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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 22:11

 

source: Le Monde Amazigh

 

 

L’arganier fait partie de la famille des Sapotacées, reconnue pour donner naissance à des espèces rustiques et résistantes.
Cet arbre épineux – d’où l’adjectif “Spinoza” – qui peut atteindre 8 à 10 mètres de hauteur et vivre jusqu’à 200 ans, est facilement reconnaissable dans le paysage marocain. Il présente une cime large et ronde, un tronc noueux, tortueux et assez court, souvent lui-même formé de plusieurs branches entrelacées. Les forêts d’arganiers sont assez clairsemées (environ 30 arbres par hectare)et ses
racines pouvant atteindre 30 mètres de profondeur pour récupérer les eaux profondes
.

Les rameaux de l’arganier sont épineux et garnis de petites feuilles de couleur vert sombre qui peuvent subsister même durant la saison sèche.
L’arganier donne des fleurs et des fruits. Les fleurs apparaissent entre mai et juin et sont jaune verdâtre, parfois blanches. Le fruit a la taille et la forme d’une grosse olive, il est constitué d’une pulpe et d’un noyau contenant des graines appelées amandons. En moyenne, un arbre peut produire jusqu’à 8 kg de fruits par an soit un total de 128 000 tonnes par an, pour l’ensemble de
Aujourd’hui, l’Arganeraie représente 65 % de la surface boisée du sud marocain et couvre une surface de 830 000 hectares. Elle s’étend de la région de l’Oued Tensift à l’Oued Souss, en passant par Marrakech, Agadir et Essaouira

 


L’arganier chez les Achtouken (Souss)

argan : arganier (collectif) et huile d’argane. targant (pl. targinin) : arganier (unité), petit nombre d’arganiers. aregginen : pluriel de petit nombre d’argan, " quelques arganiers ". Ce mot s’appliquerait à des arganiers plus grands que les targinin. ayyaw (pl. ayyawen) : rejet partant de la souche. tagwntift : petit arganier. asennan (pl. isennanen) : petite épine sortant du petit fruit par la fleur. ajdur (pl. ijduren - ijdar) : fleur d’arganier.
aghray (pl. ighrayn) : fruit à peine formé. admam (pl. idmamen) : fruit qui commence à se former ; d’abord rougeâtre, lorsqu’il devient vert, il est appelé : zêrgemmu (collectif) ;tazêrgemmut (pl. tizêrgwmma) (unité). Lorsque celui-ci jaunit et mûrit il est appelé : bilzîz (collectif) ; tibilzîzt (pl. tibilzîzin) (unité) . Après le bilzîz, lorsque le fruit est sec il est appelé, qu’il soit resté sur l’arbre ou qu’il soit tombé : tifiyyict (collectif). La tifiyyict restée sur l’arbre est gaulée (zwi : gauler , azway : gaulage) et celle tombée sur le sol est ramassée (gru : ramasser , tigri : ramassage).
Le tout est mis dans des paniers (agwnin, pl. igwninen) faits avec la plante inif ; ou tazgawt (pl. tizgiwin) faits en palmier nain (tiznirt) ou en palmes (ifrawn) de palmier-dattier (tayniwt, pl. tayniwin) ; la tazgawt contient trois igwninen, l’agwnin lui-même contient trois tigwninin, une et demie dans chaque poche (tamnâtt, pl. timnadîn).
Le tout est transporté et emmagasiné dans les pièces du rez-de-chaussée pour éviter les dommages causés par les rats. On les retire au fur et à mesure des besoins, mais il arrive qu’on les laisse plusieurs années.
Les femmes pendant les intervalles de repas, prennent les tifiyyict et les concassent sur une pierre dite : assargw (pl. issurag) et à l’aide d’une pierre dite taggunt n wawrag (pl. tigguna n wawrag) ou plutôt taggunt n tifiyyict pour séparer (sfiyc : éplucher, asfiyc : épluchage) l’enveloppe sèche (agalim, pl. igalimen ou alig, pl. iligen) du noyau (aqqa, pl. aqqayn). L’agalim est donné aux animaux (chameaux, bœufs, moutons, chèvres) ; les chevaux, les ânes et les mulets (lebhaym n wazag : animaux à frange) ne le mangent pas.
Les femmes mettent les noyaux aqqayn dans des paniers igwninen, puis les concassent (erg : concasser, awrag : concassage), sur une pierre assargw n wawrag à l’aide d’une pierre taggunt n wawrag. Les concasseuses sont appelées tamragt (pl. timragin) : le pluriel masculin imragen est employé dans l’expression : " flan, llan dars imragen - on concasse chez un tel = il bénéficie d’une tiwizi entr’aide collective ". Lorsque le noyau est cassé, les hommes séparent l’amande (tîznint, pl. tîznin) des morceaux (irgen) de la coque (irg) et mettent les amandes dans un panier (tagwnint). Les débris de la coque, irgen, tombés sur le sol sont utilisés comme combustible.
Les amandes tîznin sont torréfiées (ssli : torréfier, asslay : torréfaction) dans un plat en terre (afellun, pl. ifellan) posé sur le feu.
Les amandes torréfiées sont moulues dans un moulin à bras appelé azerg n tîznin. Du moulin sort par un conduit (ils n wazerg) une espèce de pâte (amlû) qui tombe dans un récipient en terre appelé tazlaft n yîzmi muni d’un conduit (ils n dezlaft).
La femme verse sur cette pâte, à l’aide d’une cuillère à pot (aghwnja, pl. ighenjawen) un peu d’eau tiède (aman ulbanin) et mélange le tout d’une main, jusqu’à ce que la pâte se forme en grumeaux ressemblant à du couscous.

Les grumeaux s’agglomèrent et forment la tazgemmut ou tazegmut, nageant dans l’huile d’argan. La tazgemmut est pressée (zêm : presser, îzmi : pressage) pour extraire l’huile qu’elle contient encore. L’huile est mise dans des récipients faits de citrouilles sèches (taxsayt n wargan) et la tazgemmut est donnée au bétail (chameaux, bœufs, moutons et chèvres).

source:
La vie berbère par les textes. Arsène Roux.

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