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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 00:51

DDK

Entretien Sadek Rebaï Président de l’association Adrar N Fad

“Le festival d’expression amazighe mérite le statut national”

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L’association culturelle Adrar N Fad s’apprête à organiser la 9e édition du festival annuel d’expression amazighe, dédié à Mouloud Mammeri. Ce festival qui est devenu une référence nationale a, pour sa précédente édition, enregistré une participation de 125 poètes et poétesses, venus des quatre coins du pays. Cette année, les organisateurs espèrent
enregistrer un nombre de participants encore plus important.



La Dépêche de Kabylie : M. Sadek Rebaï, vous êtes le président de l’Association Culturelle Adrar N Fad, pouvez-vous nous donner un petit historique de cette association ?

Sadek Rebai : Evidemment, je suis le président de l’association Culturelle Adrar N Fad de la commune d’Aït Smaïl, et ce, depuis bientôt 3 années. A propos de cette association, j’aimerais dire qu’elle est dans sa dix septième année d’existence, elle a été fondée le 10 mars 1994 par un groupe de jeunes natifs de cette contrée et agréée le 29 juin 1994 sous le numéro 94/71. Il est utile de rappeler que l’appellation de l’association fait référence à la montagne qui délimite la commune d’Aït Smaïl par le Nord. Elle s’est donnée comme objectif principal la sauvegarde et la promotion de la culture amazighe en général et kabyle en particulier.

Vous organisez un festival annuel de poésie d’expression amazighe, au cours du mois de Mars, en hommage à Mouloud Mammeri. Pourquoi Mars et pourquoi Dda Lmulud?
Effectivement, chaque année, depuis 2003, la commune d’Aït Smaïl et notre association accueillent et célèbrent le printemps berbère avec des animations et des découvertes autour des œuvres du penseur et militant amazigh feu Mouloud MAMMERI. Pour d’abord marquer l’anniversaire de l’interdiction de la conférence de Dda Lmulud sur la poésie Kabyle ancienne le 10 mars 1980 à l’université de Tizi-Ouzou, qui porte aujourd’hui son nom, puis pour redonner la parole, autre fois interdite, au poète. Cette parole, exprimée par cet éminent intellectuel était purifiée, réfléchie et perfectionnée. Elle servira, sans nul doute, de miroir pour mieux connaître cette société. A ce jour elle demeure enfouie et ignorée. Donc un festival dédié à une personnalité tel que Mammeri, n’est rien d’autre qu’une modeste reconnaissance à un homme qui a su comment déterrer tamazight. C’est aussi un devoir de mémoire qui nous interpelle, et je tiens à préciser qu’en marge de l’hommage officiel, dédié à Mammeri, une personnalité est mise en valeur chaque année. Je peux citer entre autres, Tahar Djaout, Rahmani Slimane, Lounès Matoub, Si Mohand, Taos Amrouche, Si LBachir Amellah et autres.

Vous avez toujours opté pour une commission de jury constituée d’enseignants à l’université de Béjaïa, pourquoi ce choix ?

C’est pour donner à notre festival, si j’ose dire, un statut académique et artistique à la fois, une école avec ses règles et son encadrement propre à elle. Quand on opte pour ce genre de travail et qu’on espère être des professionnels, le choix de la commission du jury doit être minutieux et plus qu’important. Alors, les membres de celle-ci doivent être des professionnels et à la hauteur de cette noble tâche, à savoir l’évaluation objective d’un travail artistique tel que la poésie. Ceci dit, choisir des enseignants et spécialistes en langue et culture amazighe, c’est aller vers, non seulement, une bonne évaluation, mais aussi vers la formation et la perfection. Et je pense que c’est pour cette raison que les poètes choisissent un concours plutôt qu’un autre. Notre festival est supervisé par le Pr Kamel Bouamara, président de jury, Dr Rabhi Allaoua, Dr Meksem Zahir et enfin M. Mahrouche Mohand El Hacene, hommes de lettres et enseignants au département de langue et culture amazighe de l’université de Béjaïa. Connus ici en Algérie et ailleurs, ils sont experts et fins connaisseurs de la poésie et de la culture amazighe en général. Nous espérons, qu’un jour, les autres concours de poésie d’expression amazighe, initiés dans d’autres régions kabyles ou amazighes, soient supervisés par d’autres hommes de lettres avec d’autres critères d’évaluation. Cette diversité de concours et de critériologie finira, à la longue, par donner lieu à des « mouvements » et à des « écoles» de poésie amazighe.

Dans quel contexte rentre le festival de poésie de l’ACAF ?

Un arbre auquel on tronçonne une branche ou plusieurs, pourra se régénérer en un seul printemps. Par contre, il est difficile de rendre la vie à une population qu’on a tenté de déraciner, alors, imaginez un peu notre société dépourvue de la vraie source qui renferme son identité, sa langue et sa culture. C’est dans ce sens et ce contexte que s’inscrit notre festival. Déterrer tout ce qui est sien, donner une libre tribune aux poètes et poétesses pour s’exprimer sur tout ce qui les entoure et ce qui les touche sans toutefois les censurer. Notre festival est le leur, c’est pour se rencontrer, échanger, créer et surtout se former, pour faire de ce carrefour une école qui servira, à coup sûr, la promotion de la poésie amazighe. Cet emblème fait vibrer les âmes et les consciences, d’ailleurs c’est sur ce principal détail que les membres de notre association se penchent de manière rationnelle depuis le lancement de ce festival.

Vous appelez votre festival : « Festival National de Poésie d’Expression Amazighe », est-ce que la participation est vraiment étendue à toute l’Algérie et comprend-elle tous les dialectes de la langue amazighe en Algérie ?
Nous enregistrons une participation de près de 18 Wilayas et plus de cinq dialectes y sont représentés, donc, notre festival mérite à mon sens le statut de « National ». Il est vrai que le taux de participation des kabyles dépasse les autres régions du pays, puisqu’il est organisé en Kabylie, et je crois que ça vient du manque de moyens car il est difficile pour un poète de Tamanrasset, d’Illizi ou d’Adrar, par exemple, de se déplacer à Béjaïa. En tous les cas, l’Association consent beaucoup d’efforts pour une bonne campagne d’information sur le lancement du concours et aussi pour une couverture à la hauteur dans différents medias nationaux, journaux radios et Télévisions.

Avez-vous autre chose à rajouter ?

La qualité, le niveau et la pérennité de ce festival sont assurés par les organisateurs, les collaborateurs et les participants parmi lesquels le jury, les candidats, les conférenciers. Tous adhérents bénévolement au projet. Aussi, des sponsors prennent en charge les lourdes dépenses engendrées par ce festival, le transport, l’hébergement et la restauration sont, ainsi, assurés pour tous les présents.

Propos recueillis par Reda Senoune

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Published by iflisen - dans Bgayet-Jijel-Setif
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