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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 21:49

seksu d wudi d uḥellel
ečč-it ma yehda-k yillu



DDK Samedi 07 Fevrier 2009  

Couscous roulé à la main
Ces femmes courageuses qui perpétuent la tradition à Tizi Gheniff

En Kabylie, en l’absence de perspectives d’insertion dans la vie sociale et notamment celle de la femme rurale, les femmes ne cessent de conquérir tous les espaces notamment ceux des métiers traditionnels : poterie, tissage, broderie, couture, galettes de maison...

Alors, elles sont nombreuses même si elles n’ont pas de diplômes à tenter d’investir tous ces créneaux. De ce fait, elles prennent des initiatives sans que personne ne vienne leur en parler. A Tizi Gheniff, les quatre sœurs Ahsane, font partie de ces femmes courageuses. C’est plus précisément au village Tamellaht, à soixante kilomètres au sud de Tizi Ouzou que ces quatre “rouleuses” de couscous traditionnel ont lancé leur activité. Sans aucun moyen, elles luttent quotidiennement pour vaincre toutes les difficultés. En effet, ces jeunes femmes revalorisent ce produit utilisé dans la préparation des mets traditionnels. Ainsi, au fil du temps, elles se sont spécialisées dans la fabrication du couscous fin “amesfouf”, du couscous moyen, du couscous d’orge et du “berkoukèche”. Leur projet d’avenir est d’arriver à rouler du couscous de sorgo. “Bientôt, nous allons lancer ce dernier car il fait partie de nos traditions et plus il est nutritif à plus d’un titre”, nous a dit l’une d’elles. Le couscous “Ahsène” lié étroitement à leur nom de famille fait son petit bout de chemin dans ce commerce bien qu’elles soient confrontées au problème de sa livraison et à d’autres entraves. “Pour aider mes sœurs, c’est moi-même qui avec la force de mes bras, le livre pour les commerçants de la région de Draâ El Mizan et de Tizi Gheniff”, nous a dit leur frère. Pour ce dernier, la promotion de ce produit ne peut se faire qu’avec des aides. “Au début, nous avons demandé une carte d’artisan car nous avons cru qu’il y aurait au  moins une aide”, a-t-il continué. Avant de nous expliquer d’autre problèmes : “J’ai fait un prêt chez un particulier et l’emballage à lui seul m’est revenu à dix-sept millions de centimes. Depuis, je suis en train de rembourser cette dette”. Pour le frère de ces quatre femmes courageuses, seul un meilleur emballage dont l’esthétique est attrayante revaloriserait le produit. “On ne peut pas faire de la concurrence à de grosses pointures dans ce créneau. Les artisans bien nantis acquièrent un emballage onéreux, c’est-à-dire jusqu’à quarante-cinq  millions de centimes. Bien qu’on fasse du bon couscous, le client choisit sur un étal un produit attirant par son emballage”. Les quatre sœurs souhaitent que les pouvoirs publics les aident à avoir un local qui sera équipé de séchoirs et même d’espace pour le stockage. “En hiver, c’est difficile de sécher le couscous au soleil. Et puis, c’est aussi difficile de surveiller tous ces draps”, nous a expliqué l’une d’elles... En plus de la fatigue quotidienne, elles doivent encore s’approvisionner en semoule de qualité qui leur revient à neuf cents dinars le sac de vingt-cinq kilos moyennant les frais du transport qu’elles devraient régler rubis sur ongle. “Un quintal de semoule nous donne jusqu’à quatre vingt douze kilos de couscous prêts à la vente”, a enchaîné une autre. Les sœurs Ahsène, en dépit de tout cela, prennent à bras-le-corps cette tradition ancestrale en attendant tout de même qu’une oreille attentive soit  à leur écoute. “N’ayant bénéficié d’aucun dispositif d’insertion, nous lançons un appel au ministère de la Solidarité nationale ou encore au ministre délégué chargé de la femme rurale afin de nous aider et continuer cette initiative dans un domaine où des industriels mieux armés ne nous laissent pas beaucoup de manœuvres. “Nous sommes convaincues qu’avec de l’aide, nous pourrons le commercialiser à d’autres régions. Et peut-être même, penser un jour à exporter ce produit vers d’autres pays”, ont tenu à nous dire avant de les quitter ces quatre jeunes filles dont le travail mérite de la considération surtout qu’il s’agit de femmes tout en espérant que d’autres filles comme elles se rallient à leur idée.

Amar Ouramdane

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Published by iflisen - dans Kabylie
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