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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 18:43




Siwa, oasis berbère en Egypte (http://www.asays.com/article.php3?id_article=373)

jeudi date_jnum11 décembre 2004, par agoram
 


Siwa, oasis berbère en Egypte

Sur fond d’impressionnantes collines corrodées et d’une mer de dunes, Siwa surgit tel un mirage, ensemble de villages en briques crues de couleur ocre, à l’ombre des palmiers-dattiers et des oliviers verdoyants, reliés entre eux par des torrents, des sources jaillissantes et des jardins arrosés à profusion.

Un paradis isolé, fait depuis des lustres par des mains de ses habitants d’origine berbère. Lesquels conservent et perpétuent encore leurs coutumes, traditions, davantage leur langue Tamazight. Depuis les temps reculés la Berbèrie ou Tamazgha entretenait des relations amicales, tantôt, belliqueuses avec l’Egypte.

Les berbères ont enrichi l’Egypte par leur savoir, tant militaire, artistique que scientifique : navigation, construction d’édifices (pyramides, temples, monuments, décoration de fresques...), encadrement militaire (infanterie, conduite de chars, dressage de chevaux), agronomie... Si bien qu’ils devinrent des pharaons, tels Mesher, Meghiey, Sheshnoq... conquérants, chefs de guerre et ont régné sur une grande partie de l’Afrique orientale.

Des mariages entre les deux populations ont été célébrés, voir dans la plus haute hiérarchie régnante, à l’instar de Juba II, dont son royaume couvre un immense empire le Maroc et l’Algérie actuels.

Il se maria à la fille de Cléopâtre, reine égyptienne, Cléopâtre Séléné. L’édification du Mausolée Royal Mauritanien dit « tombeau de la Chrétienne » (surnommé ainsi à cause de ses quatre fausses portes en formes de croix orientées selon les quatre points cardinaux) ne fait-il pas partie d’un même patrimoine architectural ? Il ne s’agit pas de chercher qui a influencé l’autre. Il est question de constater des substrats originels, communs. La similitude d’un fonds africain Berbèro-Egyptien est évidente, au regard des affinités architecturales.

D’ailleurs cette similitude, se trouve dans d’autres monuments funéraires : les djeddars de Tiaret, les bazinas, les madracens de Siga, de Batna et de Gour (Méknés). A ajouter à ce maillon de l’histoire, l’apport des berbères de la Petite Kabylie.

Après avoir édifié Mahdia (Tunisie), ils quittèrent leur capitale pour fonder le Caire, capitale d’Egypte actuelle. Cette introduction nous emmène à affirmer que l’oasis de Siwa est la preuve physique, culturelle de cette époque de l’histoire commune Berbèro- Egyptienne.

Cléopâtre VII a pu avoir visité cette oasis pour consulter l’oracle, aussi bien que peut-être le bain au printemps qui porte maintenant son nom. Cependant, à la période romaine, les prisonniers politiques étaient envoyés par Auguste dans l’oasis de Siwa, un endroit d’exil sur.

Cette oasis qu’on veut qu’elle soit un sujet édifiant, symbole exemplaire de l’unité africaine, est située dans le désert occidental de l’Egypte, dans le Gouvernorat de Mersa Matrouh et la limite de la frontière libyenne. Elle est nichée dans une dépression au milieu du désert, approximativement à 18m au-dessous du niveau de la mer. Elle est entourée par des paysages divers : amas de pierres et collines, mer de sable et de dunes. Sa largeur change entre 5 et 27 kilomètres, et 80 km de long. La surface totale de la dépression est de 1 088 km2. Elle était édifiée par les berbères égyptiens à l’endroit de la moderne Aghourmi où subsistent également des vestiges du temple d’Amon construit par Amasis.

Le nom « Siwa » signifie en Tamazight « l’oiseau de la proie qui protège le dieu Amon ». Aujourd’hui, la population estimée à plus de 20 000 personnes parle son propre parler « Tassiwit », dérivé de la langue mère Tamazight. L’Arabe et l’Anglais ne sont utilisés qu’avec les touristes. Siwa se distingue culturellement du reste de l’Egypte. Les Siwis ou Issiwiyan vivent presque en autarcie de la culture du palmier-dattier, de l’olivier et du maraîchage.

Il ne pleut pas beaucoup mais, paradoxalement, l’eau est très abondante. Il y a une multitude de puits, de sources et de fontaines d’eau chaude, utilisée pour tout usage éventuellement après son refroidissement à l’air libre. Siwa produit et commercialise dans toute l’Égypte une eau minérale naturelle en bouteille qui porte son nom. L’oasis de Siwa fut peuplée en grande partie aux temps préhistoriques par des tribus venues de l’Ouest de l’Afrique du Nord, essentiellement de Libye et de la vallée du Nil. De l’Antiquité au Moyen-âge, l’oasis fut désignée par une variété de noms comme en témoignent diverses inscriptions de temples et de tombeaux. Le nom plus récent de « Siwa » dérive du nom de la tribu autochtone de « Ti-Swa ».

Cette oasis était cruciale pour des caravanes commerciales traversant le désert de la vallée du Nil pour rejoindre les ports méditerranéens de la Libye. Siwa a également prospéré comme centre religieux pharaonique, moult rois envoyaient des missionnaires pour consulter l’oracle d’Amon. Ce dernier doit sa si grande renommée à une visite d’Alexandre le grand en 331 av. JC. Après la consultation de cette divinité, Alexandre prétendit être le fils du dieu Zeus-Amon, et ainsi a choisi d’être inhumé dans la cité des berbères, appelée dans l’Antiquité Tja.

Amon est le dieu bélier, lié à l’eau et à la fécondité, est très probablement d’origine libyenne, et le premier état de son temple à Siwa diffère dans l’agencement des salles du plan classique des temples égyptiens. Avec l’installation d’une colonie grecque à Cyrène, son renom et son culte se sont largement répandus à travers le bassin méditerranéen dans le monde grec où il a été assimilé à Zeus. Mais surtout, il entretenait d’étroits rapports avec l’Amon égyptien par l’intermédiaire du bélier qui leur était commun et par des pratiques oculaires.

La tradition de l’adoration du bélier par les Berbères, se perpétue dans le temps et se pratique jusqu’à présent à Bgayet en Algérie et en Tunisie, sous forme de combats de Béliers. En Tunisie particulièrement, cette pratique est structurée sous forme de club sportif, qu’on nomme la Béliomachie. La forteresse d’El Karaka de la Goulette (Tunis) a servi d’arène à ces combats dans les années 90. Au Nord de ce temple se trouvent les tombes rupestres de Karet El-Moussaberin, de la 26éme à la 30éme dynastie.

Le temple de Nectanébo II à Oum El-Ebeida est presque complètement détruit. Légèrement plus au sud, à Oum Oubeida, se dressent les ruines d’un autre temple d’Amon-Rê où l’on a retrouvé les cartouches de Nectanébo II. Il était au début du 19éme siècle en bien meilleur état qu’aujourd’hui, comme le montrent les gravures de l’époque.

Au Djebel Mota, dans la même région, subsistent les restes d’une nécropole dont les tombes décorées s’apparentent à celles de la vallée : tombe anonyme dite du crocodile, de Padjehouty, Siamon, Mesouisis, dont les dates s’étagent entre la 26é dynastie et l’époque de Ptolémée (305 à 30 av.JC).

Des objets néolithiques trouvés en surface attestent la très ancienne occupation de l’oasis. Les vestiges de la forteresse en terre datent du 13é siècle et dominent le centre-ville.

Les maisons traditionnelles faites de troncs de palmiers et de briques de terre, aujourd’hui, à cause des intempéries, seuls un ou deux bâtiments en lisière de l’agglomération sont encore utilisés, dont une mosquée au minaret en forme de cheminée.

Le temple d’Aghourmi (signifie noyau. Aghourmi n tiyini : noyau de datte) planté sur un rocher, proche de la localité de Siwa a été transformé et égyptianisé sous Amasis, pharaon de la 26éme Dynastie 570- 526 avant J.C. Originaire d’une bourgade proche de Saïs, ce personnage répondant au nom égyptien d’Ahmose (hellénisé en Amasis), fut tout d’abord général en Nubie sous Psammétique II. A la suite d’une campagne en Libye contre les berbères de Cyrène (Libye), où les troupes égyptiennes furent défaites, il fut proclamé pharaon par les militaires de souche égyptienne, qui s’estimaient délaisser au profit des mercenaires grecs, engagés au service d’Apriès. Il écrasa le roi et son armée formée d’étrangers, à la bataille de Mo Memphis, près de Terrana sur le Nil. Le gouverneur de l’oasis à cette époque, Sethirdis, descendant d’une famille d’origine libyenne, y est également représenté sur les murs à l’intérieur du temple. Un peu plus tard, à l’époque perse, comme le relate Hérodote, l’armée de Cambyse, qui tentait de rallier Siwa depuis Kharga, périt tout entière dans les sables.

Siwa connut le déclin, quand ces temples païens sont tombés en désuétude à la diffusion du Christianisme. Cette période a coïncidé avec l’effondrement de l’Empire Romain. Toute la région a sombré dans l’anarchie, ce qui a abouti à l’invasion Arabo-musulmane de l’Egypte en 640 ap. J.C. « Au 8ème siècle, l’armée arabo-musulmane fanatisée conduite par des émirs saoudiens arriva dans le but de conquérir Siwa.

Les habitants issiwiyan issus d’une tribu millénaire berbère, furent confrontés à choisir entre trois possibilités : Rejoindre la horde de conquérants, se plier à ses exigences en lui rendant hommage et vivre en paix ou combattre pour leur terre. Les habitants de Siwa gagnèrent du temps en demandant trois jours pour faire leur choix. Pendant cette période de trois jours, ils recueillirent leurs richesses tels que l’or, les bijoux, les pierres précieuses, et les trésors pharaoniques.

Puis, le dernier jour, ils se sauvèrent vers l’Ouest avec tous qu’ils pouvaient porter. Laissant derrière eux, leurs trésors les plus lourds en les dissimulant de sorte qu’ils soient gardés en leur absence par les puissances magiques de leur génie. » extrait des récits fixés dans la mémoire collective.

Un temps s’écoula, une grande sécheresse frappa toute l’Afrique du Nord-ouest, ainsi les tribus berbères recherchant l’herbe et l’eau, voguèrent par les sables étouffants du désert. Grande surprise, ils y trouvèrent réponse à leurs peines, l’oasis de Siwa verdie de palmiers-dattiers, de vergers d’abricotiers, d’oliviers. Ils y prirent demeure avec d’autres familles venues successivement de l’Ouest (Maroc, Algérie), afin renforcer la puissance de la tribu sur cette terre fertile.

La première cité fut bâtie dans les terres en contrebas de l’oasis et fut appelée « Ami Misalum ». Cependant, cet emplacement les rendait vulnérables aux attaques des forces hostiles et aux moustiques. Ainsi, en 1203, ils établirent une citadelle « Shali » sur le haut de la colline pour se protéger et y établir leur royaume.

De nouvelles lois et règles furent instituées permettant aux chefs des tribus de régir Siwa comme Etat indépendant pour des centaines d’années. En 1840, Mohamed Ali, officier albanais devenu vice-roi d’Egypte, vassal de Constantinople envoya son armée égyptienne à Siwa, dans le but d’obtenir la soumission de ses habitants à sa loi.

Ces derniers creusèrent un fossé autour de la citadelle pour empêcher l’armée égyptienne d’attaquer, mais Ali mis le feu à la citadelle causant sa destruction. Il a également ordonné au Général Hussein Bek Ashamashurgi d’inviter soixante-douze des plus hauts chefs de clans locaux à une réunion où ils ont tous étés exécutés. Ainsi les habitants de Siwa ont été forcés de se soumettre.

Un nouveau système de gouvernement égyptien a été imposé et les habitants de Siwa durent payer un impôt pour chaque palmier dans l’oasis. Ceci a continué jusqu’en 1950 où un homme d’affaires bédouin a acheté toutes les dates dans Siwa et a payé tous les impôts de l’Etat sur les arbres.

Le nouveau défi pour Siwa fut de s’ouvrir au monde. En 1977, le Président Mohamed Anwar Sadate (assassiné le 6 octobre 1981 par des soldats islamistes au stade du Caire lors d’un défilé militaire, à l’occasion d’une fête nationale) a visité l’oasis et a montré la grande sympathie envers le peuple.

Plus tard, en 1983, il a créé une ligne aérienne pour faciliter l’accès au reste de l’Egypte et désenclaver ainsi cette oasis. Un hélicoptère assure le transport des habitants pour des buts médicaux et le transport des produits vitaux.

Nacer Boudjou

lematin.ma

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Published by iflisen - dans Tamazight tatrart
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