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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 21:03

 

L'Expression

 

LUTTE ANTITERRORISTE EN ALGÉRIE

«Il faut détruire la matrice idéologique de l'islamisme»

Par Mohamed Mokaddem lors de la conférence au centre de recherches sécuritaires et stratégiques (Crss)Mohamed Mokaddem lors de la conférence au centre de recherches sécuritaires et stratégiques (Crss)

«La gestion du terrorisme par le tout-sécuritaire ne peut constituer une victoire définitive contre ce fléau.»

«Sur le plan sécuritaire, l'Algérie a bel et bien vaincu le terrorisme. Mais, sur le plan idéologique, ce fléau demeure encore fort et vivant», a estimé hier le spécialiste des mouvements islamistes algériens, Mohamed Mokaddem, lors d'une conférence au centre de recherches sécuritaires et stratégiques (Crss) de Ben Aknoun à Alger. Placée sous le thème «Le terrorisme transnational après le 11 septembre», cette conférence a vu la participation d'éminentes personnalités diplomatiques dont l'ambassadeur des Etats-Unis à Alger, un représentant de l'ambassade du Canada, des personnalités politiques dont le membre du comité central du FLN, Abdelhamid Si Affif, des généraux algériens à la retraite ainsi que des chercheurs étrangers dont le responsable des programmes Afrique subsaharienne, au niveau du centre de recherche français Ifri, Alain Antil.
Très prolixe sur le sujet, M. Mokaddem, qui est également directeur de publication du confrère arabophone Ennahar, a soutenu que «la lutte contre le terrorisme ne peut être efficace si elle est seulement réduite au plan sécuritaire». Elle doit être, a-t-il suggéré, certes renforcée, «mais elle ne constitue pas, à l'évidence, une solution en aval pour endiguer le terrorisme». L'approche en amont dans le traitement efficace de ce phénomène à ramifications internationales, impose «à l'Etat avec tous ses démembrements institutionnels de s'attaquer à la matrice idéologique qui le génère et le catalyse, en l'occurrence «l'islamisme idéologique».
D'ailleurs, selon Mohamed Mokaddem, le terrorisme idéologique reprend du poil de la bête. Car, on s'est attaqué énergiquement à ses fruits, mais pas à l'arbre. «Le salafisme, matrice incontestable du terrorisme, revient en force et trouve des recrues potentielles, de par ses audiences». «C'est à lui que devrait s'attaquer l'Etat», a-t-il tonné, insistant qu'il s'agit là d'une mission urgente et impérative. «Ecoles, mosquées et société civile doivent servir de tribune d'expression et de mobilisation contre les conséquences dévastatrices, doctrinaires et destructives de ce fléau», a-t-il suggéré. Et de s'interroger, encore: «Pourquoi y a-t-il toujours des jeunes qui rejoignent les organisations terroristes et servent de bombes humaines? La misère sociale, le chômage, la hogra n'expliquent pas tout. Il faut un discours, un endoctrinement pour qu'ils franchissent le Rubicon.» Ce n'est pas une invention de la rue ou encore moins des médias, mais la matrice productrice du phénomène du terrorisme, sous toutes ses formes, est une réalité sur le terrain. Se voulant critique du traitement réservé par les hautes autorités du pays au fléau du terrorisme, le conférencier a fait savoir que l'Etat algérien doit réinvestir les différents espaces occupés jusqu'ici par les obscurantistes faisant dans l'endoctrinement de jeunes adolescents. Selon M. Mohamed Mokaddem, interdire certains ouvrages religieux et subversifs,, cela n'aide en rien à endiguer le terrorisme par ses racines du moment qu'ils ont accès à toute une littérature subversive par Internet. D'autant plus que le ministère des Affaires religieuses donne l'impression de ne gérer que l'intendance. «Il faut qu'il y ait des discours religieux (dourous) sensibilisant les croyants contre les dangers et les conséquences du terrorisme», a appuyé le conférencier, estimant que même les programmes scolaires doivent inclure des cours didactiques quant aux dangers du terrorisme dévastateur. C'est dire, à l'évidence, que la gestion du terrorisme par le «tout-sécuritaire» ne peut constituer une réussite définitive. Abordant la crise libyenne et son impact sur l'Algérie, le conférencier a noté que des menaces pèsent, en effet, lourdement sur l'Algérie dans le cas où le Conseil national de transition libyen (CNT) ne trouverait pas, dans les plus brefs délais, un consensus national afin d'asseoir une reconstruction institutionnelle en mesure de réconcilier l'ensemble des Libyens. En plus de la circulation des armes, le recyclage des anciens terroristes et des ex-proches du régime de Mouamar El-Gueddafi, au sein du CNT, peut constituer de véritables mamelles nourricières d'une instabilité aussi bien au plan sécuritaire que politique pour la région. Une telle instabilité ne sera pas, de l'avis de l'invité du Crss, sans effet sur la sécurité régionale. Et de relever: «La Libye peut être transformée en un nouveau foyer de tension à l'irakienne. Il n'est pas loin, car les prémices d'une telle situation sont là. Les islamistes animés d'une idéologie radicale et intégriste peuvent en gagner la bataille.» Les différends entre les membres du CNT existent et ne cessent d'élargir le fossé entre les uns et les autres, a-t-il fait savoir, en précisant que le CNT est composé d'une équipe où chacun a ses propres idées. Mohamed Mokaddem a noté enfin que l'Algérie est le premier pays susceptible de subir les dangers et conséquences néfastes de l'instabilité et de l'insécurité en Libye, car une telle situation peut servir de source d'alimentation et de refuge pour le terrorisme.

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