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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 19:27

L'Expression
DRIFA BEN M’HIDI
«Les principes du Congrès de la Soummam ont été déviés»
05 Mars 2009 -

 

Pour échapper à la police, Ben M’hidi dut changer sans cesse d’identité. Ce qui lui valut le surnom de l’Homme aux vingt visages.

«Si on avait adopté la ligne du Congrès de la Soummam, l’Algérie aurait évité tous les problèmes que nous vivons actuellement» a déclaré, hier, Drifa Ben M’hidi, soeur du chahid Larbi Ben M’hidi en marge de l’hommage qui lui a été rendu au forum El Moudjahid.
L’invitée ne cache pas son mécontentement. «L’Algérie aurait pu être actuellement une puissance mondiale», a-t-elle déclaré. L’intervenante a apporté un témoignage vivant sur son frère qui avait «toujours cru en l’indépendance de l’Algérie». Pour la moudjahida qui a activé dans la wilaya II «Ben M’hidi n’est pas mort, le peuple algérien se souvient encore de lui. C’est le plus grand hommage qu’on puisse lui rendre. Larbi avait une grande confiance en le peuple algérien. Il a préféré se sacrifier que de sacrifier la patrie. Je suis fière que le peuple se souvienne de Larbi avant les autorités».
Retraçant le parcours du colonel, Mohamed Djallal, enseignant à l’université d’Alger, dira que «Ben M’hidi était le type-même du militant PPA chez qui, nationalisme et religion étaient intimement mêlés, vivant au rythme du peuple, partageant ses joies et ses peines, ses vicissitudes et ses aspirations, toujours prêt à le servir». Mohammed-Larbi Ben M’hidi est né en 1923 dans une zaouïa, au douar El-Kouahi, à 50 km environ de Constantine. La zaouïa qu’il fréquentait dispensait un enseignement arabe, l’étude du Coran, et donnait une formation morale adéquate.
En 1943, Si Larbi adhère au PPA. La Seconde Guerre mondiale battait son plein et les Anglo-Américains avaient débarqué en Afrique du Nord véhiculant avec eux les principes universels de la Charte de l’Atlantique relatifs aux libertés fondamentales et au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. M.Djallal a évoqué également son arrestation durant les manifestations du 8 mai 1945 et sa remise en liberté au bout de trois ou quatre semaines. «Il a été bouleversé et traumatisé par le génocide», a-t-il souligné. Il a parlé de sa mission pour organiser l’OS dans le Constantinois. Durant les années 50, il quitta le Constantinois pour Alger puis Oran.
A l’issue de ce que l’ennemi appela le «complot de 1950», la police se lança à sa recherche. Il fut condamné par contumace à dix années de prison, dix années d’exil, et à la privation de ses droits civiques pendant dix années. Pour échapper à la police, Ben M’hidi dut changer sans cesse d’identité, ce qui lui valut le surnom de l’Homme aux vingt visages. En avril 1954, Ben M’hidi participa à la constitution du Comité révolutionnaire d’unité et d’action (Crua) dont il devint l’un des 22 membres. A l’issue du Congrès de la Soummam, Ben M’hidi fut élevé au grade de colonel, nommé au comité de coordination et d’exécution et s’est vu confier la zone d’Alger. Le professeur s’est remémoré des déclarations du chahid comme celle de «il faut que l’Algérie devienne un deuxième Diên Biên Phu.» Il affirmait aussi: «Mettez la Révolution dans la rue et vous la verrez reprise et portée par douze millions d’hommes.»
Le 23 février 1957, Larbi Ben M’hidi est arrêté par les hommes de Bigeart dans un appartement de l’avenue Claude-Debussy, où il se trouvait de passage.
Dans une conférence de presse donnée le 6 mars, le porte-parole du gouvernement général a déclaré: «Ben M’hidi s’est suicidé dans sa cellule en se pendant à l’aide de lambeaux de sa chemise.» Il s’agissait, en fait, d’une mascarade visant à dissimuler son assassinat par des tortionnaires dans la nuit du 3 au 4 mars 1957.

Abbas AÏT HAMLAT

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Published by iflisen - dans actualités
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