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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 21:32

Arabisation de l’Algérie : De Napoléon à De Gaulle !

Azul,

Le 17 septembre 1860, Napoléon III met le pied sur le sol algérien. Il a un grand projet en tête : un royaume arabe, qui s’étendrait d’Alger à Bagdad, sous la protection de la France. Un royaume où règnerait l’égalité entre indigènes et Européens. Et on connait la suite de la politique coloniale française, notamment l’arabisation des noms de lieux et des prénoms en Kabylie (les Ait en Beni ou Oulad, les Ighil en Draa, etc...). La confiscation des terres du littoral, des plaines, la déportation massive des Kabyles en calédonie et en guyanne, après la révolte de 1871...Bien plus tard, le général de Gaulle allait agir dans le même sens en livrant l’Algérie en patûres à Nasser et à ses mercenaires (armée des frontières). C’est bien ce que confirme cette intervention, bien tardive hélàs, de Mehri !

L’Hocine Ukerdis

Il estime que les divergences étaient d’ordre idéologique et non militaire.

« L’arabisation nous a été imposée par le général de Gaulle », a indiqué l’ancien secrétaire général du FLN, Abdelhamid Mehri, qui a été hier l’invité de l’émission Hassad Ethakafa de la Radio culturelle. « Il a voulu mettre en oeuvre une stratégie pour faciliter le contrôle d’une société en rébellion. Il l’a rendue obligatoire, y compris pour les Français ; le décret fut signé par Debré et De Gaulle avec bien-sûr des arrière-pensées politiques », poursuit-il. Mehri revendique une vision globale des langues pour les mettre à l’abri des exploitations politiques. Intervenant sur le thème de l’écriture de l’histoire, l’ancien ambassadeur de l’Algérie à Paris a indiqué qu’elle a été « injuste » et « incomplète » dans le sens où il y a eu « occultation d’une partie de l’histoire pour laisser le champ libre à son exploitation politique ». Il considère que « l’expérience collective » dépasse de loin les considérations personnelles. Il est vrai que « le groupe des 22 » fut à l’origine de la « création » de l’histoire ou sa genèse mais la suite est devenue affaire d’un peuple. L’appel du 1er Novembre fut « le coup d’envoi d’une culture politique solide » mais « ceux qui s’y étaient opposés réfléchissaient en militaires ». La réussite de la révolution est le résultat d’une stratégie, poursuit-il. Déroutant. Lorsqu’on veut écrire l’histoire, on doit tenir compte de cet aspect. Il estime que l’essentiel est de témoigner. Mais un témoignage donné ne reflète qu’une vision sous un seul angle. Il faudra, en conséquence, rassembler les outils qui contribueront à faciliter la tâche des historiens.

Mehri n’est pas venu faire de la simple rhétorique. Les journalistes n’ont pas manqué de poser leurs questions. En tête figure un commentaire sur la visite de Sarkozy à Alger. Mehri réplique : « Je ne lui accorde autre importance que celle qui puisse contribuer à résoudre les problèmes. Il ne peut donc répondre à toutes les questions qui englobent les relations algéro-françaises qui sont complexes ». Il considère que la communauté d’origine algérienne est classée en « seconde catégorie » aux côtés des autres Français. Il ne s’agit donc pas d’une simple question de visas, lance-t-il pour clore ce chapitre.

Abordant un autre volet, il dit que le Congrès de la Soummam se situe dans la continuation du 1er Novembre dans la mesure où ses initiateurs voulaient tenir le congrès constitutif durant la première année de guerre. Il estime que les divergences étaient d’ordre idéologique, sans pour autant relever une distinction idéologique entre le texte du 1er Novembre 1954 et la plate-forme de la Soummam. Dire aujourd’hui -comme cela a été rapporté par beaucoup d’écrits- que le conflit se situait entre politiques et militaires est loin d’être fidèle à la réalité, soulève-t-il. « Qui était militaire et qui était militant politique dans l’ALN ? », s’interroge-t-il. Selon Mehri, le projet culturel de la révolution a été réalisé en partie pendant les premières années d’indépendance. Il y avait une véritable dynamique culturelle. Mais au lieu de faire du FLN une force de réunification, on en a fait une logique d’exclusion. Réduire l’histoire à des journées fériées incombe aux générations de responsables.

15 novembre 2006 Abdelkader HARICHANE
Source : L’Expres
sion

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