclate le tumulte de Novembre en Algérie. Le colonel Nasser qui, en janvier, avait escamoté son camarade, le général Mohamed Néguib, a saisi dès le départ l’importance de ce qui venait de s’engager au Maghreb. Le 27 octobre 1954, Mohamed Boudiaf, coordinateur du comité des Six qui venait de fixer, lors d’une réunion qui s’était déroulée le 23 octobre, la date du déclenchement pour le 1er Novembre à minuit, quittait Alger. Destination Le Caire avec, dans la poche, le texte fondateur de la Révolution algérienne. Dans la capitale égyptienne l’attendaient les membres de la délégation extérieure, au nombre de trois : Hocine Aït Ahmed ; Ahmed Ben Bella et Mohamed Khider. Ces trois personnalités du mouvement national, dont les deux premiers cités avaient assumé successivement la direction de l’Organisation spéciale (OS) après Mohamed Belouizdad, se trouvaient au Caire depuis le début des années 1950. Ils baignaient dans l’euphorie politique engendrée par la prise de pouvoir par les Officiers libres et vivaient les grands moments de la construction laborieuse de l’Egypte révolutionnaire, dont les moyens économiques étaient très limités au regard des immenses besoins des ambitions nassériennes de développement de son pays. C’est du Caire, de la station Sawt El Arab (La voix des Arabes) qui marquera tous les Algériens, que partira l’appel de Novembre.

Le leader des masses arabes savait tout le bénéfice-prestige qu’il allait tirer de son adhésion sans réserve à un vaste courant d’émancipation. Il aurait bien sûr souhaité assurer le parrainage direct de ce processus révolutionnaire qui enflammait les trois pays du Maghreb. Son attention se focalisera particulièrement sur l’Algérie. Tribun hors pair, Gamal Abdel Nasser galvanisera les foules et les mobilisera autour de la cause de la libération de l’Algérie à travers cet instrument qu’était Sawt El Arab, qu’il utilisera avec une rare intelligence. Il en fera une des causes principales du monde arabe et lorsque les journalistes lui demandaient jusqu’où allait « son » monde arabe, il répondait : « Jusqu’où l’on capte la voix des Arabes. » Un média d’une redoutable efficacité dont les speakers, lorsqu’ils parlaient de notre combat, ne disaient jamais « thawra el djazaïrya » (révolution algérienne) mais toujours « mouqqawama el arabya » (résistance arabe) ,une façon sans doute d’impliquer cette lutte dans un vaste processus d’affranchissement multiforme qui s’étendrait à tout les pays arabes en vue de la création d’un « watan el arabi » (nation arabe).

Il serait faux de dire que l’Egypte n’a pas apporté son soutien, dans la mesure de ses possibilités, à l’Algérie combattante. Il est vrai qu’elle nous a aidés. Et pour être juste vis-à-vis de l’histoire, tous les pays du Moyen-Orient nous ont assistés, chacun selon ses capacités. Tous, particulièrement l’Egypte, parce que l’Egypte qui faisait sa révolution était considérée comme le leader. Nous ne pouvons nier que cet apport était d’importance. Il est tout aussi injuste de dire que s’ils nous ont prêté main-forte, c’est parce qu’ils ne pouvaient pas faire autrement. Tous les peuples arabes, mais aussi africains, asiatiques, latino-américains avaient épousé la cause de la libération de l’Algérie. Il n’est qu’à se référer à la motion de soutien de la Conférence de Bandoeng (18 avril 1955) et à l’accueil réservé à notre délégation lors de cette rencontre, considérée comme l’ancêtre du Mouvement des non-alignés. Cependant, il est tout aussi absurde et aberrant de prétendre que le sang d’un Egyptien, ou autre, a coulé sur cette terre pendant la Guerre de libération. Exception faite pour les Marocains et les Tunisiens, je ne connais pas de brigades internationales engagées dans notre lutte. L’Algérie ne manquait pas d’hommes, mais d’armes ! Mais ceci est un autre problème.

Cette aide-là nous la croyions, ce n’était pas le cas, inconditionnelle, sincère et dénuée d’arrière-pensées. Mais à croire qu’ils auraient pratiqué, depuis 55 ans, l’autosuggestion de ce bon vieux Emile Coué, nos « frères » levantins ont fini par ajouter foi à leurs propres fabulations. Qu’on ne se méprenne pas, le petit peuple égyptien, et même son élite, sont honnêtement convaincus que des volontaires Egyptiens sont morts par centaines, que dis-je…, pour libérer les Algériens. Tout comme la propagande française du début de la Guerre de libération attribuait au Caire la paternité du déclenchement, de même que beaucoup de Français demeurent persuadés, jusqu’à aujourd’hui, que c’est le général Charles de Gaulle qui nous a gracieusement offert notre indépendance. Devant tant de mansuétude, c’est à se demander pourquoi sont morts les centaines de milliers d’Algériens et qui donc les a tués... L’interface entre le pouvoir égyptien et le FLN était assurée par un colonel des redoutables « moukhabarate » (services secrets). Il a d’ailleurs récemment commis un livre, truffé de contrevérités du genre de celles que nous venons d’évoquer et plus, puisqu’il soutient sans rougir que tous les dirigeants de la Révolution algérienne étaient « aux ordres ». Fethi Dib, puisque c’est de lui qu’il s’agit, habile manipulateur, était pratiquement le « ministre de l’Algérie » dans l’équipe dirigeante de l’Egypte. Homme d’influence, il avait pour tâche de driver les responsables du mouvement révolutionnaire algérien, principalement Ahmed Ben Bella, que Nasser et le nassérisme avaient particulièrement séduit. Les grands projets du panarabisme énoncés par le raïs ont hanté Ben Bella et l’habitent encore jusqu’à présent.

Il a, à cet effet, à moitié avoué que ses divergences avec Abane Ramdane et la plateforme de la Soummam étaient motivées par l’absence de référents clairs et nets à la promotion d’une République algérienne arabe et islamique à l’indépendance. Selon des sources non vérifiées mais crédibles, en 1963, il aurait proposé que l’appellation officielle du pays soit : République algérienne démocratique et populaire, arabe, islamique et juste (RADPAIJ). Abane sera dans le collimateur du pouvoir nassérien et Ben Bella y compris depuis sa prison en France, le poursuivra de sa vindicte jusqu’à approuver puis saluer son assassinat par ses pairs. Mais les immixtions de Nasser dans la conduite de la Révolution algérienne, à défaut de la téléguider, seront permanentes. Il agira d’ailleurs de la sorte avec la résistance palestinienne en instituant une sorte de tutorat sur certains de ses dirigeants.

Pour rappel, après le congrès de la Soummam il y a eu la création aux frontières est du pays d’une étrange structure baptisée « base de l’Est ». Elle n’était prévue par aucune autorité, ni aucune instance, ni aucun texte. Ni la répartition des zones à la veille du 1er Novembre ni le congrès de la Soummam qui avait pourtant passé en revue l’ensemble des problèmes, ne l’avaient envisagée. C’était un polype qu’un groupe de combattants avait décidé de créer en dehors de toute hiérarchie. Quel responsable a été à l’origine de cette organisation qui s’est avérée dangereuse pour l’unité des rangs de l’ALN et de la révolution toute entière ? Elle apparaissait, en effet, comme une dissidence sérieusement comminatoire, susceptible de constituer la fameuse troisième voie souhaitée et même rêvée par les colonialistes.

Des regards accusateurs et persistants avaient été portés sur Ahmed Ben Bella et son allié Ahmed Mahsas, alors représentant du FLN à Tunis, mais tout cela reste à vérifier. Les dirigeants de la Révolution, autrement dit le CCE, avaient dépêché le colonel Amar Ouamrane de la Wilaya IV, dans laquelle je servais, pour remettre de l’ordre dans l’imbroglio engendré par cette initiative aventureuse. Ouamrane s’acquittera de sa tâche et mettra fin à la sédition. Les officiers, pour la plupart autoproclamés, seront rappelés à l’ordre puis mutés comme délégués du FLN dans des pays du Moyen-Orient, d’où ils ne tarderont pas à se manifester de façon tonitruante. Ahmed Mahsas, lui, trouvera refuge en République fédérale d’Allemagne (RFA) avec la connivence des autorités tunisiennes. Après l’assassinat de Larbi Ben M’hidi, le 4 mars 1957, par le pouvoir politico-militaire français, le CCE issu du congrès de la Soummam s’est vu contraint de se replier sur Tunis. Cependant, l’indépendance de la Tunisie était récente et encore fragile. De plus, des divergences, voire des rivalités préoccupantes sont apparues entre Habib Bourguiba qui n’avait pas encore assis son pouvoir et Ahmed Ben Salah. Des partisans tunisiens, qu’on appelait fellagha, qui n’avaient pas rendu leurs armes activaient encore. Nos dirigeants, pour échapper à l’influence des uns et des autres et pour ne pas avoir à arbitrer un conflit qui ne les concernait nullement, ont préféré déménager leur siège au Caire. Ils y achèteront, sur les fonds propres du FLN, un immeuble où ils siégeront dans la capitale égyptienne jusqu’à la proclamation du Gouvernement provisoire de la République Algérienne (GPRA) le 19 septembre 1958.

La décision de son institution a été simultanément annoncée dans les trois capitales marocaine, tunisienne et égyptienne. Coup de sang de Gamal Abdel Nasser qui étouffe de n’avoir pas été consulté, pis encore, il désapprouve la pluralité d’obédience de ses membres et la présence de certaines figures, dont le président Ferhat Abbas. Il aurait, en effet, souhaité que la présidence revienne à Ben Bella, même en prison. On observait que c’était là la même réaction que celle de Ben Bella après la proclamation du CCE et du CNRA, au lendemain du congrès de la Soummam. C’est l’inévitable colonel Fethi Dib qui a été chargé de traduire l’ire présidentielle aux responsables algériens. Ces derniers, qui n’ont jamais admis toute forme d’immixtion dans la direction de la lutte, y compris de la part du « leader des leaders arabes », ne s’en laissèrent pas compter et déménagèrent illico le nouveau GPRA vers Tunis. Le Caire poursuivra le GPRA de ses assiduités malveillantes. Il retournera un certain nombre d’anciens de la base de l’Est qui avaient été mutés au Moyen-Orient ; il les placera sous l’autorité du colonel Lamouri. Leur objectif n’était rien de moins que de renverser le gouvernement ! Cette équipée, vouée d’avance à l’échec, montée de toutes pièces par Fethi Dib, approuvée par Ben Bella, ira droit à sa perte.

Le complot sera éventé de concert par les Algériens et les services tunisiens. Ses acteurs arrêtés, jugés, condamnés. Quatre d’entre eux seront exécutés, les autres emprisonnés. Toutefois je tiens à souligner que je ne doute pas un seul instant du patriotisme des protagonistes de cette malheureuse entreprise. C’étaient des patriotes sous influence. C’est dire si les Egyptiens, qui avaient trouvé une faille, ont été très loin dans leur tentative de déstabilisation de la Révolution algérienne pour parvenir à son contrôle. Cela peut paraître tentant d’influencer un mouvement aussi fédérateur que la Révolution algérienne. Tous les Arabes voulaient se « photographier » avec elle. Mais l’Egypte s’est toujours comportée en « tuteur » sous le masque du grand frère. Son audience internationale, sa symbolique, son aura étonnaient. Nous agissions dans presque tous les pays d’Europe et du monde. Mon propos n’est pas d’accabler davantage un régime nécrosé, à l’origine de la crise politico-diplomatique qui altère les relations entre les deux pays. Mais j’essaye de me l’expliquer. Nasser n’était pas un parangon de démocratie. Pas plus que Ben Bella et ses successeurs. Mais je le dis aussi et sans détour : si nous sommes arrivés à cette situation glauque avec l’Egypte, cela tient certes de la nature de son régime rongé par le temps et les pratiques de sérail, mais aussi à cause de la complaisance de certains de nos dirigeants qui ont, pour des raisons inexplicables, entretenu une tout aussi inexplicable relation de vassalité avec cette « république monarchique » absolutiste, même après l’indépendance nationale. C’est en raison de pactisations douteuses et d’une déférence imméritée, qui a toujours été interprétée comme une subordination. Pour certains responsables de notre pays, la « grandeur nassérienne » se devait d’obombrer naturellement la Révolution algérienne, universellement saluée. Et lorsque le raïs a condescendu à visiter l’Algérie en 1963, c’était là, se disaient-ils, un honneur insigne, voire une marque d’égard.

Les Algériens, qui pourtant venaient d’accomplir ce qu’aucun autre peuple, du golfe Persique à l’Atlantique, n’avait encore réalisé, conditionné par un discours politique lénifiant, servi par des dirigeants qui avaient fait serment d’allégeance au colonel Nasser avant même le Congrès de la Soummam, avaient réservé à ce dernier un accueil à la hauteur de sa réputation et du respect qu’ils portaient au pays que l’illustre visiteur représentait. Mais ce que ne savait pas ce peuple, c’est que son invité venait en souverain autoproclamé, avec la complicité de ses propres dirigeants, d’une prétendue « oumma ârabia ». En d’autres termes, Gamal Abdel Nasser entrait dans Alger en suzerain libérateur, triomphant. Comme Salah Eddine El Ayoubi investissait El Qods qu’il venait de délivrer. Il aurait à ce propos déclaré au niveau d’El Djenina (ex-square Bresson) baptisé à l’occasion Port Saïd : « El Gazaïr tekfina oua tekfikoum ! » (« l’Algérie nous comblera et vous comblera »), ragotait-on à l’époque. Cette rencontre sportive, qui a vu la jeunesse se rapproprier les symboles de l’Etat et déferler dans la rue en criant cet extraordinaire cri du cœur : « one, two, three, viva l’Algérie » nous a, en quelque sorte, ouvert les yeux. Ce n’est pas un simple cri de tribunes de stade. C’est un appel immense. Le pays été recouvert de l’emblème national. Tout le monde a vu, d’est en ouest, du sud au nord, dans l’intérieur des terres comme dans les grandes métropoles, jusqu’aux plus petits hameaux, les jeunes qui ont balayé les sinistres slogans islamistes qui faisaient peur.

Ce match a été en quelque sorte salutaire puisqu’il a crevé l’abcès. Il a permis à la jeunesse de remettre en question toutes les « frangineries arabo-n’importe-quoi », cette brocante idéologique que mon ami Mabrouk Belhocine appelle ironiquement le « pangermanisme de baqlawa », comme tous les mots d’ordres creux et sans vie développés par des syndicats de chefs d’Etat qui vieillissent et meurent agrippés à leur fauteuil même vermoulus, comme Moubarak et tous les autres. Je reproche aux anciens membres de la délégation extérieure de ne s’être pas manifestés dans cette polémique basée sur un mensonge. Je revendique mon algérianité. Quant aux « frères » de cet acabit, je me réserve le droit de m’en éloigner et de leur comptabiliser désormais ma fraternité. Cette expérience a quelque chose de bon et, comme on dit, « Chami Chami oua el Baghdadi Baghdadi » (chacun pour soi et Dieu pour tous). Ils ont injurié notre histoire, ils l’ignorent à force de nombrilisme. Ils ont brûlé notre drapeau, ils ont insulté nos martyrs, nous ne l’oublierons pas ! Parce que tous les enfants de cette nation demeurent fidèles au testament de Didouche Mourad : « Si nous venions à mourir, défendez nos mémoires. »

amazitb1@yahoo.fr



Par Boukhalfa Amazit

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Published by iflisen - dans Histoire
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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 20:55
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Chronique du jour
: ICI MIEUX QUE LA-BAS
Kateb Yaicne, le poète comme un footballeur
Par Arezki Metref
arezkimetref@free.fr


20e anniversaire du décès de Kateb Yacine. Mort jeune, à peine 60 ans, il aurait eu aujourd’hui 80 ans et sa légendaire colère ne serait pas éteinte. Tout au contraire, l’effacement des repères l’aurait décuplée. Kateb Yacine s’est battu sa vie durant pour la nation algérienne, de la plus belle manière qui soit, au travers de la femme. Il était intransigeant dans la défense de l’Algérie, celle des simples gens, des zaoualia, des zoufria. Il identifiait cette nation en lutte pour sauvegarder son souffle et son âme à leurs combats.
A sa mort en 1989, un imam alors bien en cour dans les palais du pouvoir d’Alger et de Riyad, Cheikh El Ghazali, pour ne pas le citer, avait osé proférer à la télévision algérienne que Kateb Yacine ne méritait pas d’être enterré en terre d’Algérie. L’énormité n’a été rendue possible qu’avec, au bas mot, la complaisance coupable du pouvoir de Chadli qui accepta sans moufter qu’un imam hors champ vienne excommunier de sa patrie un écrivain de génie qui, sa vie durant, avait œuvré à porter l’idée et l’image de cette patrie et de cette nation au plus haut niveau de la sophistication intellectuelle et artistique. Kateb Yacine, le révolté, le rebelle, le poète irascible, l’honnêteté faite écrivain, celui qui a symbolisé des années durant cette Algérie en lutte qui «n’en finissait pas de venir au monde», se fit en quelque sorte interdire de séjour par un imam égyptien grassement rétribué pour délivrer des exclusions à l’encontre d’Algériens qui portaient ce pays et son histoire dans leur chair et leur mémoire. Le sermon d’El Ghazali est une tache noire dans l’histoire du pouvoir politique qui l’avait sollicité et qui avait accepté sans broncher une parole aussi insultante à l’égard de l’un des meilleurs enfants de cette terre. C’est aussi une sorte de souillure pour la télévision algérienne qui en lui ouvrant ses studios avait permis à cette parole d’être diffusée. Le temps est passé depuis. Du sang a coulé sous les ponts. El Ghazali l’insulteur de Kateb Yacine n’a pas laissé de souvenir exaltant dans la mémoire. Si, peut-être ! Sa trace est dans le malheur contre lequel ses épigones du cru ont fracassé le pays. Kateb Yacine demeure, lui, et demeurera, comme un de ces repères qui manquent de plus en plus cruellement à notre jeunesse. Son œuvre littéraire, sa pratique théâtrale, ses positions sur divers fronts de la vie culturelle, politique et des idées est une leçon permanente d’amour pour l’Algérie des pauvres, des exploités, des marginalisés, et un bel exemple d’implication du citoyen et de l’artiste dans la vie de la cité. Comment ne pas avouer sa fierté d’appartenir au même pays que Kateb Yacine ? Comment ne pas se glorifier de son histoire douloureuse et exaltante, élevée au rang de mythe grâce à une œuvre littéraire reconnue dans le monde entier. On ne peut s’empêcher de penser à lui après ce match Egypte-Algérie qui a permis indirectement de soulever un débat inattendu sur l’algérianité. Non pas, ce qui serait une absurde association d’idées, du fait qu’El Ghazali l’excommunicateur soit Egyptien mais plutôt parce que Kateb Yacine, jeune déjà, est allé à la recherche de la nation algérienne. Lui qui venait d’un milieu populaire arabophone a très vite compris que l’arabisme et l’islamisme, ensemble ou séparément, non seulement ne rendaient pas compte de la complexité de la construction nationale de l’Algérie, mais pouvaient même, subvertis, pervertis politiquement, s’y opposer. Dans son style radical, Kateb Yacine a toujours clamé qu’aucune appartenance n’impliquait la soumission ou la servitude. Autre legs de Kateb Yacine : la liberté. De penser, d’agir, de dire. Une indépendance d’esprit comme la sienne ne court pas les siècles. On aura rarement connu un homme tel que lui, homme pour qui les idées et les sentiments importaient plus que tout. Plus que la gloire, défaut de cuirasse de petits formats. Plus que la situation sociale, matérielle, vis-à-vis desquels il a toujours manifesté une ironie grinçante. Kateb Yacine a tout sacrifié à ce qui lui semblait fondamental : mettre la liberté et la créativité au service des plus faibles. Liberté et création : voilà le message éternel de Kateb Yacine. C’est ce qu’il nous a légué en plus d’une œuvre fondatrice. Quelque part, Kateb Yacine comparait le poète au boxeur. Analogie dans la beauté du geste et de la capacité à encaisser ? A l’heure où l’idée de nation se raffermit dans les stades, ne faut-il pas plutôt apparenter le poète au footballeur ? Jongleur avec le ballon comme le poète avec les mots, ils doivent l’un et l’autre mener une bataille contre un adversaire qui est souvent la projection de soi. C’est peut-être dans l’effort que l’on déploie lors de la confrontation à l’autre afin de se mesurer, que l’on finit par se trouver soi-même et peut-être même à se définir. Mais peut-on se définir une fois pour toutes tandis que l'homme, tout comme la nation, est en construction perpétuelle ?
A. M.


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Culture (Dimanche 20 Décembre 2009)

Amazigh Kateb à “Liberté”
“La culture, c’est élémentaire !”
Par : Amine Idjer


Il était présent dans la caravane qui rendait hommage à son père. Il l’a fait à sa manière : mettre en musique ses textes. Il revient sur cet hommage et sur son dernier album Marché noir. Une tournée est prévue pour 2010, qui le conduira de l’Ouest à l’Est en passant par le Centre.

Liberté : Vous venez d’achever une tournée hommage pour le 20e anniversaire de la disparition de Kateb Yacine. Qu’avez-vous ressenti ?
 Amazigh Kateb : Ça me tenait à cœur, en tout cas, de participer aux journées qui ont été organisées à Constantine et à Sétif, parce qu’il est de la région. C’était aussi pour moi une occasion de revoir la famille que je n’ai pas vue depuis longtemps, de revoir d’anciens amis et de recevoir aussi des hommages qui ont été rendus essentiellement à base de volonté et d’amour. Il n’y avait pas de portée symbolique parce que c’était des historiens, des universitaires qui ont fait une conférence sur l’œuvre. À côté de ça, il y avait des comédiens qui ont déclamé un groupe qui a joué de la musique, moi aussi j’ai joué un peu de musique. Du coup, je pense que c’est vraiment ça, rendre hommage à Yacine. C’est reprendre ses textes, les faire vivre, faire danser les gens autour de la thématique de Yacine, parce qu’il n’était pas seulement littéraire, théâtral, il était aussi festif.

Dans votre album, vous avez mis en musique deux textes de votre père. Pourquoi spécialement ces deux-là ?
En fait j’avais besoin d’attaquer l’écriture de Yacine à travers des textes qu’il avait écrits avant d’être mon père. Car, à l’intérieur de mon âme, de mon cœur, c’est plus simple de décortiquer, de découper un texte qu’il a écrit quand il avait 17, 18 ans, voire 20 ans, que de décortiquer ce qu’il a écrit après avoir été mon père. Mais après avoir mis en musique ces poèmes-là, ça m’a permis de découvrir, de redécouvrir et de faire découvrir un auteur qui n’est au fait de sa maturité.

Marché noir est plus profond et plus sage. Peut-on dire que c’est l’album de la maturité ?
Personnellement, je ne le vois pas comme ça, parce que si c’était l’album de la maturité, ça veut dire que c’est le dernier ou presque ou je vais bientôt caner. J’ai pris une petite année pour respirer, pour aller jouer à titre personnel. Je me suis remis dans le bain des tournées d’une manière très sauvage. Et au lieu d’aller trouver un label, j’ai produit moi-même un album, qui a été fait un peu à la manouche. Dans cet album, je mets en musique mon père, mon exil… C’est le même univers. Il y a du raï ragga, du raï tindi avec du guembri. Il y a quelques expériences musicales, mais ce n’est pas un album expérimental.

Est-il difficile de porter le nom de Kateb ?
 Oui et non. C’est un nom qui peut m’ouvrir des portes, je le reconnais, mais c’est aussi un nom qui m’enferme et qui ferme des portes aussi. Mon père n’a pas que des amis, il a des ennemis, des gens qui ne l’aiment pas. On a été jouer à Sétif, le directeur de la maison de la Culture n’était même pas présent.

Vous deviez effectuer une tournée. Qu’en est-il ?
 Elle était prévue en novembre à la base, puis décalée en décembre, après c’était 5 dates au lieu de 10, après c’était walou. Je pense qu’il y a essentiellement des problèmes de logistique, peut-être des problèmes d’argent. Je sais d’expérience qu’en Algérie, pour monter un concert, ce n’est pas facile, alors que 10 concerts en 12 jours, c’est le marathon logistique. Peut-être que les conditions n’étaient pas réunies pour cette tournée. En tout cas, ce n’est pas moi qui l’ai annulée.

Dans vos textes, vous tirez à boulets rouges sur le système et c’est ce dernier qui soutient votre tournée. N’est-ce pas contradictoire ?
Non, ça serait contradictoire si je faisais quelque chose qui était dicté par le système, si j’avais une commande du système. Peut-être que là on pourrait dire que ce n’est pas logique. Pour moi, le gros problème de ce système, c’est qu’il exclut les artistes et la culture qui devient un luxe dans notre pays. Pas plus tard que durant le Festival panafricain, j’ai entendu un discours ministériel que mettre la culture à la portée de tous les Algériens, c’est révolutionnaire. Ce n’est pas révolutionnaire, c’est élémentaire ! Il y a un vrai déficit de lien social en Algérie qui ne peut être que du ressort de la culture. Quand on a l’habitude d’aller ensemble voir des événements culturels, on s’habitue à être ensemble, au respect mutuel. Mais quand il n’y a que les matches de foot pour se défouler, ça donne un public très masculin et c’est un défouloir sans fonds idéologique ni culturel. Pour moi, heureusement qu’il y a le foot, car il canalise toute ces énergies. Et s’il y a une véritable politique culturelle, en 5 ans, ces jeunes seraient sociabilisés. Et puis, c’est facile de critiquer de l’extérieur.

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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 20:49

Nous y reviendrons sur cette maladie qui affecte surtout les jeunes filles (9 cas sur 10). Le Corail de Corniche Jijélienne et de Bgayet pourra aider dans le traitement chirurgical des patients scoliotiques (voir l'article scientifique ci-dessous).


Use of Coralline Hydroxyapatite and Autologous Growth Factors in Pediatric Patients Undergoing Posterior Spinal Fusion for Correction of Scoliosis.
Michael T. Rohmiller, M.D. et al (2005)
Vanderbilt University Dept. of Orthopaedics and Rehabilitation
Nashville, TN


The accepted surgical management of scoliosis relies on correction of the deformity with resultant stable fusion. Autogenous bone grafting is the gold standard for spine fusion, however, not without complications. Alternative graft choices have been widely studied, but with variable outcomes.
At our institution, we examined 21 pediatric patients who underwent posterior spinal fusion and instrumentation supplemented with coralline hydroxyapatite and autolgous growth factors. The patients did not receive supplemental autogenous or allograft bone graft. We believe that coralline hydroxyapatite and autologous growth factors are safe and effective alternatives to autogenous or allograft bone when attempting to achieve a stable fusion in patients undergoing deformity correction
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el Watan 20-12-2009
 


Scoliose idiopathique : Les enfants scoliotiques dans la détresse
Scloliose idiopathique : Les enfants scoliotiques dans la détresse

La prise en charge chirurgicale de la scoliose a pratiquement disparu en Algérie dans les structures de santé publiques l Les transferts pour soins à l’étranger sont interdits l Des centaines d’enfants scoliotiques, notamment des filles, ne savent pas à quel saint se vouer.



La scoliose idiopathique est une déformation de la colonne vertébrale qui survient pendant la croissance, sans cause décelable et en dehors de tout contexte pathologique. Souvent, la scoliose est dépistée à titre systématique au même titre que la carie dentaire par le médecin scolaire, le médecin de famille ou le pédiatre. C’est parfois l’asymétrie du triangle formé par la taille et le bras de l’enfant qui intrigue les parents, ou l’impression qu’il a une grosse hanche, une épaule plus haute, un omoplate qui pointe ou bien une jambe plus courte. C’est l’examen clinique de l’enfant qui permet de faire la différence sur la notion de « bosse » ou de « gibbosité », expliquent les spécialistes.

La cause la plus fréquente est la mauvaise attitude assise à l’école, l’inégalité de longueur des membres inférieurs (la courbure disparaît en équilibrant le bassin), la raideur ou rétraction d’une hanche, etc. Bien qu’un facteur héréditaire paraisse certain, beaucoup d’autres hypothèses ont été avancées mettant en cause des facteurs neurologiques, musculo-ligamentaires, mécaniques ou biochimiques. Il est établi par les spécialistes que la scoliose dorsale et dorsolombaire idiopathique se constituent avant l’âge de 6 ans, et même probablement lors de la première année. Les filles sont 8 fois plus atteintes que les garçons. La déformation est inesthétique et a d’importantes répercussions psychologiques, a tenu à souligner le Pr Kaced lors du premier congrès de la Société algérienne de médecine physique, et elle a des répercussions sur l’état de santé des personnes, comme la diminution de la capacité respiratoire avec insuffisance respiratoire et répercussions.

C’est devant ces complications graves que les enfants sont soumis à des consultations, a signalé le Pr Kaced, président de la Samer. Elle a insisté sur la prévention de la scoliose en effectuant un dépistage systématique des enfants scolarisés. Un dépistage qui doit se faire à l’âge de 6 ans, notamment chez les personnes à risques et qui doit être refait à 9 ans et à 15 ans pour les filles et à 12 ans et 16 ans pour les garçons. « Il est important de dépister et de prévoir l’évolution d’une petite scoliose afin de décider du traitement qui empêchera cette évolution naturelle », a-t-elle indiqué. Les résultats de son étude portant sur l’évaluation de la prévalence de la scoliose idiopathique réalisée en 2006 qu’elle a présentée, ont montré que 2,6% d’enfants scolarisés à Alger sont atteints de courbures scoliotiques. Deux filles pour un garçon en sont atteints.

L’étude a donc porté sur 196 élèves d’un échantillon de 19 529 enfants suivant un cursus fondamental dans la capitale et souffrant d’une scoliose idiopathique. Cette unique enquête a montré que sur l’échantillon étudié, 868 élèves présentaient des courbures scoliotiques, consultés, dont 220 présentaient une déformation du 2e degré et 196 souffraient d’une scoliose idiopathique contre 4 qui l’ont développée. Le Pr Kaced a expliqué, en outre, que 8,9% ont eu un traitement conservateur, c’est-à-dire sans passer par le bloc opératoire, contre 2,3% de cas chirurgicaux, soulignant que sur les 89,5% cas surveillés, « beaucoup ne le sont plus actuellement à cause du changement de domicile ».en précisant que l’enquête en question a duré trois mois, alors que le suivi des patients s’est étalé sur deux ans.

Elle a déploré, par ailleurs, l’absence d’équipes dans les services spécialisés, ainsi que des équipements pour faire face à cette maladie. « Il y a une insuffisance de services qui prennent en charge la pathologie scoliotique, comme il y a aussi un manque d’équipes spécialisées, notamment dans la chirurgie. Depuis 2008, un dépistage systématique est organisé dans des écoles mais les enfants orientés ne sont pas pris en charge », a-t-elle encore déploré. Elle en appelle aussi à la mise en place d’une stratégie nationale pour la prise en charge de cette maladie en renforçant la formation des médecins de santé scolaire et des généralistes. Comme elle plaide pour la formation de spécialistes et la création d’équipes multidisciplinaires voire des pôles d’excellence. Elle appelle à la mise en place d’un comité national de la scoliose qui est aujourd’hui un véritable problème de santé publique en Algérie.




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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 20:12
el watan

1e Festival national du théâtre Amazigh à Batna : Un tomber de rideau en apothéose

La première édition du festival national du théâtre amazigh s’est clôturée vendredi dernier au théâtre régional de Batna.



Cet évènement culturel, qui, durant 9 jours, a tenu en haleine les férus du 4e art, a accédé à toutes les promesses et a atteint ses objectifs car, selon les spécialistes, pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître. M.Yahiaoui, directeur du TR de Batna et commissaire du festival, déclare : « Pour cette 1ère édition, devenue une réalité, nous nous estimons très satisfaits et très heureux, et ce ne sont pas les participants de tous bords qui nous contrediront. L’engouement et la motivation affichés par les jeunes, surtout, tout au long du festival et à travers les 17 pièces présentées, sont pour nous un autre motif de satisfaction ». Et d’ajouter : « Le théâtre amazigh est bien né, il est là palpable, véhiculant un autre visage de notre culture nationale millénaire, visage expressif, pur et limpide de notre amazighité. »

La célèbre Hamida Aït El Hadj abonde dans le même sens, corroborant les impressions du commissaire du festival : « J’avoue que je suis surprise et subjuguée à la fois. Ce festival a été d’une grande réussite sur tous les plans : organisation, logistique et artistique surtout. Le public était très attentif, très compréhensif et très intéressé par les 19 pièces auxquelles il a assisté. Bien sûr, Batna qui possède un théâtre d’envergure nationale, n’est pas étrangère à cette réussite. J’avoue aussi que les pièces présentées par le TR de Batna et les performances de leurs acteurs m’ont vraiment laissée pantoise, elles étaient de loin supérieures à celles présentées par le TNA. Cela ne me surprend guère connaissant la valeur des artistes batnéens et leur théâtre. » Rappelons que des prix ont été remis aux lauréats : prix du meilleur acteur à Samir Oudjit du TR de Batna, idem pour le prix de la meilleure scénographie. Le prix du meilleur texte est revenu au TNA et enfin, le prix de la meilleure mise en scène au TR de Bejaïa.



Par Abdelhakim N.

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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 19:14
el khabar

Le FFS accuse les autorités de combattre l’Ibadisme
Tabou se plaint aux ambassades occidentales

Le Front des Forces Socialistes a décidé de boycotter les élections du renouvellement du sénat et a annoncé par l’intermédiaire de son porte-parole, Karim Tabou, avoir envoyé un dossier faisant état « des dépassements de l’Etat à l’égard de ses  partisans », aux représentations diplomatiques occidentales, en Algérie, l’accusant de « mener une guerre contre l’identité ibadite ».
Les membres du conseil national du FFS qui se sont réuni à Ghardaïa lors d’une assemblée exceptionnelle ont voté presque unanimement contre la participation des élus locaux du parti aux élections du sénat, prévues le 29 décembre prochain, et ont chargé le secrétariat du parti de rédiger un rapport concernant la session exceptionnelle du mouvement dont l’ordre du jour portait sur sa position dans l’élection d’un tiers des membres du sénat et de sa position dans l’augmentation du SNMG.
M Tabou a déclaré que le parti avait préparé un dossier des dépassements dont avaient été victimes les militants des droits de l’homme à Ghardaïa, destiné, entre autres, aux pays occidentaux, assurant que le FFS comptait adopter une politique de protestation et de solidarité entre tous ses partisans pour les protéger des abus de l’état. Le leader du parti de Hocine Ait Ahmed a dénoncé dans une lettre qu’il a adressée, depuis la suisse, à ses partisans, ce qu’il a qualifié de « dépassements » dont ont été victimes les militants pour la démocratie et les droits de l’homme à Ghardaïa, s’interrogeant sur le soutien apporté par l’Algérie à la militante sahraouie, Aminatou Haider, alors qu’elle persécutait les militants des droits de l’homme de son pays ».
M Ait Ahmed a, par ailleurs, déclaré que les ambassades européennes étaient surveillées en permanence par l’Etat, alors que le premier secrétaire du parti, M Tabou est allé alors encore plus loin, en déclarant au sujet de la  situation des militants du parti et de la ligue algérienne des droits de l’homme à Ghardaïa que « les jugements étaient dictés aux juges par téléphone », ajoutant, concernant le jugement prononcé par la cour pénale de Ghardaïa, en faveur des militants de son parti, avant-hier, que « les voix de la protestation  dans les rues avaient été plus fortes que les instructions données aux juges par téléphone ». Il a également souligné que le parti avait constitué un dossier qu’il avait adressé aux embrassades étrangères  et qu’il avait été étonné que la plupart des employés des ambassades, rencontrés, étaient au fait des moindres détails de la situation  des militants des droits de l’homme à Ghardaïa.
Un des responsables du parti et de la ligue algérienne des droits de l’homme à Ghardaïa, Fakhar Kameleddine, a accusé, dans son rapport, les autorités algériennes de « combattre l’identité locale des habitants de Ghardaïa », déclarant dans un des paragraphes du rapport que « les autorités algériennes avaient lutter contre l’identité ibadite, en refusant, non seulement, de l’enseigner dans les écoles, mais en pratiquant une politique de persécution à l’égard des adeptes de cette doctrine, les qualifiant d’étrangers, dans les livres scolaires (livre d’histoire de deuxième année moyen), ce qui est on ne peut plus discriminatoire et dangereux pour les ibadites ». 

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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 19:00
source: http://www.lematindz.net/news/2897-histoire-et-identite-les-arabes-ont-ils-conquis-lalgerie.html



Histoire et Identité : Les Arabes ont-ils conquis l’Algérie?

Le débat secouant la société algérienne sur la question cruciale de l’identité arabe ou berbère de l’Algérie nécessite un retour à la source de ce clivage. L’origine en est, bien entendu, l’expansion arabe en Afrique du nord. Certains affirment que les Arabes n’ont jamais conquis l’Algérie, d’autres se revendiquent une origine arabe justifiant ainsi l’identité arabe de l’Algérie. Qu’en est-il en réalité? Afin de répondre à cette question, deux périodes, marquées  par deux mouvements d’expansion majeurs,  doivent être prises en considération : La période de la première expansion et celle ayant trait à la seconde, celle les Béni-hillals

Première vague: Période 700-973

Les Arabes, après avoir imposé leur dominations sur La Tripolitaine (Libye) et l’Ifrikiya (Tunisie) s’imposeront face aux  Berbères (698) dirigés par Tarik Ibn-Ziad, les intègrent  à leur armée et continuent leur expansion vers l’Ouest en suivant l’axe Biskra-Tlemcen et Tanger pour finalement conquérir l’Andalousie (711). Dans  le cadre algérien, seul le Constantinois fera l’objet, de leur part d’une présence de type militaire, caractérisée, par ailleurs,  par une forte méfiance vis-à-vis des populations locales. En effet, la région  voit l’installation, sur son sol, de forteresses dans le Hodna et le Mzab qui montaient la garde face à l’Aurès et d’autres dans la région de Annaba  contre  la Kabylie, renforçant par là même l’enracinement des populations berbères dans les montagnes. Les Arabes établiront avec les Berbères des relations distantes, marquées surtout par le désir de soumettre les habitants au payement de l’impôt (villes) ou du tribut (campagnes). Cette politique déclenchera de la part des communautés Berbères de nombreuses insurrections qui s’étaleront durant tout le 8ème siècle et créeront un contexte approprié à la naissance d’un mouvement d’opposition non- arabe: il s’agit du kharidjisme (700-799),  qui est le premier mouvement de remise en cause de  la présence ethno-arabe en Afrique du nord. Les révoltés berbères adhèrent, en effet, à ce mouvement, de type islamique, et l’utilisent comme idéologie de contestation et de mobilisation face au pouvoir arabe. Il se localisera  dans le Mzab, et  mènera, sous la direction de Ibn Rustum, émir de Tahart, la  guerre contre les troupes arabes mais il ne réussira pas à s’étendre en dehors des régions sahariennes. Les troupes arabes, dirigées par le gouverneur du Mzab, Aghlab vaincront  les Kharidjites, et les obligeront à s’engager à vivre dans leurs cités du Mzab. Les Aghlab bénéficient, pour cette victoire du pouvoir au Maghreb. En effet en 800, le premier Aghlab obtient  le titre Émir et il le lèguera à ses héritiers. La dynastie aghlabide règnera sur le Maghreb pendant tout le 9ème siècle (800-900). Elle  concentra ses actions sur la Tunisie et le Maroc, régions riches et prospères et sources d’impôts et de tribut. Les Aghalabides ne s’intéressèrent pas au territoire proprement algérien car celui-ci n’offrait aucun intérêt économique. Même le Constantinois, proche du centre du pouvoir (Kairouan) est ignoré, car il brille, comparativement à la Tunisie, par sa pauvreté. Pauvre, la région est délaissée à elle-même, de sorte que les Aghlabides n’entreprirent aucune campagne pouvant aboutir à l’installation d’une population arabe dans cette contrée. Plus encore, ils établirent avec les populations un rapport basé sur la force et la distance, rapport symbolisé  par les forteresses, comme mentionnées ci-haut. Cette marginalisation, dont étaient victimes les Berbères, en fera un terrain fertile pour les ennemis des Aghlabides, à savoir, Les Fatimides. Alliés du mouvement abbaside, les aghlabides vont, en effet, être la cible d’un deuxième mouvement de remise en cause de leur présence en Afrique du nord, entre 900 et 976. Il s’agit du chiisme. Adeptes de l’imam Ali, les chiites ou Fatimides, se posèrent en adversaires des Abbassides au pouvoir en Orient et au Maghreb. La contreverse portait sur la succession du prophète de l’Islam. Une guerre entre les deux camps s’en suivit et le conflit se transposa au Maghreb. Les dirigeants arabes du mouvement, réussirent à convaincre certaines tribus berbères du Sud-constantinois de se joindre à leur lutte. Ces Berbères vont constituer la force de frappe de l’armée fatimide et participer aux assauts contre le pouvoir arabe en Afrique du nord. La guerre entre les deux tendances (Abbassides et Fatimides) s’est étalée  de 902 à 946  pour finalement se conclure par la victoire des fatimides. Ce mouvement, dirigé par des Arabes avec des groupes berbères, comme supports, qui a eu comme champs d’action  l’axe Tunisie-Sahara-Maroc mais  non pas l’Algérie-nord (constantinois, Kabylie, Algérois, Oranie), n’eût pratiquement aucun impact  sur la composition ethno-berbère de la population algérienne. Bien plus encore, sa victoire sur les Aghlabides donna lieu à un événement majeur qui allait faire chuter la présence arabe en Algérie au point zéro. Il s’agit de la décision du calife fatimide Al-Mu’izz, dernier suzerain arabe au Maghreb (Tunisie), de conquérir l’Égypte. Cette action entreprise, avec l’aide d’une armée composée de 100 000 cavaliers Berbères (Kotamas,Sanhadjas), originaires en majorité du sud-constantinois, vit le départ des populations arabes d’Afrique du nord et la transmission du pouvoir à des Berbères islamisés(Zirides). Cette évolution aboutit à une disparition totale de l’élément arabe en Algérie de sorte qu’on peut dire que la première vague arabe ayant établi sa domination sur l’Afrique du nord, ne fut pas, dans l’espace algérien, une colonisation de peuplement. La présence arabe se localisa, en effet, en Tunisie, au Maroc et en Andalousie, en raison de leur potentiel dans les domaines agricole et abricole. L’Algérie fut essentiellement une zone de passage suivant l’axe Sud-constantinois-Biskra-Tahert-Tlemcen. Qu’en sera-t-il avec la deuxième vague, celle des Béni-hillal (1051) ? Sera-t-elle une colonisation de peuplement, ou bien un mouvement passager sans aucun effet sur le caractère berbère de l’Algérie ?

Seconde Vague : Les Béni-hillals (1051-1163)

Ces tribus arabes, ont  migré en Afrique du nord en 1051. Leurs mouvements se sont inscrits par rapport à trois axes. En premier la Tunisie. Les tribus arabes renversent le pouvoir central des Zirides et imposent leur domination. Chaque chef de tribu accapare une principauté, impose son autorité, soumet les habitants des villes à payer une redevance et  les cultivateurs et arboriculteurs à donner une partie de leurs récoltes de blé, de dattes, et d’olive (un tribut), se charge du commerce ou bien le contrôle. En deuxième, le Maroc. Leur avancée, dans un premier temps vers l’Ouest est stoppée nette par des tribus berbères (Zénètes), fidèles au pouvoir marocain, de sorte qu’ils ne conquérront pas le Maroc. Ils rebrousseront chemin vers la Tunisie, ou bien s’adonneront à la razzia, soit des villes limitrophes des hauts plateaux, provoquant ainsi la ruine de Tahert, soit à l’encontre des caravanes commerciales allant de l’Est à l’ouest entraînant ainsi un déplacement des routes commerciales traditionnelles vers l’intérieur du Sahara. En troisième lieu, le Sahara:Une partie des tribus se retrouvent intégrées avec le temps dans le commerce transaharien sillonnant les régions sahariennes. Un commerce surtout autour de  Sidjilmassa, zone ou les nomades allaient échanger la poudre d’or contre le sel, pour passer ensuite par vingt quatre oasis-escales, lieu de chargement des dattes et finalement pour se diriger vers l’Orient, l’Andalousie ou bien, le Maroc ou la Tunisie, une région qui par ailleurs a reçu le plus grand nombre de nomades arabes. Qu’en est-il, sur ce point de l’Algérie, en d’autres mots, les nomades arabes se sont-ils établis dans l’espace formant aujourd’hui l’Algérie ? Quatre zones, pouvant permettre de répondre à cette question, sont à distinguer : Le Constantinois, la Kabylie/Aurès, l’Algérois et l’Oranie. S’agissant du Constantinois, exposé à la Tunisie, il est marqué par une paix relative entre Arabes et Berbères  pendant les cinquante premières années. Néanmoins, par la suite les Arabes poussèrent leurs incursions et les razzias vers cette région restée sous l’autorité des Hammadides, dynastie berbère. L’émir An-nasir, chef  de cette dynastie, ébranlé par les attaques arabes évacua la région et reflua vers l’ouest, au-delà des montagnes de la petite Kabylie. Il fonda An-nasiriya (bédjaia), un lieu choisit car les montagnes, inaccessibles aux chameaux, moyen de déplacement des nomades, offraient une protection certaine contre les attaques arabes. L évacuation par l’émir du constantinois créa un champ libre pour les troupes arabes. Vont-elles l’occuper comme dans le cas de la Tunisie ? Le Constantinois qui donnait sur la Tunisie se composait, schématiquement, de trois régions: a)- la plaine d’Annaba qui n’offrait pas de point d’ancrage, c'est-à-dire une économie agricole, en d’autres mots une paysannerie pouvant, comme dans le cas de la Tunisie, fournir un tribut ou un impôt. C’est une région parcourue par des éleveurs de moutons, vivant à la limite de la survie, refusant de payer des impôts ou un tribut. Les montagnes environnantes constituaient pour eux un refuge sûr face aux incursions arabes. De fait, la plaine d’Annaba ne constituait pas un fort attrait pour les nomades arabes. Ces derniers ne s’établirent pas dans cette région. b)- Axe plaine d’Annaba-Sud constantinois. Cette zone qui allait de la plaine d’Annaba au sud-constantinois était une région boisée parcourue aussi par des éleveurs berbères, relativement pauvres, et qui, en cas d'attaques nomades, se réfugiaient dans les montagnes. Ils le firent d’ailleurs, fuyant les razzias arabes, donnant lieu ainsi à la naissance de villages encore présents aujourd’hui. Comme dans le cas précédent, les Arabes, impuissants à obliger les Berbères de cette région à leur fournir des moyens de subsistance, ne s’y établirent pas. c)- La troisième région est le sud de Constantine, une région marquée par deux éléments ayant suscités la convoitise des tribus arabes (Athbej) : une activité agricole autour de la production de céréales qui soumit les paysans au harcèlement et aux razzias ainsi qu’une route empruntée par des caravanes venant du Sahara et se dirigeant vers le port de Bédjaia ou la Tunisie. Cette région qui était sous contrôle des hammadites devint le théâtre de batailles fréquentes entre les nomades arabes qui contrôlaient une bonne partie de la Tunisie et les Berbères. Les nomades cherchaient à imposer leur domination aux paysans ainsi que leur contrôle sur cette nouvelle route caravanière allant du Sahara à Bédjaia, devenue port d’exportation. L’issue du conflit entre les deux groupes semblait incertaine quand une élément extérieur à la région allait précipiter les événements : La montée en puissance des Mouahidines (Almohades) au Maroc. Abdelmoumem, l’émir de cette dynastie, décida, en effet, d’organiser une expédition militaire  afin d’imposer son autorité sur l’Ifrikiya ou les Hillaliens disposaient du pouvoir. Une bataille qui dura quatre jours eût lieu en 1151 à Sétif. L’armée almohade  fit face aux Hillaliens, les écrasa et les entraîna à fuir la région vers le désert tunisien et libyen. Les troupes almohades poursuivirent leur déploiement vers la Tunisie, dans le but de mettre fin définitivement au pouvoir des Béni-hillals : Début 1159, Tunis fut conquise, Mahdiya prise, ainsi que Sfax, Sousse, Gabès et Tripoli. Défaits et définitivement terrassés, les Arabes disparaîtront totalement comme pouvoir de l’ensemble de l’Afrique du nord. Ils se disperseront au point ou peut-être beaucoup d’entre eux retourneront vers l’Orient. On n’entendra parler d’eux par la suite, dans les écrits de Ibn-khaldoun, que comme individus enrôlés comme soldats-mercenaires dans les armées marocaines. En ce qui a trait à l’Algérie, la plus grande des conséquences de cette victoire  fût la disparition de l’ethnie arabe du Constantinois. Une disparition qui évita à cette région la même évolution que la Tunisie. Une situation que la Kabylie et les Aurès ont pu aussi éviter en raison de la topographie. Les montagnes furent en effet, une forteresse à laquelle les Arabes évitèrent de s’attaquer. En effet, ils n’y mirent jamais les pieds. Et pour cause, les nomades, ne sont à l’aise que dans le désert ou bien dans les plaines. Des régions qui ne les attirent que dans un cas: la présence d’une paysannerie qu’ils peuvent soumettre et exploiter à outrance. Une situation qui n’existe, par ailleurs, ni dans l’Algérois, ni dans l’Oranie et qui explique que ces deux régions n’aient pas été investi par les nomades arabes, n’aient pas connu de présence ou de conquête arabe. L’Algérois, région boisée, ne fut pas aussi une zone attractive. Les plaines de l’Algérois étaient, en effet, boisées, non cultivées, relativement désertes. Il n’existait pas dans cette région, comme dans le cas de la Tunisie, une paysannerie pouvant susciter la convoitise des Arabes. L’Oranie offrait le même visage que l’Algérois. Plus encore, elle était non seulement boisée mais aussi couverte de marécages. Cela dit, si pour la Kabylie et les Aurès, le désintérêt des Arabes pour ces régions est évident du fait de leur inaccessibilité aux chameaux, leur principal moyen de déplacement, dont ils ne se séparent jamais, s’agissant de l’Algérois et de l’Oranie, les nomades auraient pu, dirait-on, occuper le sol et travailler la terre ou bien devenir éleveurs de bétails. La réponse est non car une telle situation est inimaginable et  impossible et elle s’explique par la sociologie des nomades. En effet les nomades ne se voient que dans le nomadisme qu’il pratique dans le désert à travers le convoyage des caravanes, le transport des marchandises, les razzias et l’élevage des chameaux. Activité noble par excellence. En dessous, vient la catégorie élevant le mouton, une situation dégradante. En dessous de ce dernier, l’éleveur de bœufs ou de buffles relève de la dernière catégorie, celle des affreux sédentaires. Le travail de la terre est étranger à la vie du nomade, une activité méprisante et dégradante, car le nomade rejette la sédentarisation. Il est toujours en mouvement. Le seul compromis pour lui de se stabiliser dans un environnement précis est la possibilité, comme dans le cas de la Tunisie, de soumettre au servage une population paysanne, population qu’il exploite à fonds, poussant, par inconscience, les paysans à la ruine et à la fuite. Une situation, le ramenant à la vie d’éleveur et de nouveau au départ vers d’autres cieux. Un cycle signalé par Abdellah Laroui, dans son livre, Histoire du Maghreb. Une telle situation ne pouvait se réaliser dans  l’Algérois et dans l’Oranie étant donné l’absence d’une économie agricole et arboricole (arbres fruitiers). Un cas de figure qui explique pourquoi les tribus arabes n’ont pas imposé leur domination sur l’Algérie. La présence arabe a été restreinte dans l’espace algérien, au Sahara (Mzab) t elle finira aussi par disparaître. En effet, le déclin du commerce transaharien autour de l’or de sidjilmassa, voies détournées par les Portugais arrivés par l'Océan, mettra fin à leur présence dans cette région. Tous ces faits expliquent pourquoi le phénomène de la migration des tribus arabes en Afrique du nord n’a pas abouti à leur installation dans l’espace algérien. L’analyse de cet aspect sous l’aspect de la sociologie des nomades et de leur philosophie de la vie (nomadisme et mépris de la sédentarisation), la topographie algérienne (montagnes-forteresses), l’économie pratiquée (éleveurs de bétails dans le constantinois, absence de paysans), la géographie (plaines marécageuses et boisées), l’attrait du Maroc et la Tunisie, régions très prospères sur le plan économique et dirigées par des pouvoirs, notamment le Maroc, grands recruteurs, après 1151 (bataille de Sétif) de  Hilaliens, comme mercenaires,  permet de comprendre pourquoi l’Algérie n’a pas subi  de conquête ou de colonie de peuplement arabe, et que, les Algériens, même ceux  parlant l’arabe algérien ( en réalité un mélange de l’arabe classique et du berbère), sont dans leur totalité des Berbères.

ARISTOTE, (Y.S)

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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 18:20



Selon les statistiques onusiennes : 200 millions de personnes vivent loin de leur pays
Selon les statistiques onusiennes : 200 millions de personnes vivent loin de leur pays

Une étude sur le nombre de ressortissants algériens établis à l’étranger est en cours, a indiqué jeudi le secrétaire général du ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Communauté nationale à l’étranger, Abdellah Bouchenak Khelladi.



« Cette étude, qui est en cours de réalisation, en collaboration avec le réseau associatif algérien à l’étranger et les secteurs concernés, a pour but de recenser le maximum de nos ressortissants afin de pouvoir agir en matière de prise en charge », a précisé M. Bouchenak lors d’une rencontre, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale des migrants. Evoquant le nombre de ressortissants algériens à l’étranger, le même responsable a indiqué qu’il est estimé « entre 5 à 7 millions » de personnes, alors que le nombre de ressortissants algériens enregistrés au niveau des ambassades s’élève à « plus de 1,6 million de ressortissants », a-t-il dit. Par ailleurs, le secrétaire général du ministère de la Solidarité nationale a relevé que, selon les estimations des Nations unies, quelque 214 millions de personnes résident en dehors de leur pays de naissance ou de nationalité en 2010.

S’agissant de la Convention internationale sur la protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leurs familles, il a noté que jusqu’en 2009, seuls 42 Etats ont ratifié cette convention, dont l’Algérie en 2005, tandis que 15 autres Etats l’on signée. Quelque 200 millions de personnes à travers le monde vivent loin de leur pays, selon des statistiques de l’Organisation des Nations unies, rendues publiques hier à l’occasion de la Journée internationale des migrants, célébrée le 18 décembre. « La question de la migration touche chaque pays, qui peut être une terre d’origine, de transit ou de destination, ou encore les trois à la fois », a indiqué le secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, affirmant qu’en 2009, « quelque 200 millions de personnes, soit 3% de la population mondiale, vivent hors du pays où elles sont nées ».

M. Ban Ki-moon s’exprimait dans un message transmis à la presse, à Dakar, par le Centre d’information de l’ONU (CINU) pour le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Mauritanie et le Sénégal. Après avoir souligné que beaucoup de migrants « font face à la discrimination, à l’exploitation et aux mauvais traitements », M. Ban Ki-moon a assuré, dans son message, que « la migration peut être une bonne chose pour les migrants eux-mêmes, qui ont ainsi la possibilité de réaliser leur potentiel, de même que pour les sociétés dont ils sont originaires et celles qui les accueillent ». Par ailleurs, même si de nombreux pays ont imposé des restrictions plus sévères à l’immigration, et adopté des mesures plus fermes pour lutter contre les migrations clandestines, M. Ban Ki-moon a averti que « ces mesures peuvent renforcer le risque d’exploitation et de mauvais traitements ».



Par R. N.


Avis des lecteurs...


Le 19.12.2009 à 12h13

Au lieu de prétendre de prendre en charge les ressortissants vivant à l’étranger qui d’ailleurs la plupart ne le demandent pas, l’Algérie serait mieux inspirée de s’occuper de ses ressortissants vivant au pays,en leur assurant des conditions de vie digne.

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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 19:24

Actualité (Samedi 19 Décembre 2009)

Le ministre de la solidarité, Djamel Ould Abbès à Liberté
“C’est aux Égyptiens de présenter des excuses !”
Par : SAMIR LAMARI/RACHID Abed

Témoin privilégié du cauchemar du Caire du 14 novembre dernier, puisqu’il était parmi la délégation algérienne, le ministre de la Solidarité nationale parle d’un “complot ourdi et préparé bien à l’avance”.  

Liberté : Tout d’abord, peut-on savoir ce qui  explique votre présence aujourd’hui  à  la  conférence de presse du sélectionneur national, M. Rabah Saâdane ?
Djamel Ould-Abbès : Après avoir vécu la belle épopée de l’équipe nationale de football lors de la double confrontation contre l’Égypte, puisque j’ai eu l’honneur de faire partie de la délégation algérienne au Caire et à Khartoum, j’ai tenu à venir saluer mon ami Rabah Saâdane qui est pour moi l’un des grands artisans de cette performance retentissante. Un exploit qui a plongé le peuple algérien dans un bonheur immense. La soirée du 18 novembre restera gravée dans la mémoire des Algériens comme un moment de défi et de communion. Ce sont des instants extraordinaires que je ne pourrai jamais oublier, et qui me donnent encore la chair de poule.
 
Avant d’évoquer ces moments fabuleux de liesse générale, on ne peut pas aussi oublier qu’une équipe nationale algérienne a été agressée dans un pays frère au moment de son arrivée au Caire, n’est-ce pas ?
C’est clair, chaque Algérien a été touché dans sa chair à travers cette agression caractérisée contre le bus de l’équipe nationale et, personnellement, j’ai été scandalisé par un tel comportement barbare. Ce qui m’a fait le plus mal dans cette affaire, c’est que les Égyptiens ont été jusqu'à nier cette agression en affirmant que les Algériens se sont autoflagellés pour faire croire à un complot.
Est-ce raisonnable de débiter de telles inepties à un moment où notre équipe nationale arrivait au Caire afin de jouer son avenir pour les qualifications à la Coupe du monde ? C’est absolument scandaleux.  Mais, à mon avis, la présence dans le bus, qui transportait la sélection algérienne, de l’équipe de Canal+ a avorté le véritable complot égyptien. Le soir même de l’agression, les images de cette agression ont fait le tour du monde, et cela a fini par mettre à nu les velléités de déstabilisation égyptiennes.
En fait, ils projetaient une agression à huis clos pour intimider notre équipe et lui faire peur. Ils voulaient provoquer d’emblée un traumatisme chez nos joueurs pour les amener à perdre leurs capacités le jour du match. C’est un complot préparé bien à l’avance. Mais, encore une fois, Canal+ a tout estampillé.
Alors, les Égyptiens n’ont pas d’autre choix que de nier, mais la Fifa avait vu, d’où la mise en garde sévère contre la Fédération égyptienne. Le reste, les joueurs l’ont fait sur le terrain d’abord au Caire en résistant, puis à Khartoum en triomphant même si je continue à croire que sans le caillassage du bus, jamais notre équipe n’aurait perdu par deux buts d’écart au Caire. Mais bon, l’essentiel, l’Algérie a vaincu ! Je veux aussi ajouter quelque chose si vous permettez.
 
Allez-y…
   
Je veux dire qu’étant présent dans la tribune officielle avec mon ami Djiar, ministre de la Jeunesse et des Sports, le jour du match, j’ai été meurtri quand notre hymne national a été sifflé par les Égyptiens. J’ai été choqué car les Égyptiens doivent savoir qu’un million et demi d’Algériens sont tombés au champ d’honneur pour que ce drapeau flotte haut, très haut. L’Algérie a une histoire et une place que personne ne peut toucher.  

D’aucuns ont critiqué le silence des autorités algériennes devant la gravité de tels évènements. Qu’en pensez-vous ? 
Le silence du président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a été assourdissant. Je pense que les Égyptiens ne se remettront jamais d’une réaction aussi digne. Les Algériens ne se rabattront pas à un tel niveau de bassesse.        
 
Et le comble dans tout cela, c’est qu’aujourd’hui l’Égypte réclame même des excuses…     
Et oui, c’est le comble ! En tout cas, ils peuvent attendre. C’est vraiment de la folie à mon sens. C’est aux Égyptiens de présenter des excuses pour tous les préjudices physiques et moraux  qu’ils nous ont causés en s’attaquant à notre équipe nationale, à notre histoire et à nos chouhada.
C’est comme l’exemple de cet homme qui vous jette de loin une poignée de boue sans être sûr de vous atteindre, alors qu’il s’est sali les mains. Vous savez pourquoi ils font tout cela ? Parce qu’ils ont cru qu’ils iraient à Khartoum en conquérants. Mais une fois sur place, ils ont été surpris par le nombre impressionnant de nos supporters ; ils ne s’attendaient pas à cela, je tiens ici à rendre hommage au peuple soudanais et à son gouvernement pour leur hospitalité et leur accueil des plus chaleureux. C’est pour cette raison que les Égyptiens ont enclenché toute cette campagne.

Pensez-vous que cette polémique finira un jour ?
Je ne sais pas, mais pour nous les Algériens, la parenthèse nous l’avons fermée depuis le coup de sifflet final de l’arbitre du match à Khartoum. L’Algérie est au Mondial-2010, c’est cela l’essentiel ; nous avons arraché cette qualification sur le terrain de vérité et non pas par des jets de pierres. Le reste ne nous intéresse pas. Aujourd’hui, cela me fait énormément plaisir quand je vois tous les Algériens et   Algériennes, sans distinction aucune, se tourner vers leur équipe et leur pays.
Cette formidable jeunesse a montré de quoi elle est capable et a donné aux Égyptiens une véritable leçon de patriotisme et d’amour envers son pays ; elle a montré tout son attachement à sa patrie et à ses couleurs, c’est ça l’Algérie. Celle qui gagne et qui va encore gagner. Ce qu’a réalisé cette équipe et son impact sur le peuple algérien, aucune partie ne peut le faire.
 
Que vous inspire, Monsieur le Ministre, tout cet engouement et tout cet enthousiasme pour cette équipe nationale de football ?
La joie et la fierté d’appartenir à un pays qui s’appelle l’Algérie avec un grand A. C’est la  consécration d’un long travail, plein de sacrifice, de sueur et de sang.  C’est une véritable épopée. Permettez-moi de saisir cette occasion pour rendre hommage à deux hommes, Mohamed Raouraoua et Rabah Saâdane ; ils méritent tous les égards et le respect, sans oublier, bien sûr, tous les joueurs qui ont été les dignes représentants de l’Algérie et les véritables héritiers des Didouche Mourad, Ben M’hidi et autres Ahmed Zabana. Je ne peux pas aussi mettre en exergue le rôle de Son Excellence le président Abdelaziz Bouteflika qui n’a ménagé aucun effort pour réaliser un exploit unique dans l’histoire, à savoir assurer le transport des milliers de supporters algériens à Khartoum pour soutenir leur équipe.
Je salue le rôle déterminant  qu’a joué Bouteflika dans la qualification des Verts, car l’apport des supporters a été pour beaucoup dans la victoire finale face aux Égyptiens à Khartoum.

Nous avons appris que votre ministère y a aussi contribué…
Effectivement, notre ministère a pris en charge plus de 2 500 jeunes pour le voyage à Khartoum.

Il faut donc lui donner les moyens nécessaires pour maintenir cette dynamique de victoire, Monsieur le Ministre ?
Je pense que l’État a fait le maximum et plus même envers cette équipe nationale. Je sais que les autorités sont très conscientes de cela  et vont soutenir largement le football et le sport en général.

On a appris que votre ministère compte honorer prochainement cette équipe nationale. Confirmez-nous cette information ? 
C’est vrai, le ministère de la Solidarité nationale compte honorer prochainement cette équipe nationale. Si mon calendrier le permet, je vais essayer d’être présent à Castelet pour le stage de l’EN afin d’organiser cette cérémonie. Mais je ne viendrai pas les mains vides.
 
Une belle surprise alors ?

Je n’en dirai pas plus. Le jour venu, vous verrez ce qu’on compte offrir à nos gladiateurs  qui ont fait honneur à cette chère patrie.

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