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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 23:23

el watan

 

Parc National de Taza (Jijel) : le singe magot, une espèce en voie d’extinction

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le 23.07.12 |

 Le singe magot, une espèce à protéger.

zoom | © D. R.
Le singe magot, une espèce à protéger.

Sur la route de la corniche, en empruntant la RN 3 allant d’El Aouana, à l’ouest de la ville de Jijel, jusqu’aux frontières de la wilaya
de Béjaïa, le visiteur est attiré par des cohortes de singes magots contemplant le va-et-vient des véhicules.

En vérité, ils ont pris l’habitude de guetter le passage de quelques humains pour leur offrir de la nourriture. Les enfants et leurs parents se plaisent à s’amuser avec ces singes en leur offrant des gâteaux, des bananes ou des cacahuètes que ces animaux apprécient. Ce geste anodin, qui exprime une relation de sympathie avec ces primates, est en réalité porteur de danger pour la pérennité de cette espèce. Les spécialistes du Parc national de Taza (PNT) sont formels : il est interdit de nourrir ces animaux. Des campagnes sont d’ailleurs menées dans le but d’inciter les gens de s’abstenir à leur offrir toute nourriture, pour les laisser à leur état naturel.
Cette espèce, protégée et endémique, qui n’existe nulle part ailleurs qu’au Maghreb, plus précisément en Algérie et au Maroc, est menacée de disparition, avertit Nadia Ramdane du PNT. «En plus de la nourriture qu’on donne à ces singes, certains s’amusent, dans des comportements répréhensibles, à leur offrir des produits piquants, juste pour le plaisir», dénonce cette spécialiste de l’observation et du suivi des singes magots.

La nature a fait que cette espèce vit en groupe et chaque troupe marque son territoire et le défend. La concurrence est parfois mortelle entre clans. Omnivores, ils consomment les plantes, des insectes, des fruits, des racines, de petits animaux et des feuilles. Les recherches effectuées par les scientifiques du Parc national de Taza ont identifié trois types de groupes de singes vivant dans ce vaste espace naturel : un groupe strictement sauvage, un autre semi-sauvage et un troisième adapté à la fréquentation humaine.

Des pratiques interdites

Le premier type forme des groupes de nature à garder leur état sauvage stricts. Ces groupes vivent dans les monts Guerrouche, loin de tout contact avec le milieux urbain et l’homme. Ces sujets sont féroces et très vigilants et dépendent entièrement, pour leur nutrition et leur sécurité, des espaces qu’ils occupent. «Personnellement, depuis 2002, je n’ai jamais pu m’approcher d’un de ces groupes à moins de 60 m et vraiment accidentellement, car ils sont très vigilants et très organisés ; les plus anciens des forestiers du PNT confirment cet état de fait depuis les années 1987», affirme Nadia Ramdane.

De nature semi-sauvage, le deuxième groupe forme des cohortes qui s’approchent des habitations, des milieux urbains et ruraux. Moins vigilants, ils gardent néanmoins leurs distances vis-à-vis de l’homme. Ces groupes, constate notre interlocutrice, s’approchent des habitations à Chréa, F’tof et Kherracha, situés dans le périmètre du PNT, et causent parfois des dommages aux récoltes agricoles de ces mechtas.

Le dernier type de singe magot observé est adapté à la fréquentation humaine. Ce sont des groupes qui vivent le long de la RN43 et dépendent de plus en plus de la présence de l’homme. Cette espèce est exposée à la nourriture malsaine qui leur fait perdre leur résistance sauvage et risque de nuire à leur santé. Leur dépendance saisonnière estivale à la présence humaine les pousse à s’approcher des habitations, durant le reste de l’année, à la recherche de nourriture.

En dépit des panneaux interdisant de donner à manger aux singes, ces comportements sont toujours observés sur la corniche. «Les gens ne comprennent pas les conséquences de leur geste, dangereux pour les groupes de singes avant tout, mais aussi sur l’équilibre des écosystèmes, car les singes nettoient la forêt des insectes nuisibles ; il faut aussi savoir qu’ils sont porteurs de plusieurs maladies transmissibles, ce qui fait qu’il est préférable de ne pas les approcher. Une autre menace contribue aussi à l’extinction de cette espèce durant la saison estivale, à savoir le vol de bébés singes pour les vendre, en plus des accidents dus à la circulation automobile sur la RN43», déplore Nadia Ramdane.
Le singe magot est le seul macaque qui n’a pas de queue ; il est bon, joyeux, rigolo. Il imite le comportement humain et parfois, il est voleur lorsqu’il a faim.

Zouikri A.

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Published by iflisen - dans Écologie
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