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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 22:06



     En effet, il a suffit de deux mots utilisés dans le texte ci-dessous pour déduire qu'il s'agit bien de descendants des Almoravides venus du Sud Ouest Marocain (chleuh du Sous) vers le 11ième siècle. Il s'agit de:

Anmougar : terme toujours usité chez les chleuhs pour désigner rencontre ;
Targant : arganier qui est une espèce propre au sud Marocain.

L'Histoire nous apprend que les Almoravides étaient venus stopper l'invasion des Beni Hillal envoyés par les Fatimides d'Égypte vers 1050 AJC. Et ils l'avaient vaincus précisément à Sétif. Les survivants des Beni Hillal furent ensuite déportés dans la région de Tamesna au Maroc pour mieux les contrôler.



Posté par MedSouilah le 23/11/2009 06:50:00 (44 lectures)

 


 
Quand on découvre pour la première fois la majestueuse vallée de Tameloukt, on éprouve vite la sensation que le temps devait s'être estompé durant de longues années pour que la nature, les choses et les êtres, aient pu conserver cette remarquable touche du passé.

 


 



Cette curiosité géologique, nous révèlent des vieux de la région, avait déterminé les ancêtres en butte à l'ennemi colonial, à s'y installer malgré les grands froids de l'hiver, les intempéries innombrables et l'éloignement que constitue la distance qui les séparait des champs de culture et des puits. On y trouve dans la montagne de Babor, des serpents, des lézards, des myriapodes, des chacals, des sangliers et bien d'autres bêtes comme le lièvre, l'écureuil gris, les charognards et les rapaces royaux. Mais, Babor n'est pas que cela. Son parc naturel étendu sur 1.700 ha constitue le biotype de nombreuses espèces endémiques, c'est-à-dire qu'on ne trouve nulle part dans le monde, les deux espèces endémiques qui le rende le plus célèbre sont le sapin de Numidie au port très particulier, et la sitelle, un oiseau qui n'a été découvert qu'en 1975. On y trouve aussi de magnifiques cédraies et des singes magots. C'est depuis ses sommets, c'est-à-dire de là-haut qu'on peut le mieux admirer la vallée de Tameloukt, tapie entres les masses rocheuses dans son habit badigeon ocre et blanc; c'est de là-haut que ce qui est en bas se précise et qu'on prouve l'envie de communiquer avec le cosmos, car tout est à l'échelle cosmique en ces lieux où la géologie et la métaphysique se mêlent en de multiples images qui vous laissent en mémoire une marque indélébile comme le sceau magique de la sérénité blanchie par des souffles purs de la genèse. Cette vision haute s'efface à mesure que l'on redescend au coeur du village de Tameloukt. On est alors aspiré par des couleurs et les rythmes de la lumière, les devantures des maisons offrent ici un cachet comparable à celui qu'on trouve dans les villages montagneux berbères. Car le style de vie des gens de Tameloukt exprime ici l'image de la culture berbère. Cette culture imprègne tous les objets, dont les poteries. C'est en descendant que les volumes recouvrent leur dimension véritable, leur nature, d'étrange qu'ils vous paraissent à première vue. Les habitants de Tameloukt se sentent toujours, malgré l'apaisement de la situation sécuritaire, abandonnés, ils gardent des souvenirs agréables ou amers. On raconte ici que des hordes terroristes essaimèrent dans la vallée et conquirent les terres des D'chours n'ayant pas des moyens de défense. D'où qu'ils passaient, le désordre et la désolation se substituèrent au travail et au bien-être. Le meurtre et le pillage allaient bon train. Dès que vous débarquez à Tameloukt, la nouvelle de votre arrivée se répand de bouche à oreille, on accourt de partout pour vous congratuler, vous voir, on se dispute âprement l'honneur de vous avoir à diner, vous passez d'une terrasse à une autre, vous mangez un peu chez l'un un peu chez l'autre pour ne froisser personne car, cette hospitalité ne se refuse pas. Dans cette vallée imprenable par tous les lacets escarpés surplombant le chaos des roches et des torrents, sur ces terres où des dechrates entières sont désertées par les siens et laissées à l'abandon. Les gens d'ici racontent que Sidi Moussa possède des pouvoirs que nul autre saint ne pouvait posséder. Qu'avec lui on assistait à l'accomplissement de choses incroyables, à des faits étranges. Situé dans l'enceinte d'une Zaouia blanche surmontée d'un dôme unique et à l'écart des agglomérations, le tombeau du saint se signale par une maçonnerie cubique très simple. Ce bâtiment est entouré d'oliveraies d'où pointent quelques palmiers centenaires, l'eau n'y manque jamais. Les anciens y ont édifié, le pèlerin peut passer la nuit à côté de la tombe du saint. On y trouve également à manger et boire. Ce lieu ne sert pas seulement de relais, on vient souvent de loin pour y sacrifier des bêtes afin que le saint intercède en faveur du sacrificateur ou un membre de sa famille. Les femmes surtout peuplent cet endroit, celles dont les époux sont partis depuis longtemps sans donner de nouvelles et s'y rendent avec l'espoir de revoir leurs conjoints. On affirme ici que le saint Sidi Moussa aide les femmes délaissées à conquérir le coeur du mari volage. Les serviteurs de la zaouia donnent lieu chaque année à une manifestation grandiose appelée « Anmougar », ce qui signifie rencontre en berbère. Ce rassemblement dure plusieurs jours, pour y participer les gens n'hésitent pas à marcher plusieurs kilomètres à pied. Cette fête à la fois religieuse et commerciale attire toute sorte de marchands venant des 4 coins du pays. Des dizaines de tentes se dressent sur une aire aérée et rocailleuse. Près du tombeau du saint, un vieil arganier au pied duquel s'asseyent des jeunes filles en quête d'un prétendant. On appelle cet arbre «Targant n'timigrawin» ou l'arganier des mariages, les adolescents viennent séduire là celle qu'ils désirent épouser sous l'égide du saint. Cette coutume matrimoniale résiste jusqu'à nos jours aux changements des moeurs. Les enfants jouent au seuil de la mosquée, le crane rasé mais une petite tresse de cheveux pend de leur occiput. Pour les habitants leur léthargie actuelle n'est qu'un cycle défavorable et c'est pourquoi ils ne veulent rien perdre.

par Z. S. Loutari

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