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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 19:42

 

 

TSA

 

Abdelaziz Rahabi, diplomate et ancien ministre, à TSA

Libye : "l’autorité de décision en Algérie a fait preuve d’un amateurisme affligeant"

 



 

Diplomate et ancien ministre de la Culture et de l’information, Abdelaziz Rahabi revient dans cet entretien sur les enjeux inhérents à la chute de Kadhafi. Il évoque les ratés de la diplomatie algérienne et ses conséquences sur le futur de la région du Maghreb.  
 
 
Quelle analyse faites‑vous des derniers développements de la situation en Libye ?
 
Ce qui se passe en Libye est à mon sens un aboutissement logique de deux situations. La première est celle de Kadhafi qui n’a pas su gérer une crise politique interne parce qu’il n’est pas habitué à écouter et à faire des compromis avec son propre peuple. La seconde est celle du monde occidental et de ses alliés arabes qui se sont engagés pleinement dans une opération diplomatico‑militaire qui met en place les conditions de leur autorité politique et économique sur notre région.
 
 
L’Algérie a dès le début du conflit refusé de demander le départ de Kadhafi et de reconnaître le CNT. Qu’est‑ce qui a motivé cette position, selon vous ?
 
L’Algérie a fait au moins deux erreurs d’évaluation. La première était celle de considérer que Kadhafi était en mesure de résister sur le plan militaire et que l’intervention de l’Otan allait susciter un rejet des opinions publiques arabes. La seconde est qu’elle a fait preuve de fébrilité  à la suite des déclarations de membres du CNT sur son supposé soutien militaire et politique à Kadhafi. Sur cette question, le CNT a fait le jeu de la France et du Maroc pour neutraliser notre diplomatie, la confiner dans une  position défensive et exclure l’Algérie de la gestion de cette crise. L’autorité de décision en Algérie a fait preuve d’un amateurisme affligeant.
 
 
Comment peut-on interpréter la décision tunisienne de reconnaître le CNT, contre l'avis d'Alger ?
 
La Tunisie a fait preuve de pragmatisme dès le début dans la mesure où elle avait déjà établi des contacts avec le CNT pour consolider ses chances de médiation entre les deux parties. Nous sommes là dans un cas atypique de relations entre deux pouvoirs en pleine transition, un peu comme entre l’Espagne et le Portugal à la fin des années soixante‑dix. Les convergences entre les islamistes et les démocrates des deux pays ne sont pas récentes, elles remontent aux longues années d’exil. Il sera donc plus aisé pour les Tunisiens que pour nous d’envisager l’avenir des relations avec la nouvelle Libye.
 
 
Nous partageons une longue frontière aux multiples enjeux (traçage, eau, hydrocarbures, sécurité…) avec le voisin libyen. Comment voyez‑vous l’évolution des rapports entre les deux capitales à la lumière du froid entre Alger et le CNT ?
 
Le CNT lui-même n’est pas un modèle de cohésion, son unité s’est forgée autour d’un seul objectif, celui de faire partir Kadhafi. Il faut peut être attendre la fin du processus de transition, qui prendra plus d’un an, pour avoir une idée plus claire de la prochaine configuration des forces politiques dominantes en Libye, même si on devine un peu que le courant islamiste est dominant, celui de l’opposition démocratique en exil n’a pas de relais sociaux et les dissidents de l’ancien régime auront du mal à se redéployer. Avec ces nouvelles forces politiques, l’Algérie n’a presque pas de relations. Bouteflika s’est enfermé dans un tête à tête avec Kadhafi dont nous payons le prix aujourd’hui. Le peuple libyen nous en voudra pour encore longtemps. La mémoire des peuples est indélébile.
 
 
Quelle sera alors la nouvelle position de l'Algérie dans un Maghreb démocratique ?
 
L’Algérie officielle a gâché une chance historique d’être un État pivot dans la nouvelle architecture du Maghreb. Elle n’a pas soutenu la révolte des Tunisiens, n’a pas mesuré la force de la rue en Égypte et n’a pas tendu la main au CNT. Il faudra attendre que notre pays change et se démocratise pour prétendre jouer un quelconque rôle dans la région. En attendant, nous avons beaucoup à apprendre des différentes expériences du réveil arabe.
 
 
Malheureusement l'Algérie de ces dernières années est à l'image de son président, un regard hagar, une santé dégradé, un mal qui la ronge de partout, il ne lui reste que la respiration qui la maintient parmi les vivants, sa voix est inaudible, son poid sur la scène internationale est insignifiant, c'est à peine qu'on entend le mot "Algérie" dans les JT étrangers, le tout porté par une piètre diplomatie, on a bien vu toutes ses réactions, toutes aussi molles les unes que les autres, on l'a vu aussi dans ses positions dans ces positions face aux révolutions arabes, face aux rapports internationaux l'accusant à tort et à travers, face au CNT qui l'accuse de soutenir Kadafi et j'en passe et j'en passe, meme son hypothetique soutien à Kadafi, il etait à peine visible, on avait l'impression qu'elle ne savait pas vraiment ce qu'il convient de faire, ni dans quel camps se ranger comme si elle avait peur de prendre les décisions qui s'impsent, l'Algérie d'aujourd'hui n'est plus que l'ombre d'elle meme, un vaisseau fantome sans commandant qui vaguent seul au milieu de l'océan sans qu'il sache ou il veut aller, ni ce qu'il y a autour de lui. Pauvre Algérie
 
 
 
 
 
 
 

Libye : le silence troublant de l’Algérie

Par |

Dans les hautes sphères du gouvernement, on s’enorgueillissait jusqu’il y a quelque temps du retour d’une diplomatie algérienne agressive et rompue aux affaires internationales. Sauf que depuis le début de l’année, elle est inaudible. Sans prise sur l’accélération des événements dans l’espace sud de la Méditerranée.

Alors qu’à nos frontières Est, le monde suite minute par minute la fin libératrice de 42 ans du règne absolutiste de Mouammar Kadhafi et le triomphe des insurgés du Conseil national de transition, en Algérie, on préfère plonger la tête dans le sable, continuer comme si de rien n’était. Aucun commentaire, ni réaction de la part des autorités. Malgré les accusations de présence de mercenaires, tantôt du côté de Kadhafi et tantôt des insurgés du CNT, on applique le silence. La diplomatie algérienne se mure dans le mutisme.

Comment interpréter le black-out informationnel sur la révolution libyenne de la part des officiels ? Par le sacro-saint argument de non-ingérence dans les affaires intérieur ? Ou par une gêne due à une position plutôt ambigüe affichée par nos autorités sur le conflit libyen ? Sans doute. Il est quand même ahurissant que pendant qu’un pays voisin vit un extraordinaire bouleversement politique, l’Algérie ne dise rien. Tourne le dos aux bouleversements qui touchent les pays limitrophes.

Sauf qu’on ne peut longtemps ignorer l’évidence. Déjà que les frontières ouest sont fermées, celles du sud, immenses et difficiles à surveiller, sont sujettes à des incursions ponctuelles de terroristes donc sous tension, on ne peut pour longtemps nous aliéner le voisin de l’est et le Conseil national de transition. Pourquoi le ferait-on ? Sous prétexte d’une longue amitié entre le tyran libyen et les autorités algériennes ?

Une évidence tout de même : il sera difficile de rétablir des relations saines avec notre voisin libyen. La tension est sourde pour le moment. Et c’est notre ambassade pillée la nuit dernière à Tripoli qui a, en premier, payé les frais de cette glaciation diplomatique.

La Ligue arabe fidèle à ses vieux réflexes

Après des semaines de silence sur les soulèvements populaires qui ont balayé deux dictateurs et font trembler les régimes autocratiques et séniles du monde arabe, la Ligue arabe a comme à ses sempiternelles habitudes dénoncé l’agression israélienne et demandé l’intervention de la communauté internationale. Du copié-collé de ses vieux communiqués. Aux yeux des membres de la Ligue, rien donc n’a changé ces derniers mois. Avec l’implacable cynisme qui l’a caractérise, la Ligue arabe dénonce l’agression israélienne et se tait sur ce qui se passe à l’intérieur des pays arabe. Aucune déclaration sur la Libye, pourtant membre, ni sur les massacres qui ont lieu en Syrie. Plus de 2000 morts et des milliers de disparus et la Ligue arabe n’a toujours pas sa langue, elle ferme les yeux.

Manifestement, au sein de cette organisation panarabe, on n’a pas compris que des révolutions populaires sont passées par là. Qu’un séisme politique est en train de balayer un par un les despotes qui la composent.

La nouveauté c’est que désormais le fonctionnement de ce "syndicat de dictateurs" ne trouve plus grâce auprès de certains de ses membres. Ceux-là même qui ont fait leur révolution voudraient lui impulser une nouvelle dynamique. Ainsi, l’Egypte est déçue par le communiqué de la Ligue. Elle souhaitait un changement radical des pratiques à la lumière des derniers développements dans la région.

On ne peut pas dire que Nabil Al Arabi ait pris quelque risque depuis son arrivée à sa tête. La preuve ? Sur la question libyenne également, la Ligue arabe s’est montré d’une complaisance renversante avec le "guide" libyen, ignorant complètement les affrontements armés qui durent depuis février. Le cas libyen est l’autre preuve que l’organisation panarabe cultive toujours les vieux réflexes de soutien aveugle à ses membres. Il a fallu que la rébellion prenne le contrôle de Tripoli pour que son secrétaire général Nabil Al Arabi exprime, hypocritement "sa totale solidarité avec les efforts menés par le CNT".

Sans doute soutiendra-t-elle encore longtemps le président Bachar Al Assad dans sa répression contre son peuple. Comme d’ailleurs les derniers potentats encore au pouvoir dans le monde arabe.

Sofiane Ayache

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