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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 20:33

Liberte

 

Sanglante sera la finale
Par : Saïd Chekri
 

Le régime d’Alger, déjà accusé ouvertement par l’opposition libyenne d’avoir participé au transport de mercenaires africains à Tripoli pour protéger Kadhafi, n’a pas fini de révéler ses attributs qui, s’avère-t-il, vont comme un gant à ces pays que l’on qualifie d’États voyous.

Comme l’on s’y attendait, les marches de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie, programmées hier à Alger, Oran et Batna, ont connu le même sort que les précédentes : des blocus policiers, renforcés par des contingents de baltaguia, ont empêché les partisans du changement de se rassembler et de manifester pour une transition pacifique, à même d’éviter au pays de sombrer dans le chaos.
Les faits enregistrés hier à Oran, à Batna, à Aïn Bénian, à Hussein-Dey et, surtout, les méfaits à peine croyables qui ont émaillé la manifestation qui devait s’ébranler de Salembier vers le siège de l’ENTV révèlent, si besoin est, que c’est bien le chaos, et non une quelconque mutation ordonnée, qui est inscrit sur les tablettes du régime. Des renforts de CNS, venus empêcher des Algériens de s’exprimer librement, ont tout bonnement laissé faire des escouades de délinquants, cette fois, ouvertement assumés puisque vêtus de tee-shirts frappés de l’effigie de Bouteflika, qui ont agressé et insulté les manifestants, en usant de propos racistes. Pis, ils ont pu s’approcher d’un dirigeant de l’opposition, Saïd Sadi en l’occurrence, et même lui porter un coup de couteau. Le régime d’Alger, déjà accusé ouvertement par l’opposition libyenne d’avoir participé au transport de mercenaires africains à Tripoli pour protéger Kadhafi, n’a pas fini de révéler ses attributs qui, s’avère-t-il, vont comme un gant à ces pays que l’on qualifie d’États voyous. Non, la régression n’a pas été féconde, elle est cauchemardesque.
On le sait, le régime est porté par nature sur l’usage de la violence. Mais pour ne pas avoir à en répondre, il en confie la pratique à ses propres mercenaires, locaux ceux-là, et même très locaux, puisqu’ils ne se revendiquent pas de l’Algérie mais de leurs quartiers. Et c’est au nom de cette appartenance au ghetto où ils sont enfermés aux sens physique, social et sociologique par le régime qu’ils s’en prennent à des manifestants, à coups de couteau, d’insultes racistes, voire même antisémites.
Dans cette “jungle politique” qu’est devenue l’Algérie, il n’y a apparemment de place que pour ceux des quartiers qui protègent “leur territoire” et ceux du pouvoir qui ont aussi leur citadelle à défendre, celle d’El-Mouradia-Club des Pins. N’est-il pas temps, dès lors, de laisser les uns aller à la rencontre des autres ? Saïd Sadi, Ali Yahia et autres militants de la démocratie ne devraient-ils pas songer, en définitive, à laisser la rue à sa mission obligée : servir d’arène où, inéluctablement, se jouera la finale entre le pouvoir et ses baltaguia ?
On aurait pu dire “vivement” n’était la tournure sanglante qu’un tel scénario impliquerait

 

 
 
 
Chronique (Dimanche 06 Mars 2011) 

La répression par l’insécurité
Par : Mustapha Hammouche
Lu : (304 fois)

Chaque semaine, la méthode est rééditée contre les marches programmées à Alger. À Oran, chasse préventive aux activistes potentiels par des policiers munis de leurs photos, arrestation de journalistes…
En quatre rendez-vous, les institutions chargées d’organiser la répression ont fini par former, dans la capitale, une armée de contremanifestants du samedi.
Nul ne sait si la CNCD aurait pu rassembler, dans ses marches, un quorum significatif d’un rejet du système. Puisqu’on ne lui a pas laissé le loisir de se tester, sa force de mobilisation et celle de ses mots d’ordre restent à évaluer.
Ces rassemblements, invariablement jugulés par le procédé devenu classique de l’obstruction, de l’intimidation, de la violence publique et délinquante associées, n’expriment plus rien sinon que le pouvoir est prêt à repousser les limites de la loyauté de ses moyens de répression.
Le ministre de l’Intérieur a grossièrement tenté de légitimer cette alliance contre nature de l’ordre et du désordre : les adolescents ont défendu leur droit à “la quiétude” en chassant de leurs quartiers les manifestants… “qui appartiennent à des milieux différents et sont d’origines différentes” ! De plus, les commerçants ont demandé “à n’être pas dérangés, surtout en week-end”.
Ould Kablia nous a habitués à ses argumentations scolaires, mais dans cette intervention radiophonique de la semaine dernière, il s’est surpassé. Maintenant que les espaces publics urbains appartiennent à leurs riverains et que les Algériens de “milieux différents et d’origines différentes peuvent en être expulsés” par le voisinage, il ne reste aux mécontents qu’à aller… prêcher dans le désert.
Le pouvoir peut se féliciter de l’efficacité tactique de gestion de l’expression populaire, dans la capitale notamment. Car, comme on le voit, en usant du blocage des voies d’accès aux lieux de rassemblements, du déploiement ostensible des forces, du “baltaguisme”, il a peut-être réussi à décourager cette expression. Quand on promet, en plus de la répression, l’insécurité aux citoyens qui ont l’intention de manifester, il a, en effet, une chance de les en dissuader. S’ils souhaitent marcher, ils ne souhaitent peut-être pas en découdre avec des jeunes, parfois dotés d’armes blanches.
Mais, probablement grisé par cette “réussite”, il ne semble pas mesurer les effets à terme de cette pédagogie du mercenariat. Apprendre à des jeunes à toucher le salaire de la violence, même quand elle est exercée au profit du pouvoir, n’est pas la vocation d’un État. Ceux qui sont régulièrement appelés à sévir contre les avis opposés au régime peuvent y prendre goût, d’une part, et prendre conscience de leur fonction politique, d’autre part.
Le pouvoir pourrait avoir à subir les effets de cet apprentissage de la violence payante, à plus brève échéance que ses initiateurs ne le pensent.
Ce jour-là, sa stratégie se sera retournée contre lui. Et il sera dans l’obligation de jouer au plus violent. C’est, décidément, la seule règle que notre système sait appliquer, celle que les stratèges appellent la loi de “la montée aux extrêmes”.
La violence apprivoisée d’aujourd’hui préfigure de la violence débridée de demain. Les leçons sanglantes du passé n’auront pas servi.

 

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