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27 décembre 2008 6 27 /12 /décembre /2008 20:31
 
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Actualité (Liberté Mardi 30 Décembre 2008)

Ghardaïa
Émeutes à Berriane
Par :L. KACHEMAD


Des émeutes ont éclaté, dimanche en fin d’après-midi, dans cette localité, nécessitant l’intervention des forces de l’ordre. Le calme est revenu hier mais la situation demeure précaire dans cette ville qui a été le théâtre en mai dernier d’affrontements.

La ville de Berriane, daïra située à 45 km  au nord de Ghardaïa, a renoué bien que brièvement, avec la violence et ce, quelques heures après le départ du président Bouteflika qui a effectué dimanche une visite de travail et d’inspection dans cette région meurtrie par les inondations du 30 septembre passé. En effet, des escarmouches, vite transformées en échauffourées entre les deux communautés, ont failli prendre des proportions dramatiques n’était l’intervention urgente et énergique des forces de l’ordre à la rue Abderrahmane-Bahbah, au centre-ville, ainsi qu’au quartier Echouf et à Madkhal Echâaba.
Selon nos sources, tout serait parti d’un jet de pierres sur des clients attablés à une terrasse de café connu de Berriane, qui ont immédiatement riposté en lançant eux aussi des pierres sur leurs agresseurs. Ce qui a failli mettre le feu aux poudres dans cette merveilleuse cité millénaire qui a vécu des heures dramatiques en mars et mai derniers où trois personnes ont trouvé la mort par le fait de  manipulations politiciennes et l’incapacité de l’administration à faire face comme il se doit à ce genre de conflit récurrent dans cette région. Les accrochages entre les forces de l’ordre et les citoyens d’une des deux communautés ont duré jusqu’au petit matin.
Aux jets de pierres des uns ont répliqué des tirs de grenades lacrymogènes des autres, provoquant l’indisposition de quelques citoyens, dont l’inhalation de gaz moutarde a nécessité le transfert au centre de soins de la ville pour des problèmes respiratoires. Des blessés légers sont aussi à déplorer. Lors de notre déplacement sur les lieux, hier matin, le calme régnait. Les forces de sécurité, déployées en grand nombre dans les quartiers à risque, sont prêtes à intervenir à la moindre alerte.
La RN1, qui traverse la ville, est ouverte à la circulation. Par ailleurs, et toujours selon nos sources, aucune arrestation n’a été opérée. “Ce n’est quand même pas normal qu’à chaque visite importante dans la région, des incidents éclatent. Nous sommes en droit de nous poser des questions sur leur auteurs”, déclare le vieux Smaïl. Et d’ajouter : “Il n’y a rien d’innocent dans ces actes. Pour moi, ils sont prémédités par des parties connues qui n’ont pas intérêt à ce que la situation se stabilise, mais Dieu les démasquera.”


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El Watan 28/12/2008

Visite aujourd’hui du président Bouteflika dans la wilaya de Gharadaïa

La vallée du M’zab ne décolère pas

Trois mois après les inondations meurtrières de Ghardaïa, le président de la République se rend aujourd’hui en visite dans la vallée du M’zab pour s’enquérir de la situation de la population. Une population qui ne décolère toujours pas. L’atmosphère dans cette région conservatrice est plutôt pesante, parfois électrique. Hier, à la veille de la venue du chef de l’Etat, la population est restée complètement indifférente.



Ghardaïa De notre envoyée spéciale

Mais elle s’est néanmoins dite « en colère contre un Etat qui ne tient pas ses promesses ». Aucun portrait du président Bouteflika n’a été mis en évidence et aucune banderole n’a été accrochée sur les façades des maisons ou sur les frontons des commerces pour souhaiter la bienvenue au premier magistrat du pays comme à l’accoutumée. Les autorités locales sont, quant à elles, restées sur leur garde. La peur au ventre, elles craignent des manifestations de mécontentement tant la situation est encore tendue et confuse. Devant cet état de fait, un dispositif de sécurité des plus importants à été déployé dans la ville. Des policiers en tenue et en civil dépêchés des différentes régions du pays sillonnent matin et soir les quatre coins de la ville Ghardaïa.

Depuis une semaine, les autorités locales essayent par tous les moyens d’apaiser la colère des citoyens. Une chose est sûre, il suffirait juste d’une simple étincelle pour que les citoyens occupent la rue. Le chômage, la malvie et les rivalités inter-communautaires, qui avaient déjà, bien avant les inondations, eu raison du calme qui régnait dans la région, alimentent encore le gros de la colère. Les cinq quartiers touchés par les inondations portent encore de profonds stigmates. Le décor est désolant. En plus du triste spectacle offert par les maisons en ruine, la boue emplit les trottoirs et bouche parfois les artères et les accès menant aux habitations. A Baba Essad, quartier riche où habite la communauté mozabite, les cicatrices de la catastrophe sont multiples. Les habitants disent avoir du mal à oublier le cauchemar qu’ils ont vécu le 1er octobre, le jour de la catastrophe et les journées qui ont suivi.

« Notre calme A des limites »

« De nature, les Mozabites ne se plaignent pas. Ils sont fiers et discrets d’où d’ailleurs l’absence de l’Etat qui n’a malheureusement pas fait l’effort de se déplacer au cœur de ce quartier pour recenser les doléances des citoyens qui n’ont pu surmonter la crise que grâce à la solidarité et au travail des associations », a soutenu un Mozabite pour qui « la visite de Bouteflika ne signifie absolument rien ». Pis encore, notre interlocuteur trouve « scandaleux » et méprisant le fait que les autorités veuillent faire croire que tout est rentré dans l’ordre en se contentant de repeindre les trottoirs des ruelles que doit emprunter le président Bouteflika.

« Les autorités locales ont mobilisé durant une semaine des travailleurs pour déblayer les terrains et implanter les 2000 chalets que le président inaugurera aujourd’hui. Des chalets destinés aux sinistrés », a révélé un citoyen accosté au quartier La palmeraie, une région complètement ravagée par les eaux de Oued Nechou. A ce propos, les sinistrés ne comprennent pas pourquoi il faut attendre la venue du président de la République pour qu’on les loge. « Grâce à l’aide de la population, les sinistrés ont été placés dans sept sites. A l’exception cette population, aucun responsable ne s’est déplacé ces derniers jours pour s’enquérir de notre situation et encore moins nous informer de la visite du président », ont soutenu des sinistrés qui ont observé une grève de la faim pour exiger qu’ils soient placés dans des chalets.

« Pourquoi toute cette bureaucratie et tout ce tam-tam pour l’octroi de chalets, et ce, pendant que dans d’autres villes, les sinistrés ont été relogés dans des logements. Nous savons pertinemment que les autorités s’agitent et font actuellement dans le bricolage pour plaire au président de la République », a souligné un sinistré qui qualifie de « mascarade l’attitude des autorités locales qui veulent à tout prix cacher la misère, le calvaire de la population sinistrée et ainsi que leur mauvaise gestion de la crise ». « Nous n’avons rien demandé, mais nous refusons que l’on dise que Ghardaïa est guérie et a pansé ses blessures. Nous avons perdu nos maisons, nos enfants et l’Etat trouve le moyen de mentir au monde entier », a fulminé un commerçant.

Pour certains, la gestion de la catastrophe dans une région comme Ghardaïa est une opération délicate en raison des frictions entre les communautés. Partant, les Mozabites ont demandé aux autorités de réserver des quartiers spécifiques pour les communautés afin que celles-ci ne soient pas « déphasées ». Jusqu’à l’heure actuelle, cette proposition n’a pas été concrétisée d’où le mécontentement des citoyens qui estiment que la visite du Président ne changera pas le quotidien des citoyens de cette ville. « Bouteflika viendra inspecter uniquement les zones dont le blason a été redoré. Cela est destiné à la consommation nationale et internationale », estiment à l’unanimité les citoyens de la vallée du M’zab.



Par Nabila Amir

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Published by iflisen - dans Tamazight tatrart
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