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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 22:40
Courrier d'Algérie 12 nov

UN VILLAGEOIS SAUVÉ PAR LA MOBILISATION CITOYENNE D'ISSENADJÈNE (IFLISEN)
  ÉCHEC À LA TERREUR

La bravoure, le sens de l’honneur et de la dignité sont des valeurs humaines qui ne se décrètent pas : soit on les a, soit on ne les a pas. On peut s’en départir momentanément, le temps d’une paix retrouvée ou prétendue comme telle, mais on finit toujours par y recourir pour faire face à un péril qui menace ses valeurs, voire jusqu’à la vie d’une personne, d’une famille, d’un village ou d’une confédération de village entière, ou même d’une communauté ou d’un peuple.

Autant de valeurs dont ont toujours fait siennes les habitants de la commune d’Iflissen à l’instar de leurs compatriotes des autres localités de la Kabylie. Des habitants dont la dernière mobilisation historique autour de l’un des leurs kidnappé par les tenants de l’obscurantisme a fait le tour du pays, voire au-delà des frontières nationales. Une mobilisation digne d’une épopée qui mérite de figurer dans les manuels scolaires pour être éduquée et transmise aux générations futures. AU COEUR D’UNE ÉPOPÉE Quoi de mieux indiqué pour revivre cette épopée surmédiatisée que de se rendre dans son berceau pour nous la faire raconter par ses acteurs. Quoique la journée de lundi dernier fût fortement pluvieuse, le périple nous ayant mené à Iflissen fut des plus agréables. Avant d’arriver, une appréhension nous hantait, celle de ne pas trouver d’interlocuteur surtout que certains écrits n’étaient pas du goût des habitants, devions-nous apprendre avant le départ. Mais que fut notre étonnement en se faisant accueillir dans la pure hospitalité par la toute première personne interpellée à hauteur de Taqsebt, le village millénaire, le premier de la commune d’Iflissen. Le vieil homme au béret basque qui nous indiqua le chemin à emprunter ne s’est pas gêné de nous conseiller de ne pas faire comme certains confrères qui, selon lui, ont fait purement et simplement dans la désinformation. «Que Dieu vous garde mais soyez objectifs dans votre compterendu », nous lancera notre interlocuteur dans un kabyle châtié. La même consigne ou presque, nous la recevrons telle une litanie à chacune de nos brèves haltes, que ce soit à Taguersift, Iheddaden, Ath-Yacine, Taxamt Lallam, Boukellal, Iguer N’Salem, Arbi ou encore Agouni Moussi, le chef-lieu de la commune que nous atteindrons vers les coups de 10 heures. Une vieille femme s’affairant à abreuver son petit bétail dans le garage familial, une jeune étudiante en partance pour Tizi Ouzou, un jeune manoeuvre sur un chantier, autant de personnes qui nous ont balancé, à une nuance près, la même chose. Il faut dire, à ce propos, que le village d’Issenadjène en particulier et la région d’Iflissen plus généralement, ont fait les choux gras de la presse nationale, tous supports confondus, avec des comptes-rendus parfois contradictoires, sans parler des «analyses» que certains se sont permis. Ce que, d’ailleurs, le premier magistrat de la commune, M.Tizguine qui nous a reçu chaleureusement dans son bureau, a tenu à relever de prime abord. Il en est de même du tout nouveau président du comité du village Issenadjène, Mehenna B. « Si certains écrits ont été corrects, d’autres en revanche ont été à côté, affirmeront nos interlocuteurs. « Il est même un journal connu pour ses faux scoops, qui a publié la photo de la femme de l’otage libéré sans le consentement de la famille», tonnera le gérant d’un café du village héroïque. Invité à nous montrer le chemin de l’otage libéré, un certain Abdellah Talmat-Kadi, notre interlocuteur déclinera poliment la demande nous conseillant de ne pas trop insister à propos. Il dira que le concerné, de même que sa famille, sont vraiment épuisés par cette dure épreuve. «Personnellement, je n’ai vu Abdellah qu’une fois depuis sa libération. Il est cloîtré chez lui pour reprendre ses esprits et ses forces», dira-t-il. Celui-ci, comme d’ailleurs tous les villageois, nous orienteront vers le président du comité avec qui nous avons convenu auparavant d’une entrevue à la mi-journée.

LE PRIX DE LA DIGNITÉ
Un café, le Tamurt, dans lequel un quatuor d’hommes assez avancés dans l’âge se livrait une âpre partie de dominos, sous l’oeil bienveillant d’une grappe de spectateurs qui éclatent de rire au moindre commentaire amusant d’un des joueurs. Un de ces spectateurs, un jeune chômeur de 25 ans, affirme n’avoir fait que son devoir de citoyen en participant à cette mobilisation. Je pense que la position que nous avons adoptée à l’égard des ravisseurs était idoine. Il fallait mettre un terme à ce cycle infernal, quoique reconnaîtra-t-il, nous ayons mis la vie d’un des nôtres en danger », dira-t-il. Un autre villageois, la quarantaine, abondera dans le même sens, déclarant que c’était-là le prix à payer pour la dignité, l’honneur du village. «Si on avait abdiqué, les ravisseurs auraient certainement été encouragés à renouveler la même opération et qui sait, un jour, ils attenteront à notre honneur en prenant en otage une des nôtres», dira-t-il d’un ton serein. Et si cette libération sans rançon n’était que ruse de la part des ravisseurs ? rétorquet- on. Probabilité qu’un autre présent évacuera totalement en tenant à préciser que l’action de la population de la commune était pacifique et ne portait aucunement l’empreinte d’aucune menace ou autre mise en garde ou un quelconque ultimatum contrairement à ce qui a été rapporté ici et là. J’ai été particulièrement étonné par l’extraordinaire engagement des jeunes, que Dieu les bénisse», relance pour sa part, Da Saïd du haut de ses 75 ans. Cet ancien émigré qui dit, au passage, vivre de sa maigre retraite, affirme avoir cautionné la démarche des villageois et y avoir pris part activement. «Nous avons pris nos responsabilités et notre action approuvée unanimement par les citoyens des 38 villages de la commune s‘inscrivait dans l’optique de la libération de notre concitoyen kidnappé, sans pression, sans surenchère», affirmera Mhenna.B, le président du comité de village d’Issenadjène qui nous entretint du film de l’épopée dans son moindre détail, en compagnie d’un confrère de la chaîne II de la Radio nationale. Il nous dira que la nouvelle du rapt de Abdellah.T-K, père de trois enfants d’une cinquantaine d’année et gérant d’un bar restaurant sur la RN24 qui ceinture le village par le bas, à la lisière de la grande bleue, est tombée quelques instants seulement après la célébration par le village d’un rite, Nnoual, au bout duquel un nouveau comité de village est intronisé (Voir encadré). Le lendemain au matin et comme il n’y avait point de prise de contact de la part des ravisseurs qui, pour rappel, ont pris le soin de subtiliser la puce téléphonique du frère de l’otage, les villageois ont improvisé une assemblée générale vers les coups de 10h qui a décidé d’un sit-in devant la brigade de gendarmerie de Tigzirt. Chose faite dans l’après-midi au bout de laquelle une autre assemblée générale des villageois s’est tenue. Une assemblée des plus démocratiques, tient à préciser notre interlocuteur puisque, dira-t-il, «tout un chacun a eu à exprimer son point de vue. De celui consistant à faire la collecte des fonds pour la rançon à payer éventuellement jusqu’au refus de toute contrepartie à la libération de l’otage». C’est d’ailleurs cette position qui a été retenue à l’unanimité avec une précision de taille : les villageois étaient disposés à prendre en charge la famille de l’otage en cas de mauvaise nouvelle suite à cette décision.Autres mesures décidées : un appel solennel à travers les minarets des toutes les mosquées de la commune d’Iflissen et même celles de la commue voisine de Azeffoun. Des appels à l’adresse aussi bien de ravisseurs les exhortant sans menace aucune à libérer l’otage alors que des gens sont invités à rejoindre la mobilisation. Une autre tournée sur toutes les routes de la commune a été décidée à l’occasion de laquelle ont pris part des centaines de citoyens, de tous les âges, transportés à bord de véhicules, camions et autres fourgons. À chaque endroit suspecté d’abriter les ravisseurs, des appels leur sont lancés par le biais de mégaphones. Une tournée vaine qui, loin de décourager et démobiliser les villageois, les a, au contraire, alimentés de plus de détermination. D’autant plus que le lendemain coïncidant avec la célébration du 55ème anniversaire du déclenchement de la guerre de libération nationale, les citoyens des villages de la commune ont tôt fait d’envahir Issenadjène pour prendre part à cet élan de solidarité.

LES RAVISSEURS SE MANIFESTENT
Une assemblée générale de l’ensemble des 38 villages de la commune se tient et fait sienne la première décision, celle de non-payement de rançon et décida d’une autre tournée. Une caravane pour les besoins de laquelle toutes sortes de véhicules, plus de cinq cents, ont été mobilisés dont un camion transportant une grande sono alimentée par un groupe électrogène mis sur une camionnette. À peine six kilomètres après le départ de cette procession, le premier appel des ravisseurs parvient au cours duquel ils réclamaient l’arrêt du convoi et le payement d’une rançon de 700 millions de centimes contre la libération de l’otage. C’est là que commence le rôle prépondérant de Arezki Tigherstine, un retraité de l’enseignement du village voisin Timliline, auquel la délicate mission de négocier a été confiée. Par son tact, sa connaissance de la langue arabe et de l’écriture sainte, il a su dialoguer avec les ravisseurs en leur faisant part de la décision des citoyens portant refus de toute rançon quoique celle-ci ait été entre-temps rabaissée à 200 millions de centimes. Il leur fera comprendre que l’otage qu’ils détiennent a été déjà capturé en 2006 et a dû chèrement négocier sa libération. Une rançon dont il traîne encore des séquelles pour avoir contracté des dettes qu’il n’a toujours pas remboursées, faute de pouvoir le faire. Le président du comité de village a insisté par dire que les citoyens n’ont, à aucun moment quitté la chaussée et n’ont fait de ratissage contrairement à ce qui a été distillé ici et là. De retour à Issenadjène, alors que les citoyens étaient amassés dans la place centrale du village, les représentants des 38 villages, discutaient encore une fois, à l’intérieur du Mqam, du bienfondé de leur décision. Mehenna.B tient à préciser avoir approché à cet instant précis le frère de l’otage qui a tenu, dira-t-il, à réaffirmer sa soumission à la décision des citoyens. « Je ne peux tout de même pas remettre en cause le consensus de 38 villages quoiqu’il s’agisse de la vie de mon frère qui est en jeu », s’est vu rétorquer notre interlocuteur. Et tout le monde était dans l’angoissante attente de l’appel des ravisseurs comme ils l’ont promis. Chose faite aux environs de 18 heures à l’occasion de laquelle le cheikh Arezki, en fin diplomate, a réitéré le refus de l’Arch de payer toute rançon si minime soit-elle, leur faisant entendre les voix de l’assistance. Les ravisseurs décrochent non sans promettre de rappeler dans un petit instant.

L’ULTIME APPEL ET… LA BONNE NOUVELLE
Pas plus de dix minutes plus tard, ils téléphonent à nouveau pour annoncer, cette fois-ci, la bonne nouvelle, celle de la libération imminente et inconditionnelle de l’otage. C’est alors l’explosion d’une joie incommensurable des présents par milliers quoique l’appréhension d’un mauvais jeu des ravisseurs ait vite fait de prendre le relais. Près d’une heure après, un nouvel appel des ravisseurs, le dernier, détaillant les conditions de libération de l’otage. Chose faite quelque temps plus tard puisque le cheikh Arezki le frère de l’otage et une troisième personne, récupéreront Abdellah à Aït-Rehouna, vers les coups de 23 heures et sera accueilli en héros par les citoyens. Ainsi prend fin l’action héroïque des villageois d’Iflissen qui, certainement sans le savoir, venaient d’être les acteurs et les meneurs d’une véritable épopée digne d’être racontée à nos enfants tels ces contes avec lesquels nos grands-parents nous dorlotaient et par le biais desquels ils ont intelligemment élevé bien des générations dans un moule de civisme et de citoyenneté que nous envieraient bien des nations développées. À méditer 

 De notre envoyé spécial Mohammed Kebci

 Nnoual, un rite ancestral
Le rapt a coïncidé avec l’organisation, le vendredi, de Nnoual, cette pratique ancestrale tenue chaque 28 octobre de chaque année. Exceptionnellement, cette année, le rite a été organisé le vendredi 30 octobre, premier jour de week-end. Il consiste en la préparation, par chaque famille du village, de mets, de préférence, fortement épicés, que des gamins ramenaient, vers la fin de l’après-midi, à la place du village sise par-devant le cimetière. Les villageois mangeaient à satiété en présence des enfants, une manière de leur inculquer cette pratique ancestrale transmise de génération en génération depuis la nuit des temps. Pas que cela, juste après la fin de ce rite, le comité de village se doit de présenter le bilan d’une année d’action avant de déposer leur démission. Aussitôt, une nouvelle équipe est choisie par l’assistance. Pour l’exercice 2009/2010, Issenadjène s’est doté d’un gouvernail mené par Mehenna.B, un universitaire de 44 ans, en chômage.
 M.K. 

AKLI TIZGUINE, MAIRE D’IFLISSEN :
  «Cette mobilisation est un acte de citoyenneté à méditer»
Profitant de notre passage à Iflissen, nous avons jugé utile de faire le point sur l’état de cette commune aux potentialités touristiques, voire agricoles, indéniables, mais qui demeure, fort malheureusement, à la traîne du développement, puisque manquant à vue d’oeil du strict minimum.
Et pour ce faire, le maire de la localité, Akli Tizguine, jeune médecin généraliste de formation, s’est aimablement montré disponible, nous exprimant une reconnaissance toute particulière pour être le seul journal à l’avoir sollicité pour parler de choses autres que cette épopée qu’il affirme ne pas être étrangère aux us des populations de toute la région de Kabylie, réputée pour ses valeurs séculaires de solidarité et d’entraide.
Le Courrier d’Algérie : En tant que premier magistrat de la commune, quelle lecture faites-vous de cet événement, c’en est un ?
Akli Tizguine : C’est un acte de citoyenneté à méditer et que nous soutenons pleinement et de toutes nos forces.
Cette formidable réaction de nos citoyens est l’expression d’un ras-le-bol après les deux premiers kidnappings enregistrés dans notre commune.
Aussi bien le citoyen lambda que le plus ou moins cultivé ont eu la même attitude face à ce phénomène nouveau dans notre société, une attitude pacifique et responsable qui a bien fini par donner ses fruits.
Tout un chacun s’est dit que l’on se devait bien d’y mettre un terme, car il s’agissait bien de l’honneur de tout le monde sans exception aucune qui était en jeu.
Et si l’on devait céder une fois de plus à ce chantage, ce sera alors un coup dur porté à notre dignité et à notre honneur.
Ce n’est pas pour rien que la population de la commune nous a de tout temps exprimé son soutien presque dans sa totalité pour nos positions claires et sans ambiguïtés à ce sujet et à bien d’autres.
Qu’en est-il du projet de la fédération des comités de village ?
Pour éclaircir un peu les choses et lever toute équivoque, il faut dire encore une fois et ce n’est certainement pas de trop, que c’est là une idée qui ne fait pas suite à ce kidnapping et la formidable mobilisation citoyenne qui s’en est suivie que nous saluons de toutes nos forces.
Elle remonte bien loin, à l’année 2006, lors de mon tout premier mandat en tant que maire de la commune.
Une idée qui n’a pas bénéficié de toute l’attention requise pour des considérations, il faut l’avouer, d’ordre politique; certains voyaient dans l’initiative une récupération de notre part du tissu associatif de la commune, principalement le réseau des comités de village au nombre de 38.
D’où sa relance à l’occasion, non ?
Parfaitement, cet épisode malheureux mais qui a fait rebondir, à notre grand bonheur, l’une de nos valeurs ancestrales, celle liée à la mobilisation, nous a semblé opportun pour relancer cette idée comme vous le dites si bien.
Fort malheureusement, les tentatives de récupération de cet événement et les mauvaises interprétations qui ont ressurgi encore une fois ont fait capoter l’initiative, mais nous ne perdons point espoir.
Pouvez-vous être plus explicite… Il faut reconnaître que la réunion de samedi dernier, qui devait déboucher sur la mise sur pied solennelle de cette nouvelle organisation, a relativement échoué.
Certains présents y nourrissaient bien des desseins inavoués comme celui par exemple de se substituer à l’assemblée communale, ou encore la fermeture des bars, entres autres.
Néanmoins, au bout d’un large débat parfois passionné au cours duquel nous avons, pour notre part, fourni un effort pédagogique pour expliquer que cette coordination se doit d’être un appui pour les autorités locales dans ses moult démarches pour la concrétisation de bien de projets pour la commune et la satisfaction de doléances citoyennes, audelà de son efficacité prouvée à l’occasion de dures épreuves comme celle que nous venons de subir, l’assistance a convenu d’un autre conclave prévu pour le premier vendredi d’après la fête de l’Aïd el-Kebir.
Nous espérons bien que ce nouveau rendez-vous débouche sur la naissance de ce projet tant attendu.
Une réunion au cours de laquelle seuls les délégués dûment mandatés par les citoyens de leurs villages respectifs seront autorisés à prendre part.
Pour évoquer un peu l’état de votre commune, comment la décrivez-vous succinctement ?
Iflissen endure, certainement comme certaines de ses conseurs, un paradoxe.
C’est une commune déshéritée, très pauvre de près de 15 000 habitants éparpillés sur une quarantaine de villages et hameaux.
Et pourtant, ce ne sont pas les atouts qui lui font défaut puisque le créateur l’a dotée de potentialités naturelles que lui envieraient bien d’autres localités avec un littoral qui s’étale sur près de 17 kilomètres en sus de vestiges dont les plus connus sont les ruines romaines du village Taqsebt.
De nombreux et ambitieux projets d’investissement sont annoncés pour votre commune ?
Il y a plusieurs projets d’investissement, notamment dans le domaine touristique.
Aucun de la dizaine de projets présentés et touchant à bien de volets, entre autres aquaculture, villages et hôtels touristiques, n’a eu malheureusement le quitus du CALPI.
Il faut dire au sujet de ces investissements qu’ils ne peuvent objectivement se concrétiser en l’absence d’un réseau d’électricité le long de notre littoral.
À notre niveau et conformément à nos engagements pris lors de nos campagnes électorales, nous accompagnons à chaque fois tous ceux qui expriment le voeu d’investir chez nous.
Mais on parle d’un gigantesque projet de chantier naval….
Effectivement, il s’agit d’un investissement algéro-canadien de l’ordre de deux cents millions de dollars portant sur la réalisation d’un complexe naval prévu au village de Taqsebt.
Seulement, cet ambitieux projet, qui nous tient vraiment à coeur et sur lequel nous nourrissons d’énormes espoirs en termes de postes d’emploi qu’il aura à charrier et de la dynamique d’investissement qu’il ne manquera pas de susciter auprès d’autres potentiels hommes d’affaires, tarde à se concrétiser.
Le promoteur que nous avons accompagné de même que le sénateur, le député de la région et le président de l’APW, ne consentent toujours pas à lever de minimes réserves techniques émises par le CALPI.
Comment vous vous-y-prenez pour gérer alors les préoccupations de vos administrés ?
C’est tout notre défi que nous mesurons, par ailleurs, à sa juste valeur, sans berner nos concitoyens de fausses promesses.
Figurez-vous que pour ce faire, nous ne comptons que sur notre ingéniosité à bien gérer les maigres enveloppes qui nous sont concédées dans le cadre des PCD (Plans Communaux de Développement).
Pour nous limiter aux quatre ans que je dirige la commune, il y a plus de vingt villages qui ont bénéficié chacun d’une tranche d’assainissement, 11 revêtements de routes nouvelles et deux salles de soins.
Jusqu’à présent, il n’y a que quatre ou cinq villages qui n’ont pas bénéficié directement d’opérations mais qui profitent de celles réalisées dans les villages voisins.
À ce sujet, dois-je vous dire que concernant certaines structures comme les écoles ou les centres de soins, il est quasiment impossible d’en doter chacun, on a opté pour des pôles démographiques.
Nous avons aussi réhabilité, toujours au titre des PCD, le centre culturel fonctionnant grâce à un encadrement recruté dans le cadre de l’emploi des jeunes, à ajouter à la bibliothèque communale en voie de finition, de même que le stade communal réhabilité sur deux opérations et cinq aires de jeu.
Il en est de même pour l’extension du siège de la mairie réalisée en trois tranches de cinq cents millions de centimes chacune.
Presque la moitié des enveloppes financières reçues dans le cadre de PCD ces quatre dernières années a été consacrée au réseau d’assainissement.
Il faut dire, à ce propos, que seuls quatre à cinq villages sont assainis à 80%, d’autres à 20%, 40%, alors que certains villages ne disposent pas de la moindre buse.
Dans votre plan d’action, vous avez certainement fait le diagnostic de votre commune et le traitement adéquat ?
Nous ne sommes pas du genre nous se dérober de nos missions et de nos devoirs.
Nous avons effectivement élaboré un plan de développement pour notre commune qui s’étale sur quatre ans (2009-2013).
Un programme qui brosse tous les secteurs (hydraulique, AEP, travaux publics,..
) et dont nous avons estimé la concrétisation à 70 milliards de centimes.
Vous conviendrez volontiers avec moi que c’est là une somme que nous considérons dérisoire quand on sait que ce programme aura comme ambition de combler l’énorme retard accusé par la commune depuis l’indépendance.
Un programme que nous défendrons à tous les niveaux à commencer par la réunion de ce mercredi avec le wali (hier, ndlr).
 Entretien réalisé par M.Kebci 

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commentaires

boukallel 09/03/2010 05:37


je suis un boukallel de l est algerien, j habite au canada . j ai trouver par hasard ce
site.
j aimerai bien savoir .si mon nom est kabyle,car je parle pas kabyle et mes
parents disent que nos ancetres viennent de la kabylie et si c est possible que signifie le nom boukallel et de quelle tribue
peut etre j apporte un plus pour la region. merci


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  • : La confédération des Iflisen Umellil
  • : Un des objectifs est de reconstituer la grande confédération qui regroupait les 14 aarchs des Iflisen Umellil avant la colonisation française. Le but est de rétablir les liens interrompus et de promouvoir la solidarité inter-arche. Nous visons également à consolider les liens entre la diaspora et leur région d'origine. Réecrire l'histoire des Iflisen et préserver leur patrimoine matériel et immatériel .
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