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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 21:05
el watan 9 déc 2009

La société avance, les dirigeants reculent


Il y a chez nos citoyens une conviction solidement établie que les autorités officielles ne jouent pas franc-jeu dans la crise qui oppose notre pays à l’Egypte, qu’ils manquent de courage ou ont peut-être des choses honteuses à cacher. Alors même qu’il a été offensif en décidant d’établir un pont aérien avec Khartoum, le pouvoir ne l’a plus été durant tout le temps du déferlement d’injures émanant de la sphère politico-médiatique égyptienne. Proférées y compris par des ministres et les fils de Moubarak, les invectives égyptiennes l’ont laissé de marbre et Ouyahia a beau dire que « le silence est la meilleure réponse à la provocation », aucun Algérien n’a été convaincu par cette sentence. Car il est impossible de se taire, plus particulièrement lorsque c’est la mémoire des martyrs de la Révolution qui est bafouée. Des personnalités égyptiennes n’ont pas hésité à franchir le Rubicon, ce qui aurait dû à lui seul constituer un casus belli et pousser nos officiels à mettre en branle toute une série de ripostes d’ordre politique, économique et diplomatique. Pour bien moins que cela, sur notre sol, des Algériens ont été traînés en justice.

La famille politique, qui s’est autoproclamée « révolutionnaire », a été étrangement timorée tandis que notre ambassadeur n’a pas été rappelé, ne serait-ce que par réciprocité avec la mesure égyptienne de faire rentrer son représentant à Alger. En pleine tourmente, une délégation algérienne, présidée par Chakib Khelil, s’est imprudemment déplacée au Caire pour parler de l’avenir énergétique avec ce pays, comme s’il y avait encore un futur avec l’Egypte de Moubarak. L’ENTV s’est gardée de montrer les images des étudiants algériens blessés au Caire et en fauteuil roulant arrivant à l’aéroport d’Alger, exactement comme elle a caché, tout au début, les images des blessures des joueurs algériens dans le bus qui les acheminait à leur hôtel. Il y avait comme une volonté de ne pas choquer le téléspectateur algérien, alors que ne s’arrêtait pas le flot d’injures égyptiennes relayées par des dizaines de chaînes satellitaires.

Il semble bien que les responsables algériens n’aient été animés, dès le début, que de la seule volonté de ménager l’Egypte officielle, sous-estimant le choc subi par l’opinion publique. En réalité, le mal est très profond car il réside dans le mental des décideurs. A leurs yeux, la personnalité algérienne doit s’effacer devant la Ouma arabe dont le centre ne peut être que l’Egypte. Empruntée au baassisme décadent, cette pensée est à l’origine du refus officiel, depuis l’indépendance, de considérer l’amazighité comme un des éléments constitutifs de la culture nationale. Le déni historique n’a pu été rétabli qu’après la constitutionnalisation par la force de la langue amazighe. L’idéologie baassiste a brisé l’école algérienne et fait le lit de l’islamisme, lequel a enfanté le terrorisme. Le système politique actuel en est encore fortement irrigué, à contre-courant de la société algérienne, notamment de sa jeunesse dont les valeurs sont profondément modernistes, nationalistes et républicaines. Elle l’a magnifiquement prouvé ces dernières semaines.



Par Ali Bahmane

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Published by iflisen - dans actualités
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