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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 00:07
Source : Avicenne, Poème de la médecine, texte établi et présenté par Jahier (Henri) et Noureddine (Abdelkader), Paris, Belles-Lettres, 1956.

Avicenne, Poème de la médecine (extrait)

Le Poème de la médecine peut être considéré comme l’abrégé du Canon de la médecine, colossal ouvrage de compilation des travaux d’Avicenne et des connaissances médicales de son temps. La thérapeutique d’Avicenne se fonde principalement sur l'équilibre de l'alimentation (comme on peut le voir dans l'extrait présenté ici) et l'emploi de médicaments. Le Poème de la médecine est composé de 1 326 vers dans le style de la poésie didactique qui prévaut dans l’enseignement de l'Orient de l'époque. Synthétique, il sera considéré par Avenzoar (1073-1162), maître d’Averroès, comme contenant tous les principes de la médecine, et donc d'un plus grand intérêt pratique que le volumineux Canon. Traduit pour la première fois au XIIe siècle en latin par Gérard de Crémone (qui a également réalisé la traduction du Canon), commenté par Averroès, le Poème de la médecine a, de la même façon que le Canon dont il est issu, influencé l’enseignement médical occidental jusqu'au XVIe siècle voire, par endroits, jusqu'au milieu du XVIIe siècle.

 
Poème de la médecine
d’Avicenne

Régime alimentaire d’été :

821. En été, réduis la quantité d’aliments, recherche les nourritures légères,
822. évite toute viande lourde, préfère les légumes et les laitages,
823. les poissons frais, les jeunes chevreaux et agneaux ;
824. les poulets, les poules, la chair des perdrix et des francolins,
825. toutes les viandes assaisonnées de coriandre, sous forme de ragoût, de sauce au verjus et de zirabag,
826. évite les aliments sucrés tels le habis, les omelettes aux poireaux, le blanc d’œuf ;
827. préfère le hulāme [plat de veau], le qarīṣ [plat d’agneau] ; mange du ṭifšîl [soupe de lentilles] et le maṣūṣ [viande confite dans du vinaigre].

 

 
     
 
 

De la boisson :

828. Si tu veux éviter la maladie, divise ta nourriture en trois parties :
829. un tiers pour la respiration, un tiers pour l’alimentation, le restant pour l’eau.
830. Un peu d’eau froide étanche la soif, mieux que bien davantage d’eau tiède.
831. Beaucoup de glace dans la boisson est nuisible aux nerfs,
832. permets-la seulement à l’homme obèse, sanguin, aux tissus fermes.
833. Il ne faut pas boire à table, sauf menace de suffocation
834. et non plus après le repas, ni à la sortie d’un bain chaud,
835. ni après un exercice violent, ni après les rapports sexuels, cela peut être dangereux.
836. Si la nécessité s’impose, si tu peux te retenir, bois modérément.
837. Lorsque la digestion est faite dans la partie inférieure de l’estomac,
838. prends alors la quantité d’eau qui étanche ta soif et du vin à ta suffisance,
839. mais, après t’être désaltéré d’eau et de vin,
840. si tu as soif à nouveau, ne bois plus ; cette soif est mensongère.

 


Des boissons fermentées :

841. Pour le boire, n’abuse pas du vin, contente-toi d’une petite quantité,
842. et encore pas tous les jours ni à jeun,
843. non plus après un aliment léger ou acide.
844. Ne t’enivre pas sans cesse ; si cela t’arrive, que ce soit une fois par mois.
845. Le vin pris en petite quantité est utile ; en grande quantité, il est dangereux.
846. À celui qu’il étourdit facilement, échauffe et enivre,
847. donne-le aromatisé et qu’il mange en même temps des grenades aigres,
848. des coings, des concombres ; coupe son vin d’eau.
849. Donne-le pur à qui il provoque des flatulences.
850. Le meilleur vin est le jaune fort, il convient de le prendre avec des mets salés.
851. Pendant l’été, il vaut mieux boire du vin blanc léger et subtil ;
852. mêle-le d’eau, mange des mets acides et ensuite consomme des mets astringents.

 


Du sommeil :

853. Ne dors pas trop longtemps : c’est nuisible à l’esprit ; ne veille pas trop, tes sens en seraient affaiblis.
854. Il convient de prolonger le sommeil après un repas de digestion difficile ou après une indigestion.
855. Ne dors pas trop quand tu as faim, les vapeurs issues des humeurs te monteraient au cerveau.
856. Après le repas, dors la tête élevée pour que tes aliments prennent leur place au lieu de leur digestion.

 

De l’exercice physique :

857. Ne te livre pas à des exercices violents, ne recherche pas non plus le repos, conserve un juste milieu.
858. Exerce tes membres pour les aider à repousser les humeurs mauvaises
859. en marchant et en luttant jusqu’à en arriver à haleter.
860. L’homme chétif doit éviter les exercices pour ne pas augmenter son épuisement.
861. Impose-les au contraire à l’obèse et fais-lui porter ceinture s’il a gros ventre.
862. En été, diminue la fatigue car la transpiration est épuisante.
863. J’ai rapporté dans la partie théorique, le régime qui convient au corps
864. pour expulser les résidus, retenir ce qui doit l’être et traiter les troubles de l’âme.

 

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Published by iflisen - dans Sciences
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