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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 21:58

TSA

Illustration de la méfiance du pouvoir à l’égard de la diaspora



Près d’un mois après le début des consultations politiques, la commission Bensalah a déjà invité un échantillon quasi représentatif de la population algérienne. Des partis politiques – certains ont décliné l’invitation – aux personnalités nationales, en passant par des responsables d’associations de jeunes ou d’inconnus, tout le monde ou presque a été convié aux discussions. Même l’ancien archevêque d’Alger, Mgr Henri Teissier, a été reçu ce lundi 13 juin. Il a plaidé pour le droit des minorités religieuses à la liberté de réunion, d’expression, de conscience et d’opinion, garanti par la Constitution.  

Mais la commission de dialogue nationale a oublié de convier les Algériens de l’étranger, soit plusieurs millions de personnes. Pour la seule France, au moins 4 à 5 millions d’Algériens y vivent. Ils sont plusieurs centaines de milliers au Canada, en Europe, et au Moyen‑Orient. C’est l’une des plus importantes diasporas au monde. Au‑delà de leur nombre, les Algériens vivant à l’étranger possèdent une autre légitimité : parmi eux, on trouve de nombreuses élites. Elles ont fait leurs preuves dans beaucoup de domaines. Et leur apport pour le pays, en crise, ne peut être que bénéfique. Enfin, la diaspora algérienne à l’étranger a toujours figuré en bonne place dans le discours officiel du pouvoir.
 
Officiellement, les autorités font tout pour permettre aux Algériens vivant à l’étranger de jouer un rôle de premier ordre dans la construction du pays. Mais, dans les faits, la situation est différente. En réalité, l’attitude de la commission Bensalah à l’égard des Algériens de l’étranger trahit mal la méfiance permanente du pouvoir à leur égard. A Alger, on se méfie de ces Algériens vivant à l’étranger, on veut bien les laisser faire du business mais ils ne doivent surtout pas se mêler de la politique. Ils sont considérés comme peu contrôlables et leur implication dans la vie politique risquerait de mettre en évidence l’incompétence des dirigeants en poste.
 
La nomination de Halim Benatallah au poste de secrétaire d’État chargé de la communauté algérienne à l’étranger illustre cette volonté du pouvoir d’éloigner la diaspora des affaires politiques. La première décision de M. Benatalah a été de priver l'Algérie du Conseil consultatif de la communauté algérienne à l'étranger. Créé par un décret présidentiel du 9 septembre 2009, il n'est toujours pas actif. Lors de sa première visite à Paris l’année dernière, il avait indiqué lors d’une rencontre avec la communauté algérienne que le projet était gelé. Un ministre qui décide de geler un projet créé par décret présidentiel ? A Alger, la déclaration n’a fait réagir personne. Car elle correspond à la politique officielle. Elle illustre la méfiance du pouvoir à l’égard de la diaspora algérienne à l’étranger.

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