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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 20:18

Le régime considère que la psychologie ne sert à rien puisque, selon la culture ambiante,  les maladies mentales sont l'oeuvre de démons et que dans ce domaine le pays est doté de 26 000 imams capables d'exorciser ces démons (les fameuses ROKIA) !

 

Algérie: Les besoins des mosquées en imams évalués à 40.000

ghlam.jpgDans une déclaration faite à l’APS, le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Bouabdallah Ghlamallah, a indiqué que les besoins des mosquées en imams sont évalués à 40.000, en Algérie, sachant que le nombre des imams disponibles est de 26.000 répartis sur 15.000 mosquées. Ghlamallah a, en outre, indiqué que le secteur prévoit 1.000 postes budgétaires par an pour le recrutement des imams.

 

 

 

 

El Watan

Censée aider au traitement de la schizophrénie et d’Alzheimer

La neuropsychologie absente dans le milieu hospitalier algérien

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le 23.07.11 | 01h00

«Nous n’avons pas un problème avec la neuropsychologie, nous avons un problème avec toute la psychologie», déclare le Pr Kacha. «L’Algérie est le seul pays au monde où on doit démontrer des évidences», fulmine le Pr Zellal.

Quels sont les malades qui ont besoin d’une prise en charge neuropsychologique ? «Ce sont essentiellement des malades souffrant des maladies graves qui ont soit une pathologie neurologique, soit une pathologie psychiatrique grave comme la démence, la schizophrénie, etc.», précise le Pr Kacha, chef du service psychiatrie à l’hôpital de Chéraga.
La neuropsychologie s’appuie sur les nouvelles techniques modernes telles que le EEG et l’IRMF.
Actuellement, cette discipline fait l’objet d’un débat dans le monde. Mais dans les services hospitalo-universitaires algériens, cette nouvelle spécialité demeure absente. «Le peu de neuropsychologues formés à l’étranger ne trouvent pas leur place dans les milieux hospitaliers algériens. Pourtant, nous avons besoin de cette spécialité dans plusieurs services, en particulier dans ceux de gériatrie (spécialité qui s’intéresse aux maladies des personnes âgées), qui n’existent pas en Algérie», regrette Yazid Haddar, neuropsychologue à IM.Pro Tourcoing, à Lille.


Le Pr Kacha, quant à lui, explique l’absence des neuropsychologues dans les services hospitaliers du fait que ces spécialistes ne se sont pas présentés. «Aucun psychologue formé en neuropsychologie n’est venu nous demander de travailler avec nous. Mais si vous dites qu’il y en a 4, dans tout le pays, il y a 12 hôpitaux psychiatriques, il y a des milliers de consultations de psychiatrie et ces 4 personnes ne trouvent pas de travail, cela veut dire qu’elle ne se sont pas présentées», justifie-t-il.  «Les soins neuropsychologiques vont être développés. Mais en ce moment, les choses sont encore floues. Certains s’improvisent neuropsychologues, d’où la nécessité pour notre laboratoire de développer la neuropsychologie pour qu’il n’y ait plus de charlatanisme», ambitionne Nacira Zellal, directrice du laboratoire des sciences du langage et neurosciences cognitives (Slancom)de l’Université d’Alger. «Le neuropsychologue de la faculté des sciences humaines ne s’aventurera pas à faire une consultation de neurologie. Alors que le neurologue met sur pied une consultation mémoire sans avoir étudié la psychologie clinique, cela devient grave. C’est un dérapage», prévient-elle.  


Cette nouvelle science «vise à une modélisation intégrée des processus mentaux et des supports neuronaux des comportements normaux et pathologiques. Elle constitue l’un des maillons centraux des sciences cognitives. Son objectif est triple : diagnostic, thérapeutique et cognitif», souligne Yazid Haddar. Ce spécialiste estime que le champ de la neuropsychologie peut s’étendre à la schizophrénie, l’une des maladies les plus graves dont souffre 1% de la population du monde. Un doctorat d’Etat en neuropsychologie a d’ailleurs été soutenu en Algérie. Cette thèse a porté sur la classification des déficits psychologiques chez les schizophrènes. D’après Nacira Zellal, directrice de recherche de cette thèse, la prise en charge consiste à «amener le schizophrène à être capable de s’orienter, capable d’initiative, capable d’être motivé pour faire quelque chose», estimant que ces possibilités manquent dans la prise en charge de cette maladie. «La rééducation neuropsychologique repose sur la recherche de la technologie capable de donner aux sujets cérébraux cette motivation. Ce sont des technologies qui sont basées sur des critères spatio-temporels», affirme-t-elle.  «Le soin neuropsychologique repose sur la ré-acquisition et le réapprentissage de l’autonomie cognitivo-comportementale», insiste Nacira Zellal, également présidente de la Société algérienne de neurosciences. Cette autonomie permet de libérer un tant soit peut la famille ayant en charge un schizophrène.


Pour sa part, le Dr Tribeche, chef d’équipe de recherche au sein du laboratoire Slancom, soutient cette vision. «L’examen neuropsychologique permet de rendre compte des distorsions cognitives et des problèmes de traitement de l’information spécifiques à chaque pathologie. Cet examen permet d’adapter la thérapie selon les besoins spécifiques de chaque patient», appuie-t-elle. A ce titre, les neuropsychologues suggèrent une formation complémentaire pour les médecins pratiquant les tests de mémoire. «Hormis le psychiatre qui est, par essence, formé dans le domaine du mental de l’homme, le médecin qui s’occupe de la mémoire doit avoir été formé et évalué en psychologie cognitive et en neuropsychologie. L’Algérie est le seul pays au monde où on doit démontrer les évidences», fulmine le Pr Zellal. Qu’en est-il de l’attitude des spécialistes en sciences médicales ? «On ne demande pas mieux qu’ils viennent. On a des postes de psychologues. On les cherche», rappelle le Pr Kacha, qui atteste que «la plupart des psychologues recrutés sont complètement incapables de s’occuper des patients». Les psychologues ne sont pas formés à la prise en charge des patients souffrant de troubles mentaux. «Actuellement, on envoie des psychologues en stage en cardiologie, en chirurgie et en pédiatrie, c’est-à-dire dans des endroits où il n’y a pas de patients atteints de psychopathologies», a-t-il fait remarquer. Et de préciser : «A cause de ces formations, quand ils se présentent, on n’arrive pas du tout à les employer.»


La formation des psychologues remise en cause


Ce psychiatre va jusqu’à remettre en cause la manière dont on forme les psychologues en Algérie : «Nous n’avons pas un problème avec la neuropsychologie. Nous avons un problème avec toute la psychologie.» D’après lui, les problèmes dont souffre la formation des psychologues en Algérie sont de deux ordres ; le premier est d’ordre pédagogique. «On veut former les psychologues en dehors des endroits où ils doivent être formés, à savoir dans les hôpitaux psychiatriques. Il n’y a que dans des hôpitaux psychiatriques qu’il y a des malades et où on va apprendre la psychopathologie», dit le Pr Kacha. Le deuxième problème est étroitement lié au premier : «N’ayant pas une formation adaptée à la demande, on ne peut pas les utiliser dans les hôpitaux. Quand on leur confie des malades compliqués qui nécessitent des prises en charge psychologiques, ils disent nous, on n’est pas préparés à les prendre en charge.»
«La psychologie en Algérie a été victime d’un enseignement qui a fait son temps. Pourtant, les premiers tests neuropsychologiques remontent à la Seconde Guerre mondiale», avance Radia Tribèche, maître de conférences à l’université d’Alger. En Algérie, l’enseignement de la psychologie est intégré dans la faculté des sciences sociales. A présent, l’institut de psychologie demeure absent dans le programme de l’enseignement supérieur, encore moins dans celui de l’orthophonie et de la neuropsychologie.


L’avenir des neurosciences dépend de l’enseignement supérieur


Si le Dr Haddar appelle à une collaboration directe entre l’université et les centres hospitalo-universitaires, les centres pour handicapés et les maisons de retraite, le Pr Kacha plaide pour l’institutionnalisation de la coopération entre les deux facultés des sciences humaines et des sciences médicales.   «L’avenir des neurosciences et de la psychologie de manière générale va dépendre de la direction des études du ministère de l’Enseignement supérieur», soutient le Pr Kacha, qui  plaide pour la révision de la formation des psychologues, instaurant ainsi un cadre réglementaire portant sur l’obligation d’une coopération entre les facultés de médecine et des sciences humaines. A ce titre, le service qui va employer les psychologues doit participer à leur formation et à leur évaluation.  A présent, «il n’y a pas de lien entre la faculté des sciences humaines et la faculté de médecine. Tant que la direction des études ne se penche pas sur le problème de la formation, il n’y a pas de possibilité d’avoir un lien commun», affirme le Pr Kacha, rappelant que la faculté des sciences humaines est constituée d’amphithéâtres. «Les malades qui peuvent servir à la formation sont dans les hôpitaux universitaires. Il n’y a pas de lien entre les endroits où on forme les psychologues et les endroits où on donne les diplômes.

Et ça va rester comme cela», analyse-t-il. L’absence d’un cadre permettant la formation des psychologues dans les services hospitaliers fait que ces derniers sont doublement victimes : d’abord d’une formation inadaptée, ensuite des difficultés de recrutement au sein des établissements sanitaires. «Je ne peux pas accepter quelqu’un qui vient, de sa propre personne, me demander un stage. Ce sont les deux facultés qui doivent faire en sorte qu’il y ait des rapports institutionnels», récuse le Pr Kacha, s’interrogeant sur l’utilité et le cadre dans lequel se déroule le stage des psychologues au sein des services psychiatriques. Néanmoins, toute ces procédures ne sont pas institutionnalisées actuellement.  «Si je dois former quelqu’un, je dois l’évaluer, je dois participer à la notification. Je dois connaître le programme et savoir ce que je dois enseigner», exige-t-il.  Ce sont ces points-là sur lesquels le ministère de l’Enseignement supérieur doit se pencher dans la mesure où c’est la seule institution responsable de la formation universitaire. «C’est lui qui doit nous obliger à nous réunir pour déterminer où est-ce que le psychologue doit se former, comment et qui va l’évaluer», suggère le Pr Kacha. 
 

Djedjiga Rahmani

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