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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 23:15

algerie focus

 

septembre 17, 2012 6:02

2 films algériens au programme du festival du film Amazigh d’Agadir

 



Le long-métrage « Vava Moh » de Smail Yazid et le court-métrage « Yidir » de Tahar Houchi représenteront l’Algérie au 6ème Festival International Issni N’Ourgh du film amazigh (Finifa) qui aura lieu du 26 au 30 septembre à Agadir (sud du Maroc), ont annoncé ce lundi 17 septembre les organisateurs, cités par le bureau de l’APS à Rabat.

« Le film de Yazid Smaïl (deux heures, 2011) qui a obtenu « l’Olivier d’or » au dernier festival du film amazigh de Tizi-Ouzou (mars 2012) raconte l’histoire du vieux Vava Moh qui dirige sa famille conformément au droit coutumier et règles qui régissent la société kabyle », ajoute la même source.

« Le second film, « Yidir », est une fiction de 15 minutes (2012) interprété par l’acteur algérien Fawzi Saïchi, Il évoque le 1er jour à l’école, quelque part dans le monde, d’un enfant confronté à une langue qui lui est étrangère », est-il ajouté.

 

A. B. S. avec APS

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 21:52

Liberte

 

L’adjointe au maire de Bruxelles Faouzia Hariche :

« BRUXELLES EST PARTICULIREMENT ATTACHE AU FAIT QU’UN PEUPLE SOIT MAITRE DE SON DESTIN »

Par : Arezki Mokrane

Faouzia Hariche, nous voilà ici dans les locaux de votre cabinet d’adjointe au Maire de la capitale chargée de l’Instruction publique mais vous n’avez pas été dans cette Maison communale s’ouvrant sur cette magnifique Grand Place du jour au lendemain…

En 1974, vous arrivez d’Algérie...

Je suis effectivement arrivée d’Algérie en Belgique au début des années soixante-dix dans le cadre d’un regroupement familial parce que mon père se trouvait déjà ici. Il avait été mineur dans le nord de la France avant de rejoindre la région de Charleroi où il a également travaillé dans les mines de charbon. Malheureusement sa santé ne lui a pas permis de continuer à travailler. Le rêve de mon père c’était de « se faire un peu de pognon »- dit de manière un peu vulgaire- et puis de rentrer au pays où il avait laissé sa femme et ses enfants et de leur garantir un avenir. Mais les choses ne se sont pas déroulées comme il l’avait prévu puisque les reins de mon père ne fonctionnaient plus. Il était sous dialyse et, à l’époque, nous vivions à Bordj Bou Arrerridj. Or ces dialyses ne pouvaient pas lui être dispensées et il a donc rapidement compris que le retour au pays était impossible : il a organisé le regroupement familial . Donc , au début des années soixante- dix, nous sommes arrivés, maman, mes quatre frères et sœurs- puisque mon dernier petit frère est né en Belgique- dans la région de Charleroi, plus exactement à Jumet.

Nous étions effectivement une famille très modeste et nous habitions un appartement avec un minimum de confort. Je suis très reconnaissante à l’Etat belge parce que j’ai perdu mon père très jeune (il est décédé un an plus tard) et nous avons pu avoir une scolarité plus ou moins normale. J’ai fait mes études primaires et secondaires à Charleroi et puis j’ai pu obtenir une bourse (en cela je suis très reconnaissante envers l’Etat belge) car sans cette bourse je n’aurais jamais pu faire mes études universitaires. Je suis venue à Bruxelles pour entreprendre ces études universitaires en optant pour une formation en philologie romane puisque mon rêve consistait à devenir professeur. Vous voyez donc que l’enseignement coule dans mes veines depuis très très longtemps…J’ai achevé mes études et j’ai rencontré celui qui allait par la suite devenir mon mari.En définitive, je n’ai donc pas quitté Bruxelles. J’y ai rencontré des gens avec qui j’ai milité et qui m’ont progressivement poussée en politique. Au départ, je n’avais en effet pas l’ambition d’être une élue mais en 1994, un ami a vraiment insisté en soulignant que j’avais des idées et les capacités de les porter. Lance-toi et vas-y ! me dit-il. C’est alors que je me suis présentée sur les listes du Parti Socialiste au niveau local et j’ai été élue.Cela fait maintenant à peu près 18 ans que je suis élue . J’ai été conseillère communale pendant six ans et durant ces six années on m’a confié deux matières que je préfère : la première consistait à suivre les travaux de la commission chargée de l’Instruction publique et la seconde matière ce sont les soins de santé en obtenant un mandat comme membre du Conseil d’Administration de l’Hôpital Saint-Pierre.

A côté de cela, j’avais mon emploi pour me permettre de payer mon loyer et faire vivre ma famille. J’ai , je pense, fait mes preuves et bénéficié peu à peu de la confiance du groupe socialiste. C’est ainsi, si ma mémoire est bonne, que j’étais en 32ème position en 1994 ; On m’a proposé aux élections suivantes la 4ème place…

Et maintenant, en octobre 2012, la seconde place après celle du maire de la Ville Thierry Thielemans

C’est une forme de reconnaissance.

Vous avez cité la ville de Charleroi, la commune de Jumet et affirmé que vous n’aviez pas quitté Bruxelles mais vous avez aussi séjourné à Arlon, non loin du Grand Duché de Luxembourg

Oui, j’ai séjourné moins d’un an à Arlon et c’est sans doute pour cette raison que j’ai « zappé » cette ville.J’y suis restée trop peu de temps. J’y ai attendu mon premier enfant, Yacine, né à la fin de l’année 1992. Sur le plan professionnel, j’étais enseignante à Arlon pendant quelques mois avant mon retour sur Bruxelles. En fait, je vous avoue que j’ai trouvé la Gaume –puisque Arlon est une ville de la région gaumaise) et la province du Luxembourg belge très sympathiques …mais ça a duré deux mois ! Je suis plutôt une fille de la ville et mon séjour à Arlon a été un peu court. C’est aussi dans cette région que nous nous sommes mariés et ça restera quand même un souvenir.

Vous revenez à Bruxelles, vous devenez mandataire et adjointe au maire chargée de l’enseignement.Quel bilan tirez-vous de cette expérience ?

L’Instruction publique est une passion. Plus vous vous penchez sur la question de l’enseignement en Belgique et plus vous vous rendez compte qu’il y a à faire ! Cette matière m’a été dévolue en 2002 car avant cela j’étais chargée de la jeunesse. La première question que je me suis posée c’était en quoi se différencie l’enseignement dispensé par un pouvoir public d’un autre ? Quand on se pose cette question, on s’interroge sur les fondements du service public qui sont l’égalité de traitement (le fait de traiter de manière égale tous les concitoyens) et, en ce qui concerne l’enseignement c’est leur permettre l’accès à des établissements de manière équitable. Or, ce n’était pas le cas puisque nous savons qu’à Bruxelles et de manière générale dans l’ensemble de la région bruxelloise et en Wallonie, existe une sélection des élèves dans certains établissements, ce qui signifie que, dans d’autres établissements, on retrouve malheureusement des gens qui n’ont pas eu la chance d’accéder aux établissements réputés et donc , inévitablement, on assiste à une concentration des difficultés dans ces écoles .Avec tout le respect que j’ai pour les équipes pédagogiques qui tentent de faire face aux difficultés, j’ai constaté qu’elles avaient du mal à aller jusqu’au bout de leur mission d’enseigner en étant confrontées à un public homogène éprouvant des difficultés sociales et économiques énormes.

Comment avez-vous dès lors pu modifier cette situation, par exemple dans cette école réputée de « Robert Catteau » ?

Ce que j’ai fait très précisément c’est mettre en place une procédure d’inscription. Dans l’enseignement fondamental à la Ville de Bruxelles, tant en maternelle qu’en primaire, une procédure réfléchie avec les directions d’établissement a été imposée. Cette procédure répond à trois exigences : la première exigence c’est la transparence totale. Les parents, les usagers doivent en effet savoir quand commence la procédure, à quel moment elle se termine et où il faut appeler, ce qui signifie que l’information doit être très large. Cette information a eu lieu par le biais du journal communal, celui du site de la Ville de Bruxelles et du site de l’Instruction publique de la commune. Un courrier a également été adressé à tous les parents dont les enfants fréquentent les établissements de la Ville de Bruxelles et cela fait tout de même 20 000 courriers envoyés !

Il s’agissait de dispenser l’information la plus large possible pour garantir une connaissance précise de la procédure et donc , aussi, une transparence. Mais quand on dit « transparence » cela veut dire aussi que les citoyens ont un moyen de contrôler la régularité de cette procédure et on y a veillé.

La deuxième exigence c’est l’équité : toutes les demandes doivent être traitées de manière équitable. C’est également un fondement du service public car il est logique qu’on ne vous reçoive pas en fonction de la grandeur de votre portefeuille ou de la profession que vous exercez. On doit recevoir de la même manière les individus quels que soient leurs niveaux sociaux, les études entreprises ou les niveaux économiques c’est-à-dire les revenus des parents. Et la troisième exigence à laquelle devait répondre cette procédure d’inscription c’est la solidarité entre les établissements parce que je me suis rendue compte (ayant été enseignante et ayant travaillé au sein de l’association « jeunesse maghrébine » dans laquelle j’avais une fonction axée sur la scolarité) qu’il était important qu’il y ait une solidarité entre les établissements et qu’on ne tombe pas dans cet espèce de fatalisme voulant que certaines écoles reçoivent ce que d’autres ne voulaient pas…Il était donc important de garantir une certaine forme de mixité dans les établissements scolaires de telle sorte qu’on puisse être sûr que les équipes pédagogiques ne soient pas confrontées à des populations trop confrontées aux difficultés pour se concentrer aux processus d’apprentissage et à l’éducation.

Nous avons donc mis en place cette procédure qui a fortement évolué puisqu’au départ les inscriptions se faisaient auprès des chefs d’établissements qui devaient, au jour le jour, communiquer les listes pour que nous puissions contrôler. Le pire lors de la mise en place de procédures nouvelles ce sont les suspicions sur ce qui peut être fait ou non par un directeur d’école, sur ce que peut dire ou ne pas dire un concitoyen. Il a donc fallu contrôler et , la troisième année, nous avons décidé de centraliser ces inscriptions auprès d’un « call center » où se trouvent des gens qui ne vous connaissent pas et qui, immédiatement, peuvent vous dire quelle est l’école de votre choix, s’il y a de la place ou non, sans aucun parti pris. Le « call center » enregistre aussi l’ordre des coups de fil pour savoir qui a téléphoné, ce qui permet de savoir si les choses se sont déroulées de manière transparente.

La Communauté française (ndlr le ministère chargé de l’éducation et de la Culture dans les parties francophones du pays) a , de son côté, établi une procédure d’inscription dans l’enseignement secondaire mais j’ai un peu regretté que cela se fasse en secondaire car on sait que c’est dès la première maternelle que les filières se créent. En général, quand un enfant est inscrit en 1ere maternelle, on connaît plus ou moins sa trajectoire jusqu’à ses 18 ans qui marquent la fin de l’enseignement obligatoire ? Il faut faire cesser cela. Ce matin, j’ai rencontré une dame qui m’a déclaré « Moi, je veux que mes enfants soient mieux que moi ! » C’est ce que tous les parents pensent et il faut donc essayer de mettre ne place des procédures, des systèmes, qui permettent de traiter tout le monde de façon équitable.

Je veux aussi ajouter , en quittant le domaine des inscriptions, que nous connaissons un essor démographique considérable. Cet essor démographique énorme, c’est très bien…à condition qu’on l’accompagne, que les pouvoirs publics soient « pro-actifs » et qu’ils puissent répondre aux besoins de la population avant que l’on se retrouve dans une situation où il n’y a pas assez de places pour tout le monde et où, de nouveau, ce seront les gens qui seront les mieux organisés- qui sont nantis et qui ont du temps- qui pourront s’en sortir alors que les autres resteront sur le carreau. Une de mes préoccupations majeures depuis mon entrée en fonction a donc été de créer des places supplémentaires pour répondre de manière égale aux demandes de la population, élément essentiel du service public.

Vous avez des chiffres à avancer ?

Ce sont des chiffres que je tiens du Bureau du Plan. En étant en première ligne au niveau local, je peux dire que nous avions constaté qu’ une pression de plus en plus forte s’opérait sur nos établissements scolaires et que la demande devenait donc de plus en plus importante. Nous avions d’ailleurs anticipé ces chiffres avant qu’ils nous soient communiqués. C’est en effet en 2008 que le Bureau du Plan a tiré la sonnette d’alarme en nous annonçant un essor démographique et donc des besoins énormes en équipements collectifs (piscines, centres sportifs, crèches, écoles…) et tout le reste car il faut aussi loger les gens et leur permettre d’accéder aux soins de santé. Tout cela devait être anticipé.Durant cette législature ( 2006-2012) nous avons ainsi créé un peu moins de mille places supplémentaires. Dans l’enseignement obligatoire à la Ville de Bruxelles nous avons à peu près 21 000 élèves , ce qui est énorme au niveau local. Il est vrai toutefois que la Belgique a cette particularité d’avoir une organisation de l’enseignement un peu disparate et la Ville de Bruxelles est le premier pouvoir organisateur le plus important au niveau local. Vous me demandez de citer des chiffres. A l’horizon 2020, le Bureau du Plan prévoit 5200 places supplémentaires et quand on songe qu’une école rassemble en moyenne 6 à 700 élèves vous voyez tout de suite le nombre d’écoles à créer !

Combien d’écoles appartiennent à la Ville de Bruxelles ?

Une centaine.Historiquement la Ville de Bruxelles a investi énormément dans l’enseignement à tous les niveaux. Elle a un enseignement maternel, primaire et secondaire mais aussi des Hautes Ecoles comme la Haute Ecole Francisco Ferrer avec ses cinq catégories puisqu’on y forme des infirmières et des enseignants…Il y a aussi, dans l’enseignement supérieur, l’Académie des Beaux Arts. Et puis nous dispensons également un enseignement de promotion sociale qui est éminemment important en Région bruxelloise puisqu’on sait qu’il y a sur ce territoire une forte population sous diplomée n’ayant pas eu malheureusement la chance d’aller au bout de son cursus scolaire.Il faut donc lui permettre d’accéder à l’enseignement de promotion sociale tout en travaillant, en ayant une occupation pendant la journée. Enfin , nous avons un enseignement à horaire réduit qui concerne en général l’Académie des Arts.

Autre caractéristique de l’enseignement à Bruxelles c’est l’enseignement à la fois francophone et néerlandophone. Quand on réunit tout ce beau monde, cela fait 42 000 usagers qui fréquentent les établissements de la Ville de Bruxelles !

En outre , la spécificité du département de l’Instruction publique de la Ville de Bruxelles a trait aux bibliothèques publiques. C’est une volonté politique du groupe socialiste car nous estimons que les bibliothèques doivent être un outil pour la population scolaire.

Madame Hariche, vous avez été enseignante. Vous n’ignorez pas que , souvent les élèves qui éprouvent des difficultés scolaires sont orientés –parfois trop facilement- vers l’enseignement technique et professionnel

C’est une préoccupation majeure. Des remédiations ont donc été mises en place.J’ai l’intime conviction- et j’ai quand même réussi à convaincre pas mal de personnes autour de moi-qu’il est évidemment plus facile pour les milieux aisés d’organiser de la remédiation lorsqu’une difficulté scolaire se présente. On a par exemple les moyens de payer un professeur particulier…Ce n’est pas le cas dans les milieux défavorisés. Nous avons donc créé 16 antennes de soutien scolaire pendant ces six dernières années.

Ce soutien scolaire est envisagé dans les écoles ou dans les quartiers ?

Il est organisé soit dans les écoles , soit dans les quartiers. En fait, on n’a pas voulu organiser le soutien scolaire d’une seule manière parce qu’on se dit qu’il y a plusieurs types de difficultés. Le soutien scolaire est donc organisé par les établissements d’enseignement primaire et les parents peuvent même demander que leurs enfants soient pris en charge par des enseignants différents de ceux qui suivent les enfants dans la journée.Ces remédiations ont lieu après 16 heures et les enseignants qui fournissent ces cours sont en communication continue avec les enseignants du jour qui donnent leurs avis sur la nécessité de la remédiation.Ceci nous permet de ne pas avoir de dispersion des moyens en concentrant nos efforts sur les enfants qui en ont le plus besoin. D’autre part, nous obtenons ainsi un soutien scolaire plus efficace. L’enseignant du jour communique également par le biais du « journal de classe » (ndlr le cahier de textes) avec l’enseignant du soir et les parents ont la faculté de lire ces communications, ce qui participe également à l’amélioration des résultats des enfants.

Dans le secondaire, j’ai demandé aux établissements scolaires d’organiser la remédiation de façon « structurelle » car je pense que l’adolescent a souvent le sentiment d’être capable de résoudre seul les problèmes rencontrés alors que ce n’est pas toujours le cas. L’élève en secondaire est donc obligé de se rendre en remédiation et ce soutien est organisé pendant les heures scolaires et pendant la période où les jeunes sont encore attentifs et pas trop fatigués.

Des projets pédagogiques originaux se sont aussi développés car j’ai proposé aux directions d’écoles de réfléchir à la situation de l’échec scolaire qui est en très nette augmentation au cours de ces dernières années.

Et vous avez trouvé comment juguler cette situation d’échec scolaire en progression ?

Nous nous sommes penchés sur cette question et il existe un système connu : celui du contrat pédagogique. Plutôt que de faire passer des examens de repêchage aux élèves, on leur propose un contrat en leur disant « Eh bien maintenant, tu as un an pour résoudre ton problème… ». Si un élève n’a pas réussi à résoudre une difficulté scolaire pendant les dix mois de cours, il nous semble en effet difficile de résorber cette difficulté pendant les deux mois de vacances d’été… Deux établissements se sont lancés dans ce projet pilote et nous suivons, avec un pilotage très précis, ce qui est fait par rapport à ce contrat pédagogique. Nous espérons évidemment que l’évaluation sera positive pour l’étendre à d’autres écoles. Moi, je suis convaincue mais il faut montrer que cela marche !

Vous avez été professeur de français. Les programmes sont déterminés par le ministère et non par la Ville bien que des propositions émanant d’autres pouvoirs organisateurs peuvent être acceptés par les services d’inspection. Le programme de français mentionne l’étude d’auteurs « hors de France » mais on constate que les auteurs maghrébins par exemple sont peu exploités dans les classes. Or la connaissance des textes de ces auteurs peut être bénéfique à l’ensemble des apprenants . Ici même en Belgique, une œuvre comme « Le Cadavre encerclé » de Kateb Yacine a été montée en 1958 pendant la lutte d’indépendance alors qu’elle était interdite en France. La Ville de Bruxelles a-t-elle des projets, des pistes dudactiques pour sensibiliser les élèves fréquentant les établissements scolaire de son réseau pour qu’ils soient sensibles à ces auteurs ?

Je n’entre pas dans les aspects pédagogiques à ce point-là !

-Mais vous avez été professeur de français ?

En tant que professeur de français c’est clair. Nous avons lu des auteurs maghrébins qui écrivaient en français et franchement il n’y avait aucun souci par rapport à cela : ni les services d’inspection, ni les directeurs d’établissements ne se sont opposés à ce que ce type de lecture se fasse dans le cadre de mon cours.Vous avez, quand on laisse aux él èves la possibilité de choisir des auteurs et de présenter des œuvres en classe, j’ai constaté que des élèves avaient choisi des textes de Driss Chraibi alors que d’autres ont proposé des livres de Rachid Boudjedra ou d’Azzouz Begag…Franchemeent, ni les inspecteurs, ni les directions ne nous interdisent d’aborder ces auteurs. Par contre il y a un certain nombre de courants littéraires qui sont cités mais nous disposons d’une certaine marge de manœuvre et moi, je pense qu’il faut faire confiance aux enseignants en leur laissant approcher les auteurs qu’ils maîtrisent…

Oui, mais ne faut-il pas faire davantage ? La Fédération Internationale des Professeurs de français avait en son temps édité une anthologie des auteurs « hors de France »…Voilà un outils que les enseignants peuvent utiliser or les professeurs possèdent peu d’outils pédagogiques à exploiter en classe

Franchement, ce que vous dites est valable pour toutes les littératures…

Oui mais en ce qui concerne les auteurs français , les ouvrages pédagogiques existent sur le marché.On peut bien entendu élargir cette approche non seulement aux auteurs maghrébins mais à ceux de la rive sud et nord de la Méditerranée, aux écrivains africains…Car dans les classes, on trouve des élèves aux origines diversifiées et de tels outils pourraient les sensibiliser en les motivant davantage

Je suis un peu étonnée. Je ne crois pas avoir un parcours atypique : à l’Université , nous avions un cours de littérature négro-africaine et je pense que les professeurs de français n’ignorent pas totalement cette littérature mais vous avez raison, ce ne sont pas des outils pédagogiques. Ce ne sont pas des livres conçus pour être exploités directement en classe. Il existe cependant des livres qui s’intéressent à ces littératures. Il y a donc des références. Dès lors si un professeur a envie d’exploiter cet aspect il n’est pas sans rien.Ce n’est pas non plus la panacée.Mais de toutes façons l’école ne pourra pas non plus absorber tout ! Les professeurs doivent aborder avec leurs élèves ce qu’ils maîtrisent le mieux et pour avoir été enseignante, je suis convaincue qu’on laisse une marge de liberté aux élèves dans le cadre d’un cours de français. Rien n’empêche un élève de se sentir attiré par un auteur maghrébin ou africain et même des écrivains traduits par exemple du portugais. Du moment qu’il s’agit d’auteurs connus, du moment que les élèves lisent, qu’ils savent synthétiser, qu’ils peuvent faire la présentation de l’ouvrage qu’ils ont lu, du moment qu’ils sont capables d’analyser la psychologie des personnages….Qu’importe le flacon !...

Après cette interview axée sur le bilan de votre action dans le domaine de l’enseignement abordons maintenant , si vous le voulez bien , un autre aspect : celui de votre action dans le domaine de la santé

Depuis toujours, je me suis intéressée au domaine de la santé, surtout la problématique de l’accès aux soins , de manière à garantir à tout le monde une vie suffisamment digne. Je dois vous dire que j’ai été tout d’abord membre du Conseil d’Administration de l’Hôpital Saint-Pierre et même présidente de cet hôpital. C’est une institution extraordinaire, terriblement humaniste. Tout le monde est soigné à Saint-Pierre quelle que soit la grandeur de son portefeuille ! C’est un hôpital qui dispense des soins de grande qualité puisque c’est un hôpital universitaire, ce qui signifie qu’on y fait de la recherche, qu’on y forme des gens et qu’on dispose aussi dans cette établissement de techniques de pointe. La Ville de Bruxelles est une des rares communes à avoir des institutions hospitalières en gestion. Nous en avons quatre : l’Hôpital Saint-Pierre, l’Institut Jules Bordet qui prend en charge le cancer, maladie en nette évolution. Il faut donc trouver les moyens de soigner tout le monde, un élément important quand on écoute les débats qui ont lieu aux Etats-Unis. Il y a encore l’Hôpital Bruggman qui est aussi un hôpital universitaire et puis il y a une autre institution monospécialisée, l’Hôpital des enfants…

…qui a du reste signé des accords avec l’Algérie

Exactement, l’Hôpital des Enfants a contracté une convention avec la CNAS de façon à prendre en charge des enfants qui ont une malformation cardiaque et de les soigner. C’est évidemment bien de pouvoir soigner ici ces enfants mais l’Hôpital des Enfants a aussi voulu former des collègues algériens à travers cette convention. C’est quelque chose qui se fait et généralement bien. J’ai appris néanmoins que la CNAS avait décidé de contracter une convention avec la France mais nous avons aussi ponctuellement des actions qui sont entreprises avec l’Algérie. J’ai eu ainsi la faculté de rencontrer il y a quelques années le ministre algérien de la Santé qui était venu à Bruxelles pour voir comment se passait ici la gestion des hôpitaux publics. Et au cours de ces contacts ponctuels, nous avons également appris des choses, notamment la manière avec laquelle les services d’urgence étaient organisés. Des médecins bruxellois ont ainsi écarquillé les yeux en apprenant cette organisation car il était plus malin de fonctionner comme nos amis algériens.

En quoi consistait cette organisation des services d’urgence ?

La différence , c’est le tri ! Et on a fini par appliquer cette méthode à Bruxelles. On a un médecin généraliste à l’accueil des urgences pour pouvoir trier la vraie urgence de celle qui a fait peur aux parents et qui, en soi, ne met pas en péril ou en danger la personne concernée.

Il y avait une séparation entre les urgences pour les adultes et celles pour les enfants. Ensuite on avait au niveau de toutes ces urgences un médecin généraliste (cela coûte quand même moins chers que plusieurs médecins spécialisés) qui établit le tri entre la vraie urgence et celle qui ne l’est pas car il faut savoir que nos services d’urgences sont très sollicités.

La Ville de Bruxelles a aussi connu ces derniers mois diverses manifestations ayant trait à l’Algérie

Exactement. On a évidemment soutenu des activités organisées par des associations, c’est-à-dire la société civile, ou par les autorités qui nous ont demandé un soutien ou une co-organisation. Nous avons ainsi organisé plusieurs événements, certains ayant eu plus de succès que d’autres. Par exemple, pendant les vacances du dernier hiver il y avait très très peu de participants à une manifestation malgré la qualité des intervenants mais il y en a eu d’autres où la salle était comble.

Je vais prendre l’exemple de la projection d’un film sur les personnalités qui ont fondé le FLN. Ca s’est passé à « Pôle Nord », chaussée d’Anvers et la salle était comble. Un archéologue est également venu présenter l’Algérie en évoquant les différentes populations qui se sont succédé sur ce territoire. Et puis deux événements plus récents : l’un s’est déroulé au début du mois de juillet et il était co-organisé avec l’ambassade d’Algérie à Bruxelles. Il s’agissait d’un colloque et d’une exposition sur l’Emir Abdelkader. J’ai eu énormément de plaisir à donne un coup de pouce à cette manifestation pour deux raisons. La première vous la connaissez : le groupe socialiste à Bruxelles est particulièrement attaché au fait qu’un peuple puisse être maître de son destin. Et donc que le peuple algérien ait pu recouvrer son indépendance par rapport aux colons, c’est quelque chose qui a été soutenu et qui l’est encore aujourd’hui. Et puis la deuxième raison, c’est l’Emir Abdelkader.Un symbole séduisant.Un érudit, un poète, un homme combattif et fier. C’est aussi un peu personnel : j’ai toujours vu à la maison l’Emir Abdelkader sur un cheval avec son glaive à la main. Bien sûr, il y a de l’affectif là-dedans …Le dernier événement se passe en ce moment puisque l’exposition « Regards croisés » a lieu jusqu’au 17 septembre à « L’Espace Magh ». Une petite partie de ces œuvres a déjà été exposée dans un lieu public peu accessible puisqu’il s’agissait des locaux du Parlement d’ailleurs (Allemagne, Belgique…). Voilà des événements qui font référence à l’Algérie dans le contexte particulier de ces 50 ans d’indépendance…

Une dernière question , Faouzia Hariche, sur les échanges entre Bruxelles et Alger : vous avez eu l’occasion de rencontrer vos homologues, d’organiser des échanges avec vos collègues de la rive sud de la Méditerranée, d’envisager des jumelages ?

Non malheureusement mais les occasions peuvent se présenter et j’en serai ravie. Au mois de mai dernier, j’ai eu l’occasion de me rendre en Algérie pour assister à un événement sportif, le « Tour cycliste d’Algérie » et j’ai ainsi eu la possibilité de rencontrer des autorités mais c’est ce contexte particulier qui m’a permis de rencontrer ces gens…Les occasions ont peut-être manqué….

Propos recueillis par A.M

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 02:29

source: Liberté

 

Samedi, 15 Septembre 2012

650 athlètes attendus à la course

Le 3e marathon international d’Imedghacen le 13 octobre

Par : Rubrique Radar

Plus de 650 athlètes nationaux et étrangers sont déjà inscrits au marathon d’Imedghacen, à Batna.
Organisé par l’Association des amis d’Imedghacen, en partenariat avec la Direction de la jeunesse et des sports, le 3e marathon international d’Imedghacen aura lieu le 13 octobre prochain.
Le point de départ de la course a été fixé au centre-ville de Batna vers le tombeau d’Imedghacen (42,195 km).
Deux autres courses sont inscrites au programme cette année, le semi-marathon et le 10 km. Cette manifestation ambitionne aussi de promouvoir le patrimoine historique et archéologique des Aurès.

 

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Samedi, 15 Septembre 2012

 

 

Yasmin Bendaas, anthroplogue et chercheuse sur les tatouages chaouis

“Une identité millénaire”

Par : Rachid Hamatou

Cette étudiante en anthropologie à l’université Wake Forest à Winston Salem (Caroline du nord, USA) est aussi journaliste photographe pour le magazine musique radio Wake The Zine. Elle est de père algérien et de mère iranienne. Intriguée par les tatouages faciaux de sa grand-mère paternelle (Chemora à Batna), elle revient au pays, afin de réaliser des recherches sur le sens de ces figures que porte son aïeule. Elle passe plus de deux mois dans les Aurès, à la recherche de spécimens et motifs de cette écriture oubliée.

Liberté : Qui est Yasmin Bendaas ?

Yasmin Bendaas : Bonne question (sourire), je suis Algéro-iranienne, mon père est originaire des Aurès. Je fais des études universitaires en anthropologie à l’université Wake Forest dans ma ville natale en Caroline du Nord et j’obtiendrai mon diplôme en 2013. Aussi, la même année, je recevrai un deuxième diplôme en journalisme dans la spécialité étude du Moyen-Orient et Asie du Sud. Bien sûr, je ne passe pas tout mon temps à étudier, j’aime bien la bonne nourriture, les blagues et le foot (rire).

Pourquoi le choix du tatouage et plus particulièrement dans les Aurès ?
C’est un choix aussi bien sentimental que personnel. Au début, je devais faire cette recherche et étude sur les tatouages en Nouvelle-Zélande. Mais j’ai vite changé d’avis, pour la simple raison que, dans ma famille (celle de mon père), ma grand-mère et quelques tantes le portent encore. Cela m’a surtout permis de renouer avec mes grands-parents, les écouter et renouer avec mes racines et savoir qui je suis. Je peux vous dire que j’ai appris beaucoup de choses en étant en contact avec des personnes simples, modestes et spontanées. J’ai pu recoller pas mal de morceaux du puzzle au sujet de l’étude anthropologique des tatouages chez les Chaouia. J’ai palpé la relation et l’apport des tatouages dans l’identité, même d’une manière symbolique, j’ai aussi réalisé que même si j’étais à moitié algérienne je savais peu de chose sur cette facette dans la culture des Aurès. C’est très important pour moi, sur le point personnel et scientifique. Maintenant, je sais que je peux décoder cette culture d’une manière scientifique grâce aux études journalistiques et anthropologiques.

Qui a financé votre projet d’étude ?
Toute l’étude avec ses charges a été financée par mon université et une bourse d’étude du centre Pulitzer basé à Washington, je suis reconnaissante aux deux institutions. Car sans leur apport je n’aurais jamais pu faire cette étude.

Est-ce que vous êtes satisfaite de votre recherche et de votre étude ?
Les deux mois passés en Algérie m’ont apporté plus que je n’espérais et que je ne souhaitais. J’ai mené vingt entrevues complètes avec des femmes tatouées âgées entre 70 et 90 ans. Durant ces recherches, j’ai pu relever des défis et faire face à certaines difficultés. Mais grâce à l’aide ma famille et de certains amis, j’ai obtenu un très bon résultat. J’ai aussi tiré satisfaction d’être parmi les miens et très heureuse de les retrouver.

Vous êtes polyglotte (anglais, persan, espagnol...), c’est pour quand l’apprentissage de la langue berbère ?
C’est vrai, il y a eu une barrière linguistique, mes études en arabe classique ne m’ont pas beaucoup aidée en zone berbérophone. Fort heureusement, tous les membres de la famille de mon père sont berbérophones, ils m’ont beaucoup aidée, mais je compte m’y mettre et j’ai de grands efforts à faire.

Le bilan de ce voyage ?
Mon travail me ressemble, oui comme je vous le disais, j’ai un père algérien et une mère iranienne, je vis aux états-Unis où souvent on me demande des renseignements sur mes origines. Je suis un peu fragmentée. Durant ma recherche sur le tatouage, j’ai eu l’impression de me chercher, je gère bien cette situation et j’aime ce brassage. J’ai trouvé aussi des ressemblances entre les tatouages des Chaouis et ceux de l’Irak et c’est extraordinaire.
Certains tatouages ressemblent à des toiles d’artistes comme ceux du peintre Hakar. Cependant, je suis un peu triste de voir cette pratique disparaître, je suis venue pour appliquer ce que l’anthropologie m’a appris et j’ai enfin su que les cultures ne sont pas inertes, bien au contraire, elles bougent, vivent et résistent au temps. Par contre, la documentation fait défaut et elle est presque introuvable, hormis quelques anciens manuscrits. Bien sûr, je ne peux pas et je ne dois pas oublier votre apport et votre disponibilité grâce à l’article dans le quotidien Liberte “Le tatouage : écriture oubliée”.

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 22:54

Le Matin

 

Selon les informations rapportées aujourd'hui mercredi par l'agence kabyle d'informations Siwel, plusieurs jeunes des villages de la région d’Adekkar, dans la wilaya de Béjaïa, ont assiégé, mercredi, le siège de la daïra de la localité où se seraient réfugiés des éléments de l'ANP qui auraient été coupables de viols sur des villageoises.

Hier, au siège de la daïra d'Adekkar (Photo Siwel)

Les faits sont gravissime. Des soldats qui seraient auteurs de provocations voire d'agressions sexuelles sur des jeunes filles dans cette région reculée de la Kabylie.

En réaction aux provocations dont auraient été victimes des jeunes filles de la part d'éléments de l'ANP en position dans cette région d'Adekkar, dans la wilaya de Béjaïa, des jeunes des villages ont pris d'assaut hier, mercredi, le siège de la daïra de la localité, où se seraient réfugiés des militaires accusés de viols sur des villageoises par la population. Selon des témoins, rapporte la même source, un parent d'une des jeunes filles qui a essayé d'intervenir, a été agressé par les militaires en tenue civile, dans la ville.

Selon la même source, les jeunes manifestants continuent d'assiéger la daïra en réaction à ces faits graves dont se seraient rendus coupables des militaires de faction à proximité de nombreux villages isolés de cette région où ils auraient pris pour habitude de provoquer les jeunes filles de passage devant leur campement, dans le but, précise Siwel, "de porter atteinte aux citoyens de la région."

"Nous avons assiégé la daïra car les militaires, auteurs de ces provocations, ont pris la fuite vers cet endroit." ont déclaré les manifestants à Siwel.

Les dernières informations soulignent que même la venue sur les lieux de la manifestation du commandant du secteur militaire pour négocier la libération des otages n’a pu mettre fin à la protesta; les jeunes manifestants exigeant le départ de l'armée.

Cette affaire s'ajoute à celle de l'arrestation de cinq jeunes des Aït Yahia Moussa, toujours en Kabylie par les forces de sécurité, pour s'être révoltés, le mois d'août dernier, contre les militaires en position dans leur région, accusés d'incendier les forêts de la localité.

Avec Siwel

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 22:30

source: el watan

 

Antonio Cubillo. Leader du Mouvement pour l’indépendance des Iles Canaries

"Un espion espagnol a été échangé contre l’assassin de Khider"

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le 14.09.12 |

Les Algériens se souviennent sûrement de lui. La voz de Canarias Libre (La voix des Canaries Libres, l’émission radio qu’il diffusait à partir d’Alger) a aujourd’hui 82 ans et milite toujours. El Watan Week-end a rencontré Antonio Cubillo, fondateur du Mouvement pour l’autodétermination et l’indépendance de l’archipel canarien. Retour dans l’Alger des années 70…

- Aujourd’hui, vous luttez pour faire reconnaître la population autochtone des Iles Canaries, les Guanches, d’origine berbère.

C’est une évidence. Comme l’a soutenu Mouloud Mammeri, le rôle traditionnel de l'amusnaw (la présence de poètes et de chanteurs de rues, dépositaires du savoir de tout un peuple tamusni) existe aussi aux Canaries. Avec ces poèmes et ces chants populaires, nous avons conservé pour les générations nouvelles, le souvenir de notre peuple guanche et ses luttes de résistance. Nous avons découvert de nombreux mots berbères dans le langage guanche et des chercheurs algériens qui ont séjourné aux Canaries ont constaté que beaucoup de mots berbères disparus du kabyle se retrouvent dans la langue guanche, comme par exemple efeken(temple), awañak (nation ou république) ou usan sufen (bonjour). C’est l’histoire qui dit que nous sommes des descendants des berbères, ce n’est pas une invention.

 

- Racontez-nous comment vous êtes arrivé en Algérie…

En 1962, j’ai dû quitter les Iles Canaries. J’y exerçais la fonction d’avocat, plus précisément défenseur des travailleurs depuis 1956. Nous avions créé alors un mouvement autonomiste, le MAC (Mouvement Autonomiste Canarien) exigeant la liberté des Iles Canaries. En 1962, je fus emprisonné à deux reprises pour mes convictions politiques et je me trouvais sous l’autorité de deux conseils de guerre. J’ai dû mon salut grâce à mon évasion vers la France en transitant par le Maroc. J’ai contacté des républicains espagnols qui me connaissaient. Ils purent me procurer une invitation pour le Conseil Mondial de la Paix qui s’est tenu à Moscou le 5 juillet 1962. Je me rappelle que le Congrès a été interrompu et le président Kroutchev est monté à la tribune, accompagné de quatre personnes, annonçant qu’il allait nous donner une information de très grande importance. Il nous a annoncé l’indépendance de l’Algérie ! Comme un seul homme, les 4000 congressistes se sont levés et ont applaudi pendant douze minutes ! Après, durant tout le congrès, je pris attache avec des Algériens qui m’assurèrent que l’Algérie allait appuyer tous les pays en lutte pour leur libération. C’est ainsi, que j’ai pris la décision d’aller à Alger.

 

- Vous étiez donc le bienvenu…

J’avais connu à Paris un journaliste italien, nommé Attilio Gaudio, qui avait fait partie des réseaux de soutien au FLN et qui est devenu par la suite le correspondant officiel de l’agence de presse italienne Ansa. Quand Ben Bella a été proclamé président, il l’a interviewé et est devenu l’une de ses relations personnelles. A ce titre, il m’a demandé de lui adresser une lettre demandant un asile politique. La réponse a été positive et j’ai eu une entrevue officielle avec le secrétaire du FLN, Hadj Ben Alla à qui j’ai fourni les explications sur la lutte de libération des Canaries. Le 1er octobre 1963 je me suis installé à Alger.

 

- Vous avez été aussi enseignant à l’université d’Alger…

Le jour suivant mon arrivée à Alger, je me suis rendu à l’université, précisément à la section espagnole de la faculté des lettres que dirigeait M. Marcilly. Je lui ai dit que je voulais travailler et je lui ai présenté mes documents. Il m’a demandé si j’étais antifasciste et si j’avais lutté contre Franco. Et puis il me proposa de commencer à enseigner le lendemain. Ce fut très émouvant pour moi… C’est là où j’ai rencontré Mouloud Mammeri avec qui j’ai fraternisé. Je suivais ses cours d’ethnographie de l’Afrique du Nord !

 

- Dans un de vos écrits, vous faites l’éloge de Mouloud Mammeri.

Oui et je suis fier d’être son disciple. Dans mon récit, Mouloud Mammeri et l’indépendance canarienne, je voulais parler de l'influence de cet érudit sur un jeune du mouvement de libération, le MPAIAC. Sur le plan personnel, cette rencontre a eu une grande influence sur ma propre formation africaniste. Cela m’avait permis de créer de nouvelles bases solides afin de transformer notre mouvement autonomiste. Ceci sur un plan politique. Aussi, Mammeri m’a sensibilisé sur notre identité, sachant que les Guanches, les autochtones des Canaries, venaient du continent africain. Dans ce contexte, je rejoins Mammeri et je dis que l'acculturation qui nous a été imposée par l'Espagne durant cette période était un facteur négatif ayant eu de profondes influences. Il me fit visiter la Kabylie, et en même temps connaître nos origines ancestrales. Je me souviens une de ses remarques : «Vous êtes des Berbères, même si maintenant, vous ne parlez pas la langue».

 

- Alger vous a offert une grande facilité pour créer le MPAIAC.

Effectivement, j’ai connu plusieurs ambassadeurs africains à Alger et spécialement celui de Guinée Conakry, qui m’a obtenu une invitation pour assister à la conférence des pays non-alignés d’octobre 1964 au Caire. Là, j’ai briefé le président guinéen Sekou Touré, qui a parlé pour la première fois de l’indépendance des Canaries. J’ai aussi fait la connaissance de Amilcar Cabral (Guinée Bissau) et Agostinho Neto (Angola) qui luttaient pour l’indépendance de leur pays. Ils m’ont demandé si j’avais créé un mouvement et si j’avais un emblème. Ce fut un déclic. J’ai pris contact avec mes collègues canariens pour changer le MAC en MPAIAC et j’ai confectionné le drapeau aux sept étoiles. Le 22 octobre 1964, j’ai annoncé ces actes par un communiqué. Je ne vous cacherai pas que mes amis républicains espagnols ne m’ont pas compris, surtout quand je leur ai dit que le peuple Guanche des Canaries, berbère, a été colonisé par l’Espagne. Du coup, notre groupe a été mis sous surveillance par l’ambassade d’Espagne et a été infiltré par des éléments qui se faisaient passer pour des antifranquistes.

 

- Pour vous espionner ?

Bien sûr, l’un d’entre est le fameux Luis Manuel Gonzalez Mata. Il était venu à Alger avec quatre prostituées de Madrid qu’il présentait aux Algériens pour avoir des informations. Mata s’est rapproché de l’ambassade cubaine et avait lié d’étroites amitiés avec l’ambassadeur jusqu’à ouvrir à la rue Didouche Mourad, un bureau appelé Algérie-Cuba, que le même Mata dirigeait. Les Cubains ne savaient qu’il était aussi un agent du CIA ayant participé à l’attentat du dictateur Trujillo à Santo Domingo. D’ailleurs, une de ses parentes m’avait affirmé que Mata circulait avec un passeport qu’il avait volé à son frère, un antifranquiste. C’est Che Guevara qui l’a évincé du cercle cubain. Il y avait un autre espion, Enrique Ballester Gallego qui travaillait avec lui, un sinistre personnage ami de Felipe Gonzalez dont le père était consul d’Espagne à Annaba. Leur besogne était de s’informer sur toutes les activités des républicains espagnols en Algérie et du MPAIAC.

 

- Et que faisaient les Algériens ?

Les services secrets algériens les avaient à l’œil. Ils avaient détecté un émetteur qui transmettait des informations tous les soirs. Ils ont fini par les avoir, m’avait confié le responsable des services, Ali Ould Aoudia dit El Alemani. Ils ont été surpris en train d’émettre avec une antenne amovible placée sur le mur latéral à l’extérieur de l’ambassade britannique. Ils ont été arrêtés par la sécurité militaire. Ballester a été libéré après le coup d’Etat de juin 1965, suite à l’intervention de son père auprès de Boumediene et quelques temps après, Mata a été échangé avec l’Algérien qui avait assassiné Khider à Madrid.

 

- Comment a été perçue la création du MPAIAC par les autorités algériennes ?

C’était formidable. J’ai été franchement félicité. On m’a donné toutes les facilités pour mener ma propagande. J’ai bénéficié de billets d’avion pour tous les pays africains et plusieurs capitales. Ma voiture avait une plaque diplomatique. Avec cette aide, j’ai pu entrer à l’OUA, avoir une entrevue avec le secrétaire général Diallo Telli, et publier une déclaration solennelle où il est dit que les Iles Canaries ne font pas partie de l’Espagne mais de l’Afrique et que son peuple a droit à l’indépendance.

 

- C’est la raison pour laquelle vous avez été victime d’une tentative d’assassinat à Alger.

Oui, pour mes convictions politiques. C’était le 5 avril 1978. En arrivant au niveau de l’ascenseur de mon appartement, avenue de Pékin, je me suis retrouvé face à deux individus. Alors que je les saluais, l’un d’eux m’éventra avec un couteau de chasse sous-marine et me planta la lame dans le dos au niveau de la sixième vertèbre dorsale. Au moment où ils allaient me tuer, mon voisin Mahmoud Okbi est apparu et a commencé à crier. Je fus secouru par mon épouse, mes enfants ainsi qu’un Français, Bouterin. L’ambulance est arrivée très rapidement puisque ce jour, il n’y avait pas de circulation à cause du match Algérie-Hongrie. C’est le Dr Brixi qui m’a pris en charge. Très tôt, le lendemain, le commissaire de police Salah Vespa est venu me voir à l’hôpital et m’a demandé si j’avais reconnu mes agresseurs.

 

- L’enquête a-t-elle donné un résultat ?

Bien sûr. Quelques temps après, le commissaire me présenta 45 passeports d’Espagnols qui avaient passé la nuit dans les hôtels. J’ai reconnu un de mes agresseurs, qui furent arrêtés dans l’heure. Ils avouèrent avoir été recrutés par un certain Espinoza, membre du FLN en 1976 en tant qu’homme de confiance d’Alfonso Guerra et de Felipe Gonzalez du PSOE. C’est ainsi qu’il a été aidé par le colonel Hoffman. Un de mes agresseurs a été condamné à mort et l’autre à 20 ans de prison. Quand le président Chadli a succédé à Boumediene, la sentence de mort a été commuée en perpétuité. En ce qui me concerne, je suis resté une année à l’hôpital pour sortir handicapé à vie. Actuellement je me déplace avec des béquilles.

 

- Et vous avez raté un rendez-vous important…

Oui, malheureusement. Mon agression a été programmée pour m’empêcher d’aller le 10 avril 1978 à New York avec Etéki le secrétaire général de l’OUA pour assister à l’Assemblée générale des Nations-unies. On devait présenter le cas des Iles Canaries comme pays colonisé, décision approuvée par l’OUA au mois de mars à Tripoli, avec abstention du Maroc et de la Mauritanie. Suite à mon absence, il était logique que les Espagnols remportent la partie, puisque le cas des Canaries n’a pas été inscrit l’ordre du jour.

 

- Est-ce que vous continuez à suivre l’actualité algérienne ?

Et comment ! Cela fait des années que je lis chaque jour El Watan. Je récolte les informations intéressantes et je les envoie à mes compatriotes qui lisent en français et je fais de même pour certains journaux locaux canariens portés sur la situation de l’Afrique du Nord. Mais, je voudrais bien qu’il y ait de temps en temps des informations sur les Canaries !

 

- On a l’impression que vous êtes content d’être interviewé par un quotidien algérien.

Et comment ! C’est comme si je retrouvais mes amours de 20 ans…

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 19:03

el watan

 

Meryam Demnati de l’Observatoire amazigh des droits et libertés au Maroc

«La langue amazighe doit être standardisée sur le plan graphique»

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le 12.09.12 |

l Dans cette interview, Meryam Demnati, de l’Observatoire amazigh des droits et libertés au Maroc, souligne que la question de la graphie fut l’objet d’un débat houleux en 2002, lorsque l’IRCAM devait trancher entre la transcription de tamazight en arabe, en caractères latins et en tifinagh. Selon elle, la langue de Massinissa doit être généralisée à tous les cycles d’enseignement, du préscolaire au baccalauréat et standardisée sur le plan graphique. Elle estime aussi que l’officialisation de tamazight au Maroc est un acquis et une avancée importante au regard des énormes sacrifices consentis par des générations de militants de la cause amazighe. Toutefois, Meryam Demnati ajoute que les médias publics ne jouent pas le rôle de promoteur de la diversité culturelle et linguistique stipulée dans la nouvelle Constitution du Maroc.

- Pouvez-vous nous retracer brièvement l’itinéraire de la revendication amazighe au Maroc ?

Dès l’indépendance, la langue amazighe, qui ne disposait d’aucun statut dans la Constitution, sera bannie de l’école, des médias et de tous les autres domaines publics ou privés. L’arabisme et l’islamisme ont été les seules normes de référence.
Dans ce contexte, le mouvement amazigh, dès sa naissance, fera l’objet d’une répression officielle sévère de la part de l’administration et des services de police (obstacles administratifs ou autres aux activités, associations ou activités inquiétés ou interdites, emprisonnements ou intimidations des militants…). Entre 1965 et 1988, le Mouvement amazigh utilisait dans son discours les concepts de culture populaire et de patrimoine national, la conjoncture politique ne permettant pas celui du mot «amazigh», considéré comme une menace par le pouvoir policier réactionnaire en place et fortement réprimé.

Dès la moitié des années 1980, le Maroc connaît alors une relative ouverture politique qui permettra à un débat public plus audacieux de s’installer et qui contribuera à l’apparition de nouveaux concepts, tels que culture amazighe, identité amazighe, langue amazighe, ainsi que droits linguistiques et culturels en tant que droits humains. Cette période est aussi celle des grandes polémiques avec les panarabistes et les nationalistes conservateurs, ce qui a permis au Mouvement amazigh de remettre en cause le concept de nationalisme traditionnel, rattaché désormais aux concepts de citoyenneté, de pluralisme et de diversité. C’est alors que dans les années 1990, des associations issues de toutes les régions du Maroc présenteront les revendications du Mouvement amazigh dans la Charte d’Agadir (1991).

Puis, les associations amazighes se sont multipliées sur tout le territoire et des coordinations d’associations régionales et nationales voient le jour entre 1993 et 1997, ce qui a donné un nouvel élan au mouvement. Le concept de peuple autochtone apparaît lorsqu’une délégation de la Coordination des associations amazighes se rend à Genève pour travailler dans les commissions de l’ONU ainsi que le concept de développement lié à la culture. C’est alors le début de l’internationalisation de la question amazighe. La création du Congrès mondial amazigh contribuera aussi à élargir la vision restreinte du mouvement amazigh marocain à une vision plus élargie. (Afrique du Nord+ diaspora). En 1995, un débat entre le mouvement amazigh et le mouvement islamique remet en cause les concepts de langue sacrée et de l’histoire préislamique. En mars 2000, le document «Manifeste pour la reconnaissance de l’amazighité du Maroc» déclenche une évolution rapide et qualitative et politise alors le discours. Le Manifeste, signé par des milliers d’imazighens, donne naissance à plusieurs propositions de plateforme, dont la création d’associations à caractère politique, de partis politiques et la création d’associations culturelles et de développement.

Les associations s’inspireront dans leurs actions des chartes et des conventions internationales des droits de l’homme et des peuples tels que : la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, la Convention internationale de l’ONU sur l’élimination de toutes les formes de discrimination en 1965 et de l’Unesco en 1960, la Déclaration de l’ONU et ses recommandations en 1982 et 1992, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples de 1981, la Déclaration universelle des droits linguistiques à Barcelone 1996, la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles en 2005…
A l’aboutissement de cette évolution, apparaissent les concepts suivants : les Etats-Unis des régions, l’Etat fédéral, la laïcité et le droit à la terre.

Enfin, avec le mouvement de la rue du 20 février 2011, le mouvement amazigh s’est trouvé dans un autre tournant de l’histoire. Avec toutes ses composantes, il intègre ce courant de révolte revendiquant une Constitution démocratique incluant tamazight officiel. Il est alors à l’avant-garde avec les autres forces progressistes de la société civile, appelant à l’édification d’une société juste et égalitaire, considérant la cause amazighe comme partie intégrante du projet démocratique. Les amazighs seront ainsi présents dans toutes les coordinations du 20 février et ses manifestations. Les drapeaux amazighs flotteront dans toutes les villes. Dernièrement, un mouvement contestataire pour une réelle officialisation de la langue amazighe au Maroc, appelé « Tawada», est né. Il est porté principalement par la jeunesse amazighe. Deux marches nationales ont été organisées, à Rabat le 15 janvier 2012 puis à Casablanca le 22 avril 2012. D’autres marches et actions sont prévues.

 

- Quels sont, selon vous, les principaux acquis enregistrés dans le cadre de la promotion de la langue et de la culture amazighes ?

Les principaux acquis dans l’enseignement de tamazight sont : la généralisation verticale et horizontale, obligation à tous les Marocains sans exception, standardisation progressive de la langue amazighe et transcription de la langue amazighe dans la graphie tifinagh aménagée. Elaboration de manuels scolaires du primaire (06) et du collège, précis de grammaire, lexiques spécialisés (géologie, médias, scolaires…), recherche sur la langue, élaboration de plans de formation des enseignants et des inspecteurs, élaboration de modules de langue et didactique dans les centres de formation des instituteurs et élaboration de modules pour les universités, supports didactiques audio et audiovisuels, supports didactiques parascolaires (contes, BD, chansons, comptines, CD Roms…). Formation des enseignants du primaire (environ 4800), formation des inspecteurs, formation des formateurs (environ 422) et création de filières et masters amazighs dans plusieurs universités du Maroc (Agadir, Fès, Oujda, Rabat...). Tout cela élaboré par l’IRCAM ou l’IRCAM en collaboration avec le MEN. Quant à la situation de tamazight dans les médias, le lancement de la télévision amazighe est certes un acquis, mais les revendications des amazighs ne sont pas pour autant concrétisées. Après plusieurs mois d’existence, beaucoup de défaillances dans les programmes, émissions souvent pauvres en budget qui se déroulent généralement dans les studios et aucune accession terrestre pour une grande partie du public qui n’a ni parabole ni TNT. On assiste même à une régression dans la 1 et la 2 dont les cahiers des charges stipulent pourtant que 30% des programmes seront en langue amazighe, contrat qui n’a jamais été respecté. Quant à la radio nationale amazighe, elle n’est toujours pas captée sur l’ensemble du territoire et les autres radios publiques ou privées ne prennent aucunement en compte la diversité culturelle et linguistique de notre pays.

 

- Tamazight est devenue langue officielle au Maroc à la faveur de la dernière révision constitutionnelle ; comment voyez-vous cette décision ?

Il va sans dire que l’officialisation de la langue amazighe est un acquis et une avancée importante au regard d’énormes sacrifices consentis par des générations de militants de la cause amazighe au Maroc et leurs alliés au sein des organisations civiles et politiques nationales. Cependant, la configuration utilisée prête à beaucoup d’interprétations. En fait, consacrer l’officialisation de l’arabe et de tamazight dans deux paragraphes distincts suggère qu’il y a, définitivement, une relation hiérarchique entre une première langue qui demeure officielle, l’arabe, et une deuxième, qui doit faire ses preuves, tamazight. L’évocation d’une loi organique définissant «le processus de mise en œuvre du caractère officiel de cette langue ainsi que les modalités de son intégration dans l’enseignement et dans les domaines prioritaires de la vie publique» nous conduit à nous poser certaines questions légitimes après des décennies de violation de notre dignité et des épreuves du passé et du présent qui nous ont appris à nous méfier. Cette nouvelle loi va-t-elle tout remettre en question et reprendre les choses à zéro ? Ou prendra-t-elle en compte les acquis réalisés ces dernières années, notamment dans l’enseignement, malgré toutes les entraves dues à l’absence de protection légale de la langue amazighe ? Combien de temps et quel budget ? Une vigilance est toujours de mise face aux tentatives des forces conservatrices hostiles à l’amazighité telles que les partis arabistes ou islamistes ou des résistances conservatrices logées dans les sphères du palais, qui tenteront sans aucun doute par des subtilités juridiques d’effacer les acquis de ces dix dernières années et de retarder au maximum l’intégration de la langue amazighe en tant que véritable langue officielle.

 

- La langue amazighe est-elle introduite dans toutes les institutions du pays ?

L’intégration de la langue amazighe dans l’enseignement n’a jamais été traitée de manière sérieuse depuis 2003 malgré les différentes circulaires ministérielles, elle est actuellement en situation de blocage total. Nos inquiétudes se portent aujourd’hui sur l’élaboration de cette fameuse loi organique stipulée dans l’article 5 de la nouvelle Constitution qui définira les modalités de cette intégration. On attend toujours. Les médias publics ne jouent aucunement le rôle de promoteur de la diversité culturelle et linguistique stipulée dans la nouvelle Constitution. Les chaînes marocaines de télévision ne proposent que de rares émissions amazighes, soit autour de 1,8% en tamazight à des heures impossibles, préférant diffuser des films indiens, moyen-orientaux ou occidentaux. En effet, ces médias restent dominés par l’idéologie arabo-islamique qui ne reflète pas la réalité de la société marocaine dans toute sa diversité, notamment la culture amazighe dans toutes ses expressions. D’un autre côté, la TV 8 Tamazight dépourvue de crédits suffisants et de transmission terrestre pouvant permettre au simple citoyen marocain de la capter est dans l’obligation de consacrer 30% de son programme en arabe. Vu que l’intégration de la langue amazighe dans les espaces et les institutions publiques est aussi liée à la loi organique stipulée dans l’article 5 de la nouvelle Constitution, nos craintes se portent également sur les modalités de cette intégration.
Les choses traînent encore. Divers domaines matériels et immatériels amazighs sont loin d’être respectés et sont souvent méprisés et en danger, tels que les sites archéologiques, les noms des villes et des lieux géographiques, les arts, et rien n’a changé depuis. Malgré la circulaire du ministre de l’Intérieur, en date du 29 avril 2010, qui stipule qu’aucune interdiction ne doit frapper les prénoms amazighs, quelques bureaux d’enregistrement nationaux ou dans les ambassades du Maroc à l’étranger continuent de refuser certains prénoms amazighs sous prétexte qu’ils sont interdits ou qu’ils n’en connaissent pas le sens.

 

- Quelle mode de transcription préconisez-vous pour la langue amazighe ?

La question de la graphie fut l’objet d’un débat houleux en 2002 lorsque l’IRCAM devait trancher entre la graphie dite arabe, la graphie dite latine et le tifinagh. La graphie «latine» a été combattue avec virulence par les panarabistes et les islamistes et d’un autre côté, le mouvement amazigh partagé entre la graphie «latine» et la graphie» tifinagh» avait à l’unanimité rejeté la graphie araméenne dite arabe. La graphie tifinagh, bien que préconisée par l’IRCAM et approuvée par la majorité écrasante des partis politiques réunis par le roi Mohamed VI à cet effet en février 2003, reste cantonnée dans un environnement très limité, l’école, ce qui est insuffisant pour permettre sa diffusion et son appropriation. Aujourd’hui, les arabistes et les islamistes, bien qu’ils aient utilisé le tifinagh dans leur campagne électorale, essaient de remettre sur la scène le débat sur les graphies, n’ayant jamais perdu espoir d’imposer la graphie «arabe». Une bataille qui n’est pas encore complètement terminée.

 

- L’enseignement de tamazight est-il généralisé à travers tout le territoire marocain ?

L’enseignement/apprentissage de l’amazigh qui a commencé en 2003 d’une manière très boiteuse et peu sérieuse, s’essouffle. Des réseaux de résistance hostiles et amazighophobes ont fait barrage. Le paradoxe fut que l’IRCAM, à cette époque, devait accomplir son travail dans un cadre «constitutionnel», c’est-à-dire en-dehors de tout statut officiel de la langue et de l’identité qu’il était chargé de promouvoir. Les principes généraux sur lesquels se fondent cet enseignement sont les suivants : la langue amazighe qui appartient à tous les Marocains sans exception doit être enseignée à tous. Elle doit être généralisée à tous les cycles d’apprentissage, du préscolaire jusqu’au baccalauréat et standardisée sur le plan graphique, orthographique, lexical et morphosyntaxique d’une manière progressive.

Le bilan, aujourd’hui, en ce qui concerne la généralisation de tamazight est plutôt alarmant. Cette généralisation qui devait se faire progressivement pour toucher toutes les écoles marocaines et tous les niveaux scolaires, non seulement a pris beaucoup de retard, mais a reculé ou même stoppé dans certaines régions.

Des classes de tamazight ouvrent, d’autres ferment. Les quelques académies qui se sont attelées à la tâche pour faire aboutir ce projet, malgré toute leur bonne volonté, ont rencontré beaucoup de problèmes quant à la gestion centrale de ce dossier (ressources humaines, formations, carte scolaire, budget). Le traitement de ce dossier ira de la négligence ou légèreté au mépris total. Dans les centres de formation des instituteurs (CFI) tamazight n’est encore qu’une matière optionnelle à l’examen final. En ce qui concerne l’université, le personnel enseignant y est en quantité insuffisante pour garantir la continuité. Les départements de langue et culture amazighes n’existant pas, les enseignants chercheurs affiliés à d’autres départements (arabe, français ou anglais) assurent des matières dans les filières licence et/ou master accrédités en «Etudes amazighes», en plus des cours qu’ils assurent dans leur département d’attache.

Hafid Azzouzi

 

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L'Expression

ENSEIGNEMENT DE TAMAZIGHT

Une question de volonté politique

Par
La promesse d'ouvrir 15 postes pour tamazight dès la rentrée de septembre est attendueLa promesse d'ouvrir 15 postes pour tamazight dès la rentrée de septembre est attendue

La rentrée scolaire est une occasion pour revenir sur l'enseignement de tamazight. Depuis sa promulgation, l'enseignement de cette langue continue à dépendre du gré des responsables à plusieurs niveaux.

Pour la wilaya de Bouira, seuls les établissements de la région berbérophone dispensent l'apprentissage facultativement. Le manque de volonté manifeste est prouvé par cette décision d'ouvrir 214 postes pour les trois paliers et dans différentes matières, mais sans prévoir de postes pour tamazight. Cette décision a suscité le mécontentement des associations et des diplômés qui comptent recourir à des actions de rue dès la rentrée.
La promesse d'ouvrir 15 postes pour tamazight dès la rentrée de septembre est attendue. Le ministre Benbouzid avait également déclaré lors de sa visite à Bouira, en juin dernier, à l'occasion des examens de 6ème, que les postes pour tamazight sont systématiquement ouverts à condition qu'ils soient demandés par les directions de l'éducation.
S'inscrivant dans cette volonté de remuer les choses, à l'université Akli-Mohand Oulhadj, le département de la langue amazighe avait organisé un colloque international sur le thème. Plus d'une vingtaine d'universitaires ont participé à cette rencontre scientifique pour faire le point sur l'enseignement de la langue amazighe. L'enseignement de celle-ci a été le thème de deux journées de débat et de réflexion, lors d'un colloque international tenu les 18 et 19 avril, à l'université Akli-Mohand Oulhadj de Bouira.
Le département de la langue et culture amazighes, organisateur de l'événement, a invité 23 enseignants chercheurs, venus du Maroc et de France, entre autres. Plus d'une vingtaine de communications ont été présentées durant les deux jours qu'a duré la rencontre où l'enseignement de la langue amazighe dans les universités algériennes et étrangères a été passé en revue. Les débats se sont axés également sur la problématique de la graphie et la standardisation de la grammaire. Même quand les moyens pédagogiques existent, les parents ont le choix d'inscrire ou non leurs enfants.
La matière est au choix lors des examens. A l'occasion du BEM de juin dernier, plusieurs élèves ayant suivi le cursus dans sa totalité, c'est-à-dire les 4 années du moyen, ont composé dans un centre, Ibn Khaldoun en l'occurence, où la composition de tamazight n'a pas été prévue. Même au niveau de la dotation, la matière n'est pas considérée puisque seuls les points au-dessus de la moyenne sont comptabilisés. Ces facteurs assemblés dévalorisent cet enseignement qui n'a pas droit de cité pour les régions arabophones. Les actions menées par les militants de la cause butent sur un manque flagrant de volonté politique parce que cet enseignement ne peut être définitivement institutionnalisé qu'avec une décision des hautes instances du pays. En voulant l'ancrer dans la région berbérophone seulement, tamazight n'a pas encore ce statut de deuxième langue nationale. Un simple regard sur les manuels confirme cette appréhension. Rédigés en grande partie avec les caractères latins, les contenus sont inadaptés à la réalité sociale de la région et aux traditions et us qui distinguent les populations. Les résultats des élèves du CEM Haddouche-Saïd, pour ne citer que cet exemple où des élèves dont la langue maternelle reste l'arabe et ont obtenu d'excellentes notes en tamazight, démontrent que le rejet est à comptabiliser chez les décideurs et non chez les apprenants.

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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 09:30

 

Cette rumeur sur la mort ou non de Bouteflika rappelle en effet le paradoxe du chat de Schrödinger formulé par l'autrichien Erwin Schrödinger (1887-1961), l'un des pères de la physique quantique.

Effet, la maladie, l'âge, le racisme invétéré, le nanisme,  etc...ont tellemment diminué ce président au point de devenir quantique. D'un autre côté, étant donné le mutisme sidéral du pouvoir algérien sur son état de santé,  il y a 50% de chance qu'il soit vivant et autant d'être mort !

Le chat de Schrödinger pose un vrai problème, celui de la mesure en physique quantique. En gros, est-ce la mesure ou l'observation qui décide vraiment si le chat est mort ou vivant?  En d'autres termes, sont-ce les mesures, les observations qui décident de la réalité des choses? Alors, si les humains n' existaient pas, le monde n'existerait pas non plus !

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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 22:32

 

 

Les Algériens à nouveau plongés dans la « Nuit du doute » (leilat e-chek) !

 

Ce qui n'était qu'une remeur hier, se confirme de plus en plus. En dépit d'un démenti timide du pouvoir,

le président algérien Abdelaziz Bouteflika est entre la vie et la mort; sous-entendu cliniquement mort. C’est ce que vient de révéler des sources médicales Suisses. Les choses seraient entrain de s’organiser à Alger, avant une éventuelle annonce officielle.

Les autorités algériennes comme à l'accoutumée laissent planer le doute; ils

 

 

Notez que le président algérien, qui soufrait selon WikiLeaks de la maladie du cancer de l’estomac, a subi un traitement urgent, qui a duré plus d’une semaine dans une clinique parisienne, après avoir été tombé en coma en Algérie, puis il est admis dans une clinique suissesse pour des soins intensifs.

Abdelaziz Bouteflika, qui vient de procéder très récemment à la nomination d’un nouveau premier ministre, en la personne Abdul Malek Sellal, n’a pas été vu en public depuis le jour de l’Aïd al-Fitr, où il recevait des félicitations de la part des ambassadeurs et dignitaires dans une mosquée en Algérie, selon les informations internationales.

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 22:40

 

DDK

 

Le HCA a remis un rapport au chef de l’état plaidant pour une meilleure prise en charge de la langue

Tamazight vit «un net recul»

 

Le secrétaire général du Haut commissariat à l’Amazighité (HCA), M Youcef Merrahi, a plaidé mercredi à Alger pour une meilleur prise en charge de la langue amazighe dont l’enseignement a enregistré “un net recul ces dernières années”.


“Si les autorités ne prennent pas en compte les propositions formulées par le HCA pour sa promotion, Tamazight risque de s’éteindre dans les écoles dans les années à venir”, a mis en garde M. Merrah lors d’une conférence de presse animée au forum du quotidien El Moudjahid. Introduite dans l’enseignement depuis 17 ans, le nombre de wilayas où Tamazight est enseignée s’est réduit à 10 seulement contre 16 en 1999, a constaté le SG du HCA notant que plus de 90% d’apprenants et encadreurs sont issus des wilayas de Tizi Ouzou, Bouira et Béjaia. Il a, en outre, souligné que le nombre d’apprenants et passé de 37690 encadrés par 233 enseignants en 1995 à 213075 élèves et 1330 formateurs en 2011. Toutefois, a t-il expliqué, cette évolution concerne uniquement six wilayas. “Le reste des régions a vu ses effectifs régresser jusqu’à suppression de son enseignement notamment à Oran, Biskra Ghardaïa, Iliizi et Tipaza”, a indiqué M. Merah. Selon ce responsable, le caractère optionnel (facultatif) de l’enseignement de Tamazignt, l’absence de formateurs, le préalable de demande sociale exigée par le ministère de l’éducation nationale et les horaires inconvenables sont “les principales causes de la régression de l’enseignement de Tamazight”. “Si on veut pérenniser la langue Tamazight au même titre que la langue arabe qui avait retrouvé sa place, il faut que l’état prenne en charge cette langue” a t-il encore insisté. S’agissant de la place de Tamazight dans le secteur de la communication l’intervenant estime que “beaucoup de choses restent à faire”. A titre d’exemple, le SG de HCA a estimé que la chaîne de télévision en expression Amazigh (TV4) lancée en 2009 dont il faut revoir le programme “ne reflète pas réellement la réalité vécue par les Algériens”. Toutes ces propositions ont été les principaux axes du rapport remis au chef de l’état il y a de cela 15 jours, a rappelé le secrétaire général du Haut commissariat de l’amazighité.

 

 

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«L'ENFER» D'UN PREMIER MINISTRE NOMMÉ OUYAHIA

Des hommes et de la République

Par
L'homme mérite plus d'égards et de considération.L'homme mérite plus d'égards et de considération.

On savait que les hommes peuvent malmener la République. On savait aussi que la République peut, à l'occasion, se montrer ingrate à l'égard des hommes.

Mais pas à ce point quand même! On savait que Ouyahia allait partir. C'était même dans la logique des choses. L'homme a si longtemps servi l'Etat, et à de si hauts niveaux de responsabilité, que sa candidature à la prochaine présidentielle est devenue normale et prévisible, et de ce point de vue-là, il devait céder sa place à quelqu'un d'autre. Mais ce qu'on ne savait pas c'est qu'il allait partir de cette manière. Annoncé par un simple communiqué de la Présidence de la République, son départ n'a rien du départ d'un Premier ministre. Cela ressemble plutôt à l'éviction d'un chef de service dans une boîte mal portante et sans culture. Non, on ne se débarrasse pas d'un Premier ministre de la sorte! Quel que soit le différend qui l'aurait, directement ou indirectement, opposé à un quelconque puissant personnage de la République, si différend il y a, l'homme mérite plus d'égards et de considération. Il a été à la tête d'un gouvernement formellement désigné et il occupait le poste officiel de Premier ministre de la République. Sa fonction oblige au respect et son poste aux égards. Toute autre perception des choses ne serait que manquement au pays, aux valeurs de la République et à la République elle-même. Mais, bien sûr, remercier les hommes n'est pas dans nos habitudes et ne peut l'être car cela irait à l'encontre de notre culture de mépris, de déconsidération et de banalisation des efforts d'autrui. Cela porterait atteinte à notre conception erronée des hommes et à notre hiérarchisation boiteuse des choses et des idées. Alors que rien ne nous empêche d'aduler un coureur, de porter aux nues un footballeur même venu d'ailleurs et d'élever, sur les boulevards troués de la République, des statues en l'honneur d'un chanteur débutant qui ne sait même pas lire le solfège, nous éprouvons toute la gêne du monde à remercier publiquement le Premier ministre de notre pays. Il ne s'agit pas ici de tirer le bilan de M.Ouyahia pour savoir s'il a, oui ou non, accompli sa mission convenablement. Il ne s'agit pas, non plus de savoir s'il avait, oui ou non, les mains liées durant ses mandats. Il est question tout simplement de la manière dont il est parti. Sur la pointe des pieds, dirait l'autre! Et il ne s'agit pas de défendre l'homme contre quoi que ce soit ni qui que ce soit, mais de défendre des principes qui, perdus, feraient indiscutablement basculer et la société et la République. Comment une société peut-elle prétendre progresser sur la voie du savoir et de la technologie alors qu'elle ne sait même pas reconnaître les efforts des siens?
Et comment pourrait-elle aspirer à s'améliorer si elle n'arrive pas à séparer le personnel de l'impersonnel? La République est, par définition, la «chose publique», c'est-à-dire non personnelle, non intime, non individuelle et... non subjective. Sans la reconnaissance et les remerciements de sa société, Churchill ne serait pas Churchill. Et sans la gratitude et les égards de sa société, Thatcher ne serait pas Thatcher. Alors que les autres sociétés aiment avoir des «présidentiables», qu'elles les encouragent à porter haut leurs ambitions et à faire preuve d'un haut niveau de ténacité et de persévérance, nous nous faisons, pour notre part, un point d'honneur à piétiner quiconque ose rêver d'avoir des ambitions. Incapables de respecter les hommes pour ce qu'ils sont, c'est-à-dire des humains, nous ne considérons même pas ce qu'ils font. Ni comment ils le font. Le jour où nous saurons nous respecter les uns les autres et le jour où nous saurons valoriser les efforts d'autrui, ce jour-là, nous pourrons parler de République et des hommes de la République.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 19:57

TSA

 

Entretien avec Yamina Benguigui, ministre française de la Francophonie



Yamina Benguigui.jpg

Yamina Benguigui, ministre française de la francophonie, effectue jeudi 6 septembre une visite officielle en Algérie. À la veille de son déplacement, elle a accordé un entretien exclusif à TSA.

Quel est l’objet de votre visite en Algérie et quel en est le programme ?
Je suis ici en tant que ministre de la Francophonie et représentante personnelle du président de la République française auprès de l’OIF. Ma présence s’inscrit dans le cadre de la visite que le président François Hollande effectuera avant la fin de l’année.
J’aurai des entretiens avec le ministre des Affaires étrangères, le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, la ministre de la Culture et le ministre de l’Éducation nationale. Je visiterai aussi la cinémathèque d’Alger qui est pour moi un lieu chargé de symboles.
François Hollande a annoncé qu’il serait présent au Sommet de la francophonie du 12 au 14 octobre à Kinshasa. Êtes‑vous porteuse d’une "invitation" au président Bouteflika pour une participation à ce sommet ?
L’Algérie a répondu présent quant à sa participation à Kinshasa. Cette année, le grand rendez‑vous de la francophonie se passera en terre africaine où seront réunis 75 États. L’Algérie, qui est le deuxième pays francophone du monde, est toujours très attendue au sein du Sommet. Évidemment, si l’agenda du président Bouteflika le lui permet, sa présence sera un grand événement, comme à Beyrouth en 2002, à Ouagadougou en 2004 et à Québec en 2008, où il était très attendu.
L’Algérie est le deuxième pays francophone après la France. Mais l’usage du français y recule régulièrement. Avez‑vous des idées ou des projets pour remédier à cette situation ?
La culture algérienne francophone est connue du monde entier avec ses auteurs comme Assia Djebar, Boualem Sansal, Yasmina Khadra ou des réalisateurs comme Mohamed Lakhdar Hamina, Merzak Allouache, Mohamed Chouikh, Yasmina Chouikh ou Nadir Mokneche.
S’il existe un recul de la langue dans ce grand pays francophone, c’est regrettable. Car aujourd’hui, la langue française a muté, elle s’est débarrassée des oripeaux du colonialisme et c’est à la France qu’il appartient de transmettre de façon visible cette mutation : la langue française est aujourd’hui une langue solidaire, égalitaire, une langue qui rassemble à hauteur d’homme. Elle doit aujourd’hui être le fleuve qui fédère les peuples de la francophonie.
En tant que réalisatrice, vous avez beaucoup travaillé sur la question de l’immigration et dénoncé les discriminations en France. En tant que membre du gouvernement, comment comptez‑vous poursuivre ce combat ?
Je n’ai pas laissé mon combat contre les préjugés et les discriminations, la place de l’immigré dans la société, à la porte de mon ministère. Mon engagement sur ces questions m’a suivie dans cette maison de la République et sera toujours présent dans toutes les décisions que je prendrai dans le cadre de ma mission.
Relancer une francophonie porteuse de valeurs humanistes, de démocratie, tel est mon objectif. Il y aura dans mon projet de relance un volet qui concernera la francophonie en France. Elle sera en direction des territoires abîmés, maltraités où l’absence de maîtrise de la langue française est un handicap pour l’avenir des jeunes, car la langue est un rempart contre l’ignorance et ses conséquences.
L’Algérie célèbre cette année le 50e anniversaire de son indépendance. Votre père a lutté contre le colonialisme. Comment concevez‑vous la réconciliation entre les deux pays ?
Mon père a lutté pour l’indépendance de son pays et contre la colonisation. Il m’a transmis l’amour et la fierté d’avoir un pays debout. Cette éducation m’a donné une identité de réalisatrice engagée, j’ai toujours utilisé l’image comme une arme incontournable pour lutter contre les préjugés et changer de regard sur l’autre.
Ma volonté était de redonner respect et dignité à nos parents pour que les jeunes puissent se projeter dans le futur. Depuis plus de vingt ans, les débats initiés autour de mes films ont permis de libérer la parole pour regarder vers l’avenir.
La repentance de la France est perçue en Algérie comme un préalable à cette réconciliation…
Avec l’élection du président François Hollande, je perçois une embellie dans les relations entre la France et l’Algérie. C’est un humaniste qui a conscience que nous sommes aujourd’hui arrivés au carrefour historique de ce qui doit se défaire et se faire.
Quels sont les rapports que vous entretenez avec votre pays d’origine ?
Ce sont des rapports très forts, de cœur. C’est le pays d’origine de mes parents, le berceau de ma famille. Ces liens de cœur font partie intégrante de mon identité et de ma personnalité. Ma passion du cinéma est née de ma rencontre avec le cinéma algérien, et surtout Chronique des années de braise, de Mohamed Lakhdar Hamina. Je n’oublierai jamais non plus, ma rencontre avec Boudjemaa Karèche, le directeur de la cinémathèque d’Alger qui m’a dit : « va et deviens une cinéaste ».
Est-il vrai que vous ayez reçu des fleurs de la part du président Bouteflika à l’occasion de votre nomination au gouvernement ?
En effet, j’ai été très émue et honorée de recevoir des fleurs du président Bouteflika. J’ai eu le sentiment de recevoir des fleurs de tout un pays et qui avaient la couleur de l’élégance du cœur.
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  • : Un des objectifs est de reconstituer la grande confédération qui regroupait les 14 aarchs des Iflisen Umellil avant la colonisation française. Le but est de rétablir les liens interrompus et de promouvoir la solidarité inter-arche. Nous visons également à consolider les liens entre la diaspora et leur région d'origine. Réecrire l'histoire des Iflisen et préserver leur patrimoine matériel et immatériel .
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