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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 22:58

Le Soir 16 juin
Régions : FERHAT HAMID, P/APW DE BÉJAÏA, AU SOIR D’ALGÉRIE
«Un plan spécial pour les régions montagneuses»


Les unes après les autres, les rencontres de l’Assemblée populaire de la wilaya de Béjaïa se suivent et se ressemblent.
La dernière session ordinaire de l’institution élue de wilaya, consacrée ces derniers jours à l’évaluation du bilan des activités de la wilaya et l’analyse du programme quinquennal 2005/2009 ainsi que la préparation de la saison estivale, n’a pas dérogé à la règle. Les interventions des élus – toutes tendances confondues représentées au sein de l’APW (FFS, RND, RCD et FLN) — raisonnaient en parfaite synchronisation comme un air de déjà entendu. Tous les élus convergeaient vers le même constat : «Le train du développement économique peine à se mettre sur les rails à Béjaïa.» Pour le président de l’Assemblée populaire de wilaya, Ferhat Hamid, le taux de consommation de 42% sur un total de quelque 150 milliards de DA alloués au titre des PSD est à plus d’un titre révélateur de «l’énormité du retard cumulé par la région dans le développement». Ferhat Hamid, qui a eu déjà à occuper le «perchoir» de cette institution élue de wilaya durant le cours mandat 2002/2005 avant d’être réélu au poste de P/APW sur la même liste du FFS au mois de novembre 2007, dresse à travers cet entretien un amer constat de la situation économique de la wilaya qui, selon lui, «cumule un retard de plus de dix années dans le domaine du développement».

Le Soir d’Algérie : Le constat récurrent d’une situation de non développement de la région est encore une fois établi. Les élus donnent l’impression de tourner en rond à chaque rencontre. Comment expliquez-vous cette situation ?
Ferhat Hamid :
Je pense que l’absence de clarté dans le processus de décision et la dilution de la responsabilité ont engendré une situation de nondéveloppement permanent. Le non-respect des principes démocratiques quant à l’émanation et la distribution du pouvoir dans notre pays a contribué à l’éclipse même de l’Etat. Impossible d’espérer un développement harmonieux et efficace dans ces conditions.

Les nouveaux codes communal et de wilaya en chantier dissiperont-ils, selon vous, cette absence de clarté que vous venez de relever ?
On ignore tout de ce nouveau code de wilaya. Les élus n’ont pas été associés au débat et les nouveaux textes ne nous ont pas été soumis non plus pour un éventuel enrichissement. On ose espérer néanmoins que le nouveau code de wilaya consacrera une véritable décentralisation des pouvoirs et le respect des dispositions contenues dans la Constitution stipulant que le pouvoir est l’émanation du peuple. Les nouveaux codes communal et de wilaya se doivent d’accorder de très larges prérogatives aux représentants de la population localement.

Quel diagnostic faites-vous de la situation économique au niveau de la wilaya ?
La wilaya de Béjaïa accuse un retard considérable sur le plan du développement économique. On enregistre seulement des opérations de replâtrage. La wilaya cumule un retard de plus d’une décennie sur le plan du développement. Un plan spécial de 54 milliards de dinars est encore nécessaire pour la mise à niveau de notre wilaya en plus des 265 milliards de dinars constituant les propositions du programme normal pour le quinquennat 2009/2014. Le premier responsable du pays a lui-même confié, durant la dernière visite électorale, l’existence d’une cagnotte pour notre wilaya et paradoxalement l’énorme marginalisation économique. A l’instar de ce qui a été décidé pour les Haut-Plateaux et le Grand Sud, l’Etat doit mettre en œuvre un plan spécial «Montagne» dont bénéficierait notre wilaya laquelle est, faut-il le signaler, constituée à plus de 84% d’un relief montagneux. A la marginalisation économique s’ajoute celle des compétences affectées dans notre wilaya. Sans compétences, on ne pourra jamais mener à bon port des opérations de développement.

On met toujours en avant, l’argument de la rareté du foncier pour justifier l’absence de projets. Partagez-vous ce constat ?
J’estime que dans un Etat de droit, la première des priorités va vers la confection du cadastre général du territoire national. Si on avait procédé au recensement et à l’identification des réserves foncières du pays, il y aurait eu d’abord moins de conflits puisque chacun aura connu les limites de sa propriété. Ensuite, cela aurait libéré toutes les énergies économiques, de la construction du développement du pays. De la confusion qui règne aujourd’hui dans le registre du foncier, ajoutée à la légèreté, voire les velléités de prédation des agents de l’Etat, a résulté un gaspillage extraordinaire. Le cas de l’indue restitution des terres de la Soummam (950 hectares) au profit des consorts Benali Cherif est édifiant. Quel agent dans un Etat de droit à tous les niveaux de responsabilité sacrifierait sous la contrainte ou volontairement tout ce patrimoine sur présentation d’un faux acte de propriété. D’ailleurs, tous ceux qui ont participé dans cette escroquerie devraient être en prison. Comment peut-on parler de l’indisponibilité du foncier alors que ceux qui étaient chargés de le gérer et le préserver sont les premiers à le brader et le détourner. Sans parler des lotissements sociaux, insensés, qui ont dépouillé toutes les réserves foncières.

Vous avez saisi à maintes reprises le gouvernement sur les difficultés que vivent les entreprises publiques de la wilaya. Quelles ont été les réponses du chef du gouvernement, notamment concernant le conflit de l’Erenav ?
Je n’ai reçu aucune réponse. Je ne vous cache pas que cela ne m’a aucunement surpris. Je savais qu’on allait tout de même pas nous répondre et nous donner, par la même occasion, raison. Ceci dit, il y a quelques difficultés qui ont néanmoins disparu.

On observe une grave dégradation de l’environnement à travers la wilaya, notamment la prolifération des décharges sauvages à travers la wilaya.A quoi est dû cette situation ?
L’environnement, à l’instar de beaucoup d’autres secteurs, est l’otage de la confusion des missions publiques et la nonallocation de moyens. Depuis 2003, on n’arrive toujours pas à implanter un centre d’enfouissement technique, vous imaginez la confusion. Lors de la dernière session, on a voté une délibération pour la création d’un établissement Epic pour les déchets et les CET, comme celle de l’entreprise de transport de wilaya en mars dernier, on attend que ces projets se concrétisent sur le terrain. L’aboutissement de ce projet contribuera un tant soit peu à atténuer la catastrophe.

La politique touristique se limite à la préparation de la saison estivale à Béjaïa, synonyme de virée à la plage, baignades, etc. Qu’en pensez-vous ?
Les pouvoirs concentrés entre les mains de la seule Agence nationale du développement touristique (ANDT) constituent les premiers blocages institutionnels pour toute chance d’un vrai investissement. S’agissant de notre région, je suis tenté de dire que les responsables de cette agence ne la connaissent même pas. Vous imaginez le reste. La confusion des missions, l’absence d’un inventaire des réserves foncières dont nous avions parlé et la non-allocation des moyens financiers hypothèquent toutes possibilité d’un vrai investissement.
A. Kersani

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Published by iflisen - dans Bgayet-Jijel-Setif
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