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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 17:40

Lars prépare le ligament artificiel du XXIe siècle

L’entreprise d’Arc-sur-Tille est aussi discrète que performante. Spécialisée dans la conception et la fabrication de ligaments artificiels et des outils qui permettent de les poser, elle a engagé un ambitieux programme de recherche.

Bernard Brulez n’a pas l’habitude d’accueillir des journalistes dans ses bureaux de la zone d’activités d’Arc-sur-Tille. Et pour cause, il n’en a jamais reçu. « Capital,TF1 et d’autres voulaient venir,je n’ai jamais accepté. » Le président du directoire de Lars aime la discrétion. Et surtout il a toujours préféré, depuis qu’il a repris, en 1995, les rênes de cette société alors en grande difficulté, se consacrer pleinement au développement de cette PME innovante. Son métier : la conception et la production de ligaments artificiels. Une niche dans laquelle le nombre de concurrents s’est réduit comme peau de chagrin en 15 ans. Au point que Lars (Laboratoire d’application et de recherche scientifique, rebaptisé depuis Ligament Advanced Reinforcement System) est désormais le seul laboratoire dûment agréé par le ministère de la Santé, assure Bernard Brulez, exhibant l’épais dossier qu’il vient de remettre à l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) pour le renouvellement de cet agrément. « Un dossier qui regroupe des études scientifiques et des publications dans les meilleures revues médicales sous la plume des plus grands chirurgiens attestent de la qualité de nos produits et de l’amélioration du service rendu aux patients. » Les résultats sont là : entre 2004 et 2007, le chiffre d’affaires de Lars, qui emploie sept personnes seulement – « des collaborateurs exceptionnels » –, est passé de 2 à 3,5 millions d’euros ; « nous serons bientôt à quatre, voire cinq millions d’euros », annonce le président du directoire. À 92 % à l’export. Mais le plus impressionnant, c’est le résultat de la société : plus d’un million d’euros… « Lars est une affaire extraordinaire, une véritable “pépite” », s’enthousiasme François Patriat, président du Conseil régional de Bourgogne.

ALLIANCE D’ARTISANAT ET DE HAUTE TECHNOLOGIE

Et pourtant, l’ancien chirurgien dijonnais Jacques-Philippe Laboureau qui avait fondé Lars en 1992 avait conçu une nouvelle génération de ligaments à une époque où ceux-ci étaient fort décriés. Milieu des années 1990 : l’entreprise est prise dans la tourmente du « scandale des ligaments artificiels » dont s’empare la presse nationale ; Le Canard enchaîné révèle que la sécurité sociale rembourse des ligaments hors de prix et pas toujours efficaces. « On a fait des amalgames à propos des différents implants ligamentaires artificiels sur le marché, explique Bernard Brulez. À l’époque,certains distributeurs facturaient l’implant ligamentaire 12.000 ou 14.000 francs,d’où une utilisation excessive qui a conduit à des échecs. Aujourd’hui, le ligament Lars, utilisé dans certaines indications, est rembourséselon un tarif fixé par le ministère de la Santé (476 euros) et donne des résultats très satisfaisants. » Dès 1995, l’entrepreneur est convaincu qu’un bon produit, validé scientifiquement et proposé à bon escient, a sa place sur le marché, en étroite collaboration avec des chirurgiens orthopédistes spécialisés dans l’arthroscopie. Gérard Berbey, ingénieur prototypiste, venu du monde de la mécanique mais formé « sur le tas » aux contraintes et aux exigences d’un bloc opératoire, entame une démonstration éloquente sur des modèles en plastique reproduisant l’os du genou à travers lesquels il fait passer le ligament, ensemble de fibres unies entre elles par un tricot original. Une fabrication maison : les prototypes ont été fabriqués dans l’atelier voisin tandis que les ligaments eux-mêmes ont été cousus et conditionnés dans les salles blanches dernier cri de la société. Une subtile alliance d’artisanat et de haute technologie. « La partie “couture” sera toujours manuelle, en revanche nous avons automatisé toute la partie du nettoyage et du conditionnement du ligament », explique le technicien du laboratoire. À la sortie de l’entreprise, les ligaments prennent la direction des blocs opératoire français, européens, canadiens, voire d’Amérique du Sud ou d’Asie. « Les meilleurs chirurgiens nous font confiance, ils sont notre meilleure carte de visite. » L’entreprise vient de se doter d’un service international dirigé par Bert Quint, qui va lui permettre de gagner de nouvelles parts de marché à l’export. L’aventure de Lars n’est certainement pas terminée. L’innovation est sa raison d’être – pas étonnant que Bernard Brulez soit par ailleurs viceprésident de Prémice, le Centre européen d’entreprise et d’innovation (C2EI) à Dijon. « Depuis huit ans,nous travaillons,avec des partenaires universitaires, à la mise au point du ligament du futur, un ligament bioactif qui soit le plus proche possible du ligament naturel, explique le dirigeant de Lars. Nous en sommes désormais aux études précliniques [ndlr : sur des animaux]. » À Arc-sur-Tille, Lars répare le ligament du XXIe siècle. Un nouveau défi pour cette entreprise gérée de main de maître.

Patrice Bouillot


Le ligament Lars a fait ses preuves


Le ligament artificiel est l’une des solutions à envisager quand disparaissent certains ligaments d’une articulation (genou, épaule, cheville). Il permet de prévenir la destruction de surfaces articulaires, avec un risque à terme d’arthroplastie. Il constitue une alternative à la substitution par greffe des ligaments rompus, qui présente plusieurs inconvénients : c’est un geste chirurgical relativement lourd, exigeant un délai de récupération très long – ce qui a son importance pour un sportif de haut niveau si la rupture ligamentaire survient en cours de saison… La pose d’un ligament artificiel, en revanche, ne nécessite pas une longue période d’immobilisation, et elle est réversible en cas d’échec. Les ligaments artificiels comme ceux que fabrique Lars doivent donc présenter un certain nombre de qualités techniques (résistance mécanique, biocompatibilité) et doivent être posés selon un procédé très précis (isométrie relative, absence de tension et d’angulation…). Si les premiers ligaments ont été fortement décriés, à juste titre, les produits Lars affichent une qualité qui justifie qu’on les recommande dans un certain nombre de cas : ces ligaments ont résisté à plus de 10 millions de cycles de tests de fatigue combinant traction, flexion et torsion. La conception même du ligament Lars, avec des fibres torsadées laissées libres dans leur partie centrale, permet de supprimer les cisaillements intra-ligamentaires qui provoquaient l’échec de tant d’autres.

P.B.

Contributions de Jacques-Philippe Laboureau :

Surgical ancillary instrument for aiming and drilling of femoral and tibial insertion tunnels of at least one bundle of neo-ligaments for the reconstruction of the anterior opposite ligament of the knee. The instrument includes a handle equipped at one of its ends with a straight rod finishing in a hook perpendicular to the rod serving as a reference for at least one aimer barrel having in relation to the rod predetermined horizontal and vertical directions so as to obtain an alignment of the drilling directions of the tibial and femoral insertion tunnels when the knee is in extension.
This invetions concerns a prosthetic ligament which consists of a core (1) constituted from adjacent longitudinal synthetic fibres, which are coated with a biocompatible visco-elastic substance, such as a biocompatible elastomer resin, in the inter-articulate part of the ligament, in such a way as to leave free and uncoated the parts at the opposite extremities of the core. In order to improve the mechanical qualities of the ligament and make them resemble as closely as possible those of a biological ligament, the fibres of the core are inter-twined before coating with resin and kept intertwined by this coating.
Surgical ancillary instrument for aiming and drilling of femoral and tibial insertion tunnels of at least one bundle of neo-ligaments for the reconstruction of the anterior opposite ligament of the knee. The instrument includes a handle equipped at one of its ends with a straight rod finishing in a hook perpendicular to the rod serving as a reference for at least one aimer barrel having in relation to the rod predetermined horizontal and vertical directions so as to obtain an alignment of the drilling directions of the tibial and femoral insertion tunnels when the knee is in extension.



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Published by iflisen - dans Médecine
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