Partager l'article ! “Une guerre économique et politique est déclarée contre la Kabylie”: Liberté ...
Liberté
Si l’on se fie aux déclarations de Noureddine Aït Hamouda, la situation en Kabylie
est plus préoccupante que l’opinion ne le croit. Intervenant lors d’une conférence-débat animée avant-hier dans la soirée, le député du RCD a dressé un constat des plus amères et
sans complaisance sur le développement de cette région livrée, dit-il, à l’insécurité, le kidnapping, la corruption, la délinquance et l’anarchie. “Une guerre économique, culturelle et politique
est déclarée contre la Kabylie”, a-t-il tenu à souligner, non sans relever les indices sur lesquels est fondée cette conviction et cerner les contours qui lui en confèrent un caractère concret et
la rendent ainsi visible à l’œil nu. “Tous les projets sont à l’arrêt et aussi comment expliquer le fait qu’on mette 4 heures de route de la frontière marocaine à Alger alors qu’il en faut 5
heures entre Tizi Ouzou et Alger”, dit-il convaincu qu’il y a volonté de faire du mal à la Kabylie. Mais Aït Hamouda, toujours égal à lui-même, ne s’arrête pas là. “La ville de Tizi Ouzou est
devenue une poubelle ambulante où, de surcroît, l’injustice et le trafic règnent en maître”, a-t-il ajouté, tout en exhibant, pour en donner des exemples concrets, un document mettant en cause
deux policiers à Iferhounène qui ont acheté 38 véhicules d’une manière qu’il considère comme suspecte. “Je défie la police de déposer une plainte pour diffamation et le procureur de me
convoquer”, a-t-il lancé à l’assistance que la salle du Bâtiment bleu avait du mal à contenir. Après la police, le conférencier charge aussi la gendarmerie. “Les sablières travaillant légalement
ont été fermées et d’autres ont été ouvertes clandestinement avec la bénédiction des gendarmes. Derrière chaque engin, il y a un gendarme”, accusera-t-il.
Abordant la brûlante question des kidnappings dans la région, le fils du colonel Amirouche ne manquera pas de s’interroger pourquoi aucune affaire
d’enlèvement n’est jamais instruite par la justice. “Pourquoi dans les autres régions les services de sécurité en ont fini avec le terrorisme qui est d’ailleurs irrémédiablement vaincu alors
qu’ici ce n’est pas le cas ?” s’interrogera-t-il également en abordant le sujet du terrorisme. “À Tizi Ouzou, on ne peut pas se plaindre d’une chose : de ne nous avoir pas ramené des cabarets et
du salafisme en Kabylie”, a-t-il ajouté plaisantin non sans préciser que derrière chaque cabaret, il y a un policier et rappeler l’épisode de la mosquée d’Aghribs. Mais qui est responsable de
toute cette situation ? Noureddine Aït Hamouda pointe du doigt le président de la République, Bouteflika, et son Premier ministre, Ahmed Ouyahia auxquels il s’est attaqué sans retenue aucune. “Ce
sont eux qui sèment le chaos en Kabylie. Ils ont pollué jusqu’à la JSK qui est un repère identitaire important en Kabylie”, a-t-il déclaré sèchement, tout en manifestant son étonnement de voir
Ouyahia ressembler au défunt Nahnah dans les accoutrements qu’il portait durant la soirée du 27 jour du Ramadhan. “Ouyahia est un caméléon qui s’adapte à toutes les situations et accepte toutes
les humiliations pour qu’il serve le système en place”, dira-t-il ajoutant, à l’adresse d’Ouyahia, “vous voulez faire plaisir à qui ? On peut faire de la politique et avoir une
morale”.
Dans ce sillage, le conférencier n’a pas manqué d’égratigner Abou Djerra Soltani. “Qu’il se garderait d’avoir des enfants drogués, qui se payent les
plus belles voitures et chalutiers d’Algérie et qu’il n’envoie pas sa femme quand on veut faire la guerre à Israël”, dira-t-il à l’adresse du chef de file du MSP avant d’adresser encore de
virulentes critiques aux autres Hannachi, Benachenhou, Mabrouki, Laâdi Houari et Ould Kablia. Avant de conclure en appelant à plus de solidarité en Kabylie pour résister au chaos que veut
instaurer le pouvoir, Aït Hamouda revient longuement sur l’affaire d’Aghribs et ces salafistes qui veulent investir le village, donner des leçons de religion à la population de la région et
également sur l’affaire de la subvention du Pnud qui est bloquée, dit-il, par Ouyahia.